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09/02/2007

Coloscopie

medium_1961Lesgeneraux.jpg

Avant-hier, Nicolas Sarkozy tenait meeting à Toulon (Var), agréable cité balnéaire, où il s'est employé, même "Le Monde" l'a remarqué, "une nouvelle fois, et sans complexe, à débaucher les électeurs de Jean-Marie Le Pen".

C'est un épisode important de la (fière) campagne de Nicolas Sarkozy, non pour lui-même (le ministre-candidat y a chuinté son habituel refrain sur la nécessité d'aimer la France (de Nicolas Sarkozy) ou de la quitter), mais parce qu'il nous permet de mesurer l'influence réelle, sur le discours (décomplexé) de Nicolas Sarkozy, des quelques penseurs de médias qui frétillent lorsqu'il approche.

Prenons, par exemple, Pascal Bruckner, essayiste célèbre, briseur de tabous de talent (que le monde entier nous envie), et courageux contempteur, dans un récent ouvrage éponyme, de "la tyrannie de la repentance".

Son propos (furieusement iconoclaste), résumé naguère par "L'Express", est que non seulement, pour tout ce qui touche à la colonisation, "nous ne sommes pas coupables", et ce n'est déjà pas rien, mais que nous devrions, même, "nous sentir plus fiers", et, pourquoi se gêner, "revendiquer une supériorité historique".

Au motif, notamment, que si "toutes les civilisations, les Perses, les Mongols, les Chinois, les Aztyèques, les Incas, les Ottomans, ont été colonisatrices", l'Occident, seul, s'est amendé.

A de telles profondeurs, ce n'est plus même une pensée, mais un gouffre, voire: un abîme.

Or, dans cet abîme, Nicolas Sarkozy trouve de quoi nourrir sa loghorrée.

"Le Monde" a par exemple observé à Toulon que Nicolas Sarkozy, manifestement galvanisé, un, par l'iconoclasme brucknérien, et deux, par la probable présence, dans la salle où il tenait meeting, de quelques "rapatriés d'Algérie", comme on dit, "n'a pas l'intention de se repentir de l'action de la France en Algérie".

Et d'ailleurs, je vous le demande, pourquoi diable s'en repentirait-il, quand il est notoire que c'est nous, Français fiers, qui avons par exemple apporté l'électricité à ces bougn... Aux Algériens, et cela, jusque dans l'intimité de leur parties génitales, grâce, notamment, au dévouement de quelques valeureux missionnaires en treillis?

Nicolas Sarkozy a lancé à Toulon ce très crâne message: "Va maintenant falloir que tu fermes un peu ta gueule, enc*** de fellagha".

Ah non, pardon.

Au temps pour moi, je me suis planté dans mes notes.

Nicolas Sarkozy n'a pas dit ça du tout.

Suis-je ballot.

D'après "Le Monde", Nicolas Sarkozy a plutôt demandé: "De quel droit jugez-vous?"

Et en effet: de quel droit?

Qu'est-ce qui justifierait, je vous prie, que l'on contestât le (très long) moment de franche (et virile) fraternité que fut notre période coloniale?

Mais on va où, là? (Comme dit Jack Nicholson dans je ne sais plus quel film où il joue un officier azimuté.)

Nicolas Sarkozy l'affirme: "La plupart de ceux qui partirent dans le Sud n'étaient ni des monstres, ni des exploiteurs". (Je ne savais pas que l'Algérie s'appelait comme dans une chanson de Nino Ferrer.)

Bien au contraire, Nicolas Sarkozy estime qu'il s'agissait d'"hommes qui ont pensé de bonne foi servir un idéal de civilisation".

Est-ce que cela, d'ailleurs, ne saute pas aux yeux, quand on regarde, non sans nostalgie, de vieilles photos du quarteron d'humanistes élégants qui a finalement incarné cet idéal?

Qu'on songe s'il vous plaît aux joies simples du "Sud" ancien...

Au doux ronronnement des rotors, le soir au-dessus des Aurès...

Aux nobles chants de marche des guerriers léopards sécurisant quelque djebel...

Sans déconner.

Sérieusement.

Je vous pose la question.

De quel droit jugerait-on?



PS (qui n'a rien à voir): Merci, Bernard.

Commentaires

La France ne leur a pas apporté que l'électricité. La baignoire aussi.
Soldate Fontenelle, vous serez de corvée de bois pour l'avoir omis.

Écrit par : Luc | 09/02/2007

Et hop the first !!!

Écrit par : Henri | 09/02/2007

Il y avait aussi le vol plané depuis un hélicoptère. Et ces ingrats qui n'appréciaient même pas de servir la science pour des démonstrations pratiques de la loi de l'attraction terrestre. Quand Val et tant d'autres vous disent que ce ne sont que des obscurantistes!!!

Écrit par : Henri | 09/02/2007

Le droit rien que le droit Hélas. Quand tant de pays recherchent dans ce commerce, le droit, le moyen plus ou moins obscure de récupérer leur manque à gagne de l'histoire et cela sur les deniers des économies pourtant devenue un peu plus propre sur leur approche de la colonisation. N'oublions pas les petits descendants de royaumes déchus aussi qui par ce même commerce et par un un sentiment inconscient de pur nationalisme tentent de se réaproprier des biens populaires. La colonisation existe encore, elle n'est pas militaire, pas politique mais elle trouve ses ressources dans l'économie. Car saisir une industrie ou l'asphixier par un mécanisme d'achat, d'OPA ou de destruction de marché, est pour moi acte de colonialisme. Il est insidueux mais produit le même effet.

Écrit par : Philippe68 | 09/02/2007

Il sait très bien faire son marché. Je passe.

Écrit par : martingrall | 09/02/2007

Seb, clin d'oeil

A tout choisir comme bloc-notes lis celui de Politis. Oublie le Rioufol du jour.
Ah bon! C'est déjà fait.

Petit malin.

Écrit par : GPMarcel | 09/02/2007

Je ne suis pas psychanalyste mais ça doit porter un nom cette propension (euphémisme) à vouloir renier ce qu'on a adoré quelques années auparavant, mais aussi à renverser le sens des propos. Ainsi l'inéffable jean-Claude Milner n'a-t-il pas comme l'ont rappelé il y a quelques semaines Acrimed et Libération hier à propos du bouquin de Bourdieu et Passeron paru en 1967, "Les Heritiers". Sans vergogne il déclare : "Ceux que Bourdieu appelait les héritiers sont précisément ceux qui n'ont aucun héritage et pour qui l'école était la seule voie d'accès possible à l'intégration...".
Or il apparait que c'est justement l'inverse que dénonçaient Bourdieu et Passeron. Si on adopte une approche politique on retrouve une des caractéristiques du langage totalitaire mise en évidence, en son temps, par JP Faye : employer les mots dans leur sens contraire (cf aussi 1984).

Écrit par : j3m | 09/02/2007

Et puis non. aujourd'hui Ehren Watada, un officier américain refuse d'aller combattre en Irak. Alors.

Le Chant des Partisans, "La Marseillaise de la Résistance", fut créé en 1943 à Londres. Immédiatement, il devint d'hymne de la Résistance française, et même européenne. La génération des 20-30 ans se le réapproprie, sur un rythme au goût du jour, sans pour autant en changer un seul mot, dans son combat contre la xénophobie...Ce n'est pas un hasard : "ami, entends-tu... " est un chant de fraternité, de combat contre les forces de la nuit, un appel intemporel à résister . La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes tient donc à ce que son histoire soit connue.

Chanté à voix basse, sifflé sourdement, le Chant des Partisans évoque la chape de plomb
qui s'est abattue sur le pays occupé,
la censure, les souffles et murmures de la clandestinité,
la nuit où des ombres furtives collent des affiches, sabotent les voies ferrées,
se glissent dans les maquis, se cachent loin des poteaux d'exécutions .
Mais l'âpreté des paroles en dit long sur la lutte implacable des maquisards et des combattants de l'ombre, sur le nécessaire recours aux armes, sur les risques de chaque minute.

Hymne de la Résistance, "Le Chant des Partisans" est aussi un appel
à la lutte fraternelle pour la liberté :
"C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères ;
la certitude que le combat n'est jamais vain "si tu tombes, un ami sort de l'ombre".
Et si la fin de ce chant semble absorbée par la nuit et se perdre, c'est que la nuit est l'heure de tous les rêves, à commencer par le rêve d'une liberté à conquérir éternellement.

Chant de fraternité, nul ne peut confisquer le Chant des Partisans à des fins contraires
à ses origines et son sens profond...
Comme nul ne peut confisquer La Marseillaise, hymne de la Révolution Française
fondatrice des valeurs d'égalité, et de démocratie qui sont celles de la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes .

Pierre Seghers 1955

Paroles de Josef Kessel et Maurice Druon

Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes…

Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
A la balle et au couteau
Tuez vite!
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau…
Dynamite…

C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève…

Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute…

Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne!…
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !…

Écrit par : martingrall | 09/02/2007

@ j3m
"Si on adopte une approche politique on retrouve une des caractéristiques du langage totalitaire mise en évidence, en son temps, par JP Faye : employer les mots dans leur sens contraire (cf aussi 1984)."
Tu (me) parles d'or, l'ami.
;-)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

De très mauvais goût ton erreur dans les prises de notes. Ton blog ne sent vraiment pas bon.

Écrit par : agneau | 09/02/2007

Martin, que ce soit pour les chant des partisans ou maréchal nous voila, des descendant touchent des droits d'auteur. Ces chansons appartiennent à notre histoire et pourtant il y a acte de colonisation de nos esprits.

Écrit par : Philippe68 | 09/02/2007

Bêêê ça alors...on pourrait savoir où se trouve l'erreur dans les prises de notes ?
Juste pas curiosité, hein, pas pour polémiquer.

Et si l'odeur dérange - quelle odeur, au juste ? - j'espère au moins qu'il n'y a pas trop de bruit.

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

Philippe, La pacification de l'Algérie a abattu notre certitude coloniale. A l'extérieur, pas à l'intérieur et pour preuve ce billet. La haine comme force.

Écrit par : martingrall | 09/02/2007

Joie: j'ai enfin trouvé le titre que je cherchais depuis ce matin pour ce billet.

@ GPMarcel
Mais dis: pourquoi j'ai mis le petit post-scriptum, d'après toi?
(Tu auras noté qu'Ivan le terrible fait aujourd'hui, c'est le titre de sa (merveilleuse) tribune, "le procès de l'"antiracisme"" (noter les guillemets), chantant la parution d'un livre de Renaud Camus "sorti ces jours-ci", joliment titré "Le communisme du XXIème siècle", et que je m'en vais de ce pas essayer d'acquérir, vu que ça serait dommage de rater ça.
Plus ça va: plus ça vient. (Proverbe antiraciste.)

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

De quel droit jugerait-on ?

Hein, je vous le dis! Quoi vous n'avez pas lu l'article

http://www.lefigaro.fr/litteraire/20060928.FIG000000251_les_marchands_de_repentance.html

vantant le bouquin de Daniel Lefeuvre "Pour en finir avec la repentance coloniale"

qui revient "sur l'exploitation du passé colonial par certains groupuscules identitaire et gauchistes" .

Il faut bien que l'on ait un Petit Endroit Marécageux pour nous rappeler notre culture à nous "hommes qui ont pensé de bonne foi servir un idéal de civilisation".

Rendez vous compte, un idéal ?( lequel) de bonne foi ? (laquelle) de civilisation? (laquelle).

Il faut que ça soit un Français de deuxième génération d'origine hongroise qu'il vous la rappelle.
Vous ne méritez pas d'avoir un tel Président.

Titi, au secours!

Écrit par : GPMarcel | 09/02/2007

J'ai tout compris d'un long commentaire de Martingrall !
J'ai tout compris d'un long commentaire de Martingrall !

Ah tiens...c'était une citation.
Puis y a même en plus une explication de texte : extérieur/intérieur et la haine comme force.
Bon ben on verra la prochaine fois si j'arrive vraiment à tout comprendre, tout seul et du premier coup.

Sacré Grall. :-)

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

" livre de Renaud Camus ... que je m'en vais de ce pas essayer d'acquérir ".

Je constate que tu écris "acquérir ", et non pas "acheter".
Tssst...
Attention aux vigiles...

Écrit par : Clarence | 09/02/2007

Réponse au PS : pas de quoi, mon cher Seb !
Tes colères littéraires sont revigorantes … Et les ralliements successifs au petit Napoléon de Beauvau auxquels nous assistons présentement mettent ton bouquin au cœur de l'actualité …

Contre les corbeaux au vol lourd, "insurrection électorale", comme dit le José. Saisissons-nous de cette arme !

Écrit par : bernard Langlois | 09/02/2007

On dirait du Redeker...

C'est le même personnage qui se prétendant décendant direct d'une rencontre orgiaque entre Jean Jaurès, Léo Blum et Guy Moquet ??? C'est bien cela ?

Et bien, si d'aucuns me le permettent, c'est vomitif.

Écrit par : Bruno Lamothe | 09/02/2007

Martin, religion ou haine, les pouvoirs s'abreuvent de tout prétextes au nom d'une resurgence nationaliste mondiale. L'Algérie l'utilise aussi, faisant renaître nos vieux démons, instrumentalisée par l'industrie pétrolière américaine fraîchement impliquée sur son territoire. Les cuisines secrètes de nos dirigeants manipulent ainsi sur cet échiquier, chacune de nos émotions.

Écrit par : Philippe68 | 09/02/2007

Petit texte sur la double peine prétenduement abolie par le Petit Endroit Marécageux...

Par Alima Boumédiene-Thiery, Sénatrice (Les Verts)


Depuis 2003, Nicolas Sarkozy clame et proclame avec moult fracas dans tous les médias qu'il a supprimé la double peine.

Or l'expulsion d'un étranger qui a effectué une peine de prison reste prévue par la loi, et s'avère être d'une tragique réalité.

En fait le ministre de l'Intérieur s'est contenté de créer des catégories dites "protégées" (par qui, et de quoi, on se le demande) afin de tenir compte de "liens privés et familiaux", notion qui est entendue de façon très, et de plus en plus, restrictive.

En outre, la protection ne vaut pas en cas de condamnation pour certaines infractions, ou pour des raisons "d'ordre public" : or cette notion est particulièrement floue. Pour preuve, la commission dite d'Outreau a souvent remis en cause ce concept "fourre-tout".

Le régime actuel est complètement et parfaitement hypocrite : les conditions sont tellement restrictives que seule une infime partie des étrangers sont effectivement protégés de l'expulsion, alors que l'opinion est convaincue que la double peine a été abolie !

Ce régime sépare des couples et des familles, au mépris absolu de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme, brise des vies, contrevient au principe d'égalité des citoyens devant la loi, et exclut toute réinsertion.

On vient d'expulser Monsieur Fattoumy, un marocain, père de deux enfants français, vivant en France depuis quarante ans, oui, quarante ans, vous avez bien lu, au prétexte d'une condamnation remontant à 1988, il y a vingt ans, donc, alors qu'il a purgé sa peine et qu'il n'a commis aucun délit depuis.

J'ai rencontré lundi, dans l'horreur du centre de rétention de Strasbourg, Monsieur Mehmet, un Kurde vivant en France depuis 1978 recherché par la police turque parce qu'il est, dont le village natal a été détruit. Il n'a aucune famille en Turquie, et il attend son expulsion pour une affaire qui remonte à quinze ans… Il n'a rien à se reprocher depuis quinze ans, et les autorités turques le recherchent comme Kurde une attestation du consulat de Turquie le prouve. D'ailleurs la Turquie n'en veut pas...

Je peux encore citer le cas de Monsieur Ihtajja, boulanger-pâtissier, propriétaire, parfaitement intégré, qui plus est gravement malade, qui sera expulsé pour une erreur de jeunesse… Ce sont des centaines de cas au travers de l'hexagone.

C'est inacceptable. Cette réformette inapplicable relève du pur marketing politique.

Ici, il y a aussi une question d'humanité, c'est pourquoi nous pourrions croire en une attitude plus humaniste de la droite !

Mais la loi de 2003 ne traite pas les étrangers établis en France depuis longtemps comme des Français puisqu'elle autorise leur expulsion, ce qui n'est pas (encore !) autorisé avec les français. A quand un nouvelle réforme ? En tout cas, pour l'instant, il s'agit clairement d'une "rupture" (mot cher au ministre-candidat...) avec le principe fondamental de l'égalité des citoyens devant la loi.

Les situations concrètes sont complexes et ne se traitent pas sur les plateaux de TF1 ; ce sont des drames, qui frappent des malades, des gens installés dans notre pays depuis 15 ou 20 ans : on ne peut les expulser de cette façon inhumaine !

Écrit par : Bruno Lamothe | 09/02/2007

vomitif, nauséabond, coloscopie...

hey les gars, vous avez autre chose que le registre gastro-entérologique caca-boudin méchant pour contrer les opinions des autres ?

Écrit par : peter covel | 09/02/2007

"Employer les mots dans leur sens contraire", c'est aussi ce que font mes élèves quand ils ne comprennent rien à rien. En tout cas, moi je n'ai rien compris, non, rien de rien, au piapia du Milner. Le verbatim de son papotis avec Finkie est effrayant. De plus en plus de voix s'élèvent pour déclarer que Finkie est, comme disent mes élèves pas si milnérisés que ça, finalement, est "gravemental".

Dans son confusionisme, le Mimil, il confondrait pas Bourdieu avec Garaudy ?

Écrit par : PMB | 09/02/2007

Mais non Bruno, c'est pas vomitif.
C'est Sarkozy, c'est - au moins - du second degré. Faut pas le prendre au sérieux.

Un jour il fait dans la rupture, le lendemain il la tranquillise,
Un jour il est de gauche, le lendemain il se sent d'extrême droite,
Un jour il embrasse les grands patrons, le lendemain il prépare la mise à mort du capitalisme,
Un jour il réduit la fonction publique de moitié, le lendemain il promet fortune aux enseignants,
Un jour il sait que certains égorgent moutons et excisent filles, le lendemain il se découvre multiculturaliste,
Un jour il est pour la répression, le lendemain il est pour la prévention des scooters,
Un jour il a changé, le lendemain il a changé aussi,
Un jour enfin il est super-top-américaniste, le lendemain il l'est toujours.
Et le tout dans la même semaine.

Il est, à n'en pas douter, rassembleur. Le futur président de TOUS les Français, y compris veau, vache, cochon, couvée.

Sarkozy président : la cohérence, la vision, les convictions, la stabilité, et le cap sera tenu.

Cet homme-là, c'est certain, cherche à nous amener quelque part.
Mais où ?
(L'Iran, peut-être, dans un premier temps ?)

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

Peter covel se déplace rarement, mais ce n'est jamais pour rien, et c'est toujours un plaisir.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

@ PMB

"gravemental" :-D

Sont exxxcellents tes élèves. Z'ont tout compris, c'est fou.

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

"Coloscopie"
c'est charmant.

J'ai cette impression, légère, ce matin, de me promener dans un site poétique.

Fabius
Président !

Écrit par : Titi | 09/02/2007

@ PMB
il se peut que le Mimil voie des Garaudy partout, mais il me semble aussi que c'est le nouveau mode de "raisonnement" contorsionnisto-dialectico-paranoäique de toute cette clique (Mimil, Glucksmann, Finkiellraut...).
Ainsi FKLT soutient Camus quand celui-ci dénonce "le trop grand nombre de personnes juives à France-Culture", ce qui pour lui ne ressemble pas à de l'antisémitisme. En revanche la révolte des banlieues est considérée comme un pogrom antisémite; la concentration des habitants d'origine africaine, maghrébine, antillaise est assimilée à une épuration ethnique de leur part.
Ainsi Glucksmann se sent proche de Sarkozy parce qu'il a cité Jean-Jaurès, Léon Blum, Guy Moquet...

Écrit par : j3m | 09/02/2007

@Philippe, il n'y a que deux races dans le monde, celle des nomades et celle des sédentaires. Celle qui contraint et celle qui sait la liberté.

Écrit par : martingrall | 09/02/2007

Aha ! Aha ! Ahaaa !

Pourquoi ces cris exaltés ?

c'est parce que je viens de recevoir le plan B !

Écrit par : Marcel Vincent | 09/02/2007

@ IznoPreum's

Si l'I rend, je vomis!

Écrit par : GPMarcel | 09/02/2007

"La plupart de ceux qui partirent dans le Sud n'étaient ni des monstres, ni des exploiteurs" La plupart ? Je ne sais pas. Mais, certains n'ont pas eu le choix et notamment tout ceux que ce brave Napoléon III expédiait là-bas, à force d'avoir été trop subversifs. Il y avaient les "radicaux". Un ancêtre de mon mari en fit partie. On lui donna une terre, plutôt un marécage avec un livre d'instructions pour cultiver cette belle terre d'Algérie en se disant que pendant qu'il chassait le moustique porteur de palludisme et qu'il essayait de faire pousser quelque chose, il fermerait sa grande gueule de gauchiste. Napoléon III est mort, l'arrière grand-père aussi. Ce qui est surtout nauséabond dans cette affaire, c'est surtout le dernier épisode de l'Algérie département français, celui des "événements". Pas joil-joli tout ça.

Écrit par : Caroline | 09/02/2007

Ne vous en déplaise, et en dépits de vos multiples vomissements (registre qui tend à devenir un tantinet répétitif, en effet), Sarkozy a encore raison sur ce coup-là.
Il est parfaitement vrai que nous n'avons pas à juger ce que nos ancêtres ont fait au nom de valeurs qui ne sont plus les nôtres, ou plus de la même façon.
Lorsque J.Ferry parle du devoir des "races supérieures" de civiliser les "races inférieures", cela nous heurte; à l'époque, c'était pourtant le b-a ba du progressisme (V.Hugo n'était pas loin de le penser aussi).
Tout n'était certes pas génial dans l'"Algérie de papa" comme disait De Gaulle; tout n'était pas ignoble non plus, et réduire l'apport français à la gégène est une facilité que, pour des gens qui prétendent "penser", vous vous accordez un peu facilement, je trouve.
Gerber est une chose; de temps en temps, il faut un peu argumenter, aussi.

Écrit par : Felix Lechat | 09/02/2007

Il est venu à Toulon faire son marché de lepenistes. Ne pas oublier que 30% d'électeurs toulonnais votent FN depuis... qu'il existe. Il a adapté son discours à l'endroit visité.
La seule grand ville gérée par le FN (Le Chevalier).

Écrit par : areuh | 09/02/2007

Le film est probablement "Des hommes d'honneur" (A Few Good Men), de Rob Reiner, 1992 avec également Tom Cruise (le flemmard gentil) et Demi Moore (la bosseuse gentille).

Écrit par : FrédéricLN | 09/02/2007

Justement à propos de bruit et d'odeur et pour parler de l'actualité immédiate, l'affaire de l'agression des professeurs d'école du côté de Reims nous montre une fois de plus que le traitement médiatique est unidirectionnel: lorsque Mohamed vole une mobylette on nous apprend immédiatement qu'il vient de telle cité sensibilisée par la surpopulation immigré, son passé,bref tout de son pedigree.
Pour savoir simplement les prénoms des agresseurs en question il faut ruser. Veut-on protéger l'instruction?
Maiaiaiaiais non. c'est juste qu'ils s'appellent JONHATAN et MICKAËL et que du coup ça n'apporte rien au moulin des sensibles du nez et des oreilles. Et personne de gloser non plus sur ces jeunes qui nous emmerdent puisque l'un d'eux aurait 32 ans (ou 23 pour d'autres, on s'y perd).
Seule la connerie est bien redistribuée...

Écrit par : ali burton | 09/02/2007

"Des hommes d'honneur".
Absolument.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

I know
I know
that we souldn't feed the throlls but :

"Il est parfaitement vrai que nous n'avons pas à juger ce que nos ancêtres ont fait au nom de valeurs qui ne sont plus les nôtres, ou plus de la même façon."

Je ne peux pas laisser passer une ***************** pareille.

MonsieurLeChat
et si, grand argumenteur que vous semblez être, vous alliez dire cela à nos amis Allemands. J'ajoute que l'Etat Français a fait son mea culpa pour les années de Vichy - alors que - bon - "nous n'avons pas à juger ce que nos ancêtres ont fait..."

Sinon, je vous prête ma bassine, si vous voulez gerber un coup -
ça nettoie la mauvaise bile, v'verrez !

Écrit par : Titi | 09/02/2007

Felix Lechat : "Sarkozy a encore raison sur ce coup-là. Il est parfaitement vrai que nous n'avons pas à juger ce que nos ancêtres ont fait au nom de valeurs qui ne sont plus les nôtres".

Ah ouais ? !
Ben c'est vach'ment pratique, comme méthode !
Surtout quand c'est à géométrie variable.
Parce les mêmes qui nous expliquent la même chose que toi ne semblent avoir par contre aucun problème pour "juger", en vrac, les "crimes" de la Révolution Française, et en particulier la Terreur, les "exactions des Communards", le "sectarisme" des Laïques opposés aux Congrégations, et je ne parle ici que de quelques exemples français, pour ne même pas m'aventurer du côté de la révolution d'octobre...

Quand à parler de "nos ancêtres", faut pas charier non plus.
Parce que concernant l'Algérie, des ancêtres comme ça, j'en ai comme beaux-parents, moi.
Aucune possibilité de discuter des valeurs avec des gens qui ont juste trente ans de plus que nous ?... Ah bon.

Écrit par : Clarence | 09/02/2007

@ Felix Lechat

1.
"Il est parfaitement vrai que nous n'avons pas à juger ce que nos ancêtres ont fait au nom de valeurs qui ne sont plus les nôtres, ou plus de la même façon."

Je trouve ça intéressant comme tout, cette espèce d'obligation que nous aurions de nous astreindre à penser comme en des temps (mal définis) reculés, où l'on avait d'autres "valeurs" que les nôtres, et d'un point de vue qui ne serait, par définition, plus/pas le nôtre.

De quand, je vous prie, datez-vous cette espèce de basculement - et surtout: de quoi devrions-nous finalement nous accomoder, nous abstenant soigneusement de le juger, dans l'histoire des, mettons, cent dernières années?

Devons-nous par exemple faire preuve de compréhension pour le "progrès", tel que le concevait très officiellement feu Staline, au motif que nos "valeurs" auraient quelque peu changé?

Vous qui argumentez, précisez je vous prie ce credo?

2.
"Tout n'était certes pas génial dans l'"Algérie de papa" comme disait De Gaulle; tout n'était pas ignoble non plus, et réduire l'apport français à la gégène est une facilité"

J'en conviens - très volontiers.

Comme vous conviendrez, je l'espère, qu'on puisse retenir, d'une aventure qui se termine, tout de même, dans la torture, qu'elle n'était pas fondamentalement aussi éclairée que dans le discours de Nicolas Sarkozy?

Quel "idéal de civilisation" peut finalement se résoudre, je vous pose la question, par ce que fut la (très sale) guerre d'Algérie - non pas au temps, rappelez-vous, de Jules Ferry, mais il y a moins de cinquante ans?

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

@Bruno Lamothe

(s'il lit mon cri :
"Fabius
Président !")

Il n'y a rien de malveillant dans ce cri -
il est très sincère
et plus le temps passe
plus l'échéance approche
plus je me dis que oui, ce ne serait vraiment pas une mauvaise idée.
Voire une bonne.

La solution : Si Ségolène Royal abandonne ses prétentions
et Laurent Fabius devient le candidat pour le PS
alors, là,
oui : je vote PS.

Je l'écris comme je le pense.

Écrit par : Titi | 09/02/2007

' "l'Algérie de Papa" comme disait de Gaulle ... '
Ah bon, il disait ça, de Gaulle ?!?
:o)

Écrit par : Clarence | 09/02/2007

Et voilà qu'un chant (de marche) commence à monter de la curva sud:
"On n'entend plus chanter Felix Lechat,
On n'entend plus,
Chanter Felix Lechaaaaat..."

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

Messieurs Clarence et Fontenelle,

Il ne faut pas juger Félix le Chat sur ce qu'il a écrit il y a une heure.

Écrit par : Titi | 09/02/2007

"National Hebdo", 08.02.07.
Page 6.
Gros titre: "Ras-le-bol de la repentance!"
Extrait: "Ségolène Royal décrit (...) la colonisation française en Algérie comme un "système de domination, de spoliation et d'humiliation" (...) Jean-Marie Le Pen réagissait aussitôt: "(...) Notre devoir de réparation serait plutôt vis-à-vis du million et demi de Français qui ont dû partir et des millions de harkis qui ont été massacrés".

"Le Monde", 09.02.07
Page 15.
Gros titre: "Nicolas Sarkozy prône désormais le "métissage des cultures"".
Extrait: "De la repentance que la gauche est prête à accepter, il n'en est pas question: "A tous ceux d'entre vous", lance (Nicolas Sarkozy) sous les applaudissements des 7000 personnes présentes au Zénith (de Toulon), "qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n'emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c'est d'abord envers eux. Aux enfants des harkis, je veux dire que si la France a des excuses et des réparations à faire, c'est à eux qu'elle les doit"".

Conclusions:
1) Finalement la repentance n'est pas toujours une tyrannie. (N'est-ce pas, Felix.)
2) Le Pen et Sarkozy disent, là, exactement la même chose, mais Le Pen est quand même vachement plus concis.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

Je vous conseille de vous reporter à l'article de Gérard Noiriel "Les usages de l'histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy" sur le site du Comité de Vigilance face aux Usages publics de l'Histoire " (http://cvuh.free.fr/articles/noiriel.usages.sarkozy.html).
Voici quelques extraits :

(...) Pour approfondir l'analyse sur l'usage de l'histoire de France dans ce discours, je dirais qu'il illustre la logique symbolique de la « panthéonisation ». Le candidat consacre les grands personnages qui ont pour fonction de le consacrer.

le discours mémoriel a donc pour première fonction de convaincre le grand public que le candidat de l'UMP est le digne héritier de ces héros nationaux. Mais il a aussi pour but de fabriquer un consensus occultant les rapports de pouvoir et les luttes sociales. Le discours de Poitiers est une sorte de Disneyland de l'histoire dans lequel il n'y a que des gentils, des hommes bons. La « captation d'héritage » est aussi un détournement destiné a occulté le fait que les leaders du mouvement ouvrier, comme Jaurès et Blum, ont été avant tout des militants, au coeur des combats politiques de leur temps. Le candidat de l'UMP n'hésite pas à faire référence au Front Populaire : « J'ai cité Léon Blum parce que je me sens l'héritier de l'enfant qui en 1936 grâce aux congés payés jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcer pour la première fois le mot « vacances ».
Ce qui est suggéré dans cette citation, c'est que le leader de la SFIO et le chef du gouvernement du Front Populaire aurait « donné » deux semaines de congés payés aux ouvriers parce que c'était un homme bon et humain, qui voulait que les travailleurs voient la mer. Le fait historique qui est totalement oublié ici, c'est que les congés pays ont été un acquis du formidable mouvement de grèves de mai-juin 1936. C'est le résultat de la lutte des classes et d'une mobilisation sans précédent des ouvriers contre le patronat. Mais évidemment ce fait historique là, le candidat des milieux d'affaire est obligé de le passer sous silence puisque, dans le même discours, il dénonce explicitement « ceux qui attisent encore la lutte des classes ». Il faut reconnaître que les assistants qui ont écrit le discours du candidat ne manquent pas d'imagination. Dans leur récit, Georges Clemenceau, le ministre de l'Intérieur qui a envoyé la troupe contre les grévistes en 1907-1908, cohabite pacifiquement avec son plus farouche adversaire politique, Jean Jaurès, le directeur de l'Humanité, qui dénonçait le « premier flic de France » et le « briseur de grèves ». (...)
Nous voyons là s'esquisser un thème de campagne que le candidat de la droite cherche à utiliser pour discréditer le camp d'en face, en affirmant : « Ce que je sais, c'est que la gauche qui proclame que l'Ancien régime ce n'est pas la France, que les Croisades ce n'est pas la France, que la chrétienté ce n'est pas la France, que la droite ce n'est pas la France. Cette gauche là je l'ai accusée, je l'accuse de nouveau de communautarisme historique ».

Ce passage est particulièrement intéressant à décrypter si l'on veut comprendre comment les politiciens utilisent aujourd'hui l'histoire dans leur propagande et les contradictions auxquelles ils se heurtent (ou risquent de se heurter). Tout d'abord, on constate que l'anti-repentance est l'une des principales grilles de lecture qu'utilise le candidat pour « repenser » l'histoire de France. Par exemple, dans le passage où sont évoquées les persécutions dont ont été victimes Léon Blum et Georges Mandel, il n'y a pas un seul mot pour souligner les responsabilités du régime de Vichy et de la milice. Les seuls coupables explicitement désignés, ce sont les agents de la Gestapo ! Finis les discours sur les mauvais Français et sur la responsabilité de l'Etat français. On a le sentiment d'en revenir à une histoire pré-paxtonienne (et aussi pré-chiraquienne) de Vichy.

Écrit par : j3m | 09/02/2007

Bonjour Sebastien,
Tu as converti le Journal de Reference à l'usage des guillemets, bravo:

Au "282", la "fabrique" fébrile du programme Royal
http://www.lemonde.fr

Écrit par : Richard... | 09/02/2007

Le nom de famille de Richard: "Trois"!!!
C'est totalement idiot.
Mais ça me fait hurler de rire.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

"Aux enfants des harkis, je veux dire que si la France a des excuses et des réparations à faire, c'est à eux qu'elle les doit"".

Je veux être concis moi aussi
ne serait-ce pas - comment dit-on déjà ? -
la préférence nationale ?
Un vieux truc
mais de qui déjà ?

Écrit par : Titi | 09/02/2007

Rappelez moi donc QUI a réhabilité les généraux félons en photos sur ce billet dans une loi relative "au règlement de certaines conséquences des événements d'Afrique du Nord".

"Amnistier des généraux félons ? Jamais... A la fin de 1982, alors que François Mitterrand et les socialistes sont au pouvoir depuis un an et demi, leur première crise sérieuse va opposer le premier aux seconds. Huit anciens généraux putschistes de 1961 sont au coeur de la très violente controverse qui amènera les députés socialistes conduits par leur président de groupe à l'Assemblée nationale, Pierre Joxe, à amender le projet de loi présenté par le gouvernement de Pierre Mauroy. Le Premier ministre devra finalement faire appel, pour la première fois du septennat, à l'article 49.3 (9) pour faire passer le texte de loi dans son intégralité. En laissant d'un côté quelques cicatrices douloureuses sur les députés socialistes, mais en donnant de l'autre un gage de bonne volonté à l'armée pour laquelle l'épisode algérien reste une source, désormais tacite mais toujours lancinante, de rancune."
La suite est là : http://perso.orange.fr/felina/doc/tln/rehabilit.htm

Sinon certains devraient s'informer avant de dire n'importe quoi. Lire les documents sur la colonisation française en Algérie disponibles sur le site de la LDH de Toulon est un bon début.
voir là : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1776

Mais bon, chacun fait ce qu'il veut.
Même voter savoir.

Et dire que "Félix" veut dire heureux!

Zgur

Écrit par : Zgur | 09/02/2007

Au fait, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore:
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com
Youpi.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

@Sébastien
Bien content de t'avoir fait rire.
Mais c'est un peu trop beau pour être vrai ...
richardtrois c'est mon identité internet que j'utilise pour me proteger du délit de faciès:
Dans la vie réelle, on m'appelle Razak.

A+,
RIII

Écrit par : Richard... | 09/02/2007

Tiens, un nouveau grand jeu concours sur VLF.

Donc j'y joue :
Le nom de famille de Richard : "Quatre".

Qui dit mieux ?

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

Où es-tuuu Felix Lechaaaaat-a-a ?

Dans les glasss de l'Alaaaskaaaaa-a-a ?

Écrit par : IznoPreum's | 09/02/2007

Un pur produit de la colonisation, si tu preferes ...
RIII

Écrit par : Richard... | 09/02/2007

Mais bon, chacun fait ce qu'il veut.

Même voter sans savoir.

Delenda est Sarko.

Zgur

Écrit par : Zgur | 09/02/2007

http://www.youtube.com/watch?v=eeLtS_nRrv8

Écrit par : vive_le_euf | 09/02/2007

"Richard Trois", oui, c'est bien.
Moi, c'est de ' "l'Algérie de Papa"-comme-disait-de-Gaulle ' dont je ne me remets pas.
:o)
La fatigue, probablement...

Tiens !, à propos..., vous vous en foutez probablement, bande de mauvais français !, mais puisqu'on en est à la fois aux trucs qui (en) font rire (certains...) et à l'Algérie*, je vous signale que Bézu est mort.
Je veux donc, imaginant le sentiment de perte qui est probablement le leur, assurer de mon indéfectible affection :
- Pascal Sevran, pour son amour de la chanson-française-de-qualité,
- Didier Barbelivien, pour ses rimes riches,
- Frank Tapiro, pour les souvenirs émus qu'il a probablement de l'émission "la Classe" (voir sur le Canard Enchaîné le récent article sur ce qui fait rire Tapiro...),
- Pascal Bruckner, ennemi de la "repentance", et probable amateur de l'immortel "Nous vouloir du couscous !"* [Le voyez, maintenant, le rapport ?...], de Bézu itou.
- Roger Hanin, qui saura pourquoi,
- Nicolas Sarkozy, dont l'idée qu'il a de la culture doit ressembler, je n'en sais rien mais je le sens bien comme ça, vus ceux qui le soutiennent, à une chanson de Bézu.
Ou à un épisode de "la Classe"...

Écrit par : Clarence | 09/02/2007

Les pensées profondes d'un "mimile" de France
Monologue intérieur d'un beauf du plus beau pays du monde...
Bien sûr, il y a le réchauffement planétaire, la peste aviaire, la globalisation, les futures guerres pour la flotte, la précarité généralisée...Mais nous les françaouis "de souche" on est tellement saouls et shootés aux anti-dépresseurs qu'on ne craint pas l'apocalypse. La terreur n’est pas française ! L'avenir pour nous c'est du nanan…D'ailleurs, on a sorti, je veux dire nos maîtres, une vieille came (qui remonte au Moyen-âge, mais qui a été remasterisée !), la haine du musulman, ça fonctionne du tonnerre...Le mieux c'est le mélange des trois ! L’école Houellebecq, quoi… Et s'il le faut, nous irons rejoindre, guidés par notre nouveau président, petit avec des grandes oreilles, l'effort de guerre US, avec au programme, l'atomisation de l'Iran pour qu'il n'aie pas l'atome. Au commande du « monde libre », le nouveau messie du XXIème siècle, j'ai nommé G.W. Bush... ; entre pochtron, on se comprend... Nous verrons alors parader dans les rues de Téhéran forces spéciales et paras, ça nous rappellera notre jeunesse française, l'Algérie, tout ça..., amenant dans leur besace de piou-piou les « lumières » et la libre-pensée hexagonale- en notre douce France, même la satire est protégée par le ministère de l'intérieur! Enfin le paradis sur terre et la vinasse pour tous... Hosannah, hosannah!

Écrit par : Jes | 09/02/2007

@Seb : "Au fait, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore:
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com
Youpi."

Puisse Onfray te convaincre d'aller à l'urne !
Et mieux : de voter pour Bové, le candidat symbole des "gens de peu" …

Écrit par : bernard Langlois | 09/02/2007

@ Felix Lechat. Pour connaître l"apport de l'Etat Français, pas des français, dans les colonies, il faut comparer les colonies, Allemandes jusqu'eb 1918, Belges, Portugaises, Anglaises, Italiennes, Espagnoles. Et, question. Ou peut-on encore parler de sous-hommes si ce n'est en France d'outre-mer, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle Calédonie. je ne dis pas que les Arborigènes sont des australiens, les Maoris des NéoZélandais, les Hurons des canadiens. mais dans aucun de ces pays la torture et l'élimination ne furent le seul dialogue. Pendant la guerre d'algérie sont morts ou disparus un millions deux cents milles Arabes Français que l'on appelait Algériens.

Écrit par : martingrall | 09/02/2007

@ Bernard
Il me convaincra d'autant moins que j'ai lu avec une certaine gourmandise, dans "Le Monde libertaire" d'hier, la réponse à sa tribune, publiée l'autre semaine par "Politis".
Titre: "Pour un abstentionnisme libertaire".
(J'appelle ça: un pléonasme.)
;-)

Il est vrai cependant que j'aurais pu hésiter, cette fois-ci.
Vu Sarko, je veux dire.
Mais tu sais quoi: je ne me suis de toute façon pas inscrit sur les listes.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

Fabius
Président !

Écrit par : Titi | 09/02/2007

Fabius
Président !

Écrit par : Titi | 09/02/2007

Le titisme fait un retour en force.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

Tiens ça me fait penser à mon pote Fred qui éructait des "bleuargh, tous pourris" entre 2 kanterbrau ,oh oh , et qui lui non plus n 'a jamais foutu les pieds dans un isoloir.C 'est un choix en effet , le non choix , le désengagement.De toute façon, qu 'est ce que vous en avez à foutre Fontenelle, si c 'est Le Pen ou Sarkozy qui passent, vous aurez juste un peu plus de grains à moudre , ça sera même mieux pour vous , vous pourrez passer à 2, voire 3 billets par jours.

Écrit par : jean louis bozo | 09/02/2007

Ach , zensure...

Écrit par : jean louis bozo | 09/02/2007

"cela nous heurte; à l'époque, c'était pourtant le b-a ba du progressisme"

C'est beau comme un camion ca ! Vraiment dommage, du coup, que ce soit complètement faux, (et complètement aberrant en plus), non?

A l'époque, moultes voix s'élevaient déja pour dénoncer le colonialisme. Je pourrai te faire une liste rapide, mais en même temps, j'ai un tout petit peu autre chose à foutre, donc tu es prié d'aller réviser ta culture gé, trés vite!

Au 16ème siècle, Montaigne dénoncait déja le mot "barbare", complaisement utilisé pour se permettre de tout se permettre avec les habitants des amériques. Il dénoncait déja le traitement infligé par les soi disant "civilisés" aux "sauvages".

Dingue non?

Comme quoi, on a pas attendu ton manifeste d'ignorance historique, pour voir émerger la révolte face à la colonisation. Il y a toujours eu des gens pour s'élever contre, et toujours eu des gens pour les ignorer sciemment et se persuader, ou persuader les autres que "le progrès", ca commence par l'exploitation de son prochain. L'époque n'excuse en l'occurence, rien.

Écrit par : Incanus | 09/02/2007

ouh
qu'il est méchant ce bozo.
Il déplore la "zensure"
cependant que son esprit a l'air si ouvert.

Bien le genre de bonhomme qui donne vraiment de ne pas fiche les pieds dans un isoloire.

Mais
non :
Fabius
Président !

Écrit par : Titi | 09/02/2007

"éléments" (revue de la Nouvelle Droite), n°123, hiver 2006-2007.
Page 9.
Extrait: "14 octobre 2006. Dans la meilleure émission de radio de notre temps ("Répliques", France Culture), Alain Finkielkraut remarque que le goût français actuel pour la repentance est aussi un narcissisme du présent, car il considère que le regard actuel est ontologiquement supérieur à celui qu'avaient nos ancêtres. Cette repentance a aussi un visage trompeur, car elle suppose que les peuples qui ont été dominés comme totalement irresponsables et en état de minorité historique selon les critères occidentaux. Pascal Bruckner écrit justement: "A refuser aux peuples anciennement colonisés toute responsabilité dans leur situation, on les prive par là même de toute liberté, on les replonge dans la situation d'infantilisme qui a présidé à la colonisation". ("La tyrannie de la pénitence. Essai sur le masochisme occidental", Grasset, 2006). Indépendamment de cette remarque qui vise les anciens colonisés, il nous faut constater que, pour les "repentants" eux-mêmes, pour nous, la repentance est doublement pathologique: parce qu'elle est intellectuellement anachronique, donc stupide, et parce qu'elle dévalorise la vision de la vie qu'avaient nos ancêtres. C'est à ce titre un dernier avatar de l'idéologie du progrès".

Je ne me lasse pas de ces proximités, entre penseurs.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

Dans 20 minutes d'aujourd'hui,
a propos d'une BD qui m'a l'air bien.


L'image de la guerre en bande dessinée

20 Minutes | édition du 09.02.07

"Au premier jour de la guerre, le soldat s'est vu remettre un fusil et un manuel, qui dit tout de l'ennemi. Il préconise notamment de le tuer avant qu'il ne le fasse et de garder à l'esprit que l'ennemi n'est pas un être humain mais « une bête sauvage ». Sauf que seul dans sa tranchée, le soldat commence à trouver le temps long. Alors, il décide une nuit de rejoindre la tranchée de l'ennemi, où il trouve un manuel identique au sein... « Mais, je suis un homme moi, s'exclame le soldat, ce manuel ne dit que des mensonges ! » Déroulée sur un ton faussement naïf mais souvent drôle, cette bande dessinée est la démonstration imparable des mécanismes absurdes qui précèdent et nourrissent les conflits. A mettre entre toutes les mains.

Armelle Le Goff

L'ennemi, de Davide Cali et Serge Bloch (éditions Sarbacane). Avec le soutien d'Amnesty International. 16 E."


On peut en guérir quand même. Ca fait 60 ans qu'on a pas fait la guerre aux allemands, vous savez, les boches, les schleux, ceux qui soi-disant empalaient les bébés français avec leurs sabres de ulhans.
Mais ces vieille manoeuvres peuvent encore fonctionner cf les couveuses du Koweit ou les armes de destructions massives irakiennes.

Je vais lire la BD et j'en reparlerai chez moi si c'est aussi bien que je crois.


Et toujours pas de réaction sur la réhabilitation (avec les retraites qui vont bien - pas "cristallisées" celles-là) des généraux félons par Mitterand en 1982?

Zgur

Écrit par : Zgur | 09/02/2007

Ségo : non !
Fabius : re-non !

Je ne voterai jamais pour un type venu à gauche par calcul (les places étaient prise à droite quand Monsieur s’est lancé dans la politique). Un type qui a fait virer Pierre Desgraupes d’Antenne 2. Un type qui nous a pris pour des midinettes (personnes par ailleurs respectables) avec un livre où, faisant peuple comme quand Mme la baronne se met en petit tailleur pour visiter ses pauvres, il nous parle de sa fausse Harley, et de son goût pour la Star Ac’ et les carottes râpées. Ce type suinte le mépris, demandez donc à (si, si) Jean-Pierre Foucaud (interview assassine après un plateau télé ou Monsieur fit mine de ne pas connaître JPF et douta de sa capacité à penser en citoyen.

Écrit par : PMB | 09/02/2007

Ah titi, je suis si gentil pourtant , un angelot, si si ... Je déplorais la "zensure " parce que je n' avais pas vu que c 'était modéré, c 'est tout, et je ne comprenais pas pourquoi mon post d 'avant juste au dessus ne passait pas, pas de quoi en faire une tourte.Et vous ,je ne sais pas si c 'est du lard ou du cochon, mais vous ne me donnez guère envie de voter l 'homme à la moto qui a détaxé les Rembrandt et la vignette toto pour les 4 /4 entre autres pour pouvoir s 'acheter des carottes râpées bio...Défaire et refaire c 'est toujours travailler il est vrai .

Écrit par : jean louis bozo | 09/02/2007

Tope là PMB !

Écrit par : jean louis bozo | 09/02/2007

Très bien, toutes ces réponses.
Presque pas d'insultes, ou si peu; magnifique.
Quand je dis que nous n'avons pas à juger les valeurs de "nos ancêtres" (façon de parler), je veux dire que leurs actes doivent être replacés dans le contexte historique et idéologique de leur époque. Au XIX° s, "on" pensait majoritairement (Montaigne effectivement mis à part, mais c'était au XVI°) comme Jules Ferry. On croyait, si l'on veut, au "sens de l'histoire"; nous n'y croyons plus, très bien, mais peut-on faire grief au XIX° siècle de n'avoir pas adopté les valeurs dominantes du XXI°? C'est celà, "l'ethnocentrisme du présent".
On me demande quand je situe le basculement; eh bien, au tournant des années 50-60, au moment de la guerre d'Algérie, justement. C'est là un moment tout-à-fait étrange, en effet: on commence par faire la guerre au FLN, pour terminer quelques années plus tard par s'allier avec lui pour faire la guerre à l'OAS; le basculement, selon moi, se situe là.
Sinon, il est un peu gros de juger l'entièreté de l'entreprise coloniale sur la seule guerre d'Algérie; celle-ci était une guerre, précisément, contre un adversaire assez peu commode (trouve-t-on mention de ses exploits sur le site de la LDH?) De même serait-il assez abusif de juger l'Europe du XIX° siècle sur la seule guerre de 14.
Vichy, ensuite. Bien vu. Je répondrai simplement que là encore, le contexte historique (l'effondrement de 1940, le prestige de Pétain, etc...) expliquent bien des choses, et qu'il est confortable d'en juger 60 ans après, dans ses pantoufles.
J'ajouterai, histoire d'aggraver mon cas, que pas plus que le bilan de la colonisation, celui de Vichy ne doit être noirci outre mesure.
Voilà qui doit vous filer la gerbe, j'imagine. A vous.

Écrit par : Felix Lechat | 09/02/2007

@ Felix Lechat
(back in town)

"Presque pas d'insultes, ou si peu; magnifique."
Oui, hein?
C'est quand même rassurant de constater qu'on peut, même chez les victimes consentantes de la tyrannie de la pénitence, se montrer urbain.

"on commence par faire la guerre au FLN, pour terminer quelques années plus tard par s'allier avec lui pour faire la guerre à l'OAS"
Comme c'est original.
Que n'enseigne-t-on cette version de l'histoire, merveilleuse de concision.

"Sinon, il est un peu gros de juger l'entièreté de l'entreprise coloniale sur la seule guerre d'Algérie; celle-ci était une guerre, précisément, contre un adversaire assez peu commode (trouve-t-on mention de ses exploits sur le site de la LDH?)"
Peu commode, certes, et qui poussait l'outrecuidance jusqu'à user parfois, pour défendre son pays, des mêmes procédés qu'un occupant d'une exquise délicatesse (au moment surtout des interrogatoires).
Il est "un peu gros de juger l'entièreté de l'entreprise coloniale" sur la seule guerre d'Algérie"?
Mais comment donc: regardons alors ce qui se fit au Tonkin.
Là, tout ne fut en effet que luxe(s) et volupté(s).

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

@ Felix
Au temps pour moi, dans ma hâte, je n'avais pas vu ça:
"J'ajouterai, histoire d'aggraver mon cas, que pas plus que le bilan de la colonisation, celui de Vichy ne doit être noirci outre mesure.
Voilà qui doit vous filer la gerbe, j'imagine. A vous."
C'est assez bien imaginé, mais un peu mou du genou dans l'estimation: "gerbe" est un peu faible.
Mais je suppose que vous trouveriez un peu gros de juger l'entièreté de Vichy sur la seule déportation?
Allez, Felix.
Ciao.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

sur le Tonkin

Au Laos les français n'ont pratiquement rien fait pour les autochtones
A part imposer le français comme langue administrative, histoire de compliquer la vie des laotiens qui eux, étaient analphabètes à 90%.

prétendre aujourd'hui que le colonialisme a fait le bien des peuples relève de la mauvaise foi intellectuelle et morale.
C'est insultant pour ceux qui l'ont subi.

le colonialisme était destiné à enrichir les "nations mères" au détriment des "indigènes", et c'est tout!

je ne dis pas qu'il y n'ait eu deux ou trois illuminés persuadés en toute bonne fois qu'ils étaient appelés à secourir des miséreux incultes.
je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu des petits colons qui voulaient simplement cultiver un lopin de terre
je ne dis pas non plus que tous les soldats français qui ont fait l'algérie étaient des sales cons tortionaires, mon père a fait cette guerre, il avait 23 ans et pas le choix de refuser

mais globalement si la France et les français des colonies avaient été de merveilles, on ne les aurait pas foutus dehors!


Le principe même du colonialisme est infect, arrogant, méprisant pour les autres cultures.

Écrit par : céleste | 09/02/2007

"prétendre aujourd'hui que le colonialisme a fait le bien des peuples relève de la mauvaise foi intellectuelle et morale."

Prétendre que le colonialime n'ait fait que le malheur des peuples relève de la même mauvaise foi.

"le colonialisme était destiné à enrichir les "nations mères" au détriment des "indigènes", et c'est tout!"

Rien ne prouve qu'il y ait réussi; économiquement, il semble au contraire que l'Empire ait été pour la France plus un boulet qu'autre chose. Je suis d'accord que ça n'est pas une justification.

"je ne dis pas qu'il y n'ait eu deux ou trois illuminés persuadés en toute bonne fois qu'ils étaient appelés à secourir des miséreux incultes.
je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu des petits colons qui voulaient simplement cultiver un lopin de terre
je ne dis pas non plus que tous les soldats français qui ont fait l'algérie étaient des sales cons tortionaires, mon père a fait cette guerre, il avait 23 ans et pas le choix de refuser"

Pour le FLN, aucune différence: égorgement pour tout le monde, décapitation pour les autres. Luxe, calme, volupté.

"mais globalement si la France et les français des colonies avaient été de merveilles, on ne les aurait pas foutus dehors!"

Disons qu'ils se sont foutus dehors tout seuls, parce que l'opinion publique en avait marre (c'est le basculement dont je causais tout à l'heure). Quant aux motivations des combattants du FLN, elles étaient parfois respectables (patriotisme) parfois moins; mais je crois que le caractère merveilleux ou non des colonisateurs a au fond importé assez peu. Comme lors de la Reconquista espagnole, le problème était ailleurs.

"Le principe même du colonialisme est infect, arrogant, méprisant pour les autres cultures."

Je ne suis pas en désaccord (à condition de préciser que le fait colonial n'a pas toujours coïncidé avec son principe), mais pourquoi le seul colonialisme européen est-il sans cesse mis en accusation?
Les Turcs n'ont jamais colonisé?
Les Arabes n'ont jamais colonisé?
Ou alors, ils étaient merveilleux, eux? Pénétrés de Droits de l'Homme jusqu'à la moelle? Un respect de l'Autre pas possible?

Écrit par : Felix Lechat | 09/02/2007

Bon, ça commence à bien faire les conneries.

Oui, le parti colonial en France regroupait des députés de diverses tendances et très majoritairement parmi les républicains. Mais cela n'a pas empêché les consciences libres :

Réponse de Georges Clémenceau à Jules Ferry, 30 juillet 1885
« Je passe maintenant à la critique de votre politique de conquêtes au point de vue humanitaire. [...]" Nous avons des droits sur les races inférieures. " Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu’elles exercent et ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation. Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l’on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! [...]

Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n’est autre chose que la proclamation de la puissance de la force sur le Droit. L’histoire de France depuis la Révolution est une vivante protestation contre cette unique prétention. C’est le génie même de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles. [...] Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l’histoire de votre civilisation ! [...] Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme !

Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie. »

Écrit par : Pescade | 09/02/2007

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.


ET ALORS, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, les prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s'étonne, on s'indigne. On dit : "Comme c'est curieux ! Mais, Bah! C'est le nazisme, ça passera !" Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que CE NAZISME-LA, ON L'A SUPPORTE AVANT DE LE SUBIR, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, PARCE, QUE JUSQUE-LA, IL NE S'ETAT APPLIQUE QU'A DES PEUPLES NON EUROPEENS ; que ce nazisme là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il est sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d'étudier, clinlquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est que l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.

Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.

J’ai relevé dans l’histoire des expéditions coloniales quelques traits que j’ai cités ailleurs tout à loisir.

Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire !

Etait-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie :

" Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. "
Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson :

"Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. "
Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare :

"On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres."
Fallait-il empêcher le maréchal Bugeaud de systématiser tout cela dans une théorie audacieuse et de se revendiquer des grands ancêtres :

"Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths."
Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du com mandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé à se défendre :

"Les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas ; enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant... A la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des cinq mille victimes, l’ombre de la ville, qui s’évaporait au soleil couchant."
Oui ou non, ces faits sont-ils vrais ? Et les voluptés sadiques, les innommables jouissan ces qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ? Vrai ou pas vrai ? Et si ces faits sont vrais, comme il n’est au pouvoir de personne de le nier, dira- t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ?

Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées. ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. »

Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950

Écrit par : Pescade | 09/02/2007

Nouveau billet.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 09/02/2007

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