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31/01/2007

Il Est Grand Temps De Porter Plainte!

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Ce matin, comme prévu, "Le Canard enchaîné" enduit Nicolas Sarkozy d'une deuxième couche, plutôt épaisse, de goudron et de plumes, au grand dam de l'intéressé, qui hurle, excusez du peu, à la "calomnie".

Nicolas Sarkozy est cet homme, rappelez-vous, qui avait justifié son retour au ministère de l'Intérieur par son intention de "ne pas laisser une coiffeuse permanentée ourdir contre (lui) des saloperies de coups tordus". (Je cite de mémoire).

Il avait même précisé, si mes souvenirs sont exacts, quelque chose comme: "J'ai pas vocation à me laisser enculer trop souvent par le Ronsard du pauvre".

Propos cryptiques, où il était cependant permis d'entrevoir la possibilité que Nicolas Sarkozy puisse mobiliser pour sa protection personnelle une partie de l'appareil policier d'Etat - pour se prémunir contre les mauvais procédés, genre coups de pompes dans les couilles entre compagnons, dont la Chiraquie au sens large s'est fait de longue date une spécialité.

Quelques années plus tard, donc, "Le Canard enchaîné", après avoir, la semaine dernière, révélé que les Renseignements généraux (RG) du ministère de l'Intérieur venaient de mener une enquête que rien ne justifiait sur un proche collaborateur de Marie-Ségolène Royal, observe cette semaine que, non contents de radiographier ainsi son entourage, ils auraient aussi, au mois de novembre 2006, enquêté sur le patrimoine de la dame aux caméras, découvrant notamment qu'elle avait constitué, avec son seul défaut, une SCI.

"Le Canard enchaîné" relève cette "formidable coïncidence" que "deux mois plus tard, le travail (des Renseignements généraux était) réutilisé pour une campagne visant à déstabiliser le couple Royal-Hollande pour son patrimoine".

Alors il se peut, évidemment, que Nicolas Sarkozy n'ait rien su de ces divertissantes investigations des RG.

Il se peut que Nicolas Sarkozy, qui prétend présider bientôt un pays, soit, au fond, un triste incapable, infoutu de savoir ce qui se trame dans son propre ministère, et qui par conséquent devrait d'urgence être viré, pour désinvolture aggravée.

L'hypothèse n'est pas complètement absurde, si l'on veut bien se rappeler que 232 attentats ont été commis l'an dernier en Corse, où de facétieux artificiers lui défèquent donc d'abondance sur le sommet du crâne, le laissant manifestement paralysé - cependant qu'il fanfaronne dans les cités franciliennes, montrant aussi ses muscles, c'est à cela que se reconnaît le courage des Braves, aux enfants "clandestins".

Mais il n'est pas non plus impossible, je veux dire qu'il est permis de l'imaginer, que Nicolas Sarkozy soit, comme ses devanciers à Beauvau, quotidiennement informé des agissements de ses propres services, RG compris, et qu'il ait su par conséquent (et toléré) qu'ils enquêtaient, hors de toute légitimité, sur le patrimoine et l'entourage de la Pimprenelle "socialiste" du Poitou.

En ce cas son ministère serait devenu, sous son règne, une police de proximité d'un genre un peu particulier, dédiée au bien-être de la famille Sarkozy - et non seulement à la constitution de puants dossiers sur les adversaires politiques du chef de ladite, mais aussi, par exemple, et de façon peut-être plus anecdotique, à la protection rapprochée des scooters de sa progéniture.

Rien ne permet, il va de soi, d'affirmer que tel serait le cas - et c'est heureux, car alors une "révocation", telle que réclamée aujourd'hui par une poignée de "socialistes", ne suffirait sans doute pas à éteindre le scandale.

Nicolas Sarkozy lui-même, répétons-le, réfute catégoriquement cette seconde hypothèse, préférant donc, implicitement, confesser qu'il ne tient pas ses troupes, et qu'il serait donc (pour le moins) aventureux de lui confier une quelconque présidence.

Nous en aurons, heureusement, bientôt le coeur net: car il me paraît évident que Nicolas Sarkozy va dès aujourd'hui porter plainte pour diffamation contre "Le Canard enchaîné", qui diffuse d'après lui d'abominables calomnies. (On s'étonnait d'ailleurs qu'il ne l'ait pas fait dès la semaine dernière: on devine désormais qu'il reculait pour mieux sauter.)

On sait en effet que Nicolas Sarkozy n'hésite pas, lorsque son honneur est en jeu, à saisir les tribunaux - comme il a récemment fait d'affirmations d'Imad Lahoud, qui soutient l'avoir plus d'une fois rencontré.

On comprendrait mal, pour tout dire, que le même ministre, qui a porté plainte contre un homme qui prétend juste l'avoir, est-ce si grave, "rencontré", s'abstienne d'attaquer un hebdomadaire qui de son côté le soupçonne d'avoir laissé détourner pour son profit politique un pan de l'appareil d'Etat.

En somme si les mêmes causes produisaient ici des effets différents, on serait tenté de considérer que "Le Canard" a dit vrai - et partant, de revenir à l'urgence d'une révocation.




PS: Il va de soi par ailleurs que Nicolas Sarkozy et ses pin's parlants vont désormais s'abstenir de faire valoir, pour leur défense, que "Lionel Jospin est bien resté à Matignon quand il était candidat à la présidentielle sans que ça choque personne", car cette minuscule différence ne leur a bien sûr pas échappé - Lionel Jospin, à l'époque, n'a pas été mêlé, que l'on sache, fût-ce au titre (automatique) de ses fonctions, à une enquête des RG sur les ami(e)s ou les biens de Nicolas Sarkozy?

30/01/2007

Formidable Coup De Tonnerre Dans Le Ciel Campagnard: André Glucksmann (Qui N'Est Pas Le Cinquième Beatle) "Choisit Nicolas Sarkozy"

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A Paris, où "Le Monde" est, comme chacun(e) sait, vespéral (cependant qu'il n'arrive qu'au matin dans les tristes provinces où la France ronronne loin des trépidations de la vraie vie), c'est hier, en tout début d'après-midi, que nous avons appris l'incroyable nouvelle, dans ses pages "débats": le célèbre philosophe André Glucksmann "choisit", pour 2007, le non moins célèbre flicosophe Nicolas Sarkozy.

Fichtre.

Pour une surprise...

La raison de ce ralliement, qui a pris de court les états-majors et provoqué un début de panique au siège du Parti "socialiste", tient dans peu de mots: "La gauche est repliée sur l'Hexagone".

(Alors que la droite serait plutôt, comme à l'accoutumée, grande ouverte sur le vaste monde - vers lequel jamais elle n'hésite à dépêcher maint charter.)

Et donc, "lassé", André Glucksmann, qui n'est pourtant pas du genre à se fatiguer facilement (comme le prouvent les 18.945 tribunes où il a, depuis 2003, chaleureusement loué la force de caractère des faucons étatsuniens), "décide de soutenir le candidat de l'UMP" (dont la collection de penseurs politiquement incorrects s'étoffe décidément), et s'en explique longuement, voire très longuement, dans le journal de référence de Jeanmariecolombanix.

Ce faisant, le philosophe, qui jadis et naguère s'illustra dans quelques dures luttes ("soutien à Soljenitsyne, aux dissidents antitotalitaires de l'Est, critique des oeillères marxistes"), nous renseigne utilement sur les reliefs marquants de sa topographie onirique: "J'ai un temps rêvé d'une candidature de Bernard Kouchner (...) J'aurais aimé un ticket Sarkozy-Kouchner".

Ecrit-il, comme pour nous signifier que, nonobstant ses récentes pâmoisons donaldrumsfeldistes, son coeur bat toujours (très) à gauche: Kouchner, pensez.

(Soit dit en passant: j'ai fait le même rêve, mais c'était un cauchemar.)

La défection (lâche) de son camarade Bernard-Sacs-De-Riz, que le monde anglophone appelle d'ailleurs (affectueusement) "Condoleezo Rice" (clin d'oeil amusant à son combat d'une vie pour l'ingérence humanitaire), n'a toutefois entamé ni la détermination, ni le courage d'André Glucksmann - qui mesure les périls de son outing: "En prenant position pour (Nicolas Sarkozy), je vais perdre des amis", pronostique-t-il.

(Rassurons-le: il en gagnera de nouveaux, en différents points (chauds) du globe, comme Levallois-Perret, Gstaad, ou Fort Worth)

Ce qui, chez Sarkozy, a finalement subjugué André Glucksmann, c'est, bien évidemment, "la rupture", qui notamment "embrasse la politique internationale non moins que l'intérieure", et qui par exemple veut en finir avec "cette Realpolitik" qui "sacrifie notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes et de contrats pétroliers".

On le constate: notre philosophe, ici, divague un peu, comme s'il n'était, en définitive, pas complètement revenu du joli pays des rêves, où la carpe riziporteuse s'unit au lapin karchériste pour former un gouvernement de sauvegarde nationale.

Parce que bien sûr, dans la vraie vie, "cette Realpolitik" où le pétrole justifie l'injustifiable s'incarne d'abord dans le Pinocchio de Washington, dont la croisade irakienne enrichit, on le sait, la fine fleur de l'affairisme républicain - au prix, c'est vrai, de quelques morts collatérales, mais war is business, dear.

Parce qu'aussi, dans la vraie vie, Nicolas Sarkozy, dont Glucksmann nous dit sans rire qu'il représente "la France du coeur", est allé à l'automne se prosterner aux pieds de George W. Bush, lui présentant, rappelez-vous, de surréalistes excuses - cependant que son conseiller pour les affaires de grandes personnes, l'excellent Peter Lellouche, baguenaudait le soir, au bord du Potomac, avec l'admirable Henry Kissinger, dont l'hostilité légendaire à toute espèce de Realpolitik force, aujourd'hui encore, le respect de la paysannerie latino-américaine.

En somme, dans la vraie vie, Nicolas Sarkozy personnifie, seul (ou presque) en son genre, la probable promesse d'un alignement de "notre" politique étrangère sur une certaine forme de ce cynisme pétrolifère qu'André Glucksmann prétend honnir: on voit par là que notre penseur ne vas pas seulement perdre quelques amis dans cette affaire, mais aussi et surtout un gros morceau de cette raison raisonnante qui a fait sa renommée...

29/01/2007

Une Vérité Qui Démange

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Tout le monde l'a désormais compris (à part, peut-être, Claude Allègre): la planète se réchauffe, et c'est probablement plus grave encore qu'on ne le supposait jusqu'à présent.

Heureusement, un homme se lève: c'est Bertrand Delanoë, maire "socialiste" de Paris.

Le "Journal du Dimanche" nous révèle qu'il a pris une mesure drastique, limite excessive même, puisque, "jeudi, à la nuit tombée, la tour Eiffel sera", tenez-vous bien, "plongée dans le noir pendant cinq minutes, pour signifier la participation de Paris à la lutte contre le dérèglement climatique".

Prends ça dans ta face, le dérèglement climatique.

On lit ça, on se dit, naaaaan, c'est une blague, c'est le poisson d'avril du 28 janvier du "Journal du Dimanche", parce que bon, le "socialisme" parisien a beau nous avoir habitué(e)s à son gadgétisme à deux balles, Paris-Plage, la Nuit Blanche et autres vraies-fausses liesses publicitaires, là, quand même, c'est un peu énorme.

Mais c'est tout ce qu'il y a de sérieux.

"La municipalité Delanoë", je vais essayer de le recopier sans pouffer, entend, par ce geste fort, qui devrait marquer durablement la grande et belle Histoire de la capitale, "participer à une opération de sensibilisation médiatique lancée par 72 ONG écologistes françaises, baptisée "Cinq minutes de répit pour la planète", qui vise à "permettre aux citoyens d'exprimer leur inquiétude" en éteignant leurs lumières de 19 h 55 à 20 heures".

Je vous le demande: est-ce qu'on ne nous prendrait pas un peu pour des sombres débiles?

Qu'est-ce que c'est que cette innommable connerie de "cinq minutes de répit pour la planète", qu'est-ce que c'est que cette B.-A. débile pour boy-scouts consuméristes attardés?

Ca va changer quoi, au sort de la planète, qu'on éteigne la tour Eiffel cinq minutes et que trois poignées de gentilles brebis éco-responsables (toujours prêtes à couper dans les injonctions festivo-"engagées" du gars qui a jadis voulu organiser des J.O. sponsorisés par quelques fleurons de l'industrie missilière et pollueuse) éteignent leurs foutues lumières pendant cinq foutues minutes?

La prochaine fois, ça sera quoi?

Cinq minutes de silence (recueilli mais festif) pour nous sensibiliser à la faim dans le monde?

Ou alors on allumera tou(te)s une petite bougie en forme d'abbé Pierre, et on chantera "We Are The World"?

Avec l'ami Pascal Sevran?

28/01/2007

(Le) Boucherie Productions

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Cette semaine, "Le Monde" a publié deux chroniques de son économiste illuminé, je veux parler bien sûr d'Eric Le Boucher.

L'une, il y a trois jours, d'une affligeante banalité - puisqu'elle déclinait pour la énième fois le prolégomène fondateur du "néo-"libéralisme, jadis condensé en ces termes par l'excellent Jello Biafra: "Kill, kill, kill, kill, kill the poor".

L'autre, hier soir, d'apparence plus atypique, puisqu'elle se présentait, à première vue, comme une charge, sévère, contre "l'argent trop facile" - c'était le titre, et je vous avoue que j'ai cru, pendant un millième de seconde, qu'Eric Le Boucher allait enfin se décider à dénoncer le versement de 65 milliards d'aides publiques aux entreprises de notre cher et vieux pays pour la seule année 2005 - mais pas du tout, du tout, du tout.

C'est à cette seconde contribution que nous allons à présent jeter un coup d'oeil, histoire de passer un dimanche moins uniment euphorisant.

Ca commence par une excellente nouvelle: "L'année qui s'est achevée est inscrite en lettres d'or pour la sphère financière mondiale. Beaucoup de Bourses ont battu leurs records, les profits des banques ont été mirifiques, les fusions et acquisitions ont dépassé les volumes de la bulle Internet en 2000, les nouveaux instruments financiers comme les fonds spéculatifs (hedge funds) ont tant de succès qu'ils gèrent trente fois plus d'actifs qu'il y a quinze ans (1400 milliards de dollars) avec des rentabilités inouïes et une nouvelle vedette, le Private Equity, a réalisé des acquisitions spectaculaires (750 milliards de dollars au total en 2006)".

Bref: "Banquiers, investisseurs, analystes sont souriants: l'année 2007 ne s'annonce pas moins brillante".

Si je résume: les porcs s'engraissent, les gueux expirent, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes mondialisés.

Tout?

Non.

Car après deux fiers commencements d'érections (correspondant respectivement à la mention des "hedge funds" puis du "Private Equity"), Eric Le Boucher nous montre la couille dans le potage: "Les plus avisés (de ces gens qui sourient) ont (tout de même) un petit signal d'alarme qui s'est allumé dans le crâne: n'est-ce pas trop facile?"

On mesure ici, grâce à Le Boucher, que le métier de spéculateur est moins paisible que ne le supposent généralement les smicards - et qu'il est, même, marqué profondément du sceau de l'intranquillité, cependant que les pauvres, quoi qu'ils en disent, ne passent pas, eux, leur temps à se demander de quoi demain sera fait, le sachant fort bien.

On mesure ici, finalement, que le hedge funder souffre pendant que le pauvre se goberge.

Qui ne risque rien n'a rien, tout le monde le sait: alors ça serait quand même bien que les miséreux du bout du monde arrêtent un peu de faire semblant de s'en offusquer - et je ne parle même pas de la gueusaille de proximité, qui se vautre dans l'assistanat sur les berges du canal Saint-Martin, à Paris.

Pendant que le clochard quémande, je ne me lasse plus de le répéter, le capitaliste financier a ce vrai souci: la peur de se gaver demain (ne serait ce qu')un peu moins qu'aujourd'hui le taraude parfois jusqu'à l'insomnie.

Eric Le Boucher, que nulle faim-dans-le-monde ne saurait détourner de ses effroyables obsessions, résume ainsi les affres dans lesquels se débattent ses maîtres: "L'économie "réelle" mondiale se développe rapidement, la croissance dépasse 5 % par an ces dernières. La finance mondialisée accompagne ce mouvement, le sert, l'amplifie sans doute même. Mais, elle qui fait valser des milliards de milliards de dollars par jour autour de la planète avec d'immenses bénéfices, ne peut pas indéfiniment danser plus vite que la musique. Alors?"

Oui: alors?

Alors, nous explique Le Boucher, "des voix", de gauche, voire d'ultra-gauche, "s'élèvent régulièrement pour mieux contrôler et même pour restreindre la prolifique planète financière".

"Cette semaine", par exemple, un meneur bolchevique, "l'ancien patron d'AXA et grande figure du capitalisme français, Claude Bébéar", dont Le Boucher, on le voit ici, ne déteste pas effleurer le postérieur d'une langue chargée de private equity, "a réclamé une loi qui impose aux hedge funds plus de transparence et qui limitent les emprunts qu'ils lèvent pour réaliser leurs opérations. Manière au moins de borner les risques".

Bel effort. (On dira ce qu'on voudra: quand Vladimir Illitch Bébéar lance une révolution, il n'y va pas avec le dos de la cuiller (en argent)).

Seulement voilà: "Pour les banquiers, la question de la transparence n'est pas la bonne: les fonds ne livreront jamais leurs recettes sophistiquées, puisqu'elles sont au coeur de leur activité".

Nous dit Le Boucher.

Essayons de remplacer, dans cette dernière considération lebouchère, un mot par un autre, choisi au hasard, et voyons ce que ça donne: "Pour les banquiers, la question de la transparence n'est pas la bonne: les mafias ne livreront jamais leurs recettes sophistiquées, puisqu'elles sont au coeur de leur activité".

Mwârf.

Ce que Le Boucher révèle ici à un monde incrédule, c'est qu'on peut toujours se pignoler quelques minutes avec "l'argent trop facile", mais qu'il ne faut pas non plus pousser trop loin la vraie-fausse contrition, parce que voyez-vous, trop de transparence risquerait pour finir de tuer le gros pognon.

L'horreur.

Le Boucher, qui ne déteste pas faire semblant de réfléchir à l'obcénité d'un système dont il est, en France, l'un des plus fervents sectateurs, pose alors, pour conclure sa chronique, cette nouvelle question: "Mais alors, comment faire?"

Et "répond" (c'est un peu long): "Que l'on ne puisse pas contenir la créativité financière, c'est sûr. Qu'une partie du métier reste obligatoirement secrète, soit. Que beaucoup de leçons aient été tirées des faillites passées (...), sans doute. La nouvelle finance offre d'énormes avantages, elle prend des risques quand les banquiers rechignent. Mais quand l'argent coule à flots, la tentation grandit tant qu'elle s'autorise, qu'elle encourage, les risques insensés. D'où le signal d'alarme dans les crânes".

Je suppose que ça vous saute aux yeux: à la question "mais alors comment faire (pour en finir avec l'argent trop facile)", Eric Le Boucher n'apporte aucune réponse.

Rien.

Et pour cause: "l'argent trop facile", protégé surtout contre la "transparence", c'est, juste, l'alpha et l'omega de cette "planète financière" qui le fait si fort bicher.

27/01/2007

Le Dégueulis Du Vendredi

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Une fois par semaine, le vendredi, "Le Figaro", toute pudeur oubliée, publie, dans ses pages "débats et opinions", le "bloc-notes" halluciné d'un certain Ivan Rioufol, réactionnaire fanatique.

Ivan le pénible.

Ce Mauriac du pauvre se v(o)it, il va de soi, ainsi que font la plupart des "nouveaux" réactionnaires, comme un Résistant.

Quand il fait publier (par les éditions du Rocher) un recueil de ses diatribes lefigaresques, il appelle ça, par exemple: "Chroniques D'Une Résistance".

Résistance à quoi?

Ben cette question: à la "bien-pensance", évidemment.

Au droit-de-l'hommisme, à l'antiracisme, et autres lubies ultra-gauchistes.

Nous vivons dans une époque où de grotesques prêcheurs de haine peuvent ainsi poser aux maquisards, pour mieux conchier le combat (politiquement correct) pour la tolérance et la fraternité de leurs (modestes) devanciers des Glières: du moins ne saurait-on leur tenir grief d'un quelconque excès de dignité.

Cette semaine, Ivan le pénible annonce, crânement, que nous allons devoir faire, en 2007, "un choix de civilisation".

Il précise que "c'est la préservation de la culture qui est (...) posée", et déplore "une indifférence pour les bouleversements identitaires que produit l'immigration extra-européenne".

C'est déjà explicite, mais ça va crescendo: "Une déculturation est en marche, quand la France laisse filer son autorité, sa fierté".

Vomit Rioufol.

Et qui menace, je vous le demande, notre fierté (blanche)?

Notre courageux tribun emprunte sa réponse à Chateaubriand, qui déjà, "découvrant la Grèce (...) sous l'occupation ottomane", s'inquiétait: "La France perdra-telle ainsi sa gloire? Sera-t-elle ainsi dévastée, foulée aux pieds dans la suite des siècles?"

Le (fier) message de notre nouveau Chateaubriand est donc limpide: il est grand temps, aujourd'hui comme hier (et d'ailleurs comme toujours), de bouter le Sarrasin, que l'on n'entend déjà que trop feuler dans nos campagnes.

Pour nous aider à mieux prendre la mesure du péril basané, Rioufol cite "Ayann Hirsi Ali, la rebelle de l'islam", qui "nous a mis en garde" en ces termes, il est vrai, dénués de la moindre ambiguité: "En relativisant la morale et en affirmant l'équivalence des cultures, nombre de vos intellectuels empruntent, sans même s'en apercevoir, les chemins de l'autodestruction".

Quant à "la morale" de ce prêche apocalyptique, elle est, on l'aura compris, que le danger n'est pas seulement foncé de peau, mais aussi musulman.

Rioufol, pour conclure, crache: "La tentation existe, chez les adeptes de la table rase, de laisser l'immigration décider de ce que sera la France de demain. Dans ce cas, la nation aura disparu avant la fin du XXIe siècle. Si personne ne s'en inquiète aujourd'hui, il sera vite trop tard".

On voit ici que le quotidien de l'excellent monsieur Dassault s'emploie désormais sans trop de fausse pudeur à populariser une vulgate bien connue: il exhale du coup de tels relents d'infection, qu'on hésite même à s'en torcher.

26/01/2007

Les Gens Sont Méchants (Avec Ronald N. Sarkozy)

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Y a quand même des gens, dans ce pays, qui racontent n'importe quoi.

C'est même fou, quand on y pense, le nombre de théoriciens du complot complètement barges qui se baladent en liberté.

Fou.

C'est "la foire aux illuminés"!

Depuis deux jours, par exemple, qu'est-ce qu'on entend?

Que Ronald N. Sarkozy (RNS), ministre de l'Intérieur, aurait, tenez-vous bien, demandé aux Renseignements généraux (RG) de lui trouver quelques infos sur l'ancien patron de Greenpeace-France, Bruno Rebelle, récemment passé chez Whitepeace, rue de Solférino.

Non mais je vous le demande: où ces gens vont-ils chercher tout ça?

C'est aussi ridicule que s'ils prétendaient, je ne sais pas, moi, que le ministre du Budget de Balladur en 95 (dont le nom m'échappe) avait, mettons, balancé à l'époque le dossier fiscal de feu Jean-Claude Méry à la justice pour faire chier le maire de Paris d'alors, qui se trouvait briguer le même poste (éminent) que ledit Balladur, dont ledit ministre (son nom m'échappe décidément) était, si je me rappelle bien, le plus fervent supporteur.

C'est n'importe quoi.

Du pur délire.

Ce qui s'est passé, avec Bruno Rebelle, c'est que des fonctionnaires (de police) zélés ont effectivement glané quelques renseignements (généraux) sur lui, au moment précis où il intégrait le staff de campagne de Marie-Ségolène Royal - mais que RNS n'a strictement rien à voir dans cette initiative, qui doit tout au plus être considérée (avec bienveillance) comme l'un de ces réflexes pavloviens qui ont jadis fait la renommée de la défunte Stasi. ("Ein individu, eine fiche".)

Ou, si vous préférez, comme une survivance de l'époque révolue, que les moins de 110 ans ne peuvent pas connaître, où les RG se mêlaient de ce genre d'affaires.

On sait en effet, depuis qu'un certain Charles Pasqua, qui est quand même tout sauf un joueur de pipeau, l'a révélé à l'univers, que "les RG ne font plus de politique".

D'ailleurs "Le Monde", où l'on ne déteste pas voler parfois au secours du ministère de l'Intérieur, le confirme dans son édition d'aujourd'hui: la "politique", les RG ne savent même pas ce que c'est, leur truc c'est plutôt les mouvements subversifs ultra-violents, du genre Greenpeace.

(C'est justement pour cette raison que les RG ont actualisé la fiche de Bruno Rebelle, qui n'est plus à Greenpeace: reconnaissez que c'est d'une logique imparable.)

Nous pouvons donc, sans trop d'effort(s), appréhender ce qui s'est vraiment passé: quelqu'un, aux RG, a voulu faire du zèle, sans doute par nostalgie, allez savoir, de l'époque bénie où des "notes blanches" pleines d'abominations relatives au financement du RPR chiraquien arrivaient chaque matin (ou presque) dans la boîte aux lettres du juge Eric Halphen.

(Je veux parler, vous l'aurez compris, de l'époque où Balladur-candidat était à Matignon, Celui-dont-le-nom-m'échappe au Budget et Pasqua à l'Intérieur.)

Alors bien sûr, évidemment, on sait, par ailleurs, que les notes (ex-blanches) des RG sont lues par le ministre de l'Intérieur, qui se trouve être, c'est vrai, Ronald N. Sarkozy.

Mais dites-moi?

Ce n'est quand même pas de sa faute, à ce brave homme, s'il est amené, de par sa fontion, à jeter parfois un oeil distrait sur les dossiers que lui transmettent quelques fonctionnaires nostalgiques?

En quoi est-il responsable, je vous pose la question, du contenu de ces dossiers?

Est-ce, encore une fois, de sa faute, si justement ils portent, le cas échéant, sur des membres de l'équipe campagnarde de la dame aux caméras?

Pas.

Du.

Tout.

Ca me navre, que des gens puissent penser que le ministre de l'Intérieur aurait le moindre pouvoir sur les RG.

Déjà qu'il arrive pas (du tout, là encore) à empêcher une poignée d'u racaillu encagoulés de faire de notre cher et vieux pays l'endroit le plus dangereux du monde occidental (232 attentats l'an dernier): vous imaginez bien qu'il n'a aucun moyen de contrôler, en plus, les maîtres espions de la rue des Saussaies.

Ce que nous avons là, finalement, c'est une série de coïncidences, au terme de laquelle un homme qui n'a rien demandé se retrouve à détenir des informations (générales) sur le proche entourage d'une femme (de caractère (chinois)) qui se trouve être, mais qu'y peut-il, son adversaire politique number one.

Et alors Fouché pas, mais moi, ça me tranquillise, de savoir que tout ça est le fruit du hasard (objectif).

Parce que vous imaginez le bordel, si tel n'avait pas été le cas?

Si un ministre-candidat, enhardi par le souvenir de feu Edgar J. Hoover, avait profité (abusé) de ses fonctions ministérielles pour se documenter sur le camp d'en face?

Le scandale eût été gigantesque, la démission automatique, et la traduction en justice, probablement inévitable.

Misère de moi, quelle catastrophe, en terme d'images!

Ca aurait "fait ricaner toute l'Europe"!

Tandis que là, non: l'honneur est sauf.

Ouf!

Puuuutain, qu'est-ce qu'on a eu chaud!

25/01/2007

Rions (Encore) Un Peu Avec "Le Nouvel Observateur"

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Décidément, "Le Nouvel observateur" s'impose comme LE bulletin officieux de la critique radicale (voire ultra-brutale) des médias, ou, si vous préférez, comme une déclinaison hebdomadaire du "Plan B", en beaucoup plus sauvage.

C'est ainsi que, cette semaine, "Le Nouvel observateur" (sans toutefois pousser la punkitude hardcore jusqu'à rappeler que son ancien directeur, Laurent J., récemment débauché par "Libération", aime à proclamer qu'il tutoie Sarkozy) dénonce, courageusement, "les liaisons dangereuses" entre "médias et politique".

C'est la journaliste Marie-France Etchegoin qui s'y colle, et croyez-moi elle n'y va pas (du tout) avec le dos de la cuiller: elle ose par exemple affirmer, avec une virulence qui laisse pantois, que "les médias (...) foncent souvent tête baissée", que "la course à l'audience (...) n'épargne aucun titre", et même, oui, même, qu'il y aurait en France "une concentration unique au monde de grands médias aux mains de groupes vivant de commandes publiques", dont elle n'hésite pas, telle une Françoise Bayrou, à livrer les noms: "Bouygues, Dassault, Lagardère..."

On sort de là un peu lessivé, dévasté par la crudité de ces révélations.

Accablé, surtout, par un aussi sombre tableau.

Et c'est là, il faut le lui concéder, que Marie-France Etchegoin se montre véritablement formidable - puisqu'elle arrive, mais si, à nous suggérer que tout n'est pas complètement perdu, puisqu'aussi bien, dans cette sombre noirceur déontologique, une rédaction continue, vaille que vaille, "avec nombre d'autres confrères", à défendre son "indépendance" contre vents et marées: il s'agit, vous l'aurez deviné, de la rédaction du "Nouvel Observateur", qui, cernée par les fortifications romaines de Bouygum, Lagarderum et Dassaultum, arrive encore à balancer de lourds menhirs subversifs dans la gueule du Parti de la presse et de l'argent (PPA, © "Le Plan B").

C'est, en soi, magnifique.

Mais cela ne suffit pas.

Du moins, pas complètement.

Car du point de vue de Marie-France Etchegoin, "le seul véritable contre-poison" à même de bouter le PPA n'est pas la (nécessaire) "indépendance" dont "Le Nouvel observateur" porte si haut le flambeau, mais bien plutôt "cette "éthique du journalisme", dont parlait déjà Camus".

Or, voyez la divine coïncidence, JUSTEMENT Jean Daniel, patron du "Nouvel observateur" et employeur de Marie-France Etchegoin, vient JUSTEMENT de publier un essai consacré à "cette "éthique du journalisme" dont parlait Camus" - ouvrage dont nous avons déjà ri, sur ce blog, le 21 décembre dernier, après que Max Gallo avait longuement chanté sa louange dans les pages du... "Nouvel observateur" - au nom, car l'éthique-dont-parlait-Camus n'exclut nullement que l'on ne soit jamais aussi bien servi que par soi-même.

Ci-dessus, un document qui, me semble-t-il, illustre à merveille l'éthique-dont-parlait-Camus, dans sa moderne déclinaison nouvelobservateuriste: il s'agit d'une publicité pour le livre de Jean Daniel, patron du "Nouvel observateur", publiée le 4 janvier dernier dans "Le Nouvel observateur", et sur laquelle se trouve reproduit, sous la photo de Jean Daniel (patron du "Nouvel observateur"), un bref extrait de l'article, évoqué ci-dessus, où Max Gallo faisait, dans "Le Nouvel observateur", ce terrible aveu: "L'échange que Jean Daniel [patron du "Nouvel observateur"] nous fait partager est exceptionnel".

Exceptionnelle aussi, l'intrépidité dont "Le Nouvel observateur" fait preuve, dans son combat pour l'"éthique du journalisme"...

Homme Libre, Toujours Tu Chériras La Merde

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C'est le camarade Guy Birenbaum* qui le signale ce matin sur son blog: la pudeur vient encore de marquer des points, dans le combat (titanesque) qui l'oppose à la nuit de la bien-pensance.

Il faut, pour bien le comprendre, se rappeler d'abord que Pascal Sevran, animateur fétiche des ménagères michèletorristes que fait se pâmer le seul nom de Sarkozy, a publié l'année dernière un livre où il développait, sur la mortalité africaine, certes plus élevée que celle des lécheurs de pompes solutristes, cette analyse vigoureusement iconoclaste: si le nègre d'Afrique meurt tellement (de faim), c'est d'abord, et avant tout, parce que le nègre d'Afrique, dont nous savons qu'il est un grand nenfant érotomane, fait rien qu'à jouer avec sa verge.

Explication dont le double mérite, insigne, est de nous épargner une douloureuse remise en cause de nos relations, nord-sud, avec les lapins frénétiques d'outre-Méditerranée, et de nous suggérer (que n'y avons-nous pensé plus tôt) que la simple ablation de quelques dizaines de millions de paires de couilles suffirait à régler (enfin) la (si) préoccupante question-de-la-faim-dans-le-monde.

Sous la plume de Sevran, ça donnait: "Le Niger. Safari-photo insoutenable. Des enfants, on en ramasse à la pelle dans ce pays (est-ce un pays ou un cimetière?**) où le taux de fécondité est le plus élevé au monde. Neuf enfants en moyenne par couple***. Un carnage. ? Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leur crime en copulant à tout va. La mort est au bout de leur bite".

L'animateur avait ensuite précisé, avec cette élégance qui signale souvent l'homme de goût: "Il faudrait stériliser la moitié de la planète".

Ces menus propos ayant suscité quelque émotion, une poignée de fières éminences mitterrandolâtres avait alors témoigné, main sur le coeur, que Pascal, foutredieu, n'était certainement pas raciste - et cela nous avait, déjà, grandement rassurés, car il eût été dommage, en effet, qu'un malentendu, même Bénin, puisse subsister, quant à la nature de son courageux appel au contrôle des naissances.

Nous apprenons aujourd'hui, grâce à la vénérable maison Albin Michel (où l'on nous révéla naguère que des hordes benladistes grouillaient sous les terminaux de Roissy-Charles de Gaulle), qui en fait un motif de promotion (photo), que Pascal, non content de n'être pas raciste, est aussi (et surtout) un "homme libre".

Comprendre qu'il ne se laisse pas entraver, dans l'expression de sa vérité (forcément bonne à dire), par les considérations droits-de-l'hommo-gauchisantes qui ont tellement nui, ces dernières années, à la richesse du débat.

C'est, pour qui prétendrait désormais formuler sans trop de précautions tel ou tel jugement, même naïf, sur la nécessité de libérer la planète d'une partie (significative) de ses populations, un formidable encouragement.

On parlait ici même, ces derniers jours, de "levée des scrupules": mais déjà nous n'en sommes plus là, déjà nous sommes transportés (où est le capitaine Kirk?) dans une réalité-bis où le dégueulis est présenté comme une liberté, cependant que l'attention portée à l'autre devient quelque chose comme une crispation totalitaire: les nouveaux Résistants ont décidément une très sale gueule.



*birenbaum.20minutes-blogs.fr
** Oui: est-ce?
*** On se rappelle, sur ces questions, transposées à nos banlieues, ce point de vue formidablement courageux d'une femme libre, Hélène Carrère d'Encausse, académicienne: "Beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et vingt-cinq enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi!" Des clapiers?

J'Espère Au Moins Qu'Après Ca Eric Le Boucher Va Un Peu La Fermer?

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C'est "Le Figaro"* qui le révèle.

Oui, oui, "Le Figaro", qui n'est pas exactement la feuille de liaison ronéotypée du bolchevisme cruel.

C'est une information qui devrait, à la veille des "funérailles nationales" de l'abbé Pierre, cette sinistre farce gouvernementale, nous jeter par millions dans les rues - mais rassurez-vous, les médias veillent, et n'en parleront bien sûr pas; ce qui ces temps-ci les fait bicher, c'est plutôt l'inconcevable vague de froid qui nous frappe si brutalement, en plein mois de janvier: il faut avoir, de ses yeux, vu ces reportages à deux balles où de fiers Mosellans osent affirmer, face caméra, que finalement, eux, la neige en hiver, c'est quelque chose dont ils auraient pour ainsi dire l'habitude, pour bien mesurer l'extravagante nullité de nos téléviseux. (Mais je m'égare.)

Or donc, "Le Figaro" l'annonçait hier: "Les aides publiques que la France verse aux entreprises (...) ont représenté 65 milliards en 2005, soit 4% du PIB".

Soi.

Xante.

Cinq.

Milliards.

D'euros.

Ca représente, vous êtes assi(se)s?

"Un peu plus que le total du budget de l'Education Nationale". (Le mammouth, rappelez-vous!)

Ou encore: "Le même ordre de grandeur que le total des dépenses hospitalières". (Rappelez-moi: le "trou de la Sécu", on nous le fait à combien, déjà?)

Les collectivités locales mettent bien sûr la main à la poche (la nôtre, en l'occurence), pour financer les ravis patronaux du libéralisme décomplexé, mais c'est l'Etat "qui est le plus mis à contribution", observe "Le Figaro", puisqu'"il finance 90% des aides publiques aux entreprises".

Ainsi, "entre les dépenses budgétaires, les coups de pouce fiscaux et les allégements de charges, le budget a englouti 57 milliards en 2005".

Soit: "949 euros par habitant".

Il me semble que nous avons, dès lors, payé (cher) le droit de lancer (au moins) deux messages.

Le premier, aux tristes bouffons de la pêche aux suffrages, qui vont demain, toute pudeur bue, jouer les pleureuses à Notre-Dame de Paris, sur le cercueil de l'abbé Pierre.

Pour leur suggérer de trouver, assez vitement, quelque argent pour les SDF, quittes à le détourner de la manne dont ils gratifient dans l'ombre les sectateurs patronaux du Marché.

Le second, à tous les cadors miltonfriedmaniens, je pense notamment à la bande à Le Boucher, qui nous exposent jour après jour, dans la presse qui ment, combien la vie nous serait douce et le monde émollient, si nous nous décidions enfin à nous défaire de notre manie soviétique de soigner les pauvres - et de pourvoir à l'éducation de leur pouilleuse progéniture.

Pour les prévenir qu'il serait temps pour eux de fermer durablement leur(s) gueule(s), maintenant que nous savons, merci "Le Figaro", que leurs imprécations dissimulent un gigantesque hold-up entrepreneurial sur nos impôts.

La prochaine fois qu'un néo-libéral hystérique essaye de vous caser la mélopée du aaaah-les-salauds-de-fonctionnaires-privilégiés, essayez voir quelque chose comme: "Touche pas au grisbi, salope".



* Cité par rezo.net.

24/01/2007

Le Parti "Socialiste" Brouille L'Ecoute

Ce qu'il y a, c'est que j'ai lu hier (dans "Le Monde") que, je cite, "un système de brouillage des téléphones portables a été installé dans la salle de réunion" du siège du Parti "socialiste", et qu'il s'agit d'"une décision prise après le compte rendu, dans "Le Monde" du 18 janvier, du bureau national grâce à un téléphone portable laissé exprès ouvert".

Comme vous, je me contrefous assez vigoureusement des accès de paranoïa des patron(ne)s du P"S".

Mais d'un autre côté, je suppose que l'occasion de caser un titre aussi follement drolatique ne se représentera pas de sitôt, même si ces gens continuent longtemps (ce dont je ne doute guère) à brouiller l'écoute - alors, je vous le demande, pourquoi s'en priver?

(Oh: je pressens, du coup, vous connaissant, qu'il se trouvera ici quelques esprits taquins pour nous rappeler qu'une "socialiste" renommée a tout récemment parcouru, nonobstant la froidure, une (modeste) partie de la Chine, à pied - à ceux-là, je ne saurais trop suggérer de se méfier des cartons jaunes.)

 
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