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06/12/2006

Fanatiques

medium_economi.jpg

"Le Monde" publie, dans son édition d'aujourd'hui, en pages "débats", une tribune hallucinante (et quelque peu hallucinée), mais passionnante, pour ce qu'elle révèle de l'espèce de folie obsessionnelle de ses trois signataires.

Qui sont-ils?

Patrick Artus, Elie Cohen, Jean Pisani-Ferry.

Economistes.

"Et membres du Conseil d'analyse économique", financé, je vous le rappelle et vous prie de ne jamais l'oublier, par des fonds publics.

Par nous, donc.

La tribune de ces trois phénomènes a pour titre: "L'air du protectionnisme électoral".

Déjà, c'est prometteur: et en effet, la suite est bien.

Ca commence par cinq pauvres citations, recueillies au fil des mois:

1) "Redonner vie à la préférence communautaire" (Nicolas Sarkozy, 29 mai 2005).
2) "Renforcement du tarif extérieur commun" (Parti socialiste, 1er juillet).
3) "Taxer les entreprises qui délocalisent les emplois et taxer leurs produits lorsqu'elles les réimportent" (Ségolène Royal, 13 octobre).
4) "Un chemin équilibré entre protection et protectionnisme" (Nicolas Sarkozy, 9 novembre).
5) Etudier "le principe d'une taxe carbone sur les importations de produits industriels en provenance des pays qui refuseraient de s'engager en faveur du protocole de Kyoto" (Dominique de Villepin, 1" novembre).

Sur la (seule) foi de cet assemblage relativement léger, nos trois économistes lancent un hurlement d'alarme: "Il flotte décidément sur cette précampagne un étrange et consensuel parfum de protectionnisme".

Nous pourrions, bien évidemment, trouver, sans difficulté(s), une looooongue série de citations prouvant exactement le contraire, pour la simple et bonne raison que, dans la vraie vie, s'il y a bien une chose (parmi beaucoup d'autres) qui réunit Ségo et Sarko, c'est leur exceptionnelle perméabilité aux beautés simples du libéralisme funky, dont la défiance à l'égard des protectionnismes est un nécessaire corollaire.

Nos trois experts formulent donc, avec un culot assez fascinant, dès la sixième phrase d'une tribune qui en compte plusieurs dizaines, une gigantesque énormité: mais rien n'arrête Artus, Cohen et Pisani-Ferry, quand ils ont un message à faire passer.

Ce message, le voici: "L'invocation répétée de solutions protectionnistes conforte l'opinion dans la croyance que la réponse aux tensions suscitées par la mondialisation est dans la construction d'une ligne Maginot économique et installe l'idée que le prochain président (ou présidente) aura pour mandat de l'édifier".

Cette incantation, première d'une longue série, nous apprend deux choses - dont une que nous ignorions.

La première: cinq citations éparses peuvent, c'est presque un miracle, faire une "invocation répétée".

Je le découvre, et je le note soigneusement.

La seconde, moins inédite, puisque Lionel Jospin nous l'avait, en son temps, déjà enseignée: "L'Etat ne peut pas tout", face "aux tensions suscitées par la mondialisation".

Et ça, on ferait bien de ne jamais l'oublier, parce qu'un tel oubli reviendrait à "promouvoir des solutions dont la mise en oeuvre opposerait le pays à ses partenaires européens ou le mettrait en contradiction avec ses engagements internationaux".

Une philosophie relativement épanouissante, assez proche en somme des Trésors De Sagesse Et De Sérénité qui se dispensent quotidiennement à Dharamsala, commence à émerger de la tribune de nos trois nouveaux amis.

Nous pourrions la résumer ainsi: "Toi fermer gueule à toi quand toi morfler parce que patron préférer marchandises et main-d'oeuvre asiatiques, salaud de salarié, sinon Cercle d'analyse économique taper sur gueule à toi".

Confirmation presque immédiate: "Le risque est réel (...), en France, d'un virage isolationniste", écrivent nos trois fanatiques (du marché).

Notez l'habileté de ces mecs-là: en l'espace de quelques phrases, ils ont réussi à nous faire passer du "chemin équilibré entre protection et protectionnisme" du ministre UMP de la police à l'imminence d'un "virage isolationniste", façon Albanie enverhodjesque...

Voilà exactement ce que j'appelle: aimer se faire peur.

A mon avis, Pisani-Ferry et ses deux potes ont passé tellement de samedis soirs à mater Hellraiser, que maintenant, ils ont besoin de trucs vraiment terrifiants, pour se donner des frissons.

Quelque chose comme un bon gros virage isolationniste, qui serait, nous disent-ils avec beaucoup de sérieux, "très grave, pour plusieurs raisons".

Raison 1: "Nous n'arrêterons pas la mutation mondiale qui s'est engagée".

Quelle mutation, exactement?

Ben ça: "La Chine, l'Inde et d'autres pays émergents veulent accéder à la prospérité économique et ont choisi pour cela de s'inscrire dans la division internationale du travail".

Traduction: les Noiches se vautrent avec délice, et comme on les comprend, dans l'émancipation crémeuse connue sous le nom de libéralisme.

Alors bon, évidemment, poursuivent nos trois économistes, "on peut critiquer (les) comportement sociaux ou environnementaux" de ces nouveaux convertis, "et leur demander d'y mettre fin, vigoureusement si besoin".

Traduction: le Chinois populaire est encore un peu gauche (si j'ose dire), dans son effort d'accession "à la prospérité économique".

Cette façon qu'il a de loger encore, de loin en loin, mais pas si loin que ça finalement, des projectiles dans quelques nuques, c'est vrai que c'est quelque chose qu'on peut éventuellement "critiquer", un peu "vigoureusement".

Mais cette possible protestation ne doit pas non plus aveugler: "Ne croyons pas une seconde que l'élimination des pratiques contestables changerait fondamentalemetnt les termes de la concurrence mondiale".

Répression ou pas, la Chine s'éveille au bonheur capitaliste, et ce n'est certainement pas en nous énervant un peu bêtement à chaque fois qu'un dissident se fait massacrer que nous sauverons des emplois chez Well.

Alors franchement, autant ne plus s'énerver, pas vrai?

On a quand même autre chose à foutre que de chialer sur les putains de prisonniers politiques du Yunnan, pas vrai?

Nos trois cadors l'affirment: "La montée de la Chine ne s'explique pas par la répression des syndicats ou l'indifférence à l'égard des dégâts environnementaux. Propager cette idée entretient l'aveuglement".

S'il vous plaît: recopiez ces dernières considérations, lentement, pour bien mesurer ce qu'elles ont de positivement délicieux...

Raison 2: "Les lignes Maginot ont toujours le même effet: créer l'illusion de la sécurité et retarder les vraies réponses".

En d'autres termes (pour le cas où quelques demeuré(e)s n'auraient pas compris le message): "Suggérer que la réponse aux délocalisations est dans la protection, c'est faire croire que la France pourra prospérer en conservant ses industries traditionnelles".

Or c'est "illusoire".

Salariées, salariés, trois spécialistes de la joie de vivre vous adressent leur affectueux soutien: VOUS ALLEZ VRAIMENT DEGUSTER, LES PAUVRES.

Parce que, parole d'économistes, le salut de la France passe par une "délocalisation massive".

La preuve?

L'Allemagne.

D'après nos analystes fous, "depuis cinq ans, l'industrie allemande s'est profondément réorganisée sur la base d'une délocalisation massive. Résultat: l'emploi industriel n'a pas souffert davantage, mais l'Allemagne est redevenue le premier exportateur mondial".

Traduction: pendant que l'Allemagne délocalisait, l'emploi industriel allemand a continué à souffrir - pas "davantage" qu'avant, certes, mais pas moins non plus.

Cette politique fiévreusement pisaniferryste n'a donc rien changé, si je comprends bien, pour les travailleurs allemands.

Leurs patrons, en revanche, ont continué à gagner du gros pognon, puisque "l'Allemagne est redevenue le premier exportateur mondial".

Y a bon, délocalisations: je comprends que nos trois penseurs brûlent de nous voir suivre l'exemple de nos voisins d'outre-Rhin!

Ils ne cachent d'ailleurs pas vraiment, on doit le leur concéder, leurs intentions profondes: "Il faut aider les victimes de la mondialisation, les indemniser, les requalifier, les réinsérer dans l'emploi, mais protéger des emplois condamnés aggrave le problème au lieu de le résoudre".

Et nous revoilà pour finir, voyez comme ça se trouve, en terrain archi-connu, avec trois zèbres qui nous offrent, gentiment, de choisir (entre) la flexibilité, ou la mort.

Ils ont commencé, rappelez-vous, en faisant mine de s'inquiéter d'une dérive "protectionniste" de Nicolas Sarkozy.

De là, ils sont passés, tranquillement, à la menace d'un "virage isolationniste".

Puis à la nécessité de sacrifier quelques stères supplémentaires de salarié(e)s sur l'autel d'une "délocalisation massive", seule à même de nous éviter la catastrophe protectionnisto-isolationniste née de leur imagination enfiévrée.

Puis enfin ils nous quittent, au terme d'une "démonstration" qui n'a rien démontré, sinon leur absolu dogmatisme, agrémenté d'une sérieuse dose de fanatisme, sur la nécessité de soumettre les populations à une flexibilité de fer: quand je pense que c'est l'argent de nos impôts qui sert à financer les "travaux" de ces types-là, j'en ai des nausées...

Commentaires

pas mal, mais chavez c'était quand même plus polémique (i.e. ca donne lieu à des commentaires marrants de types comme xolotl) ;))

Écrit par : nasheuh | 06/12/2006

@ nasheuh
C'est bien aussi de redescendre un peu, des fois, hein...

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

Je sens que Mathieu va bientôt me reprocher de ne "jamais proposer de solutions"...

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

...Mais, Pourtant, Un Homme se Lève, Courageusement, pour Sauver les Emplois de chez Well. ;-))

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Non pas du tout Seb, pour le coup, au contraire, il me semble qu'il y en a des "solutions" dans ton billet, et avec lesquelles je suis assez d'accord d'ailleurs.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Ben on fait dans l'économe, on épluche finement la rondeur et le parallelisme des eurosdollars! Il était heureux ce temps de la planche à billets qui permettait aussi de repasser a peu près tous les Français. tiens 100 milliards d'euros la capitalisation boursière d'EDF ! C'est pas ça que Cohen à fait privatisé par Khan et fait poursuivre par JPR le bossus parce que complétement obsolète! Il ne se voudrait pas le Finkie's de l'économie frêche. Enfin que des vieux gris aigris à la libido vacillante, plus de dessous plus de soie moulante. Vous reprendrez bien un morceau de desert industriel.

Écrit par : martingrall | 06/12/2006

Je l'ai toujours dit: martingrall est parfois cryptique.
Mais c'est martingrall.
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

Ils n'ont pas tort ces economistes (pas tapé aieuh pas sur la tete) toutes ces petites mesurettes pour adoucir la violence du capitalisme ne sont que des illusions pour nous faire passer la pillule. Le capitalisme est au dessu des lois, il ne fait pas de compromis c'est le systeme tout entier qu'il faudrait repenser...

Écrit par : kotédiwa | 06/12/2006

Salut, juste pour te dire que depuis que je connais ton blog j'y viens tous les jours. Et... je me permets de "t'emprunter" quelques articles pour http://www.fairelejour.org, avec mention de la source et lien. Si cela t'ennuie, comme le tutoiement, dites-le-moi ;-)

Écrit par : Stéphane ARLEN | 06/12/2006

Dans le genre "hallucinant", il y a encore pire (à mon avis), dans "Le Monde", là... :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3238,36-841669@51-829100,0.html

Écrit par : Rorschach | 06/12/2006

Elie Cohen prône depuis des années la privatisation de tout ce qui ne l'a pas encore été (googliser "Elie cohen privatisation", c'est impressionnant) : il est présenté dans les médias comme universitaire (CNRS, qu'il ne demande pas de privatiser).

Mais jamais comme membre des conseils d'administration de la Société générale, de Orange et de Pagesjaunes (dont il a, avant de se gaver de jetons de présence, prôné les privatisations).

Vu le mélange des genres (un partenariat public-privé à lui tout seul), je ne comprends pas que le CNRS ne l'ai pas encore vidé : mais je dois être naïf.

Écrit par : fmi1 | 06/12/2006

Salut,a une époque(il y a 5 ou 6 ans)je connaissais très bien la fille d'élie cohen-milton:et bien je peux vous dire que la relève familliale est bientôt prète...a ce sujet une petite anécdote:une fois elle a organisé une soirée chez son pôpô dans le très populaire 5ème arrondissement et a cette occasion je ne pus m'empecher d'aller faire un tour dans son bureau(qui entre parenthèse doit faire le double de mon appart,mais c'est vrai que dans son quartier le mètre carré n'est pas cher!)et qu'y vis-je:une constellation de photos encadrée de môssieu avec en compagnie des plus grandes fortunes francaises!

Écrit par : manosolo | 06/12/2006

Juste, comme ca, copie d'un petit post de mon blog :





La moitié du patrimoine mondial est détenu par 2% de la population seulement !



Deux pour cent des adultes dans le monde possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale par foyer, révèle une étude de l'Institut mondial pour la recherche économique sur le développement de l'Université des Nations Unies (UNU-WIDER), basé à Helsinki.

« L'étude la plus approfondie jamais entreprise sur la richesse personnelle révèle aussi que 1% des adultes les plus riches possédaient 40% de la richesse totale dans le monde en 2000 et que 10% des plus riches détenaient 85% de la richesse mondiale », affirme un communiqué de l'Université des Nations Unies (UNU-WIDER) publié aujourd'hui à Helsinki, capitale de la Finlande.

Par contraste, les 50% de la population adulte au bas de l'échelle possède à peine 1% des richesses mondiales, souligne l'étude.

« Pour le calcul de la richesse, l'étude estime que tout foyer détenant 2.200 dollars se place parmi les 50% en haut de l'échelle. Un foyer détenant 61.000 dollars se place parmi les 10% les plus riches. Enfin, la possession d'au moins 500.000 dollars donne l'accès au 'club des 1% les plus riches' - un club qui n'est pas si exclusif puisqu'il comporte 37 millions de membres à travers le monde », affirme l'UNU.

L'étude de l'UNU-WIDER est la première à couvrir tous les pays du monde et à prendre en compte toutes les composantes principales de la richesse de chaque foyer, à savoir les avoirs financiers et les dettes, la propriété immobilière et d'autres biens.

« Il s'agit en fait du capital », affirment les auteurs de l'étude, Edward Wolff, James Davies, Anthony Shorrocks et Susanna Sandstrom, qui soulignent que bien que le capital ne représente qu'une partie des ressources individuelles, qui comprennent aussi les capacités de chacun, « il possède un impact sur le bien-être et le succès économique disproportionné ».

L'étude montre aussi que la richesse individuelle représentait 125 trillions de dollars en 2000, soit trois fois la production mondiale annuelle ou 20.500 dollars par personne.

La répartition par pays montre aussi les inégalités. Ainsi, la richesse moyenne aux Etats-Unis s'élevait à 144.000 dollars par personne en 2000 et à 181.000 dollars au Japon, contre 1.100 en Inde et 1.400 en Indonésie.

Même parmi les pays riches de l'OCDE, les montants varient de 37.000 dollars par personne en Nouvelle-Zélande et de 70.000 dollars au Danemark, contre 127.000 au Royaume-Uni.

A elles seules, les populations de l'Amérique du Nord, de l'Europe et des pays riches de l'Asie-Pacifique détiennent 90% de la richesse mondiale.

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

@ Seb,

Et, franchement, quand je lis :

"Patrick Artus, Elie Cohen, Jean Pisani-Ferry.

Economistes."


J'ai tout compris... Je pense que toi aussi, Seb, quand tu as lu les noms, et puis les pompeuses fonction honorifiques, tu t'es dit "tiens, je l'ai, mon billet du jour !" (au fait, comme illustration, tu aurais pu mettre "le diner de cons")

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

Bonjour.

Dans le Monde d'hier, on pouvait lire ça, sous le titre "Les Chinois les plus démunis continuent de s'appauvrir" :

"Le "miracle" économique chinois a son revers : si le taux de croissance soutenu des dernières années a permis à plusieurs centaines de millions de personnes de s'extirper de la pauvreté, les écarts ne cessent de se creuser entre les plus riches et les plus pauvres de l'empire du Milieu.
Selon le nouveau responsable en Chine de la Banque mondiale, David Dollar, le régime de Pékin avait certes par le passé réussi à réduire le nombre de pauvres dans certaines régions, mais aujourd'hui la situation a changé : "Plus de la moitié des pauvres en Chine ne vivent plus dans des villages officiellement désignés comme zones de pauvreté, a-t-il affirmé vendredi 1er décembre. En fait, 70 % des plus bas revenus de Chine ont vu leur pouvoir d'achat baisser ces dernières années."
(...)
Le parallèle est saisissant : un taux de croissance de 10 % annuel depuis le début du siècle correspond à une décroissance de 2,5 % du revenu de ces 10 % de Chinois les moins riches".

Et je jure que je n'ai pas inventé que le responsable en Chine de la Banque Mondiale s'appelle M. Dollar.

Je ne veux pas remettre de l'huile sur le feu (qui couve), mais on pourrait reparler de Chavez, cet homme qui voit si peu loin qu'il utilise les revenus du pétrole à améliorer la situation des habitants des bidonvilles, comme le dit le Figaro ( mais "Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur"...)

Quant aux trois clampins qui ont signé l'article que tu décortiques, SF, on sait qui ils sont.
Pour Cohen notamment (conseiller de DSK soit dit en passant...), je suis certain que le fait que les cours que suivent mes gamins à l'Ecole Publique ne soient pas donnés par des chargés de clientèle de la BNP ou que les consultations hospitalières ne soient pas encore assurées par des commerciaux de chez Pfizer sont des anomalies, les symptômes de l'archaïsme français toujours bêtement rétif aux beautés ineffables du Marché.

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

L'adage de ces libéraux (libéralisme funky: j'adore:-) )

"On ne change pas une équipe [eux] qui perd, on change seulement l’entraîneur désigné ".
C’est plus commode, l'équipe [eux] n'a pas à se remettre en question.

Le libéralisme est un échec partout où il a été appliqué? => C'est qu'il n'y a pas encore assez de libéralisme! C'est la faute du guignol mandaté qui en a pas fait assez!

Et si le guignol est rejeté par la populace => c'est la faute de l'arbitre [nous: cette populace qui comprend jamais rien]

Allez zou! Quand y en a plus y en a encore! A coups d'incantations à deux balles.

C'est leur conception de la démocratie...

J'aimerais bien qu'ils citent un seul exemple de pays où cela a fonctionné leur truc, car pour l'instant c'est du virtuel.

Écrit par : Fugue | 06/12/2006

Bonjour,

"quand je pense que c'est l'argent de nos impôts qui sert à financer les "travaux" de ces types-là, j'en ai des nausées..."

Oui en effet mais il serait intéressant de faire la liste de tous les "vrais" économistes, c'est à dire ceux qui chantent les vertus du capitalisme, de la mondialisation etc. sont dans ce cas.
Je pense en particulier à Pascal SALIN et Jacques (je crois) MARSEILLE ce dernier étant présent comme "expert" à tous les débats économiques à la télé ou à la radio.
Ces deux messieurs qui prônent le libéralisme à tout crins,le moins (voire pas du tout) d'Etat, la réduction drastique du nombre de fonctionnaires, sont "dans le civil" professeur d'université, c'est à dire... fonctionnaires.
Vu le nombre d'ouvrages qu'ils ont publiés il faut croire que cette activité leur laisse pas mal de loisirs...
Tous deux enseignent dans des universités parisienne du secteur public mais pas à la fac privée Léonard de Vinci dite "fac Pasqua".
Les "privilèges" d'un fonctionnaire seraient-ils plus attirants que la gloire d'enseigner dans le privé ?
A moins qu'ils n'aient été tous deux recalés à l'entretien d'embauche ;:))

Kimble

Écrit par : Kimble | 06/12/2006

@ Clarence

"David Dollar" responsable en Chine de la Banque mondiale

:-))

C'est drôle "même" si ce n'est pas une blague

Écrit par : Fugue | 06/12/2006

Comme d'hab nos 3 pieds nickelés de l'économie font semblant de confondre protection et régulation. En faisant de la première la seule alternative au libéralisme c'est gagnant à tous les coups car personne aujourd'hui ne défend une telle option (pas même Le Pen pour qui la prospérité se satisfera de la chasse à l'immigré et de la suppression de ses supposés coûts).
Il ne s'agit bien évidemment pas de ça mais de savoir quelles règles encadrent les relations économiques (comme dans dans notre vie quotidienne: je n'ai pas le droit de chier sur le paillasson de mon voisin - et pourtant parfois ce n'est pas l'envie qui m'en manque... - mais je n'ai pas l'impression de vivre en dictature pour autant).
Il en faut des sociales, qui pourraient être évolutives et variables selon les pays, et des environnementales si on ne veut pas tous crever à brève échéance.
Mais pour y arriver il faudrait faire un sacré ménage: OMC, gouvernements... Quand il ne restera plus que nos 3 compères à rééduquer je pense qu'on sera tirés d'affaires...

Écrit par : EBERHARD | 06/12/2006

@ Kimble

" ...et Jacques MARSEILLE ce dernier étant présent comme "expert" à tous les débats économiques à la télé ou à la radio..."

Faut dire que l'"expertise", à la télé ou à la radio, c'est vrai que c'est franchement folklorique.
Il semble que ce soit le résultat d'une autodésignation, ou, au mieux, d'une cooptation de l'intéressé par ceux qui sont déjà "experts" dans la chaîne concernée.
Et qui voudriez-vous que, sur TF1/LCI par exemple, J-P. Gaillard et J-M. Sylvestre désignassent * comme "experts" ?
Et c'est en matière économique que l'"expertise" atteint des sommets ( ou touche le fond, ça dépend d'où on regarde).
Il n'y a guère qu'en matière de terrorisme qu'on peut voir des "experts" encore plus nuls. Dès qu'une bombinette pète quelque part, les chaînes convoquent leurs experts, et on voit alors apparaître d'illustres inconnus au look de barbouze, qui nous révèlent qu'ils savent par le cousin de la belle-soeur de la gardienne de l'immeuble de leur cousin qui a ses entrées au Café des Sports de St-Rémy sur Deule, que, de source sûre, c'est tel groupe terroriste qu'eux seuls connaissent qui est responsable du machin.
Souvent, ils ont d'ailleurs, c'est une chance !, écrit un bouquin là-d'ssus y'a pas deux mois !

* Je suis d'accord avec ce que disait Etiemble : Ne pas abandonner l'imparfait du subjonctif à J-Marie Le Pen !

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

"La Chine, l'Inde et d'autres pays émergents veulent accéder à la prospérité économique et ont choisi pour cela de s'inscrire dans la division internationale du travail".

Traduction: le p'tit Chinois a choisi (avec la bénédiction de nos trois experts) de devenir le manoeuvre, l'OS, le mineur de fond de l'économie mondialisée. Bien sûr, ce n'est pas lui-même qui va "accéder à la prospérité", mais son pays, c'est-à-dire les Elie Cohen chinois, décideurs des grandes entreprises et bons amis des démocratiques dirigeants. Lui-même, il travaillera pour les miettes, dans des conditions de sécurité minimales. Certes, ça ne fera pas grand bien à son espérance de vie, mais par contre la "prospérité du pays" en bénéficiera fortement.

Voilà, c'est ça les bienfaits de la "division internationale du travail". Produire pour pas cher, dans les pays où la vie ne coûte pas cher. Dans tous les sens du terme.

Écrit par : Christophe Thill | 06/12/2006

oui je comprends ta nausée car déjà il faudrait que l'on m'explique en quoi la taxation des délocalisations (sous conditions) seraient une mesure de protectionnisme. Le protectionnisme ce sont des mesures qui protègent ou qui interdisent, or taxer une délocalisation (et non une importation) c'est simplement considérer qu'un choix actionnarial doit contribuer aux dégâts causés à la collectivité par un choix personnel, et en aucun cas une interdiction à délocaliser.

Deuxièmement, quel est le pays le plus protectionniste du monde et que personne ne peut suspecter de mettre en place le collectivisme? LES ETATS UNIS

Troisièmement, même l'union européenne est en train de mettre en place un plan d'aide aux PME notament en voulant favoriser leur accès aux marchés publics européens. Et ça c'est du protectionnisme alors que pourtant l'europe ne nage pas dans des eaux d'un rouge vif!!!! non?

Conclusion: ce sont certes des fanatiques mais surtout de très mauvais économistes....que l'on paie....
effectivement la nausée me reprends......

Écrit par : enzo d'aviolo | 06/12/2006

Génial article, à l'exception de la phrase finale (j'aurai aimé une conclusion en fanfare, c'est mon côté simplet).

Écrit par : mc | 06/12/2006

J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié que Chabot, en recevant Sarközy, ait choisi pour contradicteur économique le très subversif Elie Cohen... Qui n'a pas manqué de souligner à trois reprises l'incroyable "richesse" (c'est son mot) du programme économique de l'UMP. La seule chose qu'il ait critiqué, c'est les coûts : la dette, vous comprenez, atteint un tel gigantisme que l'Etat est au bord de la banqueroute (Dieu qu'il est temps "d'en finir avec l'assistanat" !).

Écrit par : mc | 06/12/2006

Du très très grand Fontenelle!!!

Bravo tu es excellent , c'est à mourir de rire...sauf que ces cons gouvernent le monde (les clones de cohen existent dans tout les pays à tout les niveaux du pouvoir).

Y-a-du-boulot-sur-la-planche, je ne vois qu'une solution .....et elle est radicale comme tu les aime.

salut
alain

Écrit par : alain le latin | 06/12/2006

Nous savons depuis longtemps qu'il existe des personnes rémunérées pour débiter dans les médias complaisants de sempiternelles âneries.

Il s'agit bien sûr de dénoncer ces prétendus experts dont l'analyse complaisante ne repose sur aucun travail scientifique ou universitaire digne de ce nom. Ainsi en est-il notamment de ces trois "experts en économie" qui apparaissent régulièrement dans la presse écrite ou encore et entre autres d'un Jean-Marc SYLESTRE dispensant ses judicieuses analyses sur France Inter /TF1.

Mais ce qu'il s'agit de dénoncer avec d'autant plus de vigueur, ce sont les médias qui consacrent des spécialistes en économie, terrorisme, criminologie et autres domaines.

Ainsi et entre autres :

- un nommé Alain BAUER est régulièrement présenté comme "expert en criminologie" ou encore en "terrorisme" dans la presse écrite et sur France Inter. Il n'a dans ces domaines aucune compétence spécifique mais est dans "le privé" dirigeant d'une société vendant des systèmes de sécurité aux collectivités publiques ; il est également (et bien sûr) un éminent membre - rémunéré en tant que de tel et sur les deniers publics - de l'Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure,
- Patrick ARTUS, apparaît régulièrement dans la presse nationale et sur une chaîne de radio pour dispenser ses conseils en finance et économie. Il est dans "le privé" analyste dans une banque publique.

Il suffit de peu de choses pour ainsi être consacré en qualité d'expert : être dans l'air du temps, dire par phrases savantes tout et son contraire, savoir passer du cirage, critiquer ceux qui critiquent le fond et surtout, oui surtout être complaisant.

Écrit par : Jean-Marie | 06/12/2006

Ces 3 là sont les grands manitous du CAE (Conseil d'Analyse Economique), la machine à produire de la pensée unique libérale.

Le pire, c'est que leurs rapports servent de base de travail aussi bien au PS qu'à l'UMP. Il suffit de lire ces rapports puis d'écouter les discours des cadors PS et UMP, notamment leurs candidats, pour s'apercevoir de toutes les similitudes...

Benji
www.levraidebat.com

Écrit par : Benji | 06/12/2006

Je me souviens d'une émission de "C. dans l'air" où notre économico -libérale Elie Cohen débattait de la privatisation d'EDF avec un militant CGT. Ce dernier l'avait traité de "porteur d'eau des marchés" !
Il n'avait pas du tout aimé notre Cohen ...qu'un militant syndical lui dame le pion...
pour qui ils se prennent ces prolos...il s'est indigné...

Écrit par : gerard | 06/12/2006

A propos d'experts, n'oublions pas la célèbre Nicole Bacharant, que France Inter nous ressort à chaque évènement états-unien et dont les analyses politico-économiques sur ce pays la situent légèrement à gauche de Von Hayek et légèrement à droite de Friedman (ou l'inverse).
A propos de France Inter : http://taquinerfranceinter.free.fr/index.php

Écrit par : Frédéric Supiot | 06/12/2006

Conservateur: Politicien qui affectionne les maux existants, qu'il ne faut pas confondre avec le Libéral qui souhaite les remplacer par d'autres.

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

Bonjour,
c'est quand même dingue, je ne sais pas si je fais une allergie mais ces temps-ci dès quej'allume mon ordi, mes yeux me piquent mais fort, foort!

http://fr.biz.yahoo.com/06122006/5/renaud-dutreil-trouve-absurde-de-ne-pas-pouvoir-faire-ses.html

Écrit par : Cécile | 06/12/2006

@ Cécile,

Moi je trouve absurde de na pas pouvoir faire mes achats de noel entre minuit et une heure du matin le soir du réveillon, et, pour le 31, j'éprouve la nécessité absolue d'acheter mes boites pour chats entre 23 heures et 2h du matin.

Je fait immédiatement un communiqué à destination de l'AFP et de Reuters, pour leur dire que "Moi, je suis comme tous les Français. Souvent je fais mes cadeaux la veille du 25" (entre-nous soit dit : 1) Il n'a pas de courses à faire, vu qu'il est nourri, logé et blanchi grâce à nos impôts 2)"tous les français ne font pas leurs courses le 24 , franchement, faire la queue pendant 3heures, je n'aime pas trop).

Je vais faire une dépêche aussi pour dire que "comme la majorité des français, j'aime le gratin de pâtes au gruyère"...

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

@Bruno Lamothe
Quant à moi je vais de ce pas demander à l'AFP de faire un communiqué comme quoi "Comme tous les français je souhaite que le ministère du commerce soit ouvert le 24" (un dimanche)

Écrit par : Cécile | 06/12/2006

Ou pire : qu'on dise à quoi sert ce pitoyable ministre, à part servir de porte-parole du nabot...

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

Chic je suis le trente-troisième! Comme mon département: la Gironde.
Pas un seul contradicteur aujourd'hui. Est-ce que le mercredi, les serviteurs zélés du marché et admirateurs fervents des bonimenteurs sus-nommés, seraient en RTT?

Écrit par : Henri | 06/12/2006

y'a quand même des e-coups de pied au cul qui se perdent, nasheuh

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

Patrick Artus, pourtant, a parfois des fulgurances de lucidité : "Les entreprises privilégient le rendement à trois mois plutôt que l'investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant", écrivent Patrick Artus et Marie-Paule Virard dans leur livre "Le capitalisme est en train de s'auto-détruire".
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/03/16/1529815.html

Écrit par : Olivier Bonnet | 06/12/2006

Non Henri, les serviteurs zélés du marché commence leur journée vers 16 heures, en même temps que le NYSE.

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

A voir :
http://www.france.attac.org/spip.php?article1926

Un entretien d'un de nos economistes heterodoxes a la suite de son bouquin "les economistes contre la democratie"

Ca tombe sous le sens ?

Écrit par : ango | 06/12/2006

Un grand économiste, c'est quelqu'un qui saura très bien expliquer demain pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas produit aujourd'hui...

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

je savais pas que les économistes étaient chargés de la météo

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

Du pur Fontenelle !
Mais alors ?
On fait quoi ?
Je ne sais plus de quel produit il s’agissait, mais jamais lu ou entendu, qu’il était, après production, conditionné à des milliers de kilomètres de son lieu de production, puis rapatrié pour être vendu à son point de départ. Autre exemple, dans l’industrie automobile on ne fait plus que de l’assemblage de pièces qui sont produites dans le monde entier.
Comme la logique capitaliste, c’est la recherche du profit maximum, il est évident qu’il est plus intéressant de fabriquer là où les coûts salariaux sont les plus bas.
Mais :
1/ Ces coûts vont augmenter ; le problème étant : combien de temps mettront-il pour n’être plus compétitifs ? ça peut aller très vite. On délocalise au Maroc. Entendez bien, dans certaines productions, le Maroc est trop cher. Le Maroc ou la Tunisie ou….
2/ Produire mais pour vendre. Mais pour réaliser des ventes il ne suffit plus de réapprovisionner les marchés existants (saturation), il faut aussi ouvrir de nouveaux marchés. Qui dit nouveaux marchés dit à la fois baisse des prix (Logan) et aussi augmentation du niveau de vie précisément là où ces produits sont en quantité négligeables. Il y a comme ça des marchés immenses : l’Asie, l’Amérique du sud, l’Afrique. Mais il y a néanmoins un décalage abyssal entre cette furie de production et l’impossibilité dans laquelle sont des milliards d’êtres humains sur terre de se procurer ne serait-ce que l’essentiel pour vivre. Néanmoins – le capitalisme est inventif – le marché du téléphone portable, inexistant il y a dix ans, a engendré une vaste production avec à la clé des profits immenses, qui a envahi le monde entier. Il y a comme ça des marchés captifs là où pourtant l’essentiel pour vivre manque.
3/ Il y a enfin les luttes sociales. Nos économistes libéraux n’en parlent jamais. Elles font pourtant partie intégrantes du système. Sans lutte sociale le niveau de vie stagne ou progresse trop lentement pour créer de la demande.

Que tout ceci soit absurde, irrationnel et produise des dégâts humains et environnementaux considérables, c’est l’évidence. Mais ne pas oublier qu’entre 1800 et 2000, la population mondiale est passée de 1 milliard à 6 milliards. Quelque part donc « ça marche ».

C’est ce « ça marche » qui pollue tout débat.
Il y a trente, quarante, cinquante ans, non seulement on ne remettait pas en cause les nationalisations de certains secteurs de l’économie, mais elles apparaissaient comme une arme efficace pour l’Etat national, un Etat Providence en l’occurrence. Mais ce qui marche aujourd’hui au Venezuela serait-il, je ne dis pas possible politiquement, mais envisageable ne serait-ce qu’intellectuellement en France ? Souvenons nous de 1981. Qu’a engendré la nationalisation d’une bonne partie du secteur bancaire sinon des scandales financiers ? Plus généralement l’Etat nation (qui peut prendre des mesures de protections par exemple) est-il encore aujourd’hui l’outil magique qui permettrait, à conditions que la situation politique le permette, d’agir efficacement pour prendre des mesures contre le marché (national, européen, mondial) aux bénéfices des salariés, des chômeurs, des jeunes ? Dans la question du TCE en 2005, il y avait ce problème. Plus l’Etat nation se dissout dans une Europe, simple zone de libre échange, et moins nous avons d’outils de contrainte.
A vrai dire, j’ai beaucoup de mal – mais suis-je gagné moi aussi par les théories libérales – à l’envisager. Je constate que même à l’extrême-gauche on a bien du mal à formuler explicitement : « oui, il nous faut plus d’Etat et encore plus d’Etat ». L’Etat comme arme révolutionnaire pour changer le monde, comme dit l’autre, on a donné. Et là est toute la question.

Écrit par : Ajamais | 06/12/2006

A jamais,

je suis assez d'accord avec ce que tu dis, et assez content que ce soit toi qui te charge de répondre à la volée de bois vert (je devrais dire rouge) que tu vas te ramasser. ;-))

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

@xolotl

Ils ne font pas la météo, mais ils prétendent faire la pluie et le beau temps !

Écrit par : Bruno Lamothe | 06/12/2006

@ Jamais : "L’Etat comme arme révolutionnaire pour changer le monde, comme dit l’autre, on a donné. Et là est toute la question."

Et le profit pour régenter le monde, comme dit l'un, on est en train de donner. Et ça marche formidablement bien, non ?

Écrit par : Olivier Bonnet | 06/12/2006

@ Xolotl

" ...je savais pas que les économistes étaient chargés de la météo..."

Ceux dont nous parlons se trompent pourtant avec la même constance que les gens de Météo-France.
Lesquels tentent, eux, de faire quelques progrès.
Et reconnaissent en général, quand ils ont annoncé un soleil radieux et qu'on se retrouve dans 50 cm de flotte, qu'ils se sont peut-être un peu gourrés.
C'est sans doute qu'ils observent les choses sans dogmatisme, eux.

[ Sinon, ça fait du bien de vous revoir,... depuis hier et Chavez. C'est toujours amusant de croiser quelqu'un qui soutient mordicus que 2 et 2 font 5, quand on sait pourtant pertinemment que ça n'est pas vrai. C'est bien sûr inutile, mais ça passe un peu le temps... ]

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

un type de la météo, il sait aussi très bien expliquer demain pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas produit aujourd'hui.

mais les économistes aussi, c'est bien vrai. La ou ça tourne à la franche poilade, c'est quand tu relis les prévisions de cours de bourse que des génies autoproclamés publient. Du pur Elisabeth Tessier.

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

@ Ajamais
Tu nous as bien dit que tu étais à la LCR.
C'est quoi, la blague ? Que tu sois à la LCR ou ton post du jour ?...

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

Mon dernier post était adressé à Bruno Lamothe

Écrit par : xolotl | 06/12/2006

@Clarence
Tu crois (encore) que "la société juste et égale pour tous" va se réaliser sur terre?
Ajamais estime que c'est aux États de réguler le marché, et il m'a semblé que Seb aussi, dans ce billet notamment, et moi aussi d'ailleurs. Ca n'empêche que de là à dire qu'on va, et qu'on va aller dans ce sens-là, y'a un pas à faire et qu'on est quand même fondé, qu'on soit à la LCR ou ailleurs, à avoir quelques doutes sur la mise en oeuvre d'une telle régulation du marché.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

@ Mathieu

"on est quand même fondé, qu'on soit à la LCR ou ailleurs, à avoir quelques doutes sur la mise en oeuvre d'une telle régulation du marché".

?????
Je pense que j'hallucine !
Mais c'est rien, ça va passer...

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

Clarence si tu faisais des phrases de plus de 5 ou 6 mots ce serait un peu plus facile de causer, de comprendre quelle est ta position, etc...

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Je ne vois pas trop ce qu'il y a d'"hallucinant" à faire la distinction entre "militer pour une régulation du marché", et "estimer que cette régulation se fera effectivement".

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Même sans être économiste je sais que ces gens payés par nos deniers manquent de peps. Dans ma compréhension limitée de l'économie, le protectionnisme n'est pas le contraire du libéralisme. Le contraire du libéralisme c'est le bon sens, et le contraire du protectionnisme c'est le bordel total. L'interventionnisme est un sous-ensemble du protectionnisme, et le ... oula, j'arrête, ça me donne le tournis. Je hais l'économie. Beuuuurk.

Écrit par : glomp | 06/12/2006

@ Mathieu

Je suis scié, c'est tout !
Que des gens de droite nous serinent que l'évolution vers un libéralisme toujours plus débridé est inéluctable, je peux le comprendre.
Et je peux même comprendre qu'ils s'en réjouissent.
Mais que des gens de gauche, et même - c'est ce qu'ilks disent - d'extrême-gauche, soient à ce point soumis à l'idéologie à la mode qu'eux-mêmes n'imaginent plus d'autre système, ça me troue !
Qu'on se résolve comme vous semblez le faire, Ajamais dt toi, à ce qu'on a appelé naguère "la fin de l'Histoire", et qu'en même temps on prétende militer dans des "organisations antilibérales radicales", je n'en reviens pas !
Faut-il que la révolution libérale ait réussi son coup, y compris dans les têtes, pour que nous en soyons là !
Pour que vous-mêmes pensiez utopique (au sens de totalement hors de propos) la moindre ébauche d'esquisse de début de transformation sociale, et de réappropriation par les citoyens, par le biais de l'Etat, de certains de leurs moyens d'action.

Dans un de tes posts, Mathieu, tu sembles mettre Seb de ton côté en disant que ça n'est pas parce que son billet prône autre chose que ce que préconise Elie Cohen qu'il serait dupe de la possibilité réelle de réguler (un peu) les marchés.
J'aimerais avoir l'avis de Seb, précisément, parce que si c'est le cas -ce que je n'ose croire !, et ce que, d'ailleurs, je ne crois pas- il faudrait arrêter de conchier quotidiennement Laurent Joffrin et Ségolène Royal sur ce blog (Seb, c'est à Mathieu que je réponds ici, et il n'y a là, de ma part, aucune attaque contre toi ni contre ce que tu écris, même si je ne suis pas d'accord avec tout. C'est de cohérence que je parle...).

Et ne me rebalance pas dans les dents, Mathieu, que je suis con au point de croire à "la société juste et égale pour tous" sur terre.
Je pense qu'entre la niaiserie béate, presque religieuse, dont tu m'accuses, et la résignation désolante qui semble être la tienne, il y a de la place.
Dans le cas contraire, je ne passerais pas une demi-minute ni sur des blogs comme celui-ci, ni à m'informer de l'état du Monde.

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

De toute facon, c'est d'une telle indigence intellectuelle d'une telle mauvaise foi... et le monde n'est pas pluraliste, comme les medias, car ces types ont des "ennemis" dan leur discipline. Et ces debats ont ne les connait pas...

Écrit par : ango | 06/12/2006

@Clarence
Non mais entre "imaginer" et "penser que ça va effectivement se réaliser" y'a un abîme. J'"imagine" très bien qu'on pourrait avoir une autre règlementation du code du travail, une autre régulation du marché, etc. Je l'espère même. Mais de là à dire "oui, ça va arriver", c'est une autre histoire. Ca ne se situe pas au même niveau. Ca n'a strictement rien à voir avec ce que tu appelle "la fin de l'histoire" ou une quelconque inéluctabilité. C'est juste constater qu'il ne suffit pas d'imaginer ou de souhaiter quelque chose pour avoir la conviction inébranlable que ça arrivera. Pour qu'une régulation politique du marché ait lieu, il faut une volonté politique, il faut que les gens qui ont cette vision là parviennent au pouvoir, qu'ils aient une majorité de voix ou qu'ils y arrivent par d'autres moyens. Tu la vois toi la volonté politique? Tu vois des politiques soutenant cette régulation du marché arriver au pouvoir en 2007? QUI? COMMENT? C'est de CA dont je te cause, pas de se faire plaisir en croyant ce qui nous chante. Le moins que l'on puisse dire c'est que ça pas SIMPLEMENT parce qu'on le souhaite ou qu'on en imagine la possibilité que ça va pour autant se produire. Ca n'est pas de la résignation que de dire cela. La résignation consisterait à dire nier que ça puisse se faire, à avoir la certitude de l'impossibilité que ça se fasse. Je n'ai jamais dit ça. Simplement, il y a beaucoup de choses qui sont possibles qui ne se feront pas et qui ne se sont pas faites jusqu'à présent, c'est évident. C'est pas de la "résignation" que de dire cela.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Quand à ce que pense Sébastien, je ne pense guère me tromper en disant qu'il pense, tout comme moi et beaucoup d'autre qu'il est POSSIBLE de réguler le marché, mais qu'il a, tout comme moi et beaucoup d'autres, quelques DOUTES sur LA RÉALISATION future de cette possibilité par les gens qui seront aux manettes en 2007.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

ango leurs antagonistes n'ont pas d'importance, autre que former correctement espérons le le crâne de leurs élèves et donc les désespérer, puisque ce sont les trois héros du jour et leur entourage qui sont écoutés par les "décideurs".
Ne vous plaignez pas mes enfants, il y aura une redistribution des rôles. Aux pays émergeants les industries demandant une main d'oeuvre à bon marché, aux "vieux" pays les... ah non c'est bête j'allais dire les technologies avancées mais est-ce bête nous avons un peu négligé de financer la recherche, alors cela aussi ce sera pour la Chine et l'Inde, mais nous aurons de la richesse donc besoin de services et voilà des emplois pour vous (mal payés ? vous n'êtes jamais contents)

Écrit par : brigetoun ou brigitte celerier | 06/12/2006

Maintenant Clarence, puisque tu semble avoir la conviction absolue que cette régulation va effectivement, et évidemment, se faire, j'imagine que tu sais déjà comment ça va se passer et qu'il te sera très facile de nous l'expliquer, nous les cons qui avons encore quelques doutes, non quand à la possibilité de la régulation, mais quand à sa réalisation future.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

@ Mathieu

Ah bon !, Ajamais et toi ne parliez que de 2007 !?
Pas évident quand on lit vos posts, notamment celui d'Ajamais auquel je répondais initialement.
On y lit : "A vrai dire, j’ai beaucoup de mal (...) à l’envisager" (la régulation par l'Etat).
Alors ?...

Écrit par : Clarence | 06/12/2006

@Clarence
Tu le fais exprès ou quoi? Quand Ajamais dit qu'il a du mal à "envisager la régulation par l'État", j'imagine qu'il le disait au sens de "j'ai du mal à envisager que cette régulation par l'État se fasse concrètement demain ou après-demain", et NON PAS "j'ai du mal à envisager que cette régulation par l'État puisse, en théorie, se faire". Parce qu'en théorie, on peut tous l'envisager, on peut envisager tout et n'importe quoi tant qu'on se coltine pas avec la question de sa mise en oeuvre effective. Mais ce dont parlait Ajamais, m'a-t-il semblé, ça n'était pas d'une possibilité purement théorique, c'était que cette possibilité se réalise ou pas, des chances qu'elle a, d'après ce qu'on voit aujourd'hui et depuis quelques dizaines d'années déjà, de se réaliser. Il n'a pas dit "c'est impossible". Il a dit qu'il avait "beaucoup de mal" à y croire, et moi aussi, et t'admettras quand même qu'il y quelques raisons de douter (pas de dire que c'est "définitivement impossible", de douter) que ça cette belle possibilité que nous envisageons tous se réalise.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

lol ça me fait marrer cette remarque sur "ahhh ouaiiiii, vous ne parliez "que" de 2007?! oh putain les cons, moi je vois déjà l'évolution du truc à 15/20 berges à l'avance". :-)))) On a déjà Un Peu de mal à voir ce qui va se passer exactement en 2007, alors quand à énoncer des certitudes sur l'évolution globale du marché après 2007... Surtout des certitudes quand à une évolution littéralement inverse de celle que suit le marché depuis un siècle... Tu parlais à quelle échelle de temps toi? 2015? 2030?... Non sérieusement pour te répondre, même en 2007 ou après, je ne me risquerai pas à énoncer des certitudes, j'ai dis simplement "au jour d'aujourd'hui, avec le recul d'un siècle d'histoire qu'on a sur l'évolution du marché, on est porté à dire que ça va continuer dans la même logique". Il me semble qu'Ajamais ne disait pas autre chose que ça, et que ça ne signifie pas qu'on estime que rien ne changera, de toute nécessité.

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Ben dites.
J'ai pas encore tout lu, mais j'ai l'impression que vous êtes en train de vous habituer à vous foutre quotidiennement sur la gueule?
Je mange un morceau, je souffle un peu, et je reviens.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

@Seb
:-)))) Note, c'est pas moi

Écrit par : Mathieu | 06/12/2006

Je n’ai pas parler de « régulation » qui ne serait que l’une des tâches de l’Etat mais : « Plus généralement l’Etat nation (qui peut prendre des mesures de protections par exemple) est-il encore aujourd’hui l’outil magique qui permettrait, à conditions que la situation politique le permette, d’agir efficacement pour prendre des mesures CONTRE le marché (national, européen, mondial) aux bénéfices des salariés, des chômeurs, des jeunes ? »

En d’autres termes, à l’heure où les Etats nations ne sont plus ce qu’ils étaient, où un certains nombres de tâches régaliennes leur échappent et ayant fait également fait le bilan de ce qu’a été un Etat nation tout puissant, JE POSE LA QUESTION est-ce que l’Etat (nation, européen, mondial) peut il être encore cet outil qui permettrait, non pas seulement de réguler le marché, mais de l’orienter, voire de s’en passer pour accomplir des tâches qui répondent aux besoins d’abord de premières nécessités de la population mondiale.

Je rappelle à ce propos que la vraie tradition socialiste et marxiste ce n’est pas le plus d’Etat possible, mais le moins d’Etat possible. Marx en effet, après la Commune de Paris emprunte aux anarchistes l’idée que l’Etat doit disparaître à terme. Thème repris par Lénine dans « l’Etat et la révolution », mais évidemment jamais appliqué.

Je rappelle également qu’il existe des outils de régulation (il n’y en a jamais eu autant) et que les Etats continuent à être des acteurs puissants de l’économie. Suffirait-il que des hommes pour qui le profit ne serait pas le but à atteindre, s’emparent de ces outils pour changer la face du monde ?

Écrit par : Ajamais | 06/12/2006

La Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris a empêché les journalistes de Charlie d'entrer à leur raout pro-Soudan (p2/3) : "Pas de témoins pour les affaires avec le Soudan !"

Par ailleurs, intéressant édito de X (oubliez que c'est lui qui l'a écrit), édifiante itw de Charles Enderlin, et bon article de Dautrey sur Libé. Charb bouffe du Dédé 23 "Il n'est pas surprenant qu'une religion qui a fait de la souffrance son fond de commerce s'attaque à tout ce qui pourrait la soulager."

Couverture nulle de Cabu. A la retrait, Pépé, laisse la place à Catherine ou à Charb.

Écrit par : EdC | 06/12/2006

@ Ajamais
"Je rappelle à ce propos que la vraie tradition socialiste et marxiste ce n’est pas le plus d’Etat possible, mais le moins d’Etat possible."
Ben tu vois, quand tu veux!
Tu arrives à dire des choses raisonnables.
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

oui, mais le moins d'Etat possible c'est aussi le libéralisme !

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

Écrit par : Ajamais | 06/12/2006

On fait que je viens de piquer une grosse colère, et que je vais, par exception, balancer ici un nouveau billet dans pas 10 minutes.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

Ayé.
Je suppose que pour une fois, on sera d'accord, Ajamais.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/12/2006

L’Etat et le marché (suite)

Les économistes dont il est question dans le post de Fontenelle militent ouvertement pour le moins d’Etat possible. Cependant ils ne sont pas contre des systèmes de régulation transnationaux. A l’inverse les Alter s’opposent à certains de ces instruments au prétexte qu’ils ne profitent qu'aux nations et aux groupes économiques les plus puissants.
Quelques années après 1917, alors que l’économie russe était au plus mal, l’Etat soviétique eut recours au marché pour re-dynamiser son économie. Et l’économie redémarra. A l’inverse la concentration dans les mains de l’Etat de tous les outils de l’économie (évidemment sans aucun contre pouvoir syndical, parlementaire…) eut comme effet la mise en place d’une bureaucratie pléthorique, monstrueuse, mais surtout incapable. Dès 1920-21-23, Lénine s’interroge sur ce phénomène. Pour lui les causes de cette catastrophe sont multiples. La principale c’est l’arriération du pays (l’héritage). C’est la vieille bureaucratie russe qui reprend le dessus. Il préconise d’envoyer les cadres de l’économie aux Etats-Unis pour qu’ils apprennent au contact des businessmen. Deuxième type de mesure, la mise en place d’outil de contrôle et de surveillance de la bureaucratie. Bref il en rajoute une couche. Troisième mesure, strictement politique, mener à l’intérieur du parti une lutte (à mort ?) contre ceux qui sont les chefs de cette bureaucratie, Staline en tête, et il propose à Trotski de s’allier avec lui pour l’engager.
Evidemment il ne pense pas une seconde à mettre en place des outils de contrôle démocratiques à tous les niveaux de l’économie et du pays. Ce serait en fait, et il le sait reprendre la révolution là où elle a commencé avec le risque évident de perdre le pouvoir.

Tous ces rappels pour dire que, mis à part le problème décisif de la situation spécifique de la Russie dans ces années là (à 90% agricole, sous-industrialisée, sous-qualifiée…), la question du rôle de l’Etat dans une économie que l’on voudrait plus orientée vers la satisfactions des besoins de l’humanité, n’est pas une question simple ; d’autant que le marché a démontré qu’il avait en la matière plusieurs longueurs d’avance. On peut en effet énumérer toutes les turpitudes du système, d’autant plus avec désormais la domination du capitalisme financier, il n’empêche que le marché est très certainement un outil excessivement performant pour produire des richesses. Reste que la redistribution, c’est le moins que l’on puisse dire, reste à désirer.

Écrit par : Ajamais | 06/12/2006

A bridgetown :

Au contraire, leur antagonisme montre qu'il n'existe pas les economistes avec le meme crane et les memes opinions, mais plusieurs mode de pensee l'economie et les politiques economiques. A moins que le pluralime ne sert a rien, l'antagonisme est salutaire. Seul les medias peuvent faire croire le contraire...

Quant aux 3 dont il est question je pense au contraire qu'ils forment leur eleves a un avenir radieu : comite d'entreprise et medias grassement paye, conseil divers surpaye, caution scientifique a des prises de positions dogmatiques...

Écrit par : ango | 06/12/2006

L’Etat et le marché (suite)

Du concret.
Prenons la question des licenciements, par exemple dans une grande entreprise d’automobile. Le parlement a voté une loi qui interdit à une entreprise qui fait des profit de licencier. Cette entreprise fait des profit. On lui interdit donc de licencier. Fort bien
Mais prenons aujourd’hui Renault. Renault accumule des pertes très importantes. Donc les licenciements sont possibles puisque la loi le permet. Mais il s’agit en réalité d’une décision délibérée de l’entreprise. « Vendons moins, mais avec plus de profits ». Dans la phase A, on perd. Phase B, on gagne. C’est ce que le PDG de Renault a fait chez Nissan. Et ça a marché. Que faire lorsque l’entreprise délibérément accumule des pertes ? On agit pour que son PDG soit débarqué ? Admettons. Mais alors, on adopte une autre politique industrielle : rotation plus rapide des modèles, politique commerciale agressive, bref une politique classique. Mais la demande trop faible ne permet pas la réussite de cette seconde option. Nouvelles pertes. Licenciements, etc…

On pourrait multiplier les exemples. Il faut bien se rendre compte que nous nous trouvons face à un problème épineux. Une bonne partie de l’économie ne répond pas à des besoins fondamentaux, une autre partie si. Mais tout est imbriqué. L’option qui consiste, POUR NE PAS LICENCIER, du moins provisoirement, à multiplier les modèles, à adopter une politique commerciale agressive, et qui consiste donc à ce que le client change de voitures tous les trois ans et que d’autres marchés s’ouvrent n’est certainement pas la plus utile des options socialement parlant. Quel besoin de changer de voiture tous les trois ans, alors qu’en Afrique par exemple, on roule dans des voitures hors d’usage, avec des risques permanents d’accident, quand on en dispose d’une, ce qui n’est le lot que d’une minorité. On voit bien ici le manque d’efficience à terme d’une mesure comme non aux licenciements. Ce qui ne justifie pas pour autant la première option.

PS : il me semble que je discute avec moi-même. J’arrête donc pour ce soir de soliloquer.

Écrit par : Ajamais | 06/12/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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