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30/11/2006

Un Lapsus De Monsieur Royal: "Battre La Gauche! Battre La Gauche!"

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La presse (qui ment), dans sa grande bonté, l'a fort peu signalé.

Mais l'autre jour, François Hollande a fait un magnifique lapsus.

Magnifique.

Intervenant, à la tribune de la Mutualité, pour saluer comme il se devait la désignation officielle de Marie-Ségolène Royal comme candidate "socialiste" à la présidentielle, son cher et tendre époux a prévenu: "Si l'on veut battre la gauche..."

Il s'est aussitôt repris, avec un petit sourire, genre: ah ben elle est bien bonne.

Et là, reprenant le fil de son discours, il a, ça me fait hurler de rire, de nouveau lâché: "Si on veut battre la gauche..." (1)

Ca l'obsède - et on le comprend: il a probablement saisi que sa chère et tendre épouse était, à droite, la meilleure candidate, pour 2007.

Du coup, on lit avec intérêt ce que dit Jean-Luc Mélenchon, ce matin, dans "Politis", de la nécessité d'"une candidature de l'autre gauche" - la vraie.

Sa candidature à lui?

C'est ce que suggère "Politis"...






(1) La vidéo est là: http://www.dailymotion.com/visited/search/battre%20la%20gauche/video/xpkvx_battre-la-gauche

29/11/2006

Connards (Tordons Le Cou Aux Caricatures)

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J'ai trouvé ça dans "Le Canard enchaîné", ce matin.

C'est une pub de l'ANPE, qui a été publiée dans "Courrier cadres".

Ca montre un paresseux qui se casse la gueule de la branche à laquelle il était accroché - pour son roupillon.

Ca dit: "Nous avons satisfait 87,6 % des offres d'emploi qui nous ont été confiées".

Ca dit aussi, de façon à peine plus subliminale, que les chômeurs sont des branleurs.

Des parasites, comme des morpions cramponnés aux parties (communes) de la société.

Pendant que le travailleur trime, le chômeur se tripote la nouille aux frais du contribuable: nous.

Tel est, en résumé, le message que cette pub nous délivre.

C'est ainsi qu'"on" (suivez mon regard) installe, tranquillement, l'idée que les chômeurs sont des pique-assiettes - et non des victimes du hachoir à salariés connu sous le joli nom de libéralisme.

Vous allez me dire: c'est pas nouveau.

Ca fait des années que ça dure.

Exact.

Mais quand c'est l'ANPE qui le dit, plutôt que "Le Point", et de façon aussi radicalement lapidaire, c'est, comment dire?

Plus gerbant, si possible, qu'à l'accoutumée.

C'est un "créatif" de l'agence TBWA qui a eu l'idée géniale de cette pub honteuse, rapporte "Le Canard".

Quand je dis qu'il a eu l'idée, je me comprends: j'ai plutôt l'impression qu'il a juste pompé, sans trop se fouler, ce qu'on lit semaine après semaine dans la presse qui ment.

Il a juste voulu répéter aux chômeurs ce que des journaleux à deux balles leur crachent à longueur de temps: sortez-vous donc les doigts du cul, salopards d'assistés.

Interrogé sur cette merveilleuse trouvaille par "Le Canard", un "dirigeant de l'agence TBWA" avance, rapporte l'hebdomadaire, cet "argument gêné": c'est du second degré.

"Il s'agissait", en réalité, "de "tordre le cou aux caricatures" et de montrer que les chômeurs ne sont "(pas) paresseux""...

Ces mecs sont très forts, hein?

Pour mieux nous rassurer sur l'intégrité des chômeurs, ils nous les présentent comme des foutues feignasses.

C'est pas con, remarquez: ça met un peu d'humour, gros clin d'oeil, dans un monde compliqué.

Si je vous dis que les pubards sont des connards, par exemple?

J'espère que vous comprenez qu'il s'agit en réalité, bien évidemment, de vous convaincre que les pubards ne sont pas des connards?

De tordre le cou aux caricatures?

(Mais j'aimerais quand même savoir combien ils ont touché, pour cette amusante campagne.

Histoire de continuer à rigoler - avec les branleurs qui attendent fiévreusement leur allocation, entre deux petits sommes...)

28/11/2006

Le Capitalisme N'a Pas L'Intention De Se Laisser Emmerder Par Quelques Centaines De Milliers De Nègres Dépecés

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J'étais en train de rédiger un billet un peu rugueux sur Well, marchand de chaussettes, qui délocalise en Chine (où l'esclave est moins coûteux et mieux discipliné que dans le Gard) sa production.

J'en étais à préparer un assez long développement sur le côté fanatiquement ordurier du capitalisme, qui s'accommode au mieux des pires totalitarismes, aussi longtemps que le massacre des opposants ne fausse pas les règles d'une libre et saine concurrence.

J'étais, en somme, déjà pas mal énervé.

Et c'est là que j'ai reçu d'un camarade le document suivant, que je vous restitue sans trop de commentaires - car ils seraient, je crois, superflus.

Je vous demande juste, pour bien l'apprécier, à sa juste valeur, de vous rappeler ce qui se passe, en ce moment précis, au Darfour (Soudan).

Ayez, d'abord, une pensée pour les centaines de milliers de personnes qui ont déjà été, là-bas, violées, dépecées, massacrées.

Pour les centaines de milliers d'autres, qui attendent leur tour.

Qui vont crever, dans une indifférence polie du reste du monde...

Deux millions de réfugiés...

Maintenant, lisez.

Lisez bien ce qui suit.

Et laissez-vous gagner par la rage...

PAR LA RAGE...






"La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, la Chambre de Commerce Franco-Arabe et la Maison de l’Afrique ont le plaisir de vous convier au séminaire :

« LE SOUDAN, UN MARCHE A DECOUVRIR »

Mercredi 29 novembre 2006, de 9h30 à 12h30 à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris - 27 avenue de Friedland - Paris 8ème, avec S.E.Dr Awad Ahmed al-Jaz, Ministre de l’Energie et des Mines et S.E.Dr Malek Agar Ayar, Ministre de l’Investissement

Le Soudan, traditionnellement agricole, œuvre à devenir un important producteur d’hydrocarbures. Grâce à sa production pétrolière, estimée à 500 000 b/j, le Soudan jouit actuellement d’une croissance régulière (+7% en 2004 et +8% en 2005). Les efforts des autorités soudanaises ont permis au pays de réhabiliter ses infrastructures et de développer des projets dans les secteurs de l’agriculture et des petites industries.

La présence française, hors pétrole, est peu significative. Cependant, le pays offre des opportunités d’affaires intéressantes dans les secteurs de l’énergie électrique, des transports, des TIC, de l’industrie sucrière ou encore des biens de consommation courante, des biens d’équipement, des industries agroalimentaires et des produits pharmaceutiques.

[...]

PROJET DE PROGRAMME
9h30
Accueil des participants.
10h00
Mot de bienvenue de M. Jean Courtière, Membre de la CCIP, Vice-Président de la CCIP – Hauts-de-Seine.
Interventions de M. Pierre Rozek, Président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe et du Dr Saleh Al Tayar, Secrétaire Général de la Chambre de Commerce Franco-Arabe.
10h15
Principaux projets de développement et opportunités d’investissement par S.E.Dr Malek Agar Ayar, Ministre de
l’Investissement.
10h45
L’industrie pétrolière au Soudan, situation actuelle et perspective d’avenir par S.E.Dr Awad Ahmed al-Jaz, Ministre de l’Energie et des Mines.
10h45
Questions Réponses.
11h30
Situation économique du Soudan et principaux projets d’équipement par M. Vincent Schneiter, Conseiller Economique et Commercial, Chef de la Mission Economique de Khartoum.
11h45
Choisir le bon moyen de paiement par M. Philippe Petitgas, Directeur Régional Moyen Orient/Afrique et M. Patrick Jacquet, Senior Country Manager (Banque Natexis).
11h55
Témoignage d’entreprise par M. Christophe Peschaud, dirigeant (entreprise Peschaud/logistique Industrie pétrolière).
12h05
Présentation de la Foire Internationale de Khartoum par M. Christian Valery, Directeur Associé (BOI / Bureau des Opérations Internationales).
12h15
Questions-Réponses.
12h30
Déjeuner.
14h00
Entretiens individuels."

27/11/2006

D'Après "Marianne", La Sociologie Est Un Sport De Cons (Bas)

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Cette semaine, dans "Marianne", la journaliste Natacha Polony développe sur la sociologie, au terme d'une investigation exceptionnellement rigoureuse, un point de vue incroyablement nouveau (puisqu'il n'est partagé que par les 9,99 dixièmes de nos "élites" politico-médiatiques), d'où il ressort, en substance, que:
1) Les sociologues en général sont des coiffeuses.
2) Pierre Bourdieu, en particulier, refoulait quelque peu du goulot.

Du très, très grand journalisme...

Natacha Polony, curieusement, voit des sociologues partout: "Faut-il composer un plateau de télévision? Des sociologues sont là pour décrypter le réel et nous expliquer comment lui donner sens. Faut-il remplir les colonnes d'un journal? Des sociologues accourent pour incarner la voix de la science et l'impartialité du chercheur".

Ecrit-elle.

Alors évidemment, la question se pose: pourquoi Natacha Polony fait-elle semblant de ne pas voir que dans la vraie vie, ce ne sont pas des sociologues, mais des "'intellectuels" à guillemets, qui pensent (nous le verrons) comme elle, Bruckner et consorts, qui occupent l'espace médiatique à longueur d'antennes et de colonnes?

La réponse est très simple.

Natacha Polony:
1) Brûle d'une forte envie de maraver la gueule des outrecuidants qui auraient la prétention de ne pas toujours se ranger aux arguments de Nicolas Sarkozy et de ses "penseurs" de chevet.
2) N'a pas l'intention de se laisser emmerder par la réalité des faits, ainsi que nous allons très vite le vérifier.

Elle écrit donc: "Si l'on prête une oreille attentive à leurs discours, le décryptage (que) proposent (les sociologues) semble un peu systématique".

Et de préciser: "Dans le monde de Laurent Mucchielli, par exemple, tous les délinquants sont des victimes, et les "tournantes" sont un fantasme instrumentalisé par les médias pour renforcer la méfiance du peuple envers les jeunes gens issus de l'immigration".

Dans la vraie vie, bien sûr, Laurent Mucchielli n'a jamais dit ou écrit: "Tous les délinquants sont des victimes".

Dans la vraie vie, Laurent Mucchielli n'a jamais prétendu non plus que "les "tournantes" sont un fantasme".

Dans la vraie vie, pas un instant Mucchielli ne conteste la réalité des "tournantes", ni (par conséquent) ne les présente comme un "fantasme".

Mais Natacha Polony, manifestement, n'a pas envie de s'emmerder avec d'aussi minuscules détails: elle est venue pour flinguer les sociologues, présentés par elle comme des "professionnels du discours calibré, prêt à médiatiser".

Quel talent...

Sa "démonstration" (guillemets de rigueur) commence par une question dont elle connaît bien évidemment la réponse avant de l'avoir posée: "Est-ce que (...) tous les sociologues voient le monde avec les mêmes lunettes, et que toute vision autre est [de leur point de vue] au mieux dans l'erreur, au pis dans l'idéologie la plus réactionnaire?"

Réponse: "A écouter Laurent Mucchielli et Stéphane Beaud, tous deux scandalisés par le traitement des questions d'immigration et de délinquance dans les pages de "Marianne", on le croirait presque. A interroger certains étudiants à la sortie des universités, également".

Le mot à retenir: "Certains".

Il signifie, très clairement, que Natacha Polony aurait pu trouver, avec un peu de bonne volonté, quelques étudiants pour lui tenir, sur la sociologie, un discours un peu moins caricatural.

Oui mais voilà: notre enquêtrice de choc n'a interrogé que les quelques étudiants dont les réponses lui permettent, comme c'est pratique, d'étayer sa propre conviction que les sociologues sont, pour la plupart, des sales gauchistes moyennement compétents.

Exactement comme s'il n'existait, en France, aucun(e) étudiant(e) en sociologie qui ne soit pas d'accord avec Natacha Polony...

C'est donc sur la foi de trois témoignages (vous étiez prévenu(e)s qu'on parlerait ici d'une investigation ultra-sérieuse), celui d'Alexis, "en deuxième année" à Nanterre, celui d'Anna, "étudiante en sociologie à Paris-I Panthéon-Sorbonne", et celui d'Isabelle, "étudiante à l'Ecole des hautes études en sciences sociales", que notre journaliste peut très posément stigmatiser "une impression de systématisme et de manque de rigueur" dans l'enseignement de la sociologie.

Trois témoignages, pas une voix discordante: ça, coco, c'est du (très) lourd.

De l'investigation comme on n'en fait plus.

Natacha Polony conclut cette première partie de sa formidable enquête par cette forte maxime: "Sans atteindre forcément ces excès [le systématisme et le manque de rigueur], la sociologie, telle qu'elle est enseignée à l'université paraît parfois aux étudiants une discipline aux contrours flous et au corpus théorique peu unifié".

Je résume: la sociologie est systématique, la sociologie manque de rigueur, les contours de la sociologie sont flous, et le corpus théorique de la sociologie est peu unifié - dois-je vous l'emballer?

On se dit, bien sûr, que la sociologie pourrait aussi, qui sait, paraître parfois une discipline satisfaisante à quelques étudiant(e)s: mais ceux-là, malheureusement, Natacha Polony a, c'est ballot, négligé de les interroger...

De sorte qu'elle peut tranquillement continuer, sans être jamais contredite, sa mise en pièces d'une discipline qui, explique-t-elle, "se veut une science", mais qui n'est, en réalité, que très modérément scientifique - toujours d'après notre enquêtrice.

Elle cite, pour étayer cette (nouvelle) accusation, un "membre de l'Académie des sciences morales et politiques" du nom de Raymond Boudon, qui lui tient ce langage: "La sociologie scientifique, qui prétend expliquer les phénomènes, existe toujours, mais elle n'est pas la plus visible. Elle est occultée par la sociologie compassionnelle, qui se donne avant tout pour objectif de mettre le doigt sur les injustices et de s'intéresser aux victimes, et par la sociologie descriptive, qui se rapproche du journalisme d'investigation, en observant ce qui se passe dans tel quartier, telle agglomération".

Le message est clair: ce qui tue la science, dans la sociologie, c'est la vermine compassionnelle, penchée sur la misère du monde.

Natacha Polony écrit: "De fait, la sociologie scientifique (...) est moins porteuse médiatiquement qu'un travail sur le racisme ou les inégalités; même si certains travaux sur ces questions (...)sont d'une incontestable solidité".

Natache Polony, qui a, n'en doutons pas, toutes les compétences requises pour juger de la "solidité" des travaux des uns et des autres, nous l'assène donc sans trop de ménagements: les sociologues sont, majoritairement, des faiseurs, avides surtout de gloire médiatique...

Et devinez, dans tout cela, qui est visé?

Bourdieu, évidemment!

Quel dommage que Natacha Polony, sur le sujet qu'elle prétend appréhender, n'ait pas lu, de Bourdieu justement, "Les usages sociaux de la science", mince volume qui lui aurait permis de ne pas limiter sa méditation au recueil de l'opinion de Raymond Boudon!

Mais pourquoi aurait-elle seulement ouvert ce livre, puisque son propos est, précisément, de flinguer Bourdieu?

Un certain Charles-Henri Cuin, "professeur à l'université Bordeaux-II" lui glisse dans le creux de l'oreille ce qu'elle avait envie d'entendre: "La figure de Pierre Bourdieu a joué un rôle néfaste. Sa production théorique est intéressante, mais, tout en se positionnant comme savant pur au-dessus de la mêlée politique, il faisait passer un discours parfaitement idéologique, en éliminant les données qui ne l'arrangeait pas".

Une "étudiante en licence", encore une, Astrid, confirme: "Alors que nos professeurs insistent en permanence sur la rigueur méthodologique, ils portent Bourdieu au pinacle. Sa méthodologie est otalement biaisée? Mais il a le droit, c'est Pierre Bourdieu".

Quelle données Bourdieu "éliminait"-il?

En quoi sa méthodologie est-elle "totalement biaisée"?

D'où sortent ces conneries?

Où sont les preuves?

Notre journaliste "oublie", malheureusement, de réclamer quelques précisions à ceux qui profèrent de telles accusations: elle préfère s'appuyer sur les incantations (drolatiques) d'un Charles-Henri Cuin, pour affirmer une fois de plus que "le rapport des sociologues à la scientificité est parfois ambigu"!

Cela, elle ne l'a, répétons-le, absolument pas démontré.

Mais cette répétition maniaque d'une affirmation "étayée", en guise de preuves, par deux pauvres saillies anti-Bourdieu, lui permet de balancer une mandale supplémentaire dans la gueule des sociologues, en affirmant: "Quand il s'agit de défendre sur un plateau de télévision leur interprétation des émeutes de banlieue ou de l'échec scolaire, beaucoup se prévalent de cette posture du savant".

Quand on se rappelle ce que furent les rapports de Bourdieu avec la télé, cette façon de présenter ses disciples comme des penseurs de médias (sans le moindre commencement de preuve, évidemment) est, j'en suis d'accord, complètement grotesque: mais elle n'est là que pour déblayer le terrain, avant que Natacha Polony, enfin, ne livre le fond de sa pensée.

Le voici: d'après cette remarquable journaliste, le "discours sociologique" vient "parfois" -noter encore une fois ce "parfois" totalement hypocrite- "conforter dans ses travers une société adepte de la compassion victimaire".

Nous y voilà!

Nous revoilà dans des eaux que nous ne connaissons que trop bien: celles de la "compassion victimaire", celles de la "tyrannie de la repentance" chère à Bruckner, celles enfin où croisent tous les néo-réacs pour qui le sociologue représente l'ennemi, tous ces minables intellos de médias - qui eux ne se prévalent jamais, c'est bien connu, d'une quelconque posture, pour nous administrer leurs considérations à la con sur les banlieues "ethnico-religieuses"...

Comme pour mieux parachever cette farce, dont je vous épargne ici maint détour, Natacha Polony, pour finir, cite encore Charles-Henri Cuin: "Quand il faut parler de l'avenir du monde en quinze secondes, il n'y a plus de place pour la complexité".

Natacha Polony, si elle était un peu sérieuse, devrait alors lui signaler que c'est justement ce que Bourdieu et ses disciples n'ont jamais cessé de répéter.

Mais non.

Elle préfère battre des mains, faire comme si le prof qui vient de lui servir la soupe qu'elle atttendait avait trouvé tout seul quelque chose de formidablement pertinent.

Notre journaliste a réussi à "démontrer", sans l'ombre d'une preuve, sans l'ombre d'une contre-enquête auprès de ceux qu'elle incrimine, la prétendue nullité de la sociologie "compassionnelle", qui fait tellement de peine à Nicolas Sarkozy: chapeau, l'artiste.

26/11/2006

Plus De Bruit

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Je sais, je sais: je devrais balancer un nouveau billet.
Mais je préfère écouter de la musique.
Alors on verra plus tard, hein?

25/11/2006

Georges Frêche Et Les Supporteurs

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Bertrand Delanoë, maire "socialiste" de Paris, cité hier par "Le Nouvel Obs" (en ligne): "La tragédie survenue aux abords du Parc des Princes m'inspire une véritable consternation".

A moi aussi.

Tout comme les réactions des politiques, de tout bord, qui redécouvrent pour la millième fois le racisme des stades.

"Certains joueurs noirs estiment que l'atmosphère est devenue irrespirable au Parc des Princes, où les cris de singes des supporteurs résonnent fréquemment": ça fait combien de fois, sérieusement, qu'on lit ça?

Mais ça continue...

Bertrand Delanoë, toujours: "La gravité de cet événement vient de confirmer la nécessité absolue de combattre le racisme et l'antisémitisme dans l'environnement des supporteurs du PSG".

Certes.

Mais la xénophobie footballistique ne se résume pas aux kops d'extrême droite: quand un penseur de compétition déplore qu'il y ait tellement trop de noirs au sein de l'équipe de France, il dit exactement la même chose, au fond, avec ses mots à lui, certes moins directement bestiaux, que les hooligans qui poussent des "cris de singes".

Il installe, disons, un climat.

Je voulais juste rappeler à Bertrand Delanoë, ainsi qu'à tou(te)s ses "camarades", que Georges Frêche, au moment où ces lignes sont écrites, n'a toujours pas été viré du Parti "socialiste".

Ce que je veux dire, c'est que ça serait bien aussi de combattre le racisme dans l'environnement partisan de Marie-Ségolène Royal.

Juste Un Petit Mot Pour Vous Signaler Que C'Est Aujourd'hui La:

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En même temps, vous allez me dire: et demain?
C'est la question que je me pose à chaque fois que revient l'une de ces journées "sans" - voiture, achats, etc.
A quoi ça peut servir?
J'ai pas de réponse. (Qu'en pensez-vous, ami(e)s décroissant(e)s?)
Mais j''envisage d'en profiter pour appeler à une manifestation au moins aussi festive: le quinquennat sans Marie-Ségolène Royal.

24/11/2006

Toi Comprendre, Quand Marie-Ségolène Parler? Toi Comprendre, Quand Marie-Ségolène Employer Mots Simples? Ou Toi Vraiment Trop Con(ne)?

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Marie-Ségolène Royal, décidément, n'a pas fini (je le crains) de nous étonner.

Je découvre par exemple, dans "Le Monde", que: "Ségolène Royal dira "vie chère" plutôt que "pouvoir d'achat"".

Explication: "Lors d'un déjeuner avec près de 600 maires socialistes, Mme Royal les a incités à lui faire part des préoccupations des Français et surtout des mots qu'ils emploient pour en parler".

C'est, déjà, très beau.

Mais la suite est plus délicieuse encore: "Elle a tout de suite donné un exemple: "Si je dis "la vie chère" au lieu de "pouvoir d'achat", ce n'est pas un hasard, a-t-elle insisté avant d'expliquer en substance que, "la "vie chère", tout le monde comprend ce que cela veut dire, tandis que le "pouvoir d'achat", lui, dépend de statistiques de l'Insee qui s'obstine à le voir en hausse"".

Après avoir lu ça, j'ai immédiatement lancé, dans mon proche entourage, un mini-sondage téléphonique, auprès d'un échantillon représentatif d'un de mes potes.

Je lui ai très directement ai posé la question: "Tu comprends ce que ça veut dire, toi, "pouvoir d'achat"?"

Sa réponse: "Ben ouais, pourquoi?"

Je l'ai relancé: "Non mais, sérieusement, quand je te parle de "pouvoir d'achat", t'as pas tendance à penser que c'est quelque chose qui dépend trop des statistiques de l'Insee?"

Mon pote, affligé: "Mais qu'est-ce que tu me racontes? Qu'est-ce que c'est que ces conneries?"

Je me suis pas démonté: "Ce que je veux dire, c'est que si par exemple je te disais "vie chère", plutôt que "pouvoir d'achat", tu comprendrais sans doute mieux de quoi il est question, pas vrai?"

Lui: "Ben vazi, t'as qu'à dire que je suis un gros con!"

Et là, je l'ai chaleureusement remercié, parce qu'il venait de résumer, en quelques mots, ce que m'inspire cette nouvelle trouvaille de Marie-Ségolène Royal.

Quand elle estime que "pouvoir d'achat" est une expression trop compliquée, Marie-Ségolène Royal part du principe qu'elle s'adresse à de vrai(e)s demeuré(e)s, dont le vocabulaire actif doit se réduire à une triste poignée de mots de quelques lettres - dont "vie", et "chère".

Car les petites gens ont, c'est bien connu, de petits lexiques.

Alors, gentiment, elle se fabrique son dictionnaire de campagne, histoire de se mettre au niveau de ces presque analphabètes: je propose que, plutôt que de mépris, qui est un mot un peu difficile à comprendre, nous parlions ici de foutage de gueule?

23/11/2006

"Le Monde" Et Chavez: Un Très (Très) Bel Exemple D'Extrême Rigueur Journalistique

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Le Monde, journal de référence, publie aujourd'hui, page 6, un article d'une certaine Marie Delcas, "envoyée spéciale" à Caracas (Venezuela).

Titre: "Hugo Chavez ne parvient pas à mobiliser ses "bataillons de campagne" pour sa réélection".

A moins de 15 jours de l'élection présidentielle vénézuélienne du 3 décembre, on lit ça, on se dit, bigre, ça va donc assez mal pour Hugo Chavez!

Mais voyons plutôt.

Marie Delcas écrit, pour commencer: ""As-tu formé ton bataillon? As-tu formé ton peloton?", scande le spot télévisé sur un rythme joyeux".

Elle poursuit: ""Les gens croient que nous utilisons des termes militaires parce que Hugo Chavez est un ancien militaire. C'est complètement faux", affirme Juan Contreras, au "commandement de campagne" du président vénézuélien, qui brigue un nouveau mandat, le 3 décembre. "Nous ne faisons pas campagne contre les autres candidats, mais contre l'empire [américain]. Cette élection s'inscrit dans le cadre de la guerre asymétrique menée par Washington. Les Américains ont tout fait pour tenter de renverser Chavez. Souvenez-vous de la tentative de coup d'Etat de 2002", explique M. Contreras".

L'envoyée spéciale ajoute: ""Contre le diable [George Bush], contre l'empire, votez Hugo Chavez", confirment des banderoles déployées en travers des avenues de Caracas".

Vous devez trouver ça un peu long, mais c'est volontairement que je souligne ici combien Marie Delcas est méticuleuse, dans la retransciption de ce qu'elle voit, et de ce qu'elle entend.

Jusqu'à souligner que les banderoles déployées par les partisans d'Hugo Chavez confirment ce que lui a dit, au siège de campagne d'Hugo Chavez, un partisan d'Hugo Chavez: voilà ce que j'appelle recouper une info, plutôt deux fois qu'une. (Des fois que des chavistes crétins auraient balancé partout des banderoles pour se contredire...)

Je vous prie de noter aussi que ces minutieuses vérifications nous ont mené(e)s à la fin du premier tiers de l'article de Marie Delcas, et qu'elle n'a rien dit encore des bataillons de campagne que Chavez, comme annoncé dans le titre du papier, ne parvient pas à mobiliser.

Mais justement: elle y arrive.

Elle écrit: "Vaincre M. Bush exige donc une organisation militaire".

La preuve: "Un "bataillon de campagne" doit fonctionner dans chaque quartier, chargé d'organiser autant de "pelotons" qu'il y a de bureaux de vote".

Voilà donc, enfin, ces fameux bataillons: Marie Delcas va maintenant, mieux vaut tard que jamais, nous dire en quoi Chavez ne parvient pas à (les) mobiliser.

Elle écrit: "Pourtant, au quartier populaire 23-Février, à Caracas, personne ne semble encore avoir été contacté par les "pelotons"".

Et elle cite, à l'appui de cette remarquable démonstration, un témoignage bouleversant: ""Lors du référendum d'août 2004, les choses étaient mieux organisées", remarque une assistante sociale".

Et?

Rien.

Je veux dire que c'est tout.

Le Monde annonce, avec des roulements de tambours (de guerre): "Hugo Chavez ne parvient pas à mobiliser ses "bataillons de campagne" pour sa réélection".

Mais au moment d'étayer cette puissante considération, tout ce que Le Monde produit, c'est une randonnée de son envoyée spéciale dans un (seul) quartier populaire de Caracas, où on ne semble pas (ce n'est donc pas certain) encore avoir été contacté par les pelotons...

Et un (seul) témoignage d'une assistante sociale qui trouve que les choses étaient mieux organisées en 2004...

Mais sans déconner, c'est ça, le journalisme de référence?

Après avoir ainsi évacué en moins de huit petites lignes ce qui pourtant devrait, d'après son titre, constituer l'essentiel de son papier, Marie Delcas, plutôt que de pousser plus avant une investigation qui l'a déjà vue se risquer dans un quartier populaire, préfère tout soudain bifurquer.

Elle rappelle alors qu'après avoir été, en 2004, plébiscité par "quelques 6 millions d'électeurs", Hugo Chavez, "dans l'enthousiasme de la victoire (...), avait lancé l'objectif de 10 millions de votes pour l'élection présidentielle de décembre".

Pourquoi ce rappel?

Pour mieux flinguer Chavez!

Marie Delcas observe que "les instituts de sondage donnent le chef de l'Etat largement gagnant, avec au moins 10 points d'avance sur le candidat de l'opposition, Manuel Rosales", à l'élection présidentielle du 3 décembre.

En d'autres termes, Chavez va, une fois de plus, faire un malheur, même s'il ne parvient pas à mobiliser ses bataillons de campagne (dont rien ne prouve, dans l'article du Monde, qu'il échoue réellement à les mobiliser).

Mais l'envoyée spéciale du journal de référence n'entend pas concéder trop d'importance à cette victoire annoncée.

Elle préfère citer une "politologue", Ana Maria Sanjuan, d'après qui: "Toutefois, si l'abstention est élevée, Hugo Chavez pourrait bien se retrouver victime de son propre slogan", de sorte que "s'il obtient moins de voix que lors du référendum, ce sera une défaite".

Certes.

Et inversement!

Pour mieux enfoncer le clou, Marie Delcas cite un fonctionnaire du Conseil national électoral qui lui confie que sur le terrain, la campagne de Chavez patine...

L'envoyée spéciale du Monde nous livre enfin une dernière considération de la politologue Ana Maria Sanjuan: d'après cette observatrice privilégiée, la guerre contre l'empire ne mobilise pas les électeurs, et le président vénézuélien n'a pas de propositions nouvelles à formuler...

En somme, Chavez va gagner, mais Le Monde, au terme d'une enquête absolument exemplaire, nous explique pourquoi et comment il va perdre: quel talent!

22/11/2006

Pourris City

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Et donc, il y aurait quelque chose de pourri au Parti "socialiste".

C'est pas moi qui le dis: c'est Georges Frêche, le compteur de noirs de Montpellier.

Je suppose qu'il sait de quoi il parle, n'étant pas exactement un éléphanteau de l'année.

"Libé" nous apprend qu'il a, je cite, "laissé entendre qu'il pourrait gêner certains socialistes s'il révélait ce qu'il sait sur le dossier Urba, cette affaire de financement occulte du PS dans les années 80 qui a valu une condamnation en 1996 du trésorier de l'époque, Henri Emmanuelli".

Georges Frêche a déclaré: "Est-ce que vous croyez que je vais semer la panique maintenant parce que j'ai gardé toutes mes archives depuis trente ans - toutes les interventions qu'on a faites auprès de moi, sur les grandes surfaces et tout. Je pourrais semer une panique que vous ne pouvez pas imaginer".

En fait, si: on imagine assez bien.

Mais Georges Frêche a aussitôt précisé "qu'il ne fera "rien contre son parti"", toujours d'après "Libé".

Ouf.

Courageux mais pas téméraire, menaçant ma non troppo, Jo Frêche respectera donc l'omerta, comme à Naples, comme en Sicile, comme en Calabre.

Jo Frêche, qu'on se le dise, n'est pas une donneuse.

Jo Frêche est un homme d'honneur: compter des noirs, oui, balancer les saloperies de son parti, jamais.

Tôt ce matin, j'ai, là-dessus, demandé son avis à un magistrat d'expérience: Eric de Montgolfier, procureur de la République de Nice.

Sa réponse: "Il me semble que si j'étais le procureur de Montpellier, j'enverrais un petit mot à Georges Frêche - quelque chose comme: "Vous avez déclaré disposer d'informations inédites sur une affaire de financement occulte d'un parti politique. Sauf à me démentir sur ce point, je vous saurais gré de me les transmettre"".

Commentaire amusé du "proc" (de Nice), après les vraies-fausses menaces de Jo Frêche: "Ca me paraît un peu imprudent, comme déclaration".

Je suis bien certain, pour ma part, que la justice montpelliéraine va faire diligence.

Je suis bien certain qu'elle va promptement rouvrir le dossier Urba, sur la foi des éléments (susceptibles de semer au P"S" une "panique" inimaginable) que Jo Frêche ne manquera pas de lui communiquer.

Je suis bien certain que Marie-Ségolène Royal va, dans la journée, demander à son copain compteur de noirs de collaborer avec la justice de son pays, pour qu'enfin toute la vérité soit faite sur "trente ans", soigneusement archivés, de "socialisme"...

Ira-t-elle jusqu'à réunir un "jury populaire"?

 
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