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14/04/2008

Courage, Miséreux: Il Y A(ura) Une Vie De Merde Après Le Chômage

Pour le mot: "Esclavage".

Mon dictionnaire donne la définition que voici, parmi quelques autres: "Chose, activité qui entraîne une contrainte".

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J'y songeais ce matin en lisant (1) que le gouvernement de guerre (sociale) qui étend sur nous son emprise prévoit désormais, comment se fait-il que je me sente si peu surpris, ""des sanctions renforcées au bout de six mois" contre les chômeurs s'installant "trop durablement" dans le chômage".

La punition serait la suivante: "Au bout de six mois (de chômage), (...) le chômeur devrait accepter tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré, par exemple, au moins 70 % de son salaire antérieur".

Le seul énoncé de cette ignominie devrait, naturellement, nous jeter par millions dans les rues - au lieu de quoi: des "syndicats" (les guillemets sont de moi) ont semble-t-il accepté (que ces gens sont laids nom de Dieu) qu'elle fonde leur(s) discussion(s) avec ce gouvernement, "réforme de l'assurance-chômage" oblige.

Prenons, je te prie, le cas, imaginaire, du gars qui aura trimé toute sa vie pour un plantureux salaire, disons 1.000 euros mensuels bruts - et qui à la fin de son épanouissante carrière sera libéralement dégraissé par un patron de gauche, avec en guise d'indemnités la promesse, jamais tenue, d'un prompt reclassement et une chaleureuse accolade.

Il va tranquillement s'installer, comme font les rentiers, nous disent les menteurs qui prétendent régner sur nos vies, dans un chômage de longue durée - où en parasitaire salaud il fera payer par l'Etat, aux caisses de chez Lidl, ses paquets de coquillettes.

(Car le chômeur n'est jamais qu'un sournois profiteur, cependant que l'actionnaire qu'engraissent les plans sociaux est un sagace gestionnaire: c'est, tu l'as compris, tout le sens du message que (nous) délivre, par sa nouvelle (et atroce) préconisation, un gouvernement qui, dans l'art dégueulasse de criminaliser les classes nécessiteuses, excelle décidément.)

Pas de ça, Moussa: le temps est fini, proclament les klaxons régimaires du Medef, où le gueux licencié, impudent pique-assiette, se goinfrait de pâtes au riz aux frais de la collectivité.

Repeint aux couleurs de la délinquance passive, livré à l'obscène concupiscence d'un patronat dont Matignon exauce enfin le rêve, fou, d'une masse taillable et corvéable à merci (au nom il va de soi de l'intérêt supérieur du Marché), notre salarié devra, demain, accepter n'importe quel boulot de merde, à moins de 59 minutes et 59 secondes, maximum, de chez lui, pour un salaire, somptuaire, de 700 euros - ou crever.

De faim.

Car les vivres lui seront coupées.

Durant que les gras commanditaires du régime qui l'aura ainsi esclavagé comme aux temps les plus reculés de l'histoire humaine déferont leurs paquets fiscaux - dans la joie épaisse et repue des fins de banquets où ils auront trinqué à la santé de Sarkozy, et de ces pauvres salauds de pauvres.





(1) http://tempsreel.nouvelobs.com

07/04/2008

L'Ordre Chinois Règne A Paris

On sait mieux, ces temps-ci, est-ce que tu sens monter la rage, ce que sont quelques-unes des nouvelles missions régaliennes de la police nationale, sous le règne décomplexé de Nicolas Sarkozy.

On sait par, exemple, que les keufs sont, dans "un climat de terreur", dixit le Parti "socialiste", chargés de traquer le sans-papiers - fût-ce au risque, n’est-ce pas, que sa mort s’ensuive, par défenestration, noyade, ou tel moyen qu’il choisira pour s’échapper d’un monde cauchemardesque où un gouvernement pratique la chasse à l’humain sur une échelle jamais vue depuis 63 ans ; est-ce que tu sens monter la rage ?

On sait, itou, et c’est nouveau, que la police de Sarkozy, vue aujourd’hui en ses oeuvres, est là, aussi, par l’adoption, notamment, des méthodes répressives, simples certes, mais si efficaces, qui ont fait leurs preuves à Pékin (le pied d’un flic dans la gueule d’un photographe) - on sait, disais-je, que la police de Sarkozy est là, aussi, pour veiller à ce que l’ordre chinois règne dans les rues de Paris ; est-ce que tu sens monter la rage ?

Inutile d’épiloguer - les images parlent d’elles-mêmes : à six mois d’intervalle, celle du chef de l’Etat français caressant d’une main experte l’opulent poil de ses nouveaux amis et partenaires d’affaires du Parti communiste chinois, d’une part.

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Celles, d’autre part, des manifestants parisiens qui prétendaient protester aujourd’hui contre les JO de Pékin, et envers qui, tu le remarques : les forces de l’ordre se sont montrés moins conciliantes.

Tu retiendras qu’en ce lundi 7 avril 2008, le régime dégueulasse qui étend sur nos vies son emprise a importé ici les recettes policières qu’il couvre là-bas, en Chine, de son épais silence de commerçant repu.






Ce blog est aussi à cette adresse: http://www.bakchich.info/rubrique103.html.

06/04/2008

Police Partout, "Socialistes" Nulle Part

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En effet, ce régime pue la terreur abjecte qui fait que des sans-papiers traqués préfèrent désormais crever, plutôt que de tomber entre les mains de ses nemrods assermentés.

En effet, ce régime pue la mort.

(Inconscient que des colères montent, qui se finiront dans la rue.)

En effet, ce pays pue la mort.

En effet, nous laissons faire.

En effet, nous nous habituons à tolérer l'intolérable.

En effet, Baba Traoré, poursuivi par des keufs, mort noyé avant-hier à Joinville-le-Pont, n'a eu droit, hier soir, dans "Le Monde", qu'à deux ou trois petites lignes - de celles que la presse consacre en général aux chiens écrasés.

En effet, le Parti "socialiste" a déploré après sa noyade "les drames humains frappant les sans-papiers".

Et en effet, à la ("belle") manif d'hier, où fut rappelé que "la xénophobie d'Etat tue", et que désormais elle tue régulièrement, il n'y avait, dans le cortège, pas le moindre putain de "socialiste".

(Sans doute que tu étais occupé, triste clown, à lécher le Marché pour mieux te positionner dans la course aux prébendes?)

Et en effet, il y a ce vieux dicton que les paysans beaucerons opposent volontiers aux veules et doucereux félons qui vont se paluchant au rythme de leurs sempiternels reniements: "Qui ne dit mot consent, misérable bouffon".

04/04/2008

Ce Pays Pue La Mort Et Le Désir De Fuir*

"Un étranger sans papiers malien de 29 ans est mort d'un arrêt cardiaque après s'être jeté dans la Marne en tentant d'échapper à un contrôle de police.

L'homme, qui était sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière, s'est jeté dans la Marne en début d'après-midi après un contrôle dans la gare RER de Joinville.

Il (...) a tenté de fuir, craignant apparemment que sa situation ne soit découverte.

Un policier de la BAC l'a (...) pris en chasse.

Il s'est jeté à l'eau (...).

Il est mort à l'hôpital des suites d'un arrêt cardiaque" (1).

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(1) Source: http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080404/tts-france-sans-papiers-deces-ca02f96.html (via Rezo.net).
* Trust, "Les Templiers".

03/04/2008

Que Veux-Tu Que Je Te Dise?

A Bucarest.

Où tient sommet l'OTAN.

Et où le chef de l'Etat hexagonal (inconscient que du fond du tombeau feu Charles de G. l'engloutissait d'un extraordinaire torrent d'imprécations) venait, à son accoutumée, de lui flatter le verso, annonçant que la France allait gentiment se coucher au panier de l'Alliance atlantique.

George W. Bush.

Big boss de l'Empire.

A déclaré, je cite, et je te jure que je n'invente rien, que Nicolas Sarkozy est "la dernière incarnation d'Elvis".

Que veux-tu que je te dise?

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02/04/2008

Le Jour Où "Le Monde" A Pécho Des Lycéen(ne)s En Flagrant Délit De "Gestuelle Rap"

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"Le Monde" (qui fut, paraît-il, en des temps si lointains que la mémoire humaine échoue à les envisager, un journal de référence) évoque, à la page 10 de son édition du jour, les "nouvelles manifestations de lycéens" des "mardi 1er et jeudi 3 avril".

Sur un tel sujet, il va de soi: "Le Monde" évite, avec beaucoup d'application, de recueillir le point des vue des lycéens eux-mêmes, premiers intéressés.

(Trop de polyphonie tuerait la transmission des logorrhées officielles.)

"Le Monde" préfère citer (longuement) Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, puis (moins longuement) "la FSU", syndicat mou du fondement où le sommet de la subversion est de faire grève une journée par semestre - afin que de signifier l'agacement du corps enseignant au gouvernement de guerre de classe(s) qui depuis mai dernier enterre jour après jour les ultimes vestiges de nos anciennes solidarités.

Surtout: "Le Monde", plutôt que de trop s'appesantir sur les raisons de la colère des lycéen(ne)s, expédiées d'une phrase, préfère entonner le sale petit refrain qui depuis des années fustige en tout jeune "encapuchonné" (comme dit Alain Finkielkraut) un probable casseur.

"Le Monde", cependant, innove, par l'invention, décomplexée, d'un nouveau délit: de "gestuelle".

"Le Monde", plutôt que de s'intéresser, ainsi que je te disais, à ce qui motive les manifs de lycéen(ne)s, se préoccupe, gravement, de leur déroulement - pourquoi se faire chier à traiter du fond quand la forme est si riche en possibles "débordements"?

Et ça donne précisément ceci, que je te livre in extenso - tu vas voir que ça en vaut la peine: "Dans le défilé du 27 mars à Paris, les militants lycéens et les syndicalistes enseignants présents, principalement du SNES-FSU, ont veillé au grain pour que des groupes de jeunes à l'allure "chaude" et à la gestuelle rap ne fassent pas basculer l'ambiance".

(Hhhhh...)

Tu auras compris, ami(e), que dans l'imaginaire, étroitement borduré, d'un journaleux moyen du "Monde", l'univers lycéen, dans sa déclinaison revendicative, se divise entre, d'une part, "les militants", et de l'autre, les chaudards dont la "gestuelle rap" fait (toujours) craindre le pire aux gens de goût - et que par conséquent, dans son esprit soumis aux phobies dominantes, il est difficilement concevable, pour ne pas dire franchement effrayant, qu'un adolescent à capuche puisse être aussi un militant.

Je suppose que je n'ai pas besoin de trop commenter cette fiançaille du mépris de classe et d'une morgue sociétale aux fortes senteurs versaillaises?

Mais je t'invite, quand même, à relever qu'au fond (et pas si profondément que ça) elle rejoint, d'assez près, la production coutumière du Xavier Darcos pré-ministériel qui sur son blog déchiquetait naguère les "ahuris de banlieue, tatoués et encapuchonnés, genre "Nique ta mère"".

Et qui, très crânement, observait: "Les mêmes "sauvageons", qui jouent les casseurs de banlieue et qui lapident la police ou l'école, sont prêts à manifester, le coeur sur la main, contre le racisme ou en faveur de n'importe quel pacifisme".

Là, ils défilent contre le gouvernement qui pour mieux la mater (ou pour essayer tout du moins) enlève des profs à la jeunesse - à grands coups de suppression de postes.

Mais "Le Monde" espère, très fort, que les victimes de cette sale guerre sociale sauront plutôt résister aux ravages de la "gestuelle rap"...

01/04/2008

Un Professeur de Philosophie Limogé Après Avoir Publié Une Tribune Anti-Cotillard Dans "Le Monde"

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Le professeur agrégé de philosophie Robert Redeker (très à droite, sur la photo) a été limogé (à grands coups de pieds au fondement) après avoir publié dans le quotidien "Le Monde" une tribune "très violemment anti-Marion Cotillard", a-t-on appris ce matin auprès du ministère de l'Education nationale.

Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, mis au courant du contenu de cette tribune, a "pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du professeur" qui a usé de "termes tout à fait inacceptables" et violé son "devoir de réserve", explique-t-on de même source (1).

Robert Redeker a notamment déclaré, dans un texte incroyablement grotesque publié le 30 mars dans "Le Monde", que Marion Cotillard , "en mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York", a "offert un puissant amplificateur à "la théorie du complot"" qui "voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation".

Et certes, Marion Cotillard a développé, sur lesdits attentats, une théorie assez gravement affligeante.

Mais, pour autant: jamais elle n'a tenu de propos à connotation antisémite.

Par conséquent: Redeker délire - et ce n'est malheureusement pas la première fois.

L'affaire est en effet jugée d'autant plus sérieuse, au ministère de l'Education nationale, que Robert Redeker a déjà "sauté à pieds joints sur le devoir de réserve qui s'impose à tout serviteur de l'Etat, en publiant naguère dans un autre journal patronal un long vomissement haineux".

(L'enseignant limogé avait, on se le rappelle, donné libre cours, dans "Le Figaro", à d'effroyables pulsions islamophobes.

Personnellement, ça me fout des jetons gros comme ça de penser que c'est notamment à ce mec-là qu'on prétend confier l'éducation de nos enfants à la philosophie.)

Un autre fameux philosophe (2), BHL (à gauche sur la photo, avec l'air soucieux du gars qui se demande ce qu'il va bien pouvoir inventer pour qu'on parle encore de lui dans la presse qui ment), a aussitôt lancé une (courageuse): "Pétition de soutien à notre ami Robbie, que la très sale racaille fascislamo-gauchiste fait rien qu'à faire chier".

(Pour signer la (courageuse) pétition: www.au-cul-les-barbus.com.)

BHL (3) observe notamment, dans ce courageux appel, que: "Au lieu d'emmerder Robbie pour le plus grand bénéfice d'Oussama Ben Laden, le gouvernement ferait mieux de limoger ce pauvre enc*** de sous-préfet Guigue, cette liberté d'expression à géométrie variable commence à me défriser grave le haricot".

(Comme le politologue (de renom planétaire itou) Pierre-André Taguieff (4) lui faisait remarquer: "Je signe, évidemment, ta (courageuse) pétition, mais je me permets de te signaler que le sous-préfet Guigue a bel et bien été viré".

BHL, un peu excédé, lui a répondu: "Attends, ma couille, je t'aime bien, mais c'est quand même pas toi qui vas m'apprendre le romanquête".)









(1) http://clubobs.nouvelobs.com/article/2008/03/22/20080322.FAP7798.xml
(2) Auteur mondialement célébré du best-seller "Who (the fuck) killed Roger Massoud? (Sont-ce les hideux musulmans qui sifflent sur nos têtes?)"
(3) Auteur, également, de l'autre du best-seller planétaire "Moi et le tout petit Jean-Paul Sartre".
(4) Auteur quant à lui du cultissime "Livre noir du josébovisme", traduit dans 45 pays, dont la Corée du Nord - et où, comme tu sais, il est dit que: "L'antiracisme de mes couilles sera la peste rouge du vingt-cinquième siècle".

(Mise à jour 04.04.2008: Poisson d'avril, naturellement.)

31/03/2008

Et Si Tu Accueillais Aussi Marina Petrella?

François Fillon veut paraît-il "faire tout ce qui est nécessaire pour permettre (la) libération" d'Ingrid Betancourt.

Ainsi, "Le Parisien" le souligne ce matin, François Fillon se propose d'"accueillir "en France des militants des FARC" qui auraient répondu à l'appel à la désertion du président colombien Alvaro Uribe".

François Fillon, par conséquent, est tout disposé à donner, au pays de Brice Hortefeux, quatre bouts de pain aux guerilleros de Colombie qui auront fait, en désertant, le choix du repentir.

Et ne te méprends pas: je trouve ça très bien, que François Fillon, pour sauver Ingrid Betancourt, leur propose de leur ouvrir tout grand sa huche, au lieu de que de prévoir de s'amuser à les voir jeûner.

Mais.

Tout de même.

Si François Fillon a vraiment, comme je l'espère, des envies d'accueillir des gens qui auraient fermement renoncé à toute lucha armada.

(Je ne doute pas du tout de sa totale sincérité, n'est-ce pas?)

Le mieux serait que François Fillon jette un coup d'oeil vers la maison d'arrêt de Fresnes.

Où croupit l'une de ces réfugié(e)s politiques italien(ne)s que la droite décomplexée, depuis quelques années, depuis l'extradition il y a six ans de Paolo Persichetti, aime livrer, pieds et poings liés, à son ami Berlusconi (ou à Prodi, éventuellement).

Où croupit depuis le mois d'août, sous le numéro d'écrou 932940, Marina Petrella, ancienne activiste rouge, qui avait pourtant "pris, arrivant en France en 1993, l'engagement de rompre avec tout usage de la violence, conformément aux conditions posées alors par la France pour lui offrir l'asile afin d'en finir avec les "années de plomb"" (1).

Ce que je veux dire, c'est que ça serait quand même bien.

Que François Fillon cesse de nous prendre pour des neuneus oublieux.

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(1) www.paroledonnee.info.

29/03/2008

Deux Heures De Répit

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Hier soir, le camarade Urbain recevait pour un long débat, en sa plaisante librairie, et avec le concours de la revue "Cassandre", excusez, les ami(e)s, du peu, Alain Badiou, et aussi Alain Brossat.

Pour le dire simplement et brièvement, les entendre fut comme une grâce, comme un répit en Sarkozie - où se comprenait mieux, bien sûr, pourquoi les minables crétins régimaires qui de média menteur en média menteur posent aux philosophes n'ont depuis peu de cesse que (d'essayer) de museler, par d'infectes calomnies, ces gens dont la raison doit en effet leur être absolument insupportable, pour ce qu'elle révèle de leur propre (mais crasse) médiocrité.

Comment que c'était bien.

28/03/2008

Georges-Marc Bourdieu Serre Ses Petits Poings

Les conseillers?

Ca ose tout.

C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Ainsi.

Prenons, je te prie, l'exemple d'un homme dont le seul nom suffit désormais à dilater les rates: Georges-Marc Benamou (rires).

Le gars est à l'estime de soi, en même temps qu'à une certaine flexibilité carriériste, ce que Bernard Kouchner est à la realpolitik (dans le silence de plomb des grands cimetières tibétains).

Georges-Marc Benamou (rires) était ces jours-ci conseiller, pour la culture, du chef de l'Etat français.

(Je suppute qu'il y avait à cette nomination quelque sourde raison que la raison ignore.)

Il ne l'est plus.

Il a été giclé.

"A sa demande", a-t-il aussitôt expliqué.

(Je trouve ça plutôt crédible.)

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Mais Georges-Marc Benamou (rires) avait un lot de consolation: la Villa Medicis.

(Là encore, sans motif connu - autre que le bon vouloir du chef de l'Etat français, dont le règne, par plus d'un aspect, semble décidément celui d'un potentat d'opérette.)

Il ne l'a plus.

Comme "Le Monde" ce soir l'annonce: "L'Elysée renonce à nommer Georges-Marc Benamou (1) à la Villa Medicis".

Est-ce que Georges-Marc Benamou (rires), chassé de çà, chassé de là, choisit de faire profil bas?

Est-ce qu'il s'en va, loin, cuver aux Kerguelen la rude révélation de son insignifiance?

Penses-tu.

Le voilà qui pérore, et qui, dissimulant de sa main droite les taches tenaces que lui ont fait aux revers les grosses louchasses de caviar de l'époque, socialiste, où un riche et puissant pétrolier aquitain lui finançait le magazine, de sa main gauche brandit, c'est à se pisser parmi, le vademecum rouge du prolétaire dépité.

Le voilà qui, tranquillement, expose qu'"il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le parlement" - au lieu que d'être désignés par la volonté de l'Elysée.

Y a un truc, tout de même, que tu peux pas lui contester, à Georges-Marc Benamou.

(Rires.)

C'est son phénoménal aplomb.

Comme dit le vieux dicton berrichon: "La honte n'éblouit pas les yeux des courtisans" (2).

Ainsi que tu sais: Georges-Marc Benamou (rires) a méthodiquement oublié de réclamer que la promesse électorale de plus de transparence dans ces nominations soit tenue, quand lui-même croûtait aux râteliers du système.

(Le gars est courageux (jamais il n'hésita, tu te le rappelles sans doute, à moquer Mitterrand après le décès de Mitterrand), mais pas complètement téméraire.)

Mais le voilà qui soudain peine à contenir son dépit, et qui serre ses petits poings, comme font les jeunes enfants
dont le nouveau jouet vient de casser.

Le voilà qui, fondant ses derniers plombs, explique - tiens-toi bien: "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites - sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des "Héritiers", et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque".

Tu lis ça, tu désespères pas de voir bientôt François Fillon se poser en disciple de Chomsky.

Georges-Marc (rires), fais-toi, je t'en prie, un petit morceau d'Italie - ça te consolera un peu.

Pose-toi le fondement au "Flore".

Fais-toi servir un espresso.

Et réfléchis, loin des clameurs, à ce beau vers de Pasolini: "Io sono un mediocre, e non c'è prova".







(1) Rires.
(2) Salut à toi, brigadiste. (Je me comprends.)

 
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