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31/10/2006

Positivons:

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C'est quand même vachement curieux, hein, les hasards de la vie, quand on y réfléchit trois secondes.

Pas plus tard qu'hier, par exemple, des gens m'ont fait, ici même, le reproche (ô combien légitime) de ne jamais positiver - comme on dit chez les grands distributeurs attachés à leurs marges.

Genre, ouais, t'es bien gentil, mais tu critiques, tu critiques, et jamais tu proposes rien, fumiste.

Et juste là, juste après avoir découvert ces commentaires sévères mais courtois, je tombe, esbaudissante coïncidence, à la une du "Monde", sur ce gigantesque scandale: "Huit cent cinquante-quatre millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde - elles disposent de moins de 1.900 calories par jour -, dont 820 millions dans les pays en voie de développement (contre 823 millions en 1990)."

Or, là, c'est pas pour me vanter, mais j'en ai une, de solution, à proposer.

Simple et de bon sens, comme sont toujours les solutions vraiment pratiques.

Mais levons d'abord, s'il vous plaît, une éventuelle ambiguïté.

Le scandale, ici, n'est pas (n'en déplaise à l'engeance altermondialiste) que des centaines de millions de guenilleux crèvent la dalle à l'autre bout du monde: ça, franchement, on s'en battrait plutôt les couilles, c'est pas ce qui nous empêchera, tou(te)s tant que nous sommes, de nous taper ce soir une quatre fromages des familles, et un tiramisu baveux à souhait, bien dégoulinant.

Ce qui est, par contre, vraiment scandaleux, et je m'étonne, au passage, que Jacques Marseille, petit joueur, n'en dise rien, c'est que ces crevards nous coûtent un fric fou.

C'est la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, qui le dit: les pays qui mangent à leur faim versent, tenez-vous bien, une "aide au développement" à ces 800 et quelques millions de traîne-misère.

Combien exactement, je ne sais pas.

Mais si j'ai bien compris, on parle ici, asseyez-vous, de milliards d'euros.

Au moins!

Chaque année!

Avec l'argent de mes impôts!

Et des vôtres!

Et de ceux de ces milliards d'êtres humains dont le seul crime est de faire chaque jour deux à cinq repas pleins de mauvaises graisses!

On nous a demandé notre avis?

Pensez-vous!

Alors moi, je suis désolé, mais j'appelle ça du racket.

Contribuable!

Réveille-toi!

Plus scandaleux encore: ce pillage de nos porte-monnaies, cette façon, insupportable, de vider nos poches pour mieux remplir celles d'on ne sait trop quels crève-la-dalle exotiques, ça ne sert absolument à rien.

C'est la FAO qui le dit, là encore: "L'aide au développement ne cible pas les plus nécessiteux."

J'ai lu ça, j'ai, dans l'instant, déchiré un billet de cinq euros, histoire de bien me représenter ce dont il est ici question. (Je fais ce que je veux avec mon pognon, si c'est pour le filer à ces tuberculeux, merci, je préfère encore le déchiqueter. Non mais sans déconner, on va où, là?)

Et c'est là, figurez-vous, que j'ai trouvé la solution à tous nos problèmes.

La voici: nous devons, d'urgence, arrêter de filer du blé à ces pauvres.

Je vous avais prévenu(e)s que c'était à la fois simple et terriblement efficace.

Economie annuelle: plusieurs milliards d'euros.

J'aime autant vous dire qu'avec notre part à nous de ce joli petit magot, on aura tôt fait de ramener l'ordre, à Clichy-sous-Bois.

J'aime autant vous annoncer qu'avec tous ces beaux euros sonnants et trébuchants, on aura tôt fait d'acheter des renforts de police pour nos banlieues ethnico-religieuses, et des flingues autrement plus dissuasifs, pour ces renforts, que leurs flash-balls de coiffeuses.

La France, alors, sera belle et policée.

Je vous le dis: pour mieux mater nos pauvres, nous devons d'urgence laisser crever ceux du tiers-monde.

Un mort (de faim) au Liberia, c'est une matraque en plus pour les quartiers "difficiles" où la plèbe ne se tient plus.

Non?

30/10/2006

"La Gauche Qui Bouge", Cauchemar Du Salarié

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Les "socialistes", c'est leur tropisme, ne conçoivent la "gauche" que (très) diluée dans le "néo-"libéralisme.

C'est ce que prouve la faveur nouvelle dont semble bénéficier depuis quelques jours l'ineffable Dominique Strauss-Kahn, qui piquerait, au sein du P"S", nous dit la presse (qui ment), quelques intentions de vote à Marie-Ségolène Royal.

En somme, les "socialistes" s'éloigneraient (un peu) de Sarkozy pour se rapprocher (un peu) de Raffarin: voilà exactement ce que j'appelle tomber de Charybde en Scylla.

DSK, c'est la "gauche" qui "bouge".

C'est lui qui le dit, et qui, même, n'arrête pas de le répéter, des fois qu'on serait trop con(ne)s pour avoir compris du premier coup.

DSK dans "Libé", samedi: "Entre une droite qui n'a à la bouche que l'adaptation au marché et une certaine gauche qui refuse de bouger, je crois que le rôle de la sociale-démocratie est de montrer qu'il y a un chemin audacieux et crédible face à la mondialisation".

Ben.

Voyons.

La "gauche" qui "bouge", façon DSK, on sait parfaitement ce que c'est, merci, on a donné.

C'est une "gauche" qui, très vite, n'a plus à la bouche que l'adaptation au marché.

Quand les "socialistes" bougent, c'est pour se rallier massivement aux sévères mais justes lois (et joies) du capitalisme.

Quand cette "gauche"-là bouge, c'est pour sauter à pieds joints sur tout ce qui fondait jadis sa légitimité.

Quand les "socialistes" bougent, c'est - toujours - pour se déplacer vers la droite - mais jamais ils n'osent l'admettre.

DSK ne dit pas: "J'aime l'odeur de l'ouverture du capital au petit matin".

Il dit plutôt, mais c'est grosso modo la même chose, qu'il veut: "Construire une nouvelle croissance qui nous permettra d'attaquer les inégalités et les injustices".

Comme tous les candidats libéraux, DSK prétend, bien sûr, faire la différence avec les quelques navrants hochets traditionnels des "socialistes", genre "la parité" ou "le mariage homosexuel".

Depuis que les "socialistes" ont renoncé à se battre pour tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à des progrès sociaux, ils font beaucoup, c'est bien connu, dans le "sociétal" - comme Christine Boutin.

Pour être cohérents, les "socialistes" doivent, d'urgence, renoncer à cette appellation qu'ils ne cessent de ridiculiser: ils doivent, très vite, et se trouver un nouveau nom.

"Parti Qui-bouge"?

29/10/2006

L'Empire Et Ses Nouveaux Barbares

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Je ne sais pas qui sont les sinistres petits enculés qui ont mis le feu, hier à Marseille, à ce bus dans lequel se trouvait cette jeune femme.

Mais il y a une chose dont je suis bien certain: c'est que ces crevures ont fait "comme à la télé".

Ne vous méprenez pas: je ne parle pas, ici, des images de banlieues en flammes dont les JT nous abreuvent jour après jour.

Mais de celles des guerres bushistes qui, depuis tellement d'années, rythment notre quotidien médiatique.

De ces guerres où l'Empire pilonne, brûle, anéantit, au moins autant que des cibles militaires, des infrastructures civiles, et jusqu'à des autocars, au prix, à chaque fois, de quelques milliers de victimes "collatérales". (Un mot atroce.)

De ces guerres qui, jour après jour, nous enseignent, exactement comme Ben Laden, que la fin justifie les moyens, et les massacres d'innocents.

De ces guerres où l'on explique, par le feu et le sang, qu'une vie humaine vaut moins que rien.

Ne faisons pas semblant de nous étonner quand des salopards cagoulés nous signifient qu'ils ont parfaitement reçu le message.

28/10/2006

Philippe Val, Intellectuel De Médias

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Cette semaine, dans "Charlie Hebdo", Philippe Val ne découvre aucun stalinien dans son proche (ou moins proche) entourage.

On pourrait en conclure que Philippe Val a soigné sa jeanfrançoisrevelite.

Mais tel n'est pas (du tout) le cas: elle s'aggrave, au contraire.

Dans son éditorial de la semaine, Philippe Val sème en effet ces quelques mots, qui l'installent définitivement à la table des intellectuels de médias: "L'opinion française est travaillée par une sorte de racisme anti-américain auquel Bush sert de prétexte".

Nous sommes d'accord: c'est inepte. (C'est à peu près aussi affligeant que si nous affirmions, au seul motif que Philippe Val a follement battu des mains quand l'USAF a bombardé la Serbie: "Philippe Val est travaillé par une sorte de racisme anti-serbe auquel Milosevic servait de prétexte".)

En même temps, ce n'est pas très nouveau.

Feu Jean-François Revel, que ces questions obsédaient, ne disait pas autre chose, lorsqu'il stigmatisait "l'obsession anti-américaine" des Françai(se)s.

Pascal Bruckner ne disait pas autre chose, lorsqu'il écrivait au printemps 2006, avec pudeur: "N'en doutons pas un instant: si le débarquement de juin 1944 avait lieu aujourd'hui, l'oncle Adolf jouirait de la sympathie d'innombrables patriotes et radicaux de la gauche extrême au motif que l'oncle Sam tenterait de l'écraser".

Philippe Val nous ressert donc, alors qu'on ne lui a rien demandé, une grosse louchasse de l'épais cassoulet idéologique mitonné par d'autres penseurs dont les convictions, au fond, ne diffèrent que fort peu de celles de Condoleeza Rice.

Bruckner et Val disent rigoureusement la même chose.

La vérité, c'est que ces gens qui, en gros, applaudissent à chaque fois qu'un bombardier furtif inculque la démocratie à quelques victimes collatérales sont, au fond, des gouvernementdesétatsunistes primaires, mais qu'il n'osent pas l'énoncer trop directement.

Courageux, mais pas téméraires.

Dès lors, pour justifier de leur soumission au(x) dogme(s) des faucons yankees, nos intellectuels de médias font ce qu'ils font toujours, en de telles situations: ils inventent un gros stratagème à deux balles qui va leur permettre de se poser, non en fidèles flatteurs de croupes néo-conservatrices, mais en courageux contempteurs de la xénophobie.

Leur martingale, c'est le "racisme" - un racisme qui n'existe, bien sûr, que dans leurs imaginations.

Dès qu'ils trouvent sur leur chemin des interlocuteurs qui essaient de leur expliquer posément que dans la vraie vie, le monde est plus complexe que dans un essai d'Alain Finkielkraut, et le gouvernement étatsunien moins uniment délicieux que dans un essai de Jean-François Revel, ces mecs-là dégainent leur arme fatale: "Ah? Vous critiquez l'administration américaine? Donc, vous êtes raciste? Et vous croyez que je vais discuter avec Adolf Hitler?"

C'est commode: ça évite, justement, la contradiction.

Les intellectuels de médias font mine de confondre la critique - si légitime - des menées impériales (voui) de George W. Bush (et d'autres avant lui) avec une xénophobie anti-américaine complètement imaginaire - et dont ils échouent d'ailleurs, et pour cause, à donner le moindre exemple un tant soit peu convaincant.

Philippe Val, quand il évoque ce "racisme" fantasmagorique, ne fait que réciter le catéchisme grotesque des néo-cons français, qui ont depuis longtemps substitué l'imprécation et la calomnie à la "philosophie" dont la plupart se réclament.

Un autre intellectuel de médias lui répond d'ailleurs, comme en écho, dans "Le Point" de cette semaine: "Cette guerre contre l'Occident, cette haine de l'Europe et de l'Amérique en passe de devenir religion planétaire, le relativisme culturel, l'idée que l'universalisation des valeurs de démocratie et de droits de l'homme ne sera jamais qu'un abus de pouvoir des peuples riches contre les peuples prolétaires, l'anti-impérialisme pavlovisé sur fond de prétenu respect des identités, bref, tout cela, toute cette soupe idéologique qui est l'ordinaire du progressisme contemporain, a une généalogie qui n'est autre - mais oui! - que celle des fascismes européens".

C'est BHL qui signe cet ahurissant manifeste.

Mais ça aurait tout aussi bien pu être Val.

26/10/2006

Brice Hortefeux Devrait Quand Même Y Aller Mollo, Sur Pétain...

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Le moins qui se puisse dire est que ce blog n'est pas ségolèneroyaliste.

Oh non.

Hier encore, par exemple, on se gaussait, ici-même, des "jurys citoyens" de Pimprenelle - encore une idée qui lui est venue après lecture de quelques enquêtes et sondages.

Mais ça n'empêche évidemment pas de vomir à longs traits, quand la droite, qui sera toujours la droite, bascule dans l'ignoble, pour tenter de la disqualifier.

Or, l'UMP vient de basculer.

En comparant, d'abord, Ségolène Royal à Pol Pot et Mao - ou, si l'on préfère, ses "jurys citoyens" aux sanglants délires qui ont fait jadis quelques millions de morts entre Pékin et Phnom Penh...

Jean-François Copeaux, ministre UMP du budget, celui même qui avait promis sans pouffer d'arrêter la langue de bois, a précisé, avec beaucoup de retenue: "Profitez-en bien, parce que si par malheur Ségolène Royal devenait présidente, ce ne serait plus les parlementaires qui examineraient l'efficacité des ministères, mais des tribunaux populaires. On mettrait les têtes au bout des piques".

Mais c'est Brice Hortefeux, ministre UMP délégué aux collectivités locales, qui a remporté haut la main le Grand Prix 2006 de l'obscénité en politique, en déclarant mardi: "Ne l'oublions pas, à chaque fois dans notre histoire qu'on a voulu s'en prendre aux élus, c'est en réalité à la République qu'on a voulu s'attaquer, du général Boulanger à Paul Déroulède, des protagonistes du 6 février 1934 à ceux qui, sous Pétain, avaient voulu mettre en place des comités chargés de dénoncer des autorités locales qui faisaient preuve d'esprit républicain".

Aucun excès de pudeur n'entrave Brice Hortefeux.

Mais là, moi, franchement, je serais ministre UMP délégué aux collectivités locales, j'irais mollo, mollo, sur les comparaisons indignes.

Je la mettrais, surtout, grave en sourdine sur Pétain, parce que ce genre de trucs, on ne sait jamais, ça peut vous revenir dans les dents à la vitesse du son.

Imaginons, par exemple, que d'aucun(e)s se prennent à ce petit jeu scandaleux des symétries dégueulasses - et viennent suggérer à Brice Hortefeux un test comparatif entre, d'une part, certaine récente instruction aux préfets du ministre UMP de l'Intérieur sur la nécessité de faire du chiffre dans la chasse aux clandestins (enfants compris), et, d'autre part, tel ou tel courrier oublié de Louis Darquier de Pellepoix?

Briche Hortefeux trouverait-il cela convenable?

Imaginons, encore, s'il devait s'engager trop loin sur un chemin trop fangeux, que d'autres viennent lui murmurer, dans le creux de l'oreille: "Les rafles d'enfants ont-elles été finalement si nombreuses, dans notre Histoire, que vous puissiez ainsi, toute vergogne bue, convoquer les ombres du pétainisme pour disqualifier Ségolène Royal?"

Brice Hortefeux trouverait-il cela décent?

Rappelons alors à Brice Hortefeux qu'on ne galvaude pas sans honte, au nom de minables disputes politiciennes, l'unicité absolue, et si absolument effroyable, de ce qui s'est passé chez nous, et très singulièrement à droite, entre 1940 et 1944...

25/10/2006

Marie-Ségolène Royal Est Réac(tive)

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On le constatait ici même, pas plus tard qu'il y a une dizaine de jours: Marie-Ségolène Royal, aka Pimprenelle, à force d'adhérer aux sondages, devient comme ces girouettes qui, sur nos toits campagnards, tournent au gré des vents.

Pimprenelle, qui nous avait, si mes souvenirs sont bons, promis pour l'automne la publication de son programme, n'a pas tenu cette promesse - et pour cause: ledit programme semble décidément s'élaborer, au doigt mouillé, au gré desdits sondages.

Cela s'est par exemple vérifié quand Pimprenelle a dit son attachement à la "nation", sur la foi, non tant d'une conviction, que d'une statistique.

Depuis, cette faiblesse (car c'en est une, et de taille) se confirme, au point que les proches de Pimprenelle, eux-mêmes, ne peuvent la nier: leur championne "entretient un lien étroit avec les sondages", reconnaît ainsi "un membre de son équipe" (cité par "Le Monde") qui décroche au passage une mention "très bien" en euphémismologie.

Dernier exemple en date: lorsqu'elle propose (quelques jours après que Nicolas Sarkozy a, comme c'est curieux, réclamé de son côté des jurys populaires) la création de "jurys citoyens" (pour juger, il est vrai, de l'action des politiques plutôt que de celle des jeunes de banlieue), Pimprenelle, qui semble n'avoir jamais entendu parler de la Cour des comptes (et de ses multiples succursales régionales), s'aligne, là encore, comme le soulignait hier "Libé", sur "une enquête où 60% des Français jugent leurs politiques "plutôt corrompus"".

Pour ce faire, Pimprenelle, comme pour mieux nous convaincre (mais elle prêche des converti(e)s) de son refus de laisser à l'imagination le moindre commencement de pouvoir, s'inspire (très) librement d'un livre paru en septembre dernier, qui préconise notamment la création d'"agences citoyennes de notation pour apprécier des actions de certains organismes publics" - et dont l'auteur (Pierre Rosanvallon, de la désopilante "République des idées") serait, dit-on, quelque peu indisposé par les emprunts de la candidate préférée des sondeurs...

Ainsi va la "démocratie participative", telle que la conçoit Pimprenelle: elle semble surtout se résumer à une lecture quotidienne des journaux, immédiatement suivie d'un long reniflement de l'air du temps, puis d'un ajustement des contes de campagne aux supposés "désirs d'avenir" du populo - qui n'en peut mais. (Je rappelle que Pimprenelle, comme la presque totalité de la nomenklatura médiatico-politique, a naguère fait campagne pour le "oui" à la Constitution européenne, telle que la rêvaient les patrons - mais que Pimprenelle a pourtant déclaré, il y a trois jours: "On ne peut pas dire au peuple français qu'on va le consulter et puis lui dire qu'il est trop bête et qu'il doit faire comme l'élite lui dit".)

C'est ce que les conseillers de Pimprenelle (qui présentent cette sirupeuse démagogie comme un atout susceptible, encore un, de laminer ses concurrents) appellent sa "plus grande réactivité": je suppose qu'en réfléchissant un peu, nous pourrions trouver d'autres appellations.

24/10/2006

"Je Suis Tous Américains" (Eric Le Bushé, "Le Monde", 22 octobre 2006)

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Une fois par semaine, "Le Monde", quotidien vespéral de la joie de vivre, publie, en page 2, sous la forme d'une "chronique", les points de vue d'un certain Eric Le Bushé (prononcer "Le Boucher", comme dans "George W. Bouche") sur l'"économie".
 
Les chroniques d'Eric Le Bushé sont, le plus souvent, un régal - ne serait-ce que pour ce qu'elles révèlent de la folle témérité de Jean-Marie Colombani, patron de "Le Monde": car même le "Wall Street Journal", qui n'est pourtant pas non plus un foyer de subversion evomoraliste, n'ose plus (du tout) publier de libelles aussi outrancièrement reaganiens.
 
La dernière livraison d'Eric Le Bushé, datée du 22 octobre, est cependant plus goûtue encore qu'à l'accoutumée: on y sent l'air du grand large et des grandes hauteurs, on devine, au fil des mots, que l'auteur a définitivement largué les dernières amarres qui le rattachaient encore (un peu) à la réalité.  
 
Cette semaine, Eric Le Bushé, manifestement décidé à briser le tabou de la modestie journalistique, admoneste en effet (vertement) "les hommes et les femmes politiques" dévoyés qui, depuis vingt ou trente ans, ont fait de la France un véritable enfer gosplaniste - et leur explique, c'est le titre de sa chronique: "Ce qu'il faut faire."
 
(Eric Le Bushé a d'abord envisagé un titre plus directement informatif, mais déjà utilisé: "Nous sommes tous Américains".)
 
D'emblée, notre chroniqueur prévient: "Excluons l'extrême gauche et l'extrême droite du raisonnement. Pour elles deux, la solution passe par la fermeture des frontières aux biens, aux capitaux et aux personnes, or, chacun sait, sauf elles, que l'histoire comme les études ont montré que cela conduirait à une précipitation du pays dans le déclin."
 
On ne sait d'où Eric Le Bushé tient l'idée, complètement délirante, que l'extrême gauche (c'est à dire, dans son esprit, l'espace compris entre Pierre Méhaignerie et la CNT) souhaiterait fermer les frontières aux biens, aux capitaux et aux personnes.
 
Mais il présente cet ahurissant bobard comme une information, et après tout, si c'est dans "Le Monde", c'est que ça doit être une contrevérité de référence.
 
Une fois réglée, par le moyen de cette minuscule tricherie, la question bolchevique, Eric Le Bushé embarque les "socialistes" et l'UMP, formations libérales, dans sa démonstration: "Raisonnons avec la gauche et la droite dites de gouvernement."
 
Ecrit-il.
 
Et d'asséner (à ce public choisi) cette (stupéfiante) révélation: "Le monde est entré dans une nouvelle phase sous la poussée de trois forces puissantes et conjuguées: une accélération technologique fulgurante, une mondialisation généralisée et l'émergence d'un nouveau capitalisme dit patrimonial qui accorde une place première à l'actionnaire."
 
En résumé: "Le changement est radical: il ne suffit plus de bouger une fois, de trouver une invention, d'engager une réforme, mais de bouger en permanence, de créer quotidiennement, de réformer les réformes, pour courir de plus en plus vite."
 
Or: "La France, celle de tonton Mitterrand et celle de papy Chirac, a loupé le coche."
 
Annonce Eric Le Bushé, qui ne craint pas, on le voit, de malmener un lectorat trop longtemps anesthésié par la propagande communiste.
 
Pendant que le capitalisme patrimonial inventait le mouvement perpétuel, notre chère et (surtout) vieille France, abusée par des planificateurs fous, est restée immobile - de sorte qu'elle a pris, non seulement du "retard", mais du "retard coupable", pour diverses raisons "idéologiques, politiques, culturelles".
 
Eric Le Bushé recense "les effroyables dégâts" nés de ce retard: "chômage, banlieues, déficits, désespoir des jeunes"... (Les banlieues, aux termes de cette énumération, forment donc, en elles-mêmes, un dégât, au même titre que le chômage: merci, Eric Le Bushé.)
 
On ne sait toujours pas ce que préconise notre chroniqueur, mais on devine déjà qu'au moment de réparer ces dégâts, la solution ne viendra pas de la sociologie. 
 
A ce point de sa "démonstration", Eric Le Bushé, qui n'a toujours pas craché sa Valda, prend son lecteur par la main, comme Yves Duteil suggérait jadis de faire avec un enfant, pour l'emmener au Paradis: les Etats-Unis d'Amérique.
 
Là, tout n'est que Lumière(s) et Beauté, l'eau est si belle que l'on s'y baigne.
 
D'où vient tout ce bonheur?
 
Eric Le Bushé nous le révèle: "Depuis vingt ans", les Etats-Unis d'Amérique "ont une croissance du PIB par tête nettement supérieure à la nôtre".
 
C'était donc ça. 
 
D'où vient, dès lors, notre malheur à nous?
 
De ce que "la France et ses amies sont restées dans la croissance d'hier, celle de l'imitation, lorsqu'il suffisait d'étendre à un nombre croissant d'entreprises et de secteurs des méthodes et des technologies connues (importées en fait des Etats-Unis)"...
 
Nous crevons, en quelques mots comme en cent, de ne pas nous être complètement soumis au modèle yankee de GDRHDUCCP (Gestion Des Ressources Humaines Dans un Cadre Capitalistique Patrimonial).
 
Est-il encore temps de réparer cette monstrueuse négligence?
 
Eric Le Bushé (qui lentement nous a rapprochés du moment de nous révéler "ce qu'il faut faire") le croit, mais nous prévient: sa (nécessaire) thérapie "impose sa contrepartie sociale".
 
Et de préciser, pour que tout soit bien clair: "Les grands compromis capital-travail d'hier deviennent vite des freins, s'ils ne sont pas adaptés en continu".
 
C'est, on le devine, sa première préconisation: il est grand temps de renoncer à ces grands compromis capital-travail, d'en finir avec ces transactions à deux balles où des centrales syndicales financées par Pyongyang menacent d'organiser une journée d'action dimanche prochain si le patronat reste sourd à leurs (légitimes) revendications.
 
Eric Le Bushé envisage plutôt, pour l'avenir, des compromis capital-capital, où le capitaliste (patrimonial) proposerait au capitaliste (patrimonial), qui acquiescerait d'enthousiasme, de ne lourder, pour la saison automne-hiver, que 3.000 salariés par mois, au lieu des 3.012 initialement prévus.
 
Histoire d'acheter la paix sociale.
 
Eric Le Bushé, qui a donc atteint son altitude - pré-stratosphérique - de croisière, signale ensuite, après la contrepartie sociale, que la guérison de la France "a aussi ses conséquences individuelles: la situation (avoir une bonne situation) est remplacée par la vitesse (la capacité d'adaptation), l'avantage acquis par l'accès à la formation".
 
Traduction: le salarié aura le bon goût d'oublier la notion même de CDI, tragiquement préhistorique, de remercier le patron qui le giclera de son boulot de merde en lui suggérant d'aller s'adapter ailleurs, et de se montrer assidû, pendant les quelques années anciennement dévolues à l'aberration tiers-mondiste connue sous le nom de "retraite", aux cours de poterie qui lui permettront finalement de se recycler juste avant de crever - si toutefois il a le souci (mais sait-on jamais avec les pauvres) d'économiser de quoi payer la chaux qui, dans la fosse commune, viendra finalement ronger sa dépouille.
 
J'en rajoute? 
 
Voire.
 
Le Bushé, après avoir ainsi condensé en trois formules choc la pensée de la fraction la plus extrêmiste du MEDEF, rajoute pour finir, et pour la route, quelques ultimes conseils à notre personnel politique - dont celui-ci, qui d'une certaine manière boucle enfin la boucle: "(Inciter) à travailler plus, ce qui est la seule solution pour rétablir une société équitable".
 
Supprimer, donc, si je comprends bien, les 35 heures.
 
Remettre les pauvres au boulot, en somme - non sans leur avoir au préalable sucré leurs (scandaleux) privilèges: sécurité de l'emploi, retraite et autres (immondes) avantages acquis...
 
C'est dans "Le Monde", le 22 octobre 2006: que rajouter?
 

23/10/2006

Marie-Ségolène Royal: "Mon Opinion Est Celle Du Peuple Français." Le Peuple Français: "Ah Ouais? T'es Pour Le "Non" A La Consitution Européenne, Maintenant? Ben Pourquoi Tu L'As Pas Dit?"

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Hier, Marie-Ségolène Royal participait, à la Sorbonne, à je ne sais trop quel nouveau colloque, énième du nom, avec des "jeunes".
 
Sarkozy, Villepin et Juppé avaient aussi fait le déplacement: ça devait être vraiment important, ce truc, pour attirer quatre des personnalités les plus en vue de la droite. 
 
Enfin bref, sur France 2, au JT, un journaliste commentait la prestation de Pimprenelle (qui avait, semble-t-il, accepté cette fois de répondre à des "jeunes") en disant quelque chose comme: "Elle a parlé sans langue de bois."
 
Vous, je ne sais pas: moi, depuis que Jean-François Copeaux nous a promis qu'il arrêtait (lui aussi) la langue de bois, je m'attends, à chaque fois qu'un(e) élu(e) nous refait le coup, à ce qu'il (elle) nous serve un bol fumant de soupe au châtaignier, avec des gros morceaux de mélèze.
 
Or, là, non.
 
Dans le bref extrait de son intervention à la Sorbonne diffusé par France 2, Pimprenelle a parlé sans langue de bois.
 
Force est de le reconnaître.
 
Elle a, juste, sorti une assez grumeleuse bêtise. (Disons bêtise.)
 
Pour bien le comprendre, il faut se rappeler qu'une journaliste étrangère a osé lui demander, le 11 octobre dernier, ce qu'elle pensait de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
 
Pimprenelle, scandalisée par tant de fielleuse outrecuidance, a morigéné la provocatrice: "Mon opinion est celle du peuple français!" (Les proches de Pimprenelle, qui avaient manifestement oublié de la briefer sur la Turquie, ont commenté: "Plus que jamais, il faut qu'elle s'en tienne à ses fiches.")
 
Surprise: hier, à la Sorbonne, devant des "jeunes", Pimprenelle est revenue sur ses propos du 11 octobre.
 
Elle a sévèrement réprimandé les relous qui avaient trouvé sa réponse un peu légère - des gens comme l'UMP Michel Barnier, qui avait remarqué: "J'ai pensé, en écoutant Mme Royal, à une affiche de Jean-Marie Le Pen, il y a quelques années, qui disait: "Vos idées sont les miennes"".
 
Pimprenelle voit dans ces commentaires, il est vrai un peu taquins, une preuve du "fossé qui s'est creusé entre certains responsables politiques et le peuple."
 
Je vous avais prévenus: c'est (encore) une bêtise - ne serait-ce que parce qu'il ne suffit pas, et c'est heureux, pour "faire peuple", d'annoncer qu'on se rangera derrière l'opinion d'icelui, surtout quand tout le monde ou presque semble s'employer, jour après jour, à l'entretenir dans une hallucinante paranoïa sécuritaire - sans quoi la peine de mort, pour ne prendre que cet exemple, serait, je le crains, toujours en vigueur.
 
Je voudrais, quand même, dire ici à Marie-Ségolène Royal que c'est bien beau de nous prendre pour de sombres demeurés, mais que si je me rappelle bien, la dernière fois que le peuple s'est librement exprimé par la voie d'un référendum, il a envoyé, après avoir pris une centaine de mètres d'élan, un assez formidable coup de pied au cul de celles et eux qui, jusqu'à la nausée, l'avaient sommé de voter "oui" à l'Europe ultralibérale...
 
Je crois me rappeler (aussi) que Pimprenelle faisait partie, comme 98% de la nomenklatura politico-médiatique, de ces oui-ouistes fous... (Politis rappelle même, cette semaine, qu'elle avait affirmé, dès le 7 avril 2004: "Il faut dire oui à la Constitution, bien sûr." Problème: le 7 avril 2004, "les gouvernements en négociaient encore le texte, mais sans connaître l'issue de ces tractations." Pimprenelle appelait donc le peuple à voter pour une Constitution dont le texte n'avait pas encore été adopté...)
 
Alors voilà:j'ai une question simple, pour Marie-Ségolène Royal.
 
Puisque son opinion est celle du peuple français, qu'est-ce qu'elle attend pour lui annoncer qu'elle a parfaitement compris le message, la dernière fois qu'il s'est prononcé? Qu'elle est bien d'accord avec lui pour dire que la Constitution qu'elle avait essayé de lui fourguer n'était finalement qu'une grosse boule de guano? 
 
 
 
 
 
 
 

21/10/2006

Un Nouveau "Débat" Mobilise (Et "Divise") Les Cons:

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Au mois de novembre 2005, rappelez-vous, un "philosophe", Alain Finkielkraut, héraut de l'anti-antiracisme, a popularisé une discipline furieusement novatrice: le comptage de noirs.

Du moins était-il cohérent: il avait passé les trois années précédentes à proclamer son indéfectible soutien à un "écrivain", Renaud Camus, plutôt versé, pour sa part, dans le comptage de juifs.

Renaud Camus avait compté des juifs à la radio, "Finkie", lui, comptait les noirs au sein de l'équipe de France de football.

Et de conclure, chacun dans sa partie: trop de juifs dans telle émission de France Culture, trop de noirs chez les Bleus - tellement trop de noirs que c'en était ridicule: ça faisait, rappelez-vous, "ricaner toute l'Europe".

Une historienne, Hélène Encausse, "de l'Académie Française", fit la synhtèse de ce double constat, en regrettant de son côté que l'on ne puisse plus compter les noirs ou les juifs à la télé, sans être aussitôt harcelé par la vermine antiraciste.

Il va de soi que si quelque intellectuel de moindre notoriété, disons Bruno Gollnisch, avait posément vomi de tels diagnostics, cela aurait tout de même suscité, du moins peut-on encore l'espérer, quelque (vive) indignation.

Là, non.

Alain Finkielkraut, qui avait si obstinément assuré la défense de Renaud Camus, bénéficia, pour la sienne propre, d'un formidable "plan médias", où l'on expliqua, très sérieusement, que sa diatribe sur l'équipe de France de football "black-black-black" n'était qu'une "plaisanterie".

Applaudissements nourris des humoristes xénophobes.

Quant à Hélène Encausse, "Le Point", où l'on chérit les penseurs "iconoclastes", nous expliqua, très sérieusement là encore, qu'elle ne pouvait pas être le moins du monde raciste, ayant dans les veines du sang russe et polonais - du nom de ces contrées où la xénophobie n'est pas héréditaire.

Hélène Encausse est toujours académicienne, "Finkie" pontifie toujours, et ce n'est que justice, puisqu'ils ont été, en matière de comptage, des précurseurs de génie, de courageux pionniers.

"Libé" l'annonce, en effet, dans son édition de ce matin: "Le comptage ethnico-racial divise".

On lit ça, on se frotte les yeux.

On se dit, oh putain, j'aurais dû y aller mollo sur le jus de pommes bio, j'ai de méchantes hallucinations.

On se pince, mais c'est toujours là, noir sur blanc (c'est le cas de le dire).

"Le comptage ethnico-racial divise".

Et de son côté "Le Nouvel Obs" confirme cette "bataille des statistiques ethniques", en posant, de façon un rien provocatrice, la question: "Faut-il compter les Noirs, les Arabes, les Juifs...?"

Et de préciser: "La controverse transcende le clivage droite-gauche, traverse les communautés".

Car nous en sommes là: "Au nom de la lutte contre la discrimination - notamment dans les entreprises - des voix réclament le classement des Français en "Noirs", "Blancs", "Arabes""...

Il fut un temps, point si ancien, ou le seul adjectif "ethnico-racial" aurait fait gerber à longs traits n'importe quel journaleux un peu soucieux de sa dignité.

Mais ce temps est révolu.

L'hydre antiraciste, dont "Finkie" et Camus, toujours eux, nous ont heureusement avertis qu'elle serait "le communisme du 21ème siècle" si nous restions sans réagir, est en passe d'être (enfin) terrassée.

La seule publication de ce mot abject, "ethnico-racial", dans un quotidien comme "Libé", nous enseigne qu'un nouveau "tabou", et non le moindre, a (enfin) été brisé: il n'est plus nécessaire de trop se défier d'un usage immodéré de la notion de "race", qui a tellement contribué, dans l'Histoire, au progrès de l'Humanité...

Alors bien sûr, on pourrait (bêtement crispé sur de vieux réflexes crypto-altermondialistes) signaler aux tarés qui osent "débattre" d'un éventuel "classement" des Français en catégories "ethnico-raciales", que les récents délires de tel "philosophe", ou de tel "écrivain" semblent prouver que ces comptages servent surtout, quelle surprise, à dénoncer la sur-représentation des comptés...

Mais à quoi bon, puisque ce retour en grâce de la discrimination "ethno-raciale" est présentée - bien sûr - "au nom de la lutte contre la discrimination"?

Sales cons.

Sales.

Cons.

Les Fonctionnaires Sont Des Pourris. Les Fonctionnaires Sont Des Salauds. Les Fonctionnaires Attaquent Les Vieilles Dames Devant Les Distributeurs Automatiques De Billets. Les Fonctionnaires Ont Tué John Fitzgerald Kennedy. (Liste Non Exhaustive)

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1.

Les fonctionnaires sont décidément de fieffés salauds.
Ce n'est pas moi qui le dis: c'est la presse hebdomadaire.

Cette semaine, la presse hebdomadaire:
1) Nous rappelle (comme tous les mois) que les fonctionnaires sont des privilégiés.
2) Nous révèle, au surplus, que les fonctionnaires sont des gros pourris, corrompus jusqu'à la moëlle.

Je ne savais rien de tout ça.

Bon, pour ce qui est des privilèges, c'est vrai, je me doutais un peu.
Je veux dire qu'il m'arrive de lire la presse (notamment hebdomadaire), et que c'est difficile, dans ces conditions, d'ignorer que des millions de branleurs (eux) se gobergent aux frais du contribuable (moi).
A quoi servirait, sinon, que Jacques Marseille se décarcasse?

Mais la corruption?
Je savais pas.
Je vis avec une prof (scandaleusement surpayée, il va de soi, et dont la retraite aux Seychelles sera directement financée par vos impôts locaux), et je ne l'ai encore jamais vue accepter un pot-de-vin, en échange d'un 17/20 à l'interro de mardi prochain.
Mais notez: il est fort possible qu'elle se cache, pour faire son business.

Car la presse (hebdomadaire) est catégorique: les fonctionnaires sont des privilégiés pourris - nous disent "Le Nouvel Observateur" et "L'Express" de cette semaine, où l'on s'est, manifestement, partagé le boulot. ("Le Point", une fois n'est pas coutume, se contente, pour sa part, de flinguer quelques chômeurs.)


2.

"Le Nouvel Obs" consacre un long dossier à: "Ces privilèges dont les Français ne veulent plus".

On y trouve, sur une pleine page: "Les vrais plus des fonctionnaires".
Le "chapeau" du papier témoigne de son contenu: "Sport national, la dénonciation des avantages statutaires du public repose sur quelques fondements difficilement contestables. Exemples et explications".
Le ton est donné: il s'agit, dans le même article, d'une part de moquer, sur un mode gentiment ironique, les Français qui passent leur temps à dauber sur les fonctionnaires, cependant que, d'autre part, on expliquera en quoi, finalement, ils n'ont pas non plus complètement tort de se livrer à cet aimable divertissement.
Puisque décidément, on a beau faire des efforts, les fonctionnaires sont des privilégiés...


3.

"L'Express", de son côté, annonce en couverture: "FONCTIONNAIRES. LES RAVAGES DE LA CORRUPTION."
En lettres de onze mètres de haut.

"L'Express" a "enquêté", pour démontrer ces ravages, "sur une série d'histoires inédites, pittoresques ou dramatiques. Mais toujours accablantes."
"L'Express" n'a cependant collecté aucune donnée chiffrée - de sorte, c'est un peu embêtant, qu'on ne sait pas du tout combien sont les fonctionnaires corrompus, au sein de la fonction publique ravagée par la corruption.
"L'Express" parle juste d'une "infime minorité".

Infime, certes.
Mais puissante.
Puisqu'elle cause, rappelez-vous, des "ravages"...

"L'Express" prévient: "Mais attention! Fini le laxisme (...) Désormais les sanctions pleuvent. Ainsi dans la police. Pour la seule année 2005, 147 fonctionnaires ont été révoqués, dont 17 pour des faits de malversation ou de corruption"...

Et c'est là, je ne vous le cache pas, que le doute s'est insinué dans mon esprit.

Attends, me suis-je dit.
Ces mecs balancent, en couverture: "FONCTIONNAIRES. LES RAVAGES DE LA CORRUPTION."
Tu t'attends à du très, très lourd.
De la grosse révélation qui tue.
Tu ouvres, et là?
Rien, ou presque.
Quelques "histoires inédites, pittoresques ou dramatiques", certes.
Mais la seule estimation qu'ils te livrent est que la corruption concerne une "infime minorité" de fonctionnaires, et le seul chiffre qu'ils avancent est complètement ridicule: 17 policiers révoqués en 2005, notamment (mais pas tous, donc) pour des affaires de corruption...

Non mais sans déconner, c'est ça qu'ils appellent des "ravages"?
C'est pas un peu survendu?

Je me suis dit, est-ce que ces mecs n'essaieraient pas, des fois, histoire de varier les plaisirs autour d'un thème connu, de nous fourguer du fonctionnaire pourri comme ils nous servent habituellement du fonctionnaire privilégié: avec un bel entrain, mais sans trop de biscuit(s)?

Manière d'appâter le chaland?



PS: Je tiens quand même à préciser, même si je n'ai pas (encore) les chiffres exacts, que seule une minuscule minorité de fonctionnaires (français) a buté Kennedy.

 
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