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02/10/2006

Carlos Ghosn N'Est Pas Seulement Très Beau: Il Est Aussi D'Une Intelligence A Couper Le Souffle, Et Force Est De Reconnaître Qu'Il Danse Le Tango Comme Un Dieu

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"Le Monde 2" a publié samedi (30 septembre 2006) une (très) longue "conversation" avec "le PDG de Renault et Nissan", Carlos Ghosn, "star du business mondial".

Il faut se rappeler, pour mieux prendre l'exacte mesure de ce gigantesque moment de journalisme, que "cet homme de 52 ans qui peaufine ses apparitions publiques mais parle rarement de lui" (sauf lorsqu'il s'agit de converser avec "Le Monde"):

1) A jadis "redressé en deux ans la marque japonaise Nissan donnée pour perdue", comme le rappelle fort justement "Le Monde", où l'on se pâme à la seule évocation de cette exceptionnelle performance.

2) A licencié, pour ce faire, 21.000 salariés - comme ne le rappelle pas "Le Monde", où l'on préfère présenter cette minuscule péripétie en ces termes: "(Carlos Ghosn) s'est forgé la réputation d'un patron à poigne, capable de remettre une entreprise en ordre de marche".

Le ton est donné: on devine que nulle incongruité ne viendra ternir la fine élégance d'une "conversation" dédiée, il est vrai, au "rapport personnel" de Carlos Ghosn "à la voiture: celles qu'il a conduites, celles qu'il préfère, et comment cela influe sur son travail" - et non au rapport personnel de Carlos Ghosn avec la discipline patronale connue sous le nom de lancer de salariés.

On pressent alors que la "conversation" va être une lècherie effroyable - et on n'est pas déçu.

Ghosn? "Parachuté en 1999 à la tête de Nissan, ce polytechnicien atypique, qui se décrit comme un citoyen du monde, a relancé les ventes et la créativité de cette marque japonaise qui avait une roue dans la tombe".
(Je rappelle que dans la vraie vie, "créativité" se dit: 21.000 licenciements.)

Atypique, mondialisé, créatif, Ghosn est aussi l'Homme, avec un grand "H", qui murmure à l'oreille des Yankees: "(Il) a pris tout le monde à contre-pied au début de l'été en se déclarant prêt à envisager une extension de l'alliance Renault-Nissan au géant américain General Motors, numéro un mondial de l'automobile, en proie à une crise profonde et récurrente" (et à des licenciements dont "Le Monde", encore une fois, ne touche mot.)

Ah ben tiens, vous demanderez-vous, mais comment il a fait, ce diable de Carlos Ghosn, pour s'asseoir à la table des grands lanceurs de salariés de l'automobile?
Hein?
Comment il a fait?

"Le Monde" nous livre la réponse: Carlos Ghosn, c'est là son génie, n'a pas "fait".
Carlos Ghosn, explique "Le Monde", s'est contenté d'être Carlos Ghosn: "Si Renault-Nissan, qui n'est pourtant que le quatrième constructeur mondial, apparaît au centre du Monopoly des marques, c'est évidemment à cause de la personnalité de son patron".

Nous sommes donc en présence d'une "star du business mondial" atypique, mondialisée, créative, inventive, et dont - pour toutes ces raisons - la seule (brillantissime) personnalité a séduit les durs à cuire de General Motors: excusez du peu.

"Pour autant", poursuit le journal de révérence, "le plus médiatique des patrons de l'automobile n'est pas seulement un meneur d'hommes et un inflexible "cost killer" (réducteur de coûts)".

Non, madame.

Carlos Ghosn, mais vous l'aviez deviné, n'est pas seulement ce gars qui a si courageusement licencié, comme "Le Monde" oublie (décidément) de le rappeler, 21.000 salariés - sévère mais juste loi du marché oblige.

"Carlos Ghosn apparaît aussi comme un amoureux des voitures".

Un peu drastique parfois (mais créatif) avec le petit personnel, doux avec les bagnoles, notre "polytechnicien atypique" a, comme tous les véritables "cost killers" (réducteurs de coûts), son jardin secret - plantés de bielles et de pistons: "Le dirigeant de Renault-Nissan a la passion de la mécanique chevillée au corps, et s'il met un point d'honneur à se mettre au volant des voitures de la concurrence, c'est autant par curiosité personnelle que par conscience professionnelle, un trait de personnalité qui n'est pas forcément associé aux dirigeants des grands groupes automobiles qui, en général, ne conduisent guère que les modèles qu'ils fabriquent (...) Sa culture automobile (...) est autant européenne qu'américaine ou japonaise".

Curieux de tout donc, ouvert sur le (vaste) monde (citoyenneté oblige), notre Homme fait aussi preuve, et cela nous change agréablement des nationalistes étroits de chez Peugeot, d'une stupéfiante "conscience professionnelle"...

Il dispose également, cela doit aussi être mentionné, d'une confortable garde-robe: il a donc pu, après sa "conversation" avec "Le Monde", changer son pantalon, dont le fond était luisant de salive.

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