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10/10/2006

Le "Directeur Délégué De L'Information" Ne Nous Prendrait Pas, Des Fois, Pour Des Grosses Buses?

medium_France-Mureaux-CRS-5novembre2005-2.jpg

"Libération" a publié hier, dans ses pages "Rebonds", une contribution d'Hervé Brusini, "directeur délégué de l'information à France 3". (Excusez du peu.)

Surtitre: "Exposer les conditions de production des images comme aux Mureaux est indissociable de l'information elle-même".

Titre: "Le contrechamp du reporter".

Après l'avoir lue, je me pose très sérieusement la question.

Est-ce que le directeur délégué de l'information à France 3 nous prendrait par hasard pour des grosses busasses?

Il écrit d'abord: "Des Tarterêts aux Mureaux, il y avait juste une image en plus: celle des cameramen. La solitude des HLM de l'aube, avec silhouettes policières et indigènes, devenait cette fois toute relative. A Corbeil-Essonnes, les commentaires avaient certes précisé la dimension médiatique des interpellations mais là, les journalistes étaient visibles. Le téléspectateur découvrait donc aussi, "en temps réel" un aspect de la fabrication de l'actualité, une partie des coulisses de l'atelier info. Oui, nous avions été prévenus; oui, nous étions présents en nombre sur le terrain. Et chacun d'avoir eu ainsi à sa disposition de quoi apprécier l'événement dans toutes ses dimensions: sécuritaire, politique, médiatique..."

Glissons, gentiment, sur "la solitude des HLM de l'aube" (où manque tout de même, c'est vrai, l'odeur du napalm au fond des bois), avec ses fonctionnaires de police et ses "indigènes": l'essentiel du message brusiniste n'est pas là.

Ce que nous dit surtout le directeur délégué de l'information, c'est qu'en découvrant l'autre jour des journalistes en train de filmer des journalistes en train de filmer des policiers, le téléspectateur a subitement compris comment se "fabriquait (sic) l'actualité".

Pendant un demi-siècle, la "dimension médiatique" de l'"événement" lui avait complètement échappé.

Ce n'est que la semaine dernière (nous dit Brusini) que le téléspectateur a découvert, grâce à de bien jolies nimages, l'existence des journalistes - et plus spécifiquement des "cameramen".

Stupéfaction! ("Putaiiiiiiin, chériiiii(e), viens viiiiiite, je te juuuuure que tu vas pas l'croire! Tu vois ces gens, avec des caméras? Là, là, là, et là, et là? Et là, juste derrière le CRS? Ben accroche-toi: quand on voit des flics au JT, BEN C'EST EUX QUI LES FILMENT! NAN MAIS TU T'RENDS COMPTE, CHERI(E)?")

Pour Brusini, cette révélation (après moulte décennie d'obscurantisme) constitue, cela va de soi, un progrès: "Car l'exposé des conditions de production des images est indissociable de l'information elle-même", estime-t-il.

On lit ça, on se dit, enfin, on va ENFIN apprendre, et de la bouche même d'un directeur délégué de l'information, comment l'info se "fabrique"!

Brusini va briser un tabou! (Comme dans "Le Point"!)

Là, tout de suite, Brusini va nous "exposer" les "conditions de production" de l'info dont il nous abreuve, jour après jour!

Brusini va ENFIN nous dire POURQUOI (et comment) les journalistes se transforment régulièrement en klaxons du ministre de la police!

Brusini va ENFIN nous dire POURQUOI nos journaleux se réveillent à trois heures du mat' pour aller, aux Mureaux, (nous) servir la soupe sécuritaire de Sarkozy!

Brusini va TOUT nous dire! Qui prévient les journaleux! Qui les convoque! Où! Quand! Comment!

Brusini va nous dire POURQUOI ils accourent, dès qu'on les siffle!

BRAVO, BRUSINI! (Clapclapclapclapclapclapclap!)

Et puis non.

Rien.

Mais RIEN!

Juste après avoir avoir souligné l'absolue nécessité d'un "exposé", Brusini, au lieu de nous faire cet exposé, balance une rafale de considérations d'une affligeante banalité, mille et mille fois lues déjà, sur la "petite Colombienne engloutie sous la boue en 1985" ou sur "la guerre du Golfe", qui a porté un si rude coup à la crédibilité des journalistes...

Et c'est tout.

A la fin de cette énumération mille fois rebattue (qui lui permet de rappeler au passage que le Journaliste, lorsqu'il erre, a au moins le courage de le reconnaître), Hervé Brusini, à bout de souffle, répète ce qu'il a déjà écrit au début de son "Rebond", en soulignant "l'exigence démocratique d'avoir, avec le reportage, les modalités de sa réalisation".

Non mais sérieusement, pense-t-on alors en se frottant les yeux, est-il possible que ce mec ait filé à "Libé" un papier sur le nécessaire "exposé des conditions de production" de l'information, mais dans lequel on ne trouve pas le moindre mot exposant lesdites conditions?

Réponse: oui.

C'est possible.

C'est même exactement ce que fait Brusini - qui pour finir conclut, taquin: "Dans l'information sur l'information se joue la valeur ajoutée du journalisme. Cela peut ne prendre que 15 secondes. Le temps du contrechamp sur le reporter".

Vous avez compris?

N'espérez surtout pas que les "fabriquants d'actualité(s)" vous révèlent quoi que ce soit de ce qui se passe dans leurs "ateliers info(s)": trop de transparence tuerait à coup sûr la transparence.

La prochaine fois qu'ils tourneront, dans "la solitude des HLM de l'aube", un spot publicitaire sarkozyste, vous pouvez être sûr(e)s qu'ils se filmeront en train de filmer, pendant une quinzaine de secondes.

Histoire de pouvoir, le cas échéant, nous balancer une grande leçon d'éthique, du genre: "On ne vous cache décidément rien!"

Commentaires

Moi y en a être un indigène élevé dans les blèmes HLM.

Et je me souviens que Mr Brusini, alors Directeur de l'Information et grand spécialiste de l'Investigation avait présenté ses excuses pour un reportage accusant très injustement un bagagiste de Roissy:

"Le degré zéro du journalisme" c'est ainsi que la représentante du parquet avait qualifié le reportage diffusé en janvier 2003 sur le " bagagiste de Roissy".

Semblerait que Mr Brusini n'ait pas beaucoup progressé en 3 ans à moins qu'au contraire il ait fait des progrès en matière publicitaire:
Spot plus courts, plus percutants, du presque live.
Avec l'experience des guerres du golfe qui doit bien être utile maintenant que ses journalistes sont embedded chez les CRS.

Écrit par : richard ... | 10/10/2006

Ben tiens j'vais aller en ouacances aux Mureaux, ce sera bien pour mon footing, je verrais ma progression en live. avec mes chaussures NIke et lunettes à écrans vidéo intégrés!
Une pleine semaine a Cachan, Tarterets, Les Mureaux, Nanterre,

Écrit par : martingrall | 10/10/2006

Ben je viens de prendre mon billet de train, j'vais pas faire crâmer ma tire! dès demain Mureaux, je veux voir les journalistes de terrain ? Ha si!

Écrit par : martingrall | 10/10/2006

Affligeant en effet ! Ras le bol de ces médias nullissimes.

Signez et diffusez la pétition pour une information plurielle, que le Vrai Débat a reprise sur son site. Un seul mail à infopetition@gmail.com suffit pour signer.

Patrick
le site : www.levraidebat.com

Écrit par : Patrick | 10/10/2006

Sur un point en particulier:
en ce moment, pour justifier de grosses conenries, on nous rebat les oreilles avec "l'exigence démocratique"
Tout ce qui ne fait pas l'unanimité est justifié par les journalistes ou les politiques comme une "exigence démocratique"
Où est la démocratie là-dedans ???!!!

Qui a décidé, par le biais de consultation massive, que c'était ce que les téléspectateurs, les électeurs, voulaient ?

La démocratie comme prétexte de tout, n'est pas l'apanage des USA, elle devient une bonne raison pour tout faire, tout dire.
Et ça, c'est dégueulasse.

La démocratie est la gestion des affaires par le peuple. Et malheureusement, le peuple, on lui demande plutôt de la fermer depuis quelques temps.

Qu'est-ce que la démocratie a à voir là-dedans enfin ?
Si Brusini veut justifier que ses équipes nous livrent "les modalités de la réalisation", c'est une exigence éthique, déontologique, mais certainement pas démocratique.
Ces mots DEMOCRATIE et/ou DEMOCRATIQUE sont utilisés à tort et à travers, et vont finir par être galvaudés.

Mais j'admets que peut-être que je comprends mal, et du coup si quelqu'un peut m'expliquer, je suis preneur

Écrit par : GeoTrouvetout | 10/10/2006

@ GeoTrouvetout
Absolument d'accord.
Applaudissement très sincère: clapclapclapclapclap!!!
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 10/10/2006

j'voie pas ou est le probléme la... Libé à sortie ses danseuse pour nous apprendre a reflechir dans le bon sens journalistique d'aujourd'hui... tout cela est si simple... mais que fait la police!!!

Écrit par : max | 10/10/2006

Grâce au courageux travail de quelques journalistes opiniâtres, les Français se sont familiarisés avec l’image du policier. Le maillage du territoire par les media nationaux n’est cependant pas complet, et l’action des Gardiens de la Paix est encore trop peu exposée à l’admiration du public. Leur impresario a un rêve, et vous pouvez l’aider à le réaliser.

C’était un meuble parfois un peu encombrant au milieu du carrefour, qu’on ne regardait plus vraiment. Tout au plus prenait-on garde à ne pas l’écraser. Oubliée l’adoration dont la veuve et l’orphelin le couvraient au temps jadis, envolé avec la moustache le prestige inhérent à son statut de garant de l’ordre public. Le policier a connu une longue traversée du désert, sans même pouvoir prétendre au soutien affectif dont bénéficiait son cousin barbu, le légionnaire.

L’homme en bleu est pourtant aujourd’hui en train d’accéder au rang d’objet culte. Grâce à quelques journalistes intègres qui ont accepté de remettre en question leurs idées reçues, il figure dans des installations vidéo massives, simultanément diffusées dans des millions de foyers. Le flic fait le comeback médiatique que personne n’attendait plus. Ce miracle warholien a un nom : Nicolas Sarkozy.

Communicant né, le ministre de l’Intérieur était taillé pour faire le lien entre des hommes traités comme des parias et les poètes de l’image : les Mureaux et les Tarterêts n’étaient que l’énième (et avant-énième) représentation d’un show rodé depuis plusieurs années. Accrochée à des clichés nauséabonds, la population française se complaisait dans l’attitude de l’autruche jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy et des cameramen héroïques lui montrent que la police travaille s’active vachement.

Leur effort acharné est parvenu à réhabiliter la figure du policier en tant qu’autorité quasi divine - l’adage populaire ne dit-il pas « Police partout, etc. » ?
Ce statut n’est toutefois pas suffisant pour l’impresario : chacun des figurants de sa troupe doit devenir une star, une entité concrète plutôt que symbolique.

Les journalistes sont en effet trop peu nombreux pour accompagner tous les policiers dans leurs actions quotidiennes.
Or les nouvelles technologies ont favorisé ces dernières années l’émergence du journalisme citoyen : blogs et appareils de photo mobiles permettent à tout un chacun de dire sa vérité et d’être présent sur le terrain. Aujourd’hui, tous peuvent participer à la révolution policière en soulageant les pauvres journalistes surmenés par tant de nuits trop courtes (parce que pour arriver aux Mureaux à 7h30 un jour de grève de la RATP, faut se lever tôt, croyez-le bien).
Un téléphone mégapixel, un camescope numérique, un accès internet... autant d’outils qui permettent au citoyen de se faire auxiliaire de journalisme.

Il suffit pour cela de faire sienne l’éthique intransigeante du journaliste (c’est moins difficile que ça n’en a l’air) et de témoigner pour que tous sachent, que jamais la chape du silence n’oblitère la dignité de ces hommes transcendés par un emploi qu’ils portent en uniforme.
Toute occasion est bonne à donner à voir à nos compatriotes, et chaque contrôle d’identité, chaque interpellation de petit malfrat, épisode de la lutte contre le fléau de la drogue doit survivre en images pour être diffusé. Filmez, filmez, filmez ! Les Français doivent savoir.

Ce ne sera que lorsque chaque policier sera suivi par son propre journaliste, fût-il citoyen, que le rêve de M. Sarkozy sera réalisé. Chaque témoignage poussera le policier de l’imaginaire collectif vers l’imaginaire individuel en lui donnant un visage, même flouté. Quand sa puissance et son efficacité omniprésence seront universellement mises en valeur, et seulement à ce moment-là, la police sera l’amie de tous.

Une amie proche, l’amie qui sait tout de nous, celle qui au plus noir de la nuit nous posera une main virile et gantée sur l’épaule pour nous dire quoi faire.
Aidez Sarkozy, soulagez les journalistes, soyez citoyen : filmez un flic.

Écrit par : jeanmarc | 10/10/2006

"Parmi les mythes qui servent à faire fantasmer notre société, celui de la liberté de la presse mérite de retenir particulièrement l'attention. (...) Les journalistes se proclament indépendants de tout pouvoir; tout juste admettent-ils qu'ici ou là se produit momentanément une pression indésirable pouvant entraîner une "dérive" ponctuelle, ou une "défaillance" accidentelle, mais ils se tiennent pour protégés de toute contrainte aliénante par leur déontologie et leur clause de conscience.

Cette vision rassurante du métier est malheureusement démentie chaque jour par ce qui se passe à l'intérieur des rédactions, où la concurrence et le "scoopisme" déchaînés ont ringardisé toute déontologie. Pourtant ceux-là mêmes qui ont fait carrière en servant la soupe aux puissants protestent à grands cris de leur entière liberté et ils sont sincéres. Ils ne se sentent pas asservis parce qu'ils ignorent les mécanismes de sujétion qu'ils ont intériorisés.

Le journalisme est dans l'ensemble, et malgré des exceptions brillantes, l'un des secteurs où la magie sociale à le moins de mal à transformer le plomb en or et un individu de médiocre envergure en une "star"."

Alain Accardo,"Casseurs de Pub", Dossier 2005.
http://www.casseursdepub.net/

Écrit par : Anièry | 10/10/2006

@ max
J'ai fait un tri dans tes envois!
;-)

@ jeanmarc
:-))))))))))))

@ Anièry
Décidément vous lâchez ici des références qui me conviennent!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 10/10/2006

Moi aussi j’ai lu hier ce texte de HB.
Effectivement, au final, rien. Tout baigne.
Mais à quoi fallait-il s’attendre de la part de cet d’individu ? A propos, comment est-il devenu chef le Brusini ? La servilité, ça paye.
Je vous signale aussi le médiateur, le type à nœud papillon. Pas mal aussi dans le genre faux-cul.

Écrit par : Ajamais | 10/10/2006

Salut Sébastien,
Je suis sur que tu auras des questions à poser à Mr Brucker.

Colonisation : remords ou mémoire ?
Débat en direct avec Pascal Bruckner, philosophe, mardi 10 octobre 2006 à 16 heures.
Un rendez-vous Télérama, en partenariat avec Le Monde.fr.

http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46- href="mailto:0@2">0@2-3226,55-819963,0.html

Écrit par : Richard ... | 10/10/2006

Ca rejoint le sujet d'hier. Fabrication de l'information et, comme pour toute fabrication, secrets de fabrication. Là aussi, à partir de l'instant où l'information est un produit (et pourrait-elle, essentiellement, autre chose?), la même logique de rentabilité s'impose, une logique qui n'a plus grand chose à voir avec celle de vérité de l'information et même qui s'y oppose.
Là aussi les responsabilités sont partagées. Le "directeur délégué de l'information" a celle de produire ce qu'il produit. Là aussi, il est dans sa logique, il ne me semble pas qu'on puisse attendre autre chose de lui que ce que la fabrication d'un produit qui n'est calibré qu'en vue d'une audience maximum. Les télespectateurs ont celle de regarder ce qu'il produit, là on pourrait attendre autre chose d'eux. Leur logique à eux n'est pas censé être une logique de consommation. Pourtant il semble bien que ce soit le cas. Les meilleures audiences ou les meilleures ventent ne correspondent pas aux meilleures informations. La logique de la fabrication de l'information part de là et l'amplifie. À moins qu'elle n'en soit la cause? Je ne sais...

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

Bonjour Mathieu,

Je ne crois pas que le problème soit lié à une logique purement commerciale:
Au contraire, si le DDI voulait vraiment faire de l'audience et générer du cash, il enqueterait et fournirait vraiment de l'information au lieu de faire de la communication à savoir digérer les dossiers qui lui sont fournis par Beauvau et autres. Le coup de com' des Tarterets, en terme d'audience cela ne fonctionne qu'une fois. Le public n'est pas dupe, j'en suis persuadé.

La dessus se greffe la logique actionnariale n'est pas interessée par la bonne santé du média en question et le service fourni au public mais par la bienveillance envers le pouvoir.
Le résultat est que le public se tourne de plus en plus vers internet pour ce qui est de s'informer (dépèche AFP de ce matin que je retrouve pas).

Écrit par : Richard ... | 10/10/2006

Mais pourquoi dis-tu que s'il voulait vraiment faire de l'audience et générer de l'argent il enquêterait et fournirait vraiment de l'information? Manifestement les deux ne vont pas de pair. Quels sont les journaux, télévisé ou papiers, ayant la plus forte audiance/vente? Est-ce, en terme de qualité de l'information les meilleurs? On parlait de Politis ici. Je ne l'ai jamais lu. On s'accorde à dire ici que c'est un très bon journal. Et pourtant il est menacé de disparaître.

Je ne vois pas une différence fondamentale entre la logique commerciale et la logique actionnariale en fait. Elles s'accordent et sont en fait une seule et même logique. La logique commerciale consiste à produire un produit dont la vente ou l'audience est maximale, la logique actionnariale également. Même la bienveillance envers le pouvoir dont tu parle n'est qu'un moyen pour cette fin là, elle change en fonction du pouvoir parce que ce n'est pas son véritable objectif.

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

Excuse moi j'ai oublié, bonjour Richard :)

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

D'ailleurs c'est assez amusant que le Directeur Délégué de l'Information parle de "valeur ajoutée" à propos de l'information, en croyant ainsi défendre ou en voulant donner à entendre qu'il se pose en défenseur de l'idée d'une information de qualité dont la logique se distinguerait de l'information en tant que produit. Parce qu'il n'a pas l'air de se rendre compte qu'on ne parle de "valeur ajoutée" qu'à propos, justement, d'un produit, et que le terme même "valeur ajoutée" rentre totalement dans une logique de production pure et simple.

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

Regarde la logique actionnariale du Canard Enchainé ou bien encore celui de Marianne.
Le but des actionnaires du Canard est bien le maintien d'une independance éditoriale totale et celle-ci passe par des ventes conséquentes mais aussi par une absence de publicité.

Un actionnaire dont la logique actionnariale aurait éte uniquement le profit immédiat et maximal aurait depuis bien longtemps truffé ce journal de pub et pour cela serait passé à la quadichromie, au site web en passant par les publi-reportage. Et aurait abandonné en cours de route toute velleité d'informer pour passer à une logique de communication.

Je t'accorde que la diffèrence ne saute pas toujours aux yeux:
Mais en effet quand on regarde le service public malgré son actionnaire très diffèrent en nature de celui de TF1 ou M6, les objectifs fixés et le resultat reste identiques. Et cela ne pousse pas TF1 à faire autre chose, faute de concurrence réelle.

Écrit par : Richard ... | 10/10/2006

Le Canard enchaîné est un très bon contre-exemple d'une logique qui n'est pas entièrement subordonnée au profit puisqu'en effet la publicité en rapporterait. Mais il me semble aussi par là-même montrer l'inéluctabilité de la logique capitaliste. Je serais en effet étonné qu'il ne se fasse pas racheter par un groupe de presse (si ce n'est pas déjà le cas, je ne sais?) ou bien qu'il disparaisse. C'est l'alternive inévitable. Je veux dire que même une entreprise qui ne va pas jusqu'au bout de la logique ne peut pour autant sortir de cette logique, ce qui la voue, à plus ou moins long terme, à se faire racheter par un groupe qui va jusqu'au bout de la logique.

Le capitalisme a sa logique propre qui détermine a priori son évolution temporelle. À la limite on pourrait dire que tout était déjà dans la prémisse de la libre concurrence. Tout ce qui s'en est suivi et s'en suivra y était déjà en un sens. Celle-ci devait nécessairement aboutir à la concentration en cours à laquelle nous sommes en train d'assister et à ses corrolaires (suivisme, uniformisation, etc.) Même le développement d'internet et les bouleversements qu'il est en train d'introduire et va continuer de provoquer dans le secteur de l'information n'est qu'une simple conséquence au fond. C'est d'ailleurs pourquoi on adresse souvent, à juste titre, à la presse de ne pas l'avoir assez anticipé.

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

@ Mathieu

Anti-capitaliste primaire, va ... :- )))))

Écrit par : Richard ... | 10/10/2006

Mathieu parlant du Canard : "Je serais en effet étonné qu'il ne se fasse pas racheter par un groupe de presse (si ce n'est pas déjà le cas, je ne sais?) ou bien qu'il disparaisse."

Pour dire cela, soit vous ne connaissez pas les statuts du Canard Enchaîné organisant sa maîtrise par ses journalistes-propriétaires, et ne lisez pas le rapport financier positif qu'il publie chaque année, soit vous avez des infos inconnues de moi à ce jour.

Si j'ajoute que le Canard coûte moins cher à fabriquer qu'un autre périodique (personnel, frais de mission où de séjour à l'étranger réduits), est-ce que je me trompe ?

Écrit par : Kid Palmer | 10/10/2006

merci mr Fontenelle!! vive le feu et vive les Beruriers!!! je vous conseil leur derniers cd-dvd: l'opéra des loups!! et encore merci mr Fontenelle!!

Écrit par : Max | 10/10/2006

Richard :-))

@Kid Palmer
Non en effet je ne connais pas du tout les statuts, ni ses propriétaires, comme je le disais. Je voulais juste dire que je serais surpris qu'il, et ils, soient épargnés à plus ou moins long terme par la vague de concentration actuelle, parce qu'elle a des raisons de fond qui dépasse et englobe tout journal particulier. Mais je peux me tromper bien sûr.

Écrit par : Mathieu | 10/10/2006

Il est beau ton bilan Sarko...

PARIS (AFP) - Le nombre d'agressions perpétrées contre des usagers des transports publics urbains (hors RATP et SNCF) a augmenté de 8,9% en 2005, tandis que celui des agressions contre le personnel a crû de 3,2%, selon un rapport de l'Union des transports publics (UTP) rendu public mardi.

Après avoir diminué en 2004, le nombre d'agressions de voyageurs signalées aux entreprises de transport a atteint 2.746, en hausse de 8,9%, "soit en moyenne 1,4 agression pour un million de voyages", précise l'UTP.

Les agressions signalées ont surtout augmenté dans les entreprises des petites agglomérations (+25,8%) et des grandes agglomérations (+9,9%), tandis qu'elles ont reculé de 0,6% dans les villes moyennes.

Pour cette enquête, le syndicat professionnel a interrogé "116 entreprises de transport urbain (bus, tramway, val, etc.) représentant 95,1% de l'effectif de la profession, hors RATP et SNCF".

En ce qui concerne leur personnel, le rapport note une hausse de 3,2% en 2005 du nombre des agressions, suivies ou non d'un arrêt de travail. Les agressions représentent près d'un tiers des accidents du travail dans ce secteur professionnel, précise l'UTP.

Écrit par : Mat | 10/10/2006

Prochain billet à 00.05.
N'nuit, tou(te)s!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 10/10/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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