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31/05/2006

Un Député M'A Fait De La (Double) Peine

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Ci-dessus, le résumé de l'affaire Clearstream par un député "villepiniste". (C'est lui qui le revendique).
Vous allez me dire, attends, c'est une page blanche, ton document, là.
Ben oui.
C'est exactement ça: le résumé de l'affaire Clearstream par un député villepiniste.
Allez, je vous raconte.
Hier à quinze heures et des brouettes, coup de fil d'une certaine Marion, d'Europe 1. "Ca vous serait possible, de participer à notre débat de ce soir, sur l'amnistie de Guy Drut et le bilan du gouvernement Villepin?"
Possible? Je ne crois pas, non. Depuis ce matin j'ai avalé vingt-six tubes d'Efferalgan, j'ai qu'une envie c'est de me coucher, alors, possible? Certainement pas.
Voilà ce que je commence par me dire. In petto.
Juste après, ma réflexion évolue vers quelque chose de beaucoup plus sonnant et trébuchant, car je suis parfois, vous savez quoi? Profondément vénal.
Possible? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, c'est que si ce passage à la radio me permet de vendre ne serait-ce qu'un bouquin de plus, alors je connais au moins deux personnes, dans mon entourage, qui me gratifieront bientôt d'une chaleureuse accolade. Je veux parler de Guy Birenbaum, éditeur, qui en a, je crois, un peu marre de se construire des cabanons de jardin avec mes invendus, et de madame T., banquière, dont le dernier courrier, sur le thème cher Monsieur Fontenelle, et si nous parlions posément de cette curieuse monstruosité dans la colonne "débit", avait, me semble-t-il, quelque chose de très vaguement comminatoire.
Et donc, trois heures -et douze nouveaux tubes de paracétamol- plus tard, nous voilà sagement assis, tous les quatre, devant nos micros. Nicolas Domenach, journaliste à "Marianne". Moi. Rachid Kaci, conseiller de Nicolas Sarkozy. Et Jean-Pierre Grand, le bien nommé, député villepiniste de l'Hérault.
Ce que ces deux-là se sont foutus sur la gueule, pendant l'émission. Incroyable. In. Cro. Yable. J'en connais qui, à la nuit tombée, dans l'intimité propice de leurs ministères, doivent y aller de la statuette vaudou, croyez-moi. Et tiens, une épingle dans la gueule, pour t'apprendre à monter des manips foireuses avec ton copain l'espion à deux balles. Et tiens, une aiguille à tricoter dans le bide, histoire que t'y réfléchisses à deux fois la prochaine fois que tu me débineras devant Franz-Oli... Devant des journalistes.
Sarko, Villepin, franchement, si j'étais "socialiste"? Je me calerais dans un transat, et je les regarderais s'étriper en sirotant un Pschitt citron.
Bon, ce n'est pas de ça que je voulais vous parler, mais de Jean-Pierre Grand. On a échangé quelques mots, avant l'émission. Puis d'autres mots, pendant. Les mêmes, à peu de choses près. C'est toujours bien, de répéter un peu. Histoire de bien maîtriser son texte.
Alors voilà ce qu'il a dit.
Sur Guy Drut: "C'est une peine SYMBOLIQUE, qui lui a été infligée par la justice. Il a payé. L'amnistier, c'est lui permettre de continuer à siéger au CIO. C'est très important, pour la France. Ne pas l'amnistier, c'était lui infliger une DOUBLE PEINE. La condamnation, puis l'interdiction de siéger au CIO. Vous n'êtes quand même pas POUR la DOUBLE PEINE?"
Notez: je ne commente pas.
Notez: je ne m'étrangle même plus de rage.
Je vous balance le truc, tel quel. Et je vous laisse le soin de calculer son rapport obscénité/impudence.
Après ça, le député a fait son résumé de l'affaire Clearstream.
Thèse: "Il n'y a pas d'affaire Clearstream." Antithèse: "L'affaire Clearstream, c'est l'affaire des frégates de Taiwan, qui remonte, je vous le rappelle, au début des années 1990. Une affaire socialiste, donc. Le ministre des Affaires Etrangères, à l'époque, ne s'appelait pas Dominique de Villepin, mais Roland Dumas. Qu'ensuite Dominique de Villepin, devenu à son tour ministre des Affaires Etrangères et découvrant cette affaire de frégates, ait voulu enquêter, pour en avoir le coeur net, franchement, quoi de plus normal? Sarkozy? Mais tout le monde sait qu'il n'a jamais été question de lui! Les notes du général Rondot? Personne ne les a vues! Et Rondot lui-même dit qu'il n'y avait rien de compromettant pour Dominique de Villepin, dans ces notes! Alors?"
Synthèse: "Circulez, y a rien à voir". (Là c'est moi qui résume).
Là encore, notez-le: je reste calme.
Je ne hurle pas: GO TO FUCKING HELL, FUCKING LIARS FROM FUCKING OUTTER FUCKING SPACE!!!
Ni rien de ce genre.
Je vous restitue, fidèlement, quelques menues considérations d'un député UMP, en France, en 2006, et là, tout de suite, vous ne songez pas forcément à me remercier.
Mais d'ici, mettons, une dizaine d'années, quand votre petit dernier (ou votre petite dernière), découvrant les joies simples du CM2, vous demandera de lui filer un coup de main, pour boucler son exposé sur "La Grande Dépression Bananière, 2002-2007", croyez-moi: vous serez bien content(e)s de pouvoir lui ressortir un document d'époque.

30/05/2006

Y A Pas Photo...

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Ceci est la "quatrième de couverture" (le dos, si vous préférez) de mon livre "Impunités françaises". C'est pas pour me vanter, mais je trouve qu'elle a une sacrée gueule. Surtout quand on sait qu'elle a été conçue BIEN AVANT que Chirac ne signe, d'un trait de plume sarcastique, l'amnistie de Guy Drut. C'est vraiment -mais alors vraiment- pas pour me vanter, mais je trouve que "Bienvenue au pays de Jacques Chirac, incarnation d'une République bananière dans laquelle tout est fait pour protéger l'impunité de nos principaux dirigeants", ben c'était quand même pas mal trouvé. Ca s'appelle viser juste, ou je ne m'y connais pas. Merci pour vos applaudissements.
Ce que je voulais vous dire, c'est que cette quatrième de couverture a une histoire. Petite, certes. Mais divertissante.
Mon éditeur (salut à toi) voulait, pour l'illustrer, le portrait officiel de Chirac. Celui de Bettina Rheims, l'artiste subversive. (J'en vois qui rigolent, je leur demande de s'arrêter). Il (mon éditeur, pas Chirac, ça serait quand même bien que vous suiviez un peu) a donc fait une demande à la Documentation française, seule habilitée à autoriser la publication de ce portrait.
Il a reçu (le 5 janvier 2006), par mail, cette réponse, dont la relecture me ravit: "Bonjour. La documentation française est le diffuseur exclusif du portrait officiel du président de la République française. Ce portrait ne peut être utilisé que pour illustrer la fonction officielle du Président. Je ne puis malheureusement pas accéder à votre demande et vous fournir ce portrait pour l'ouvrage "Impunité française", car l'utilisation prévue ne correspond pas à notre mission et à notre engagement auprès de la Présidence de la République. Cordialement."
Sur le moment, cette réponse m'a bien fait marrer. Notamment parce qu'elle tombait en pleine "affaire des caricatures". Je me rappelle m'être fait la réflexion qu'il était somme toute plus facile, dans ce pays, de se foutre de la gueule de Mahomet, que de celle de Chirac. (Et je continue à le penser).
Aujourd'hui je me dis que les gens de la Documentation française ne peuvent plus ignorer, depuis l'amnistie de Guy Drut, que, précisément, la sauvegarde pointilleuse des impunités françaises (avec leur arrière-goût de banane si caractéristique) fait pleinement partie de la "fonction officielle du Président", telle que la conçoit Jacques Chirac.
Je suppose donc que la prochaine fois qu'on leur demandera son portrait officiel pour illustrer, par exemple, un exposé sur le dévoiement des institutions, ils se feront un devoir de répondre: "Oui".

29/05/2006

Les Cons Du Non

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Je n'ai bien évidemment rien de personnel contre Jacques Espérandieu, directeur de la rédaction du "Journal du dimanche". Il fait juste son travail, pour lequel son employeur, marchand d'armes et de presse, lui verse de la main gauche des émoluments que j'espère confortables, cependant que de la main droite, il balaie quelques pauvres à Mérignac (Gironde).
Mais je suis bien obligé de constater que Jacques Espérandieu écrit parfois n'importe quoi, ce qui n'a rien de spécialement grave, et qu'il en profite au passage pour nous traiter de cons - or ça, franchement? Ca m'énerve un peu.
Alors bien sûr, il ne dit pas les choses aussi crûment. "Cons", faut admettre, ça ferait désordre, dans un canard aussi bien tenu que le "Journal du dimanche".
Mais voyez ce qu'il écrivait, dans son édito d'hier matin (28 mai 2006): "Ceux qui n'ont pas hésité à dire "non" à Jean-Pierre Raffarin en mai 2005 ont assez peu de raisons de dire "oui" à Dominique de Villepin en mai 2006: c'est comme cela qu'il faut interpréter les sondages indiquant que 90 % des français ayant rejeté la Constitution européenne l'année dernière feraient de même si la question leur était à nouveau posée aujourd'hui".
Il faut relire deux fois ces quelques lignes, pour bien comprendre ce qui s'y passe.
Première lecture: Espérandieu nous adresse à nous, lecteurs du "Journal du dimanche", le message suivant: "Ceux qui ont voté pour le Non au référendum de mai 2005 sur la Constitution européenne (CE) sont des cons. Ils n'ont pas compris l'enjeu de ce rendez-vous. Ils en ont fait un scrutin franco-français, alors qu'il ne s'agissait pas de ça. On leur posait une question sur l'Europe, ils ont répondu à côté, sur Raffarin, qu'ils n'aimaient guère. Ils ont sottement fait de cette consultation une affaire de politique intérieure, en se prononçant pour ou contre Raffarin. En somme ils ont profité de la première occasion qui se présentait pour passer leurs nerfs. Mais ce n'est pas tout. Ils sont tellement bêtes, que si là, un an plus tard, on leur demandait à nouveau leur avis sur la CE, ben ils referaient le même coup. Ils recommenceraient à répondre à côté, pour ou contre Villepin. Ils N'APPRENNENT pas vite".
Relecture: Espérandieu nous envoie un second message, plus subtil. Enfin subtil... Disons plutôt subliminal.
"D'une certaine manière, nous dit-il, la victoire du Non à la CE n'est pas une victoire du Non à la CE - puisque les tenants du Non, ces crétins, n'ont pas voté contre le projet de Constitution qui leur était soumis, mais contre Raffarin. D'une certaine manière, rien ne permet donc, au fond, d'affirmer que les Français ont majoritairement dit Non à la CE, puisqu'il n'ont pas répondu à la question posée. D'une certaine manière, la victoire du Non est donc nulle, et pour tout dire non avenue".
Tout cela est, bien sûr, complètement faux.
Nous savons, nous, qui avons défendu le Non, que nous nous sommes, au contraire, passionnés pour les vrais enjeux du référendum sur la Constitution européenne. Pour ses enjeux réels, ceux dont, précisément, nul éditorialiste de la "grande" presse (qui ment), à l'époque, ne souhaitait véritablement nous entretenir - bien au contraire, et pour cause. Et c'est pour cela, justement, parce que nous avons pris la peine de vérifier la teneur exacte en ultralibéralisme de la Constitution qui nous était proposée, que le Non l'a emporté.
Nous savons, aussi, que c'est cette lucidité travailleuse qui a complètement fait disjoncter les éditorialistes ouistes. Nous savons qu'ils n'ont JAMAIS digéré la tranquille résistance d'une majorité de Français au sidérant déferlement de propagande, façon démocraties populaires, qui s'est abattu, au printemps 2005, sur la TOTALITE des journaux, magazines, radios et télés du pays. (Lire, sur ce sujet, le formidable petit bouquin "MEDIAS EN CAMPAGNE, retours sur le référendum de 2005", publié par ACRIMED aux éditions Syllepses).
C'est en cela - aussi - que l'édito de Jacques Espérandieu doit (brièvement) retenir notre attention. Pour ce qu'il révèle de rancune, et plus généralement de refus de regarder la réalité en face.
Un an - UN AN! - après la victoire du Non, "ils" n'ont, je le répète, pas digéré. "Ils" en sont, même, on l'a vu, à nier, fût-ce très insidieusement, la réalité de cette victoire.
On ne saurait, finalement, mieux démontrer que la presse, en dépit des grandes baffes qu'elle reçoit dans la gueule, ne s'amendera décidément pas. Jamais. Never. Totalement coupée des réalités, prête même, le cas échéant, à leur opposer un affolant déni, elle n'hésitera cependant pas, nous pouvons en être sûrs, à nous balancer bientôt de énièmes PP (papiers pontifiants) sur la "coupure" entre le "peuple" et les "élites"...

28/05/2006

Et Toi? Tu Aimes La Corrida?

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Je me demandais: qu'est-ce que je pourrais trouver pour VRAIMENT énerver tout le monde, un dimanche matin? Un sujet qui exacerbe vraiment les passions, qui fasse grimper dans les tours, qui donne pour de bon envie de se foutre sur la gueule - histoire de bien nous réveiller?
Histoire aussi de nous changer un peu les idées?
J'ai trouvé la réponse hier après-midi, dans ma boîte aux lettres, où j'avais oublié de relever le courrier du matin: le programme de la prochaine feria de Céret. (Les 8 et 9 juillet prochains. Avec, notamment, des toros de Valverde. Excusez du peu).
La corrida, je me suis dit: voilà EXACTEMENT ce qu'il me fallait pour démarrer une bonne bagarre de saloon.
Tu lâches le mot et, deux secondes plus tard, ça part à gifles entre amis de vingt ans.
Tu dînes chez des potes, et ça se passe plutôt vachement bien, jusqu'au moment précis où tu fixes un(e) convive d'un oeil torve, en lâchant, froidement: "Et toi? Tu aimes la corrida?"
Là, d'un seul coup, l'ambiance chavire un peu.
Alors je sais TRES BIEN ce que vous allez me dire. C'est petit. C'est mesquin. C'est facile. C'est très con. Ca ressemble à de la télé.
Je l'admets. J'abonde. Même: j'opine. C'est justement ce que je pensais. Aujourd'hui, je me suis dit, on va faire comme à la télé. Ce sera notre façon, à nous, de ponctuer le départ de Thierry Ardisson. Qui s'en va enfin.

27/05/2006

La Gauche Montres

Laurent Joffrin, directeur du "Nouvel Observateur", a rompu avec la gauche caviar.
Ne riez pas.
C'est important.
Il en a fait un livre, que dis-je, un manifeste, à partir, notamment, de ce constat: la gauche caviar s'est coupée du peuple. Bien vu, Laurent. Quelle perspicacité.
Alors je me suis demandé: est-ce que "Le Nouvel Observateur" incarne vraiment cette gauche proche du peuple que Laurent Joffrin appelle de ses voeux? Et j'ai trouvé un début de réponse dans le numéro (2168) de cette semaine, à la page 32.
Pour bien comprendre mon état d'esprit, à la découverte de cette page 32, il faut que vous sachiez que la semaine dernière, j'ai lu, dans "Le Plan B", une interview d'une certaine Astride, qui travaille chez Carrefour, 30 heures par semaine, pour 837 euros et 63 centimes nets par mois. "Une fois son loyer payé, il lui reste 485 euros pour vivre avec son fils".
Pour bien comprendre mon état d'esprit, à la lecture de cette page 32, il faut que vous sachiez que Laurent Joffrin gagne, lui, 8.000 euros par mois. Dix fois le salaire d'Astride.
Donc, le numéro de cette semaine du "Nouvel Obs". (Dont Laurent Joffrin est, je le répète, le directeur. Directement responsable, donc, de ce qui se publie dans son hebdo). Et donc, la page 32. Rubrique: "Les choses de la vie". Je le précise, parce que c'est important. IL NE S'AGIT PAS D'UN PUBLIREPORTAGE. Mais d'une page "conso", réalisée par des journalistes encartés, comme "Le Nouvel Obs" en publie chaque semaine.
Que sont les choses de la vie, cette semaine, dans "Le Nouvel Obs"? Des montres. Six montres.
Soit, "de haut en bas et de gauche à droite", les six modèles - pour femme - suivants:
"LIENS en or gris pavée diamants, bracelet en satin, Chaumet, tél: 01.44.77.26.26.
POSSESSION en or blanc, lunette sertie de diamants, bracelet en satin, Piaget, tél: 01.55.35.32.80.
CALISSON en or blanc pavée diamants, bracelet en satin, Cartier, tél: 01.42.18.43.83.
REFLET ICARE MEDIUM, boîtier et cadran en or blanc serti de diamants, bracelet en satin, Boucheron, tél: 01.42.61.58.16.
CAMELIA en or blanc sertie de diamants, bracelet en satin, Chanel Joaillerie, tél: 01.55.35.50.00
ULTRAPLATE en or blanc, lunette sertie de diamants, bracelet en satin, Blancpain, tél: 01.42.92.08.88".
Aucun prix, vous l'aurez noté. Mais des numéros de téléphone. Alors moi, vous me connaissez: journaliste d'investigation un jour, journaliste d'investigation toujours, comme dit Edwy Plenel. J'ai décroché mon téléphone, et j'ai fait une longue enquête. Longue ET difficile. Il a fallu que je recoupe chaque info auprès de trois sources différentes, comme enseigné dans les écoles de journalisme.
Mais je m'en suis tiré comme un chef: pouvez m'appeler Rouletabille. J'ai trouvé le prix de chaque montre.
Liens, 12.100 euros.
Possession, 6.600 euros.
Calisson, 32.300 euros.
Reflet Icare Medium, 23.100 euros.
Camélia, 15.000 euros.
Ultraplate, 11.060 euros.
J'ai une double certitude, au terme de cette investigation exemplaire.
D'abord, Laurent Joffrin, depuis sa rupture avec la gauche caviar, s'est rapproché de la gauche montres.
Ensuite, et surtout, rien ne permet d'affirmer que "Le Nouvel Observateur" est coupé du peuple. Bien au contraire.
Prenez Astride, par exemple.
Si elle veut bien faire un minuscule effort.
Si elle veut bien se limiter un peu sur les coquillettes, le mois prochain, et le mois suivant, et le mois suivant. (Pas d'excès, Astride, c'est mauvais pour ta ligne. Fais un peu gaffe, quoi...)
Ben très vite, elle économisera de quoi s'abonner au "Nouvel Observateur".
Et là, elle recevra, EN CADEAU, vous savez quoi?
Une montre. Bravo.
Pas une Cartier à 32.300 euros, d'accord. Ni même, d'ailleurs, une Piaget à 6.600 euros - qui est pourtant presque donnée, à ce prix-là. Mais faut pas NON PLUS exagérer. On peut se tenir près du peuple, sans forcément souhaiter que les pauvres se mettent à péter plus haut que prévu. Si vous me passez l'expression. Parce que sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Et très vite, la chienlit. L'anarchie. Parce que les pauvres, on les connaît: on leur tend la main, ils réclament le bras. Ne savent pas se tenir.
Non, la montre CADEAU, c'est une Lip. Discret hommage, émouvant de sobriété, de la gauche montres à (feue) la gauche autogestionnaire. Et je trouve que c'est déjà pas mal, pour le prix d'un abonnement au "Nouvel Obs".
Astride? Courage. Dans, quoi, sept ou huit mois, grand maximum? La Lip est à vous.
Merci, Laurent Joffrin.

26/05/2006

Ha! Ha! Ha!

Ah ben, enfin! Une bonne nouvelle!
Je sais pas vous, mais moi, la lecture des journaux commençait à me peser velu, depuis quelques années. Comme je disais encore à ma femme pas plus tard qu'hier matin: "Les nouvelles sont mauvaises, d'où qu'elles viennent". (Oui, elle a effectivement répondu qu'elle voulait, si je le permettais, déjeuner en paix, mais comment diantre le savez-vous?)
Mais bon, là, enfin, une info sympa, de nature à nous réconcilier avec l'actu. (Coco).
La Sogerma (EADS) va licencier six cents personnes, au lieu des huit cents initialement annoncées.
Personnellement, ça me ravit.
Pardon? Vous trouvez que "ça fait quand même beaucoup"?
Attendez. Aaaaattendez. Je crois que vous m'avez mal compris.
Moi, je suis libéral. Et totalement décomplexé, je préfère vous en prévenir. (Pour ça que je soutiens Sarko, à donf. Quand il parle d'économie, j'ai l'impression d'entendre Maggie Thatcher, et à chaque fois j'ai un début d'érection).
Alors, n'est-ce pas, comprenez-moi bien. Les salariés virés, moi, je m'en tamponne. Que ce soit bien clair. Je les emmerde. A pied. A cheval. Et en voiture. Mais regardez-les, nom de Dieu! Avec leurs tee-shirts à deux balles, "Sogerma Mérignac Vivra": j'ai honte pour eux!
Puis tendez, c'est quand même pas de ma faute s'ils refusent de monter dans le train de la réforme, hein? Pas de ma faute s'ils n'ont jamais ne serait-ce qu'ouvert un livre d'Alain Minc, pas de ma faute s'ils n'ont jamais lu un édito d'Eric Le Boucher dans le quotidien de référence d'Alain Minc! Pas de ma faute s'ils ne veulent jamais faire AUCUN effort, merde!
C'est ce qui nous tue, de nos jours: le prolo est conservateur. Pis: conformiste. Jamais partant pour le progrès.
Enfin bref. J'étais parti pour dissiper un malentendu.
La bonne nouvelle, soyons très clairs, n'est pas que Lagardère et Forgeard (EADS) aient accepté de garder 500 branl... euh, salariés à Mérignac. Ca, je vous l'ai dit, je m'en fous.
La bonne, la merveilleuse nouvelle, c'est qu'ils ont parfaitement appliqué, avec une maestria éblouissante, la règle de base du licencieur performant: virer des pauvres, d'accord, mais en douceur.
En leur donnant toujours, TOUJOURS, l'impression de leur faire un cadeau.
Ne jamais oublier que le travailleur français, foncièrement bolchevique, exige toujours de la vaseline, avant l'intromission. C'est navrant: je sais. Mais c'est comme ça: ils ont la revendication dans le sang.
Bon, rien de plus simple cependant que de les niquer à mort, la recette est archi-connue, et ça me fait vraiment plaisir qu'EADS l'ait appliquée: Tu Prévois Six, Tu Montres Huit.
T'as besoin de lourder six cents mecs? T'annonces que t'en dégages huit cents.
Effet garanti: dans la seconde qui suit, t'as une manif à la con, avec des tee-shirts à la con. Des fois même, ils cuisent des merguez. Hallucinant. Et ça gueule, et ça gueule...
Alors toi, t'arrives, et tu les figes. Tu les pétrifies. Ils attendaient le père Fouettard, et ils découvrent qui? Mère Teresa. Le grand patron conscient de ses responsabilités, MAIS foncièrement gentil. Humaniste. Presque de gauche.
"Votre détresse m'émeut", tu fais. "Votre détresse m'émeut tellement, que j'ai refait TOUS mes calculs, et que finalement... Finalement... Je ne vire QUE six cents personnes".
Bien sûr, faut éviter de pouffer. Je sais que c'est difficile, mais avec un peu d'entraînement, ça devient même assez amusant. Je connais un patron qui, à son troisième plan social, arrivait même à écraser une larme, en leur annonçant la bonne nouvelle. Ha! Ha! Ha!
Et le mieux c'est que ça marche! A tous les coups! C'est MAGIQUE! Voyez l'attaque, impeccable, du papier du "Monde" d'aujourd'hui (hier soir pour les Parisiens): "De la fermeture au maintien partiel d'une activité (...) les actionnaires d'EADS ont revu (...) leur position concernant l'avenir du site de la Sogerma".
Alors les pauvres, QUI sauve des emplois? Merci QUI?
Ha! Ha! Ha!

25/05/2006

Oxymore

Marrant comme, en l'espace d'une petite vingtaine de jours, 007 est devenu zéro tout court.
Marrant comme Philippe Rondot, qui nous était partout présenté comme le Père De Tous Les Agents Secrets, semble s'être mué en sous-clone d'OSS 117.
Rappelez-vous, il y a trois semaines à peine, les premiers papiers sur l'affaire Clearstream. La presse (qui ment) parlait du général comme d'un "as du renseignement", et autres superlatifs de compète. Et que je te balance le "maître-espion" qui a, notamment, "capturé Carlos", tout seul avec ses petites mains.
Rappelez-vous, ce n'est pas vieux, comment on nous a fourgué du monstre sacré de la guerre secrète, aussi à l'aise dans les coups les plus dangereux que moi dans mes nouvelles Conv****. (Ici une marque de pompes).
Mais là, vingt jours plus tard, grand maximum?
Ce que ce mec prend sur le coin de la gueule, tout d'un coup. C'est à peine croyable.
Vous me direz: il a quand même UN PEU cherché la m**** (ici le mot de Cambronne), avec ses notes.
Un peu, en effet.
Les notes de Rondot: un régal.
Le principe même de ces notes est hilarant: voilà un gars qui a, quand même, laissé derrière lui plus de traces qu'un gendarme essayant d'incendier une paillotte. On lui refilait - paraît-il - des missions ultra-secrètes, et lui, son premier réflexe? Je prends mon petit carnet, mon stylo-bazooka, et ni vu ni connu: je raconte. Histoire de laisser derrière moi quelques petits cailloux. Des fois que je me perdrais...
Pour un agent secret, vous pourrez me dire tout ce que vous voudrez: ça la fout mal. Un maître-espion graphomane, vous m'excuserez de vous l'annoncer un peu crûment, c'est pas un maître-espion. C'est un oxymore.
En même temps, et plus sérieusement, ces notes de Rondot sont passionnantes, pour ce qu'elles révèlent des moeurs du Soviet Suprême (= Chirac, Villepin et associés). "Protéger D de V", avouez quand même que c'est pas tous les jours qu'on lit ça: on dirait un vieux film de Costa-Gavras, en beaucoup plus inquiétant. (Et les lettres! Les lettres de Rondot à Villepin! "Monsieur le ministre et cher Dominique"! On a, là, échappé au pire: un an de plus et ces deux-là, croyez m'en, se donnaient du "ma couille" long comme le bras...)
Or, justement. Et j'en reviens à mon propos initial. Depuis la diffusion de ces notes, je ne sais pas si vous l'avez bien remarqué: il pleut du guano, par quintaux, sur le sommet du crâne du général.
Jugez plutôt.
Imad Lahoud, l'informaticien, observe que Rondot "ne fait pas la différence entre un portable et un fer à repasser". (Source: "Le Figaro").
Jean-Louis Georgelin, le chef d'état-major particulier de Chirac, "s'est toujours méfié du général Rondot, dont il pensait qu'il majorait souvent complaisamment son rôle". (Source: "Le Point").
Et ce n'est pas tout.
Dominique de Villepin lui-même a déclaré avant-hier soir, sur France 2, que tout, dans ces notes, était "faux".
Haro sur le Rondot!
L'"as du renseignement"? De l'histoire ancienne! Ce que nous voyons soudain se dessiner n'a plus rien à voir avec James Bond: ça ressemble d'assez près, en revanche, à Jojo Lapin Au Pays Des Barbouzes, et je dois confesser que du coup, j'attends la suite avec une certaine gourmandise.
Parce que là, j'ai dans l'idée que la presse (qui ment), fidèle à sa longue pratique du repli en rangs serrés, va très bientôt nous balancer du lourd, sur le thème: "Rondot, ce baltringue". Je prends des paris: on y aura forcément droit.
Et je me dis que si ça se trouve, le général, ça va le gonfler, ces moqueries.
Je me dis qu'un de ces quatre, ses notes vont ressurgir, dans une version un peu améliorée: imprimée à La Flèche, par Brodard et Taupin. Dispo dans toutes les bonnes librairies, pour la modique somme de 20 euros, prix TTC. Ma main à couper que les éditeurs ont sorti leur CDGO: leur Chéquier Des Grandes Occasions.
Je vois d'ici le titre, un peu long mais formidablement informatif: "Monsieur Le Premier Ministre. Cher Dominique. Prends Donc Ca Dans Ta Gueule".

24/05/2006

Au Revoir, Michel-Edouard...

Ce soir, comme tous les mercredis, j'ai AMAP. (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne).
L'AMAP, c'est bien, l'AMAP, c'est beau, l'AMAP, c'est chaud.
C'est des gens qui se réunissent. (Dans la nôtre (Paris 12), on est une petite cinquantaine). Et qui se pacsent, collectivement, avec un agriculteur. Bio, si possible. (Mais c'est pas une obligation). Et qui s'engagent, par écrit, à lui acheter sa production, toute l'année, même en cas de coup dur. (J'explique ça plus loin).
Nous, par semaine, on a, pour 15 euros, 5 à 6 kilos chacun(e) de fruits et légumes. Bio. Pommes de terre, salades, radis, épinards, asperges, fraises, rhubarbe... J'en passe.
Vous le constatez: ce prix n'a rien à voir avec les pratiques prohibitives des marchés bio.
Pour nous, consommateurs, c'est donc un vrai bonheur.
Pour l'agriculteur aussi, puisqu'il est sûr de vendre au moins cette partie de sa production, et peut compter sur ce revenu régulier. Pas somptuaire, non. Mais régulier. D'autant que nous nous sommes aussi - et surtout - engagés à lui verser 15 euros par semaine quoi qu'il arrive. Même si une catastrophe naturelle (sécheresse, inondation, bombardement nucléaire, élection de Sarkozy) dévaste ses cultures, par exemple. En cas de pépin (je croise les doigts), il pourra donc compter sur nos 15 euros pour "tenir", le temps de réparer les dégâts. C'est pas énorme, d'accord. Mais c'est pas rien non plus.
Donc, l'AMAP, tout le monde y gagne - sauf bien sûr les rascals de la grande distribution, avec leurs "marges", ces machines à étrangler les petits paysans.
Alors allez-y. Fondez votre AMAP. (Que Mille Et Mille AMAP Fleurissent!)
Et chantez avec nous: "Au revoir, Michel-Edouard (Leclerc)... Au revoiiiiiir..."

23/05/2006

Vive L'Impôt Révolutionnaire !

J'ai passé deux heures, dimanche, à réunir les papiers qui me permettront, samedi prochain (toujours doser l'effort), de remplir ma déclaration de revenus préremplie (DDRP, comme dirait le général Rondot). Parce qu'elle est mal préremplie. Z'ont oublié des trucs. Faut que je complète. Je connais plein de gens à qui c'est arrivé. Beaucoup plus qu'on ne le dit à la télé. (Se pourrait-il que la télé mente?)
Et ça, de mon point de vue, ça confirme que la DDRP ressemble d'assez près à un NGALC (nouveau gadget à la con, en Rondot), vite fait, mal fait, mal foutu.
Thierry Breton, ministre de l'Economie, et Jean-François "Promis j'arrête" Copé, minisre délégué au Budget, nous ont envoyé, rappelez-vous, une gentille lettre, en même temps que notre DDRP. J'espère que vous ne l'avez pas jetée. Bon, je reconnais que le premier réflexe de n'importe quel être humain normalement constitué découvrant une bafouille de ces deux-là est de la foutre à la poubelle, après l'avoir éventuellement déchirée: on se venge comme on peut. Mais dans ce cas précis, mieux vaut lire. Car il y a dans ce courrier de succulents morceaux de langue de bois, spécialement goûteux.
Par exemple: "(La) déclaration de revenus nouvelle (...) illustre (...) de manière concrète les engagements pris dans la Charte du Contribuable: plus de transparence, de respect et de simplicité dans les relations entre les contribuables et l'administration".
Relisez lentement ces quelques mots. Puis dites-moi. D'après vous.
"Plus de transparence", qu'est-ce que ça veut dire, exactement?
Vous ne voyez pas? Moi non plus. Et c'est normal. Ca ne veut ABSOLUMENT rien dire. Thierry et Jean-François ont mis ça là pour nous distraire. Pour nous divertir. La vérité, c'est que la transparence, pour le gouvernement Villepin, c'est le Diable. L'Ennemi, avec un grand E. Voyez l'affaire Clearstream: si la transparence était faite sur les agissements des uns et des autres, y aurait le feu, croyez-moi.
Donc, ils font semblant.
Ils nous promettent "plus de transparence" grâce à la DDRP, ce qui ne veut, je le répète, strictement rien dire, et pendant ce temps ils continuent à nous enfumer tranquillement dès qu'on leur suggère, par exemple, de lever le secret-défense sur les frégates de Taïwan. (Ou de nous dire TOUTE la vérité sur le vrai-faux-vrai compte bancaire de Chirac au Japon, au lieu de nous raconter des histoires abracadabrantesques).
C'est un peu comme quand Jean-François Copé nous lance, goguenard: "Promis, j'arrête la langue de bois". Il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. C'est - encore une fois - une diversion. Il ne peut pas ouvrir grand la bouche et nous dire crûment: "Touche, c'est du châtaignier des Cévennes". Alors il raconte n'importe quoi, en espérant, qui sait, que nous le croirons.
Bon. Tout ça pour vous dire que moi, finalement, je préférais la DDRAR. (Déclaration de revenus à remplir, oui général, merci, on avait compris, ça fait quinze jours qu'on lit vos notes dans la presse, on commence à connaître un peu vos tics d'écriture). Même, ça me gonfle un peu (beaucoup) que l'argent de mes impôts serve à financer un truc aussi foireux que la DDRP.
Cela dit, je vous rassure.
Je ne suis pas un Contribuable En Colère (CEC, oui général - faites-le sortir, maintenant, s'il vous plaît, trouvez lui son livre de Lawrence, faites quelque chose, il devient très chiant).
Les gens qui passent leur temps à se plaindre qu'ils payent trop d'impôts me font profondément chier.
Moi, j'aime payer des impôts.
Non sans contradictions : je demande, chaque année, à bénéficier de l'abattement spécial réservé aux journalistes, alors que je trouve ce privilège dérogatoire, en lui-même, complètement scandaleux. (Ma femme est prof, nous avons deux enfants, on ne roule pas exactement sur l'or, mais d'un autre côté on vit correctement, avec des fins de mois normalement "justes", et il y a au bas mot des millions de salariés, dans ce pays, qui auraient mille fois plus besoin que nous de ce "petit" coup de pouce fiscal).
Mais bon. J'aime ça. Franchement, j'aimais remplir ma déclaration, parce que c'était, une fois par an, l'occasion d'une méditation, brève mais euphorisante, sur les vertus de la solidarité.
Parce que l'impôt, n'est-ce pas, c'est d'abord ça. L'expression de notre solidarité, et plus généralement de notre volonté affirmée de vivre tous - mais TOUS - ensemble.
En gros: nous, qui avons la CHANCE de gagner assez d'argent pour être imposables, nous mettons au pot, une fois par an, une partie de nos revenus, pour que tous ceux qui n'ont pas (ou plus, ou pas encore) cette chance bénéficient quand même - c'est un exemple parmi beaucoup d'autres - d'une couverture sociale.
(Mais si, voyons. Une COUVERTURE SOCIALE, vous savez bien? Ce machin que la droite veut - aussi - dépecer?)
En cela, je crois que l'impôt est, par essence, révolutionnaire. (C'est pour ça que les assos de contribuables, ces nids de réacs, s'en plaignent. Et que le droite n'a de cesse de (leur) promettre toujours plus de réductions d'impôts - donc, par définition, toujours moins de solidarité).
Alors bien sûr, dans la vraie vie, ça ne se passe pas aussi bien, pour la simple et bonne (et bien triste) raison que la vraie vie est, justement, aux mains de la droite. (Je ne doute pas que vous aurez fini par le remarquer, depuis le temps).
Dans la vraie vie, l'argent de nos impôts sert, aussi, à payer les billets d'avion de Jacques Chirac. Les fameux billets-qui-font-pschitt.
Dans la vraie vie, l'argent de nos impôts sert, aussi, à affréter les charters dans lesquels Nicolas Sarkozy, le dangereux braconnier dont les gardes-chasse du FN relèvent chaque nuit les empreintes dans les sous-bois de Saint-Cloud, empile courageusement des "clandestins" cumulards (pauvres ET basanés). Comme pour mieux nous signifier, pour le cas où ne l'aurions pas encore bien saisi, que lui aussi est d'accord pour que nous vivions tous ensemble, mais sans trop de gueux ethnico-religieux, tout de même.
Dans la vraie vie, l'argent de nos impôts sert, aussi, à payer, d'une part la retraite, et d'autre part les confortables émoluments, d'une paire de vieux copains: Philippe (R.) et Dominique (de V.), dont le hobby commun est de chier d'une très grande hauteur, le premier sur des juges, le second sur nous, qui passons désormais nos journées à nous demander COMMENT le déloger de Matignon.
Dans la vraie vie, bien sûr, j'aimerais mieux pouvoir me dire, quand je complèterai samedi ma DDRP, que mon écot ira au maintien (au sauvetage) du (des) service(s) public(s), à la gratuité des transports, à l'augmentation du RMI, à l'organisation d'un concert géant de Didier Barbelivien, etc.
Plutôt qu'au financement du fanatisme sécuritaire de Qui-Vous-Savez.
Et malgré tout. Ne serait-ce que pour me venger, en mon for intérieur, des saloperies poujadistes qu'"on" nous débite, sur l'impôt, à longueur de temps. Samedi je vais me régaler.
PS: Je rigolais, hein, pour le concert de Barbelivien.

22/05/2006

Relâche...

Relâche.
Rendez-vous ce matin, chez Privé, avec le camarade Eric. Ceux qui nous aiment prendront leur télécommande.
PS: Essayez de vous rappeler ce que vous faisiez il y a quinze jours. Moi j'échangeais des pronostics avec des potes sur la durée de (sur-)vie de Villepin à Matignon. Faut dire qu'avec ce qu'on découvrait sur Clearstream... (Et souvenez-vous: il n'était même pas (encore) question, alors, du compte de Chirac au Japon!) Il y a quinze jours? On était jeunes, pleins d'illusions naïves sur la démocratie. On pensait vraiment qu'"il" (Villepin) allait gicler. On lui donnait, allez, deux à cinq jours. Puis non. Même dans la pire des républiques bananières, le gouvernement, sous une telle pluie de révélations, toutes plus ahurissantes les unes que les autres, aurait littéralement sauté. Mais pas chez nous. Concrètement, le seul qui a morflé, depuis 15 jours, c'est le juge Van Ruymbeke. Ca devrait nous jeter dans les rues, par millions. "Avant que tout ne soit perdu".

 
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