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24/10/2006

"Je Suis Tous Américains" (Eric Le Bushé, "Le Monde", 22 octobre 2006)

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Une fois par semaine, "Le Monde", quotidien vespéral de la joie de vivre, publie, en page 2, sous la forme d'une "chronique", les points de vue d'un certain Eric Le Bushé (prononcer "Le Boucher", comme dans "George W. Bouche") sur l'"économie".
 
Les chroniques d'Eric Le Bushé sont, le plus souvent, un régal - ne serait-ce que pour ce qu'elles révèlent de la folle témérité de Jean-Marie Colombani, patron de "Le Monde": car même le "Wall Street Journal", qui n'est pourtant pas non plus un foyer de subversion evomoraliste, n'ose plus (du tout) publier de libelles aussi outrancièrement reaganiens.
 
La dernière livraison d'Eric Le Bushé, datée du 22 octobre, est cependant plus goûtue encore qu'à l'accoutumée: on y sent l'air du grand large et des grandes hauteurs, on devine, au fil des mots, que l'auteur a définitivement largué les dernières amarres qui le rattachaient encore (un peu) à la réalité.  
 
Cette semaine, Eric Le Bushé, manifestement décidé à briser le tabou de la modestie journalistique, admoneste en effet (vertement) "les hommes et les femmes politiques" dévoyés qui, depuis vingt ou trente ans, ont fait de la France un véritable enfer gosplaniste - et leur explique, c'est le titre de sa chronique: "Ce qu'il faut faire."
 
(Eric Le Bushé a d'abord envisagé un titre plus directement informatif, mais déjà utilisé: "Nous sommes tous Américains".)
 
D'emblée, notre chroniqueur prévient: "Excluons l'extrême gauche et l'extrême droite du raisonnement. Pour elles deux, la solution passe par la fermeture des frontières aux biens, aux capitaux et aux personnes, or, chacun sait, sauf elles, que l'histoire comme les études ont montré que cela conduirait à une précipitation du pays dans le déclin."
 
On ne sait d'où Eric Le Bushé tient l'idée, complètement délirante, que l'extrême gauche (c'est à dire, dans son esprit, l'espace compris entre Pierre Méhaignerie et la CNT) souhaiterait fermer les frontières aux biens, aux capitaux et aux personnes.
 
Mais il présente cet ahurissant bobard comme une information, et après tout, si c'est dans "Le Monde", c'est que ça doit être une contrevérité de référence.
 
Une fois réglée, par le moyen de cette minuscule tricherie, la question bolchevique, Eric Le Bushé embarque les "socialistes" et l'UMP, formations libérales, dans sa démonstration: "Raisonnons avec la gauche et la droite dites de gouvernement."
 
Ecrit-il.
 
Et d'asséner (à ce public choisi) cette (stupéfiante) révélation: "Le monde est entré dans une nouvelle phase sous la poussée de trois forces puissantes et conjuguées: une accélération technologique fulgurante, une mondialisation généralisée et l'émergence d'un nouveau capitalisme dit patrimonial qui accorde une place première à l'actionnaire."
 
En résumé: "Le changement est radical: il ne suffit plus de bouger une fois, de trouver une invention, d'engager une réforme, mais de bouger en permanence, de créer quotidiennement, de réformer les réformes, pour courir de plus en plus vite."
 
Or: "La France, celle de tonton Mitterrand et celle de papy Chirac, a loupé le coche."
 
Annonce Eric Le Bushé, qui ne craint pas, on le voit, de malmener un lectorat trop longtemps anesthésié par la propagande communiste.
 
Pendant que le capitalisme patrimonial inventait le mouvement perpétuel, notre chère et (surtout) vieille France, abusée par des planificateurs fous, est restée immobile - de sorte qu'elle a pris, non seulement du "retard", mais du "retard coupable", pour diverses raisons "idéologiques, politiques, culturelles".
 
Eric Le Bushé recense "les effroyables dégâts" nés de ce retard: "chômage, banlieues, déficits, désespoir des jeunes"... (Les banlieues, aux termes de cette énumération, forment donc, en elles-mêmes, un dégât, au même titre que le chômage: merci, Eric Le Bushé.)
 
On ne sait toujours pas ce que préconise notre chroniqueur, mais on devine déjà qu'au moment de réparer ces dégâts, la solution ne viendra pas de la sociologie. 
 
A ce point de sa "démonstration", Eric Le Bushé, qui n'a toujours pas craché sa Valda, prend son lecteur par la main, comme Yves Duteil suggérait jadis de faire avec un enfant, pour l'emmener au Paradis: les Etats-Unis d'Amérique.
 
Là, tout n'est que Lumière(s) et Beauté, l'eau est si belle que l'on s'y baigne.
 
D'où vient tout ce bonheur?
 
Eric Le Bushé nous le révèle: "Depuis vingt ans", les Etats-Unis d'Amérique "ont une croissance du PIB par tête nettement supérieure à la nôtre".
 
C'était donc ça. 
 
D'où vient, dès lors, notre malheur à nous?
 
De ce que "la France et ses amies sont restées dans la croissance d'hier, celle de l'imitation, lorsqu'il suffisait d'étendre à un nombre croissant d'entreprises et de secteurs des méthodes et des technologies connues (importées en fait des Etats-Unis)"...
 
Nous crevons, en quelques mots comme en cent, de ne pas nous être complètement soumis au modèle yankee de GDRHDUCCP (Gestion Des Ressources Humaines Dans un Cadre Capitalistique Patrimonial).
 
Est-il encore temps de réparer cette monstrueuse négligence?
 
Eric Le Bushé (qui lentement nous a rapprochés du moment de nous révéler "ce qu'il faut faire") le croit, mais nous prévient: sa (nécessaire) thérapie "impose sa contrepartie sociale".
 
Et de préciser, pour que tout soit bien clair: "Les grands compromis capital-travail d'hier deviennent vite des freins, s'ils ne sont pas adaptés en continu".
 
C'est, on le devine, sa première préconisation: il est grand temps de renoncer à ces grands compromis capital-travail, d'en finir avec ces transactions à deux balles où des centrales syndicales financées par Pyongyang menacent d'organiser une journée d'action dimanche prochain si le patronat reste sourd à leurs (légitimes) revendications.
 
Eric Le Bushé envisage plutôt, pour l'avenir, des compromis capital-capital, où le capitaliste (patrimonial) proposerait au capitaliste (patrimonial), qui acquiescerait d'enthousiasme, de ne lourder, pour la saison automne-hiver, que 3.000 salariés par mois, au lieu des 3.012 initialement prévus.
 
Histoire d'acheter la paix sociale.
 
Eric Le Bushé, qui a donc atteint son altitude - pré-stratosphérique - de croisière, signale ensuite, après la contrepartie sociale, que la guérison de la France "a aussi ses conséquences individuelles: la situation (avoir une bonne situation) est remplacée par la vitesse (la capacité d'adaptation), l'avantage acquis par l'accès à la formation".
 
Traduction: le salarié aura le bon goût d'oublier la notion même de CDI, tragiquement préhistorique, de remercier le patron qui le giclera de son boulot de merde en lui suggérant d'aller s'adapter ailleurs, et de se montrer assidû, pendant les quelques années anciennement dévolues à l'aberration tiers-mondiste connue sous le nom de "retraite", aux cours de poterie qui lui permettront finalement de se recycler juste avant de crever - si toutefois il a le souci (mais sait-on jamais avec les pauvres) d'économiser de quoi payer la chaux qui, dans la fosse commune, viendra finalement ronger sa dépouille.
 
J'en rajoute? 
 
Voire.
 
Le Bushé, après avoir ainsi condensé en trois formules choc la pensée de la fraction la plus extrêmiste du MEDEF, rajoute pour finir, et pour la route, quelques ultimes conseils à notre personnel politique - dont celui-ci, qui d'une certaine manière boucle enfin la boucle: "(Inciter) à travailler plus, ce qui est la seule solution pour rétablir une société équitable".
 
Supprimer, donc, si je comprends bien, les 35 heures.
 
Remettre les pauvres au boulot, en somme - non sans leur avoir au préalable sucré leurs (scandaleux) privilèges: sécurité de l'emploi, retraite et autres (immondes) avantages acquis...
 
C'est dans "Le Monde", le 22 octobre 2006: que rajouter?
 

Commentaires

Que ca aurait tout aussi bien pu etre ecrit en 2006.
C' est ca le grand bond en arriere.

A part ca, faut pas trop s'en faire pour Le bouché, la vieille folle effarouchée du neoliberalisme. C'est ni le plus influent, ni le plus dangereux...ni le plus drole.
Je parle de comique involontaire, il va sans dire.


Ah pi aussi: preums.

Écrit par : Francois-Xavier de Hollande | 24/10/2006

«Ne contrarions en rien les intérêts privés et la société entière sera prospère.» Tel est le point central de la pensée néolibérale. Si elle remonte à une réaction contre «Les Lumières», cette idée ne connaît un développement extraordinaire que depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Au point de remodeler profondément le visage de la planète et de devenir une pensée que l'on dit unique.

Il fallait d'urgence sauver le monde. La Seconde Guerre mondiale venait de se terminer. A l'Est, la dictature soviétique avait grandement étendu sa zone d'influence. A l'Ouest, du nouveau: la sociale démocratie était en vogue, avec pour corollaire une intervention accrue de l'Etat dans les affaires privées. Un modèle importé – comme souvent – des Etats-Unis, où le New Deal cher à Roosevelt déployait ses effets depuis 1933. Pour l'économiste Friedrich August von Hayek, le monde fonce sur «la route de la servitude», selon le titre d'un livre fondateur publié en 1944. Toute socialisation de l'économie et toute régulation du marché par l'Etat aboutirait, selon lui, à la suppression des libertés, y compris politiques. Dans «National-socialisme», il y avait «socialisme», se plaît-il à relever...

En avril 1947, Hayek invite donc au Mont-Pèlerin, sur les hauts de Vevey, trente-cinq personnes qui partagent son rêve d'un «autre monde». Il y a là quatre futurs prix Nobel, dont l'économiste américain Milton Friedman. Ce dernier deviendra le chef de file de la mouvance néolibérale outre-atlantique. Ensemble, face aux profondeurs lacustres et aux cimes enneigées, ils rêvent d'un monde plus inégal, condition nécessaire à leur yeux au progrès de l'humanité.
Hayek et ses compagnons puisent évidemment aux sources classiques du libéralisme: Locke et le droit à la propriété, Smith et son autorégulation du marché, Darwin et l'évolution par la sélection naturelle... Mais le contre-révolutionnaire Hayek s'inspire aussi d'un précurseur en l'espèce: Bernard Mandeville.

Au début du XVIIIe siècle, dans une Europe pétrie des idées généreuses des Lumières, ce philosophe hollandais installé en Grande-Bretagne publie une «Fable des abeilles» qui fait scandale. Le texte tend à démontrer l'incompatibilité de la prospérité et de la vertu. Cette dernière condamnerait à la pauvreté et à l'indigence tandis que la libre recherche de l'intérêt égoïste ferait la grandeur des nations. D'ailleurs, argumente Mandeville, là où l'histoire offre l'exemple de «ruches honnêtes», il s'agit de sociétés peu développées, pauvres et aux moeurs austères... Bien sûr, l'inspirateur de Hayek a une vision particulière de la prospérité. «Pour que la société soit heureuse – et le peuple content de son sort pénible – il faut que la grande majorité reste aussi ignorante que pauvre», écrit-il. Dans cette droite ligne, Hayek est persuadé qu'un ordre économique et social spontané s'instaure dès le moment où l'on s'abstient d'intervenir dans les transactions humaines. L'Etat ne disparaît pas, mais son seul rôle revient à réprimer ce qui pourrait entraver la libre entreprise.

Le programme est là, il est très clair. Reste à le propager. Dans ce but, les trente-six fondateurs du néolibéralisme créent la Société du Mont-Pèlerin. Paradoxalement, cette organisation imite un mode d'action prisé par les partis communistes: l'essaimage de «cellules» au quatre coins de la planète et une sélection rigoureuse des membres.

Extrait d'un article de Manuel Grandjean dans Le Courrier du 4 septembre 2004
www.lecourrier.ch

Préparant, dès février 1947, la grande alternative au « socialisme », Hayek annonce : « Notre effort diffère d’une tâche politique : il doit essentiellement viser le long terme et non pas ce qui pourrait être immédiatement praticable ». Cela revient à dire que l’idéal néolibéral ne sera pas affadi pour courtiser le marais et obtenir ainsi des victoires sans lendemain. Il ne s’agit pas pour ces hommes de rupture, de séduire l’électorat centriste, les parlementaires, les médias, qui tous flottent au gré des courants, mais d’inverser le sens des vagues. Léninistes de marché, les néolibéraux croyaient au rôle des avant-gardes. Ce n’était pas les ministères qui les intéressaient, mais le pouvoir.

Goldwater, Reagan, Thatcher, Hayek, Friedman : notre monde ressemble chaque jour un peu plus à leurs rêves. Eux disposaient d’armes sur lesquelles les adversaires de la mondialisation néolibérale ne doivent pas compter : les grandes entreprises ne vont pas financer les recherches de ceux qui entendent détruire leur pouvoir ; la presse, désormais entre les mains des multinationales, les discréditera dès que nécessaire. Les contestataires disposent néanmoins d’un atout. L’idée de transformer le monde en marchandise est folle. Quand les idées folles des dominants deviennent le « cercle de la raison », quelques espoirs sont permis pour ceux qui, défendant les intérêts d’une majorité de la population de la planète, entendent remettre le monde à l’endroit. Ne pourraient-ils pas à leur tour s’imposer la détermination et la patience des croisés du marché qui, à l’écart des jeux politiciens et des séductions médiatiques, ont su autrefois penser l’impensable ?

Extrait d'un article de Serge Halimi du Monde diplomatique de janvier 2002.

Écrit par : Anne | 24/10/2006

y'a déja de plus en plus de travailleurs pauvres, de plus en plus de segregation en fonction du niveau social, de plus en plus de violence dans les cités, de plus en plus de minorités dans les prisons...qu'il se rassure la France est en train de rattraper son retard sur les ztazunis.

Écrit par : kotédiwa | 24/10/2006

Mon bon ami, il serait bien que tu arrêtes d'inventer des articles pour irriguer ta propagande. Jamais un tel papier n'a été publié dans Le Monde. La preuve : le nom inventé pour son auteur : Eric Le Bushé. Non mais franchement, tu croyais nous faire avaler que ce type-là existe vraiment ?

Écrit par : Olivier Bonnet | 24/10/2006

Enfin, en l'occurence, le discours de ce monsieur bouché renvoie sans doute à un autre discours d'une plus grande importance, celui tenu par Chirac devant le conseil économique et social en présentant son projet de loi sur le "dialogue social", car en associant étroitement les syndicats aux "réformes" - celle que monsieur bouché prône - il leur demande tout à fait explicitement de "s'adapter", eux aussi. Et c'est , en France, une question essentielle.
Car après tout la clé de la coissance américaine ces dernières années est à double barillet : destruction des syndicats et de tout droit d'un côté, mais, quand cela n'a pas été possible, adaptation des directions syndicales aux demandes patronales. Et ce n'est pas une maladie spécifiquement américaine, n'est-ce pas?

Bonjour chez vous!

Écrit par : J.G. | 24/10/2006

Le Monde ! Si ce n'est pas un journal de droite, je n'y comprends rien.

Écrit par : Caroline | 24/10/2006

L'extrême gauche s'arrête à la CNT FAI, cher Sébounet (vous permettez ?), la CNT FAI... La Cnt vignolles, elle, accepte de parler avec le patron avant de l'étriper.

Écrit par : Webster | 24/10/2006

Que ce libelle est réjouissant et que vos commentaires sont plaisants. De quoi commencer la journée en beauté! Merci à tous. ;)

Écrit par : d3log | 24/10/2006

Non mais c'est un Monde ça tout de même!

Alors on ne peut plus donner son avis sur la politique que devrait mener la France pour se libérer de ce carcan stalinien qui l'empêche d'avancer? Hein c'est ça!
Mais si dans une démocratie tout les points de vues, les visions politiques ont droit de cité! Et c'est pourquoi REGULIEREMENT nous voyons écrire dans ce même journal (?) de référence (? mdr) des personnalités telles qu'Albert Jacquard, Paul Ariès et autres Vincent Cheynet...

Seb arrête de lire cette merde (j'espère que tu l'achetes pas au moins?) et remets le à sa place... à côté de la brosse (à reluire ou à chiotte?)!

Écrit par : Le Moralisateur Masqué | 24/10/2006

Je ne sais plus quoi penser entre tous ces bricolages d'idées. Hier j'ai appercue Philippe Stark sur I télé. J'ai été cruellement touché de son discours : "Notre civilisation occidentale est sur son déclin, pas besoin d'avoir peur de la Chine, elle est notre maître". Un Orient de masse qui bouscule un Occident identitaire.

Écrit par : philippe68 | 24/10/2006

@ François-Xavier de Hollande
Effectivment: ça aussi pu être écrit en 2006.
D'ailleurs, magie de l'informatique, c'est le cas.
Ce que c'est que de balancer des billets dans la nuit à des ZZ. (Zeures zindues).

@ Webster
La CNT-AIT, tu veux dire: les coiffeuses?
Mwârf.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 24/10/2006

Belle analyse Seb, comme d'habitude

Affligeant bien sûr!
c'est marrant comme les nantis envisagent toujours comme solution de faire bosser plus les pauvres en les payant moins au lieu d'envisager de partager quelques avantages.

ça doit être structurel!

parce que décroisser, travailler moins, avoir du temps, ne plus passer son temps à courir frénétiquement pour maintenir en marche une machine économique dont on ne profite pas, ce serait bien.

@philippe68
que la civilisation occidentale soit sur le déclin, d'accord, mais que la Chine soit notre maître, bof....à mon sens l'Inde, qui est une démocartie, sera prédominante dans le futur

Écrit par : céleste | 24/10/2006

Il est loin le temps où le monde était condamné pour errance journalistique par la dix septième alors que pour le même motif tous les autres journaux de la place était félicité par le juge, « pour mettre un peu de mouvement dans les têtes » ! Mais !
A te lire, le monde a renoué avec sa culture de modèle d’intégrité. Où intégrisme ! Après avoir mis au bûcher nos conventions sociales sans lesquelles aucun capitalisme matrimoniale ne peut esquisser une seule semelle, le boucher de Paris vient jusque dans nos bras égorger nos retraites bien mal acquises, nos wiiiiiiiikeeeeeeend emplis de RTT totalement impropres à la patrie moine. Hé oui comme sur le DEL ou à force chacun se découvre, Le Monde enfin avoue !
Notre journal, Le Monde, est REVOLUTIONNAIRE,
tant il impose et place le débat. La foi et la conscience enfin retrouvées.
tant il impose et place le débat, là où le veut Sarkozy ! Après le communautarisme et la précarité qui aujourd’hui ne peut plus que détruire le capital, le slogan de la France d’après,
Si t’as pas tout ton patrimoine de la patrie moine c’est que les autres pauvres même étrangers, quelles que soient leur origines et leur au pognon, te l’ont pris.
Et ça si c’est pas révolutionnaire !

Écrit par : martingrall | 24/10/2006

philippe,
Notre civilisation occidentale est sur son déclin, pas besoin d'avoir peur de la Chine, elle est notre maître". Un Orient de masse qui bouscule une FRANCE identitaire. Sauf qu'en occident seule la France à des problèmes identitaires.

Écrit par : martingrall | 24/10/2006

Retenons nous de rire.
Ceci, sous la plume d’un professeur de sociologie politique à Paris-I, Pierre Birnbaum, auteur du « Peuple et les gros, histoire d'un mythe » : « Quand Royal évoque une corruption des élites au nom de la base, elle en revient plutôt au club des Jacobins ou aux soviets. »

A quand le retour des « socialo-communistes » ? Pour bientôt croit Le Figaro dont l’éditorial est titré : « Ségolène au pays des soviets » (http://www.lefigaro.fr/debats/20061024.FIG000000090_segolene_au_pays_des_soviets.html)

Fontenelle, ça vous a échappé !

Écrit par : Ajamais | 24/10/2006

excellent! vive le monde!
bon aller, me remet à lire mon plan B moua....si si j'y crois encore......

Écrit par : enzo d'aviolo | 24/10/2006

baisse de tension Enzo ? toi aussi..
Bon l'article quel que soit son rédacteur ne fait jamais que reprendre ce que l'on entend depuis une dizaine d'année. Fraction la plus à droite ? hum, lisez de temps en temps les débats à l'assemblée

Écrit par : brigetoun | 24/10/2006

Merci Seb,
je m'étais arrêter à la première phrase, ignorons tout ce qui me plaît pas parce que c'est pas beau. je me suis dit que de tels propos ne méritait pas qu'on s'attarde sur la suite. Comme je m'étais levé du mauvais pieds j'ai évité le reste...

C'est affligeant, c'est clair. Mais ce qui est étonnant c'est l'absolu manque de critique qui donne une redondance de ce type de discours. En plus je suis sûr qu'il croit en ce qu'il dit the boucher. Il ne se rend pas compte à quel point il est un idéologue et non plus un journalsite.

Écrit par : ango | 24/10/2006

Je vais vous dire ce qui me déprime le plus moi. Ce n'est pas que le Monde distille cette popagande thatchérienne, mais plutôt que le PS, dans son discours ségoliste, ne conteste que très peu des thèses avancées ici... voire en soutient certaines...

Écrit par : étienne fillol | 24/10/2006

Cela dit, je ne peux m'empêcher de relever que les E-U, c'est aussi ça :

"Jeffrey Skilling, l'ex-PDG d'Enron, a été condamné à vingt-quatre ans et quatre mois de prison, lundi 23 octobre, à Houston (Texas) pour sa responsabilité dans la faillite retentissante du géant du courtage en énergie. "Les crimes de cette ampleur méritent une punition sévère", a estimé le juge Sim Lake en rendant la sentence."

Autant vous dire que l'affaire Clearstream (au moins concernant son volet politique) aurait eu là-bas certainement d'autres retombées judiciaires qu'ici.

Qu'ils gardent leur modèle économique et social, mais qu'on importe quelques-uns de leurs trucs concernant la liberté de la presse et les sanctions des grands patrons escrocs, ce sera très bien comme ça.

Écrit par : Anne | 24/10/2006

@Anne,
comme quoi il n'y a que dans le cochon que tout est bon! Ou tout mauvais!

Écrit par : martingrall | 24/10/2006

@Seb
Merci de signaler la correction. C'est une preuve d'honnêteté.
Comme quoi on peut être gauchiste et honnête (prochain article d'Eric le Bouché en vue : l'honnêteté, retard coupable qu'il faut adapter et flexibiliser).
C'est pas comme les communistes et autres sbires de Staline qui retouchaient les photos et qui après disaient "Mais non c'est pas de la torture, c'est juste des interrogatoires musclés" - ou un truc dans le genre, à moins que je confonde avec une autre histoire.

Question néanmoins : vaut-il mieux balancer des billets dans la nuit à des ZZ (Zeures zindues) ou balancer un commentaire familial à ZZ (Zinedine ZiZou Zidane) ?

@Les autres
Pour rendre mon commentaire initial (de preums, nananèreu) moins cryptique : une faute de typo nocturne faisait se terminer l'article par une datation du Monde non pas au carbone 14 mais au 22 octobre 2007.
D'où une autre question : la faute de typo nocturne peut-elle être un acte manqué de prospective ?

@ceux et ceusses qui s'y connaissent pas trop en économie
"Eric Le Bushé nous le révèle: "Depuis vingt ans", les Etats-Unis d'Amérique "ont une croissance du PIB par tête nettement supérieure à la nôtre".
C'est aussi connu qu'indéniable : on appelle ça attraper la grosse tête.

@étienne fillol
Je me dois de constater qu'au PS un discours s'est incontestablement installé.
Enfin, j'dis ça, j'dis rien.
J'reste objectif et impartial en tant que Premier Sectaire du PS. Mais bon, j'le dis quand même, histoire de faire un peu de pédagogie.

Allez, foin de questionnements métaphysiques et retour au taf. Beurk !

Écrit par : François-Xavier de Hollande | 24/10/2006

muningua, vous avez raison, c'est septième poème de l'amour la poèsie de Paul Eluard.

Écrit par : martingrall | 24/10/2006

@Anne

La liberté de la presse aux Etats-Unis ? Mmmmouais...Il y aurait bien à dire et à redire.
Votre vision m'étonne d'autant plus chère amie, que vous citâtes - citationnâtes ? citîtes ? - eh merde...que vous avez cité plus haut l'excellent Serge Halimi qui nous fournit régulièrement en analyses à ce sujet. D'où il ressort que c'est une liberté pour le moins discutable. Disons plus formelle que réelle. A moins qu'elle ne soit étouffée par le conformisme et les intérêts économiques.
Bref, "La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas", comme nous le rappelle Le Canard Enchaîné chaque semaine.
Dans ce cas, oui, on peut franchement parler de liberté de la presse aux US ; de très grande liberté, même.

Enfin, pour éviter tout malentendu, je ne prétends pas que c'est différent ou mieux en France. Surtout pas. Loin de là.
Mais nous, au moins, on a été en finale de la coupe du monde. Ehhh oui.

Allez, retour au taf pour de bon ce coup-ci. Beurk, beurk, beurk !

Écrit par : François-Xavier de Hollande | 24/10/2006

Du blabla bien-pensant, sous la plume de ce Le Bushé, comme sous tant d'autres. On est inondé de ces discours depuis des années. Les tenants de ce langage ont trouvé leurs héros cette fois-ci, Nicolas et Pimprenelle.

Comme ils avaient choisi leur camp en 2005, celui du OUI à Giscard, bien sûr.

A nous une nouvelle fois de leur démontrer qu'ils ne représentent plus rien !

Benji
www.levraidebat.com

Écrit par : Benji | 24/10/2006

@anne

Certes, 24 ans là où la perpétuité aurait été méritée, c'est déjà pas mal. Par contre, je dirais que le système judiciaire américain a aussi ses lacunes, quand on voit le "blanchissement", post-mortem, de son président, Kenneth Lay...

Écrit par : David.A | 24/10/2006

@ François Xavier de Hollande et David A

On se calme ! J'ai pas dit que les E-U c'était mieux que la France ! Je suis incapable de faire des comparaisons et j'ai horreur de ça.

Je voulais juste faire remarquer que parfois il y avait des affaires qui sortaient et des condamnations qui tombaient là-bas, qui à mon humble avis, sont la plupart du temps passées aux oubliettes chez nous.

Il y a sûrement des tas de contre-exemples. Sûrement. Bref, je ne m'extaxie pas devant la presse et la justice américaine. J'ai juste de plus en plus l'impression qu'ici on étouffe systématiquement tout et à tous les niveaux. Bref, je suis un peu lasse de ce qui se passe chez nous, et là dessus, nous sommes d'accord, je pense.

Écrit par : Anne | 24/10/2006

"Je suis un peu lasse de ce qui se passe chez nous".
Pourquoi "un peu"?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 24/10/2006

Sans aborder les classiques que sont le PIB, et le déficit budgétaire, et sans aborder non plus le thème de la croissance infinie, qui toute personne un peu acquise à la décroissance (c'est à dire toute personne raisonnable) sait être hallucinant, les Etats-Unis ont surtout un endettement des ménages vastement supérieur au nôtre.

Or, c'est pas difficile de créer de la croissance quand les individus s'endettent. Si le Français lambda, demain, acceptait de vivre très endetté, alors il aurait une grande maison, un grand hummer, et la France aurait une croissance vertigineuse.

Écrit par : glomp | 24/10/2006

@ glomp
"Tout personne un peu acquise à la décroissance (c'est à dire toute personne raisonnable)".
Clapclapclapclapclapclap!
(Je remarque d'ailleurs, je ne les ai pas (encore) comptés, qu'il y a sur ce blog pas mal de gens raisonnables, de ce point de vue.)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 24/10/2006

@anne

Nous sommes en effet tout à fait d'accord pour le reste. Loin de moi l'idée d'une "attaque personnelle":-) Juste une observation comme ça en passant. Le système judiciaire américain n'est pas parfait, mais c'est vrai qu'il peut apparaître, en tout cas partiellement, comme le dernier rempart contre le monopole du pouvoir de la droite américaine, et de tous les abus qui vont avec. Les républicains eux-mêmes l'ont d'ailleurs bien compris, qui se plaisent assez régulièrement à fustiger ces "juges libéraux" et préparent, sournoisement (en tout cas avant la fin du mandat de Bush), le passage du "Tort Reform Bill", qui leur permettrait de mettre fin au système de dommages et intérêt tel qu'il se pratique actuellement. Sans même parler de la campagne acharnée qu'ils mênent pour placer leurs hommes (ou femmes) au sein de toutes les "Circuit Courts", un des rares maillons qu'ils ne contrôlent pas encore (Ca me fait penser d'ailleurs que si jamais la Cour Suprême perds encore un juge sous le mandat de GW, Ca leur donnerait une majorité absolue pour les 40 prochaines années...que du bonheur en perspective!);

C'est vrai que souvent, j'aimerais aussi voir ce système débarquer en Europe, parce que malgré les abus qu'il a pû engendrer là-bas, il permettrait de remettre certaine pendules à l'heure ici.

Écrit par : David A. | 24/10/2006

@Anne

"On se calme ! J'ai pas dit que les E-U c'était mieux que la France !"
Je sais. Je n’ai jamais dit ni compris le contraire.
Vous noterez donc chère amie – vous permettez que je vous appelle chère amie (non ? dommage, trop tard ; c’est fait) – qu’il n’y a pas d’embrouille et que je m’étais montré par ailleurs on ne peut plus urbain dans mon questionnement sur la liberté de la presse aux USA, sans pour autant chercher à engager un débat sur cet aspect des choses tant il me semble que là n’est pas le sujet du jour, d’autant plus que j’ai déjà assez de mal comme ça à terminer cette phrase qui s’allonge de façon démesurée, au point qu’il va bien falloir que ça s’arrête à un moment ou un autre, quitte à ce que j’utilise les grands moyens. Point. Voilà, c’est fait, j’l’ai terminée finalement. Ouf. Va mieux. Ce fut difficile.

"Bref, je suis un peu lasse de ce qui se passe chez nous, et là dessus, nous sommes d'accord, je pense"
Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Y a un problème ? Lequel ? Où ?
Y a quelque chose qui va pas bien chez nous ? Nooooooon, c’est pas possible. Ou alors on m’a pas mis au courant (qui sera libéralisé pour tous l’an prochain, d’ailleurs, notons-le t’au passage).
‘tain, on me dit jamais rien, à moi. C’est trop injuste.

Écrit par : Francois-Xavier de Hollande | 24/10/2006

:-) Il y a des accents nietzschéens dans ton article Sébastien. D'ailleurs il ne serait pas inintéressant de se demander ce que ce besoin pathologique de "bouger en permanence", de "courir de plus en plus vite" signifie, physiologiquement parlant. Quelle anxiété cette frénésie, ce besoin maladif de "travailler plus", cette angoisse de "louper le coche" ou de l'avoir déjà loupé, d'être "en retard" (un "retard coupable" qui plus est...) essaye-t-elle de fuir et de masquer.

Écrit par : Mathieu | 24/10/2006

Que fait Jean-Marc Sylvestre? Est-ce qu'il a porté plainte ou est-ce qu'il n'a pas remarqué ce type en Ferrari qui le dépassait sur sa droite?

Écrit par : christian lehmann | 24/10/2006

Grand moment de matraquage en règle des 35h dans "C'est dans l'air". Le choix des sms, pour ne parler que de lui, est d'une impartialité...: "Les 35heures n'ont-elles pas rendu les français oisifs?", "avec les 35h quelle entreprise osera s'installer en france?" "j'aime travailler et je n'aime pas être en vacance: suis-je anormal?", "Pourquoi les 35h ne permettent-elles pas aux entreprises d'embaucher?", "ne serait-il pas possible de laisser les français choisir leur temps de travail eux-mêmes?" "les 35h n'ont-elles pas fait stagner les salaires?" etc. etc. etc.

Écrit par : Mathieu | 24/10/2006

ha ben le busher y va devoir nous refaire un cours!
Microsoft plombe la croissance américaine? Ha le grand méchant Bil, Vista est à la peine EI 7 est doublé a sa sortie par le coeur gauche du processeur et pourquoi gauche? Que pour faire des misères aux conditionneurs français du Monde.

Écrit par : martingrall | 24/10/2006

Me revoilà.
Ce soir, ici: nous ne suivrons pas le débat "socialiste"!
Qu'on s'le dise!
Mwârf!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 24/10/2006

T'as raison seb ;) Mwârf

Écrit par : g.b. | 24/10/2006

Diantre, j'ai complètement oublié le "débat".
Je tombe sur l'analyse post-débat. Je vois ... des lumières. Il y a ... c'est fou, il y a ... un expert qui a la voix qui mue, c'est fou.

Écrit par : glomp | 24/10/2006

On repasse un passage du "débat". Sur le mariage et l'adoption homosexuels. Est-ce que Royal légalisera le mariage et l'adoption homosexuels. Ah, elle a dit oui. DSK a dit oui. Fabius a dit oui. Consensus.

Écrit par : glomp | 24/10/2006

Apparemment "l'expert" à la vois qui mue n'est autre que Mr Karoutchi, du GOP.

Écrit par : glomp | 24/10/2006

à la voix, quoi
Bon j'arrête.
Je retourne jouer avec les nombres premiers, qui m'aiment et que j'aime.

Écrit par : glomp | 24/10/2006

j'dis ça mais c'est reagan, le cove bois, sur la photo c'est pas bush! la pétroleuse!

Écrit par : martingrall | 25/10/2006

Nouveau billet dans trois minutes (chrono), puis j'irai faire un tour en face, chez g.b. (Prononcer djibi).

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 25/10/2006

@Mathieu ("il ne serait pas inintéressant de se demander ce que ce besoin pathologique de "bouger en permanence", de "courir de plus en plus vite" signifie")

"Leur idée* de la domination ne pouvait être réalisée ni par un Etat, ni par un simple appareil de violence, mais seulement par un MOUVEMENT CONSTAMMENT EN MOUVEMENT : à savoir , la domination permanente de tous les individus dans toutes les sphères de leur vie**. (...) L'objectif pratique du mouvement est d'encadrer autant de gens que possible dans son organisation, et de les mettre et de les maintenir en mouvement: quant à l'objectif politique qui constituerait la fin du mouvement, il n'existe tout simplement pas."
(*au bolchevisme, au national-socialisme)
(** ici une note où elle renvoie à ...Hitler : "Mein Kampf," Livre1; chap.11)

Hanna Arendt, "Le système totalitaire"

Écrit par : Marie-France G-TOURRE | 25/10/2006

Faut reconnaître que martingrall est parfois cryptique...
;-)

Marie-France: bien vu.
Même si comme tu sais, je n'aime pas trop ces comparaisons qui ne sont (certes) pas raison!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 25/10/2006

Merci pour la référence Marie-France

Écrit par : Mathieu | 25/10/2006

Je n'avais pas encore eu le temps de lire le dernier opus dominical d'ELB...
Et puis la cargaison de boutons d'urticaire qui l'accompagne. Mais il est tout à fait fidèle à ses chroniques habituelles, tout va pour le mieux dans le meilleur des Mondes... ultralibéral.
Je ne peux m'empêcher de penser à l'excellent article de Pierre Bourdieu paru dans le Monde diplomatique (mars 1998 ?) "l'essence du néolibéralisme" ou une utopie en cours de réalisation, avec tous les dangers que cela suppose dès que l'on cherche à appliquer une quelconque idélologie.
ELB nous prêche la soumission. Nous n'aurions aucun autre moyen (air connu). A ceci près qu'il est peut-être plus judicieux de lire La Boétie contre "la servitude volontaire"... "Esclaves debout !" dit la chanson. Mais point n'est besoin de sang... révolution non violente. Il suffit de ne pas nourrir le tyran. Se croiser les bras. Faute d'aliments, il dépérit.

Écrit par : Kamizole | 26/10/2006

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