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16/10/2006

Racaille Storm - 2

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Donc, des policiers d'une BAC seraient, si je comprends bien, tombés dans un "guet-apens", avant-hier, à Epinay-sur-Seine.

J'écris "seraient", au conditionnel, parce que le coup du "piège", on nous l'a déjà fait il y a une dizaine de jours (quand je dis "on" je parle bien sûr de Ronald N. Sarkozy), alors que finalement, non, c'était pas un guet-apens. (Ca ne fait jamais qu'un bobard de plus).

Mais je suis bien conscient que le conditionnel n'est pas non plus obligatoire, quand il s'agit des banlieues.

"Le Nouvel Obs"(.com), par exemple, s'affranchit volontiers des règles de prudence les plus élémentaires, lorsqu'il annonce tranquillement, comme hier: "Un an après les émeutes de banlieue, les policiers se disent "sur le fil du rasoir" et risquent leur vie en permanence face à des agressions préméditées".

Où "Le Nouvel Obs" a-t-il pêché les informations, nécessairement recoupées, qui l'autorisent à se montrer si péremptoire, si catégorique?

Où "Le Nouvel Obs" a-t-il entendu que "les policiers risquent leur vie en permanence" dans les banlieues françaises, un peu comme les fantassins de l'oncle Sam dans celles de Bagdad?

La réponse, navrante, se trouve dans le corps même du papier du "Nouvel Obs", où l'on découvre que, "pour Loïc Lecouplier, du syndicat Alliance, les policiers sont "sur le fil du rasoir" et risquent leur vie en permanence".

Résumons: "Le Nouvel Obs", en guise d'introduction à un papier (encore un) sur les banlieues, reprend à son compte l'idée, formulée par des policiers, que des policiers "risquent leur vie en permanence".

"Le Nouvel Obs" fait donc ici le choix d'une soumission inconditionnelle, et probablement reposante, à la (seule) "vérité" de la police - et tant pis si, dans les faits, rien ne vient encore l'étayer, puisqu'à chaque fois, jusqu'à présent, que le ministre (et ses troupes) ont dénoncé des "embuscades", les faits sont venus démentir cette "vérité".

"Le Nouvel Obs", tout à sa dévotion, ne se prive d'ailleurs pas d'en rajouter avec une autre citation, qui élève encore le débat: ""Cette affaire met en lumière que nous n'avons pas à faire à des jeunes qui réclament davantage de social mais à des individus qui déclarent la guerre à la République", a estimé Action police dans un communiqué".

Un peu d'attention, je vous prie: nous sommes là sur le terrain de la droite réactionnaire, qui ne cesse depuis un an (au moins), depuis la révolte des banlieues de novembre 2005, de nous délivrer, sur tous les tons, un message d'une touchante simplicité: "Le sociologue, voilà l'ennemi".

Le sociologue: "Celui qui explique par le social. Ou celui qui interprète la délinquance comme une "contre-violence sociale"(1).

Le sociologue: l'horreur, pour les matamores qui ont patiemment construit leur image, à grands coups de provocations à deux balles (de "racaille" en "Kärcher"), sur le tout-répressif, et qui, pour mieux se (et nous) donner l'illusion de jouer dans la cour des grands, font dans nos banlieues du bushisme au petit pied - voir l'opération "Racaille Storm" et ses journaleux embedded...

Or.

Les sociologues, justement, et plus généralement tous ceux qui font métier de penser vraiment (ailleurs que dans les colonnes du "Figaro"), portent sur les banlieues (et sur le monde en général) un regard "un peu" différent de celui de la police (et de son ministre-candidat).

Ils nous disent que dans ces faubourgs, "c'est le harcèlement policier, les bavures constantes, le tutoiement systématique, bref l'humiliation et l'absence de reconnaissance qui constituent l'essentiel des doléances"(2).

Ils nous disent (et c'est un peu long, mais ça doit être lu): "Dans les discours médiatiques et politiques, il ne manque pas de commentateurs pour se réclamer tous les jours de la "réalité du terrain". Or, dans la plupart des cas, cette invocation du terrain n'est qu'une figure de rhétorique, un argument d'autorité pour appuyer des discours fondés sur d'autres logiques. Une des illustrations les plus flagrantes de ce fait est le discours consistant à décrire les "quartiers sensibles" comme des "zones de non-droit" dans lesquelles la police "ne pourrait plus travailler" et qu'il s'agirait de "reconquérir". Ce discours, tenu depuis une quinzaine d'années par une partie de la hiérarchie policière et repris en choeur par la quasi-totalité des journalistes et des hommes politiques, ne correspond pas du tout à la vie quotidienne de ces quartiers. En réalité, la police est au contraire omniprésente dans ces quartiers: elle y intervient tous les jours et jusqu'à une dizaine de fois par jour. Elle y intervient selon tous les registres de l'action policière répressive: du simple contrôle d'identité jusqu'à l'opération de maintien de l'ordre massive en représailles à des violences juvéniles, en passant par les opérations de police judiciaire (...) Elle n'y fait par contre aucun travail préventif et de dialogue. De surcroît, ses modes d'intervention sont enfermés dans un rapport conflicutel avec les jeunes occupant l'espace public (adolescents et jeunes adultes, généralement issus de l'immigration), enfermés dans une violence autant symbolique que physique qui suinte en permanence dans les contrôles d'identité et les fouilles à corps quotidiens, et qui éclate parfois au grand jour lorsque l'interaction dégénère, que les hommes "perdent leur sang-froid" d'un côté ou de l'autre, et que le cercle vicieux de la vengeance s'enclenche"(3).

On aimerait, juste, dans un souci, disons, d'équité, puisqu'il est question d'élucider le pourquoi et le comment d'éventuels traquenards, que la presse rapporte ces points de vue, certes moyennement sarkozystes, avec le même zèle (et souvent la même complaisance) qu'elle met à klaxonner les commentaires des syndicats de policiers.




(1) "Comment peut-on être (vraiment) républicain", par Denis Sieffert, La Découverte, 2006.
(2) "La Révolte des banlieues ou les habits nus de la République", par Yann Moulier Boutang, Amsterdam, 2006.
(3) "Il faut changer la façon de "faire la police" dans les "quartiers sensibles"", par Laurent Mucchielli, in "Banlieues, lendemains de révolte", La Dispute, 2006.

Commentaires

Tout ce que vous racontez est à mourir de rire. c'est certes pas trop mal écris pour un blog, mais vos conclusions de 'sociologue' communiste prends tres vite le pas sur la réalité. J'attends avec impatience que vous alliez déménager dans une des cités que vous avez l'air de bien connaître de loin.

Enfin passons, vive la liberté d'expression même si c'est pour dire des conneries.....

Écrit par : arf ! | 16/10/2006

Faut arretez de voir des communistes partout...

ok pour ne pas etre angeliste avec les jeunes de quartiers, mais il faut aussi dire toute la verité, et notament sur le comportement de certains policiers provocateurs, racistes et il faut dire la verité sur l'instrumentalisation politique des banlieues

Quand on est controllé 10 fois dans la journée par des flics qui savent tres bien qui tu es d'ou tu viens ce que tu fais, c'est du harcelement morale.

Et les discriminations ou en est on de la lutte contre les discriminations?

Prevention repression c'est que du vent, de la politique polititienne comme on dit, il n'y a qu'une solution qui n'a jamais eté mise en oeuvre, c'est le traitement economique et social du probleme...

Écrit par : kotédiwa | 16/10/2006

Parce que vous ne trouvez pas que c'est aussi grave de voir des policiers attaqués "spontanément" par des jeunes de banlieue qui si il s'agissait d'attaques préparées ? J'ai croisé Muchielli sur un plateau télé, il ne défend pas une vision objective de la problématique des banlieues mais une vision politique qui fausse carrément son analyse, elle même destinée à servir son sujet :"les flics sont méchants pas gentils".
Vous parlez d'intervention policières dans un contexte repressif, les citoyens des banlieues n'auraient pas eu aussi droit à la justice et la sécurité ? Vous vous trompez si vous pensez que les policiers ont du temps à perdre pour contrôler des gens qui n'ont rien à se repprocher tandis que les crimes et délits sont quotidiens dans les quartiers. Et si il a des policiers incompétents ou pire, il y a des conseils de discipline pour cela et je peux vous dire qu'ils fonctionnent très bien (des sanctions tous les mois). Je pense que vous n'avez pas beaucoup mis les pieds dans un quartier "sensible", car si la police y intervient en masse c'est uniquement par mesure de sécurité. Personne n'y traine sans raison, car le contrôle des allées et venues y est assuré par ceux qui s'y livrent à divers délits, comme le trafic de stups.
Enfin, mesurez vous vos propos quand vous parlez des policiers comme "les fantassins de l'oncle Sam dans celles de Bagdad?"... Pourquoi faites vous le jeu de ceux que vous dénoncez - pour le plaisir d'une belle réplique - en opposant jeunes et policiers au coeur d'un contexte qui n'a rien à voir ? Vous devez pourtant savoir que ce sont des parallèles tels que celui là qu'utilisent les islamistes pour pousser des gamins à commettre des actes de terrorisme... Vous aussi soyez responsable...
Je ne vous rejoint que sur l'absence de prévention, mais soyez objectif, les policiers exécutent, les politiques décident. Arrêtons de monter une partie de la société française (c'est bien des banlieues que je parle) contre ceux qui sont garants de leur sécurité (je parle bien des policiers).... Appelez à la responsabilité du politique au lieu de mettre de l'huile sur le feu....

Écrit par : Stéphane Berthomet | 16/10/2006

Fontenelle,

La peur est dans les deux camps. Je n'essaierai jamais d'opposer flics et habitants, parce que c'est le début de l'arbitraire. Je conçois qu'il te semble nécessaire, voire tripal de déconstruire le discours sécuritaire prôné à l'encan. Ne crois-tu pas qu'il est bien plus nécessaire encore de dépasser ces barrières, de se mettre au-dessus de la mêlée ? J'ai la chance de ne pas connaître la violence à l'état brut. Je ne suis pas un enfant des cités, encore moins un enfant de la flicaille. Mais j'ai assez de jugeote pour comprendre que les deux parties sont des pièces mineures dans le jeu d'échecs. Les problême, c'est qu'on parle de vies humaines, dont certaines vont disparaître par balles. C'est écrit. Je ne sais pas quand, ni où. Ca va arriver.

J'ai l'impression de me répéter, Sébastien. Le coupable, ce n'est pas le Nouvel Obs'. Je ne suis pas sociologue, démographe,ethnologue, je ne sais pas qui est le coupable. Les journalistes sont trop cons pour penser. Laisse-les dans leur merde. Dis-nous ce que tu ressens de cette situation qui dégénère et va faire des morts par balles. Dis-nous si cela te réjouit, si cela t'effraie ou t'indiffère. Quelles solutions préconises-tu ?

Moi, je ne sais pas. Je vois juste comment sont les gens dans les trains entre Vernon et Paris, les trains de grande banlieue. Je les vois, les sens. J'ai peur. très peur. Au-delà de la police, des gosses. Il y aura des morts. Beaucoup. Qu'est-ce qui est le plus important ? Les gros titres du Nouvel Observateur ou les vies que la société peut sauver ? Toi, tu le sais sûrement. Parce que tu sais tellement de choses sur tout. C'est génial. Un jour, tu seras ministre. J'en suis sûr.

Écrit par : Column | 16/10/2006

C'est la futilité de notre société de consommation et le manque de travail, pas le tutoiement et les petites humiliations verbales qui sont causes premières de ce malaises.

Écrit par : philippe68 | 16/10/2006

@ kotédiwa
Merci d'avoir compris!
;-)
@ Column
J'espérais que depuis le temps, tu aurais compris que la "situation", comme tu dis, qui effectivement "dégénère", m'"effraie". O combien.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

J'oubliais: "j'attends avec impatience que vous alliez déménager dans une cité".
Je peux pas, je viens de m'installer à Bagdad - histoire de pouvoir donner mon avis sur ce qui se passe en Irak.
Au nom, il va de soi, de la liberté d'expression.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

Monsieur Fontenelle, vous remettez en cause l'indépendance de la police ! C'est inadmissible. Oserez-vous afirmer que ce n'est pas la faute de la justice si des policiers se font caillasser ? Si Monsieur, ! j'ai personnellment vu des magistrats en robe se dissimuler dans les fourrés pour lapider des uniformes... Heureusement que la presse est là pour rétablir une vérité que vous déformez.

De plus vous remettez en cause, la célèbre indépendance d'esprit du Nouvel Obs. Je ne peux le tolérer plus longtemps... Oserez-vous critiquer Jean Daniel (gloire à lui...) qui a vu avant tout le monde le gauchisme anti-libéral de Ségolène Royal ? Et Juillard alors ?

Etienne Fillol.
;-)

Écrit par : étienne fillol | 16/10/2006

Courrier des lecteurs télérama: " Nouvelle descente de journalistes dans les banlieues: une arrestation, huit mille photos" (Didier Perrin, Toulouse)

Écrit par : eskaloo | 16/10/2006

@ Etienne
Jean Daniel qui se propose par ailleurs, dans son édito de cette semaine, d'accueillir dans les pages de "L'Obs" tous les "dissidents". Exemple: Pascal Bruckner, le célèbrissime refuznik, dont "L'Obs" loue, d'une langue acérée, le nouvel "essai".

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

Il serait temps de corriger une erreur qui cache quelque chose d'intéressant...

On parle de la révolte des "jeunes de banlieu".
Il faudrait plutot dire "jeunes masculins" de banlieu. Car le phénomène ne concerne, à de misérables exceptions près qu'il est inutile de brandir, que la gent masculine.

Et il serait intéressant de réfléchir au pourquoi du comment, aussi bien au niveau sociologique que culturel ou spirituel...

Écrit par : Yukaïda | 16/10/2006

Pas de bol, l'an dernier tout le monde a remarqué qu'il y avait énormément de petites nanas parmi les révoltés de novembre. C'est sûr, ça cadre mal avec l'alilbi des drogués islamistes ou le mythe de l'orientale persécutée si cher au missionnaires républicain, mais c'est pourtant ce qu'on a vu.

LA RAGE DU PEUPLE
http://youtube.com/watch?v=92o_Bn4Uw-w
parce que les bérus sont trop vieux

Écrit par : Pescade | 16/10/2006

Je backe entièrement les propos de Column.

Qu'on arrête l'angélisme, bordel...
Qu'on arrête l'esprit anti-flics primaire...

Il ne faut quand même pas être polytechnicien pour comprendre qu'aujourd'hui, si les flics sont devenus agressifs, c'est justement parce qu'ils ont peur et cette peur est légitime. Quand tu vois en face de toi des mecs qui sont prêts à tout, ça modifie forcément ton comportement.

Et ça a beau être leur métier de se maîtriser, quand tu risques ta vie en permanence, au bout du compte tu ne peux pas avoir des surhommes, faut être lucide...

Aujourd'hui ces mecs sont devenus de la chair à canon et je comprends que eux aussi, ils aient la haine.

Quoi que tu en penses, Seb F.
See you.

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

Je me permets de vous signaler qu'au départ, je demande, juste, que la presse ne rapporte pas uniquement le(s) point(s) de vue de la police. Dans mon esprit, c'était ça (aussi) qui allait être discuté ici. Mais apparemment...

Thibault, ton truc, là, savoir qui a commencé, on dirait l'oeuf et la poule, non?
L'idée, c'est quand même d'en sortir, non?
Et c'est plutôt (très) en amont que ça devrait se passer, non?
Et les bavures policières (très) mollement réprimées (que je sache) existaient quand même bien avant que les banlieues ne s'embrasent - non?
Je veux dire que les délits de fuite (parfois imaginaires) sévèrement taclés d'une balle dans la nuque, ça existe quand même - non?
Moi aussi je comprends qu'"ils" aient "la haine": je comprends moins qu'elle ne soit pas mieux dirigée, par exemple vers les cadors qui ont substitué le tout-répressif au préventif...
Je te balance tout ça en vrac - il est bien évident qu'on va pas régler tout ça là, maintenant.

Pescade, c'est vachement bien, "La Rage", c'est juste bourrin comme j'aime, je connaissais pas et ça va finir quelque part entre La Rumeur et la (glorieuse) Brigada Flores Magon. Merci, donc! ;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

Mais dis-moi, MAQJ'A, il semblerait que de jeunes plumitis dévergondés veuillent te mettre à mal dans ton quartier, ce matin! A lire ce que je lis, à voir ce que je vois, on te caillasse comme une voiture pie.
Faut-il que nous intervenassiassions, Chef ?

Écrit par : Fleuryval | 16/10/2006

moi j'vois plus qu'une solution comme dit le plan B, adopter un jean Daniel!

Écrit par : enzo d'aviolo | 16/10/2006

@ Fleuryval
Nenni mon bon, tout va bien.
Tout cela reste, c'est le cas de le dire, très urbain.
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

Pascade

Islam-xxx, nouveau point Goldwin ?

L'abcès étant maintenant crevé, on va pouvoir discuter en mettant de côté l'idéologie d'un bord comme de l'autre...
Car la religion n'a rien à voir là dedans.

J'ai eu la chance de voir de près à plusieurs reprises, et de discuter avec des acteurs d'Attac ou des militants d'extrême gauche ayant pied dans les banlieues.
Le fait est que la présence féminine lors de violences est une exception. Lorsqu'un voleur est tué par une balle policière, c'est un homme (jeune presque toujours). Lorsque des pompiers reçoivent des cailloux, ce sont des jeunes hommes. Lorsqu'il y a agression de personnes, c'est encore masculin. Incendies de voitures, toujours la même chose tout comme les violences contre les forces de l'ordre.
C'est de la sociologie. Pierre Bourdieu avait noté la différence entre les gents masculines et féminines comme étant le fait que les femmes ont plus tendance à être dociles, dans le sens originel d'être disposé à apprendre.
La part culturelle est aussi indéniable (rien à voir avec la religion ou les gènes). La hiérarchie patriarcale, l'enfant roi, l'homme de la maison. Le masculain se doit d'être fort, de s'imposer, sinon est vu comme un faible, une "tantouse". Et encore une fois, inutile de tomber d'idéologiquement nier cela.
Ceci étant posé, lorsque je parlais de spiritualité, j'évoquais le tèrme ésotérique, et "l'opposition" des énergies masculines et féminines. L'énergie masculine est celle de la destruction, du changement, mais aussi celle de la force, et est négative si l'éntergie féminine ne contrebalance pas. Cette dernière est celle de la vie, le calme, et plutot créatrice et positive.
Pierre Bourdieu, encore lui, avait noté, et ça rejoint ce point de vue ésotérique, que les ministères chargés des choses régaliennes (intérieur, finances) étaient masculins, et avaient la priorité sur les ministères de santé, du social, etc, qui eux sont féminins. Ce n'est pas qu'une question de personnes évidemment lorsqu'il fait ce parallèle.

Et donc, à mon sens, si les jeunes filles sont en extrême minorité lors de violences, c'est parce qu'elles se consacrent à quelque chose de plus constructif, comme simplement travailler au niveau scolaire. Travailler chez elles plutot que d'aller éclater une rage dont elles sont moins les jouets, au contraire de leurs homologues masculins qui s'en auto-alimentent.

Et le problème est évidemment plus complexe que porter toute la faute sur la police ou "la société".

De mon point de vue, inhabituel car ésotérique, il y a un clair manque d'énergie féminine, dans les banlieues pour une cause culturelle, et au sommet de l'état, héritage de notre société patriarcale. (Votez Marie Ségolène ! Non je déconne !)

Écrit par : Yukaïda | 16/10/2006

bon que les journaux manquent de rigueur, spécialement dans le choix des titres, ce n'est pas vraiment une découverte, non ?
maintenant sur la dégradation de la situation, d'autant que rien n'est fait ou presque, que les promesses son restées suspendues dans les airs, cela semble extrêmement probables - et j'ai entendu un représentant d'un syndicat "gauchiste" ou presque de policiers, égaré sur les ondes, qui était très inquiet, et qui montrait du doigt la politique de notre cher Ministre de l'intérieur.
Plus le temps passe, plus il sera long et difficile de ramener une vie normale, dans ces quartiers si tant est que la majorité suivante s'y attaque vraiment

Écrit par : brigetoun | 16/10/2006

@ Sébastien Fontenelle
La 14° Compagnie Résolument Solidaire rentre donc sereinement au jardin où vous pourrez la joindre à tout moment si nécessaire était ;-)

Écrit par : Fleuryval | 16/10/2006

A toute.
Soyez sages: mettez pas la musique trop fort.
(Surtout toi, Pescade).

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

La police porte plainte:

PARIS (Reuters) - Un an après les émeutes de banlieue, les syndicats de police dénoncent la multiplication des agressions "guet-apens" contre les forces de l'ordre et réclament des renforts et des sanctions exemplaires.

"Les Tarterêts, les Mureaux, et Epinay-sur-Seine, ça commence à faire beaucoup", s'est indigné Bruno Beschizza, de Synergie officiers, qui redoute la montée des tensions jusqu'à la présidentielle de 2007.

"Ces faits ne sont pas épisodiques mais ils ne généralisent. La situation ne 'est pas améliorée depuis les émeutes de banlieue", renchérit Nicolas Comte, secrétaire général de FO-Police, dans le Parisien-Dimanche.

Vendredi soir à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) a été attiré dans une cité sensible pour un vol à la roulotte.

Dans un communiqué, la préfecture a affirmé qu'il s'agissait d'un "guet-apens", fait confirmé selon les syndicats par l'usage de deux voitures pour bloquer le véhicule de police et le stockage préalable de pierres par les agresseurs.

Face à une trentaine de jeunes, "porteurs de barre de fer et d'armes de poing", des policiers ont tiré en l'air pour se dégager mais l'un d'eux a été blessé au visage par un jet de pierres.

Lors des précédentes agressions de Corbeil-Essonnes (Essonne) et des Mureaux (Yvelines), la thèse d'une embuscade n'a pas été confirmée.

Mais les policiers affirment être confrontés à des jeunes résolus à en découdre et désireux d'attirer les caméras de télévision.

"SUR LE FIL DU RASOIR"

"Cette affaire met en lumière que nous n'avons pas à faire à des jeunes qui réclament davantage de social mais à des individus qui déclarent la guerre à la République", a estimé Action police dans un communiqué.

Pour Loïc Lecouplier, du syndicat Alliance, les policiers sont "sur le fil du rasoir" et risquent leur vie en permanence.

"Le changement depuis un mois, c'est qu'on veut quasiment les tuer, les lapider", a ajouté sur LCI Bruno Beschizza.

On risque, selon lui, de passer "d'une logique de ségrégation à une logique de sécession" dans ces quartiers où des jeunes prétendent rester maîtres de leur territoire.

Le responsable de Synergie-officiers a insisté sur le sentiment d'impunité de certains caïds des cités, expliquant qu'aux Mureaux, les jeunes à l'origine d'une mini-émeute voulaient "libérer un type condamné 34 fois".

Le Syndicat national des officiers de police (SNOP) a demandé pour sa part des "renforts" dans le département de Seine-Saint-Denis, affirmant que les jeunes des cités s'apprêtent à 'fêter' violemment" les émeutes de l'automne 2005.

Pour Action police, les fonctionnaires "payent au prix fort" le démantèlement de la police de proximité.

Le Parti communiste a condamné l'agression des trois policiers à Epinay tout en accusant le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de se contenter de répondre à la violence par la violence "sans aucune conception du rôle de l'Etat".

Eric Raoult, maire du Raincy, et les élus UMP de Seine Saint Denis, proposent aux syndicats de policiers une "rencontre départementale" et lancent une opération "Population Police Solidarité" pour montrer leur soutien réel et concret aux policiers du département.

Écrit par : piotrevski | 16/10/2006

@ Seb F

Ce qui m'ennuie c'est qu'on est en train de mettre en relation 2 problèmes qui n'ont pas du tout la même proportion.

Comme tu le dis, les violences policières ne datent pas d'hier. Et on en parle peut-être, sans doute, avec plus de gêne et même d'auto-censure qu'hier.

Mais pourquoi ? Sans doute parce que la situation est réellement grave et qu'on sait très bien que ces violences ne sont rien par rapport aux violences réelles qui mettent la société en danger. D'où une gêne légitime.

Que pour un jeune violenté à tort par la police, il y a 10, voire 100 agressions dans les trains de banlieue.

Alors qu'il faille sanctionner les violences policières, ok, mais mettre (puérilement je pense) le curseur sur les violences policières, tenter même d'y voir un début de cause des VRAIS problèmes (ce n'est peut-être, sans doute, pas ton propos mais c'est chose souvent entendue, reconnais-le), c'est se mettre le doigt dans l'oeil.

Les conducteurs de bus par exemple n'ont jamais rien fait aux types des cités et ils se font régulièrement agressés sans motif. Idem pour les pompiers, les médecins ou les infirmières qui fréquentent encore (lorsqu'ils osent) ces cités.

Preuve que quand bien même les violences policières disparaîtraient, les policiers continueraient de s'en prendre plein la tête toute la journée, au même titre que les pompiers et compagnie...

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

"Ils se font régulièrement agressER sans motif"

Pardon mais je déteste les fautes d'orthographe donc je corrige les miennes...

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

Il faudrait déjà que les rangs des policiers "anti-émeutes" soient bien fournis par les Français d'origine immigrée (immigrée visible, je ne parle pas des Sanchez et Ferrutini), ça permettrait à la police de reprendre la balle dans son camp. Tant que ce ne sera pas le cas, les amalgames "policier=raciste" feront légion.

Ensuite, il faudrait revoir la formation des policiers (surtout les municipaux), pour que celle-ci soit au moins aussi longue que celle des gendarmes. Histoire que l'assermentation, titre effrayant s'il n'en est, se mérite.

Puis favoriser les patrouilles préventives, en décapotable, plutôt que les interventions en catimini, avec des tanks et des hélicos apache. Penser aussi à modifier la sirène de police pour lui donner une tonalité rap.

Ensuite, donnez une vraie chance au niveau emplois et logements à la jeunesse décriée des banlieues (pas question de "discrimination passive" mais de réprimer fortement les abus d'employeurs). Implémenter le permis de conduire à 1 euro pour les tranches sociales basses (même si je déteste les voitures, il faut reconnaître que la mobilité peut avoir des vertus). Légaliser les drogues (pour un tas d'autres raisons aussi).

Je sais pas, quoi d'autre?

Écrit par : nom | 16/10/2006

au bord de l'explosion
la haine est partout
la violence transpire;
il suffira de si peu pour que l'embrasement se répande!

Et les autres, les petits vieux dans les campagnes, les ouvriers en préretraite, les chômeurs qui n'arrivent plus à payer leur loyer, les parents célibataires qui jonglent avec les fins de mois, tous ceux que la société ignore et qui n'ont plus depuis longtemps, la force de se rebeller, que vont-ils devenir?
pour qui vont-ils voter?
qui leur redonnera la dignité ?

Pasolini disait qu'un flic est avant tout un homme.

Tous des êtres humains, englués dans un système qui peu à peu devient monstrueux.
les uns contre les autres.


Dans les manifs les jeunes italiens affichent sur leurs banderoles:
"Fermate il mondo, voglio scendere!"
"Arrêtez le monde, je veux descendre"

descendre
descendre
descendre...

Écrit par : céleste | 16/10/2006

Je pense que la violence est réelle, que les habitants sur place en ont légitimement ras le bol, et que le ministre Sarkozy a été totalement incompétent et incapable d'enrayer leur montée.

Que le mirage Sarkozy se dissipe, c'est tout ce qu'il faut espérer. Dans l'intérêt des banlieues et du pays.

Alex
www.levraidebat.com

Écrit par : Alex | 16/10/2006

Etant moi meme assez critique a l'egard des journaleux, ca fait longtemps que je lis ce blog, sans reagir, mais tiquant regulierement sur certaines positions. Aujourd'hui, je prends tout de meme ma plume virtuel pour apporter mon point de vue a cette discution :-)
Primo, que ces attaques soient des guet-apens ou pas, ca reste tout aussi reprehensible selon moi.
Par ailleurs, mon cher Sebastien (depuis le temps que je te lis, j'espere que tu me rermettra de te tutoyer), cela ne fait pas plus tard qu'hier soir, les infos d'Arte parlaient du probleme, et parmis les intervenants, on a eu droit a l'avis d'un habitant (un djeun's qui jouait au basket), contratirement a ce que tu sembles dire dans ton billet.
Ensuite, je souhaiterai preciser que, toujours contrairement a ce que je lis ici, la presence policiere en ville et dans les zones a risque n'a rien a voir. Et je parle pas de journalisme, mais d'experience personnelle.
Pour finir, des blogs tenus par certains habitants de ces citées sensibles revendiquent le coté no man's land de ces zones. Il me semble donc que cette position journalistique ne se range pas QUE de l'avis du minestere de l'interieur...

Sur ce, je vous souhaite une bien bonne fin de journée.

Sylvain

Écrit par : Sylvain | 16/10/2006

Il ne s'agit pas de dire que ce qui se passe dans certaines banlieues n'est pas grave, ni que les flics ne sont que des affreux et les djeun's de banlieue des anges.
Il ne s'agit pas non plus de trouver réjouissant ou même seulement normal que des flics se fassent caillasser.
Et une action de la police y compris, en cas de besoin, dans ces quartiers est évidemment légitime.
Etc...

Mais avant de s'empailler sur les solutions que chacun imagine, on peut peut-être tomber d'accord sur le fait que ces solutions ne se trouvent de toute façon pas dans la mise en scène permanente des actions que CE ministre-CI fait mener à la police, ce qui est une sorte de prise en otage à la fois des habitants des quartiers concernée et des flics afin qu'ils soient les figurants du spot de pub perpétuel que Sarkozy érige à sa propre gloire.
Ce qui est non seulement dégueulasse, mais aussi totalement irresponsable.

Écrit par : Clarence | 16/10/2006

Post-Scriptum...
Chiffres lu à la minute sur le Monde.fr, et qui prouvent qu'au-delà des mots, Sarkozy est bien le ministre de l'Insécurité :

" Les violences contre les personnes ont augmenté de 6,23 % entre octobre 2005 et septembre 2006, malgré un "ralentissement" de la hausse au cours des deux derniers mois de l'année.
Avec 426.848 actes de violences recensés par les services de police et de gendarmerie entre octobre 2005 et septembre 2006 (401.804 au cours de la même période précédente).
Ce "ralentissement" intervient après une hausse sur 12 mois glissants qui s'était "fortement accélérée, passant de 1,1 % à 8,4 %" entre juin 2005 et mai 2006, avant une "augmentation revenue à 7,1 % sur 12 mois" constatée en juin et juillet 2006.
A une hausse de 5,59 % des violences dites "crapuleuses" (128.517), liées aux vols (+ 5,62 %) pour 99,82 % d'entre elles, s'ajoutent surtout l'augmentation des violences "gratuites" : 199.996 constatées, soit + 9,35 %.
Parmi elles, 24.700 ont été commises contre les "dépositaires de l'autorité", notamment policiers, gendarmes, pompiers et enseignants, soit une augmentation de 9,78 % par rapport à la même période précédente ".

Écrit par : Clarence | 16/10/2006

@ Clarence

On est complètement d'accord sur la nécessité d'en finir avec la police-spectacle.

En revanche, attention à ne pas abuser des statistiques lorsqu'elles vous arrangent puisque dès que ces mêmes statistiques traduisent une baisse, vous êtes les premiers à les remettre en cause... C'est un peu comme avec le chômage, en somme.

Donc oui, Sarko doit arrêter de se servir de la police à ses propres fins, en revanche les stats en question ne me font pas conclure que Sarko est pour autant inefficace, vu qu'elles auraient pu traduire une augmentation de la violence encore plus forte (je rappelle l'explosion de la violence lors des années Chevènement par exemple).

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

@ Clarence
J'ai le souvenir d'avoir lu récemment que les violences contre les personnes ont augmenté de 100,5% en Haute-Saône (sur 1 an). Bref, la France rurale y passe aussi, j'espère que Kamini nous en parlera.

Chirac exigera-t-il la démission de Sarkozy pour incompétence (pour le brûler)?

Écrit par : nom | 16/10/2006

@ Thibault
Oui, d'ailleurs l'augmentation incroyable dans de nombreux départements ruraux est aussi liée au faible nombre d'incidences dans ces départements. Genre en Haute-Corse il y a eu une augmentation de ~11% des violences contre les personnes, mais ça n'a représenté que 37 faits de plus sur un an. (vu sur le Monde, me semble-t-il)

Dans les départements peuplés on assiste au même genre d'augmentation, mais à échelle catastrophique (genre ~13 000 violences contre les personnes de plus dans le Nord l'an dernier, représentant une augmentation de ~18%)

Écrit par : nom | 16/10/2006

Thibault : "les stats en question ne me font pas conclure que Sarko est pour autant inefficace, vu qu'elles auraient pu traduire une augmentation de la violence encore plus forte".

Vous voulez dire que sans Sarkozy, on aurait p'têt assisté, comme disait je ne sais qui, à une augmentation de la recrudescence.
C'est bien pratique, votre façon de considérer les chiffres.
En tout cas ils sont là, les chiffres, et rappelez-moi s'il vous plaît qui se veut le héraut de la "culture du résultat"...

Pour finir, une jolie phrase de Michel Gaudin, directeur général de la police nationale : "Il y a un phénomène d'amplification médiatique autour des agressions de policiers."
C'est peut-être à son ministre qu'il devrait raconter ça...

Écrit par : Clarence | 16/10/2006

@ Clarence

Peu importe ma manière d'interpréter les résultats, je dis simplement que vous utilisez des chiffres que vous rejetteriez s'ils montraient une baisse.

Parce que s'il y a effectivement une hausse préoccupante des violences physiques, personne ne parle ici des autres stats, émanant également des sources officielles, qui montrent une baisse...

Au hasard :
- Délinquance de voie publique : baisse de 22,44% en 5 ans
Sur les 12 derniers mois, -8,67% de vols à mains armées avec arme à feu, -0,42% de vols avec violences, - 2,31% de cambriolages, -7,14% de vols d'automobiles...

Donc, de 2 choses l'une :
-soit l'on se focalise sciemment et idéologiquement sur une partie des stats, (que l'on utilise et donc que l'on adoube de ce fait), en l'occurrence les violences sur les personnes, pour conclure que Sarko est inefficace....
- soit l'on prend l'ensemble de ces stats pour avoir un peu de recul, et l'on s'aperçoit que s'il y a échec dans les banlieues, ce n'est pas le cas pour l'ensemble de la délinquance où il y a des résultats spectaculaires.

Si enfin l'on rejette ces stats (pour des raisons idéologiques), qu'on ne les utilise pas du tout... logique, non ?

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

TOUTE la vérité, c'est bien ce que tu réclames Sébastien. Je te suis totalement sur cette exigence. Je suis suivrais d'autant plus si tu la mettais en oeuvre. Que certains médias sont partiaux, on est bien d'accord. Mais tu l'es autant qu'eux. Comme si c'était le seul, et le bon, moyen de contrebalancer.

Pas un seul mot, pas un seul, sur les auteurs d'agressions qui ne font pas parti de la police. Si, pour dire que cette violence est uniquement une "contre-violence sociale". Elle l'est oui. Mais elle N'est PAS que ça. La réduire à cela, taire tout ce qui en elle dépasse cette dimension-là - ce que tu fais, c'est un mensonge. C'est tout aussi partial que de soutenir que les repressions policières sont des "contre-violences" aux violences et aux conditions de travail subies par la police. Bref ce qui me gêne, c'est toujours ce manichéisme. Tu sais, c'est justement le manichéisme de la presse que tu dénonce. Sauf que tu le partage. Les bons d'un côté, du côté des victimes, qui ne sont que des victimes dont on ne parle qu'à partir de ce qu'elles subissent, même lorsqu'elles agissent, du côté de la misère sociale, et de l'autre l'aggresseur policier qui harcèle, qui lui, par contre, ne subit rien du tout, n'est en rien victime.

Quand on n'est pas respecté, harcelé, violenté par "la police", on est fondé à balancer des pierres dans la gueule de "la police". Ca N'une QU'une "contre-violence" dont la cause, la responsabilité, N'est QUE dans des violences, policières, sociales, etc, subies. Pas ailleurs. Pas AUSSI dans les auteurs de ces contre-violences. "Les quartiers difficiles où règne un sentiment de totale impunité", ça n'est pas du tout certaines banlieues, non, c'est uniquement l'Elysée, la mairie de Levallois-Perret, celle de Nice, celle de Bordeaux.

C'est toujours le même type de raisonnement. L'impunité, elle ne peut pas être dans plusieurs endroits à la fois. La violence, l'injustice non plus. Elle est toujours d'un seul côté, toujours le même. Sauf que ce raisonnement, c'est exactement le même que celui que tu dénonce. Tu ne fais que l'inverser. Tu perpétue la fausse opposition, l'idée que la vérité est d'un seul côté, qu'elle doit n'être que d'un côté, que si elle est d'un côté, elle ne peut pas être aussi de l'autre, comme "la presse". Or c'est ça le fond du problème.

Et en disant tout cela, je ne "renvoie pas dos à dos", violences contre la police et violences policières.

Écrit par : Mathieu | 16/10/2006

Violences contre les personnes : +6,23% en 1 an, la dépêche vient de tomber.

Violences gratuites, +9,35%
Violences contre dépositaires de l'autorité (dont pompiers) : +9,78%

Certains ont crû à Sarkozy autour de moi, ils tombent de haut.

Alex
www.levraidebat.com

Écrit par : Alex | 16/10/2006

Violences contre les personnes : +6,23% en 1 an, la dépêche vient de tomber.

Violences gratuites, +9,35%
Violences contre dépositaires de l'autorité (dont pompiers) : +9,78%

Certains ont crû à Sarkozy autour de moi, ils tombent de haut.

Alex
www.levraidebat.com

Écrit par : Alex | 16/10/2006

Ce que dit Mathieu à propos de la victimisation permanente des jeunes est très juste.

Cette victimisation, les jeunes s'en servent comme d'un prétexte à leurs violences. De la sociologie instrumentalisée par les délinquants...

Comme s'il n'y avait plus de responsabilité individuelle. Comme si l'on subissait en permanence ce que l'on faisait, qu'on en était spectateur et non acteur... On connaît le refrain, sa supercherie et ses conséquences désastreuses...

Comment voulez-vous ensuite aller parler à ces jeunes de leurs droits mais aussi de leurs devoirs puisqu'ils ont désormais ce refrain dans la tête ?

Pourquoi, au lieu de passer son temps à pleurnicher sur le sort de ces "victimes", ne pas leur montrer que certains des leurs s'en sortent, malgré les nombreux obstacles, et qu'il est possible de réussir ? Que leur volonté et leur esprit POSITIF ont été les premiers ressorts de cette réussite ?

Écrit par : Thibault | 16/10/2006

Pour rebondir sur Alex, je donne la source de ce qu'il annonce !
http://fr.news.yahoo.com/16102006/202/hausse-de-6-23-des-violences-contre-les-personnes-sur.html
... nonobstant le recul qu'on peut prendre vis-àvis des dépêches d'agences et de l'espèce de spirale infernale qui voit tous les media embrayer sans un pli de visage...

Et je me dis que le Kanichabouch et sa politique médiatique sont les pires appels à l'escalade.
Que mettre en gros plan le visage du CRS et de ses hématomes est un appel détourné à utiliser le lien Ministère de l'Intérieur/Syndicats policiers/Presse avidascoop, à la jouer "Star'Ac de la banlieue telle qu'elle est vécue fantasmagoriquement par le territoire et ces bouzeux de votants"...

On approche de l'anniversaire de la révolte des banlieues... et on a un Gauleiter à talonettes qui fait tout pour rallumer le feu parce qu'il surfe dessus avec délices...

Finalement, ce qui m'étonnera toujours, c'est que les flics sur le terrain acceptent d'être instrumentalisés par le Kanichabouch...
A chaque fois qu'ils se prennent une dégelée, c'est lui qui se fait mousser et eux qui finissent à l'hopital...
Quand les flics comprendront-ils que Sarko est leur pire ennemi, la cause des dangers qu'ils courrent ?

Les petis cons qui font des cartons sur les keufs sont les alliés objectifs du Pin's à talonettes...

Écrit par : Grabuge | 16/10/2006

"Cette victimisation, les jeunes s'en servent comme d'un prétexte à leurs violences. De la sociologie instrumentalisée par les délinquants..." qui dit le Thibaut ci-dessus. Pas si cons les cailleras . Finalement l'Azouz B. l'a pas tort de les discriminer positivement en les voulant les envoyer à Sciences po.

Écrit par : ginette | 16/10/2006

Pour rappel, il y a 107 types de délinquance différents, toues mélangées pêle-mêle dans le verdict annuel du niveau de la délinquance.

A noter un point spécifique: alors que divers types de vols sont effectivement en baisse (cambriolage, voitures, à main armée), et ce de manière spectactulaire pour Thibault, les violences contre les personnes crapuleuses (qui à 99,82% sont des violences liées à un vol) sont en augmentation.

Ca veut dire quoi? Que certes vous avez moins de chances de vous faire voler votre caisse ou votre sac à main, par exemple, que l'an dernier, mais par contre que vous avez plus de chances de vous faire mettre sur la tronche cette année, pendant qu'on essaye (de vous voler).

Écrit par : nom | 16/10/2006

Thibault : "Pourquoi, au lieu de passer son temps à pleurnicher sur le sort de ces "victimes", ne pas leur montrer que certains des leurs s'en sortent, malgré les nombreux obstacles, et qu'il est possible de réussir ?"

Alors, ça, désolé, mais c'est vraiment un discours qui me fout en rogne !
Vous y élèveriez vos mômes, vous, à Clichy s/Bois ou à Montfermeil, sous prétexte "qu'il serait possible de réussir" ?
Sous prétexte que quelques-uns, en effet, plus talentueux ou plus chanceux, "s'en sortent", comme vous dîtes, on en nie presque les problèmes, et du coup, on sous-entend que c'est de la faute de tous les autres s'ils ne s'en sortent pas.
On connaît ce discours, qui s'appuie en général, sur TF1, sur l'interview du-beur-qui-a-créé-son-entreprise ou autres fadaises ! (parce que bien sûr, dans notre belle France, désormais, "réussir", c'est créer une entreprise, rien d'autre !)
Il ne viendrait à l'esprit de personne d'écrire une phrase pareille sur la jeunesse de Neuilly s/Seine, pour faire court.
Que les "meilleurs" finissent par s'en sortir, peut-être, et qu'est-ce que ça change au fait que la majorité des autres, qui n'auraient aucun problème ailleurs, ne s'en sortent précisément pas ?

Désolé, mais le souci, c'est tous ceux qui ne s'en sortent pas !
En dépit d'un discours libéral, assumé ou inconscient, qui prétend qu'il suffit largement qu'individuellement, une petite minorité "s'en sorte".

Écrit par : Clarence | 16/10/2006

@ Grabuge
Clapclapclapclapclap!
(Comme d'hab!)

@ Mathieu
Mon bon, tu déraisonnes.
Merci de bien relire mon billet, puis ton commentaire.
Tu t'apercevras que le second ne parle pas du premier.
;-)

@ tou(te)s
Je trouve que vos commentaires, que je viens de lire, ont de la gueule. Merci!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

La police, la BAC plus exactement, est chargée de faire respecter un semblant d'ordre républicain dans des endroits où il n'a plus AUCUNE LEGITIMITE.
Pis, la seule manifestation d'intérêt de cet ordre social c'est quand il dépêche des hommes casqués et brutaux.
Il y a, en quelque sorte, un périmètre intérieur et un no man's land externe, celui des autres.
Je peux assurer, parce que j'ai vécu un petit bout de temps à la grande borne à Grigny et à Evry, à la lisière des Tarterêts, que ceux qui vivent là bénéficient d'une relative paix quotidienne, loin, très loin des clichés.
Je n'ai jamais été emmerdé, de près comme de loin, dans les bus de nuit ou dans mon immeuble. Ma compagne non plus, ni sa soeur qui y vivait seule en plus.
Savez-vous, mes amis, que les techniques de maintien de l'ordre, de répression calibrée utilisées dans nos banlieues procédent directement de celles employées par les républicains dans les années 80 à San francisco ou Chicago, à la différence que la ségrégation spatiale qui est celle des grandes villes françaises n'était pas préméditée tandis que celle des US est volontaire, calculée et maintenue.
Il s'aqit de fabriquer durablement des ghettos, des vrais, des purs, pour effrayer le petit blanc toute l'année et, à l'image du SDF, lui faire toucher du doigt qu'il y a plus violent qu'un patron, qu'un flic, qu'un militaire.
D'ailleurs, la seule issue pour un noir d'un suburb de Chicago c'est de s'engager dans l'armée et d'aller tuer des arabes en Irak.

Écrit par : Hervé | 16/10/2006

@ Yukaida : ce ne sont certainement pas les militants d'Attac ou ceux des partis d'extrême-gauche qui sont les mieux à même de délivrer une analyse claire sur la situation dans les terrae incognitae périphériques. D'un côté on a une assemblée professorale assez chenue (et plutôt déliquescente à l'heure actuelle) bien peu en phase avec les quartiers populaires de l'autre des militants qui ont des théories formidables sur l'Espoir Prolétarien mais qui n'ont jamais serré la louche à un ouvrier. Les plus à la ramasse sont sans doute ceux de LO qui ont d'abord décrit les révoltés de novembre dernier comme de dangereux asociaux, caïds maffieux et islamistes étrangers au coran entre les dents, puis ont voté lors de leur congrès le mois suivant une motion stupéfiante selon laquelle que le taux de chômage des jeunes des quartiers populaires s'expliquait par leur mauvais usage de la langue française. Entre café du commerce et salle des profs. Les seuls militants politiques qui commencent à retrouver une certaine audience dans ces quartier sont ceux du PC (et encore…).
En revanche, les travailleurs sociaux et les principaux acteurs des associations de quartier ont tous relevé, outre l'extrême jeunesse des révoltés, la présence très forte des jeunes nanas dans le mouvement. Des filles évidemment bien peu dociles et bien peu soumises aux clichés en exergue dans la Grande Presse de révérence et les Grands Médias brevetés SGDG.


@ Grabuge : c'est devenu le nouveau marronnier cet anniversaire de la révolte de l'an dernier. Mais il est un autre anniversaire que l'on "fêtera" demain dans l'occultation la plus totale, celle du crime d'Etat du 17 octobre 61. Meurtres policiers qui trouvent leur prolongement dans l'amnistie-amnésie des "bavures" mortelles récurrentes (qui se trouvent d'ailleurs à la source de chaque flambée dans les quartiers depuis plus de vingt ans). Alors, oui, les petits qui jouent à chat-flic sont les alliés objectifs du sécuritarisme.
Mais de qui sont les alliés objectifs tous ceux qui se taisent à chaque jeune type qui se fait descendre d'une balle dans le dos échappée d'un flingue policier "en état de légitime défense". De qui sont les alliés objectifs tous ceux qui oublient ces appartements défoncés, ces femmes battues, ces enfants apeurés, ces pères insultés par les "forces de l'Ordre" comme on a pu le voir encore aux Mureaux il y a 15 jours ?

Et surtout, de qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous feignons de croire que cette violence surgit ex-nihilo alors que depuis vingt ans que la misère économique et sociale se développe de façon exponentielle dans les cités populaires, que ce sont deux générations entières à présent qui y sont reléguées aux minimas sociaux et que la seule réponse politique, de droite comme de gauche, soit toujours plus de flics ?

De qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous ignorons les rondes nocturnes des BAC, le canon des armes brandit par la fenêtre de la voiture banalisée vers les appartements familiaux ? De qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous laissons parader les matadors de l'Ordre avec des écussons reprenant ouvertement la symbolique de l'extrême-droite ? De qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous ignorons ces provocations quotidiennes des mêmes "gardiens de la paix" qui vérifient cinq fois dans la même journée l'identité des mêmes types ? Identité vérifiée ad nauseam comme si elle devait être déniée, refusée, ignorée. Une identite impossible, à perpétuité.

De qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous "oublions" tout lien entre cette violence et celle de la casse sociale, la violence du non-emploi massif dans les quartiers concentrant la population non-blanche ?
De qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous feignons de croire qu'il n'y a pas d'explication entre l'invisibilité politique de "minorités – pourtant – visibles", leur stigmatisation constante et leur brutale prise de parole. Par le feu.

Enfin, de qui sommes-nous les alliés objectifs lorsque nous nous prêtons complaisamment à excuser la violence policière pour condamner la violence de ceux qui y répondent, et légitimer ainsi l'ennivrante opération de diversion politico-médiatique.

C'est vrai, quoi, des fois qu'on en viendrait à poser des questions sur la nature du système économique et social qui produit cette violence… Faut pas déconner quand même… On serait même capables de demander qui joue avec le feu pour fuir ses responsabilités.

CÉSSA KIÉ LA VÉRITÉ !
http://youtube.com/watch?v=n0mAoPQSnRc

Écrit par : Pescade | 16/10/2006

A relire
"Pays de Malheur !" de Stéphane Beaud et Younes Amrani
« J'aurais aimé être fils de profs, aller dans un lycée de bourges, fréquenter les salles de concert et les bars branchés, et voter socialiste ou Vert pour me donner bonne conscience...Mais non, je suis fils d'esclaves ayant grandi dans la merde, entourés de personnes sans espoir, ni volonté (ou plutôt possibilité) de réussir...je terminerai par cette affirmation : « RIEN n'est fait pour nous... »
[…]
« Pourquoi tant de jeunes se sont démolis ? Pourquoi tant de familles se sont déchirées ?Pourquoi tant de vie sont bousillées ? [...] On nous parle d'intégration, de Nation, de République, de citoyenneté...Prouvez-moi alors que tout ceci a un sens...

Qu'avez-vous fait pour votre République et votre démocratie dont vous êtes si fiers ? Vous l'avez peut-être sauvé du "fascisme" un soir du 5 mai 2002, et cela vous rassure. Vous avez peut-être milité dans des assoces de quartiers, vous avez peut-être passé des heures et des heures de bénévolat en pensant faire le bien autour de vous, vous avez sûrement des idéaux de gauche qui vous poussent à prôner la fraternité, l'égalité, la justice sociale… Ou bien des idéaux de droite qui vous poussent à penser que tout passe par le mérite et le travail…

Pourtant, à mon sens, vous n'avez toujours rien compris et vous ne comprendrez jamais rien… Car nous-mêmes nous ne comprenons rien »

Et puis aussi
INSÉCURITÉ SOUS LA PLUME D'UN BARBARE
http://lmsi.net/article.php3?id_article=308

« Les pédagogues du dressage républicain n’auront pas en ce sens la critique fertile. Ils n’esquisseront nulle moue face à la coriace reproduction des inégalités sociales au travers des échelons du système scolaire, ni l’élimination précoce du circuit de l’enseignement de larges franges de jeunes qui ne retiennent de l’école que la violence qui leur a été faite. Les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. Il n’y figurera nulle mention de l’éclatement des noyaux familiaux qu’ont provoqué l’arsenal des lois racistes Pandraud-Pasqua-Debré-Chevènement et l’application à plein rendement de la double peine. ”

Écrit par : Pescade | 16/10/2006

Faut que je bosse (hein Boss).
Je repasse plus tard.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

jveu pas etre rabat-joie mais c'est pas trés recent c'est affaire la das lesquelle les jeunes sont les méchant... j'vous conseil un groupes supra bien de Rock: c'est les Sales majesté!! ou bien la chanson Cayenne des amis d'ta femmes mais c'est assez vieux... mais vous inquieter pas, les Berus sont IN-TOU-CHA-BLE :))))))) vive les Berus!!!

ps: (pour mr Fontenelle: pourriez vous me toucher un mots sur politis?? j'enviseage de m'y interresser de trés prés parsqu'on fait Sience politique en 1ere en option... merci d'avance:)))))...)

Écrit par : Max | 16/10/2006

Bonjour

J'ai pensé à un jeu de rôle pour essayer d'y voir plus clair : imaginons que nous soyons profs dans une école primaire réputée pour être difficile et très violente, dans un quartier dur, une école ghettos ou la part "d'européens" n'excède pas 5 pour cent, où les elèvess prennent du retard scolaire dès la CP et où les écarts creusés sont déjà devenus énormes dès le CE2...

Je sais, c'est facile car c'est une réalité que j'ai vécu, mais dans le débat, nous oublions que nous devons aider les enfants dès le plus jeune âge, parce qu' à 16 ans, un élève descolarisé est en fait un vétéran de l'échec scolaire. Pensez que ça fait 10 ans qu'il est MAUVAIS ! Un MAUVAIS élève.

"MAUVAIS" : l'utilisation de ce terme est finalement une tragédie... Un mauvais élève, un mauvais garçon. Ces enfants vivent cette confusion de sens dès le plus jeune âge, alors QUE LE MAUVAIS ELEVE, en principe, n'existe pas : il est au choix hyperactif, pas construit affectivement, instable... ou alors, il apprend à un rythme plus lent, qui n'est pas celui de l'école, et le retard s'accumule...

Si je devais demander des comptes au ministre de l'éducation nationale, ce serait d'abord sur l'école primaire. J'estime qu'on n'a pas le droit de manquer de moyens à ce niveau-là, CAR SI L'ECOLE PRIMAIRE N'EST PAS PERFORMANTE, CE SONT AUTANT D'ENFANCES QUE L'ON VOLE, AVEC OU SANS LA COMPLICITE DES PARENTS.

Écrit par : johnmarguerite | 16/10/2006

@ johnmarguerite
Voui. ;-)
@ Max
Ah ben ça faisait longtemps (quelques heures, mwârf) que ce blog n'avait pas résonné de tes louanges bérurières! Pour "Politis", va: 1) Jeter un coup d'oeil sur leur(s) site(s) (liens ci-dessus, à gauche, sous le petit bonhomme à la torche). 2) Acheter le dernier numéro, histoire de te faire une idée "sur papier".

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

L’apartheid scolaire français
http://education.devenir.free.fr/Tribune.htm

Écrit par : Pescade | 16/10/2006

Une adorable anecdote pour parler de choses plus légères.

Le professeur fait cours de musique à sa classe de perfectionnement (les élèves en grande difficulté dès le début de la primaire). Aux murs, des posters de grands compositeurs de musique classique. La discussion dérive sur l'identité de ces messieurs que les enfants ne connaissent pas : il y a Bach, Mozart, Beethoven...

Quelques minutes après, une élève d'habitude assez discrète lève le doigt pour poser une question : la maîtresse, réjouie de la voir participer, lui donne la parole : "Oui, va-z-y, je t'écoute !"

Et l'enfant demande : "Maîtresse, pourquoi Beethoven il est devenu un chien ?" : )

Je me rappelle aussi la réaction d'enfants de CE1 découvrant à quoi servait un calendrier : "pourquoi on trouve pas nos prénoms ?"...

Écrit par : johnmarguerite | 16/10/2006

Bonne soirée !

Écrit par : johnmarguerite | 16/10/2006

@johnmarguerite
Misère...

Dans le même genre, aujourd'hui, un étudiant de première année, question: "Comment on écrit "doxa"?"...

Écrit par : Mathieu | 16/10/2006

tu lui as conseillé un dictionnaire ou une secrétaire ?

Écrit par : brigetoun | 16/10/2006

Moi rien, ce n'était pas moi qui donnait le cours. Le professeur a simplement répondu à sa question, comme à son habitude.

Écrit par : Mathieu | 16/10/2006

Prochain billet à minuit cinq.
Moins pesant.
(Quoique).
On peut pas non plus tout le temps plomber l'ambiance.
Un de ces quatre faudra songer à faire la Semaine Des Sujets Légers.
Propositions bienvenues!
Si je ne repasse pas: bonne nuit tout le monde!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

Excellent billet, Seb (et excellents commentaires de Pescade, soit dit en passant ; je reviens aussi sur le 17 octobre dans le prochain BN de Politis.)

Écrit par : Bernard Langlois | 16/10/2006

@ Bernard
Merci!
Tu as vu que "Politis" a fait une jeune recrue! (Fan des Bérus, semble-t-il! ;-))
Tiens, je vais de ce pas voir où en est le Million!
PS: D'acc sur les commentaires de Pescade - "gros niveau", comme dit GB!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 16/10/2006

@ Matthieu (je devrais être en train de dormir)

Je ne sais pas si on peut comparer : dans la bouche d'un enfant de 8-9 ans, c'est trognon.

Quelque chose de beaucoup moins drôle, en revanche, c'est quand j'entendais régulièrement les enfants accourir vers moi (ou un autre adulte) et dire avec un grand sourire : "je peux tiendre la porte ?". Là, on comprend beaucoup de choses sur le handicap linguistique et culturel avec lequel ils partent...

On comprend aussi beaucoup quand on en voit certains pendant la cantine se ruer pour aider la cantinière à nettoyer le réféctoire, parce qu'ils veulent se rendre utiles et qu'ils ont chez eux l'habitude de le faire, et parce que la cour de récré est trop petite et qu'ils n'ont pas la place pour jouer...

Pour l'histoire du calendrier, ce que je voulais dire, c'est que dans cette classe, pas un ne portait de prénom européen. La réalité du ghetto qui surgit au moment ou on ne s'y attend pas...

Je me relis et j'ai l'impression de faire dans le mélodrame, et pourtant c'est la vérité...

Écrit par : johnmarguerite | 16/10/2006

@ johnmarguerite
ça existe encore les classes de perf?
j'y ai enseigné pendant longtemps et je subissais de la part de mes collègues le même ostracisme que mes élèves (paumés, malheureux) de la part des petits bons élèves des sections "normales"
j'espérais que ça n'existait plus.
pire que les classes de perf il existait (il existe?) des écoles de perf.
en Italie, c'est différent, et beaucoup mieux: les élèves en difficultés restent dans leur classe et progressent suivant leur âge, ils sont assistés par un enseignant de soutien, qui s'assied à côté d'eux en classe et leur explique ce qu'il ne comprennent pas.
le but est d'intégrer les élèves différents, pas de les isoler ou de les stigmatiser

Écrit par : céleste | 16/10/2006

@ Céleste

J'ai quitté l'éducation nationale fin 2002 et je ne sais pas si les classes de perfs ont été réformées depuis. Je sais simplement que les élèves de perfs de mon école n'étaient pas spécialement stigmatisés. En fait, on aurait pu créer sans problèmes 1 à 2 classes supplémentaire de perfs, tellement il y avait d'élèves en vrai difficulté. Il n' y avait pas non plus assez d'élèves suivies par les "psychologues"...

Pour situer l'ampleur du problème,(en je me souviens d'un enseignant chevronné et hyper compétent s'exclamer en début d'année : "mais je leur fais faire du CP à propos d'une classe de CE2 dont les résultats aux évaluations avaient été abyssaux.

Une des solutions trouvées par l'équipe enseignante a été de décloisonner dès que possible pour travailler en atelirs de petits groupes.

Il faut dire qu'il s'agissait d'une école d'application, une de celles où on envoie les élèves de l'IUFM faire des stages, et que les enseignants étaient vraiment de qualité...

Concrètement, les élèves de perfs les plus avancés scolairement pouvait réintégrer, le temps de ces ateliers, les classes des élèves "normaux".

Evidemment, ce système était facilité par la présence des emplois jeunes (dont j'étais). Ce serait intéressant de savoir comment l'école a évolué depuis, mais je ne me fais pas trop de souci.

Je garde un très bon souvenir de la maîtresse de Classe de Perfs : une personne passionnée et dévouée et à laquelle les enfants étaient très attachés.

C'est marrant de parler avec vous de ça ! : )

Écrit par : johnmarguerite | 16/10/2006

Chercher des explications ce n'est pas chercher des excuses, personne ne nait avec le gene "agresseur de policier", on peut etre severe tout en cherchant à ne pas reproduitre ce qui créer ce phénomene...

Ce n'est pas en bouclant les quartiers que ces jeunes vont apprendre à respecter les representants de l'Etat. Ce n'est pas en envoyant des mineurs en prison qu'on va empecher que d'autres jeunes tombent dans le piege de la violence et de la delinquance

Pour la polémique, a ma connaissance aucun policier n'a ete tué dans une cité...on peut pas en dire autant des nombreux jeunes et moins jeunes victimes de bavures policiere...

Écrit par : kotédiwa | 17/10/2006

@johnmarguerite
c'est vrai, c'est différent

@kotédiwa
Je dirais, "chercher des explications ce n'est pas forcément chercher des excuses". Autant je suis d'accord avec les explications dont Sébastien se fait l'écho, autant je suis en désaccord avec leur partialité, et avec la manière dont il se sert de ces explications, qui sont réelles, pour cautionner certaines phénomènes, ou plutôt des comportements de certaines personnes. Mais lorsqu'on cherche uniquement certaines explications, toujours les mêmes, pour certains phénomènes, toujours les mêmes, en évitant soigneusement d'en chercher, là aussi toujours les mêmes, pour d'autres, toujours les mêmes, ça me pose un problème, quelque soit ce qu'on s'obstine à taire ou à travestir d'ailleurs.

Écrit par : Mathieu | 17/10/2006

Pouvez actualiser.
(Je reviendrai vous parler ici dans les deux jours qui viennent d'un papier fort intéressant, dans le nouveau numéro de "CQFD", en vente, qu'onse le dise, dès aujourd'hui!)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 17/10/2006

Accord total avec les classes de perfs vues par johnmarguerite. Nous avons une 6° de consolidation et une quatrième d'aide et de soutien, les profs sont qualifiés, volontaires. Et les élèves cherchent à y aller car ils savent qu'ils y seront pris en considération. Ce qui les aide à supporter, non, ignorer, l'indifférence de certains autres.

Le seul vrai problème est que ces classes ne sont pas assez nombreuses.

Mais qu'il existe des élèves et des profs "normaux" aussi cons (je ne me suis pas trompé de mot à guillemetter) que ceux dont vous parlez, Céleste, c'est une vérité.

Écrit par : Gabriel Larcange | 17/10/2006

@ johnmarguerite et gabriel larcange

mes souvenirs de classe de perf sont plus anciens (25 ans) et se limitent à une seule école, en plus moi j'étais ZIL (ceux qui connaissent comprendront), jeune et pleine de fantaisie pédagogique. dans l'école où j'officiais, la moyenne d'âge des instits était élevée, ils , elles, étaient bien installés dans un petit ronron rassurant, tous les ans le même niveau, le même programme, la même salle de classe: une tristesse....
les elèves qui arrivaient en classe de perf avaient vraiment le sentiment d'être mis à l'écart. quand je suis arrivée dans l'école, pour éviter les problèmes (imaginés par les adultes), la classe de perf ne faisait pas la récré avec les autres, mais seule après.
Depuis que je vis en Italie je vois un autre système de fonctionnement, que je trouve mieux adapté aux enfants.
j'ai quitté l'Eduction nationale il y a 7 ans, je ne sais donc rien des changements

Écrit par : céleste | 17/10/2006

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