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03/12/2006

En Avant! Camarades Actionnaires! Vers Des Lendemains Rouges Et Radieux!

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Vous avez sans doute vu cette pub, hier, dans la presse quotidienne, qui disait: "Il vous reste 4 jours pour devenir actionnaire de Natixis".

Elle est pleine de chiffres, qui sont présentés comme: "Les raisons pour lesquelles vous pouvez investir".

Genre: "534 milliards d'euros d'actifs sous gestion, 23.000 collaborateurs et 120 implantations dans le monde, 50% Du résutat redistribué aux actionnaires".

Commentaire: "Derrière Natixis, il y a bien sûr des chiffres flatteurs. Il y a un profil d'activité diversifié, soutenu par les deux réseaux Caisse d'Epargne et Banque Populaire. Il y a un objectif de croissance annuelle du Produit Net Bancaire sur la période 2005-2010 et une capitalisation boursière potentielle de plus de 20 milliards d'euros dès sa création. Il y a enfin un objectif de distribution de dividende de 50% du résultat net consolidé de l'exercice 2006. Derrière Natixis, il y a donc l'opportunité de devenir aujourd'hui actionnaire de la nouvelle banque d'investissements et de projets".

Je ne suis pas complètement sûr d'avoir tout compris, mais je trouve cette présentation au moins aussi belle, voire émouvante, qu'un discours de Laurence Parisot.

Si je devais résumer, je dirais que cette pub, telle que je la perçois, promet du gros pognon à de futur(e)s actionnaires.

Il manque un chiffre, cependant.

Modeste, si on le rapporte aux milliards d'euros dont il a jusqu'ici été question.

Mais important.

Le voici: 300.

De quoi s'agit-il?

Du nombre d'emplois menacés chez Well, bas et collants, au Vigan, dans le département du Gard (qui m'est cher).

Très menacés, même.

Puisque Well veut délocaliser vers l'Asie l'essentiel de sa production.

Et notamment, si j'ai bien compris, vers la Chine, où l'esclave, c'est bien connu, est moins onéreux, en même temps que notoirement plus discipliné, que dans les Cévennes.

Quel rapport, me direz-vous?

C'est très simple: Well appartient à Natixis.

Je suis absolument sûr que ça doit faire très plaisir aux salariés du Vigan, d'apprendre que la boîte qui vient de leur expliquer (gentiment) qu'elle n'avait d'autre choix (financier) que de les virer compte, cependant, sur "une capitalisation boursière potentielle de plus de 20 milliards d'euros", dont les dividendes iront engraisser l'actionnariat.

Je serais salarié du Vigan, je battrais des mains.

Vous me direz: je ne sais rien des subtilités du marché.

Tout juste, Auguste.

Mais j'ai tout de même l'impression que pour être complètement informative, la pub dont nous parlions au début de ce billet devrait plutôt appâter le gogo en ces termes: "Il vous reste 4 jours pour devenir actionnaire de Natixis, qui, pour distribuer quelque argent à son actionnariat, n'hésite pas, sévères mais justes lois de la rentabilité, à lourder quelques miséreux".

D'autre part, si j'extrapole un peu, mais pas beaucoup, cette pub devrait aussi comporter, fût-ce en tout petits caractères, un erratum, du type: "Oubliez tout ce qu'on vous a raconté pendant un demi-siècle sur la barbarie communiste - c'était pour déconner".

Non parce que rappelez-vous ce que disaient nos excellences libérales, sur le totalitarisme rouge, version Union soviétique: c'était l'horreur. (Et ce n'était pas faux, bien sûr.)

Or, la Chine, c'est quoi?

Une dictature communiste: bravo.

Le "socialisme réel", dans ses déclinaisons répressives, tel qu'il se pratique aujourd'hui encore à Pékin, n'est pas moins grossièrement râpeux que celui qui régnait jadis à Moscou.

Il est scientifiquement prouvé que la balle (payante) qui perfore la nuque d'un opposant chinois fait les mêmes dégâts que celle qui butait naguère le dissident ukrainien.

D'où vient alors, demanderez-vous, que le capitaliste, qui fustigeait hier les tueurs staliniens, se pâme, aujourd'hui, sitôt que des bourreaux (post-)maoïstes lui font l'aumône d'un regard?

C'est, là encore, d'une bouleversante simplicité: la Chine fait du hachis de ses mal-pensants, et ce n'est, certes, pas très gentil - mais elle a, pour autant, l'extrême délicatesse de respecter, d'enthousiasme, les règles de base du libéralisme, qui font le monde si beau.

Or, entre le massacre de quelques anarchistes retors et la perspective d'accroître ses dividendes, le capitaliste, vous l'aurez sans doute remarqué, n'hésite jamais: il choisit, crânement, le porte-monnaie de son actionnaire.

Avec une pensée, probablement, pour le Tibet, car l'investisseur a du coeur, et de l'éthique évidemment - mais les affaires sont les affaires.

Il va de soi, la Chine le prouve, que si Joe Staline, qui était un peu rustique, avait su ouvrir son empire aux ineffables voluptés d'une concurrence libre et non faussée, le mur de Berlin ne serait jamais tombé.

La Chine incarne, je le crains, l'espoir fou du libéralisme: celui d'un marché (aux esclaves) enfin libéré des pesanteurs droits-de-l'hommistes, et de leurs sinistres légions syndicales.

Alors en avant, camarades actionnaires!

Que mille stock-options refleurissent, pour des lendemains rouges et radieux!

Commentaires

Je frissonne
mais j'ai l'énorme avantage de chanter
"je suis le premier commentaire !"
Et bis
ad libitum.

Écrit par : Titi | 03/12/2006

"D'où vient alors, demanderez-vous, que le capitaliste, qui fustigeait hier les tueurs staliniens, se pâme, aujourd'hui, sitôt que des bourreaux (post-)maoïstes lui font l'aumône d'un regard?"

Mais
pour être plus sérieux (et pour m'éclairer) :
est-ce que ce système-ci n'est pas condamné (plutôt : ne s'est-il pas condamné lui-même, tout seul, comme un grand) ?

Je veux dire : un système sans éthique peut-il perdurer ?
(Si non : quelle forme donner au changement ? Et : comment, lorsque, comme une peau morte, ce système-sans-éthique tombera, cette chute se produira-t-elle ?
Ce sont les questions que, très sérieusement, je me pose.)

Écrit par : Titi | 03/12/2006

"si Joe Staline, qui était un peu rustique, avait su ouvrir son empire aux ineffables voluptés d'une concurrence libre et non faussée, le mur de Berlin ne serait jamais tombé".

Je dirai tout le contraire : c'est parce que Gorbatchev mit en oeuvre une politique de libéralisation en totale rupture avec celle de ses prédécesseurs que le Mur put enfin tomber. Glasnost... cela rime tellement bien avec "concurrence pure et parfaite".

Pour mémoire :
Se piquant d'ouvrir le dialogue avec Ronald Reagan, Gorbatchev proposa officiellement que dans un message de nouvel an le président américain adresse un court message télévisé à toute l'URSS tandis que le président de l'URSS fera de même sur une chaîne de télévision américaine. Le projet séduit ; chacun des deux présidents se montre très modéré dans son message ; la gorbymania commence à toucher les États-Unis. Un sondage révèlera même, à une époque, Gorbatchev plus populaire aux États-Unis que Reagan lui-même. Le magazine Time lui décerne le titre d'Homme de l’année en 1987.

En 1989, en visite officielle en Chine pendant les manifestations de la place Tiananmen (avant leur répression), on sollicite son opinion sur la muraille de Chine : « Très bel ouvrage », dit-il, « mais il y a déjà trop de murs entre les hommes ». Un journaliste lui demande : « Voudriez-vous qu'on élimine celui de Berlin » ? Gorbatchev répond très sérieusement « Pourquoi pas ? ». A propos des manifestants démocrates qui troublent son séjour, il déclare : «L'URSS a également ses têtes brûlées qui veulent changer le socialisme du jour au lendemain.»

L'Histoire montrera que ce ne sont pas tant les têtes brûlées d'URSS qui firent exploser l'Union soviétique mais le "Monde libre" qui approuva le Coup d'Etat qui porta Boris Eltsine au pouvoir. Un communiste conservateur. Du capitalisme d'Etat au capitalisme mondialisé, il n'y avait finalement qu'un ou deux coups de pioche...

Écrit par : Anne | 03/12/2006

Merci Anne...

ET merci Seb pour ce billet sur les Well (je trouve que tu aurais pu parler aussi des Dims, mais enfin bon...), je me posais la question de savoir si il viendrait un jour.

Moi j'ai appris il y a quelques années qu'une boite de fabrication d'outils avait délocalisé sa production en chine, ou, plus exactement dans une prison chinoise, puisque les travaux forcés sont une grande spécilité locale.

Dans le canard, le mois dernier il y avait une jolie phrase de Bernadette Chodron de Courcel-Chirac lors du voyage du couple présidentiel en chine :

"Ces chinois ils travaillent matin, midi et la nuit. Et pendant ce temps, en France, que font les travailleurs ? Ils dorment ! Il faut cesser cette décadence".

Et le canard d'ajouter qu'elle s'y connaissait, la dinde chanel, elle qui n'a jamais travaillé de sa vie et qui loge dans des palais de la République depuis 50 ans...

Écrit par : Bruno Lamothe | 03/12/2006

Toujours sur le thème "Qu'importe que le chat soit blanc ou gris pourvu qu'il attrape les souris" (Deng Xiaping). J'espère que je m'ai pas une nouvelle fois gourré avec cette putain de citation...

Extrait d'un excellent article de Serge Halimi, 30 novembre, Monde diplomatique :
"Milton Friedman n'est pas mort" (déjà le titre arrache sa mère, je trouve...)

"Pour Milton Friedman, les priorités économiques étaient la lutte contre l’inflation et celle contre les déficits publics. Combattre la hausse des prix imposait, selon lui, de ramener le rythme de création monétaire à un niveau si bas qu’il rendrait l’argent plus cher (taux d’intérêts), interdisant ainsi à l’Etat de financer trop commodément ses déficits. La technique n’excluait pas d’autres thérapies néolibérales devenues familières depuis vingt-cinq ans. « Comment pourra-t-on jamais ramener l’Etat à de justes proportions ? interrogeait Milton Friedman. Je pense qu’il n’y a qu’une façon : celle dont les parents contrôlent les dépenses excessives de leurs enfants, en diminuant leur argent de poche. Pour un gouvernement, cela signifie réduire les impôts. » Quant à l’existence du chômage, elle s’expliquait surtout par un coût du travail (salaire) trop élevé et par des prestations sociales trop importantes, c’est-à-dire susceptibles d’inciter les sans-emploi à refuser de vendre leur force de travail au coût du marché".

C’est, grosso modo, ce que rabâche l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis vingt-cinq ans. Garantir le capital contre l’érosion monétaire, mieux rémunérer les créanciers, réduire la progressivité de l’impôt, réduire le niveau réel salaires : aucun de ces remèdes, on l’a compris, ne s’est révélé particulièrement éprouvant pour les détenteurs de fortunes…

Paradoxalement, c’est aujourd’hui l’Europe plus que les Etats-Unis qui semble suivre à la lettre certaines des recommandations de Milton Friedman. C’est en particulier le cas en matière monétaire. Car davantage que la Réserve fédérale américaine, la BCE, toute-puissante et affranchie de tout contrôle politique, semble obsédée par la menace — pourtant inexistante — de l’inflation et dédaigneuse des risques pour l’emploi d’une politique de taux élevés, de crédit cher. Résultat : la valeur de l’euro vient de franchir la barre de 1,30 dollar. Car, de leur côté, les autorités américaines semblent encourager la baisse de leur monnaie pour exporter plus facilement et retarder l’incidence d’une récession.

Puisque Milton Friedman reste à ce point vivant, en particulier en Europe, peut-être faut-il rappeler la manière dont Paul Douglas, qui enseigna en même temps que lui l’économie à l’université de Chicago avant de devenir sénateur de l’Illinois, résuma il y a plus de vingt ans les certitudes de ses anciens collègues. Elles semblent avoir fait école : « Ils croyaient que les décisions du marché étaient toujours bonnes, et les valeurs du profit au-dessus de tout. Leur doctrine anti-interventionniste avait pour effet pratique de dégager la voie pour les grosses entreprises. Ils balayaient les inégalités de pouvoir, de savoir et de revenu, les réalités du monopole, du quasi-monopole ou de la concurrence imparfaite, en les traitant comme quelque chose de subalterne ou d’inexistant. Les opinions de mes collègues auraient ramené l’Etat à ses fonctions du XVIIIe siècle — JUSTICE, POLICE et ARMEE — dont j’estimais qu’elles étaient insuffisantes pour cette époque, et plus encore pour la nôtre. »

On comprend bien que Milton Friedman non seulement se fout royalement (mon adverbe de droite préféré) de résorber le chômage mais qu'il préconise, si vraiment on insiste très lourdement, que les chômeurs acceptent de devenir des esclaves bradés au prix imposé par le MARCHE LIBRE ET PARFAIT (trouvez pas que ça sonne comme DIEU est AMOUR...du lourd comme marchands de lessive...)

Mais le pire, ce n'est pas tant de découvrir que NON, HELAS NON, Milton Friedman n'est pas mort. C'est de constater, impuissants, que ses apôtres se reproduisent comme des lapins... pendant que nous, nous disparaissons au rythme de nos iillusions.

Bon dimanche.

Écrit par : Anne | 03/12/2006

Il est tout a fait rassurant que la banque POPULAIRE investisse dans une démocratie populaire, non ? :)))

Écrit par : borneo | 03/12/2006

"tout juste, Auguste". Ca serait pas plutôt Antonin pour quelqu'un à qui le Gard est cher?

Bon OK, je la ferme et je sors en m'imposant une purge d'une semaine avant de revenir ici.

Avant de sortir j'ajouterai quand même que ça plus de deux mois que LLM, le pape de la blogosphère (mdr), nous a expliqué que la France était plus communiste que la Chine. Je sais que je devrais mettre le lien, mais lier au blog de LLM, j'peux pas, c'est comme Fonzie et dire qu'il y eu tort, y a un blocage insurmontable au niveau du cerveau. Donc voilà, Sébastien tu es en retard, consulte les autorités du net avant de poster.

Écrit par : Parallèles | 03/12/2006

eh bien, parait-il que nous avons tout faux de nous indigner là encore parce que ;
- c'est inéluctable
- ce n'est pas ce que nous croyons, non ce n'est pas pour engraisser les actionnaires et les vilains patrons...
- les entreprises ne sont pas des services sociaux
- ce n'est qu'une question de concurrence et d'ouverture du marché
- ce n'est pas en s'indignant sur ces raisons fausses que 'lon fera avancer le schmilblik
-mais c'est en s'attaquant au code du travail , aux mesures sociales, à la formation et à la recherche
- ce n'est qu'en innovant, en se diversifiant
- quant à la "moralité' des marchés elle n'a jamais bcp existé, depuis belle lurette la france commerce avec des pays totalitaires

voilà, Mathieu, qui est un de tes lecteurs aussi, m'expliquait tout cela en commentaire à la suite de mon billet sur Aubade :
http://lesyeuxouverts.over-blog.net/article-4703838-6.html#anchorComment
un lecteur m'a laissé aussi un lien vers un article sur "les couts cachés" de Bouba Olga , économiste

Écrit par : lesyeux | 03/12/2006

Ca me rappelle une démonstration assez convaincante sur les méfaits de l'actionnariat populaire aux USA, où des ouvriers saluaient la rentabilité d'un fond d'investissement dans lequel ils avaient mis leurs économies, alors que dans le même temps ils étaient licenciés pour assurer la rentabilité du dit fond d'investissement.

Écrit par : bégé | 03/12/2006

Ce que j'essayais de dire, à propos d'Aubade comme à propos de Well, c'est que ça n'est pas le marché qui "choisit". Le marché a une logique, celle que tu décris (délocalisation pour baisser les coûts de production, augmenter les ventes, la part redistribuée à l'actionnariat, etc.). On est d'accord. Par-lui même le marché ne se régule et ne se régulera jamais vers une logique sociale. Ca n'est pas à lui de faire ça. C'est à l'État et aux États. C'est à eux de faire ce que tu reproche au marché de ne pas faire. Donc il n'y a pas seulement "Well veut délocaliser vers l'Asie". Il y a "Well peut (légalement) délocaliser vers l'Asie". Et il y a "Well doit (dans une pure logique de marché - mais on n'est pas "condamnés" à ne pas réguler le marché, c'est justement là le point, qui ne relève pas de Well ou de Natexis mais des États) délocaliser vers l'Asie".

Écrit par : Mathieu | 03/12/2006

Les yeux, merci de ne pas (trop) déformer ce que j'ai dit. Je n'ai justement pas dit: "ce n'est qu'une question de concurrence et d'ouverture du marché". Mais "La raison de cette délocalisation, comme des autres, est dans la concurrence, telle qu'elle est actuellement (dé)régulée par le droit de la concurrence."

Écrit par : Mathieu | 03/12/2006

et il n'y a de syndicat que d'état. Ce qui a obligé Wallmark a en avoir un dans ses usines chinoises, mais c'est formidable parce que ces syndicats là ça aide à la discipline.
Enfin dans une trentaine d'années les esclaves chinois auront appris à se rebeller, mais en aurons nous encore

Écrit par : brigetoun | 03/12/2006

il et manifik Seb!!!!!!!!! c'est le meilleur diske jamais vendues!!!!!! vive les beruriers!!!!! vive le feu!!!!!!!!!! vive la rage!!!! allez le CAB!!! ( commencez y'a pas de rapport...?)

je le recommande a tous!!!!!
et si vous avez le temps, revisiter donc le site des berus: il est ex-ell-ent!!!!

Écrit par : Max | 03/12/2006

Sondage Ifop : le "Bloc du système" comme je l'appelle est à 61% dans ce sondage(30% pour son aile libérale-sociale et 31% pour son aile sociale-libérale). Il se maintiendra dans ces eaux là jusqu'aux fêtes. Ensuite, attention la chute ! Je le vois à moins de 40% au final.

Benji
www.levraidebat.com

Écrit par : Benji | 03/12/2006

Comme quoi le capitalisme, contrairement à ce que j’avais cru entendre, peut bien se passer de la démocratie pour tous. En fait en Chine, la « démocratie existe ». Elle est réservée à une partie de la population, les cadres du partis, les investisseurs, le patronat rouge et étrangers. Les conflits s’y règlent à coups d’élections, parfois, mais plus certainement de coups bas, de luttes d’influence, de corruption…

Les autres n’y ont pas accès à cette « démocratie » par le haut : la classe moyenne profite de l’élévation du niveau de vie et se tait, les ouvriers – qui en profitent bien moins – travaillent dur (50 h-60 h), et puis il y a une partie de la paysannerie qui voit son niveau de vie, déjà très bas, chuter.

Ce modèle peut-il durer ? L’appareil répressif est monstrueux. Il a beaucoup d’expérience et peut se permettre beaucoup, tant qu’il ne gênera pas la bonne marche des affaires. Pour le capitalisme, la démocratie n’est pas une affaire de morale, mais de rendement. Quand ce système fera la preuve qu’il entrave la libre et fructueuse exploitation du prolétariat chinois, c’est dans l’élite de ce pays que l’on trouvera des éléments pour prôner des réformes. Du côté des ouvriers chinois – bien que je n’en sache rien – il est fort probable que nous verrons également des syndicats indépendants naîtrent, des mobilisations et des grèves se développer. Le capitalisme n’est pas éternel.

Écrit par : Ajamais (révolutionnaire) | 03/12/2006

Ajamais (révolutionnaire).... la révolution ségolèniste ?

"démocratie" par le haut ???? Non. Oligarchie !

Par ailleurs, je ne vois pas ce que vient foutre la morale dans la démocratie... encore un dogme poitevin ?

Pour mémoire, l'un des préceptes du petit livre rose (enfin, ce qu'il en reste) :
"La démocratie, c'est comme l'amour, plus il y en a, plus il grandit".
(ou comment substituer le mot "miracle" au mot "mirage"... tout un programme).

ou encore : Que mille stock-options refleurissent, pour des lendemains ROSES et royaux !

Écrit par : Anne | 03/12/2006

Communiqué :


Le nouveau site de la délocalisation et de la sous-traitance en Roumanie est en ligne : www.delocalisation-roumanie.com



Afin de répondre à la forte demande des entreprises qui souhaitent délocaliser ou sous-traiter en Roumanie, un nouveau site a été inauguré au mois d'avril 2006:

http://www.delocalisation-roumanie.com

vous souhaitez délocaliser vos activités en Roumanie?
vous êtes à la recherche de solutions de sous-traitance en Roumanie?
vous souhaitez réaliser une étude de marché?
vous êtes à la recherche d'opportunités d'affaires ou d'un partenaire commercial?
Ce site a pour objectif de vous aider à trouver un partenaire commercial fiable Roumanie mais également à évaluer et comparer toutes les possibilités de sous-traitance et de délocalisation qui s'offrent à vous.

Nous vous donnons rendez-vous sur ce nouveau site internet de la délocalisation en Roumanie.

Écrit par : Bruno Lamothe | 03/12/2006

Des fois, je me demande si je suis fait pour ce monde ? Capitalisme, je crois que je ne suis pas digne de te recevoir...

Écrit par : Bruno Lamothe | 03/12/2006

...mais dit seulement une parole, et je serait chômeurs....

Écrit par : Max | 03/12/2006

J'étais pas sûre de vouloir sortir boire un coup. Mais là, je dois dire, qu'après ça, je suis obligée :

http://www.delocalisation-roumanie.com/ (t'as trouvé ça comment Bruno ?)

Proprement hallucinant. Je ne donne pas 10 ans avant que des boîtes roumaines et autres viennent remplacer l'ANPE dans une version plus "C'est ça ou rien, t'as pas le choix" et nous imposent d'aller bosser dans tel ou tel pays de l'Union avec le salaire et les garanties sociales du nouveau pays, autant dire sans garantie sociale. Je le sens venir plus vite que la lumière...

On va tous se barrer au Venezuéla...

Écrit par : Anne | 03/12/2006

Faut-vous calmer, Anne !
Anne, sociale-libérale !

Écrit par : Ajamais (révolutionnaire) | 03/12/2006

Une petite notule de ma main sur l'utilisation que font les néolibéraux du "modèle chinois" :

http://essaisconcepts.blogspot.com/2006/04/comment-le-libralisme-va-ruiner-la.html

Écrit par : mc | 03/12/2006

@ Ajamais

Pourquoi pas parisette (de Parisot) pendant que vous y êtes ????

Écrit par : Anne | 03/12/2006

Anne,

C'est un chargé de Com' du Conseil Général de le Nievre qui me l'a mailé...

Écrit par : Bruno Lamothe | 03/12/2006

En effet, Bruno, ce lien est hallucinant.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 03/12/2006

@ sébastien

Pour tes hallus, va donc sur http://www.offshore-developpement.com portail d'information en délocalisation et sous traitance internationale

Il n'y a pas que la Roumanie.

Zgur

Écrit par : Zgur | 03/12/2006

@ Anne, sur le Venezuela :

Extrait d'un article :

"D’après ce que j’ai vu, c’est le capitalisme qui y est florissant. Les compagnies pétrolières étrangères continuent à tirer de jolis profits du pétrole vénézuélien, mais elles paient désormais davantage d’impôts et de royalties. Même chose pour les 80 restaurants McDonald’s établis dans le pays, qui ont été brièvement fermés l’an dernier après avoir été accusés de fraude fiscale. Les multinationales et la vieille élite s’en sortent très bien. Tellement bien que certaines personnalités de gauche accusent Chávez, qui parle d’édifier “le socialisme du XXIe siècle”, d’être l’outil de l’impérialisme économique. A mon avis, si Chávez réussit son coup – ce qui est loin d’être sûr, dans un pays qui connaît une corruption, une pauvreté et une criminalité endémiques, et qui se trouve à la porte de la superpuissance américaine –, le système économique du Venezuela ressemblera davantage à celui de la Suède qu’à celui de Cuba. "

(http://laurentfabius2007.over-blog.com/article-4767537.html)

On change de planete ?

Écrit par : Bruno Lamothe | 03/12/2006

Ta note me fait fondre, bon je vais me faire une tartine de pâte de chocolat belge pastador ça s'appelle. et j'reviens? vraiment ta note me fais fondre. parce que d'un seul coup d'un seul Parisot va te dire '' tu viens chéri '' Seb à la colle d'avec la Parisot j'veux voir même une nuit, un instant. Tiens il me vient une idée come ça c'est quand même bien les blogs.

Écrit par : martingralll | 03/12/2006

Prochain billet d'main matin!
Que la nuit vous soit douce!

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 03/12/2006

Bonne nuit Seb...

Écrit par : Bruno Lamothe | 04/12/2006

"Une dictature est un pays dans lequel on a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections." Georges Clemenceau

Écrit par : Bruno Lamothe | 04/12/2006

Petite precision pour Anne notamment :

pour la conversion au communisme, il y a une confusion : Gorbatchev ne fait que suivre le mouvement qui le precede. Les politiques de l'endettement notamment ont commence au milieu des annees 70. Pas sous Gorbatchev.

@ Seb : attention les assaissinats ne relevent pas en general de l'Etat central en Chine mais des pouvoirs locaux, qui sont des especes de mafieux. Sur le reste ok sur tout avec toi. Mias la Chine s'est compliquee et c'est opaque, meme s'il est clair que le liberalisme s'y porte le mieux. Un hasard dans le fait que les theories de Friedmann aient d'abord ete mise en place au Chili sous la dictature militaire ?

Écrit par : ango | 04/12/2006

Nouveau billet...

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 04/12/2006

Bonjour,

Extrait du CA de Natixis :

"

1 - Bon les gars, Well perd de l'argent, ça nous coûte un max ! Qu'est-ce qu'on fait ?
2 - Les pauvres salariés, ils vont se sentir dévalorisés par ces annonces. Je propose qu'on les augmentent.
1 - Oui, banco
2 - Même stratégie pour la boite X, et la boite Y, Yess !

"
Bilan : 300 emplois sauvés. Fabuleux !


Extrait du BALO, après quelques années de mauvaise gestion de Natixis :

"Lors de l’assemblée générale ordinaire du xxxxx, les associés après avoir entendu lecture du rapport du liquidateur, etc. etc.

"

Bilan, quelques dizaines de milliers d'emplois perdus. Ah merde !

C'est quand même con l'économie de marché. Il aurait suffit que l'état mette 10 malheureux milliards d'euros sur la table (des euros de contribuables), et boum, la boite était sauvée.

Écrit par : xolotl | 04/12/2006

@xolotl

Extrait du CA de Natixis :

1. Les gars, ça va mal. Voilà : je propose que nous arrêtions de nous en fiche plein les poches.
2. Ouais !
1. Sûr que d'autres vont délocaliser en Chine mais, à la tête de ces entreprises, cependant que tout va mal, ils continuent à s'en fiche plein les poches idem ! Moins d'argent pour les travailleurs mais toujours autant pour ceux qui conservent leurs immenses bureaux à Paris
2. Ouais !
1. Alors Camarades, voici ce que je réclame aujourd'hui : augmentons les salariés et les ouvriers de tous les pays et abandonnons nos privilèges, nos salaires indécents !
2. (En choeur) C'est la Lûuuutte finâââle !

Écrit par : Titi | 04/12/2006

xolotl
j'aime bien cette façon dramaturgique

on dirait du Vinaver

Écrit par : Titi | 04/12/2006

A ben Seb ce soir à la cloture Natixis n'a monté que de 2,47% une misère, et tout ça à cause de toit! Tiens laffarge vient de vendre son pôle toiture!

Écrit par : martingrall | 05/12/2006

L'efficacité rattrape la rapidité, en tant que premier but
L'efficacité a remplacé la rapidité, comme priorité officielle du développement économique de la Chine qui a enregistré une croissance à deux chiffres au coût d'une consommation énergétique élevée et d'une détérioration de son environnement.

Écrit par : martingrall | 05/12/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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