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01/11/2006

Il Conviendrait Que Nous Fassions Preuve D'Un Peu (Plus) De Fermeté Avec "Le Monde Arabo-Musulman", En Seine-Saint-Denis Comme En Irak

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Ce matin, dans "Charlie Hebdo", le taulier, Philippe Val, dénonce la tyrannie de l'"humiliation", exactement comme un autre penseur de médias, Pascal Bruckner, a récemment stigmatisé la tyrannie de la "repentance".

Val, ce matin, dit, comme toujours, la même chose que Bruckner, mais avec son mot à lui plutôt qu'avec le mot de Bruckner.

Val nous signifie, par ce truchement, qu'il est tout à fait capable de penser par lui-même. (Qui en douterait?)

Val pense, par lui-même, la même chose que Bruckner et ses copains de chambrée (Alain, Pierre-André...)

Val pense, comme eux, que nous devrions tout de même faire preuve d'un peu plus de fermeté avec ce qu'il(s) appelle(nt), en géopoliticiens de génie, "le monde arabo-musulman".

Val nous trouve un peu mous du cul, avec "le monde arabo-musulman", ça lui rappelle vaguement Daladier à Munich.

Val fait un peu comme s'il n'avait jamais entendu parler de ce qui se passe depuis quelques années en Irak: il nous trouve limite capitulards, avec les pays moustachus. (Non, Edwy, pas la Belgique.)

Pour exprimer tout ça, Philippe Val a trouvé un joli titre, pour son édito de ce matin: "Humiliés, offensés, vos défenseurs vous prennent pour des cons". (Preuve que "Charlie Hebdo" est toujours un canard de gauche - n'en déplaise aux marxistes fielleux qui prétendent que rien ne le différencie au fond de "Le Point": à "Le Point", on n'oserait jamais lâcher une telle grossièreté, "cons", dans la titraille.)

Val évoque d'abord "la jeune femme brûlée dans l'autobus de Marseille", qu'il présente comme "la première victime d'un emballement spectaculaire de la démagogie politique et de l'abrutissement qui s'en nourrit".

Jusque là, tout va bien.

Val continue: "Ceux qui ont commis ce crime sont, certes, des assassins, mais aussi des abrutis de la pire espèce".

Tout va toujours bien.

C'est juste après que ça se barre en quenouille, quand Val précise que les abrutis en question "carburent à un sentiment bien précis: celui d'accomplir l'inépuisable vengeance d'avoir été humilié(s)".

Val, immédiatement convaincu par sa propre démonstration, déroule dès lors sa pelote: "L'humilitation est devenue, non plus une maladie sociale qu'il faut guérir en supprimant ses causes, mais un outil politique magique, un sentiment à cultiver et à entretenir pour galvaniser les masses."

En résumé: une tyrannie.

Comme la repentance.

Dans la réalité un peu décalée (mais si peu) où Val évolue, Nicolas Sarkozy ne menace pas vraiment de karchériser la "racaille" (ethnico-religieuse) des banlieues.

Dans la réalité un peu décalée où Val évolue, "on cultive (l')humiliation afin d'en faire le moteur d'une politique", certes, mais ce "on", qui n'est pas (encore) nommé, n'est pas, on va le voir, Nicolas Sarkozy.

Philippe Val, pour mieux asseoir sa "démonstration", prend alors son lecteur par la main, et lui révèle que le drame de Marseille a eu, dans l'Histoire, un précédent: "Hitler", lui rappelle-t-il, a "massivement nourri sa rhétorique" de "cet argument" de l'humiliation.

D'un coup de baguette magique, Philippe Bruckner vient de poser un signe d'égalité entre, d'une part, ce qui se passe aujourd'hui à Marseille, et par extension dans les banlieues où brûlent des bus, et, d'autre part, ce qui s'est jadis passé à Nuremberg.

On peut reprocher beaucoup de choses à Philippe Val, mais pas de faire preuve de timidité, au moment de balancer des raccourcis pour le moins douteux.

Il est vrai que c'est très commode: ça permet, bien évidemment, de stigmatiser les benêts qui auraient l'outrecuidance d'expliquer la "crise des banlieues" autrement que par ce type d'amalgames, en les faisant passer pour des Munichois...

Lui-même, d'ailleurs, semble soudain réaliser qu'il y va peut-être un peu fort : "Les situations sont différentes aujourd'hui. Il ne s'agit pas de les comparer". (Précise-t-il après les avoir délibérément comparées.)

Mais ce moment de faiblesse ne dure pas, Philippe se reprend, et c'est un véritable festi-Val : "Mais s'il y a une leçon que nous n'avons pas su tirer de l'histoire, c'est bien celle-ci. Nous agissons avec le monde arabo-musulman comme les sociologues bien-pensants agissent avec les populations des quartiers sensibles. Nous disons: les Arabes sont humiliés. La colonisation, le conflit israélo-palestinien, la guerre d'Irak, autant d'humilitations."

Deuxième coup (magistral) de baguette magique: Val, après avoir comparé Marseille (2006) à Berlin (1933), nous signifie que nos "quartiers sensibles" sont, grosso modo, une déclinaison hexagonale du "monde arabo-musulman"! (Au passage, notons-le, il colle un pain dans la gueule des sociologues, cette lie munichoise de l'humanité).

Val, qui a enfin atteint sa vitesse (brucknéro-finkielkrautienne) de croisière, poursuit: "Aux problèmes sociaux des banlieues françaises, on a jugé utile d'ajouter l'humiliation géopolitique, et comme nos banlieues sont censées être peuplées d'Arabes, de Noirs et de musulmans, on a élaboré une vulgate des causes de la haine intérieure et extérieure fondée sur cette humilitation".

Qui est ce "on"?

Val ne le dit pas - et pour cause: dans la vraie vie, c'est lui, on l'a vu, qui vient d'amalgamer tranquillement, après un détour par Berchtesgaden, "le monde arabo-musulman" et nos "quartiers sensibles".

Applaudissez la manoeuvre:
1) Je dis sans vraiment le dire mais en le disant un peu (beaucoup) tout de même, donc je vous suggère habilement, que la réalité de nos banlieues doit s'envisager à l'aune de ce qui se passe dans "le monde arabo-musulman". (Ce qui implique, notamment, que les unes comme l'autre sont "peuplées d'Arabes, de Noirs et de musulmans".)
2) Après avoir suggéré ça, je dis que des gens (qui ne sont pas moi), ont dit, les salauds, exactement la même chose.
3) En somme, je fais semblant de faire dire par d'autres, que j'appelle "on", ce que je viens, moi, de vous balancer dans les dents - au prix, c'est vrai, d'un certain nombre de raccourcis, d'ellipses, et d'amalgames, qui m'ont permis de passer, en moins de trois feuillets, de Marseille à Munich, puis à nos "quartiers sensibles", puis au "monde arabo-musulman", excusez du peu.

A partir de là, Val en arrive à une considération qui n'a, certes, plus aucun rapport avec ce dont il prétendait parler au début de son intervention (le drame de Marseille), mais qui est manifestement ce à quoi il voulait en arriver: "Les vraies causes de l'humiliation des Algériens, ce n'est plus la colonisation, c'est la confiscation des richesse de l'Algérie par une clique de militaires qui tente de dissimuler ce scandale en instrumentalisant un intégrisme musulman dont le moteur est, lui aussi, "l'humilitation des Arabes", si gentiment servie par une opinion de gauche bien-pensante".

Et nous voilà, surprise, en terrain connu, archi-connu, mille et mille fois balisé par nos amis les intellectuels des médias:
1) Il faut en finir avec la tyrannie de la repentance.
2) Les problèmes des anciennes colonies ne viennent pas (ne viennent "plus") de la colonisation.
3) Les motivations des intégristes du "monde arabo-musulman" sont les mêmes que celles des jeunes de nos "banlieues difficiles".
4) La "gauche bien-pensante", aka la "sociologie", fait le jeu des jeunes benladistes des "quartiers sensibles", en considérant que tout de même, il n'est pas complètement impossible que ces jeunes soient, ne serait-ce qu'un tout petit peu, sinon humiliés, au moins oubliés.
5) Tant que nous n'aurons pas décidé, collectivement, de faire (enfin) preuve de fermeté contre le "monde arabo-musulman", de Bagdad à Clichy-sous-Bois, au lieu de lui envoyer seulement des bombes et des coups de matraques, nous continuerons, Munichois honteux, à faire le jeu du fondamentalisme.
6) La sociologie: voilà l'ennemi.

Tout ça pour ça.

Tout ça pour nous resservir, pour la énième fois, ce vieux brouet: sacré Philippe Val.

Commentaires

Comment on dit, dans ces cas-là ? CLAPCLAPCLAPCLAPCLAPCLAP je crois...

Écrit par : schlurf | 01/11/2006

"ça se barre en quenouille"? Tu cherches à travailler à Le Point? Tu peux pas dire "ça se barre en couille" comme tout homme de gauche qui se respecte?

"L'humilitation est devenue, non plus une maladie sociale qu'il faut guérir en supprimant ses causes, mais un outil politique magique, un sentiment à cultiver et à entretenir pour galvaniser les masses."

Je l'ai toujours dit, et Rosa Park est la plus grande manipulatrice du XXe siècle.

"On peut reprocher beaucoup de choses à Philippe Val, mais pas de faire preuve de timidité, au moment de balancer des raccourcis pour le moins douteux."

Sacrément audacieux le raccourci. Mappy me dit: Marseille-Berlin, 1.528,64km par voie express, temps de trajet 14h31, essence: 132,35€ (132l.), péage: 46,20€. C'est quand même moins cher et plus vite fait d'acheter Charlie Hebdo.

"5) Tant que nous n'aurons pas décidé, collectivement, de faire (enfin) preuve de fermeté contre le "monde arabo-musulman", de Bagdad à Clichy-sous-Bois, au lieu de lui envoyer seulement des bombes et des coups de matraques, nous continuerons, Munichois honteux, à faire le jeu du fondamentalisme."

M. Fontenelle, vous serez tondu à la libération.

"6) La sociologie: voilà l'ennemi."

Pas de problème. Les sociologues pratiquent, comme vous le savez, un sport de combat. C'est à eux de mettre une bonne gauche dans la gueule de Val.

Écrit par : Parallèles | 01/11/2006

Sébastien
La meilleure preuve que Charlie-Hebdo est de gauche, c'est que Samuel de "N'ayons pas peur des mots" place Anne-Sophie à sa gauche (à droite de la gauche) dès lors qu'elle est présentée comme "journaliste à Charlie-Hebdo" alors qu'elle était assise à sa droite (à gauche de la droite) quand elle était "journaliste à Arte et à RTL".
Et que Philippe Val est à gauche de la gauche (sauf quand il y a Clémentine, mwarf -air du saxo de PPD quand il joue un air à Ségolène-, adjointe à la mairie de Paris ou Christophe Aguiton, altermondialiste -sic-).
Si c'est pas une preuve, ça.

Écrit par : Frédéric Supiot | 01/11/2006

Clap aussi (à une nuance près : les loulous excités auteurs du crime de Marseille sont des meurtriers, pas des assassins — ou alors, faudrait démontrer qu'ils ont voulu donner la mort, ce dont je doute.)

Tiens, Seb, pour te reposer de la lecture de Valparaison, je te conseille Zo d'Axa, qui va t'aller droit au cœur, j'suis sûr !
(cf. Le monde citoyen).

Écrit par : Bernard Langlois | 01/11/2006

Sébastien
Ton papier me donne envie de relire "Total Khéops".
Et de l'envoyer ensuite à Philippe.
Histoire de le changer de Spinoza.

Écrit par : Frédéric Supiot | 01/11/2006

Le mot festi-val est bien trouvé (et le reste aussi).

Parfois j'en viens à me demander s'il prend exprès des positions grotesques pour créer du lectorat.

Mais la plupart du temps je me dis qu'il a complètement pété les plombs.

Écrit par : glomp | 01/11/2006

Le mot festi-val est bien trouvé (et le reste aussi).

Parfois j'en viens à me demander s'il prend exprès des positions grotesques pour créer du lectorat.

Mais la plupart du temps je me dis qu'il a complètement pété les plombs.

Écrit par : glomp | 01/11/2006

Bruckner, Val, Ockrent, Colombani, Elkabbach, Duhamel, Minc, etc. etc. Je leur propose un grand voyage sur un paquebot grand luxe vers une île inconnue et lointaine, surtout lointaine...aller-simple bien sûr.

Elodie
www.levraidebat.com

Écrit par : Elodie | 01/11/2006

Ton article est très dense. J'ai un peu de mal à saisir l'idée que défend Val lorsqu'il critique la "tyrannie de l'humiliation" et par conséquent ce que tu lui reproche sur ce strict point de l'humiliation (sur le reste j'ai compris). Il veut critiquer ceux qui, au nom d'une humiliation ressentie, s'autorisent à faire n'importe quoi? Ceux qui n'analysent la situation en banlieue qu'à l'aune des humiliations dont le ministre de l'intérieur, certains policiers, certains employeurs ou certains tenanciers de boîtes, etc sont les auteurs? Autre chose?...

Écrit par : Mathieu | 01/11/2006

Il y a un problème avec ton nouveau système de modération: j'ai l'impression que les commentaires sont disponibles par le fil de discussion avant que tu les aies approuvés (je vois un certain nombre de commentaires dans mon lecteur RSS qui ne se trouvent pas encore sur le blog)

Écrit par : Parallèles | 01/11/2006

Au tôlier.
Pour moi et pour tous ceux qui ne lisent plus Charlie depuis des lustres, tu nous dira ce qu'en pensent Charb et Siné la semaine prochaine?

Écrit par : Frédéric Supiot | 01/11/2006

Je vois … La boutique est fermée.
Monsieur est parti porter ses chrysanthèmes.

Écrit par : Bernard Langlois | 01/11/2006

C'est sympa S.B comme je ne veux pas acheter Charlie (cause que ça pue) j'ai les infos sur les délires de Ph.V. A part ça faudrait parler un peu d'un livre qui viens de sortir " Un juge assassiné" écrit par sa veuve et un journaliste nommé Nicolas ..

Écrit par : got michel | 01/11/2006

merci et bravo Seb pour ce décryptage.

ce qui est terrible, c'est que probablement en lisant vite, confiant en Charlie Hebdo (Charlie Hebdo quand même!!) le lecteur comprend le contraire.

Val doit être un grand pervers, un vrai, un costaud.

Écrit par : céleste | 01/11/2006

Cher Monsieur Sébastien Fontenelle
Je vous lis tous les jours avec un plaisir extrême.
Votre propos d’aujourd’hui, je ne sais si à raison, je le mets en parallèle avec ces quelques lignes que je lis à l’instant :
« Pour les philosophes, c’est une tâche des plus difficiles qui soient de quitter le monde de la pensée pour descendre dans le monde réel. La réalité immédiate de la pensée est le langage. De même que les philosophes ont fait de la pensée une réalité autonome, ils ne pouvaient pas faire autrement que d’attribuer au langage une réalité autonome pour en faire leur domaine réservé. Voilà le secret du langage philosophique où les pensées en tant que mots ont un contenu propre. Le problème : descendre du monde des idées dans le monde réel, se ramène au problème : passage du langage à la vie. »
Karl Marx et Friedrich Engels : .L’idéologie allemande- 1845-
C’est cité par Lucien Sève et extrait de son : Une introduction à la philosophie marxiste - Editions Sociales - 1980 - page 36.
Les Philippe Val, Alexandre Adler et consorts, et tant d’autres ! me semblent coller exactement à ces philosophes dont parlait Marx. Mais en plus trivial, sûrement. Je crois que pour eux, ils s’agit avant tout de rester attablés au banquet des nantis, coûte que coûte, donc il leur faut être un peu pas comme tout le monde, « briller » pour être remarqués, choisis, adulés, et puis il leur faut flatter leurs courtisans et leur servir la soupe qu’ils attendent, mais il leur faut surtout servir leurs vrais maîtres, ceux qui les entretiennent et les font danser, les patrons de presse ou de télé. Bref, ils sont les parfaits apparatchiks du système stalinien. Et quel que soit le régime, ils seront aux basques du pouvoir. Staliniens ou vichystes ou gaullistes ou mitterrandiens, hier, sarkozistes ou royalistes ou pire, selon le vent et le clientélisme. Indécrottables, cyniques bonimenteurs et parfaits calculateurs de leurs intérêts, tout cela avec de grands mots : parti, peuple, révolution, honneur, patrie, démocratie, liberté, Europe, progrès, etc.…De jour en jour et chaque fois davantage, l’envie folle d’un immense coup de balai vous saisit.
Amitiés sincères

Écrit par : Colinas Manuel | 01/11/2006

Pour dénoncer Val dénonce. Il dénonce les gauchistes à la pensée simplificatrice et puérile. Il dénonce les fascisants partisans de le thèse du complot. Il dénonce les amalgames abjects qui polluent et aveugle notre pensée. Il dénonce les attaques contre la liberté, les libertés. Il dénonce la barbarie sans cesse à nos portes, cette barbarie qui nous assiège et nous menace. Il dénonce des complots "bruns verts rouge". Il dénonce les pensées lénifiantes et appelle à plus de fermeté. Il dénonce les pacifistes qui refusent de s'engager contre l'axe du Mal qui va de l'Irak à l'Iran en passant par le Liban, la Syrie, la Libye, la Palestine et j'en oublie... la Chine, la Corée et j'en oublie car il y en a sur tous les continents. Val, il veut lancer des croisades contre tous le monde parce qu'y en a assez de rester les bras croisés. Val il veut qu'on aille en guerre car il ne faut pas discuter avec les terroristes, avec les tyrans, avec les dictateurs. Val il veut que l'on mette de côté nos principes si c'est pour un bien plus grand: la démocratie, notre démocratie et celle des Etats Unis. Celle que l'on a mis si longtemps à conquérir. Val il est contre les mous du gland, ceux qui pensent qu'il y a de l'humanité même dans le camp d'en face. Val il croit que le choc de civilisation est déjà-là. Val il a mis les peintures de guerre et sa plume la rhétorique kaki. Val dénonce à tout va. Val refuse que l'on pense autrement, il faut l'union sacré, l'heure est grave, les barbares sont parmi nous...

Écrit par : d3log | 01/11/2006

clap clap clap clap clap clap puissance 1000

Écrit par : kotédiwa | 01/11/2006

J'ai arrêté de lire Charlie depuis quelques années, mais c'est avec plaisir que j'ai relu une compilation des chroniques de Charb "Charb n'aime pas les gens" parue chez Agone.
Charb est-il toujours chez Charlie ?
Que pense t-il de la dérive de Val depuis ces dernières années ?
Y'a t-il des tensions dans la rédaction ( sur la constitution européenne par exemple ) ?

Écrit par : Zorg | 01/11/2006

Me revoilou.
Je repars dans cinq minutes.
Puis je reviens et je repars plus, jusqu'à demain.
Je veux dire que ce blog va bientôt être fermé pour 48 heures.
Et toc.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 01/11/2006

il serait interessant de faire lire à Val ce qui se publiait dans les milieux royalistes à propos des révoltés de 1789 ou à propos des communards durant la répression de la commune,

il y trouvera certainement de quoi alimenter son imagination débordante, il y apprendra certainement de quoi faire l'économie d'une gymnastique intellectuelle périlleuse qui le conduit à faire ces raccourcis ridicules.

Écrit par : kalima | 01/11/2006

il est jubiatoire sur le ton ce billet, moins sur la forme. Parce qu'avec, je suis désolée Monsieur Val, l'humilation (voir les controles dans le RER, on a honte du refus des flics de vous controler), plus le pourissement, les mauvais exemples, le fric roi et l'impossibilité d'en avoir, la vulgarité des spectacles, l'abandon aux petites mafias, nous nous retrouvons tout de même avec de vrais petits barbares. Nous en sommes en bonne partie responsable, mais ils n'en sont pas pour autant pardonables

Écrit par : brigetoun | 01/11/2006

Finalement, c'est plutôt rassurant.

Si la sociologie est la cible de tant d'attaques, c'est qu'elle n'est peut-être pas si inutile.

Bon, j'y retourne, j'ai un papier sur le feu.

Inutile?

Écrit par : EL | 01/11/2006

Ben ben,
après tout ce qui a été dit,
(merci Seb, au passage, de lire Charlie Hebdo de nous tenir au courant, quel labeur), je voudrai parler d'un aspect. Les sociologues, je te parle pas des anthropologues et des économistes hétérodoxes nombreux en France, ils vont finir par être parano, vont croire qu'on est dans un maccartysme french version. Y a toudis plein de types qui leur font des procès sur leur bienpensence et je ne sais trop quoi d'autres. Mais en fait, à part le fait qui soit pas d'acord avec eux ils leur reprochent quoi au juste aux sociologue, ce serait intéressant de savoir. Et puis qué sociologues ?

Écrit par : ango | 01/11/2006

Un jour, je ne sais pas quand, mais ça arrivera quand même, Val sera réincarné en p'tit d'jeuns de banlieue version Tarterêts.

Troquera t'il des substances interdites pour s'acheter des tenues vantées par la pub (et des sportifs ultra-extrême-compétiteurs et dopés), métaphore de cette société pour laquelle Val se meut et ainsi être membre d'un groupe conforme ? Val appartient bien, du haut de son esprit affuté, au groupe tellement facile des apprentis bombardiers (si Val était une arme, il serait un tapis de bombes).

Soumettra t'il des filles à d'odieuses "tournantes", selon le douteux fait (non) établi que seuls les d'jeuns de ces banlieues occupent leurs temps libre (important) à ces pratiques induites par une pression religieuse tant décriée ? Sauf que... ces détestables pratiques sont AUSSI une réalité chez les nazes des banlieues huppées.

Arrivera t'il a défaire tous les affreux complots imaginaires nés dans son esprit fiévreux style "tintin chez les sioux" (quoi, il reste des Sioux ? Tuez les tous, ces pas comme nous !). Remplacez "Sioux" par ce que Val déteste. Non, je ne dis pas que Val est un criminel en puissance, loin de là, il use seulement de mots.

En mots, Val est fortiche (c'est mon 1/4 de minute de bonté). Que restera t'il, quand il sera d'jeuns de banlieue ? Ben il fera comme l'autre, là, celui qu'a une grande casquette pour tenir ses cheveux, et il rejoindra l'apprenti-guide.

Car même réincarné, Val restera Val. Laissons Val, il est insignifiant.

Écrit par : Edmond K | 01/11/2006

Tout d'abord merci. Je profite de ce billet mais ca vaut presque chaque jour. Merci de prendre le temps d'ecrire, de mettre au clair des coleres que je partage. Ma compagne trouve que je grogne chaque fois que j'allume la radio (ai plus la tele depuis longtemps) alors c'est pas peu dire que je suis content de voir que je ne suis pas le seul.
Mais ca m'amene a une question. Pourquoi ? Pourquoi bon diable te fais tu du mal si souvent a lire Charlie, le Point, etc. ? Je sais pas comment tu fais pour survivre a de si fortes doses...

Écrit par : blop | 01/11/2006

Finalement, Ph. Val est un des nombreux adeptes du "Reductio ad Hitlerum" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Reductio_ad_Hitlerum). Ainsi la loi de Godwin s'applique à lui de façon particulière puisqu'il atteint le "point" éponyme dès le début de la discussion.

Il est un habitué du procédé, il nous avait ouvert les yeux en janvier 2001 (6 ans déjà, comme le temps passe) avec un magnifique édito intitulé "Internet, la Kommandantur libérale" au temps préhistoriques d'Uzine et du Mini-rézo (http://www.acrimed.org/article1434.html).

Écrit par : El Murciélago | 01/11/2006

Les mêmes remarques sur le monde juif aurait valu (à juste titre) des dépots de plainte.
Qu'attend la communauté arabe et/ou musulmane pour déposer plainte ? Cela permettrait de calmer les esprits et de faire payer un boutte feu.
Faire passer ceux qui ne partagent pas ses idées immondes pour des capitulards est abject.

Écrit par : matrix | 01/11/2006

@ matrix
Point trop n'en faut non plus.
Je suis d'accord avec ton diagnostic sur le "boute-feu", et sur ce que ses procédés ont d'affligeant, mais pas question non plus d'aller devant des tribunaux pour un oui ou pour un non!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 01/11/2006

Super le terme "Reductio ad Hitlerum" et sa signification. D'autant qu'il y a quelques mois, je me suis fais traité d'"hitler" par collègue de boulot. La raison, je disais que Ségolène est de droite. Que "Charlie" n'a plus rien de gauche (à part Siné bien sûr). Et qu'il n'y a pas de grandes différences entre un Sarko et un Le Pen ...

Depuis cette engueulade, je ne prends plus le café avec ce collègue. Heureusement, depuis j'ai trouvé (merci Politis) ce fantastique blog (et aussi celui d'Oliviet Bonnet) et je me sens moins seul.

Et en plus aujourd'hui je peux mettre un nom sur le procédé de mon collègue. Merci "El Murciélago".

Écrit par : Philippe de Paris | 01/11/2006

@ Philippe de Paris
On dira ce qu'on voudra: c'est quand même bien agréable d'accueillir quelqu'un qui est content de tout!
:-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 01/11/2006

Pfff… Z'avez rien compris ! Philippe VAL et Pascal BRUCKNER sont S.M. (Sado-masochiste). Ils z'adorent l'humiliation : humilier sa/son partenaire, ou se faire humilié… ça dépend. La repentance aussi ! (Mmm… puni moi !)

Mais, bon… comme souvent pour quelqu'un de normal, quand un S.M. s'exprime, on comprend pas…

Mais, j' crois qu' c'est clair : « humilié », « repentance », « faire preuve d'un peu plus de fermeté », « mous du cul »… Philippe VAL et Pascal BRUCKNER veulent être dominés (Mmm… puni moi ! J'aime quand tu me frappe…)

Écrit par : Gandalf | 02/11/2006

"Les mêmes remarques sur le monde juif aurait valu (à juste titre) des dépots de plainte.
Qu'attend la communauté arabe et/ou musulmane pour déposer plainte ? Cela permettrait de calmer les esprits et de faire payer un boutte feu.
Faire passer ceux qui ne partagent pas ses idées immondes pour des capitulards est abject."

Depuis l'affaire de caricatures, ceux qui veulent porter plainte sont mis dans le meme panier que ceux qui ont attaqué des ambassades ou brulés des drapeaux, pareil avec Redeker, il ne fallait absolument pas evoquer le fond de ce qu'il a ecrit mais le défendre sans reserves sous peine de passer pour un sympathisant de Ben Laden...Je comprend que la plupart des musulmans qui se sentent déja montré du doigt ne veuillent pas en rajouter...

Ce que j' "adore" chez ces penseurs, c'est qu'ils osent poser la question "peut on critiquer l'islam" on se demande où ils sont depuis sept 2001 il se passe pas une semaine sans qu'il y ai un reportage dans les medias sur les tendances fondamentalistes de l'islam...

Le gamin des cités qui est à la fois d'"origine etrangere" et musulman, entre le contexte international, les critiques de l'islam, les lois sur l'immigration, la discrimination, le chomage on comprend qu'il soit tres tres mal dans sa peau, qu'il se sente rejeté, mal aimé...

Vive la republique et vive le feu

Écrit par : kotédiwa | 02/11/2006

C'est triste de voir comment tout cela fleure bon la veille de guerre. D'un côté comme de l'autre les armées se constituent, les camps se consolident, les discours s'affûtent. C'est la guerre civile "fraîche et joyeuse" en quelque sorte ...

Porter plainte ? Adieu la liberté d'expression !

C'est à vous refiler la nostalgie de la dictature, du royalisme ou du gaullisme. Au moins à cette époque on pouvait dire n'importe quoi, même des conneries.

Et si on faisait quelque chose pour vivre ensemble ? Et si on réinventait la France ?

Écrit par : Fabounet | 02/11/2006

Philippe Val, combien de divisions?

Écrit par : bert | 02/11/2006

Philippe Val est un sale con ... mais il est loin d'être le seul ... y a plein de jeunes gens propres sur eux à Charlie ...
Euh ... dire que ceux qui croient encore que Libé a été fondé par Sartre pensent aussi que charlie est un canard de gôche alter-machin et tout et tout ....
Charlie , on l'achéte pas , on le vµ%e pour paraphraser certains slogans de ma jeunesse ... ( tu remarqueras Mr SF que j'utilise l'élipse pour pas que tu risques de te faire poursuivre pour incitation au vol de torchecul ... ) ...

Écrit par : les marques du plaisir | 02/11/2006

Lire Val il y a dix ans et le lire maintenant, c'est lire deux auteurs différents : plus aucun humour, une obsession totale sur les arabes et l'islam (quel que soit le sujet, on finit toujours sur les arabes), un recours obsessionnelle et ridicule aux citations ... .
Ils avaient raison sur TF1 hiers soir, les maladies dégénératives dues au vieillissement poseront de plus en plus de problèmes.
Pauvre Val, j'espère qu'il sera bien accompagné.

Écrit par : philippe | 02/11/2006

Je n'ai pas lu tout ton post mais je crois que je vais appeler à voter Sébastien Fontenelle au Val Fouré.

Au Val Fourré et même ailleurs...

Voilà tu peux le dire Farid Taha le Cenriste UDF appelle à voter Sebastien Fontenelle au Val Fourré et ailleurs(1) !


(1) Pour le moment et en attendant que Sebastien Fontenelle déclare sa candidature j'appelle à voter Bayrou... c'est kif kif pareil.

Écrit par : Farid TAHA | 02/11/2006

1) Il faut en finir avec la tyrannie de la repentance.

Enfin, ca dépend! par exemple, s'il s'agit de "déplorer" la tendance des USA à vouloir torturer, on rappelle automatiquement que la France tortura elle aussi en Algérie (par exemple...).

3) Les motivations des intégristes du "monde arabo-musulman" sont les mêmes que celles des jeunes de nos "banlieues difficiles".

Ou plutôt le contraire! Toujours est-il qu'"ils" ne nous aiment pas, et qu"ils" veulent l'instauration du khalifat. Mais il y a des sociologues dans les journaux, qui nous diront qu'"ils" veulent en fait "des nike et le khalifat".

4) La "gauche bien-pensante", aka la "sociologie", fait le jeu des jeunes benladistes des "quartiers sensibles", en considérant que tout de même, il n'est pas complètement impossible que ces jeunes soient, ne serait-ce qu'un tout petit peu, sinon humiliés, au moins oubliés.

Ben ouais, à trop focaliser sur les "nike" (quesiton sociale), on oublie qu'une fois chaussés, "ils" voudront le khalifat, hein...

5) Tant que nous n'aurons pas décidé, collectivement, de faire (enfin) preuve de fermeté contre le "monde arabo-musulman", de Bagdad à Clichy-sous-Bois, au lieu de lui envoyer seulement des bombes et des coups de matraques, nous continuerons, Munichois honteux, à faire le jeu du fondamentalisme.

L'ennemi est plus facile à "traiter" s'il croit à un autre dieu que le notre. Dans l'ancien palais de S Hussein, devenu réfectoire, je crois, il y a un grand panneau remerciant dieu de faire gagner l'Amérique. Le fondamentalisme, lui, est musulman.

"Les situations sont différentes aujourd'hui. Il ne s'agit pas de les comparer".

Non, il veut simplement dire qu'il n'y a pas de reichstag mal entretenu à Marseille, et que les règlements anti-incendie semblent dissuasifs. Les islamo-gauchistes nazifiants mettent donc le feu à des autocars, tout aussi symboliques que le reichstag, mais mais aussi bien plus inflammables.

"Qui est ce "on"?"

"On" est un con, disait ma grand-mère, qui avait vu tous les gouvernements de France entre 1900 et 1990. Autant dire qu'elle savait de quoi elle parlait, la brave femme.

Écrit par : bert | 02/11/2006

Personnellement, ce que je vois surtout dans l'article c'est la malhonnêteté intellectuelle du procédé qui consiste à faire dire aux gens ce qu'ils ne disent pas. Val est catalogué "nanti faussement de gauche" et hop ! on peut dire tout ce qu'on veut, y'aura forcément un public pour venir applaudir à l'unisson.

Que le fait par exemple qu'il compare certaines attitudes à celle de Daladier à Munich, sauf erreur de ma part, n'est pas combattu par l'argumentation, mais par la stigmatisation, l'ironie (et, dans les commentaires, par le rappel à la "loi de Godwin"), comme si c'était suffisant ! Pourquoi n'est-ce pas pris comme un simple point de comparaison ?

Parce que "Munich" qu'est-ce que c'est ? Des concessions accordées à un adversaire pour le calmer alors qu'il n'a de toutes les façons pas l'intention de le faire (se calmer). Adversaire qui considère donc comme une faiblesse ces concessions. Et que sont les islamistes sinon des gens prêts à tout pour "réussir" ? Des personnes qui exigent et exigeront toujours plus, concessions ou non ?

Quant à la sociologie, il est bien normal que l'on se pose des questions à son sujet. Lorsqu'il faut expliquer pourquoi un groupe de populations ("les jeunes de banlieues") en est arrivé là, la sociologie est là. Et la conclusion est simple : ils font des conneries, mais ce n'est pas de leur faute, c'est la faute de la société qui n'a que ce qu'elle mérite !

Mais la sociologie n'est plus là lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi d'autres groupes de population vont voter pour l'extrême-droite. Non, là ce sont des gros fachos pourris par nature. Point barre.

Tant que la sociologie sera instrumentalisée de la sorte, avec d'un côté les coupables mais jamais responsables et de l'autre les responsables qui n'ont que ce qu'ils méritent, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle soit crédible...

Je concluerai en disant que l'argumentation du texte est en fait inexistante : elle est juste parsemée de balises, de signaux pour ceux qui sont de toutes les façons déjà acquis à la "cause" (je rêve où je n'ai pas vu une seule critique dans les commentaires ? Est-ce dû à la modération ?). D'accord, c'est un blog, et on a le droit d'y dire ce qu'on veut, de faire les raccourcis que l'on veut. Mais que cela soit repris sur un portail comme Rezo, ça m'épate.

J'espère juste que mon commentaire passera (y'a pas de raison, les commentateurs se chargeront de m'assassiner).

Écrit par : schleuder | 02/11/2006

je pense que le "on" de Philippe Val, c'est... genre.... euh... vous ?...

et les gens pour qui résoudre les problèmes, c'est faire taire ceux qui les posent, en les accusants de (cochez la bonne case) :

- sarkozyste
- lepéniste
- con de droite
- fasciste
-nazi
-islamophobe

... Quant à Finkie, PA Taguieff, Val, Gluck et de plus en plus d'autres, vous vous êtes jamais demandé pourquoi tant de gens, pourtant pas trop cons, souvent d'ex figures de la Gauche (républicaine ou non) finissaient par penser ainsi ? Pourquoi tant de français voient leurs esprits "lepénisés" ?

Peut etre bien parce que des abrutis dans votre genre (sur le web, à Libé, au Monde, à M6, à Charlie Hebdo (si,si), mais aussi à France Cul, à l'Educ Nat, dans les syndicats, chez Ruquier, sur les plateaux télé), a force de stigmatiser les opinions, d'interdire les débats, de botter en touche, de réductionner ad hitlérum, ont fini par poser une telle chappe de plomb (comme au Québec du temps de l'Eglise) que seule la radicalisation permet de respirer un peu ?

A force de considérer que tout le monde sont des méchants réacs, vous allez vous retrouver tout seul dans la "vraie gauche", avec Arlette ou Muchielli, à branloter du LMSI et de l'ACRIMED toute la journée... Et vous serez bien embeté !

Écrit par : Tartempion | 02/11/2006

voilà ce que je reçois après avoir été censuré moi-même.

"Bonjour,

Un nouveau commentaire vient d'être posté sur la note http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/archive/2006/11/01/lecteurs-de-charlie-hebdo-un-editorialiste-vous-prend-pour-d.html du blog Vive Le Feu ! (http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/) :

"Personnellement, ce que je vois surtout dans l'article c'est la malhonnêteté intellectuelle du procédé qui consiste à faire dire aux gens ce qu'ils ne disent pas. Val est catalogué "nanti faussement de gauche" et hop ! on peut dire tout ce qu'on veut, y'aura forcément un public pour venir applaudir à l'unisson.

Que le fait par exemple qu'il compare certaines attitudes à celle de Daladier à Munich, sauf erreur de ma part, n'est pas combattu par l'argumentation, mais par la stigmatisation, l'ironie (et, dans les commentaires, par le rappel à la "loi de Godwin"), comme si c'était suffisant ! Pourquoi n'est-ce pas pris comme un simple point de comparaison ?

Parce que "Munich" qu'est-ce que c'est ? Des concessions accordées à un adversaire pour le calmer alors qu'il n'a de toutes les façons pas l'intention de le faire (se calmer). Adversaire qui considère donc comme une faiblesse ces concessions. Et que sont les islamistes sinon des gens prêts à tout pour "réussir" ? Des personnes qui exigent et exigeront toujours plus, concessions ou non ?

Quant à la sociologie, il est bien normal que l'on se pose des questions à son sujet. Lorsqu'il faut expliquer pourquoi un groupe de populations ("les jeunes de banlieues") en est arrivé là, la sociologie est là. Et la conclusion est simple : ils font des conneries, mais ce n'est pas de leur faute, c'est la faute de la société qui n'a que ce qu'elle mérite !

Mais la sociologie n'est plus là lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi d'autres groupes de population vont voter pour l'extrême-droite. Non, là ce sont des gros fachos pourris par nature. Point barre.

Tant que la sociologie sera instrumentalisée de la sorte, avec d'un côté les coupables mais jamais responsables et de l'autre les responsables qui n'ont que ce qu'ils méritent, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle soit crédible...

Je concluerai en disant que l'argumentation du texte est en fait inexistante : elle est juste parsemée de balises, de signaux pour ceux qui sont de toutes les façons déjà acquis à la "cause" (je rêve où je n'ai pas vu une seule critique dans les commentaires ? Est-ce dû à la modération ?). D'accord, c'est un blog, et on a le droit d'y dire ce qu'on veut, de faire les raccourcis que l'on veut. Mais que cela soit repris sur un portail comme Rezo, ça m'épate.

J'espère juste que mon commentaire passera (y'a pas de raison, les commentateurs se chargeront de m'assassiner)."

Écrit par : Fabounet | 02/11/2006

"Mais la sociologie n'est plus là lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi d'autres groupes de population vont voter pour l'extrême-droite. Non, là ce sont des gros fachos pourris par nature. Point barre."

Et bien là, ça montre que vous connaissez la sociologie très très mal. Ce n'est pas une idéologie la sociologie, c'est une science et elle explique - elle n'excuse pas : elle explique - comment certaines causes conduisent à certains effets : comment le feu dans un bus, comment le feu dans un isoloir.

Pour ce qui est de Monsieur Val, il me fait penser aux personnages des Irresponsables d'Hermann Broch. Vous pouvez le défendre et sans doute est-il "innocent", irresponsable comme la plupart des autres éditorialistes. Mais, lorsque la bête se redressera avec sa nouvelle gueule que l'on ne distingue pas encore, Monsieur Val aura de petits tremblements dans la voix et ses excuses seront tardives.

Écrit par : Titi | 02/11/2006

Fabounet> mais comment as-tu fait pour faire passer mon commentaire mais pas le tien ?

Écrit par : schleuder | 02/11/2006

en un mot comme en mille, dans le mille...chapeau, belle plume et belle analyse, ça fait plaisir de lire des choses qui tiennent la route à l'aube de cette grand purée molle mono-marché (a ba comme dit DSK y'a rien d'autre à faire que de faire avec...) qui abreuve nos penseurs moux zé consensuels (les sensuels cons étant une autre utopie à inventer...) du spectacle inopérant de nos ébats politiciens.
Je vous ai découvert il y a peu, j'en suis bien heureux.
entropiquement votre.

Écrit par : entropik | 02/11/2006

C'est quoi le monde-arbo-musulman ?

Écrit par : chlem | 02/11/2006

Ah ah, ça recommence:

"Bonjour,

Un nouveau commentaire vient d'être posté sur la note http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/archive/2006/11/01/lecteurs-de-charlie-hebdo-un-editorialiste-vous-prend-pour-d.html du blog Vive Le Feu ! (http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/) :

"Fabounet> mais comment as-tu fait pour faire passer mon commentaire mais pas le tien ?"

Je n'ai pas la réponse mais nous en aurons sans doute une lorsque le blog sera réouvert. Il y a peut-être des travaux ... Ce serait rassurant, mais ça m'a coupé le siflet et je n'ai pas envie de réécrire un commentaire qui serait moins bon que mon premier. j'espère qu'il sera retrouvé et remis en ligne.

En attendant, tu peux me passer tes messages, chez moi il n'y a jamais de censure, ni de jury citoyen, ni même de modération. Je reposterai ici sans rien toucher (cela dit je suis plutôt d'accord avec toi sur ton dernier commentaire).

Au fait, dis nous qui tu es, qu'il soit rendu à César ce qui lui appartient.

Écrit par : Fabounet | 02/11/2006

"Quant à la sociologie, il est bien normal que l'on se pose des questions à son sujet. Lorsqu'il faut expliquer pourquoi un groupe de populations ("les jeunes de banlieues") en est arrivé là, la sociologie est là. Et la conclusion est simple : ils font des conneries, mais ce n'est pas de leur faute, c'est la faute de la société qui n'a que ce qu'elle mérite !

Mais la sociologie n'est plus là lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi d'autres groupes de population vont voter pour l'extrême-droite. Non, là ce sont des gros fachos pourris par nature. Point barre."

Je ne suis tres calé en sociologie, mais ca ne serait pas un peu caricaturale de resumer la sociologie et les sociologue à ces deux exemples?

Moi j'ai l'impression d'avoir toujours entendu les sociologues qui se sont exprimés à ce sujet expliquer que le succes de Lepen etait plus du aux autres parties, notament la gauche qui avait abandonné les couches populaires, et qui s'etait desinteressé de l'insecurité...

C'est sur si vous comptez sur la sociologie pour parler des jeunes de cités en terme de racailles qu'il faut karsherisé, je comprend que cela ne réponde pas à vos attentes. Si vous vous attediez à ce que les sociologues prétendent que grandir a Neully ou au Tarteret n'a aucune espece d'influence sur les personnes vous risquez d'etre deçu tres longtemps.

Écrit par : kotédiwa | 03/11/2006

C'est quoi modérés?

Écrit par : martingrall | 03/11/2006

(C'est un système étonnant : je reçois les commentaires par mail mais ils ne sont pas publiés. Et quelqu'un d'autre parvient à faire passer mes commentaires mais pas les siens. Y'aurait pas un bug quelque part ?)

Continuons donc dans l'exercice qui consiste à répondre à des personnes dont j'ai reçu les commentaires (sans nom), commentaires pas encore validés.

Un commentateur me dit :
"Et bien là, ça montre que vous connaissez la sociologie très très mal. Ce n'est pas une idéologie la sociologie, c'est une science et elle explique - elle n'excuse pas : elle explique - comment certaines causes conduisent à certains effets : comment le feu dans un bus, comment le feu dans un isoloir."
Vous m'avez mal compris (ou je suis mal expliqué - au choix) : j'ai un grand respect pour la sociologie et pour sa puissance explicative. Je dénonce juste le fait qu'elle soit utilisée de façon idéologique et partiale, pour tout dire instrumentalisée. Si la sociologie est utile, c'est effectivement dans la mise à nu des engrenages et donc, d'un point de vue de l'action, de ce qu'il faut changer pour que la reproduction ne se fasse plus.
Mais ce n'est malheureusement pas ce qui est fait la plupart du temps. En général, on ne retient des études sociologiques que ce qu'on veut bien en retenir, notamment que c'est la méchante société qui est responsable indirectement de ce qui lui arrive. C'est cette utilisation idéologique de la sociologie que je dénonce, pas la sociologie en elle-même, qui mériterait d'être mieux comprise.
Dire que les "jeunes" brûlent des bus parce que l'on voit des bus brûlés en Irak, ce n'est plus de la stupidité, c'est criminel. J'espère que ces "jeunes" ne lisent pas ce blog !

"Pour ce qui est de Monsieur Val, il me fait penser aux personnages des Irresponsables d'Hermann Broch. Vous pouvez le défendre et sans doute est-il "innocent", irresponsable comme la plupart des autres éditorialistes. Mais, lorsque la bête se redressera avec sa nouvelle gueule que l'on ne distingue pas encore, Monsieur Val aura de petits tremblements dans la voix et ses excuses seront tardives."

C'est toujours amusant de voir comment les lectures sont tronquées. Ai-je défendu Val ? Ai-je dit qu'il avait raison ? Non, j'ai souligné que la dénonciation faite dans ce texte ne reposait sur rien d'autres qu'une série de clichés, de tics. Il y a sûrement des choses très criticables dans ce que dit Val : pourquoi n'est-ce pas mieux argumenté ?


Un autre commentateur me répond :
"Je ne suis tres calé en sociologie, mais ca ne serait pas un peu caricaturale de resumer la sociologie et les sociologue à ces deux exemples?"
Entendons-nous bien : la sociologie, c'est bien sûr bien plus que cela, et elle n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle met à jour les rapports de domination. Je critique juste l'usage simpliste, idéologique et partiale qui en est fait dans certains cas et dans certains milieux. Et je persiste. Lorsqu'elle permet de montrer l'origine des souffrances de "jeunes de banlieue", elle est utilisée dans le débat. Mais lorsqu'il s'agit de parler de la souffrance d'autres populations qui les incitent à aller vers l'extrême droite, là la sociologie est passée sous silence. Je ne dis pas que les travaux n'existent pas. Bien au contraire. Ils ne sont juste pas utilisés de la même façon lorsqu'il s'agit de se faire une idée plus précise sur la situation actuelle. Et à mon avis, c'est une grave erreur.


"C'est sur si vous comptez sur la sociologie pour parler des jeunes de cités en terme de racailles qu'il faut karsherisé, je comprend que cela ne réponde pas à vos attentes. Si vous vous attediez à ce que les sociologues prétendent que grandir a Neully ou au Tarteret n'a aucune espece d'influence sur les personnes vous risquez d'etre deçu tres longtemps."

Je n'ai pas envie que l'on parle de personnes en ces termes parce que ça ne fait rien avancer. Je voudrais juste que les travaux sociologiques soient mieux utilisés et qu'ils ne servent pas à classer les souffrances sociales par les réactions qu'elles provoquent (en caricaturant : brûler un bus, c'est "socialement compréhensible", voter FN, c'est l'horreur absolue) : c'est hypocrite et dangereux, et surtout il n'y a aucune chance de faire changer les choses de cette façon !

Je dirais donc pour conclure que ce n'est pas la sociologie que je critique. Mais je me mets juste à la place de ceux qui ne la connaissent pas et me demande ce qu'ils peuvent en savoir de l'usage qui en est fait.

Écrit par : schleuder | 03/11/2006

Me revoilou.
@ Fabounet
Pas de parano: je me suis absenté 48 heures, pendant lesquelles j'ai modéré les commentaires.
Comme vous le sauriez si vous aviez jeté un coup d'oeil à la note: "Ce blog est fermé jusqu'à dimanche".
Je reviens, je les dé-modère.
Nulle censure, donc - non que j'hésite le moins du monde à virer les commentaires qui m'insupportent, mais tel n'était pas le cas avec les vôtres.
Quant aux mails que vous recevez: je n'ai pas d'explication.
Mystère et boule de gomme.
Je poserai la question à qui de droit.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 03/11/2006

Ma phrase préférée dans tous ces comm:
"Et si on faisait quelque chose pour vivre ensemble".
Oui, hein?
Et si?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 03/11/2006

AAAAAAAAAAAhhhh !

Quelle bonne nouvelle !

Écrit par : Fabounet | 03/11/2006

Val est un journaliste talentueux, quoi qu'on en pense : il sait faire parler de lui.

Écrit par : garonor | 03/11/2006

Un journaliste talentueux c'est comme un bon arbitre. Moins il fait parler de lui et plus son travail est bien fait. Des qu'il veut en faire trop il fausse le resultat...

Écrit par : kotédiwa | 04/11/2006

Le "monde arabo-musulman", c'est la terre de l'"islamo-fascisme". C'est là qu'on veut vivre si on veut pas être avec les USA. (Either you're with us...)

L'islamo-fascisme, c'est un fascisme d'un genre nouveau, dans lequel on trouvera pas de nationalisme, pas d'idéologie de rupture politique, pas de centralisation, pas nécessairement d'expansionnisme politico-militaire, rarement un soutien étatique et militaro-industriel, pas toujours un leader providentiel et déifié...

Mais on peut aussi trouver tous ces éléments là, il suffit juste d'assimiler tout groupe pas "with us" avec ceux qui sont effectivement fasciste. Parce que fasciste, c'est un mot qui fout la trouille, et rappelle une bien belle lutte propre et légitime pour tous...

Amusant de constater que l'américano-fascisme sonne bien aussi, en termes d'aveugle nationalisme patriotique et méssianique, de soutien militaro-industriel, d'expansionnisme économique et militaire, d'idéologie...

Either you're with the fascists, or you're with the islamo-fascists, donc...

Écrit par : bert | 04/11/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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