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30/09/2006

Franz-Olivier Giesbert Aime (Beaucoup) Ségolène Royal:

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Franz-Olivier Giesbert, "directeur de l'hebdomadaire "Le Point"", bulletin de liaison de la droite décomplexée, disait hier, dans "Le Parisien", toute son admiration pour la méthode Pimprenelle: "Avec elle c'est toujours deux pas en avant, un pas en arrière. Elle aborde un sujet, elle casse un tabou, elle recule légèrement. C'est une démarche qui ressemble beaucoup à celle de Sarkozy. Royal, c'est la Sarkozy de gauche".
Tout cela est rigoureusement exact.
Rappelons que les mots "cassage de tabou", ainsi juxtaposés, désignent, dans le(s) bulletin(s) de liaison de la droite décomplexée, le saccage, méthodique, de tout ce qui pourrait encore, de près ou de loin, ressembler, fût-ce par l'effet d'une grossière illusion d'optique, à un service public - ou plus généralement à quelque chose comme de la solidarité.
D'où l'expression: ""Le Point" casse le tabou des branleurs de la fonction publique".
(Variante: "Jacques Marseille casse le tabou des retraites".)
On comprend dès lors que Franz-Olivier Giesbert exulte, depuis que Pimprenelle a cassé le tabou des 35 heures.
On comprend qu'entre les deux Sarkozy, Nicolas (droite) et Pimprenelle ("gauche"), son coeur balance, depuis qu'elle a cassé le tabou de la privatisation de GDF.
Sacrée Pimprenelle.

29/09/2006

ATTAC: "La Preuve Matérielle D'Une Fraude En Faveur De La Tendance Favorable A La Présidence Sortante Est Etablie", D'Après La Commission D'Enquête

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Ci-dessous, le rapport définitif de la Commission d'enquête sur les élections au conseil d'administration d'Attac.
Je doute - fort - que ses conclusions leur fassent très plaisir.
"A ce stade", écrivent en effet les rapporteurs, "nous pouvons déclarer en conscience que la preuve matérielle d’une fraude en faveur de la tendance favorable à la présidence sortante est établie".
Je comprends la "grande tristesse" des enquêteurs.
Je vois d'ici le prochain édito de Philippe Val, trop content - il a déjà fait le coup récemment - de lâcher son fiel sur les benêts qui pensent qu'un autre monde est possible, alors que dans un autre monde, rien ne garantit que Philippe Val aurait son rond de serviette à i>télé.






Commission d’enquête sur les élections au C. A. d’Attac

RAPPORT



I – RÔLE ET METHODES DE TRAVAIL DE LA COMMISSION

Le C.A. à l’unanimité a mis en place une commission d’enquête pour « établir la preuve de la sincérité ou non du scrutin ; dans cette dernière hypothèse en identifier les causes ». Ses membres ont été désignés le 11 septembre 2006.

- La commission s’est réunie une première fois le vendredi 15 septembre au siège sous la co-présidence de Nuri Albala et René Passet. Etaient également présents Catherine Agnias, Aymard de Camaret, Gérard Duménil, Emmanuelle Gaziello, Pierre Khalfa et Jacques Nikonoff.

- Elle s’est réunie une deuxième fois mardi 19 au siège où elle a entendu plusieurs salariés. Etaient présents : René Passet, Nuri Albala, Catherine Agnias, Aymard de Camaret, Marc Delepouve (suppléant Pierre Khalfa), Gérard Duménil, Emmanuelle Gaziello, et Jacques Nikonoff.

- Elle s’est réunie une troisième fois mardi 26 septembre où elle a examiné le rapport réalisé par Gérard Duménil et Dominique Lévy, et que nous annexons. Etaient présents Nuri Albala, René Passet, Catherine Agnias, Aymard de Camaret, Gérard Duménil, Sabine Jauffret ( suppléant Emmanuelle Gaziello), Pierre Khalfa et Jacques Nikonoff.

- Entre ces réunions, des missions particulières ont été confiées à certains de ses membres – agissant en « tandems » - et ses deux co-présidents ont maintenu un contact permanent. La Commission a convenu qu’il n’était pas question de procéder à quelque modification que ce soit de sa composition bien que celle-ci soit un peu étrange, puisqu’on y trouve des personnes concernées par l’élection ou ayant participé au dépouillement : nous avons convenu que ce qui apparaît comme une anomalie devait être utilisé par nous comme un avantage : les deux « sensibilités » de l’association y sont représentées paritairement, mais chaque membre de la commission y siège à titre strictement personnel et indépendant.

La commission a arrêté unanimement ses méthodes et son plan de travail :

1- Le délai pour conclure, fixé au 25/26 septembre est extrêmement court, mais nous avons tous considéré qu’il fallait le respecter (à peu de chose près) dans l’intérêt de l’association, et de façon que la CNCL du 30 ait connaissance de notre rapport.
2- Des comptes-rendus des séances et des notes ou documents internes de travail ont été établis, confidentiels et de diffusion limitée aux membres de la commission. Un communiqué intermédiaire a été établi sous la responsabilité des deux présidents et diffusé sur l’ensemble des listes. Comptes-rendus et communiqués préservent le total anonymat de « qui a dit quoi », en application du principe que chacun(e) est membre de la commission d’enquête, ni plus ni moins.
3- De la même façon l’anonymat est préservé pour tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, ont apporté des témoignages écrits ou oraux à la commission.
4- Les éléments d’information de la commission ont compris :
-Les témoignages écrits de tous ceux qui, ayant participé au dépouillement, ont ou auront accepté de faire un tel témoignage ;
-Les témoignages écrits de tous les salariés qui ont accepté d’en donner
-La déposition devant la commission des deux salariés dont la mission concernait plus particulièrement les élections, savoir Jean-Louis Sounes et Renaud Dumas.
-Les dépositions complémentaires proposées à la commission
-Les documents de travail de la commission sont tous ceux qui ont déjà circulé (y compris notamment les trois rapports d’experts indépendants et leur synthèse réalisée par René Passet) ainsi que les documents et rapports que chaque membre de la commission a été invité à lui soumettre en le « chapeautant » d’un brève note synthétique
5- Un membre de la commission s’est proposé pour réaliser une étude de certains groupes de bulletins dans l’espoir d’individualiser les bulletins faisant problème (et non plus seulement des groupes de bulletins faisant problème) afin que la commission en tire une analyse plus affinée: cela a été fait sous le contrôle de toute la commission. Cette démarche située sur un tout autre plan que les expertises demandées à des statisticiens indépendants n’avait pas valeur de contre expertise ; elle visait essentiellement à la recherche d'indices matériels pouvant contribuer à éclairer la commission.
6- Des salariés ont été entendus par la commission et ont fourni de nombreux éléments concrets permettant d’éclairer nos travaux. Ces divers éléments ont été analysés. Précisons que nous avons essayé d’approcher au plus près possible les conditions concrètes réelles du dépouillement pour être certains de ne pas négliger quelque élément matériel que ce soit
7- La commission a recherché également les conditions d’imprimerie, diffusion, et stockage des bulletins de vote, et les a obtenus. La commission entière (puis une partie après le départ de deux membres, puis les deux présidents seuls pour des raisons de commodité et d’emploi du temps) ont questionné les salariés sur le trajet chronologique des bulletins: 30.000 bulletins pour l’élection des membres actifs commandés à l’imprimeur ont été livrés au siège les 15 et 16 mai. Ils sont tous repartis chez le routeur le 19 mai pour envoi aux adhérents, encartés dans le n° 52 de Lignes d’Attac. (La même méthode, bien entendu, a été appliquée pour les deux autres scrutins qui ne nous intéressent pas ici.) 531 sont revenus au siège dans les jours suivants avec la mention NPAI indiquant que le destinataire avait déménagé. 743 soit tous les reliquats des envois ont été retournés au siège suivant bon de livraison n° 328 du 31 mai par le routeur et ont été conservés au siège sans attention particulière s’agissant de reliquats de la revue avec, à l’intérieur, les bulletins pour les trois votes. C’est à la veille de l’AG du 17 que deux camarades sont venus au siège et ont amené à Rennes (pour que les présents à l’AG puissent voter sur place comme prévu) tous ces bulletins. Ainsi, dans l’optique de recherche des possibilités de fraude – comme tous ces bulletins n’ont pas été utilisés - il en est resté suffisamment à la disposition d’un éventuel petit groupe de fraudeurs/
8- Elle a, finalement, reçu et examiné plus de quarante documents, plus de cinquante témoignages, procédé à quelques auditions (en plus des témoignages personnels de plusieurs membres de la commission), tenu trois réunions plénières, examiné physiquement nombre de bulletins et d’enveloppes et … beaucoup travaillé entre ces réunions.

II - Les opérations électorales elles-mêmes

Il était espéré que près de 200 militants participeraient aux opérations de dépouillement , qui ne pouvaient être que longues et complexes compte tenu du nombre de candidats et de postes à pourvoir ainsi que du grand nombre de votants.
Or il est venu quatre fois moins de volontaires que prévu, ce qui a gravement perturbé le travail et a largement « noyé » tout le monde.
En conséquence, les conditions du dépouillement ont été difficiles et parfois incohérentes.
La commission, dont la mission n’est pas d’insister sur ces difficultés, tient à souligner certains points :
- les salariés d’ATTAC, noyés et débordés, sans consignes claires et précises, ont colmaté les brèches comme ils ont pu et selon beaucoup de témoignages, du mieux qu’ils ont pu ;
- ce sont les instances dirigeantes et elles seules qui ont eu collectivement la haute main sur tout le processus, et les désordres constatés ne sont pas le fait des salariés ;
- de nouvelles élections vont avoir lieu bientôt et il importe que les mêmes errements ne se reproduisent pas.
La commission d’enquête et ses présidents sont à la disposition des instances qui seront chargées d’organiser les élections pour attirer leur attention sur les écueils principaux à éviter.

D’ores et déjà, il nous apparaît
a) qu’il faut que l’autorité chargée d’organiser les élections soit clairement désignée et s’abstienne de délégation et sub-délégation,
b) que chacun, qu’il s’agisse des salariés ou des personnes chargées du dépouillement, doit savoir exactement quelles sont les règles de celui-ci
c) que pour cela, une note écrite remise à chaque table paraît absolument nécessaire,
d) qu’aucune règle prévue (sur les heures de dépouillement par exemple) ne doit être changée en cours de route.

III - Les résultats du scrutin :

A. Les désordres signalés ci-dessus nous conduisent à conclure que les résultats du scrutin ne peuvent en aucun cas être considérés comme fiables car ils n’offraient aucune des garanties d’une consultation normale.

B. Les aberrations statistiques signalées ont évidemment particulièrement attiré notre attention.
Elles sont incontestables sur un certain nombre de lots et résultent des trois rapports statistiques et de la synthèse qui en a été faite par René Passet : ces éléments factuels sont acquis.

C. Quelles en sont les causes ?
La première condition pour progresser dans nos travaux était de ne jamais perdre de vue les questions auxquelles nous devions répondre. Et d’évaluer systématiquement l’importance des informations qui nous parvenaient au regard de ces questions. Cela pourrait ressembler à une banalité si, comme toute assemblée délibérante, nous n’étions exposés au risque de nous laisser porter par la logique des analyses ponctuelles successives auxquelles nous nous livrions ou par le flot des études, toutes plus « objectives » les unes que les autres,dont nous avons été littéralement inondés.
La question de savoir comment peuvent s’expliquer les fortes concentrations de voix portant sur une période et des candidats déterminés, exigeait bien évidemment un examen sérieux au niveau des lots et des lettres. Et nous y avons procédé. Mais il a fallu veiller à ce que, de fil en aiguille, cette logique ne se substitue pas à celle du phénomène global dont nous avions à rendre compte. Car, de ce point de vue, le tout ne se réduit pas à la somme de ses composantes. Un simple exemple illustrera ce point : quand un édifice en cours de construction s’effondre, l’examen des matériaux que l’on a utilisés – les pierres par exemple - s’impose ; mais il ne suffit pas que l’on ait détecté des défauts sur un certain nombre d’entre elles, pour en déduire qu’elles sont la cause de l’accident : encore faut-il savoir quel était leur nombre, et leur disposition ( concentrées ou réparties) sur l’ensemble de l’édifice ; en outre, ce constat ne nous dit rien sur la possibilité d’un vice plus général tel qu’un défaut de conception ou de réalisation. Il ne suffira donc pas de sortir son « microscope » et d’analyser les éléments constitutifs de l’ensemble.
Ainsi en est-il de notre problème. La logique des lots et des lettres n’est pas notre finalité . Les aberrations que nous pouvons trouver à ce niveau appellent immédiatement la question : « dans quelle mesure cela peut-il expliquer les anomalies globales que nous essayons de comprendre ? ».

Cette considération explique notre façon de procéder et la manière dont nous avons conduit nos investigations. Elle explique en particulier l’intérêt que nous avons porté à une étude physique directe du matériel électoral (paquets, enveloppes et bulletins).
Quand certains affirment que les experts sont partis d’hypothèses d’homogénéité ne correspondant pas à la réalité – et remettant donc en cause leurs conclusions - ils veulent dire en fait qu’un certain ordre initial de classement alphabétique n’a pas été respecté, c’est-à-dire qu’un mode d’organisation obéissant à une norme a été détruit.
La destruction d’un ordre peut se faire de deux façons:
1/ Par substitution involontaire – donc non frauduleuse - d’un désordre à l’ordre initial.
Nous pensons évidemment ici à l’immense « fantaisie » qui – faute de moyens - a présidé aux opérations de dépouillement. Paradoxalement, en dépit de ce qui a été dit, cette circonstance est de nature à fortifier les hypothèses d’homogénéité sur lesquelles se sont appuyés les experts et à faire apparaître les conditions matérielles d’une possible fraude.
- Elles fortifient les hypothèses des experts car, par définition, le désordre va dans tous les sens et, au niveau global, les déviations particulières se compensent: « plus on touille, plus on homogénéise (au sens propre) la sauce»- c’est pour cela que l’on bat les cartes - et plus on homogénéise plus le hasard s’installe et plus le système obéit aux lois de la statistique. Donc, rechercher l’explication des anomalies du côté du désordre qui par définition est aléatoire, revient à valider les études des experts : plus les écarts à l’ordre initial sont involontaires, nombreux et erratiques, plus l’application des techniques statistiques auxquelles les experts ont procédé se trouvent validées et plus les anomalies ne peuvent s’expliquer que par des phénomènes qui, eux, échappent aux lois du hasard.
- En revanche – et sur ce point tous les témoignages concordent – ces conditions étaient favorables comme le soulignent plusieurs témoins de tous bords, à la réalisation matérielle d’une fraude. Les conditions de protection du matériel électoral dépouillé ou en cours de dépouillement aggravent ce constat : alors que la porte d’entrée du local d’ATTAC donnant sur l’extérieur se trouve dotée d’une serrure sérieusement sécurisée, il n’en va pas de même des pièces intérieures ; notamment, la porte de celle où était entreposé ce matériel pouvait être facilement ouverte soit à partir d’une copie, facile à réaliser, de la clef, soit à partir d’un banal passe-partout.
Ceci doit être souligné, sans qu’on puisse encore en tirer la preuve qu’une telle fraude s’est effectivement produite .

2/ Par substitution d’un ordre différent à l’ordre initialement envisagé.
Cette seconde situation n’implique pas nécessairement l’existence d’une fraude, car deux cas peuvent se présenter.
- La substitution peut être involontaire: à ce sujet, deux types d’explications sont apparues dans nos débats: d’une part des « effets de tri », et d’autre part des effets de « dates ».
Nous sommes donc tenus de leur accorder une attention particulière. Si, en effet, les phénomènes invoqués suffisent à expliquer les anomalies constatées, cela rend inutile l’hypothèse qui suit.
- Cette substitution peut être volontaire, c’est-à-dire frauduleuse ; peut-être faudra-t-il envisager cette éventualité comme un aboutissement de nos travaux si aucune autre explication ne peut être retenue . Nous voulons dire par là qu’un minimum d’objectivité s’oppose à ce que cette hypothèse soit considérée comme un point de départ. Et, ajoutons tout de suite, que le défaut d’autres explications ne saurait suffire à l’établir si nous ne disposons pas de preuves formelles.

Nous avons donc attaché une importance particulière aux effets de tri et de date le plus souvent invoqués comme phénomènes explicatifs.
Nous les avons examinés en nous demandant dans quelle mesure leur éventuelle apparition au niveau des lettres et des lots a pu avoir une incidence au plan global.

a) Nous avons appelé « effet de tri » la pratique de certains dépouilleurs ayant consisté - à des fins d’accélération des travaux - à pré-sélectionner les bulletins par tendances et à compter séparément chacun des demi lots ainsi constitués. Il est évident que, si l’ensemble des bulletins avaient pu être comptabilisés dans la même journée, cela n’aurait eu aucune incidence sur le « profil chronologique » des résultats ; mais il semble qu’il n’en soit pas ainsi et que les demi lots aient parfois donné lieu à des décomptes étalés sur deux journées. Si donc les bulletins de la tendance X ont seuls été effectivement dépouillés le premier jour et les bulletins Y le lendemain, on pourra assister à des renversement spectaculaires de majorité, résultant de manipulations certainement malencontreuses mais n’ayant aucun caractère frauduleux. Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que ces bulletins soient suffisamment nombreux et que les dépouillements concernant chacun des demi lots se soient situés à cheval sur la période considérée comme normale et la période faisant l’objet de contestation. En fait, il ressort des témoignages des scrutateurs que cette pratique est restée très exceptionnelle, n’ait concerné qu’un très petit nombre de lots et donc ne puisse expliquer les renversements de majorité constatés d’une période à l’autre.
De plus cette pratique aurait entraîné non seulement une accumulation de bulletins d’une certaine tendance sur un dépouillement, mais aussi comme corollaire nécessaire une accumulation de bulletins de l’autre tendance dans le dépouillement précédent ou suivant : or les investigations particulières auxquelles nous allons faire allusion un peu plus loin , n’ont révélé aucune accumulation de ce type.

b) Nous avons appelé« effet de date » la possibilité que des événements survenus pendant la période au cours de laquelle les militants ont exprimé leur suffrage aient affecté au cours du temps les choix des électeurs. De tels effets auraient pu se manifester en dépit du classement par lettres des paquets si les mélanges des enveloppes parvenues au siège à des dates différentes n’ont pas été correctement effectués. L’imperfection des brassages semble bien avoir été le cas, malgré les différentes manipulations qui se sont produites soit conformément à la procédure soit au cours de la répartition des enveloppes entre les tables de scrutateurs. Un pointage des paquets d’enveloppes appartenant à la lettre B – correspondant de loin au plus grand nombre de bulletins - a fait apparaître effectivement une forte prédominance des lots dans lesquels un regroupement selon la date d’arrivée des bulletins subsiste en dépit du classement par lettres. Un ordre chronologique est donc venu s’infiltrer dans le classement alphabétique. A priori ce phénomène a pu favoriser la manifestation d’un effet de date. Mais il ne suffit pas de constater ce fait au niveau des lots et des lettres. Il faut se demander quels sont les événements qui auraient pu affecter le comportement global des électeurs sur une période concentrée du temps des dépouillements. Certains évoquent l’appel de Susan George qui a pu attirer un plus ou moins grand nombre de suffrages, suivi en sens inverse, de la lettre des 32 militants et d’une forte campagne auprès des adhérents pour les appeler à voter en faveur de l’équipe en place. Mais, l’appel de Susan est daté du 20 mai ; la « contre-offensive » démarre trois jours plus tard, et ne sont pris en compte que les suffrages postés jusqu’au 9 juin. Peut-être – et même sans doute - certains votes survenus à partir du 23 mai ont-ils été influencés par rapport à ceux qui ont précédé, mais on ne parvient pas à s’expliquer par quel mécanisme, au niveau global, les effets de l’appel de Susan se seraient systématiquement concentrés sur la période de dépouillement antérieure au 14 juin et ceux de la contre offensive sur les journées des 14 et 15 juin. La question se pose d’autant plus que la proportion de lots correctement mélangés n’est pas nulle et que le retournement de tendance ne peut s’être manifesté qu’à travers une partie des bulletins incorrectement brassés. Au total, il est douteux qu’elle ait pu suffire à renverser une tendance générale.
Cette observation est renforcée par celle-ci: un tel effet de date se serait nécessairement produit de façon relativement homogène sur toutes les lettres de l’alphabet, et non pas, comme c’est le cas, largement sur certaine lettres et pas du tout sur d’autres
Cette question de l’effet de date concerne en outre la validité des données sur lesquelles ont travaillé les experts indépendants : le décompte de l’huissier, sur lequel ils se sont appuyés, nous dit-on d’une part, aurait été invalidé par l’inventaire qui a suivi et aurait fait apparaître, selon les comptages, entre 661 ou de 720 bulletins non répertoriés, toutes lettres confondues ; ces bulletins étant parfaitement typiques, nous dit-on d’autre part, valideraient au contraire les premiers résultats et constitueraient un argument en faveur de la fraude. En fait, il semble qu’ils ne puissent être invoqués ni dans un sens ni dans l’autre : car, si comme personne ne le nie, ils sont parfaitement « typiques », leur prise en compte ne modifierait en rien la distribution à laquelle aboutit le comptage de l’huissier et sur laquelle s’appuient les experts ; à l’opposé, la portée de leur retour à une forme typique proche des résultats initiaux se trouve amoindrie par le fait que les 171 bulletins parvenus au siège et ouverts le 15 juin (donc non susceptibles de fraude), sont fondus dans l’ensemble et ne peuvent plus être identifiés ; on ne saurait donc les invoquer en faveur d’un retour aux équilibres des premières journées.
Aucun de cet ensemble d’éléments n’est totalement convaincant.

c) Il restait donc à examiner l’hypothèse de manipulation frauduleuse.
La méthode mise en œuvre par un membre de la commission, avec l’accord de cette dernière, consiste à faire apparaître, par une analyse factorielle le degré de proximité des différents bulletins en fonction de leur similitude. Elle s’attache indifféremment à tous les types de bulletins et, le fait qu’une tendance émerge plutôt qu’une autre – la tendance Nikonoff en l’occurrence - constitue un résultat ne découlant pas d’un intérêt particulier qui lui aurait été porté a priori. Si des phénomènes similaires avaient affecté la tendance opposée, ils seraient spontanément apparus de la même façon. La méthode met en évidence, un nombre élevé de votes absolument similaires parmi lesquels un examen plus fouillé, permet de dégager deux - peut-être trois- stratégies (ou consignes) de sélection, dont une largement prédominante. Lorsque l’on consulte directement les bulletins concernés, le fait troublant est qu’à chacune de ces stratégies correspond une façon particulière de cocher les cases. Ceci est particulièrement net en ce qui concerne la stratégie dominante qui se caractérise par une façon très particulière de former les croix, dans laquelle on trouve les mêmes déformations et dont le graphisme exprime la même fébrilité : tous les bulletins, visiblement remplis de la même main, reconnaissables au premier coup d’œil, sont à la fois très semblables entre eux et très différents des autres.
Nous croyons bon de reproduire ici intégralement le résumé des conclusions qui figure dans l’étude , laquelle est, par ailleurs, jointe dans son intégralité ,en annexe du présent rapport : « Le résultat principal de cette investigation est l’établissement de l’existence de la fraude sur des bases distinctes de celle du Rapport Passet. L’évidence provient d’un fait inattendu : le caractère très aisément identifiable d’un des fraudeurs dans sa manière (souvent hâtive) de cocher les cases des bulletins, première signature de la fraude. Elle est confirmée par le caractère méticuleux et systématique de certaines procédures de camouflage de la fraude ; ces précautions se retournent contre leurs auteurs, fournissant une seconde signature de leur acte. La combinaison des deux éléments, déjà probants en eux-mêmes, montre la cohérence de l’ensemble.

Nous utiliserons les épithètes « georgien » et « nikonovien » pour renvoyer aux candidats des deux « listes » ou « groupes ». Dans la suite de ce rapport, on parlera de « listes », qu’elles soient explicites ou de fait.

En simplifiant, on peut résumer les observations principales de la manière suivante :

1) Pour une partie des bulletins fraudés, dits « camouflés », les votes portent toujours sur les 16 candidats nikonoviens les mieux placés, accompagnés de 7 autres candidats, non-nikonoviens n’ayant aucune chance d’être élus, et, alternativement, soit Aurélie Trouvé, soit Jean-Marie Harribey, deux personnalités majeures de la liste Susan George (qui, eux, étaient élus à coup sûr).
2) Pour une autre partie des bulletins fraudés, on observe un vote exclusif pour les candidats de la liste de Jacques Nikonoff, en général pour les 24 candidats nikonoviens les mieux placés.
3) Nombre de ces bulletins sont identiques ou diffèrent légèrement (23 ou 22 voix pour les mêmes candidats sur un total de 24 au maximum). Dans le cas du lot B4, par exemple, il s’agit de 39 bulletins, soit 41% des bulletins non nuls du lot. De telles proximités n’existent pas pour les votes portant sur la liste Susan George.
4) L’analyse des manières de cocher révèle plusieurs styles : (1) le style du fraudeur évident, et (2) deux ou trois autres manières de cocher moins spécifiques.
5) Il est facile de vérifier la correspondance des votes des bulletins remplis par le fraudeur évident et les configurations de votes ci-dessus. Par exemple, dans les lots B3, B4 et B5, on trouve deux sous-groupes de bulletins, respectivement de 15 et 16 bulletins, dont les votes sont parfaitement identiques dans chaque sous-groupe, qui sont tous clairement de la main de ce fraudeur évident. Au total, il a rempli, au moins, 47 bulletins sur 85 suspects dans ces trois lots B3, B4 et B5, qu’on peut alors qualifier de « fraudés ».
6) Nous pensons identifier plusieurs fraudeurs pour deux raisons : a) les styles sont si distincts qu’il est difficile d’imaginer qu’ils proviennent de la même main, et b) diverses personnes semblent s’être réparties des configurations de votes (pour quels candidats voter) particulières. Seule une étude d’un plus grand nombre de lots permettrait de préciser ce point.

En marge de ces observations, cette étude confirme l’existence d’effets de liste, guidant les votes. Cet effet apparaît pourtant atténué dans les lots fraudés. Le nombre des bulletins massivement alignés sur la liste de Susan George s’y trouve réduit (dans le cas du lot B4, à l’unité), puisque des bulletins ont été retirés pour permettre l’introduction des bulletins fraudés ».

Le constat ci-dessus se trouve conforté par celui qu’ont effectué deux autres membres de la commission ( remarquons au passage que toutes les démarches effectuées au sein de cette dernière ont été menées « en tandem » par des membres représentant les deux tendances représentées ) qui, explorant le lot B4 – tout à fait indépendamment de l’étude précitée - avaient spontanément isolé, afin de les soumettre à la commission, 24 bulletins qu’il avaient jugés anormalement similaires dans leur apparence et dont le graphisme se révèle correspondre très exactement à celui auquel nous venons de faire allusion . Sur leur proposition, ces deux membres ont reçu mission d’explorer, pendant le week-end, le maximum de lots jugés atypiques à la fois par l’une et l’autre parties, afin de vérifier s’ils conduisent à des constats similaires. Cette exploration, quoique n’ayant pu, faute de temps, être menée sur l’ensemble des lots concernés , a révélé un certain nombre de bulletins suspects dont 10 correspondant au modèle « fébrile » dominant, dans le lot B3 et 6 de même nature dans le lot L4.
Dans l’état actuel des choses, il nous faut bien admettre avec une grande tristesse, que nous avons sous les yeux la preuve matérielle d’une fraude que la fébrilité de l’un de ses auteurs rend encore plus évidente.


CONCLUSION

Cette conclusion s’impose au terme d’une démarche progressive qui s’est appliquée à explorer toutes les hypothèses et que nous retracerons ainsi :
- Les trois études statistiques menées par six experts indépendants - dont l’un d’entre nous avait présenté la synthèse –aboutissaient à la très forte improbabilité statistique des retournements de votes constatés pendant la période du dépouillement et à la mise en évidence de lots de bulletins fortement atypiques. Une discussion s’est alors engagée sur les hypothèses de départ sur lesquelles reposaient les conclusions des experts ;
- La présente commission d’enquête, composée par les représentants des deux tendances opposées, s’est donc attachée à vérifier ce point et à explorer prioritairement toutes les hypothèses pouvant expliquer autrement que par la fraude les anomalies constatées ; aucune explication satisfaisante n’a pu être retenue, concernant notamment l’existence d’un biais au niveau des hypothèses des experts ;
- Nous nous sommes donc résolus à explorer, en dernier ressort, l’hypothèse de fraude ; précisons que, si celle-ci n’avait donné aucun résultat matériellement vérifiable, elle aurait également été écartée et la commission aurait reconnu son incapacité à se faire une opinion. L’analyse - plus particulière mais non exclusive - des lots réputés atypiques a fait apparaître des ensembles de bulletins suspects dont l’examen a révélé qu’ils avaient été massivement réalisés par deux ou trois mains et dont le contenu a révélé des « stratégies » évidentes.
- Nous précisons que nos constatations, à nos yeux irréfutables, établissent que deux ou trois personnes se sont livrées à ces opérations, et que rien ne permet de les attribuer à un groupe plus important

A ce stade, nous pouvons déclarer en conscience que la preuve matérielle d’une fraude en faveur de la tendance favorable à la présidence sortante est établie. Pour nous, ce constat clôt toute controverse concernant ce point.

Rapport établi par les deux coprésidents :
Nuri Albala , René Passet

et adopté par l’ensemble des membres de la commission :


Catherine Agnias, Aymard de Camaret,
Marc Delepouve,
Gérard Duménil, Emmanuelle Gaziello,
Sabine Jauffret
Pierre Khalfa,
Jacques Nikonoff

Jeudi 28 septembre 2006

28/09/2006

Délires d'avenir - 1

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Il semblerait que Pimprenelle Royal se trouve confrontée, dans son fief poitevin, aux menées subversives d'une poignée de juges rouges ponctuellement pacsés, aux termes de l'une de ces pitoyables alliances contre-nature où les trotskystes (gluants) sont passés maîtres, avec la droite sarkozyste.
Je lis en effet, sur un blog UMP, que:

« Le sectarisme local de Madame Royal a été sanctionné en Poitou-Charentes avec la décision du tribunal de grande Instance de Poitiers qui oblige la présidente de la région à redonner un siège à l’opposition au sein du comité régional du tourisme de Poitou-Charentes, mais également de redonner leur place aux personnalités qualifiées, nommées par Jean-Pierre Raffarin ».
« Toutes les délibérations prises, par le comité régional du tourisme de Poitou-Charentes, depuis 2004 ont été annulées par la Justice » a tenu à rappeler Valérie Pécresse.

La presse, Dieu merci, n'est pas tombée dans ce piège besancenoto-méhaigneriste, et s'est bien gardée, c'est là sa grandeur, de faire la moindre publicité au scandaleux délibéré d'un quarteron de magistrats dévoyés.

25/09/2006

Le Bouleversant Hommage De Claude Imbert (Droite Décomplexée) A Ségolène Royal (Gauche Ouvertureducapitaliste)

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Pimprenelle, on dira ce qu'on voudra: c'est quand même la droite qui en parle le mieux.

Tenez, cette semaine, dans "Le Point", Claude Imbert, éditorialiste "un peu islamophobe", écrit tout haut ce que nombre de réactionnaires déclomplexés pensent tout bas: Pimprenelle est furieusement séduisante - non tant par elle-même, d'ailleurs, que par contraste avec les communistes fous (Strauss-Kahn, Jospin, Lang, Fabius) qui, depuis trop d'années, confinent leur parti dans l'étroitesse meurtrière du dogme nord-coréen.

Claude Imbert écrit ainsi que, "faute d'avoir clairement renoncé aux chimères d'une très vieille gauche, notre socialisme s'est peu à peu enlisé dans le commerce de l'illusion", alors que, par contraste, "le travaillisme anglais a, depuis longtemps, viré sa cuti".

Claude Imbert a parfaitement raison de rappeler que Ronald A. Blair a converti son parti au reaganisme.

En revanche, Claude Imbert se trompe évidemment, s'il pense (ou fait mine de penser) que les "socialistes" français, massivement ralliés aux joies simples de la modernité libérale, croient encore aux "chimères d'une très vieille gauche".

Mais c'est justement cette méprise qui lui permet de prodiguer ensuite une longue louange à Pimprenelle - présentée alors comme la bonne fée qui, d'un coup de baguette blairiste, saura délivrer le "socialisme" français de ses dernières scories gérardfilochistes, un peu comme "le socialisme allemand s'est délivré à Bad-Godesberg (1959) d'un marxisme racorni par l'échec".

Claude Imbert: "La démocratie d'opinion, avec sa kyrielle de sondages, tocades médiatiques, crépitements d'images, blogs et rumeurs, attise à sa manière la réforme du socialisme français. Elle contourne le parti. Elle invente, en Ségolène, une madone du changement".
D'accord: c'est un peu salaud, comme début.
Rappeler, comme ça, tout de go, que Pimprenelle est d'abord une "invention", franchement, c'est pas sympa.
Mais la suite est mieux.

Ce que dit Pimprenelle, écrit en effet Claude Imbert, "décoiffe".
Et de se pâmer: "D'abord, son goût de l'ordre et de la sécurité; contre les 35 heures, son salut à la valeur travail; contre l'équarissage éducatif, sa réforme de la carte scolaire, sa révérence au mérite républicain".
La droite décomplexée sait décidément reconnaître les sien(ne)s à leur façon toute particulière de briser chaque jour un nouveau tabou...

Alors bien sûr, concède Claude Imbert, "tout cela ne va pas très loin!"
Mais qu'on se rassure: cela ne signifie nullement que Pimprenelle ait renoncé à délivrer le "socialisme" français d'un marxisme racorni par l'échec!
Sa retenue est d'abord stratégique: "Il s'agit, avant l'adoubement du PS, d'éviter la fatwa des dogmatiques" - mais Claude Imbert a bon espoir qu'une fois éliminée la menace des ayatollahs du parti, Pimprenelle donnera la pleine de mesure de son thatchérisme.

En attendant il salue, non sans lyrisme, "cette échappée belle, ces quatre pas dans les nuages d'une fugueuse", et lance un avertissement aux islamo-gauchistes de la rue de Solférino: "L'exception socialiste française a du plomb dans l'aile"!

Touchée par cette superbe déclaration, Pimprenelle n'a pas tardé à réagir, en plaidant pour la privatisation de GDF: "Si, dans le cadre de la compétition internationale, il faut lui donner des moyens d'action, la discussion pourra s'ouvrir avec les organisations syndicales, que l'on doit conduire à partager les préoccupations de l'entreprise, ses capacités d'action, pour savoir quelle est la structure du capital la mieux adaptée".
Claude Imbert a, dit-on, ri.
Les salariés de GDF, moins.

Ronald N. Sarkozy, manifestement ulcéré d'être si régulièrement doublé sur sa droite, a répliqué: "(Ségolène Royal) fait une erreur stratégique car elle ne peut pas être élue par la gauche avec des idées de droite".
Pour la première fois de ma vie, je suis d'accord avec le nouveau pin's de George W. Bush: ça fait un drôle d'effet!

21/09/2006

En Rase Campagne

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Ayé.
C'est fait.
Les "socialistes" ont donné leur accord à la privatisation de GDF.

Mais les "socialistes" nous présentent ça comme un rude coup porté à la droite UMP.
Un coup terrible.
Disent les "socialistes".

J'avoue que j'ai un doute.
Je me pose des questions.
Je me demande, par exemple, si les "socialistes" se foutent volontairement de notre gueule, s'ils font ça de propos délibéré, intentionnellement, ou si ça leur est devenu aussi naturel que de respirer?
Vraiment, j'ai un doute.

La semaine dernière, les "socialistes", rappelez-vous, ont déposé, à l'Assemblée, plus de 130.000 amendements, pour faire barrage à la privatisation (camouflée en "fusion") de GDF.
La semaine dernière, Jean-Louis Debré, président (UMP) de l'Assemblée, a, rappelez-vous, pesté (comme seul Jean-Louis Debré sait pester) contre l'"irresponsabilité" des "socialistes", les accusant, excusez du peu, de fouler aux pieds les règles de base de la démocratie parlementaire, au motif, désopilant, que l'examen de ces dizaines de milliers d'amendements demanderait au bas mot une décennie.

Précisément, c'était le but.
L'objectif des "socialistes", c'était justement de retarder le vote sur le projet de loi scélérat dont l'article 10 prévoit la privatisation de GDF.
De le retarder jusqu'au mois de juin, par exemple.
Après la présidentielle.
Jean-Marc Ayrault, qui préside le groupe "socialiste" à l'Assemblée: "Cette privatisation décidée sur un coin de table porte atteinte à l'indépendance énergétique et va provoquer une flambée des tarifs. C'est aux Français d'en décider aux élections, pas à un gouvernement en bout de course".
Bravo, Jean-Marc Ayrault.
CLAP! CLAP! CLAP! CLAP! CLAP!

Vraiment sur ce coup-là, j'étais plutôt bien disposé, une fois n'est pas coutume, à l'égard des "socialistes".
Pour une fois que les "socialistes" s'opposent à une privatisation, me disais-je en substance, il ferait beau voir qu'on fasse la fine bouche.

Er-reur fa-tale!!!

Règle numéro 1: ne JAMAIS se laisser aller au moindre commencement de plus mince début d'espoir que des "socialistes" puissent témoigner d'une quelconque hostilité, même subreptice, au libéralisme.

Règle numéro 2: JAMAIS!

Hier matin, dans "Libération", gros titre: "GDF: la gauche remballe ses amendements; l'UMP son 49-3".
Détails: "Les responsables de l'opposition et de la majorité sont tombés d'accord pour clore les débats sur le texte organisant la privatisation de GDF dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 septembre, et fixer le vote solennel au 3 octobre".
Le 28 septembre, attendez que je compte sur mes doigts, c'est dans sept jours, ça, non?
La droite sera toujours majoritaire à l'Assemblée, dans sept jours, hein?
Et le 3 octobre aussi, pas vrai?
Donc, la privatisation de GDF est pour le mois prochain.

Je résume:
1) Les "socialistes" nous promettent: "On va pas laisser passer une telle scélératesse. Pas ça. Pas nous. Promis, juré, craché. Ptou, ptou. No. Fucking. Way".
2) Huit jours plus tard, les mêmes: "Finalement, si. On va laisser faire. Ca. Nous".
Entretemps Jean-Marc Ayrault s'est rallié aux vues de Jean-Louis Debré: le même qui estimait que "les Français" devaient "décider aux élections" a soudain conscience "que la bataille d'amendements est mal comprise par l'opinion", nous dit "Le Monde". (Il tient ça d'où, Jean-Marc Ayrault? Il a une ligne directe avec "l'opinion"? Ben faut la faire vérifier: y a de la friture).

C'est déjà beaucoup.
Ce n'est bien sûr ni très nouveau, ni (donc) très surprenant, chez des gens dont le hobby, aussi longtemps qu'ils ont été au pouvoir, a quand même été de privatiser à peu près tout ce qui pouvait l'être - au grand dam d'Alain Juppé, qui en a conçu quelque jalousie, mais pour la plus grande - quoique brève - joie de Silvio Berlusconi.
Mais c'est déjà beaucoup.

Cependant il y a mieux, ou pis, selon que vous envisagez, ou non, de prendre avec (un peu d')humour tout de même cette énième trahison des "socialistes" en rase campagne: cette fois, pris d'une espèce de folie, non seulement ils font une haie d'honneur à la droite, mais ILS S'EN VANTENT!

Voyez, nous disent-ils, comment on l'a niqué, le Sarko.

Voyons, en effet.
"Ce scénario de sortie de crise, fruit d'un accord inédit entre le PS et les chiraquiens, se fait sur le dos des sarkozystes. Ces derniers vont en effet devoir approuver une privatisation de GDF dont Nicolas Sarkozy avait promis deux ans plus tôt qu'elle était exclue".
Nous explique "Le Monde".
Et donc, les "troupes" de Sarko "vont devoir voter le texte, pour ne pas donner prise aux accusations de division, de rupture de la solidarité gouvernementale".

Ah, d'accoooord!
Ils ont VRAIMENT niqué Sarko et ses "troupes", alors, les "socialistes"!
Pensez!
Ils ont carrément obligé ces gens de l'UMP à voter POUR une privatisation!

Dans "Libé", Alain Vidalies, député P"S", confirme le gigantisme du génie "socialiste": "Tout le monde souhaitait un vote sauf les sarkozystes. Depuis vendredi, ce sont eux qui font traîner les débats. Il est bon qu'un texte de cette importance se termine par un vote, de sorte que les Français sachent qui pense quoi".
Putain, les fins stratèges que c'est, au Parti "socialiste"!
(Heu, Alain Vidalies? Quand vous dites que "tout le monde souhaitait un vote", vos mots dépassent votre pensée, n'est-ce pas? Vous voulez dire: "Tout le monde souhaitait un vote, SAUF Jean-Marc Ayrault qui souhaitait, lui, que les Français décident aux élections" - n'est-ce pas?)

J'ai un doute.
Est-ce que les "socialistes" ont VRAIMENT l'impression de faire de la grande politique, dans ces moments-là?
Quand ils choisissent - disent-ils - de piéger Sarkozy plutôt que d'empêcher la privatisation de GDF?

Est-ce que les "socialistes" croient vraiment faire de la peine aux mecs de l'UMP, en les obligeant à se prononcer en faveur d'une privatisation?

Est-ce que les "socialistes", s'ils n'ont rien d'autre à foutre dans la vie que de nous prendre pour des abrutis, ne feraient pas mieux, pour être vraiment cohérents, d'appeler tout de suite à voter Chirac, ou Villepin?
Histoire de porter un rude coup à Sarkozy?



NB: L'illustration du jour vient de la couverture d'un bouquin drolatique et pas cher (du tout), dont l'auteur, je cite, "a toujours témoigné au retour possible de la croissance une certaine indifférence coupable". ("L'Offensive Du Traître", par Alassane Fingerweig, L'Insomniaque, 1 euro).

19/09/2006

Jean-François Revel's Not Dead

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(Ben vous voyez, franchement, ça me fait plaisir, de vérifier que Romain Goupil n'est pas complètement seul à continuer le (juste) combat de feu Jean-François Revel contre "l'obsession antiaméricaine", cette plaie ouverte au flanc de notre démocratie, dont L'IMMENSE majorité de nos concitoyen(ne)s, quotidiennement travaillé(e)s au corps par des propagandistes bolcheviques, fait mine de NE PAS voir l'abjecte purulence. Je tenais quand même à vous le dire, avant que vous ne lisiez ce qui suit).

Hier (18 septembre 2006), dans les pages "Rebonds" de "Libération", Peter Lellouche, "délégué général à la défense de l'UMP", a dénoncé, avec une force de conviction qui n'est pas sans rappeler, toutes choses égales par ailleurs, le Jean-François Revel des Grands Jours, l'"antiaméricanisme, religion des imbéciles".

Peter Lellouche n'est pas DU TOUT content.

Motif: "En un peu plus de quarante-huit heures, à New York puis à Washington, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, également président de l'UMP, a rencontré les principaux dirigeants économiques et politiques de la première puissance mondiale. Le "New York Times" et le reste de la presse américaine et française ont d'ailleurs souligné le caractère exceptionnel du niveau des entretiens accordés au ministre français".

Pour le moment, tout va bien.

"Mais comme nous sommes à sept mois de l'élection présidentielle, et que la France, ou plutôt certaines élites françaises, se plaît à cultiver l'antiaméricanisme comme religion nationale, la riposte - attendue d'ailleurs - a été immédiate".

C'est là, on l'aura compris, ce qui horripile tant Peter Lellouche.

Il poursuit: "Pour les uns, "Sarkozy l'américain" allait s'aligner sur les positions de Washington, pour les autres "il allait chercher ses ordres à la Maison Blanche" en vue de la prochaine présidentielle, et j'en passe..."

Je comprends la colère de Peter Lellouche, face aux divagations des "uns" et des "autres". Nicolas Sarkozy ne s'est NULLEMENT aligné "sur les positions" de la Maison Blanche. Nicolas Sarkozy a seulement dit aux principaux dirigeants politiques et économiques de la première puissance mondiale: "Si des fois l'envie pressante vous prenait l'an prochain ou l'année d'après, quand je serai chef des Français, d'attaquer l'Irak, ben je voulais juste vous PROMETTRE que JAMAIS je ne vous menacerais d'user de mon droit de veto à l'ONU - comme cette ***** castriste de Chirac". Aucun rapport, donc, même très lointain, avec une forme quelconque d'alignement "sur les positions de Washington", n'en déplaise aux vipères villepinistes: Peter Lellouche a BIEN RAISON de s'énerver. (Nicolas Sarkozy aurait, me dit-on, ajouté, off the record: "Heu, sinon, si vous pouviez me changer mes croquettes, ça serait bien, celles-ci me donnent des flatulences, je préférais celles au poulet". Mais je n'ai pas vérifié cette information).

Ulcéré (on le serait à moins), Peter Lellouche observe que le "climat", en France, "rappelle les plus belles heures de la guerre froide et du "US go home"".

Autant dire que dans la France de septembre 2006 les suppôts de Leonid Brejnev sont PLUS NOMBREUX que jamais: faudrait pas NON PLUS que le Péril Vert (je veux bien sûr parler des 20 à 30 millions de musulmans fanatisés (pléonasme) qui se planqueraient, d'après la dernière estimation de Jean-Louis Bruguière, dans les caves insalubres des cités de banlieue) nous fasse oublier la permanence du Péril Rouge.

Lellouche: "Dans ce climat qui rappelle les plus belles heures de la guerre froide (...) il aurait donc fallu que la République n'affiche pas sa solidarité avec le peuple américain en ce cinquième anniversaire du 11 Septembre, comme l'a fait Nicolas Sarkozy en décorant les pompiers et les policiers new yorkais (...)"

Pour ce qui me concerne, je veux TOUT DE SUITE rassurer Peter Lellouche: si Nicolas Sarkozy veut à toute force visiter, re-visiter, re-re-visiter la caserne des frères Naudet, je vote POUR. Et comment. Je trouve ça très bien. C'est toujours ça de gagné pour la "racaille" des banlieues et les immigrés clandestins. "Sarkozy à New York, c'est un peu de liberté gagnée", comme on dit.

Lellouche: "Comme Nicolas Sarkozy, je suis convaincu que le refrain de la haine antiaméricaine, ce mauvais nationalisme des imbéciles, n'est que l'apanage d'une certaine élite, au demeurant en perte de vitesse, à gauche comme à droite. Et que le peuple de France - même s'il peut légitimement critiquer l'administration Bush - conserve, comme l'ont solennellement rappelé, il y a deux ans à peine, les commémorations du débarquement, estime et amitié au peuple américain, qu'il a aidé à naître comme nation indépendante, il y a maintenant deux cent trente ans". (Dites, c'est fou comme le temps passe!)

1) Alors on pourra dire ce qu'on voudra de Peter Lellouche, mais force est de reconnaître que pour ce qui est de la tolérance et de l'extrême largeur de vue(s), il se pose un peu là. Est-ce qu'il ne vient pas de nous autoriser à "critiquer l'administration Bush"? Est-ce que ce n'est pas FORMIDABLE?

(Oh, je sais très bien ce que vont dire les nostalgiques de l'Union soviétique: "Ben JUSTEMENT, nous, quand on critique les Etats-Unis, on vise JUSTEMENT l'administration, Bush ou autre, PAS le "peuple américain", pour lequel on aurait plutôt, même, de la sympathie, voyez? On n'a jamais VRAIMENT manifesté contre James Stewart, voyez? Alors pourquoi il dit qu'on peut critiquer l'administration, Lellouche, si c'est pour nous dire ensuite, quand on critique l'administration, qu'on est des "mauvais nationalistes imbéciles"? C'est pas logique, son truc, à Lellouche". Dois-je préciser qu'il n'est bien sûr pas question de répondre aux attaques venimeuses du fan-club de Beria?)

2) Peter Lellouche, ceinture noire quarantième dan de sous-entendus, nous rappelle, au passage, une vérité fondamentale: sans l'Oncle Sam, on ne serait pas en train de papoter, vous et moi, pour la simple et bonne raison que le président Kevin Pétain, petit-fils de Philippe, aurait INTERDIT LES BLOGS, à la demande expresse de l'occupant. SURTOUT ne JAMAIS oublier de rappeler aux crevures tchékistes que l'Oncle Sam nous a libérés pendant que Joe Staline se tripotait (grave) la nouille. (Pascal Bruckner fait ça très bien, quand il ose écrire: "Si le débarquement de juin 1944 avait lieu de nos jours, gageons que l'oncle Adolf jouirait de la sympathie d'innombrables humanistes et radicaux de la gauche extrême, au motif que l'Oncle Sam tenterait de l'écraser").

Après avoir ainsi rappelé ce qui devait l'être, Peter Lellouche nous ouvre son journal intime: "L'autre soir, en compagnie de Henry Kissinger et de Zbigniew Brzezinski, sur la véranda de la maison de famille de George Washington à Mount Vernon, sur les rives du Potomac, dans cette belle maison de style virginien, ému, je découvrais là tous les symboles tangibles de cette alliance franco-américaine des premiers jours: la clé de la Bastille, cadeau de La Fayette à George Washington, le buste de Necker, ministre des Finances de Louis XVI, qui finança l'envoi du corps expéditionnaire français pour soutenir les insurgés américains, le portrait de La Fayette dans la chambre à coucher de George Washington".

Je ne crois pas avoir jamais lu quelque chose d'aussi émouvant. (Virgile, peut être?) Mais c'est à cela que se reconnaissent les poètes: rien ne les inspire comme une promenade au clair de lune sur les berges du Potomac avec un Humaniste, un vrai. Kissinger? L'Asie du sud-est l'adore, l'Amérique latine l'adule.

Lellouche: "Ce lien-là, renoué en 1917, puis en 1944 et tout au long de la guerre froide, aucun des porte-parole de la haine antiaméricaine ne pourra le dissoudre".

Na.

Lellouche: "Et puis il y a notre intérêt national, en ce début de XXIe siècle particulièrement chaotique et dangereux".

Il va nous parler de Ben Laden? Il va nous parler de Ben Laden. Lellouche nous parle de la "globalisation de la menace terroriste de l'islam radical, qui frappe à New York, Washington, Londres, Madrid - et peut, à tout moment, frapper Paris, comme l'a menacé (sic) ces derniers jours Ayman Al-Zawahiri, le numéro 2 d'Al-Qaeda".
Peter Lellouche parle d'or. Parce que, moi, de fait, j'ai peur. Ca devient stressant, de vivre sous la menace permanente de Barbe-Rouge. Tenez, pas plus tard que ce matin, j'étais dans le métro. J'étais assis, peinard, je relisais, pour la huitième fois, le chef d'oeuvre d'Oriana Fallaci (RIP), "La Rage Et L'Orgueil". Le courage de cette femme. Cette façon qu'elle avait de balancer des ignominies racistes droit dans la gueule de la dictature du politiquement correct. Enfin bon, je me régalais. Mais à la station Reuilly-Diderot, qu'est-ce qui monte, dans mon wagon? Une vieille mémé à cabas. Et un rebeu avec un sac de sport.
Devinez où était la bombe?

Non, il a raison, Peter Lellouche: Ben Laden, "prolifération des armes nucléaires à portée des villes européennes, désintégration d'un certain nombre de pays à la périphérie de l'Europe, multiplication des conflits au Proche-Orient, tous ces sujets exigent plus que jamais l'union des grandes démocraties, que les décisions soient prises en commun, que les stratégies soient communes en matière de renseignement, de lutte antiterroriste, mais aussi de développement et de promotion de la démocratie". (Notez le: "Mais aussi", de toute beauté).

Lellouche: "Dire cela, ce n'est pas, comme je l'ai lu ici ou là, "s'aligner" sur les Etats-Unis, c'est-à-dire "trahir la France", mais au contraire servir efficacement notre intérêt national".

D'autant plus efficacement, d'ailleurs, qu'à la fin des fins, si on regarde BIEN ce qui se passe, nous révèle Peter Lellouche, ce n'est pas la France qui s'aligne sur les USA, oh que non. C'est TOUT le contraire: "En Syrie, au Liban ou dans la crise du nucléaire iranien, c'est plutôt l'Amérique qui a rejoint les positions de la France, et non l'inverse".

Alors à ce moment précis de sa démonstration, la modestie de Peter Lellouche l'honore évidemment, mais tout de même, pourquoi ne pas dire TOUTE la vérité? Pourquoi ne pas constater que la France a désormais un tel ascendant sur les Etats-Unis, que NOMBRE de conseillers du président Bush, le jugeant, je cite, "littéralement marabouté", s'alarment très sérieusement de le voir, je cite encore, "ramper aux pieds sales de ces pauvres bâtards de Français"?

Lancé, Peter Lellouche assène alors à ceux qui, en dépit de la menace terroriste, continueraient à préférer Djerzinski à Bush, cet Argument Fatal: "La France est une grande nation, et, si les Français aiment les séries américaines à la télévision, les hamburgers, les blue-jeans et le coca-Cola, ce n'est pas pour autant qu'elle sombre culturellement au point qu'elle ait besoin de se définir en tant que nation contre l'Amérique".

Le fait est: y a pas QUE Bruce Willis, dans la vie. Y a aussi Jean Reno, et Christian Clavier. Autant dire que l'exception culturelle façon Nicolas Sarkozy a encore de très beaux jours devant elle - c'est pas Didier Barbelivien qui me contredira.

Peter Lellouche conclut: "Il est temps de tourner la page, de refonder une alliance entre égaux, en confiance, c'est à dire sans récriminations inutiles. Il est dans l'intérêt de la France de bâtir une Europe forte dans une alliance équilibrée avec les Etats-Unis".

Je suis BIEN d'accord. "Entre égaux", on n'a aucune raison de s'engueuler. Entre potes, on peut tout se dire.

Alors moi, pour commencer, je voudrais qu'on demande à ce vieux George W. s'il pourrait, s'il te plaît, lever un peu le pied sur la torture et les prisons-clandestines-de-la-CIA, tous ces trucs, il est vrai insignifiants, dont Peter Lellouche oublie de parler dans son "Rebond". Parce que bon, "un peu d'électricité dans les couilles d'un suspect, ça va, mais point trop n'en faut, sinon trop de torture finirait par tuer la torture", comme disait Henry K. à un gauchiste du "Washington Post" qui l'interrogeait sur l'opération Condor.

Alors si Peter Lellouche voulait bien calmer, d'égal à égaux, les ardeurs de ses amis étatsuniens, au moment où ils interrogent des prisonniers détenus illégalement dans des centres secrets, ça serait sympa, merci.

15/09/2006

Nicolas Et Pimprenelle

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Hier, je me suis fait engueuler.
Ici même.
Sur ce blog.
Chez moi, bon sang de bois.
Sur le thème: tu fais chier, avec ton "amalgame Royal=Sarkozy répété de post en post", et non seulement tu fais chier mais tu dessers la gauche, et "quelque part" tu fais le jeu de Sarkozy.
Bon.
Alors voilà.

Oui!
OUI, je suis persuadé que Nicolas et Pimprenelle disent peu ou prou la même chose.
Persuadé que ces deux-là sont les deux faces d'une même couverture du "Point". (Ou de "Challenges").

J'en suis, même, tellement persuadé, que je me suis ouvert à mon éditeur préféré de ma furieuse envie de rédiger là-dessus un petit bouquin d'une centaine de pages.
Titre (provisoire): "Sarko Blanc Et Blanche Ségo". (Ou l'inverse, éventuellement. Je ne crains pas le débat).

Aux Etats-Unis, vous le savez, il n'y guère que l'épaisseur d'une arme irakienne de destruction massive, entre les discours démocrate et républicain, et ce nivellement se retrouve dans le "match" Royal-Sarkozy - avec, c'est vrai, comme le relevait si joliment Denis Sieffert l'autre semaine dans "Politis", quelques "divergences d'intensité dans l'application d'un programme libéral".

Tenez, un exemple.
Tout chaud.

Hier soir, un titre du "Monde" me saute aux yeux: "Mme Royal se démarque de M. Sarkozy sur l'Europe".
Dans le corps du papier, cette "information" devient: "(Ségolène Royal) a marqué discrètement sa différence, mercredi, avec Nicolas Sarkozy".
Le mot important?
"Discrètement".

Concrètement, Pimprenelle n'a, tenez-vous bien, je vous préviens que c'est assez hardcore, "pas repris à son compte l'idée avancée par le président de l'UMP de disposer d'un "mini-traité" d'ici à 2008 afin d'améliorer le fonctionnement de l'Union".
Motif: "Pour l'éventuelle candidate socialiste, "c'est une erreur de mettre la réforme des institutions comme préalable à la définition d'un avenir pour l'Europe"". (De la même façon qu'il est généralement déconseillé de mettre la charrue avant les boeufs).
Donc, si je comprends bien, Sarko veut une réforme des institutions, alors que Ségo penche plutôt pour une réforme des institutions, mais pas avant d'avoir défini un avenir pour l'Europe.
Elle mâche pas ses mots, hein?

D'ailleurs c'est pas fini: "Sans fermer la porte à un éventuel "partenariat" avec Ankara, elle s'est par ailleurs gardée de "toute déclaration brutale" quant à l'adhésion de la Turquie, en référence aux propos du président de l'UMP, qui répète que ce pays n'a pas sa place au sein de l'Union".
Alors là, c'est la guerre.
Totale.
Sarko trouve que la Turquie n'a pas sa place dans l'UE?
Ségo lui balance illico qu'elle ne ferme pas la porte à un "partenariat" avec Ankara - sans pour autant proposer une place dans l'UE à la Turquie.
Si je comprends bien.
On a beau savoir que tout les sépare, on est toujours un peu soufflé, quand on découvre la profondeur abyssale du gouffre qui ne cesse de se creuser entre la droite et la "gauche".

Plus sérieusement, vous voyez un peu mieux de quoi je parle, quand j'estime que Nicolas et Pimprenelle disent globalement la même chose?

Alors je reconnais que, d'une certaine manière, ce constat est plus emmerdant pour les "socialistes" que pour l'UMP, parce que dans ce nivellement dont je parlais tout à l'heure, ce n'est généralement pas la droite qui fait des concessions: bien au contraire, elle se décomplexe comme une folle, et se lève chaque matin avec la ferme intention de briser quelques tabous (sur les reins, il va de soi, des salariés).
La droite, en somme, reste la droite, pendant que la "gauche" verse quotidiennement quelques centaines d'hectolitres de libéralisme dans son vin rouge - sans jamais assumer, cependant, ses perpétuels reniements.

La conversion au libéralisme devient alors, dans la bouche des "socialistes", un "réalisme" qui ne prévoit nulle part de réclamer l'impossible, et la presse peut tranquillement organiser un combat des chefs où n'importe quelle banalité, si affligeante soit-elle, vaut finalement démarcage - avec ce résultat que "Le Monde" peut désormais consacrer une pleine page (au demeurant hilarante) à ces gens qui "ont voté jusque-là à droite et envisagent de choisir Ségolène Royal", ou qui "se pensaient à gauche et pourraient voter pour Nicolas Sarkozy".

Mais dans tout ça, qui fait le jeu de qui?

14/09/2006

"Le Monde" Prend Parti Dans Le "Débat", Courageusement "Relancé" Par Un Bon Ami De Nicolas Sarkozy, Sur L'"Anomalie" Des Retraites

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"Le Monde" (numéro daté d'aujourd'hui) l'annonce à la une: "La droite relance le débat sur les régimes de retraite". (Il y a moins d'une semaine, rappelez-vous, la droite, par la voix de ses deux représentants les plus en vue, Nicolas (Sarkozy) et Pimprenelle (Royal), "relançait" déjà le "débat" sur la carte scolaire. On peut dire ce qu'on veut de la droite, mais il y a une chose qu'on ne peut pas lui retirer: pour ce qui est de relancer un débat, elle se pose un peu là. Je ne vois guère que le talentueux Yves Calvi, pour lui damer le pion).
"Le Monde" l'annonce à la une: "Fillon pose la question des disparités entre salariés".
On pressent, confusément, parce qu'on finit par connaître un peu son "Monde", que le "débat", dès lors, va opposer, d'une part, les tenants de ces "disparités", partisans de la guerre civile, et, de l'autre, les défenseurs d'une authentique égalité-parmi-les-hommes: François Fillon, Nicolas Sarkozy, et plus généralement la fine fleur du libéralisme décomplexé briseur de tabous. (Je prends ici le pari qu'un hebdo, "Le Point" (ou un autre), va nous balancer, d'ici quinze jours maxi, une "enquête" explosive de Jacques Marseille (ou un autre) sur le tabou des retraites).

Dans ce "débat" (qui s'annonce), "Le Monde" va-t-il s'engager?
Le dessin-du-jour de Jean Plantu, reproduit ci-dessus, nous apporte un premier élément de réponse.
Jean Plantu, en digne continuateur de l'oeuvre (impérissable) de feu Jacques Faizant, nous montre, comme Faizant faisait jadis, Marianne (aka la France) ligotée, baîllonnée, PRISE EN OTAGE par des cheminots dont l'outrecuidance connaît si peu de limites, qu'ils brandissent, comme pour mieux SIGNER leur abominable forfait, un DRAPEAU ROUGE, et même deux, sinistres vestiges d'une ancienne tyrannie.
Preneurs d'otages (comme le Hezbollah), communistes (comme Joseph Vissarionovitch Djougatchvili): ces gens de la SNCF sont la lie honteuse de l'humanité.
Le débat, on le devine, risque donc d'être FORT DIFFICILE, avec de tels interlocuteurs.
Et de fait, sur le dessin-du-jour de Jean Plantu, "le spectre" (hideux comme les spectres seuls savent l'être) "des grèves de 1995" menace DEJA la France, alors même que le débat vient à peine d'être (courageusement) relancé par la droite. (Je vous laisse mettre des guillemets à débat, moi ça commence à me gonfler).
Sacré Jean Plantu.
Toujours aussi cocasse.

Pour le cas où certains lecteurs, un peu mous de la touffe, n'auraient pas bien saisi, à la une, toutes les subtilités de la pensée jeanplantesque, "Le Monde" organise, à la page deux, une session de rattrapage: l'éditorial.
Titre: "Anomalie".
Ah, tiens, se dit monsieur Lambda, voilà qui excite BEAUCOUP ma curiosité: mais de quelle "anomalie" s'agit-il? (A ce niveau de suspense, faut dire, c'est plus un édito, c'est un thriller).
Première phrase: "Un candidat à l'élection présidentielle doit exposer un programme clair, qui constitue, une fois élu, le socle de sa légitimité et la feuille de route de son mandat".
Bon, oui. D'accord. C'est du mauvais français. Il est bien sûr impossible d'élire un programme, si clair soit-il, et les mots "un programme clair, qui constitue, une fois élu" ne veulent, ainsi placés les uns contre les autres, absolument rien dire.
Mais ne soyons pas mesquins.
Ce qui est important, c'est que cette définition de ce que doit faire un candidat pour être crédible permet au signataire (Jean-Marie Colombani? Eric Le Boucher?) de cet éditorial de nous révéler qu'un tel homme EXISTE déjà, en la personne, oooooh mais quelle surprise, de Nicolas Sarkozy.
Ca donne, sous la plume (affranchie) de notre éditorialiste (que désormais j'appellerai Ed, histoire de gagner du temps): "La volonté affichée par François Fillon, (...) chargé du programme à l'UMP, de poser la question des régimes spéciaux de retraite dont bénéficient les salariés des entreprises publiques est donc bienvenue".
Bravo, François Fillon.
Bravo, Nicolas Sarkozy.

Ed fait, pour ceux qui n'auraient pas (encore) compris, un deuxième passage: "Dire que, élu, Nicolas Sarkozy s'attaquera à cette réforme, c'est parler clair aux électeurs".
Un éditorialiste moins expérimenté (que ce bon vieux Ed) aurait pu écrire: "Dire que, élu, Nicolas Sarkozy s'attaquerAIT".
Au conditionnel, plutôt qu'au futur.
Mais "Le Monde", qui avait déjà prédit BIEN AVANT TOUT LE MONDE (j'aimerais qu'on ne fasse pas semblant de l'oublier) le sidérant triomphe de Balladur à l'élection présidentielle de 1995 sait aujourd'hui que celle de Sarko en 2007 n'est plus qu'une minuscule formalité.
C'est pour ça que "Le Monde" est LE "quotidien de référence", beaucoup plus que, par exemple, "Métro". (Ou "20 Minutes").

Pédagogie toujours, Ed, pour le cas, presque inimaginable, où quelques débiles profonds n'auraient TOUJOURS pas compris le sens général de son intervention, en remet une troisième couche: "Que le débat s'ouvre aujourd'hui, avant le vote, est une saine rupture par rapport à des pratiques d'opacité et de brouillage des cartes dont usent trop souvent les hommes politiques".
Ah ben ça, dites, c'est marrant, mais "rupture", j'ai l'impression que c'est un mot qu'on a déjà entendu y a pas très longtemps!
Mais où?
Touchez ma bosse, Monseigneur.

Après avoir joyeusement acclamé l'homme de la "rupture", Ed s'empresse, bien sûr, de préciser (encore) les termes du (nécessaire) débat que notre prochain président ose (enfin) relancer (avec ce beau courage qui souvent le caractérise): "Les disparités ont continué à s'amplifier entre, d'un côté, les salariés du privé et les fonctionnaires, et, de l'autre, les personnels des entreprises publiques".
Tiens, semble se dire l'éditorialiste du "Monde", salarié du privé inquiet pour sa retraite, et si on essayait, mine de rien, de monter les fonctionnaires contre les salariés des entreprises publiques?
Est-ce que ça n'aiderait pas ce bon monsieur Fillon et son charmant patron?

Et ça continue: "La question de l'égalité de traitement des Français est plus vive que jamais: départ à 60 ans, contre 55 à la SNCF (50 ans pour les conducteurs); 40 ans de cotisations (41 ans en 2012), contre 37,5 ans..."
Cette inégalité, déjà, c'est l'horreur, non?
Mais il y a pire: "En outre, ces régimes sont financièrement déséquilibrés, obligeant l'Etat et les régimes généraux à combler des trous qui se creusent rapidement"!
Tiens, semble se dire l'éditorialiste du "Monde", et si j'expliquais à monsieur Dupont que, pendant qu'il dort, un cheminot (hirsute) vient subrepticement lui piquer des pièces jaunes dans son porte-monnaie - imprudemment abandonné sur la table de la salle à manger?
Est-ce que le prochain président ne me serait pas redevable d'un fier coup de pouce?

Bon, je reconnais, Ed préconise, pour niquer les salariés des entreprises publiques, la "méthode" douce: "Une négociation sur les modalités" (de ce niquage) "doit s'engager dès l'élection" (de Nicolas Sarkozy).
Pourquoi cette mansuétude?
Pourquoi la négo, plutôt que le bâton?
"Pour que la France ne se retrouve pas bloquée par les grèves".
Prise en otage, comme sur le dessin de Jean Plantu.

Mais qu'importe au fond la méthode, pourvu qu'on ait l'ivresse: pour "Le Monde", l'important est "d'en finir avec ce qui constitue effectivement une "anomalie"".

Je ne doute pas que "Le Monde", pour nous aider à bien mesurer l'ampleur de cette "anomalie", publiera bientôt à la une le bulletin de salaire de, mettons, Jean Plantu. (Mais ça pourrait aussi bien être celui de Colombani).
Et à la page deux, la fiche de paie d'un cheminot bolchevique...

11/09/2006

"Nous Sommes Tous Américains": C'Est Rien De Le Dire

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Ayé.
On est le 11/9.
Ca fait presque cinq ans, à quelques heures près, que Jean-Marie Colombani, directeur du "Monde", nous a révélé: "Nous sommes tous américains".

Il paraît qu'au début, Colombani voulait plutôt écrire: "Ich bin ein New Yorker".
Il a soumis le truc à son moustachu, qui lui a répondu: "T'es sûr que t'es vraiment obligé de le dire en allemand?"
Colombani a crié: "Putain Edwy, quelle bonne idée! T'es un génie, Edwy! Je vais titrer ça: "Nous sommes tous des Américains allemands"!"
Edwy a trouvé que ça manquait derechef d'originalité: "Je te rappelle que nous avons déjà un plagiaire servile dans l'équipe, Jean-Marie", a-t-il ajouté.
C'est pour ça que Plenel s'est fait virer du "Monde", quelques années plus tard.
On peut dire beaucoup de choses de Jean-Marie Colombani. Mais pas qu'il n'a pas de mémoire.
Plenel est parti fâché, en gueulant, paraît-il: "J'm'en FOUS! J'aurai QUAND MEME la peau de Richard Nixon!"
N'importe quoi.

Bon, dites.
Je déconne, je déconne, mais je voulais quand même profiter de cette journée particulière pour vous faire découvrir un endroit peu connu: la FAF.
Acronyme de: French-American Foundation.
Vous allez voir, ça vaut le détour.
On apprend tout plein de choses, notamment sur la presse (qui ment).

Je précise tout de suite que rien de ce que je vais maintenant vous raconter n'est confidentiel.
J'ai trouvé tout ça, qui m'a bien fait marrer, sur le site de la FAF.
www.french-american.org
Je trouve juste que ça méritait d'être ici popularisé.

D'abord, un peu d'histoire.
La FAF a été fondée en 1976.
Sa création était le résultat de la réflexion de "plusieurs personnalités françaises et américaines, des milieux politiques, universitaires, de la presse et des affaires", désireuses de mettre sur pied "une structure franco-américaine qui soit un lieu de débat, d'échanges réguliers et de rapprochement des deux sociétés".

Si vous consultez la "liste des membres fondateurs", vous y trouverez un certain Jean-Louis Gergorin.
Comme dans l'affaire Clearstream.

Comme prévu, "depuis sa création", la FAF "oeuvre pour enrichir les relations franco-américaines et enrichir les relations entre les deux pays".
Pour ce faire, la FAF rassemble "des personnalités d'horizons différents, que ce soient des dirigeants d'entreprises, des responsables politiques, des leaders, ou d'autres professionnels français et américains afin qu'ils échangent leurs points de vue sur des questions de société".

Rien de très folichon, je vous le concède - je soupçonne que vous commencez à vous faire discrètement chier, mais réprimez je vous prie vos baillements, c'est MAINTENANT que nous basculons dans une dimension entièrement nouvelle, en découvrant que la FAF oeuvre aussi à développer "des liens entre les individus qui aient un effet d'une grande portée dans les deux pays".

Nous sommes donc en présence d'un lobby, qui s'assume comme tel - mais dont les adhérents sont, de mon point de vue, trop discrets.

Pour bien goûter ce qui va suivre, il faut savoir que la FAF a mis en place, en 1981, un programme spécifique, joliment appelé: "Young Leaders".
Que nous pourrions traduire par: "Jeunes Chefs".

Son objectif, touchant de modestie, "est de créer et d'entretenir un réseau informel d'hommes et de femmes appelés à occuper des postes clefs dans l'un ou l'autre pays".
En France, donc, et aux Etats-Unis.
"Une fois par an au moins, au printemps ou à l'automne, un séminaire de trois jours réunit", à cette fin, "soit en France, soit aux Etats-Unis, un groupe d'une trentaine d'invités réparti pour moitié entre Français et Américains. Chaque participant est invité deux fois de suite et chaque fois un ou plusieurs anciens se joignent au nouveau groupe".

Je vous prie de bien retenir ces différentes informations.
1) Les Young Leaders se voient eux-mêmes comme une élite, "appelée à occuper des postes clefs" en France et aux Etats-Unis.
2) Les Young Leaders sont "invités" par la FAF.
Je suppose que ça veut dire qu'ils ne paient pas leurs billets d'avion, quand ils partent au(x) séminaire(s).
Je suppose.
Mais peut-être que je me trompe.

Je vous prie de retenir aussi qu'il faut de la volonté, pour devenir un Young Leader.
Ca ne se fait pas comme ça, en claquant des doigts, genre, hi, boys, pouvez d'ores et déjà me compter au nombre des futurs maîtres du monde.
Il faut:
"-Avoir moins de 40 ans.
- Avoir une excellente maîtrise de la langue anglaise.
- Présenter un C.V. actualisé et au moins une lettre de soutien".

C'est comme dans la franc-maçonnerie: mieux vaut être parrainé.
Pour ceux qui ne sont pas "soutenus", je ne vois guère que l'atelier poterie de la mairie (parisienne) du 11ème, comme second choix.
Un endroit sympa, je n'en doute pas, mais très moyennement efficace, pour ce qui est de la formation d'une future élite néo-libérale.

La FAF apporte cette précision, qui va bientôt redoubler nos ricanements: "Ces lettres de soutien ont pour but de souligner pour le comité de sélection les qualités professionnelles d'exception du candidat. Elles peuvent émaner d'un ancien Young Leader ou de toute personne exerçant des fonctions prestigieuses aussi bien dans le milieu français qu'américain".

Là encore, merci de bien retenir chaque mot.

Nous savons désormais que les Young Leaders se voient comme une élite, ET qu'ils ont produit, pour être enfin reconnus à leur juste valeur, des "lettres de soutien" dans lesquelles de "prestigieux" parrains ont souligné leurs "exceptionnelles qualités professionnelles".

Voiiiilà.
Pardon pour ce préambule "un peu" long.
Et maintenant, étudions, ensemble, la liste des petits veinards qui ont été, côté français, admis, depuis 1981, au sein de cette si atlantiste et si crémeuse assemblée. (Côté yankee, je connais à peu près personne, à part Bill et Hillary C.)

Je reproduis en gros les noms qui me font marrer, mais chacun(e) est bien sûr libre de faire son propre Top 10.

On y trouve, par exemple, des politiciens - éventuellement retirés des affaires.
-Nicolas Dupont-Aignan (arrivé en 2001).
-FRANCOIS HOLLANDE (1996).
-Alain Juppé (1981).
-François Léotard (1981).
-ARNAUD MONTEBOURG (2000).
-PIERRE MOSCOVICI (1996).
-Valérie Pecresse (2002).
Et pas mal d'autres.

(Félicitations, Pimprenelle!
C'est pas ton nouveau porte-parole qui va te brouiller avec l'Oncle Sam!)

On y trouve, aussi, des industriels - et assimilés.
-Jean-Luc Allavéna, "directeur général adjoint du groupe Lagardère Médias" (2001).
-NICOLAS BAZIRE, "directeur général" du groupe Arnault (1998).
-FREDERIQUE BREDIN, "vice-président de la stratégie et du développement" chez Lagardère (1994).
-STEPHANE FOUKS, "P-DG d'EURO RSCG CORPORATE et d'EURO RSCG OMNIUM" (2001).
-JEAN-LOUIS GERGORIN, "executive Vice President Strategic Coordination" chez EADS (1994). (Le même que dans l'affaire CLearstream?)
-ANNE LAUVERGEON, "présidente du directoire" d'AREVA (1996).
-MARWAN LAHOUD, "Chief Executive Officer" chez MDBA Missile Systems (1999). (Le frère du Lahoud de l'affaire Clearstream?)
- ALAIN MINC, "président" d'AM Conseil (1981).
Et beaucoup d'autres.

On y trouve des éditeurs.
- MANUEL CARCASSONNE, "directeur littéraire" chez Grasset (2001).
- JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD, "directeur littéraire" au Seuil (1981).
- OLIVIER NORA, "président" de Grasset et Fasquelle (1995).
- GUY SORMAN, "président" des (célébrissimes) éditions Sorman (1982).

Et on y trouve.
Mais alors, par paquets de douze.
Plus nombreux que les politiques.
Presque aussi nombreux que les industriels.
Des?
Des?
Des journalistes (et assimilés).
Bravo.
C'est parti pour la liste.

- Emmanuel Chain (1999).
- Hedwige Chevrillon, "directrice adjointe de la rédaction" de "La Tribune" (1996).
- JEROME CLEMENT, "président" d'ARTE (1982).
- Annick Cojean, "grand reporter" au "Monde" (2000).

- JEAN-MARIE COLOMBANI, directeur du "Monde" (1983). (OUAIIIIIIIS!!!!)

- Matthieu Croissandeau, "rédacteur en chef adjoint" au "Nouvel Observateur" (2002).
- LOUIS DREYFUS, "Chief Executive Officer" à "Libération (2005).
- BERNARD GUETTA, "journaliste" à France-Inter (1981).
- Erik Izraelewicz, "rédacteur en chef, éditorialiste" aux "Echos" (1994).

- LAURENT JOFFRIN, du "Nouvel Observateur" (1994). (OUAIIIIIIS!!!)

- Sylvie Kauffmann, "journaliste" au "Monde" (1998).
- Yves de Kerdrel, "journaliste" aux "Echos" (2005).
- Laurence N'Kaoua, "journaliste" aux "Echos" (2004).
- DOMINIQUE NORA, "rédactrice en chef adjoint (sic)" au "Nouvel Observateur" (1994).
- CHRISTINE OCKRENT, de France 3 (1983).
- Pascal Riché, "Washington Bureau Chief", mwârf, de "Libération" (1999).
J'en oublie sûrement.

Je pourrais délirer des heures, sur tous ces braves gens.
Faire des recoupements par années, histoire de voir qui était avec qui.
Tel "journaliste" avec tel politique, etc.
Si je me laissais aller.

Mais là, tout de suite, et vu que j'ai déjà été long, j'ai que trois questions à poser.
Je vous laisse poser les vôtres.
Sur ce qui peut, au-delà d'un joli voyage transatlantique, réunir tous ces braves gens, par exemple.
Chuis sûr que vous y pourvoirez.

Mes questions sont pour les "journalistes" dont les noms précèdent. (Eventuellement aussi, pour le porte-parole de Pimprenelle, et pour l'époux d'icelle).

1. QUEL EFFET CA FAIT D'OCCUPER DES "POSTES CLEFS"?
2. QUEL EFFET CA FAIT DE SE LAISSER "INVITER" PAR LA FAF?
3. QUI SONT LES "PRESTIGIEUX" PARRAINS QUI ONT LOUE DANS VOS "LETTRES DE SOUTIEN" VOS "QUALITES PROFESSIONNELLES D'EXCEPTION"?

Il me semble, confusément, que leurs réponses pourraient nous rassurer sur l'état de la presse (et le cas échéant du "socialisme"), en France, en 2006.

10/09/2006

Il Serait Pas Un Peu Zinzin, François Bayrou?

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Non mais c'est vrai qu'il pousse un peu Bayrou.
L'autre jour, pendant l'université d'été de son parti, qu'est-ce qu'il fait?
Il met en doute l'indépendance des médias détenus par des grands groupes industriels.
Puis le voilà qui remet ça, chez Claire Chazal.
En direct.
Sur TF1.
"Il y a des puissances très importantes qui, en particulier, ont des intérêts dans les médias, et qui poussent à (un) choix tout fait (pour l'élection présidentielle de 2007): Nicolas Sarkozy d'un côté, Ségolène Royal de l'autre".
Dit Bayrou.

Enorme colère de Jean-Pierre Elkabbach, directeur d'Europe 1 (propriété du groupe Lagardère), connu pour chérir la mer.

De son côté, "Le Monde", qui est tout de même, d'après le directeur du "Monde", un "quotidien de référence", et qui appartient partiellement au groupe Lagardère, ne pouvait bien évidemment pas laisser passer un tel affront.
"Le Monde" a donc publié, hier soir (numéro daté d'aujourd'hui), un long papier signé par deux journalistes, Pascal Galinier et Philippe Ridet.

Ce papier a pour titre: ""Ségo-Sarko", complot médiatique?"
En découvrant ce titre, je me suis dit, à mon avis, la réponse est non.
A mon avis, quand un journaleux se demande à lui-même s'il ourdit un complot contre la démocratie, y a quand même de très fortes chances pour qu'il se réponde que non, pas du tout.
Alors quand deux journaleux se posent la question, pensez.
De fait, la réponse est non.
Mais Galinier et Ridet empruntent, pour la formuler, un long détour.

"Au-delà de la vieille thèse du "complot médiatique", recyclée par (François Bayrou), le débat sur la surexposition de certains candidats au détriment des autres est légitime".
Estiment-ils dans un premier temps.
Notez l'adresse éblouissante de ces deux mecs.
D'abord ils arrivent à faire dire à Bayrou ce que Bayrou n'a jamais dit.
Jamais, en effet, le patron de l'UDF n'a parlé, d'une façon ou d'une autre, de "complot médiatique".
Mais cette imputation, déjà utilisée dans le titre, permet de le ranger, sans avoir l'air d'y toucher, dans le tiroir des conspirationnistes, ou, si vous préférez, des grands paranoïaques.
François Bayrou, c'est Thierry Meyssan.
Autant vous dire qu'il n'est donc pas crédible une seconde.
Et pourtant.
Pourtant.
Dans leur immense bonté, deux journalistes du "Monde" vont accepter de débattre avec ce dément.
Ils vont accepter d'entrer dans "le débat sur la surexposition de certains candidats au détriment des autres".
Pour une simple et bonne raison: un tel débat est, disent-ils, "légitime".

Alors bien sûr, quand on regarde un peu le détail de ce qu'il a dit, on s'aperçoit que ce n'est pas exactement de ça que François Bayrou voulait débattre.
Si j'ai bien compris.
Lui, son truc, son idée, c'était plutôt de parler de la collusion entre les milieux industriel, politique et médiatique, dont la surexposition médiatique (bien réelle) de Nicolas et Pimprenelle n'est qu'un effet, parmi beaucoup d'autres.
Mais cette discussion-là, Galinier et Ridet l'escamotent, vite fait, bien fait.

Eux, ils veulent bien évoquer l'éventuelle surexposition de Ségo et Sarko, mais rien d'autre.
Comme je les comprends.
Imaginez la gueule de Lagardère, si "Le Monde" se mettait à détailler ses relations avec son "frère" (c'est lui qui le dit) Sarkozy!

Galinier-Ridet écrivent: "Un relevé minutieux des titres de "une" des journaux, au cours des six derniers mois, confirme la place occupée par les deux favoris des sondages".
Si vous n'êtes pas trop cons, vous aurez compris, après avoir lu ça, que si tous les candidats ne bénéficient pas du même traitement, c'est D'ABORD à cause des sondeurs.
Puis éventuellement à cause de la presse, qui a tout de même cette circonstance atténuante qu'elle ne fait que s'aligner sur les sondages. (Imaginez un peu que la presse ne s'aligne plus sur les sondages? Est-ce que ça ne ressemblerait pas d'assez près à quelque chose comme la fin du monde? Ou du "Monde", éventuellement?)

Mais surtout, après avoir lu ça, vous aurez compris que jusque là, François Bayrou a raison.
Certes, "Le Monde" ne retient, pour mieux occulter le débat de fond sur les connivences politico-médiatico-industrielles, qu'une petite partie des propos de Bayrou.
Mais le "relevé minutieux" de ses deux journalistes valide totalement cette petite partie des propos du candidat centriste. (Pour lequel, dois-je le préciser, je n'ai aucune sympathie particulière).
Ainsi, ""Le Monde", de début mars à aujourd'hui, a placé 32 fois le nom du président de l'UMP dans des titres de "une", et 13 fois celui de la candidate à l'investiture socialiste. Mais il est aussi le seul à avoir cité deux fois M. Bayrou". (Notez je vous prie ce "mais", de toute beauté).

Il y a donc, exactement comme le dit François Bayrou, un HALLUCINANT déséquilibre entre la place que la presse - notamment "Le Monde" - réserve au couple Royal-Sarkozy, et le minuscule espace qu'elle prête parfois au candidat de l'UDF. (Noter au passage l'autre déséquilibre, spécifique au "Monde", entre la place faite à Pimprenelle, et le rond de serviette de Sarko).
Bref, Bayrou a PARFAITEMENT raison, quand il affirme que les médias "poussent à (un) choix tout fait".
D'accord?
Ben non.
Nos deux journaleux du "Monde" ne sont pas DU TOUT d'accord avec ça.

Les statistiques, c'est vrai, sont accablantes.

Mais nos deux compères sortent, pour les démolir, un lapin de leur chapeau: "Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2".
Elle explique, sans réaliser l'énormité de son propos: "La grande leçon de 1995, c'est que le soutien des médias ne garantit pas une élection".
L'aveu est dans l'excuse, et inversement.
Aveu: Chabot reconnaît implicitement que les médias soutiennent "Ségo-Sarko".
Mais ça ne veut rien dire, puisque "le soutien des médias ne garantit pas une élection".

Arlette?
Chapeau.
Nous savons maintenant que le soutien des médias aux deux candidats du libéralisme est comme une partie de poker: le hasard y tient sa place.

Et ce n'est pas tout.

Après avoir si talentueusement réduit à rien le "relevé minutieux des titres de "une" des journaux" qui donnait si parfaitement raison à François Bayrou, Arlette Chabot flingue le patron de l'UDF: "Il a lancé ses accusations en direct sur... TF1, non? C'est pour le moins paradoxal..."
Paradoxal, je ne sais pas.
Je suis sûr, en revanche, qu'Arlette Chabot se fout du monde.
Parce que c'est d'abord et surtout devant les adhérents de son parti, comme elle le sait fort bien, que Bayrou s'est exprimé sur les collusions politico-médiatico-industrielles.
Mais sans doute Arlette Chabot l'aurait-elle jugé beaucoup plus crédible s'il avait parlé à Télé-Millevaches, ou à Planète Thalassa, plutôt qu'à TF1...
Plus crédible, et moins audible...

Nos journaleux du "Monde", eux, semblent en tout cas ravis de ce que leur a lâché Arlette.

Ils enchaînent: "En fait de complot, le leader centriste pourrait s'interroger sur sa stratégie de communication et sur celle de ses rivaux".
Ayé, les guillemets ont disparu: on a, tout d'un coup, REELLEMENT l'impression que François Bayrou a REELLEMENT déliré sur on ne sait trop quel complot médiatique.
Mais ce n'est toujours pas vrai.
Nous savons - nous venons de l'établir - qu'il a par contre parfaitement raison lorsqu'il dénonce la surexposition de "Ségo-Sarko": les statistiques la confirment, et la pathétique intervention d'Arlette Chabot ne change rien à cette inquiétante réalité.

Il importe donc, puisque c'est désormais le seul moyen de le discréditer, de confirmer, dans un premier temps, en oubliant quelques guillemets, que Bayrou est un malade conspirationniste.
D'où la formule: "En fait de complot".

Mais il y a plus.

Pour "Le Monde", si Bayrou apparaît (beaucoup) moins souvent que Royal et Sarkozy à la "une" du "Monde", c'est de sa faute à lui.
Comprendre que "Le Monde" n'y est pour rien.

C'est parce qu'il ne sait pas communiquer.

Alors que Sarko, si.

Nos deux journalistes de référence écrivent: "A cet égard, la "rentrée" de Nicolas Sarkozy, lors de l'université d'été de l'UMP, du 1 au 3 septembre, peut s'analyser comme un modèle de communication politique; sur le mode du "pot-au-feu": si le plat est copieux, on peut en accomoder les restes tous les jours suivants. Ouverte par une interview au "Figaro Magazine", le vendredi 1 septembre, la session s'est poursuivie par l'apparition du rappeur Doc Gyneco le samedi, et s'est close par le discours du futur candidat le dimanche, en présence de la moitié du gouvernement et de... Johnny Hallyday".

Stupéfiant aveu, en vérité, de ce qui motive les journalistes du "Monde": la "com".
Le degré zéro de la politique.

Bayrou est un gros nullard, qui n'avait que des considérations blessantes sur leurs liaisons dangereuses à fourguer aux médias, pendant que Sarko, lui, leur servait de la vieille paillette - juste de quoi les faire agenouiller à ses pieds, queue frétillante, langue pendante.

L'ultime argument du "Monde", toujours au sujet de la "com" de Bayrou, n'est pas moins navrant: alors que mardi "les quotidiens embrayaient sur la polémique autour de la carte scolaire, lancée aussi bien par Mme Royal que par M. Sarkozy", on n'a, sur ce sujet d'importance planétaire, "guère entendu" le patron de l'UDF.

Là encore l'aveu pointe sous la tartufferie: il suffit à Ségo et Sarko de lancer une vraie-fausse "polémique" autour d'un sujet à deux balles (sur lequel ils sont, au fond, assez d'accord) pour que les quotidiens "embrayent".

On ne saurait mieux dire la pauvreté crasse de la presse française, toujours prête à tomber, plutôt deux fois qu'une, dans tous les panneaux de la "com" politique.

On ne saurait mieux démontrer combien François Bayrou est dans le vrai, quand il dénonce les misérables - mais dangereuses - accointances de tout ce petit monde.

Beurk.

 
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