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14/07/2006

Cette semaine dans "Charlie-Hebdo", Philippe Val, "Social-Traître" (C'est Lui Qui Le Dit), NE CITE PAS Spinoza

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Cette semaine, dans "Charlie-Hebdo", Philippe Val défèque "en badinant", c'est lui qui le dit, sur les "critiques radicaux des médias". (Et pour une fois il ne cite pas Spinoza.)
L'éditorial de Philippe Val qui se trouve aux pages 2 et 3 du "Charlie-Hebdo" de cette semaine, en vente depuis mercredi, est un étron lâché d'une très, très haute hauteur sur les "critiques radicaux des médias", et plus généralement, du moins est-ce ainsi que je l'ai (res)senti, sur nous tou(te)s qui, tout de même, tout bien pesé, au bout du compte, réflexion faite, préférons la sociologie de Bourdieu à celle des pilotes de l'US Air Force qui firent jadis battre d'un bonheur simple et cadencé le coeur de nombre d'éditorialistes - en bombardant le Kosovo.

L'éditorial de Philippe Val, dans le "Charlie-Hebdo" de cette semaine, stipule, c'est son titre, que "Serge July vaut bien une grève". C'est joli, c'est original: c'est du Philippe Val. ("Vive la crise" était déjà pris.)

Ca dit, en gros, qu'Edouard de Rotschild est méchant, d'avoir viré July de "Libé".

Ca dit, en gros, que les journalistes de "Libé" sont de fieffés salauds, d'avoir laissé faire cette vilenie, de n'avoir pas fait grève pour l'empêcher, alors même, tenez-vous bien, qu'ils s'étaient mis en grève peu de temps auparavant pour sauver leurs propres emplois - au moment où ils ont reçu juste sur le coin supérieur gauche de la gueule un plan social contre lequel July, et pour cause, n'a bien sûr jamais fait grève, sans toutefois que cette abstinence lui vaille le moindre éditorial de Philippe Val sur le thème: "Les journalistes de "Libé" valent bien une grève".

Philippe Val, qui est de gauche, c'est du moins ce qu'affirment les responsables d'i>TELE qui l'invitent régulièrement à "débattre" (ouârf) de "l'actu" (ouââârf) avec des gens du "Figaro" et de l'UMP, Philippe Val, disais-je, fait donc grief aux journalistes de "Libé" de ce qu'il n'a jamais reproché à leur ex-patron.

Philippe Val écrit, dans son édito de cette semaine: ""Libé", à une époque récente, n'avait pas hésité à faire une grève assez dure pour empêcher la sortie de plusieurs numéros. Mais c'était pour obtenir des conditions de départ" dans le cadre d'un plan social. "Cette fois, c'est du garant de l'identité du journal qu'il s'agit: il n'y a pas de quoi fouetter un ours".

Philippe Val, qui a su rester simple, n'envisage évidemment aucun lien de cause à effet entre ces différents épisodes.

Philippe Val n'envisage pas que les journalistes de "Libération" aient pu, ce n'est bien sûr qu'une hypothèse, se dire quelque chose comme: "Ah tiens, ce gars, Serge, qui a récemment consenti un plan social pour complaire à son actionnaire, ben c'est marrant comme on a UN PEU de mal à verser la moindre putain de larme ou à faire la moindre micro-grève de protestation, quand son actionnaire lui dit Serge, ma couille, t'avais décidément raison, faut dégraisser le mammouth, la sortie est par là, voilà ton chèque, le montre pas trop, ça risquerait de jeter un froid, et, Serge, ne t'en fais pas, ééééévidemment je laisserai Duhamel écrire tout le bien qu'il pense de toi".

Philippe Val, qui n'est pas julyste pour des prunes, préfère insulter les journalistes de "Libé" qui ont oublié de faire la grève que valait bien Serge, et qui se sont contentés, minables, de publier à la une de leur canard un communiqué: "Un texte glacé et glaçant qui prend acte" (c'est toujours Val qui parle) du renvoi de July.

Philippe Val écrit en effet: "Outre le style de commissaire politique du communiqué, les formules de politesse minimales vis-à-vis de Serge July faisaient apparaître que l'abyssale stupidité stalinienne et la barbarie stylistique qui la précède toujours avaient remonté leur petit mur de Berlin portatif au sein de la rédaction".

Vous l'avez compris: dans l'esprit de Philippe Val, les journalistes de "Libé" qui n'ont pas fait grève pour protester contre le renvoi de July sont des crétins staliniens qui écrivent mal. (Je me dis que Val a sans doute hésité entre ça et quelque chose comme "nazis imbéciles handicapés du clavier", mais le recours à Staline avait ceci de commode qu'il permettait de glisser une fine allusion au mur de Berlin (I Wanna See Some History), avec sans doute une pensée de l'auteur, non formulée mais probablement spinoziste, pour tous les pauvres bougres abattus jadis par les Vopos...)

Je crois que si j'étais journaliste à "Libé", j'aurais un peu envie, là tout de suite, de suggérer à Philippe Val d'aller se faire voir chez Ardisson. Pour lui apprendre à ne plus faire d'amalgames obscènes, et plus généralement à réfléchir dix secondes au lieu de cinq, au moment de couler un édito.

Et en même temps cela serait vain, car Philippe Val semble vivre dans une dimension qui, pour n'être pas forcément la quatrième, n'est pas non plus tout à fait celle où nous évoluons - une dimension où l'invective, le bobard et l'insulte, certes parés des atours du "badinage", tiennent de lieu de "pensée".

C'est ce que prouve, dans son édito de cette semaine, le long morceau de bravoure (si j'ose dire) que voici. Accrochez-vous.

"Les sujets graves n'interdisent pas le badinage, alors une petite remarque en badinant. De Gaulle et Bourdieu ont un point commun: ces deux montagnes ont accouché de pauvres souris. Leurs héritiers sont minuscules. Chirac et Sarkozy pour l'homme du 18 juin. Les critiques radicaux des médias pour l'homme de la "Misère du monde". Depuis quelques années, nos petites souris bourdieusiennes ont identifié les ennemis qu'il faut abattre pour qu'adviennent les temps radieux. Nos rongeurs devraient se poser quelques questions: parmi la demi-douzaine de cibles privilégiées, au nombre desquelles j'ai l'honneur de figurer, on trouve Plenel, July et Génestar. Il semblerait qu'il y ait une merveilleuse alliance de fait entre nos purs révolutionnaires et les représentants du grand capital, comme Rotschild, Lagardère ou Dassault. Ils ont les mêmes ennemis, et ils ont merveilleusement collaboré pour en venir à bout. Au fond, la "critique radicale des médias" héritée de Bourdieu est une reproduction émouvante des symbioses observées dans la nature, tel le petit rémora, qui vit en bonne entente avec le grand requin blanc et le débarasse de ses parasites.
A "Libération", la symbiose a bien fonctionné. Il reste que la question se pose: Jusqu'où faut-il faire bloc avec la haute finance pour purger la presse des couilles-molles démocrates? Méfiance... Je crains que les grands capitalistes ne finissent par décevoir les purs idéalistes. Après les avoir débarrassés de leurs bêtes noires, je doute qu'ils aillent prendre conseil auprès de Castro, Kim Jong-Il et Chavez pour nommer les successeurs des liquidés.
En revanche, petites souris, il est fort probable qu'ils financeront vos journaux pour vous remercier de l'aide que vous leur apportez, comme Lagardère le fait déjà avec "L'Huma". Ce sera toujours ça de gagné, et vous le méritez bien".

Il faut relire deux ou trois fois cet ahurissant extrait (dont chaque mot devrait faire l'objet d'un minutieux décryptage), pour bien comprendre que Philippe Val a pris, une fois pour toutes, la décision de ne plus jamais se laisser emmerder, quand il bâtit un "raisonnement", fût-il badin, par ces minuscules broutilles que sont la vérité, ou la simple réalité des faits.

Je ne relève même pas sa description gerbante des critiques radicaux des médias, dont je suppose qu'il s'agit notamment des gens d'Acrimed, en "rongeurs" ou en "rémoras".

Un mensonge par omission me paraît en revanche devoir être souligné, pour ce qu'il révèle de son auteur: non seulement il est bien évident pour n'importe quel esprit sensé que JAMAIS un Lagardère ne financera les critiques radicaux des médias, mais il y a bien longtemps que ces gens admirables font des journaux qui se vendent (à commencer par "Le Plan B", ex-"PLPL"), comme autant de majeurs tendus en direction de ce qu'ils nomment si joliment le Parti de la Presse et de l'Argent - et cela, tenez-vous bien, sans avoir jamais rien concédé.
Même pas un tout petit échange de pub à la "Charlie-Hebdo" avec "Libé", journal financé par ce Rotschild que Val semble exécrer, depuis qu'il a viré July.
(Philippe, il est rigolo ton édito mais POURQUOI dans le même numéro y a encore une pub pour "Libé"? Hein, Philippe? Pourquoi, dis?)

Puis (je vous concède que mon échantillonnage est partial) je voudrais aussi, et pour finir, déplorer l'insulte plus ou moins subliminale qui se dissimule dans la référence à "Castro, Kim Jong-Il et Chavez".
En rappelant, très sereinement, que bien évidemment JAMAIS les critiques radicaux des médias n'ont témoigné le moindre début d'embryon de commencement de sympathie à Kim Jong-Il. Mais Val, décidément, ADORE glisser du stalinisme imaginaire, complètement fantasmé, dans ses démonstrations à deux balles. (La remarque vaut pour Castro.)
En rappelant, aussi, que BIEN EVIDEMMENT Hugo Chavez, chef démocratiquement élu de l'Etat vénézuélien, n'a RIEN, mais RIEN à voir avec le terrifiant dictateur nord-coréen.

J'arrête là.
J'ai déjà été long.

Je ne dirais pas, ce serait indécent, que Philippe Val utilise, pour nourrir son minuscule éditorial de cette semaine, des procédés purement staliniens.
Mais je crois qu'il est temps que quelqu'un lui demande de s'arrêter.
Charb, tu veux bien essayer?

PS:
Spéciale Dédicace à Olivier C. de "CQFD". Lisez je vous prie "CQFD". Encore des critiques radicaux des médias que Val fait rigoler. Crapules staliniennes, va.
Spéciale Dédicace à Bernard L. de "Politis". Il faut lire aussi "Politis", où chaque papier vaut, comme dans "CQFD", dix mille éditos spinozistes.

Commentaires

ben voilà, tu nous reviens en pleine forme...
bravo, c'est peut-être trop subtil pour les non-lecteurs (provinciaux) de Libé, mais ca fait du bien de te lire. merci

Écrit par : bertrand | 14/07/2006

Tout vient à point à qui sait la fiente d'oiseau! Et comme aurait le grand-père que je n'ai pas connu "il faut partiquer pour savoir Spinovals!"

Forme de 14 juillet Seb, 2006 c'est moins bien que 1789 là tout le monde y croyait.

Ce que je dis depuis longtemps tous les journalistes qui font que l'on achette une merde pour un papier de tel ou autre ils font un journal à eux.
Et c'est qui qui tirent à un million par jour.
Et c'est qui qui a perdu les élections de 2007
martin

Écrit par : martingrall | 14/07/2006

Rien à redire, Seb, ce pauvre Val est décidément irrécupérable !

J'ajouterai ceci, en prime : loin de s'être contenté d'un communiqué pour le départ de July, Libé a publié un superbe papier sur sa propre histoire (qui est aussi, en creux, un hommage à son chef de file), signé de Sorj Chalandon.
Et tiens, puisque tu as la bonté de citer Politis, ces qques lignes du bloc-notes :

"
JULY ET GENESTAR.
Deux patrons de rédactions débarqués à peu près au même moment par leur actionnaire respectif, le banquier Edouard de Rothschild pour l’un, le marchand d’armes Arnaud Lagardère pour l’autre. D’où vient que le sort de July me touche quand m’indiffère celui de Genestar ?

Le premier a attaché pour toujours son nom à celui de Libé, c’est-à-dire à la plus intéressante, la plus créative, la plus folle aussi des aventures de presse des cinquante dernières années. On peut lui faire bien des procès, juger qu’il est le premier responsable d’une dérive droitière du quotidien emblématique des soixante-huitards, devenu celui des bobos ; on peut lui reprocher sa fascination, non pas tant pour l’argent (ce n’est pas son moteur) mais pour les feux du pouvoir, les charmes de l’establishment, ce bûcher des vanités où il a fini par se brûler ; on peut pointer ses erreurs de parcours, ses tendances mégalos (les tentatives avortées et coûteuses d’une radio-Libé, d’une TV-Libé, la catastrophe de Libé 3), son goût du secret, sa pratique souvent brutale du pouvoir. N’empêche qu’il fut un vrai et grand animateur d’équipe de presse comme j’en ai peu connu dans mon parcours professionnel (dans des genres très différents, je ne vois guère que Georges Hourdin ou Jean-François Kahn à qui je puisse le comparer.)
Donc, Serge July s’en va, une page se tourne et quelles que furent mes divergences avec lui (« Nous n’avons plus la même façon d’être de gauche », m’a-t-il dit la dernière fois que nous nous sommes vus ; en effet !), j’ai plaisir à lui adresser un salut amical.

Le second, que dire du second ? Alain Genestar est de ces professionnels ordinaires, qui gravissent un à un les échelons d’une carrière banale, d’un titre à l’autre d’une presse commerciale vouée au divertissement et à l’accumulation publicitaire sur papier glacé. Il fait ça très bien. Un autre que lui viendra le faire à Match, il ira le faire ailleurs.
Sic transit …"

Écrit par : Bernard Langlois | 14/07/2006

@Bernard Langlois,
personne ne résiste au vedettariat, surtout lorsque l’on se dit de gauche.
Alors on devient con parce que tous les autres vous affirment dans ce qui aurait pu être un raisonnement. Alors les poncifs comme Vals, habillé par Ardisson, enluminé de Spinoza (pour intellectuel) au moins ça. Intellectuel comme pensée hautement (autrement)construite opposé au mental qui est.
Vals n’a pas cette intelligence, visiblement cette intelligence, nécessaire. Mais il se destine à l'humour heu ironie.

Écrit par : martingrall | 14/07/2006

@martingrall

C'est vrai, on a vite fait de se prendre la grosse tête, tousd autant que nous sommes !
Vanitas vanitatis …

(Question perso : j'ai, à mes débuts, côtoyé un confrère journaliste et poëte breton, Xavier Grall. Parent à vous ?)

Écrit par : Bernard Langlois | 14/07/2006

Eh mais VAL c'est pas le nom d'une navette ? Non sans rire, je suis d'accord avec l'édito de Val pour une raison très simple : j'ai moi aussi trouvé un point commun en l'éditorialiste et De Gaulle : ils ont le même prénom ! Comment ?... Ce n'est pas le bon de Gaulle ? Et alors ventres mous, vous croyez qu'il s'agit du vrai Charlie ?

Écrit par : La Lésion d'Honneur | 14/07/2006

@Sébastien :
Il est franchement bien, votre blog. Je l'ai découvert récemment grâce à un forumeur d'Arrêt sur Image. Même son nom me botte. Et puis, vous avez de bonnes lectures (les mêmes que les miennes, donc forcément bonnes !!!), avec CQFD notamment.

Pour ma part, j'ai arrêté de lire Charlie depuis le Kosovo, mais ça faisait déjà un moment que le père Val m'irritait au plus haut point. Son truc, c'était alors -déjà- de dénoncer les "rouges-bruns" et je me souviens d'un de ses pompeux éditos dans lequel il affirmait que, "aujourd'hui, juif se dit bourgeois", à peu près à l'époque où il ne se sentait plus de "dialoguer" avec Messier, du temps de la splendeur d'icelui... Pauvre Val ! On s'en ficherait à vrai dire totalement, de ce pathétique aspirant à la bonne soupe, s'il n'avait fait main basse sur Charlie...

Écrit par : Christine | 14/07/2006

Pour l'annecdote, j'ai vu hier sur I- Télé la manière dont ce journaliste "de gauche", ironisait avec mépris sur l'élocution et le "niveau intellectuel" de Zinédine Zidane, il concluait de cette façon "Il parait que Zidane et Johnny sont amis ! Je me demande à quoi peut ressembler une discussion entre ces deux-là ! Ca fait peur !"

Il a fallu que ce soit son interlocuteur, un obscur conseiller UMP, qui lui réponde "Il ne faut pas confondre intelligence et éloquence...". Cette andouille de Val, se rendant compte de son mépris et de son arrogance, répond alors "Oui, oui, c'est vrai..."

Connard ! Zidane parle normalement, mais toi qui ne sort pas de ton petit milieu, qui ne fréquente que le Flore ou Lippe, tu ne te rends même plus compte que l'employé de base, l'ouvrier, la secrétaire comptable, le garagiste, le chômeur, le banlieusard ordinaire, le fils d'immigré, bref, tous ceux dont un homme de gauche devrait porter la voix, s'exprimeraient de la même façon que Zidane s'ils se trouvaient sur un plateau télé devant quelques milions de téléspectateur !

Aujourd'hui, c'est officiel, tout lecteur de Charlie Hebdo est un con !

Écrit par : Monsieur X | 14/07/2006

BA SEBASTIEN QUAND TU VEUX, TU BOSSES...
ET QUAND TU BOSSES… TU BOSSES
C’est l’effet coup de boule de Zidane ?

J’en connais un qui va encore se faire lécher le fond de pantalon en « Une » d’Acrimed. DE.GOU.TANT ;-)

Vous voulez un scoop ?
Philippe Val monte en grade : déjà décoré d’une belle Laisse d’Or, il recevra prochainement la Laisse de diamant !

Le loup reprit: «Que me faudra-t-il faire?
-Presque rien, dit le chien: donner la chasse aux gens
Portants bâtons et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire:
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons:
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»

Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse
Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
"Qu'est-ce là? lui dit-il. - Rien. - Quoi? rien?
-Peu de chose.
-Mais encor?
- Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
-Attaché? dit le loup: vous ne courez donc pas
Où vous voulez?
- Pas toujours; mais qu'importe?
-Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor."

Cela dit, maître loup s'enfuit, et court encor.

Le loup et le chien, Jean de la Fontaine.


Au fait, l'AJT, pour mon triple café à la rentrée, c’est le Ritz, sinon rien ;-))))

@ Monsieur X
« Aujourd'hui, c'est officiel, tout lecteur de Charlie Hebdo est un con ! »

CLAPCLAPCLAPCLAPCLAPCLAPCLAPCLAP (la foule se lève et applaudit dans un mouvement de liesse populaire)

Je dirai même plus... un GROS CON.

Achetez le Plan B.
Achetez CQFD.
Achetez Politis.
Achetez Technikart
Cherchez l'intrus.

Écrit par : Pyrom-Anne | 14/07/2006

@Pyrom-Anne
Bienvenue, la fable !
C'était tout de même un tout bon, ce La Fontaine …

Le pb, avec Charlie, c'est qu'il y a deux trois bons, comme Siné, Charb ou Wilhem. Faufrait pouvoir les regrouper au Plan B, à CQFD, à Politis ou à Technikart. Cherchez l'intrus ! ;-)

Écrit par : Bernard Langlois | 14/07/2006

@ Christine
Ben c'est gentil ce que vous dites et c'est gentil de venir sur Vive Le Feu!
Bienvenue, et merci!

@ Bernard
Entièrement d'accord sur Charb, Siné, Willem.
Vivement le Technikart de nos rêves!
Mwarf!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 14/07/2006

Je ne me joindrai pas à cette curée sur Philippe Val.
Cela alors que j’ai des raisons personnelles de ne guère apprécier ni la personne ni le personnage.
Pourquoi ? Parce que cette guéguerre me rappelle Mai 68, où les groupuscules s’empoignaient d’autant plus férocement qu’ils étaient idéologiquement proches. Et que Mai 68 c’est fini, et qu’il y a mieux à faire que ces encultages de mousses.
J’ajoute que Val et les gens d’Acrimed, bien qu’ils se haïssent, ont un point commun : ils ne répondent pas quand je leur écris. Parler de débat c’est bien, le pratiquer c’est mieux.
Je finirai en contredisant les derniers posts de BL et SF : il y a bien plus que deux ou trois bons à Charlie, et c’est pour ça que je continue à le lire. J’ai un gros défaut : je suis œcuménique.

(Le chœur des offensés :
- Bah, ça lui passera avant que ça nous reprenne.
- Et réponds si on t’aligne à ton tour, sinon on te traite de philippeval !)

Écrit par : Pierre-Marie Bourdaud | 14/07/2006

Val traite maintenant les critiques radicaux de "rongeurs", de "rémoras", ça change.

Avant, c'était les "termites de la charpente", les "parasites" qui mordent la main qui les nourrit !

Il a du vocabulaire le prognate chauve (ah on avait dit pas d'attaque sur le physique ! - trop tard!)

S'en fout le philou, maintenant il est invités sur la plateaux télé des grands éditorialistes !

Peut-ête même qu'il va croiser Birenbaum à la Garden party de l'Elysée ?

Vas-y Guy, colle lui ton p'tit four dans la gueule !
Et cours ....
Cours ...
Vite

L'a pas d'humour patissier le spinoziste !


Zgur

Écrit par : Zgur | 14/07/2006

Val, je dirais que je m'en tape,

La situation au Proche-Orient est préoccupante,

Ce qui me turlupine, c'est l'opinion des Français, pour l'armée, plus de budget, et aussi regrettant le service militaire, ben merde, s'ils savaient ce qu'il faut faire pour se faire exempter. A mon avis, le parti majoritaire en France, c'est celui des Cons !

Écrit par : Fulcanelli | 14/07/2006

Pour rigoler dans un tel monde déprimant, voici les mots clés qui, tapés sur les moteurs, ont permis d'accéder hier à mon blog, source Xiti


fulcanelli 7 (24,1 %) (- 41,7 %)
signification de acédie 1 (3,4 %) (-)
hegel urantia 1 (3,4 %) (-)
julius evola blog 1 (3,4 %) (-)
diogène thiéfaine explications 1 (3,4 %) (-)
rédiger un courrier pour informer son patron que je prend ma retraite 1 (3,4 %) (-)
franc macon richelieu 1 (3,4 %) (-)
paradigme and nostalgie 1 (3,4 %) (-)
madame zinedine 1 (3,4 %) (-)
la techno de detroit et juan atkins 1 (3,4 %) (-)
indices modernité 1 (3,4 %) (-)
compte de la menagere dans les années 1900 1 (3,4 %) (-)
journal tf1 du 12 juillet 2006 faute zidane 1 (3,4 %) (-)
en soph kaballe 1 (3,4 %) (-)
signification d'un corbeau noir 1 (3,4 %) (-)
le conflit en grève 1 (3,4 %) (-)
langage performatif 1 (3,4 %) (-)
blog de couture 1 (3,4 %) (-)
attracteur harmonique 1 (3,4 %) (-)
service d'ordre du ps


étonnant, non !

Écrit par : Fulcanelli | 14/07/2006

J'oubliais :

De mémoire, la querelle entre Val et les "critiques des medias" est née aussi de l'arrivée de pub de Libé dans Charlie. Un échange de pub disait Val, donc Charlie serait toujours sans pub (payante) à l'instar du Canard Encahiné. Mais cette pub devrait être entrée en comptabilité, même en cas d'échange, sinon c'est de la fraude fiscale (?).

Sinon, c'est pas Chavez qui fait défiler son armée sur la plus grande avenue de sa capitale ?

Et viva Marice et Patapon, le seul strip comic vendu dans un emballage cadeau !

Zgur

Écrit par : Zgur | 14/07/2006

Je croule sous le boulot, même un 14 Juillet. Ceci dit, et dans l'attente de te lire lentement, ravi de te revoir parmi nous, Seb. Fais comme chez toi ;-)))))))))

Écrit par : christian lehmann | 14/07/2006

MMMMM... c'était bon ( pas pu m'empêcher de lire)
Sur l'absence de "soutien" des vilains journalistes au patron qui part, la prose de Val me rappelle l'affaire Winckler, suivie de l'affaire Hees. Hees, sous pression du LEEM ( les entreprises du médicament) vire Winckler, personne ne moufte à France Inter. Puis la direction vire Hees. Levée de boucliers, à laquelle, parmi les "personnalités" contactées, Winckler a UN PEU de mal à dégainer son stylo ;-)

Écrit par : christian lehmann | 14/07/2006

@ Bernard Langlois Helas non grall est un pseudo.

Écrit par : martingrall | 14/07/2006

@ martingrall

Tant pis !
Xavier était un type très doué et très attachant.

Écrit par : Bernard Langlois | 14/07/2006

Qui a des nouvelles concernant l'émission de Mermet ?

Écrit par : Dimitri | 14/07/2006

@ Christian La Paz
J'avais, aussi, quelque scrupule à investir ce blog sans votre permission expresse, mon bon camarade.
Merci pour votre blanc-seing.
Si nous nous téléphonions ce soir, histoire de déconner un peu?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 14/07/2006

Je vous signale qu'il y a un bien plaisant papier chez Acrimed (pléonasme) sur l'édito de Philippe Val.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 14/07/2006

Bof, tout ceci n'est que le signe d'une Civilisation qui s'effondre, une Civilisation tellement évoluée et lettrée qu'elle se paye le luxe de commenter, analyser et discourir son propre effondrement.

Zidane, Materazzi, Val, Israël, Bush, Drucker, Obispo, le signe d'un monde en perdition

Écrit par : Fulcanelli | 14/07/2006

Je me souviens d'une chronique de Val dans l'emission Charivari ou il crachait son venin contre internet et la presse gratuite qui selon lui, annonçai la mort du journalisme... le VRAI celui de Lagardère, Rotschild, Murdoch et consort.

Écrit par : Louiloui | 14/07/2006

Appelons nous demain dans la matinée, mon bon Seb. Là, je suis à la partouze post garden-party des C*****, de vieux amis à moi.

Écrit par : christian lehmann | 14/07/2006

@ CL
Si tu croise un certain G** B********, merci de NE PAS le photographier.
C'est un ami.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 14/07/2006

PROCHAIN BILLET ICI DANS MOINS D'UNE HEURE.
(15 juillet à 00.05, heure habituelle.)

Vive Le Combat Armé Des Peuples Opprimés!

Bonne nuit, tou(te)s.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 14/07/2006

Je suis avec intérêt votre micro polémique bien microcosmique sur Philippe Val, les traitres de la presse de "gauche" und so weiter.
J'ai un vrai problème: depuis très longtemps, je trouve plpl (et le plan b) absolument creux. Oui le parti de la presse et de l'argent peut se constater. Et ensuite? Vous proposez d'appeler France inter le matin c'est ça? Ouh, on fait la fête dans les chaumières... quelle initiative.
Les arguments que je peux lire sur "ouais et philippe val, est ce qu'il sait ce que la secrétaire, l'ouvrier, le chômeur, ils s'expriment comme Zidane?" C'est très beau les arguments de conscience de classe, la bourdivinité mal digérée du discours. Je trouve ça un peu juste, un peu limité, un peu énervé. Qu'est ce que vous connaissez de la condition ouvrière, du statut de la secrétaire, de la vie du chômeur? Vous vous basez sur votre analyse vécue? Sur celle d'un proche? Sur trois quatre observations? Sur la sainte traduction de vos constats statistiques, de vos entretiens semi directifs? De vos observations participantes? Et ca vous suffit pour en définir une générale appréciation sur les valeurs politiques d'une catégorie socio professionnelle?
Vous nous dites que ce qui peut vous exaspérer dans le discours de Val, c'est notamment sa monomanie à dénoncer l'alliance rouge-brun, et on sent que ça vous met gravement en boule.
Hmm, mais le problème, c'est que le refus de creuser certains des arguments politiques, la transposition dans le concret de l'imaginaire politique alternatif, conduit hélas à ces alliances.
Je refuse par exemple le relativisme en ce qui concerne les pratiques démocratiques et partisanes. Le cas actuel de la Slovaquie est particulièrement préoccupant. On en parle?


Votre action est toujours très intéressante à suivre. Je trouve simplement que vèos propositions sont molles comme pas deux. Votre action critique des médias, votre média watching n'aboutit pas pour l'instant. Vous êtes profondément infantilisés par les systèmes de dénonciation que vous mettez en place. Cherchez l'honneur et la pureté de votre parole, de vos actes, de vos actions (aaaah les formidables prises d'antenne sur france inter le matin, on frôle groland), vous ne récoltez que l'interrogation et la suspicion.

Enfin, votre propension à dénoncer le parisianisme d'untel ou d'unetelle cache très mal selon moi un vrai parisianisme en devenir vous concernant. Cette capacité à dénoncer, conspuer, trancher, à construire avec manichéisme votre représentation du bien, du mal (que vous dénoncez ailleurs) est plutôt amusante. Mais tellement insignifiante.

Écrit par : Etienne | 15/07/2006

@Etienne : j'ai tout compris : faut leur péter la gueule !

A moins que quelque chose m'ai échappé ? Ah ! c'est donc ça, un "troll".

Écrit par : Patrick | 15/07/2006

@ Etienne
Serviteur...
:-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 15/07/2006

@ Etienne

Assez d'accord sur tout. Hélas.

En fait, si je vous suis bien, nous ne sommes pas assez constructifs, nous nous contentons sommairement d'être critiques. C'est en effet le reproche que je ferai à Acrimed, PLPL, Plan B... et bien souvent même à la militante que je suis. Hélas. Un reproche ne jetant pas pour autant totalement le discrédit sur l'ensemble de notre oeuvre militante. On rue beaucoup dans les brancards, mais on fait tout de même aussi parfois fonction d'ambulance... dans une société qui va mal.

Manichéen, nous le sommes devenus je pense bien malgré nous, car ce que nous voulons changer par conviction, et non par cynisme, devient chaque jour plus insurmontable, vorace et omniprésent. Difficile d'être nuancé face à Bush, Jean-Claude Trichet, Nicolas Sarkozy, et Antoine Zacharias, non ? Toute la difficulté est là. Ce blog est un exutoire, cela va s'en dire. Mais, beaucoup d'entre-nous travaillent par ailleurs dans leur quotidien à changer les choses avec... beaucoup de difficultés malgré... beaucoup de volonté. Et, cette difficulté s'exprime après coup dans nos posts. Combien d'années de nos vies allons-nous devoir épuiser pour espérer changer... rien du tout. "Creux", "insignifiant", ce n'est pas juste... "fourbu", "en colère", "abattu" même, seraient bien plus appropriés. Je vous demande de faire un peu l'effort de l'imaginer à défaut de pouvoir le comprendre...

Je persiste à penser que Philippe Val est un gros con, et qu'on peut largement argumenter là-dessus au-delà de son parisianisme pas très intéressant en effet. Evidemment, critiquer Val, ce n'est pas très constructif non plus, mais l'écouter ou lire, c'est destructeur, donc permettez-moi de prendre quand même l'option 1.

Sans esprit de revanche - car je suis assez d'accord avec vous en plus - que préconisez-vous ? Par exemple, j'ai peur de ne pas avoir tout à fait saisi ce passage : "le problème, c'est que le refus de creuser certains des arguments politiques, la transposition dans le concret de l'imaginaire politique alternatif, conduit hélas à ces alliances." Donnez moi des exemples de glissement rouge-brun en France, pas en Slovaquie, SVP, en France, ça m'intéresse.

Enfin, êtes-vous d'accord avec Val ? Est-ce que vous ne trouvez pas ce garçon légèrement prévisible, légèrement vendu (je préfère des mecs comme Duhamel ou Slama, si vous voyez ce que je veux dire...) , et pour tout dire légèrement creux et insignifiant ? Val,un mec constructif ? En toute sincérité ?

Enfin, pour les chômeurs, les salariés moyens, etc, je ne crois pas que nous ayons jamais prétendu parler ici en leur nom. Mais il se trouve que nous sommes nombreux à être ces gens-là nous-mêmes (chômeurs, RMiste, pigiste ou intellos précaires...), ne cherchez pas de mondains friqués qui viendraient s'encannailler ici. De plus, nous ne disons jamais - il me semble - ces gens-là pensent que... nous regardons juste autour de nous, et les faits hélas viennent à nous : tout ce chômage, toute cette pauvreté galopante, tous ces médias uniformes et bien pensants, toute cette impunité du système politique et boursier, toute cette violence symbolique et même de plus en plus physique, toutes ces promesses non tenues et ces mensonges récurrents, etc, cela ne vous saute pas à la gueule, vous ? Et bien nous, si. Chaque matin, en nous levant... hélas, si.

C'est peut-être creux, insignifiant, mais ça ne s'arrête jamais. Jamais.

Écrit par : Anne | 15/07/2006

Magnifique Anne !
Et texte superbe du Sachem. Du grand SF.
C'est bon de vous lire.

Écrit par : Olivier Bonnet | 15/07/2006

Oui, chapeau Anne.

Écrit par : Bernard Langlois | 15/07/2006

Oui.
(Actualisez.)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 15/07/2006

Anne que c'est bon de te relire et c'est autrement très bien mieux que les copier collé des autres! après éditrice tu devrais faire journaliste!
martin

Écrit par : martingrall | 15/07/2006

@ Etienne

Il me semble que vos critiques résultent d'une différence d'angle de vue sur les media. Dans l'analyse de la situation sociale et politique que nous faisons, les media jouent un rôle central: ils sont à la fois le garant de l'ordre établi et l'aiguillon qui tente de faire avancer opinions publiques et partis politiques vers plus de libéralisme. Cela est aussi vrai ce jour qu'hier et demain et de même que le PPA use perpétuellement des mêmes techniques pour imposer son idéologie (mensonges, censure, etc), la critique des media se doit de les dénoncer inlassablement. Ce qui vous gêne au fond, c'est que la critique reste trop technique et que l'idéologie sous-jacente ne soit pas assez explicite? Je vous rejoints un peu, mais cela ne retire en rien l'intérêt, la nécessité, du travail fourni.

Écrit par : lutteur | 15/07/2006

à Etienne.
Une " insignifiance " indispensable

Ce qui se passe avec PLPL, le Plan B, acrimed et Mermet, entre autres, n’est pas si insignifiant que ça. Derrière l’aspect routinier de la mise en évidence des aspects les plus grostesques du fonctionnement médiatique, il se construit une dynamique dont on ne peut pas dire qu’elle fonctionne à vide. Du référendum de Maastricht en 1992 à celui de 2005, on passe malgré tout du oui au non. Tu peux juger ça dérisoire, c’est considérable, et ça fait un paquet de gens qui se sont mis à s’interroger sérieusement sur la soupe qu’on leur sert à la radio tous les matins.
La remise en cause des éditorialistes empanachés, elle énerve les intéressés, ce qui est déjà ça, elle fait du bien à ceux qui les subissent, et elle met en branle une petite musique dont l’air se répand doucement (200 000 signatures pour Mermet, ça ne serait pas arrivé il y a quelques années).
En 92, les " petites souris bourdieusiennes " prêchaient dans le désert. Aujourd’hui, elles sont lues, abondamment, leur idées sont discutées. Les inepties de Val, je préfère qu’elles provoquent les commentaires qu’on peut lire sur ce blog plutôt que rien. Le mépris dont il nous accable, dans un journal qui aurait dû rester le notre, qu’il nous a volé pour le mettre au service de son entregent mondain, comme Serge July l’avait fait pour Libé, mérite bien les fessées qu’il se prend.
Et quand aux ouvriers, chômeurs, Rmistes et secrétaires, si tu n’en fait pas partie, ni aucun de tes proches, si tu n’en connais pas, si tu n’en vois jamais ailleurs qu’à la télé, je me demande franchement où tu vis, dans quel milieu, dans quel quartier, dans quelle ville. Pour ma part, j’ai plutôt du mal à trouver dans mes relations des gens qui gagnent plus de 1500 euros par mois. Par contre, c’est vrai, j’en vois plein à la télé (que je n’ai pas). Si tu vis à ce point de l’autre côté du miroir, brise-le, et viens faire un tour sur Terre.
La critique radicale des médias et du reste tourne à vide? Quand elle est bien faite, elle participe à la construction de quelque chose de plus vaste. En attendant, au moins, on a arrêté de coopérer, on est de plus en plus nombreux dans ce cas, et un jour, nous serons des millions.

Écrit par : visiteur | 15/07/2006

@ visiteur
Clapclapclapclapclapclap!!!!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 15/07/2006

Bien vu. Rien à dire. J'aimais tellement ce qu'écrivait Philippe Val il y a dix ans. Snif...

Écrit par : Sînziana | 15/07/2006

Vos réponses (visiteur, lutteur et anne) sont très intéressantes et je vous en remercie.
Concernant précisement la phrase suivante: "le problème, c'est que le refus de creuser certains des arguments politiques, la transposition dans le concret de l'imaginaire politique alternatif, conduit hélas à ces alliances [ les rouges brunes]" je voulais dire que les mots d'ordre, les slogans et les idéaux, quand ils doivent s'appliquer au jeu politique actuel, produisent selon moi des alchimies potentiellement très dangereuses.
Voici un exemple très concret: la campagne référendaire fut exemplaire sur ce point. Permettez moi d'abord d'emprunter un chemin politique pour arriver à ce que je veux vous dire.
A titre personnel, j'ai voté non lors d'un référendum interne dans un parti politique de sociaux-traitres-pourtant-pas-si-mauvais-bougres-quand-on-creuse. Puis, la campagne se déroulant, j'ai voté oui au référendum national. AU bout du compte, je ne juge pas la victoire du "non" cataclysmique, au contraire, elle démontre un état d'esprit et oblige à repenser le dossier européen (ce qui se fait officieusement et officiellement quoi qu'on en dise, avec le temps qu'il faut) mais je reste tout de même très attaché à mon vote "oui".
Cependant, voici comment j'ai évolué: mon "non" premier se basait sur un refus de l'idéologie économique sectaire qu'on a accolé au Marché unique (monnaie unique, bce indépendante, pac, qui ne sont que le reflet d'une véritable orthodoxie monétaire complétement débilissime) et non pas sur une remise en cause totale du modèle économique européen. Je ne voyais que cela qui me dérangeait dans le texte et c'était le sens de mon refus.
Par la suite, j'ai chosis de voter oui parce que j'ai été plutôt convaincu par des éléments purement pragmatiques: la "barbarie" juridique du traité de nice actuel et la force potentielle de l'architecture politique qui me paraissait pouvoir faire avancer des droits sociaux. Bon, ce ne sera certainement pas votre avis, je ne suis pas là pour vous convaincre.

En fait, ce qui m'a profondément inquiété, ce fut la tournure du débat.
Que France Inter, ouest france, le PPA, et tous les médias prennent majoritairement le parti pris du oui, c'est sûr, ça pouvait paraître choquant. Moi je les jugeais franchement médiocres pour défendre le texte. Je n'en reviens pas par exemple de l'attitude de Bernard Getta. C'est un summum de vision bisounours du journalisme d'opinion. Plus condescendant tu meurs... et c'est aussi selon moi ce qui a dynamité la motivation à voter oui.

A l'inverse, au départ, et jusqu'en février, les critiques alternatives furent assez bonnes, avec étude du texte, politisation de l'enjeu et tout et tout.
Mais, et c'est là où ça coince, quand j'ai pu entendre les amalgames incroyables et particulièrement imbuvables sur "la constitution va remettre en cause la laïcité", "la constitution va remettre en cause le droit à l'avortement", des politiques de gauche dire "le travailleur balte, je m'en fou, moi je pense au chômeur français" et toute la dérive sur le "plombier polonais", j'ai eu la nausée.

En gros, alors que l'on rejette la précarité, la porosité maladive des médias français, la sclérose des institutions politiques et du personnel qui les occupe, alors qu'on est majoritairement interloqués par l'évolution contemporaine dans notre quotidien ou en général, voilà donc ce que l'on propose pour s'opposer au traité: falsifier ses arguments (même si c'est vrai, on avait tendu le bâton pour se faire battre) et renvoyer chacune et chacun sur des peurs.
La facilité d'interpréter les résultats du référendum dans tous les sens (c'est la victoire de la gauche, des précaires, des souverainistes, et tatati et tatata) est limitée en terme de pertinence. Mais l'alliance entre la gauche (de gouvernement, alternative et extrême) avec l'extrême droite est un fait. Il ne s'agit pas d'une alliance de volonté, bien évidemment. Mais c'est une alliance qui redessine un clivage. Je ne le prends pas pour une tendance de fond, mais une situation un peu floue qui pourrait tendre à cela si l'on refuse vraiment de se poser la question.
QUand on demande: "Voter non pour pouvoir construire une autre Europe plus sociale" au même moment où l'extrême droite joue peu ou prou sur un registre proche "l'Europe vous veut du mal, vous les petites gens", on se rapproche du discours du Premier ministre slovaque justifiant l'alliance "rouge brun" par la phrase "on va pouvoir construire un vrai Etat social à partir de maintenant"... Brrr.

Nous n'en sommes pas (encore?) là, mais je pense que c'est maintenant que le tournant se joue. Si vos actions ne s'afinent pas plus, n'allez vous pas laisser se reproduire des dérives de grande échelle comme celles lors du référendum où votre discours a été récupéré de manière caricaturale et franchement abjecte? Si vous n'allez plus en avant dans l'analyse comparée des médias sur le plan européen par exemple, sur les méthodes de résistance au tout publicitaire, sur l'étude des acteurs qui dans d'autres pays proposent et structurent de vraies alternatives au PPA, je crains effectivement que vous tourniez en rond.

Concernant la question de "visiteur" pour savoir si je fréquente ou pas des gens à moins de 1500€ par mois. Oui oui, pas de problème, je vis bien dans le même monde. Mais simplement lire que tu ne connais pas de personnes qui gagnent plus de 1500€ par mois, je m'inquiète à mon tour. Je fréquente bien des gens qui vivent avec bien moins que 1500€ par mois et aussi beaucoup qui vivent avec deux fois plus. Ce qui est rampant aujourd'hui, c'est le cadenassage à vitesse accélérée de notre société: on érige partout des fils barbelés entre les individus, on fait aboyer des chiens enragés qui ne sont pas nécessairement les médias publicitaires du PPA. Ces chiens, ce sont des perceptions fondées sur des réactions et des ignorances. Des chiens enragés parce que ces perceptions et ces réactions ont pris un essor considérable avec le vieillissement de nos institutions et de son personnel.

Quand je critique "l'insignifiance" des actions que vous menez, je voudrais en creux savoir si vous allez avancer de manière plus méticuleuse dans votre démarche:
- quelle place accorder aux écoles de journalisme dans vos critiques?
- quelle est la lattitude laissée à l'individu et à ses choix dans votre critique des médias > un journaliste peut il se réfugier derrière le prétexte alimentaire pour continuer de servir un système qu il dénonce? > peut-on se satisfaire de la parole comme acte d'une action subversive? Et non, je n'en appelle pas à la prise d'arme, plutôt à l'inverse.

Concernant Philippe Val, je ne suis pas fan mais je ne suis pas anti non plus. Je rigole beaucoup quand je le lis. Je ne trouve pas qu'il soit bête. Je pratique Philippe val comme je pratiquais Jacques Faizant: Faizant me fascinait par la représentation des femmes qu'il donnait à voir dans ses dessins pour le Figaro. Val me fascine par le masochisme qu'il entretient avec ses détracteurs et avec les idées de gauche et les réactions épidermiques qu'il provoque.

Écrit par : Etienne | 15/07/2006

@ Etienne

J'espère que vous tiendrez chronique tous les soirs.

Je suis trop trop fatiguée pour ajouter du commentaire à vos propos. Et en plus, une fois encore, je suis presque complètement d'accord avec vous.

Vous voudriez pas prendre la place d'Arnaud Montebourg ? Vous, vous avez l'air persévérant, convaincu et convaincant comme garçon, ça nous changerait ;-)

Un détail d'importance tout de même : êtes-vous beau gosse ? (private joke récurrente du blog d'à côté)

Écrit par : Anne | 15/07/2006

@Etienne
bonjour, je ne partage pas l'enthousiasme pheromonale d'Anne.
Je vois la critique des media dominants comme un outils de lutte potentiellement très efficace car justement cet outil n'a pas à s'appuyer sur une analyse socio politique complexe pour être compris. Cet outil ne se suffit pas à lui même et peut être utiliser à divers "profits". On a tous envie que cette critique élargisse son champ d'action mais il y a plusieurs obstacles : Pour les plus triviaux, les troupes sont limitées et inhomogènes dans leur bagage militant. Je ne vois pas en quoi le fait que des arguments stupides aient été employés pour le non au referendum discrédite les arguments du non en général et la critique des media ouiouistes en particulier. Il y a par ailleurs longtemps que j'ai découvert (et ça m'a fait mal c'est vrai), que la droite n'a pas le monopole des argumentaires abjects. Ces arguments abjects de certains opposants ont influencer votre choix? jésus marie joseph, j'espère que j'ai interprété. Ce que vous omettez c'est que ces arguments (le plombier polonais, etc) sont ceux qu'ont bien voulu relayer le PPA, ce qui permettait par la suite de faire l'analyse que les opposants au TCE étaient populistes, repliés sur eux-mêmes, vivaient dans la peur, etc. Ce n'est pas la critique du TCE qui a évolué au cours de la campagne, mais l'angle de vue des media. La critique constructive, argumentée, obstinée existait toujours mais est devenue de moins en moins visible. Quels que soient les sujets de débats, il est nécessaire d'étudier le rôle des media. a bientôt j'ai faim

Écrit par : lutteur | 16/07/2006

OUF!!! Viré le Serge July!!!
Il publiait bien un journal, malheureusement la traduction du charabia qu'on pouvait trouver dans ses pages n'était pas livrée avec, alors, forcément, à se casser la tête à vouloir comprendre ce qui y était écrit,....ça lasse!!
Peut etre qu'on va enfin pouvoir comprendre ce qui est ecrit dedans maintenant!

Écrit par : jacdaddy | 17/07/2006

@Sînziana

… il y a au moins 25 ans !!!!

et le pire, c'est qu'à le relire aujourd'hui, j'ai un peu mal au cul de l'avoir défendu contre vents et marées… Déjà, cette suffisance…

Reste qu'il interprète très, très bien Léo Ferré et Paolo Conte sur scène (Ah! si ses disques se vendaient mieux, peut-être arrêterait-il le journalisme - pardon, l'éditorialisme ?)

Écrit par : bourge de calais | 17/07/2006

@ bourge de calais,
en lice pour le Grand Putain De Prix Du Meilleur Putain De Pseudo!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 17/07/2006

Cela fait des années que Phillippe val ne fait que déféqué , sa diarrhée est maintenant légendaire. Quelqun sait-il d'où il sort , quel est son parcours avant sa venue à Charlie-hEBDO

Écrit par : HAMID | 17/07/2006

la seule chose que je sais c'est que je me suis laissée traîner par un ami ( c'est drôle, on ne se fréquente plus aujourd'hui) il y a trés longtemps au théâtre pour aller le voir sur scène avec patrick font. on ne les connaissait pas à l'époque... en sortant, j'ai dit: mouais, t'as le droit d'aimer.
font a échoué en taule et val a échoué sur vos rives et s'est accroché à l'encre du papier ; la scène méne à tout...

le même pote m'a fait le même coup avec son idole francis lalanne dans "don juan" et là j'ai dit:
putain d'acteur! je vais essayer d'écouter ses chansons pour te faire plaisir.

moi à part "fais moi l'amour pas la guerre"...

Écrit par : bérangère :-) | 17/07/2006

désolé pour le pseudo. C'est que je les ai toute la sainte journée sous mes fenêtres, les bourgeois, juste sous le beffroi-patrimoine-de-l'humanisé de l'hôtel de ville.

@ bérangère
l'attitude de Val quand son ami, non: son complice, non: son collègue de travail Font s'est fait embastiller m'a rendu légèrement nauséeux, comme la lettre qu'il lui a fait publier dans Charlie (beuârk).
moi, gamin, ils m'ont bien fait marrer. Et à ré écouter aujourd'hui, c'est toujours sans équivalent chez les zumoristes français.
mais t'as le droit de ne pas aimer.

aux autres, pépé Font refait de la radio sur le net avec des jeunes et des moins jeunes, "Au bar des vieux cons" (avec un talent inégal, d'ailleurs) :
http://auteursreunis.free.fr/bdvcons.htm

Écrit par : bourge de calais | 17/07/2006

Fin d'interview savoureuse, lue dans "primo-europe"

"[...]Vous trouvez qu’en France, aujourd’hui, la presse joue véritablement son rôle ?

Les sources pour s’informer sont nombreuses. Si on veut savoir, on sait. Ce qui empêche le public de savoir, ce n’est pas le manque d’information, c’est la flemme, le refus de s’informer. Ou le désir d’aller puiser l’information là où elle ne risque pas de déranger nos convictions. Alimenter en soi de quoi penser contre soi-même devrait faire partie de l’éducation des petits enfants. Cela étant dit, la presse va très mal.

L’indépendance des journaux de référence, des quotidiens nationaux, ne tient plus qu’à deux fils en train de céder : la fidélité de leurs lecteurs, et le bon vouloir des patrons des groupes industriels qui les possèdent. Ce qui vient d’arriver à Serge July et à Alain Génestar n’est une bonne nouvelle pour personne, mais tout le monde regarde ailleurs…

C’est ainsi que vous expliquez la situation de la France, où un seul quotidien atteint le million de lecteurs, alors que l’Angleterre, avec le même nombre d’habitants, a plus de cinq titres qui tirent à plus de 3 millions d’exemplaires ?

La France est à l’avant-garde du déclin de la presse écrite. C’est une aventure qui n’est plus très porteuse. La précarité du système publicitaire augmente, car la publicité passera désormais sur Internet. Le désir d’investir dans la presse écrite n’est plus si clair. Pour subsister, la presse écrite devra se convertir à l’idée qu’elle doit offrir une valeur ajoutée. Cette valeur ajoutée, ce ne sont pas des photos de filles à poil ou de mollets de footballeurs, c’est de la matière grise.

Les titres gratuits d’aujourd’hui sont les chevaux de corbillard des rédactions indépendantes. Les gens ne se rendent pas compte qu’on ne leur fait vraiment pas un cadeau avec ces torchons conçus par des demi-neurones. Ils le paieront au prix fort, celui de la pluralité de la presse. Ce qui incite les gens à lire, c’est le désir d’apprendre, la curiosité. La presse doit se doter de cette valeur ajoutée irremplaçable qu’est la qualité.

Quel avenir pour Charlie-Hebdo ? Et pour Philippe Val ?

Charlie est un journal indépendant. Il n’est pas soumis au diktat de la publicité, il ne dépend pas d’un financier extérieur, il n’a pas de dettes, c’est un journal connu. Il est dans une position qui lui permettra peut-être d’être un laboratoire de ce que peut devenir un journal au XXIe siècle. C’est un journal sérieux qui ne se prend pas au sérieux. Nous faisons extrêmement attention à ce que nous publions.

Quant à moi, je m’y sens à ma place. J’ai beaucoup entrepris, dans ma vie, et je ne me sens pas l’envie de recommencer ailleurs, à être gestionnaire et manager en plus de ma passion, qui est l’écriture. C’est ce qui me donne le plus de désirs et de sensations.

Vous avez des livres en projet ?

Oui, trois. « Espèce d’homme ! » qui sort en octobre 2006 chez Grasset, « Les traîtres et les crétins », en janvier 2007 au Cherche-Midi et un projet avec Daniel Leconte pour le Seuil, un « Dictionnaire politique portatif ».

Merci Philippe Val, nous continuerons d’écouter votre parole libre, et de la lire !

Entretien conduit par Liliane Messika © Primo Europe Date d'enregistrement : 13-07-2006

Pardon pour la mise en page, je ne suis pas très dégourdie au clavier. Et merci pour ton blog .

Écrit par : malu | 17/07/2006

@ malu
Muy bien, en effet ;)
Merci et bienvenue!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 17/07/2006

Moi philippe Val m'énerve tellement souvent que c'est pour ça que je l'aime bien. Personne n'a le courage de se dire social-démocrate, et je trouve ça bien d'entendre des sons de cloche à gauche différents. Vive le débat, même féroce. Je le dis d'autant plus que je suis écologiste radical, et que son côté parfois consensuel m'agace .
Mais je le trouve drôle, et il a une très belle plume. Il me fait réfléchir.
Malgré tous ses défauts (nombreux), je n'arrive pas à le détester, et je lui apporte mon tendre soutien.
Par ailleurs, je soutiens la critique radicale des médias, et surtout Mermet, car je trouve lamentable ce qu'il vit en ce moment.
Bref, un peu d'ouverture d'esprit. Qu'acrimed et le plan B soient si chatouilleux et se posent en martyr, en victime me fait bien marrer, car je pense que c'est eux qui ont chercher cette guerre intestine au coeur de la gauche. Ils cherchent les noisent. Ils les trouvent. où est le problème?
Tout çà m'intéresse, mais je dis que je ferais bien de passer du temps à mieux me renseigner sur ce qui se passe au moyen-orient ou en corée du nord. Ca me parait bien plus important.

Enfin, arrêtez avec : Ils connaissent pas de RMIste, ni de provinciaux...
J'ai vu Val dans un bled en Bretagne, et il était au PMU avec des paysans après le concert. Et merde, On n'a pas à se justifier sur tout.

Les idées et point barre.

Pierre.

Écrit par : TREMEL | 19/07/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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