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27/12/2006

Rendez-vous le 8 janvier.

Ce blog est fermé jusqu'à l'année prochaine.
Que je vous souhaite, il va de soi, bonne et heureuse.
A plus!

"Palestine, Quel Est Ton Crime?"

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Il semblerait qu'en Palestine, la sinistre farce continue?

Hier matin, "Libé" annonçait: "Israël va lever des barrages en Cisjordanie".

Bel effort.

"Libé" rapportait ces propos d'Amir Peretz, ministre israélien de la Défense et grand homme de gauche, comme chacun(e) a notamment pu le vérifier au Liban l'été dernier: "Nous avons préparé un plan applicable immédiatement, qui consiste à faciliter la circulation et les mouvements des Palestiniens et à augmenter le nombre de Palestiniens autorisés à travailler en Israël".

Amir va desserrer un peu vos menottes, les ami(e)s.

Merci qui?

Merci Amir.

Quelle admirable générosité, me suis-je dit.

C'est presque trop sympa, de la part de ce mec, de "faciliter la circulation et les mouvements des Palestiniens" dans leur propre pays.

Je me suis même fait un peu de souci pour Amir Peretz, faudrait pas non plus, ai-je pensé, qu'il devienne trop outrancièrement droit-de-l'hommiste: je veux dire, imaginez qu'il finisse par consentir aux Palestiniens le droit de vivre librement?

Est-ce que ça ne serait pas une porte grande ouverte à toutes les fenêtres?

Aussi me suis-je senti rassuré, en découvrant hier soir que le même Amir Peretz avait (je cite nouvelobs.com) "donné son feu vert à la construction d'une nouvelle colonie en Cisjordanie dans la vallée du Jourdain".

Ouf.

Sa vraie-fausse concession était donc une plaisanterie.

Ou plus précisément, trêve d'ironie lourdingue, une sinistre farce - tout comme le fut en son temps l'évacuation des colons de Gaza, qui nous fut, rappelez-vous, présentée comme la preuve, irréfragable, que l'excellent Ariel Sharon méritait au moins le prix Nobel de la Paix. (Pas comme ces chiens de Palestiniens, qui font rien qu'à réclamer toujours plus de libertés: franchement, ils se croient où? Qu'est-ce c'est que cette façon qu'ils ont de se comporter, les Palestiniens, comme s'ils étaient aussi chez eux en Palestine? Qu'est-ce que ça veut dire, sans déconner? Ils veulent pas l'eau courante à volonté, non plus?)

Divertissante précision: Amir Peretz a autorisé la construction de cette nouvelle colonie "conformément à un engagement pris par le précédent ministre de la Défense Shaoul Mofaz pour reloger des habitants de colonies évacuées de la bande de Gaza", à l'été 2005.

Nous vérifions donc, une fois de plus, que cette évacuation à grand spectacle, ultra-médiatisée, n'était qu'une brutale moquerie de plus - puisqu'il était, dès l'origine, prévu de remplacer la colonisation par la colonisation: de reprendre, de la main droite, ce que la main gauche faisait mine d'abandonner.

Il est vrai qu'il est tellement plus facile de stigmatiser le manque de souplesse des Palestiniens harassés...

26/12/2006

Le Péril Rouge Passe Au Vert (Et Nos Intellectuels De Médias Poussent Un Long Soupir De Soulagement)

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Je viens (encore) de tomber sur une interview de Pascal Bruckner, penseur, qui en remet (encore) une couche sur l'"islamo-gauchisme" - comme il dit.
Une journaliste lui demande, avec une exquise finesse: "Pourquoi l'extrême gauche et l'islam font-ils front commun?"
Notre intellectuel de choc répond: "Pour l'extrême gauche, l'islam est un réservoir d'opprimés. elle y trouve des masses révolutionnaires de substitution. De leur côté, les islamistes adoptent la rhétorique de l'anticapitalisme et profitent de l'extrême gauche pour imposer leurs points de vue. C'est un double jeu de dupes".
Toujours les mêmes divagations, donc.
Voilà, en gros, ce que j'en pense. (Il s'agit, comme annoncé, d'un extrait de mon prochain bouquin.)

"49.
Le monde, jadis (nous parlons ici d’un temps que les moins de vingt ans n’ont connu qu’au berceau), était d’une simplicité ravissante – au moins pour qui souhaitait, à gauche comme à droite, s’épargner le joug d’une réflexion autre que binaire. Il y avait d’un côté, le Mal – soviétique. Et de l’autre côté le Bien – américain. (Schématisons). Il va de soi que dans la vraie vie, où la complexité surgit parfois sans trop d’égards pour le confort des intelligences manichéennes, ce noir et blanc se colorait de quelques nuances de gris – avec même, parfois, quelques tâches de couleurs.
Le Mal était – certes – maléfique : on n’arbore jamais sans dommage la moustache d’un Jospeh Staline. Le Bien, en revanche, n’était pas uniment bénéfique (ou bienfaisant), comme devaient l’expérimenter, bien malgré leur bon gré, quelques tribus guatémaltèques.
Mais ce partage bipolaire de la planète convenait à merveille, pour ce qu’il permettait de « réflexion(s) » faussement savante(s), aux penseurs médiatiques dont la gloire se forgeait, sous le sceau, pourquoi pas, de la « nouvelle philosophie » (cette formidable escroquerie), dans un anticommunisme raffiné (le Mal, c’est mal) doublé, simplicité oblige, d’une scrupuleuse dévotion à l’Occident étatsunien (le Bien, c’est bien).
On l’a un peu oublié, mais c’est là, en effet, dans cette charge de plusieurs décennies contre le totalitarisme rouge (...), que les intellectuels à guillemets dont il est question dans ce livre ont construit leur image, et gagné leurs prébendes.
On n’aura garde, surtout, de l’oublier – car il nous faut à présent imaginer ce qu’a pu être leur affolement, quand leur gagne-pain – l’empire soviétique – s’est brutalement disloqué : le mur de Berlin, dans sa chute, entraînait, l’a-t-on bien mesuré, celle de la maison « Penseurs », qui faisait commerce des idées comme on le fait de pneus.
Pis ! Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, chacun dut bientôt se rendre à cette évidence que le modèle étatsunien, ou, si l’on préfère, le dogme libéral, demeuré seul, avait tout soudain beaucoup moins de gueule qu’aux temps bénis où la sévère mais juste contention du péril soviétique suffisait à dissimuler ses (minuscules) imperfections.
Sans Leonid Brejnev comme (efficace) repoussoir, le capitalisme, ex-rempart contre l’innommable sauvagerie bolchevique, soudain n’était plus forcément le meilleur ami du salarié occidental.

50.
C’est l’époque où naît, contre une social-démocratie massivement ralliée au libéralisme, une gauche « altermondialiste » qui a ceci de (très) nouveau, et de (très) déstabilisant pour ses contempteurs habituels, qu’il est désormais difficile de la poser en cinquième colonne du soviétisme russe.
Le silence, alors, se fait : on n’entend plus guère les anticommunistes professionnels (...).
Et c’est là, dans cet espace laissé béant par la défection (lâche) de l’ennemi tchékiste, qu’un nouveau péril va se fabriquer : vert (musulman), cette fois-ci, plutôt que rouge.
Son modelage ravit l’oncle Sam, qui le connaît fort bien, pour l’avoir méticuleusement façonné aux époques où la fin (l’écrasement de la vermine soviétique) justifiait les moyens les plus dégueulasses : du massacre massif de villageois viêtnamiens au don (presque) spontané de quelque arsenal défensif (assorti de missiles Stinger) à de rudes maquisards, futurs Al-Qaeda, qui faisaient alors d’aimables supplétifs dans la mise en place du piège afghan.

51.
Yankee un jour, yankee toujours : la conversion à cette nouvelle croisade des penseurs qui avaient jadis choisi la liberté occidentale (sur le plateau de Bernard Pivot) contre la terreur stalinienne est franc, massif, et ponctué, surtout, de gigantesques soupirs de soulagement : car il est soudain évident, pour cette fine fleur de la « philosophie », de la politologie et du journalisme, que le grand cirque médiatique va continuer – l’ennemi seul change, l’expertise demeure, le Bien reste le Bien, le Mal passe du rouge au vert, mais tout cela reste, grâce à Dieu, contenu dans un périmètre archi-connu, archi-balisé.
Qui n’a pas son penseur ?
Un détail cependant risque de gâcher la fête : l’altermondialisme, où l’on ne prise qu’assez peu, quoi qu’en pensent les journalistes de « Charlie Hebdo », le fanatisme religieux, se taille, nonobstant la menace barbue, sur laquelle son avis ne diffère au fond que fort peu de celui du reste du monde, quelques jolis succès : comme en témoigne l’engouement dont bénéficie ATTAC, pour ne prendre que cet exemple relativement consensuel.
Voilà qui est tout de même, fâcheux – car à la fin des fins le roi (capitaliste) est nu. Victorieux, certes, mais nu. D’abord on le trouve plutôt beau. Mais en resserrant le champ, gros plan sur le vainqueur, on lui trouve, le moyen de faire autrement, nombre de menus défauts.

52.
En résumé, le capitalisme a terrassé le dragon rouge, «communiste», mais il a du même coup perdu son repoussoir. Il y a ceux – peu nombreux – qui le savent, mais les autres – majoritaires – festoient sans trop s’économiser, sur les décombres de l’empire du Mal.
Puis des mots apparaissent, qu’on ne connaissait que fort peu – quand seulement on les connaissait. Stock-options. Marché. Fonds de pensions. Marché. Délocalisations. Marché.
L’apparition de ces mots prend du temps, une dizaine d’années - Rome ne s’est pas non plus défaite en un jour. Mais ils finissent par dessiner une réalité beaucoup moins conviviale que ne l’étaient, en leur temps, les célébrations de la chute du Mur (de Berlin), et on s’aperçoit pour finir que sans le puissant dérivatif soviétique, les gentils d’antan seraient aussi un peu méchants – d’une façon, il est vrai, globalement démocratique – et que leur devise, inavouée, aurait comme un air de famille avec celle de feu l’ennemi : « La fin justifie les moyens ». Le capitalisme, qui est mieux éduqué, programme la mort sociale des pauvres, ces gêneurs, et cela finit par se voir.
C’est d’ailleurs à ce moment-là, et c’est très significatif, qu’il devient libéralisme, ou, mieux, néo-libéralisme, cependant que son vocabulaire se renouvelle de fond en comble. Révolution de velours d’un vaste champ lexical, où le CNPF, à l’échelle d’un pays, devient le MEDEF, moins patronal.
Rien n’y fait cependant : même paré des nouveaux atours d’une prétendue « liberté » supposée moins oppressive que le vieux «capital», même en friday wear, un fonds de pension reste un fonds de pension, et la mondialisation, dûment louée par ses bardes appointés, un capitalisme sauvage.
Un autre mot survient alors, « altermondialisme », qui suggère, dans l’après-« communisme », crime de lèse-majesté, d’autres solutions que celles de Washington.

53.
Je crois, très sincèrement, que des gens ont pris peur, quand ils ont découvert un jour, au courrier du matin, ces quelques mots inattendus : « Un autre monde est possible » – où les transactions financières pourraient, même, tomber sous le coup d’une taxation!
Je crois, très sincèrement, que pour ces gens les « fous d’Allah » font de très convenables méchants de substitution, assez méchants, de fait, pour occuper l’espace laissé vacant par la disparition du « communisme » soviétique.
Il n’est bien sûr nullement question, ici, d’une quelconque théorie du complot. Mais d’une certitude : l’irruption dans le paysage de ce début de millénaire d’une authentique ordure, Oussama Ben Laden, bien plus nocive que ne l’était, au fond, le frère ennemi communiste, sert magnifiquement les intérêts du libéralisme, en lui offrant sur un plateau cette alternative terrifiante : c’est eux, les tueurs fanatiques, ou nous. D’une certaine manière (affreuse), tout redevient « comme avant », donc. Tout redevient normal. Ou presque.
Car non seulement le fanatique focalise l’attention, mais il permet, au passage, de présenter comme des idiots utiles, dans le meilleurs des cas, les vieux adversaires du capitalisme, désormais altermondialistes, et de les faire passer, au plus grave, pour des suppôts du fondamentalisme combattant – exactement comme on les posait, jadis, en émules de Staline…
Massivement, nos penseurs se reconvertissent – sans trop d’effort, puisqu’il suffit d’appliquer au nouvel ennemi les recettes qui ont déjà servi contre le précédent.
Il est significatif que les nouveaux contempteurs du péril musulman (plutôt qu’islamiste) et, par le si commode biais de la «nouvelle judéophobie», de la gauche altermondialiste, soient tous, tous (des « nouveaux philosophes » à Jean-François Revel en passant par Annie Kriegel), d’anciens croisés de l’anticommunisme, dont l’image médiatique (et nourricière !) s’est forgée dans cette croisade.
Ils sont restés silencieux pendant quelques années, mais Ben Laden, il faut l’énoncer clairement, a, d’une certaine manière, libéré leur parole, en lançant des avions sur le World Trade Center – et leur parole conforte, ô combien, les tenants du « nouvel ordre mondial », qui se trouve être bushiste, de père en fils.
Nos intellectuels sont, en cela, quelque chose comme les idiots utiles du libéralisme.
(Ils) dessinent inlassablement, depuis cinq ans, le portrait-robot d’un nouvel adversaire, presque plus menaçant que ne l’était en son temps le « communiste » soviétique – et quand ils ont fini leurs crayonnages, on découvre, c’est amusant, un citoyen souvent basané, mais dont le cœur battrait plutôt à gauche.
Le plus vieil ennemi de l’extrême droite – en somme…"

Nicolas Sarkozy Est De Droite

Avec tous ces rascals puants qui vont répétant à longueur de temps, comme des gros salauds de base, que Marie-Ségolène Royal est de droite, j'ai bien peur qu'on ne finisse par oublier que Nicolas Sarkozy, ministre (notamment) de la chasse à l'enfant "clandestin", l'est aussi.

De droite, veux-je dire.

Et pas qu'un peu.

Il aime, ainsi, que des Français fortunés aillent se réfugier en Suisse, pour échapper au fisc.

C'est pas moi que le dis: c'est un certain Jean-Philippe Smet, chanteur de variété(s).

"Le Monde" rapportait hier, dans une brève, que "M. Hallyday" (c'est ainsi que se fait assez curieusement appeler Jean-Philippe Smet) "assure que M. Sarkozy approuve son exil fiscal".

Je trouve dommage que "Le Monde" accorde si peu de place à une information qui, si elle est vraie, en dit beaucoup sur le rodomont de Beauvau - or je ne doute pas qu'elle soit vraie: si tel n'était pas le cas, cela pourrait signifier que Jean-Philippe Smet aurait divagué, ce que je ne crois certes pas.

De fait, "Le Monde" ne fait que citer un hebdomadaire suisse, "Le Matin Dimanche", qui a publié le 24 décembre un "entretien" avec Jean-Philippe Smet, dans lequel Jean-Philippe Smet "affirme que Nicolas Sarkozy approuve son exil fiscal vers la Suisse".

Jean-Philippe Smet, cité par "Le Monde" qui cite "Le Matin Dimanche", explique: "Il [Nicolas Sarkozy] m'a dit: "Ecoute, coco, t'avais envie de le faire, tu l'as fait, t'as bien fait"".

Le petit chasseur blanc serait donc aussi un grand poète.

Cette considération ministérielle, me semble-t-il, se passe de commentaire: je suis bien certain que les crevards qui n'ont pas le bonheur de payer des impôts (faute de revenus suffisants) apprécieront à sa juste valeur l'esprit de solidarité dont fait preuve, loin des micros et des caméras, le gars qui leur promet la "rupture tranquille".

En quelques mots comme en cent, je voulais juste mentionner ici, n'en déplaise aux hyènes chavistes qui accablent Marie-Ségolène Royal de leurs douteux sarcasmes, qu'avec Nicolas Sarkozy ce n'est pas (non plus) très compliqué: quand on a un émule droitier de Margaret Thatcher qui essaie de coincer un pied dans la porte de l'Elysée, le mieux est de lui planter un gros coup de talon(nette) sur les orteils avant qu'il ne s'incruste pour de bon.

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PS: Vous allez me dire: "C'est pas Nicolas Sarkozy, ni même Jean-Philippe Smet, sur la photo, là".

C'est à la fois exact et finement observé.

Sachez que les admirateurs du patron de l'UMP ne se recrutent pas seulement chez les chanteurs de variété(s) de qualité - mais itou chez certains commentateurs sportifs que le monde entier nous envie.

25/12/2006

Joyeux Noël, Tout Le Monde

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Juste ça, donc: joyeux Noël à tou(te)s.

23/12/2006

国标第温州承泰电子有限公司专业提射线管和各种光管 (Marie-Ségolène Royal Est De Droite)

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Voilà ce qu'on peut trouver sur le site du "Point", dans la rubrique des "confidentiels exclusifs" (merci Bégé):

"Ségolène en Chine.

La candidate à la présidentielle partira en Chine le 6 janvier pour un voyage de 5 jours.

Elle y rencontrera des hommes politiques, des chefs d’entreprise et entend bien débattre avec eux d’un sujet qui fâche : la pollution."

Un sujet qui fâche?

En Chine populaire?

"La pollution".

J'espère tout de même que ça ne fâchera pas trop les communistes chinois.

J'espère aussi que ça ne fâchera pas trop les capitalistes chinois.

Sacrée Pimprenelle.

22/12/2006

Pourquoi Tant D'Amour?

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1.

Hier, dans "Le Point", bulletin de liaison hebdomadaire des iconoclastes briseurs de tabous, Claude Imbert, éditorialiste "un peu islamophobe" (c'est lui qui l'affirme crânement), a redit encore, pour la centième fois, l'espèce d'allégresse festive que lui inspire la personne de Marie-Ségolène Royal - qui est, comme on sait, de droite, ceci expliquant probablement une partie de cela.

Claude Imbert, qui est aussi poète, salue, cette fois-ci, la "timide clarté" qui, de son point de vue, illumine ce début d'hiver.

Il s'agit, vous l'aurez compris, de la candidature de la dame aux caméras, dont la grâce témoigne, d'après Claude Imbert, de ceci: "Contre les satisfaits de la pente douce où la France décline depuis vingt-cinq ans, quelques millions de déclinologues amateurs veulent tourner une page".

Je ne sais pas du tout de quel chapeau Claude Imbert sort ces "quelques millions" de supporters, mais son message est clair: Marie-Ségolène Royal, nous dit-il, c'est Nicolas Baverez, avec une petite robe noire toute simple et une veste blanche.

Claude Imbert s'extasie: "A gauche, le vent d'opinion qui porte Ségolène Royal a déjà ce mérite d'avoir aéré, dépoussiéré les placards socialistes".

En effet, poursuit-il: "Faute d'avoir épousé le réformisme social-démocrate de ses grands voisins européens, faute d'avoir renoncé aux démagogies du "gagner plus en travaillant moins", le vieux parti sombrait dans l'archaïque".

Dans la vraie vie, bien sûr, le Parti "socialiste" (dont le principal souci depuis maintenant un quart de siècle est de se prosterner aux pieds du Marché, en caressant des postérieurs patronaux) a depuis longtemps "épousé", voire initié, "le réformisme social-démocrate".

Tout le monde le sait.

Mais la vraie vie n'intéresse pas les iconoclastes: elle a, il est vrai, ceci de pénible qu'elle contredit régulièrement leurs magnifiques démonstrations. (La vraie vie ne lit pas "Le Point".)

Claude Imbert fait donc semblant de vivre dans un pays où les "socialistes" seraient les derniers représentants occidentaux du bolchevisme ultra: ce très subtil artifice lui permet de saluer, contre cet "archaïsme" imaginaire, la joviale modernité de Marie-Ségolène Royal.

Il est donc évident, pour Claude Imbert, que la Pimprenelle du Poitou n'aura de cesse que de parachever la conversion du P"S" au blairisme, variante faux-cul du reagano-thatchérisme: je suis, pour une fois, complètement d'accord avec l'éditorialiste bucolique de "Le Point".


2.

Pour autant, la question se pose: pourquoi tant d'amour?

Pourquoi diable Claude Imbert, plutôt que de réserver ses louanges au seul Nicolas Sarkozy, éprouve-t-il ainsi le besoin de flatter, à dates fixes, la nouvelle championne des "socialistes"?

La réponse est dans son éditorial d'hier, où il écrit: "Le couple Sarko-Ségo reproduit avec bonheur le couple alternatif de toutes les grandes démocraties modernes".

Ben dites!

Enfin!

Enfin, tout se passe chez nous comme aux Etats-Unis, où l'élection présidentielle se joue entre deux grands partis ultra-libéraux que seules séparent leurs appellations respectives!

Enfin l'"alternative" se joue ici aussi, aujourd'hui plus qu'hier (qui dans le genre n'était pourtant pas mal), entre une libérale, blanche Ségo, et un libéral, Sarko blanc!

Enfin s'aplanit l'horizon, débarrassé des minces reliefs timidement égalitaristes qui l'encombraient encore!

Enfin le duel suprême, opposant la droite à la droite (voyez si le débat sera enrichissant), se gagnera sur l'image, et sur elle seule, donc sur la communication, et sur elle seule!

Enfin le Marché fait, chez nous, définitivement, les journées d'élection: je comprends, sincèrement, que l'épatant Claude Imbert ait du mal à cacher son "bonheur".

21/12/2006

Devinette

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Allez zou, une devinette.

Un peu difficile, mais vous allez voir: les indices ne manquent pas.

C'est parti.

Qui a une "silhouette élégante"?

Qui a, dans son "maintien", quelque chose d'"altier"?

De qui "émane un air de jeunesse irrésistiblement romanesque et sans pareil"?

Qui est, à plus de 80 ans, "un jeune homme définitif"?

Qui, "malgré le temps qui passe, malgré le succès, les lauriers, l'embourgeoisement qui va avec la prospérité, la normalisation marchande, la fatigue", continue, sans désemparer, "à entendre, non seulement le grondement, l'impatience, la colère, mais le désordre profond du monde"?

Qui a "inventé un journalisme"?

Qui continue à "tenir" ce journalisme "à la hauteur des exigences, rêves et révoltes de (...) notre temps"?

Qui est enfin cet homme de "86 ans", ce "grand témoin" dont nous continuerons "longtemps à dire qu'il est, plus que bien d'autres, "notre jeune homme""?

Réponse: il s'agit, comme vous l'aviez deviné, de Jean Daniel, patron du "Nouvel observateur", léché de très, très près, dans "Le Point" de ce matin, par l'incroyable BHL.

Après ça, franchement, si "Le Nouvel observateur" ne se fend pas très bientôt d'une longue déclaration d'amour à "Bernard", je mange mon chapeau.

Le Grand Silence

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J'étais hier avec un magistrat, qui s'étonnait quelque peu, il n'est pas le seul, de l'extrême pusillanimité, comprendre gentillesse, de certains de ses pairs - qui auraient, d'après lui, pu et dû s'emparer des récents propos de Georges Frêche sur le dossier Urba.

Vous allez me dire que je vous ai déjà parlé de ça.

Vous avez parfaitement raison.

Urba, je le rappelle pour les moins de vingt ans qui ne le savent pas forcément, fut jadis le nom d'une "affaire" qui a considérablement pourri la vie du Parti "socialiste", au début des années 1990. (On dira ce qu'on voudra, c'est fou comme le temps passe.)

Affaire, plus précisément, de financement occulte, qui s'est, comme de juste, plutôt bien terminée pour le P"S" - car nous sommes, vous l'avez remarqué, dans un pays où le jugement des affaires politico-financières oublie souvent le politico, pour se concentrer sur le financier.

Et voilà que là-dessus, alors même que beaucoup d'eau a coulé sous beaucoup de ponts (d'or), Georges Frêche, l'autre jour, se laisse aller, comme un vulgaire philosophe de télévision, à un commentaire sportif d'où il ressort qu'il y a décidément trop de Noirs, dans l'équipe de France de football.

Et voilà que des "socialistes" s'émeuvent - ou font mine de s'émouvoir - de ces puantes considérations. (Rien de vraiment grave cependant, puisqu'ils ne vont tout de même pas jusqu'à virer le patron du P"S" languedocien.)

Et voilà que, chatouillé par cette émotion, Georges Frêche menace, comme dans un film de série B, de révéler ce qu'il sait de l'affaire Urba: «Est-ce que vous croyez que je vais semer la panique maintenant parce que j'ai gardé toutes mes archives depuis trente ans, toutes les interventions qu'on a faites auprès de moi, sur les grandes surfaces et tout? Je pourrais semer une panique que vous ne pouvez pas imaginer».

Déclare-t-il, très à l'aise.

Avant de préciser, arrangeant, qu'il ne fera cependant «rien contre son parti».

Il me semble, vraiment, que l'énormité de ces propos fréchiers n'a pas été suffisamment soulignée, lorsqu'ils ont été posément énoncés - comme s'il était somme toute normal qu'un élu "socialiste", et non le moindre, puisse ainsi, publiquement, proférer des menaces à peine voilées, puis s'engager, tout de même, à respecter l'omertà sans laquelle notre univers politique ne serait plus vraiment ce qu'il est...

Si les mots ont encore un sens, Georges Frêche, en effet, a tranquillement déclaré qu'il détenait certains documents, relatifs au financement de son parti, susceptibles de "semer" au sein d'icelui une "gigantesque panique".

C'est, en soi, complètement ahurissant, pour ce que ça révèle des moeurs (toujours aussi) bananières de la classe politique.

Mais il y a plus incroyable encore: c'est le silence de mort, sur cette affaire, de l'institution judiciaire.

C'est ce qui stupéfie le magistrat dont je vous parlais.

D'après lui: "Dans la mesure où on sait très bien qu'il y avait, dans l'affaire Urba, des ramifications un peu partout en France, n'importe quel procureur de la République, ou presque, sans même parler de celui de Montpellier, aurait pu demander, au moins, une audition de Georges Frêche".

Ne serait-ce que pour lui poser deux, trois questions sur la teneur exacte de ces documents archivés qui pourraient, d'après lui, semer la panique au PS...

Ne serait-ce que pour lui suggérer de remettre à la justice la totalité de ces documents...

"Moi en tout cas, si j'étais procureur, c'est ce que j'aurais fait", m'a encore précisé mon interlocuteur.

Il n'est pas trop tard, cependant: je ne doute pas que Marie-Ségolène Royal, qui proclame 500 fois par jour son intention de faire de la politique "autrement", saisira bientôt l'un de ces dignes procureurs, dont le courage certes n'est pas en cause, mais dont la témérité semble-t-il ne va pas jusqu'à envisager d'embêter ce bon monsieur Frêche...









PS 1: A part ça, "Le grand silence" est, comme vous le savez certainement, le titre d'un sublime western.

PS 2 (qui n'a rien à voir): Salut à toi, le Milanais!

19/12/2006

Procrastination

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Trois jours que j'ai pas balancé de billet(s).

Trois jours à buller grave, et vous savez quoi?

J'ai toujours pas la moindre idée.

Ordinairement, je tombe, dans les journaux, sur un truc énervant, ou on me raconte quelque chose qui me fait marrer, ou qui me gonfle, et toc, j'en fais deux feuillets.

Mais là?

Rien.

Nada.

Je voulais vous parler d'une ménagère de plus de 50 ans, Christine Ockrent, et de son ahurissant hommage à "la Fallaci", dans la drolatique revue "Médias" - mais finalement j'ai plus envie.

Je voulais vous parler du billet du 15 décembre sur le blog de Jean-Michel Aphatie - hallucinant feulement libéral signalé ici-même par un camarade - mais finalement j'ai plus envie.

Je voulais vous répéter que la blogoboule me fout les sphères, avec tous ces gens qui se tirent sur la nouille en se demandant si des fois ils ne seraient pas des influenceurs très influents - mais finalement j'ai plus envie.

Je voulais vous rappeler, ça ne mange pas de pain, que Marie-Ségolène Royal est de droite - mais ça peut attendre.

Je voulais vous parler des loqueteux qui vont très bientôt crever dans et sous les rues de Paris, cependant que le maire d'icelle inaugure en grand pompe son tram-de-mes-deux-way - mais pour le coup ça me fait chier.

Grabuge dit que c'est de la procrastination: dans ces cas-là, je balance toujours une photo du Mont-Lozère!

 
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