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06/02/2007

Impayables!

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Ce matin, "Libération", quotidien néo-patronal, "s'associe", non sans le fier panache qui souvent le distingue, "à la pétition pour la défense de l'impôt initiée par le mensuel "Alternatives économiques"".

Cet appel s'appelle: "Pourquoi nous, soussignés, consentons à l'impôt".

Je lis ce (courageux) manifeste, et qu'est-ce que je découvre?

"Nous considérons (...) qu'un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l'économie de marché".

Est-ce que je n'ai pas déjà lu ça, dans les publications vespérales du MEDEF?

Si.

Et la suite le confirme: "Le marché est facteur de progrès parce qu'il permet à l'esprit d'entreprise de s'exprimer".

C'est beau comme une rédaction de sixième du petit Claude Bébéar - le même qui, moulte décennie plus tard, rit en songeant que le patronat français a reçu, l'an passé, la bagatelle de 65 milliards d'euros d'aides publiques.

Bébéar: "Vive l'impôt".

Laurent Joffrin: "Oui, da".

Et c'est pas fini: la (courageuse) pétition à laquelle s'associe ce matin "Libé" précise encore, pour qui n'aurait pas encore mesuré son admirable orthodoxie dominiquestrausskahnienne, que "l'Etat doit bien sûr savoir se réformer" - ainsi que ne cesse de l'exiger le drolatique Jacques Marseille, qui, découvrant cela dans le quotidien matutinal de la "gauche" décomplexée, a dit-on éprouvé un début d'érection.

"L'Etat bien sûr doit savoir se réformer", car il serait tout de même ballot, voire chiant, que l'argent de l'imposition à laquelle consent "Libé" finisse encore dans les poches (percées) des privilégié(e)s, toujours les mêmes, qui ne cessent, les salauds, de grever le Budget National: fonctionnaires, malades, chômeurs, et autres foutus profiteurs.

Je relève, au hasard, le nom de Pierre Rosanvallon dans la liste des "premiers signataires" de ce bel appel, et je me dis que décidément, la gauche est sauvée.


NB: Mise à jour, 18.27. On me signale (merci Nonosse) que "l'expression "consentir à l'impôt" (...) est une expression toute faite". C'est parfaitement exact, et je l'ignorais absolument. Je vire donc toute la première partie de mon billet, fondée sur une grave lacune, et quelque peu à côté de la plaque, voire franchement grotesque! Mille excuses!

Commentaires

Et père fouettard, tu l'as oublié, il a signé lui aussi. Mais il avait lu plus d'impôts. C'est vrai qu'il devient bizarre Jules Joffrin, Hier il se disait de gauche sur l'A2 et il penchait à droite, une vieille hernie sans doute

Écrit par : martingrall | 06/02/2007

Mouarf ! Ils en sont encore à donner des gages d'orthodoxie, histoire de ne pas perdre leur crédibilité, sans doute, ni l'accès au gâteau...

Ils me font peine, tiens.

Écrit par : ko | 06/02/2007

Quasi-preum's...(soupir)

Bouhouhouhou...

Écrit par : IznoPreum's | 06/02/2007

Libé : la Komsomolskaïa Pravda des vieux jeunes !
;0)

Zgur

Écrit par : Zgur | 06/02/2007

Hello Sébastien

Pas compris le sens du post.

C'est une pétition contre ceux, chez Sarko & co, qui souhaite diminuer fortement l'impot ou tout du moins qui ne cesse de la promettre, politique libérale connue.
C'est une espèce de manifeste en soutien à l'Etat.

Ni plus ni moins, non ? Pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.

Écrit par : Olivier | 06/02/2007

Y'a aussi ceux qui consentiraient bien à payer l'impôt, s'ils étaient imposables, et qui consentiraient à davantage se libérer par le travail, s'ils avaient plus de boulot...
A part ça, du trèèèèès lourd sur Plume ce matin ;-))))

Écrit par : Olivier Bonnet | 06/02/2007

"Pourquoi nous, soussignés, consentons à l'impôt".

C'est le verbe qui me gêne: consentir. Deux défintitions possibles
1- Ne pas s'opposer à
2- Se résigner à

Donc,
1- "Pourquoi nous, soussignés, ne sommes pas opposés à l'impôt."
Grands seigneurs, nous ne monterons pas des barricades et avec le peuple uni nous délivrerons notre obole au pays qui le demande. Sus aux abolitionnistes.Que notre corps fasse obstacle!... Faut pas pousser Laisse d'Or! La neige est bonne en Suisse.

2- "Pourquoi nous, soussignés, sommes résignés à l'impôt."
Trop fort la "Gauche!" on rend les armes. L'impôt est populaire.On va pas se faire chier avec ça. On a les thunes pour payer un expert comptable et des successions qui vont arrager tout ça.

Cas 1 et 2: verbe neutre consentir. Et, dans consentir il y a "con" mais aussi "sentir" (comme le vent qui souffle: petit repli stratégique des gonzes qui pensent. Pousse pas trop le bouchon. La République des Idées, Pierre Rosanvallon en tête, ne gaspille pas toutes les cartouches. Des plus dures, comme "nous ne consentons plus à l'impôt" sont dans les cartons. Attendons les sondages coco!!)

Les plus cons(sentant) ce seraient nous si nous les croyions encore.

Écrit par : GPMarcel | 06/02/2007

Sébastien,

qu'est-ce qui t'empeche d'écrire tes bouquins en suisse ?
tu as la chance de ne pas etre scotché géographiquement par ton boulot, alors pourquoi ne pas en profiter ?
A ta place, j'irais claquer les substentielles économies réalisées en forfaits de remontées mécaniques et autres agapes people. Avec un poil de chance, tu pourras t'y faire des amis et apprendre à chanter.

D'autant que ton éditeur sera bientôt tricard en france.

Écrit par : xolotl | 06/02/2007

"D'autant que ton éditeur sera bientôt tricard en france."
Nous verrons cela...

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Hello Olivier.
Pas compris le sens du commentaire.
Nous avons là une pétition grotesque de gens qui nous annoncent qu'ils vont payer leurs impôts, et qui en profitent pour nous fourguer leur habituel refrain sur les sévères mais ô combien suaves lois du Marché.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

J'ai signé la pétition et j'assume.
Sébastien, il y a plein d'autres causes révoltantes sur lesquelles exercer ton sens excellent de la critique. Pourquoi basculer dans un tel nihilisme à propos d'une action quand même positive ?

Ok, les actions collectives sont souvent inefficaces, dérisoires au regard du système, de la structure...mais à moins d'engager une révlution immédiatement, il faut bien commencer à faire quelque chose, sinon on reste tranquillement dans son coin de comptoir et on continue à raler sans cesse : c'est au moins aussi confortable, et au final hypocrite que de signer cette pétition qui mange pas de pain !

En plus, sur le fond, cette pétition s'inscrit dans le bon sens : il y a un tel matraquage contre l'idée même de l'impot, que l'existence de cette pétition est un contre feux salutaire, un moyen de modifier un peu des représentations collectives largement modelées par des grands groupes de médias et armements, évidemment interessés au dumping fiscal.

La colère impulsive est parfois saine, mais parfois aussi elle peut amener à des réactions disproportionnées ! A froid, calmement, il est possible d'admettre que l'on exagère un peu.
Amicalement

Écrit par : pas d'accord | 06/02/2007

Les patrons, les détenteurs du captital ont le choix de payer ou non l'impôt.
Ils peuvent délocaliser en Irlande ou en Slovaquie, les paradis fiscaux à quelques centaines de kilomètres de Paris, et sans droit de douane à cause de l'UE !
Il peuvent échapper à l'IRPP ou à l'ISF par des montages financiers complexes.

Quand à nous, citoyens, nous n'avons pas le choix de payer ou non. Mais nous avons le choix de voter soit pour ceux qui diminuent l'impôt (en gros la droite) soit pour ceux qui l'augmentent (en gros la gauche).

Je ne veux pas faire de pub pour Alter Eco, mais c'est le mensuel de vulgarisation économique le plus intéressant que je connaisse. Si tous les français le lisaient, on aurait peut-être de meilleurs gouvernements.

Écrit par : Olivier | 06/02/2007

Ça me fait penser à la pétition contre "la guerre à l'intelligence" des inrockuptibles. D'ailleurs y a même Delors qui à signé.

Écrit par : Gyhelle | 06/02/2007

D'accord avec … pas d'accord !

Écrit par : bernard Langlois | 06/02/2007

Je voudrais revenir sur cette histoire de guerre et d'EtatsUnis.
Je suis désolé, je le sais : je suis hors sujet.

Je ne veux pas trop m'avancer
mais je crois qu'en effet, comme l'a dit Nicolas Bourbier hier soir,
les EtatsUnis est le seul - ou pas loin - pays contre lequel la France n'a jamais été en guerre directement (ou par le jeu des alliances).

Mais Pescade ici même commentait et disait : "pfoua nonmais quelle connerie !"
Et Fontenelle ajoutait : "Ahouinon mais je vous jure nonmais quelle connerie !"
Alors, je dis : "ah bon ? "
Si quelqu'un trouve le temps de me détromper, de m'informer...

(J'ajoute que les EtatsUnis est le pays qui a engendre Lenny Bruce
et qu'en cela
je suis un grand grand grand grand ami de l'Amérique

(et sûrement pas de PMB)).

Écrit par : Titi | 06/02/2007

Cette semaine, l'Assemblée Nationale est appelée à débattre d'une proposition de loi destinée à introduire la fiducie dans notre législation.
(Rapporteur de la proposition : Xavier DE ROUX député UMP - Débats prévus le 08.02.2007)

Qu'est-ce-que la fiducie ?

Tout simplement, un instrument juridique permettant aux (gros) détenteurs de capitaux de "déstructurer" leur patrimoine et autres avoirs financiers.

Et pourquoi déstructurer ?

Tout simplement pour créer des niches fiscales et financières à l'étranger et ce le plus légalement du monde.

Le MEDEF applaudit : cela fait des années qu'il demandait l'introduction de la fiducie en droit positif français.

Les "milieux d'affaires" sont également contents : un autre archaïsme français est en train de tomber.

Écrit par : CHAREL | 06/02/2007

Je reviens de chez Olivier Bonnet et effectivement, c'est du lourd.
En peu de mots, il complète admirablement mon coup de griffe à la Lolo Danon...
Comme je l'ai lu sur mon agrégateur, je n'ai pas pu voir si son billet était sourcé...
Olivier ? si tu passes par là, tu peux me dire où tu as lu cette ébourriffante nouvelle ?
Thanks !

Le billet de Seb me rappelle mes petis vieux de voisins à Hossegor : il avait été plombier, elle, couturière. Ils s'étaient acheté une cabane dans les dunes pour que dalle avant que la station balnéaire ne pousse tout autour... et se retrouvaient donc cernés, 40 ans plus tard, par les très grosses villas de la bourgeoisie aquitaine.
L'un de nos voisins communs, radiologiste avec Porshe Carrera chocolat métallisé pour ses 40 ans, leur disait un jour combien il était obligé de payer d'impôts et comment que c'était une honte.
J'entends encore mon Eugène, le Tabarly du lac comme en l'appelait en rigolant, et son accent béarnais rocailleux, lui rétorquer : "Et bé ! Putaing ! Qu'est-ce que j'aimerais en payer autant !".
A deux, à l'époque (fin des années 80), ils avaient 2000 francs de retraite...
Pour eux, payer l'impôt, c'était une fierté !
Et ils lisaient le Canard enchaîné tous les mercredis ! C'est moi qui allait le leur chercher en ville pour reposer les vieilles jambes d'Eugène sur son vieux clou d'avant-guerre, et on se le repassait par-dessus la haie... ;)

Écrit par : Grabuge | 06/02/2007

Les voilà tous ânnonant la doxa, la coloriant simplement, là de bleu, là de rose. Ils pensent s'opposer, ils ne font que tous s'incliner devant les mêmes idoles. c'est risible, un peu triste, un rien décourageant.

Écrit par : ko | 06/02/2007

Pour celles/ceux que ça intéresserait j'ai balancé un autre papier ici:
www.lemondecitoyen.com

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Merdouille !
Je m'a trompé !
C'était au billet de "Allons enfants" que je faisais allusion et pas à celui de "Plume de presse"...
Au temps pour moi.

Écrit par : Grabuge | 06/02/2007

@ Grabuge
Ah, ça me rassure.
Parce que l'ami Olive a, certes, balancé du lourd, mais je voyais assez peu le rapport avec ton billet.

Sinon, toujours dans "Libé", notez que la pétition d'hier (BHL et Bruckner soutiennent "Charlie Hebdo") était pas mal (du tout) non plus.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Oyez Oyez Sébastien

Rien que pour vous demain mercredi,

Libération fusionne avec Charlie!!

C'est pas du lourd, ça?

Zgur

Écrit par : Zgur | 06/02/2007

Un bon grand rire vaut mieux que deux tu l'auras...

Le priamisme du chapon.

http://bravepatrie.com/918-Plus-pernicieux-que-la-grippe-aviaire-le-priapisme-du-chapon-preoccupe-les-experts

Que voulez-vous, j'aime cet humour?

Écrit par : GPMarcel | 06/02/2007

* priapisme, bien sûr.

Écrit par : GPMarcel | 06/02/2007

Va falloir que je me décide à rajouter Brave Patrie dans mes liens.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

@ pas d'accord
Juste pour qu'on soit au net (d'impôts), un extrait d'un de mes tout premiers billets sur VLF!, en mai dernier.
(Je. Ne. Retire. Pas. Un. Mot. De mon billet d'aujourd'hui. Non mais sans blague...)

"Cela dit, je vous rassure.
Je ne suis pas un Contribuable En Colère (...)
Les gens qui passent leur temps à se plaindre qu'ils payent trop d'impôts me font profondément chier.
Moi, j'aime payer des impôts.
Non sans contradictions : je demande, chaque année, à bénéficier de l'abattement spécial réservé aux journalistes, alors que je trouve ce privilège dérogatoire, en lui-même, complètement scandaleux. (Ma femme est prof, nous avons deux enfants, on ne roule pas exactement sur l'or, mais d'un autre côté on vit correctement, avec des fins de mois normalement "justes", et il y a au bas mot des millions de salariés, dans ce pays, qui auraient mille fois plus besoin que nous de ce "petit" coup de pouce fiscal).
Mais bon. J'aime ça. Franchement, j'aimais remplir ma déclaration, parce que c'était, une fois par an, l'occasion d'une méditation, brève mais euphorisante, sur les vertus de la solidarité.
Parce que l'impôt, n'est-ce pas, c'est d'abord ça. L'expression de notre solidarité, et plus généralement de notre volonté affirmée de vivre tous - mais TOUS - ensemble.
En gros: nous, qui avons la CHANCE de gagner assez d'argent pour être imposables, nous mettons au pot, une fois par an, une partie de nos revenus, pour que tous ceux qui n'ont pas (ou plus, ou pas encore) cette chance bénéficient quand même - c'est un exemple parmi beaucoup d'autres - d'une couverture sociale.
(Mais si, voyons. Une COUVERTURE SOCIALE, vous savez bien? Ce machin que la droite veut - aussi - dépecer?)
En cela, je crois que l'impôt est, par essence, révolutionnaire. (C'est pour ça que les assos de contribuables, ces nids de réacs, s'en plaignent. Et que le droite n'a de cesse de (leur) promettre toujours plus de réductions d'impôts - donc, par définition, toujours moins de solidarité).
Alors bien sûr, dans la vraie vie, ça ne se passe pas aussi bien, pour la simple et bonne (et bien triste) raison que la vraie vie est, justement, aux mains de la droite. (Je ne doute pas que vous aurez fini par le remarquer, depuis le temps).
(...)
Dans la vraie vie, l'argent de nos impôts sert, aussi, à affréter les charters dans lesquels Nicolas Sarkozy, le dangereux braconnier dont les gardes-chasse du FN relèvent chaque nuit les empreintes dans les sous-bois de Saint-Cloud, empile courageusement des "clandestins" cumulards (pauvres ET basanés). Comme pour mieux nous signifier, pour le cas où ne l'aurions pas encore bien saisi, que lui aussi est d'accord pour que nous vivions tous ensemble, mais sans trop de gueux ethnico-religieux, tout de même.
(...)
Dans la vraie vie, bien sûr, j'aimerais mieux pouvoir me dire (...) que mon écot ira au maintien (au sauvetage) du (des) service(s) public(s), à la gratuité des transports, à l'augmentation du RMI, à l'organisation d'un concert géant de Didier Barbelivien, etc.
Plutôt qu'au financement du fanatisme sécuritaire de Qui-Vous-Savez.
Et malgré tout. Ne serait-ce que pour me venger, en mon for intérieur, des saloperies poujadistes qu'"on" nous débite, sur l'impôt, à longueur de temps. Samedi je vais me régaler."

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Je vais pinailler mais quand même des fois tu pinailles.
Résumons: avant-avant hier c'était n'éteignons pas les lumières -des fois que des sous marins patronaux-libéraux ne s'incrustent-. Aujourd'hui c'est ne défendons pas l'impôt - des fois que des sous marins patronaux-libéraux ne s'incrustent-, et au passage n'exigeons surtout pas que le fruit de cet impôt soit utilement dépensé -des fois que...

Pourtant, commencer par balayer devant sa petite porte n'a jamais empêché d'exiger des pollueurs qu'ils apprennent le caniveau. Moi ma fille (de 11 ans) m'engueule quand je laisse robinet ouvert, et l'autre jour elle voulait engueuler les voisins de n'avoir pas éteint les lumières. Elle m'a juré qu'elle n'est pas au Medef.
Pourtant, si l'impôt relève de la loi commune, celle ci peut communément être changée. Demandes à ta fille elle te dira où: pas au Flunch, au Parlement. Ca y ressemble peut-être parfois, c'est quand même pas la même crèmerie. Défendre l'impôt avant qu'il n'y arrive ne mange pas de pain.
Pourtant, on peut ne pas vouloir la mort des services publics et exiger qu'un sou y vaille un sou. Ca peut même aller de concert avec la traque des détournements et de la corruption d'en haut, et servir la cause de l'augmentation des moyens pour faire face à celle des besoins.
Et si même d'affreux patrono-libéraux le disent, pourquoi ne pas tenter, dans un grand élan d'audace ou de naïveté, de les prendre au mot?

Écrit par : Actu 75 | 06/02/2007

"Et si même d'affreux patrono-libéraux le disent, pourquoi ne pas tenter, dans un grand élan d'audace ou de naïveté, de les prendre au mot?"

N'est-ce pas le même raisonnement qui fait dire: "Et si des "socialistes" disent qu'ils vont gouverner à gauche, pourquoi ne pas les prendre au mot?"

Le problème, dans les deux cas, c'est qu'à force de les prendre au mot (gentiment), on en prend toujours plus dans la gueule - ou si je me trompe?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

"D'accord avec … pas d'accord !"

Merci Bernard.

Écrit par : PMB, mort vivant | 06/02/2007

Titi : je suis un grand grand grand grand ami de l'Amérique (et sûrement pas de PMB)).

Ouf !

Écrit par : PMB, mort vivant | 06/02/2007

"A deux, à l'époque (fin des années 80), ils avaient 2000 francs de retraite...
Pour eux, payer l'impôt, c'était une fierté !"

Une de mes hontes d'ado, c'était d'aller à la perception chercher un certificat de non-imposition pour mes parents.

Écrit par : PMB, mort vivant | 06/02/2007

"Le problème, dans les deux cas, c'est qu'à force de les prendre au mot (gentiment), on en prend toujours plus dans la gueule"

Parfois certes. Toujours certainement pas. Il ne me surprend pas que tu retiennes la thèse de la naïveté. Le problème c'est aussi qu'à force de ne prendre personne au mot, au motif que seul vaudra le temps où "ils" se tiendront coi, on "les" laisse maitres du crachoir.
Mais la discussion qui se profile là serait aussi inépuisable qu'elle est ancienne.

Écrit par : Actu 75 | 06/02/2007

SF, je savais que quelqu'un ici allait extraire les noms de l'âgé AG et du plus-beau-décolleté-masculin-de-Paris de la liste des pétitionnaires pro-droit à la caricature ! Pétition que j'aurais signé quand même, si on me l'avait présentée.

Écrit par : PMB, mort vivant | 06/02/2007

Tiens Seb,

toi qui aime bien la critique des medias...

Est-ce qu'il t'arrive de publier des rectificatifs quand tu dis des conneries?

Parce que "Le Monde", oui.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3382,36-864009,0.html

"Contrairement à ce que nous avons écrit (Le Monde du 3 février), le philosophe Alain Finkielkraut n'entend pas rejoindre le comité de soutien de Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. M. Finkielkraut nous fait savoir que cette information, obtenue dans l'entourage de M. Sarkozy, est "fantaisiste" et "sans aucun fondement"."

Tu vas surement dire que ca change rien, mais c'etait quand meme une connerie factuelle.

Écrit par : David T | 06/02/2007

@ David T
Au temps pour moi: je vire la note.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

"Libération fusionne avec Charlie!!"

c'était pas déjà le cas ?

et du fin fonds des ténèbres, le crabe qui a emporté Gébé part d'un grand rire sardonique. Yêk ! Yêk ! Yêk !

et Cavanna pousse un profond soupir en caressant le canon nickelé du petit revolver avec lequel il se prépare à rentrer dans la peau du forcené qui canardera à vue les vautours venus fouiller de leurs becs crochus les dépouilles hélas plus guère fumantes de ses titres-chéris-à-lui, Hara-Kiri-Charlie-Hebdo…

et Siné se suicide en biberonnant sa cave au cours d'un immense et pantagruelique remake de la Grande Bouffe…

et Philippe Val se demande s'il vaut mieux confier son tout nouveau porte-feuille d'actions à Alain Minc sur les conseils de son poteau Mouchard, acheter des Sicav ou se construire un abris de jardin 100% bio à Gstaadt…

Écrit par : julius puech | 06/02/2007

@sebastien

bravo pour la reactivite

Écrit par : David T | 06/02/2007

Moi, julius puech, je pense à Fournier et suis content qu'il n'est pas eu à subir un traître à voilure variable, comme tous les traîtres.

Qu'est-ce qu'ils attendent les derniers pour foutre sur la gueule de Val?

Même notre St Emilion bio, il ne l'achète plus. Chez Dédé, Alain, Pascal, Philippe, Bernard Henri, Romain et d'autres on ne boit plus de rouge. On carbure au Whisky.

Tout fout le camp!! Et comme dirait Seb, il ne doit même pas fumer!

Écrit par : GPMarcel | 06/02/2007

petite parenthèse hors sujet, et pour revenir au grand cirque d'hier soir, cet extrait du Figaro:
"Le grand oral était périlleux. Jacques Chirac en sait quelque chose, qui s'y est naguère essayé à ses dépens et aux dépens de la Constitution européenne. Mais il offrait à l'avocat Sarkozy, dont la force de conviction a besoin de la contradiction pour se déployer, l'occasion de montrer la réalité de sa « métamorphose ». Écouter avant de convaincre, comprendre avant d'argumenter, tenir bon sur ses principes sans jamais blesser son contradicteur : le patron de l'UMP devait faire entrer en résonance l'autorité, que chacun lui reconnaît, et l'empathie qu'il lui faut désormais susciter."

Décidément, les clowns nous feraient beaucoup rire, si ce n'étaient les réminiscences tragiques "Arbeit macht frei" et consors.

Écrit par : Gus | 06/02/2007

Nouveau billet.
Nous passons, au passage, en mode modéré.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Rectificatif :

Une malheureuse erreur typographique a fait écrire à David T : "bravo pour la reactivite".
Il fallait bien entendu lire "bravo pour la reactivite patrono-libérale".

Écrit par : IznoPreum's | 06/02/2007

Monsieur PMB
vous devez avoir vraiment de gros problèmes pour ne pas aimer Titi
de gros gros problèmes.

Écrit par : Titi | 06/02/2007

J'ai l'impression que le billet a été mal compris (mais je peux me tromper bien sur).

Ce que j'ai compris moi c'est:
"Encore une fois, sous la bannière d'un combat présenté comme révolutionnaire et subversif [oui à l'impot^^], mais qui n'est qu'une soupe tiède, on en profite pour nous refourguer les thèses convenues sur "le marché-notre-saint-sauveur" et "vive-les-entreprises-créatrices-de-tant-de-bienfaits", parées en plus de l'alibi de la prise de position courageuse".

Je suis d'accord avec ca. Pour qui veut défendre l'impot et son bien fondé aujourd'hui, il y a d'autres méthodes, d'autres discours possibles. La ca n'explique rien, ca ne revendique finalement quasiment rien ("nous, on accepte l'impot"?! ouaou, ca c'est chanmé comme proposition), ce n'est ni instructif ni subversif, c'est de la pub.

Une petite pétition genre "Nous, signataires, on trouve que les impots actuels sont complètement inégalitaires, et qu'il faut trouver un moyen de remonter les revenus du salariat, en prenant sur les revenus du capital" déja par ex, ca aurait été un bon début.

Mais bon en même temps, c'est Libé, c'est Jauffrin, c'est complètement cohérent avec la ligne :/.

Écrit par : Incanus | 06/02/2007

On peut dire beaucoup de mal de Libé (et je ne serai pas le dernier : je vais résilier mon abonnement).

Pour autant, on peut lire la double page d'Olivier Bertrand sur la famille Raba, expulsée au Kosovo. Sur ce problème, Libé fait un vrai travail : ne pas lâcher. Il y avait déjà eu sur leur "retour" catastrophe un article d'Alice Géraud, avec là aussi une photo impressionnante.

Si le néo-jauressiste Sarko veut faire le même geste électoral que pour la jeune fille dont il vient d'autoriser le retour, c'est no problemo.

Écrit par : PMB, mort-vivant | 06/02/2007

Bon.

Pour ceusse qui s'effraient de l'expression "consentir à l'impôt" en fouillant dans leur dictionnaire le sens du verbe "consentir", qu'ils se rassurent - et changent de dictionnaire : "consentir à l'impôt" est une expression toute faite.
Voir par exemple ici : www.assembleenationale.org/12/propositions/pion1719.asp
Ou ici : www.oboulo.com/expose/cour-comptes.html
ou bien là :www.carrefourlocal.org/actualite_lettre/mission7.html

L'expression, d'ailleurs, trouve son sens dès la première phrase du manifeste :
"Nous (...) considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. "

Pour ceusse qui continueraient quand même à dire que c'est bien courageux d'être content de payer l'impôt quand de toute façon on n'a pas le choix, rappelons qu'un texte n'est rien sans contexte (et réciproquement, d'ailleurs). Et qu'il s'agit là de dire : alors qu'on entend ça et là des voix s'élever contre l'impôt, réaffirmons la valeur et l'importance des prélèvements obligatoires. C'est dit comme ça :
"voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne."

Ca, c'est de gauche, ou je m'y reconnais plus. Ca suffit pas pour être de gauche, mais ça y contribue quand même.

Mais il en restera qui, tel Sébastien, s'émouvront de l'éloge du marché.
"Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer."

Sûr. Mais il est dit que ce marché doit être régulé, et que l'impôt y contribue. C'est donc pas d'une gauche antilibérale, mais d'une gauche qui aspire à composer avec le marché, et à en juguler les, je cite, "inégalités qu’il engendre", "mortifères pour la démocratie".

Ben désolé, mais à tout prendre, je préfère ça. Vu que l'ultra gauche n'a pas réussi à s'entendre et n'a aucune chance d'arriver aux fonctions, je préfère la grippe au choléra.

J'en vois au fond qui tiquent encore sur : "L’Etat doit bien sûr savoir se réformer." Et qui, hardis, en appellent à Jacques Marseille. Ouh là. N'est-ce pas excessif ? Car l'argument qui suit ("Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi"), d'aucun, j'espère, peut y souscrire.

Réformer l'Etat, ça peut vouloir dire beaucoup de choses extrèmement diverses. Limiter son train de vie (et pas forcément limiter le nombre de fonctionnaires), faire que cet impôt soit mieux utilisé (plus d'école et moins de prison, plus de profs et moins de flics, plus d'art et moins de porte-avions). Telle peut être la "fin" de l'"augmentation des impôts".

M'est donc avis qu'il y en a dans ce hurlement pas mal de mauvaise foi, liée au lieu d'où cet appel est proféré - Libé + Alternatives économiques.

Et que, bon, vu le contexte, il est plutôt sain de rappeler que l'impôt, si dénigré auourd'hui, sert à quelque chose.

Et de rappeler cela, qui importe beaucoup : l'impôt est le remboursement d'une forme de dette due à la société. "Nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés."

Et ça, beaucoup de gros cons qui chantent sans avoir jamais rien écrit de leurs mains ont trop tendance à l'oublier. Sans compter beaucoup d'autres gros cons.

Écrit par : Nonosse | 06/02/2007

En effet, toujours le même jus de chaussette libéral, approuvé par la gauche royaliste (Libé-Alternatives (hihi) économiques et... apparemment Politis donc d'après un post ci-dessus).

Journal qui a intérêt à remonter la pente définitivement, car un deuxième appel au portefeuille (pigeon) de gôche ne marchera plus. Spécialement après certaines odes royalistes.

Écrit par : bruno | 06/02/2007

@ Nonosse
Bon sang de bois, mais mon dictionnaire n'en dit rien???
Si c'est une expression toute faite, en effet, en effet, un, j'apprends quelque chose, et deux, ce billet n'a plus (tout à fait) lieu d'être - du moins son début.
Je m'en vais le modifier.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

@ Nonosse
Ayé.
Grave contresens réparé/signalé.
Merci, Nonosse.
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

@ Seb
De rien !
Et pas grave.

Écrit par : Nonosse | 06/02/2007

Et pisqu'on fait de la lexicographie, je lis ici (http://pluriel.free.fr/renover03.html) une différence entre "consentement de l'impôt" et "consentement à l'impôt" que ne semblent pas entériner tous les liens que j'ai donnés (celui sur la cour des comptes, notamment).

Le sens donné ici est celui de l'article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, rappelé dans le lien de l'Assemblée nationale : « Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée ».

Ca m'apprendra à balancer des liens n'importe comment, sans vérifier, simplement en googlant l'expression "consentir à l'impôt". A chacun ses conneries.

Écrit par : Nonosse | 06/02/2007

Je cherche pour demain quelque sujet un peu léger, histoire de souffler.
Des idées?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 06/02/2007

Pourquoi ne parlerais-tu pas de ça (www.dumistes.net) ?
Personne en parle, tout le monde s'en fout, alors que c'est toute une définition de la culture et de son accès qui est en jeu.
OK, c'est pas léger-léger, OK, c'est un peu technique (c'est quoi, un DUMISTE ?), mais moi, ça me fout en rogne.
Voilà, c'est dit.
A plus besoin de billet, en fait.

Écrit par : Nonosse | 06/02/2007

@ Seb

Je verrai, Monsieur l'hôte, un sujet sans sujet, fait de mots qui s'articulent sur les consonnances, sur les images qu'ils découvrent, sur les référents qu'ils picotent...

Un billet ouvert, de plaisir, pour te faire plaisir et le donner en pâture.

A charge pour ceux qui viendront le lire de rentrer obligatoirement dans ce jeu.

Un billet sans cravatte, sans journaux, sans scribouillards affreux, sans "intellectuels", sans penseurs.

Un billet qui met d'humeur et non un billet d'humeur.

Voilà.

Écrit par : GPMarcel | 06/02/2007

Un sujet léger ?
Voyons voir...
Ouate-eubaoute un billet sur les courses de poids lourds (léger-poids lourds : humour) ?

Ou alors un cadavre exquis.
Le cadavre exquis VLF, m'est avis que ça pourrait avoir de la gueule.
Sans compter le bordel promis, quand les suites des uns et des autres se chevaucheraient, se précèderaient, s'entre-mêleraient.
J'vois ça d'ici.
Un truc de ouf.
Un truc à se croire dans la tête de Nicolas Sarkozy.

Mais bon, selon l'expression consacrée, j'dis ça, j'dis rien.
(Mais j'le dis quand même).

Écrit par : IznoPreum's | 06/02/2007

Un billet léger?
"Des chefs d'entreprise signent, à leur tour, le pacte écologique de Nicolas Hulot" (cf le QVM). C'est drôle nan? Attendez, mêeeeeme le MEDEF est (Nicolas) écohulot, enfin un chouilla, pour la route:
"Le Medef, lui, se déclare "très favorable au développement durable" mais ne veut pas "signer de document sans connaître exactement l'impact de ses mesures"."

Bon ok, on me susurre dans l'oreillette que c'est pas tip top léger en fait^^. Le papelard faussement distant, vraiment dithirambique, du même "journal" sur Duhamel (Alain de son prénom) est à éliminer d'office aussi, du coup hein.

Dur dur de trouver un sujet léger, on est tellement entourés de gros lourds ces temps cis :p.

Écrit par : Incanus | 06/02/2007

mais pourquoi a libe ils demandent pas la fin de l'abattement d'impot pour les journalistes, hein ?
ca m'a pas l'air tres coherent tout ca...
j'dis ca j'dis rien

Écrit par : blop | 06/02/2007

Un sujet léger, avec un côté "cadavre exquis", pourquoi pas. Je propose ça : que chacun raconte, en ces temps d'égoïsme, de solitude et de peur de l'autre, une rencontre avec un/une inconnu/e qui l'a rendu heureux. Je commence.
Bon, ce texte est long car j'ai pris de l'avance, mais je parie que nous sommes nombreux ici à pouvoir en faire autant, même en plus court.


LE MÉTÉORE


La plus furtive de mes rencontres ? Disons, sur le trottoir étroit de la rue principale d’une ville du Massif Central nommée comme un écrivain pour qui – son écriture exceptée – j’ai encore les sentiments les plus contradictoires. Et tellement furtive que je vais peiner à la décrire détails visuels à l’appui. Je suis en quête pressée, non d’un de mes habituels Graals de verre ou de papier bien anciens mais, plus alimentairement, d’une boulangerie aux croissants combleurs de petits creux. L’Angélus de Millet en carte postale chez un brocanteur aussi vieux que son magasin, ce sera tout à l’heure.

De loin je vois venir, trottinant devant son père, un jeune garçon (dans mon souvenir, aux environs de l’âge dit de la sagesse, et rien d’autre à écrire sur son aspect). Je les regarde machinalement, ne serait-ce que pour ne pas les bousculer en les croisant. Et, arrivé presque à la hauteur du premier marcheur, j’entends monter un bonjour bien claironné. Mais il a déjà filé, surpris je n’ai pas eu le réflexe obligé de lui rendre la pareille. Son père arrive à la suite du coureur de vie, et me vote un regard que je crois comprendre comme double : surprise presque inquiète devant cette hardiesse, mais approbation de ce qui n’est peut-être qu’une politesse sur trois pommes. Seul lui saura, à mon demi-sourire éberlué, que j’ai apprécié cette courtoisie météorique. Et les passants-croisants de s’éloigner vers leurs affaires du jour comme les bonheurs de même, personne n’a marqué le pas.

C’est seulement une heure après, au repos caféiné d’un bistrot à l’ancienne quasi-vide serti dans une bastide grise aux rues silencieuses, que ma folle du logis, l’indissociable associée de ma mémoire, a sorti son vieux cahier, son bic bleu et ses regrets. J’aurais aimé parler au papa. J’aurais aimé savoir si ce salut s’adressait, plutôt qu’à moi, à telle personne de leurs amis fleurie de la même barbe, ou si c’était le fait poli d’un petit bout de monde qui, bien à l’abri dans l’aura protectrice de son père, se risquait à simplement dire bonjour aux passants, avec en lui comme en moi un goût pour la découverte. D’un petit homme, déjà, sachant d’instinct imiter les loups en meute pour qui la survie passe par une solidarité sans faille, solidarité exprimée à chaque rencontre par un rituel de salut pour s’entredire qu’ils existent.

Inconnus faits pour le rester (d’ailleurs, qui sait si une halte bavarde n’eût fait s’envoler le charme ?) nous étions cependant repartis, moi en tout cas, avec un degré de plus au thermomètre.

Écrit par : PMB | 06/02/2007

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