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24/02/2007

Renaud Camus, "Sans Crainte Des Tabous"

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(Si vous avez l'estomac fragile: prévoir, avant lecture, des sacs en papier.)


1.
Renaud Camus vient de publier un "pamphlet", dont l'éditeur estime que "Renaud Camus est l'un des plus grands écrivains de sa génération".
Déjà, c'est pas rien.
Mais le mieux, c'est quand même que Renaud Camus écrit "sans crainte des tabous".
C'est une sérieuse garantie d'iconoclasme: ça devrait lui valoir au moins une critique élogieuse dans "Le Point".

2.
Ce pamphlet se présente sous la forme d'un recueil de textes - quatre, en tout.


3.
Le premier texte a pour titre: "La deuxième carrière d'Adolf Hitler".
C'est mignon.
Il s'agit, en résumé, d'une mise en pièces de ce que Renaud Camus appelle, avec l'élégance des vrais poètes, "la société ultra-antiraciste post-hitlérienne".
C'est, si vous préférez, une longue imprécation anti-antiraciste, qui permet à Renaud Camus de lâcher, par exemple, ces menus propos sur l'urbanisme des banlieues:

"Construirait-on à Clichy-sous-Bois comme on construit avenue Paul-Doumer, de toute façon, je ne suis pas sûr, pour ma part, qu'après quatre ou cinq ans ce ne soit pas l'aspect boumedieno-bouteflikien qui l'emporte; et que les ascenseurs, sociaux ou pas sociaux, fonctionnent tout à fait comme il faudrait".

C'est joli, hein?
C'est un assez bon début, pas vrai?
J'aime beaucoup, pour ma part, "l'aspect boumedieno-bouteflikien".
Mais vous allez voir: la suite n'est pas mal non plus.


4.
Deuxième texte (qui donne son titre au recueil): "Le communisme du XXIe siècle".
Extrait:

"Une bonne chose qui restera de la pénible "affaire Finkielkraut" du début de l'année 2006, c'est l'heureuse expression de Finkielkraut lui-même selon laquelle l'antiracisme serait - sera, est déjà, sans doute - "le communisme du XXIe siècle". Cette métaphore polémique, je la trouve pour ma part extrêmement éclairante et féconde, et j'en suis très reconnaissant à son auteur, comme de nombreux autres bienfaits".

Quand deux penseurs de renommée interplanétaire se rencontrent, que font-ils, d'après vous?
Ils se lèchent, et comptent les (dizaines de) millions de morts que l'antiracisme fera dans le siècle.
Passons.


5.
Troisième texte: "Que va-t-il se passer?"
Là, je vous préviens: on attaque le dur.
Le très, très lourd.
Le très, très gerbant, également.
(J'essaie de ne pas trop commenter, parce qu'il me semble que la prose dégueulasse de Renaud Camus se suffit à elle-même.)
Ca commence comme ça:

"Au lendemain des événements du 11 septembre 2001 on vit beaucoup à la télévision française un prêcheur musulman du (...) "Londonistan", qui déclarait à qui voulait l'entendre (...) que la Grande-Bretagne allait devenir un pays musulman (...) Ces déclarations retentissantes produisirent un certain effet, sur le moment, mais à titre de provocation (...) Avec quelques années de" recul, cependant, elles ne paraissent plus si dépourvues de vraisemblance - mais ici je ne pense pas spécialement à la Grande-Bretagne: plutôt à l'Europe en général, et bien sûr à la France".

Les ami(e)s, nous voilà prévenu(e)s: la France et l'Europe seront bientôt des terres musulmanes.
Explication (accrochez-vous):

"L'islamisation progressive est d'abord portée par la démographie, dans un double aspect: l'immigration d'une part, les taux de reproduction inégaux d'autre part. L'islam, très imparfaitement bien sûr, mais assez étroitement tout de même, est lié à certains groupes ethniques ou nationaux qui fournissent depuis trente ans les plus gros contingents de l'immigration. Les musulmans représentent donc, en proportion, une partie sans cesse croissante (mais jamais sérieusement évaluée) de la population. Or cette proportion croît d'autant plus, et d'autant plus vite, que selon toute apparence (même si c'est impossible à vérifier) leur taux de reproduction est plus élevé, voire beaucoup plus élevé, que celui de la plupart des autres parties de la population".

Le musulman, on l'aura compris, se reproduit comme un lapin, et nous submergera bientôt: cela, bien sûr, justifie que Renaud Camus vomisse des considérations abjectes.
Il écrit, par exemple, que:

"Des pans entiers et sans cesse s'élargissant de la France et de l'Europe ressembleront de plus en plus et ressemblent déjà à ce qui s'observe dans les contrées où l'islam est traidtionnellement implanté; et tout particulièrement, bien sûr, s'agissant de la France, dans celle de ces contrées (à prédominance arabe (ou berbère), d'où sont originaires la plus grande part des populations transplantées".

Renaud Camus précise, pour le cas où nous aurions mal compris son message:

"C'est le rapport "arabo-musulman" à l'espace, (...) à la ville, à l'immeuble, au hall d'immeuble, à la tuyauterie, au trottoir, au regard, à la salive, à l'objet, au détritus, au travail, à la femme pour l'homme, à l'homme pour la femme, au corps, à la vie humaine, à la sexualité, à l'homosexualité, à la politique, à la loi, à la parole, au pacte social et ainsi de suite, qui s'imposera de plus en plus largement. Des villes comme Alger ou Gaza, des pays comme l'Algérie, la Tunisie ou la Palestine, des scènes de rue comme celles qui s'observent à Ramallah ou à La Mecque, des systèmes économiques et d'économie parallèle, des taux de chômage, des répartitions de l'aide publique tels qu'en connaissent le Maroc ou la Jordanie, des modes de gouvernement comme ceux de la Syrie, de l'Egypte ou encore une fois de l'Algérie, peuvent sans doute nous donner une beaucoup plus juste idée de ce qui va advenir en France que l'étude attentive et docte du "modèle danois" ou du "paradigme blairien"".

Avouez que j'ai bien fait de vous conseiller de vous munir de sacs en papier?
Gardez-les: ça continue crescendo.
Rien ne semble pouvoir limiter Renaud Camus, dans ses hideuses divagations.


6.
Quatrième et dernier texte: "Pire que le mal".
Renaud Camus estime là que certain(e)s de ses compatriotes ont, comme lui, entrevu que:

"Le peuple français, ou du moins ce que naguère on appelait de la sorte, pourrait bien devenir un peuple sans Etat, comme les Tibétains ou les Kurdes, et peut-être un peuple soumis".

Soumis, j'espère que vous avez suivi, aux Arabo-musulmans.
Ces compatriotes sont parfois tentés, toujours d'après Camus, de se tourner vers des "remèdes" inefficaces.
Par exemple:

"Faire beaucoup d'enfants".

(Comme les Arabo-musulmans, qui, rappelez-vous, se reproduisent à la vitesse du son.)
Mais c'est une mauvaise médication, nous révèle Renaud Camus, car:

"Ceux qui soutiennent ou préconisent les politiques natalistes avec l'espoir de contribuer ainsi à la défense des caractères spécifiques du peuple français oeuvrent en fait, à leur corps défendant, pour le résultat exactement inverse, puisque ces politiques sont et ont été de longue date l'un des plus puissants incitatifs qui soient à l'immigration de masse et à la contre-colonisation".

Notez cela.
"Contre-colonisation".
N'est-ce pas joli?
Lancé, Renaud Camus restitue alors, sous une forme condensée, vingt ans de propagande frontiste.
Et crache:

"Les populations des autres continents n'en reviennent pas d'apprendre qu'il est en Europe des pays, et notamment la France, où l'on est - disons le mot, car c'est à peu près ce qu'elles comprennent, et elles n'ont pas tort - payé pour faire des enfants; et plus on en fait plus on est payé, en allocations directes d'une part mais aussi en avantages de toute sorte".

L'Arabo-musulman se reproduit comme une bête pour nous piquer notre pognon.
Renaud Camus continue:

"Et ces populations lointaines sont bien plus surprises encore de se voir révéler que ce système merveilleux n'est en aucune façon réservé par la France (qui n'en aurait pas le droit) aux citoyens français, mais que tout le monde peut en bénéficier, à condition d'avoir un permis de séjour, et encore n'est-ce pas strictement indispensable, bien loin de là: faire des enfants sur place, au contraire, peut grandement faciliter l'obtention de documents administratifs et ouvre déjà, en soi, de nombreux droits, ne serait-ce que pour les enfants eux-mêmes, pour commencer. Comment ces populations ne rêveraient-elles pas d'accourir vers pareil inimaginable Eldorado, et tout spécialement lorsque leurs traditions culturelles, religieuses et familiales, les portent à des fratries de huit, dix, douze, quand ce n'est pas quinze ou vingt enfants? Quitte à avoir de toute façon des progénitures de pareille ampleur, mieux vaut, indubitablement, tâcher de les mettre au monde et de pourvoir à leurs besoins en France plutôt qu'en Algérie, au Togo, au Mali ou au Burkina-Faso".

Soufflez.
Renaud Camus, qui ose tout, s'empresse de préciser, après avoir ainsi erré, que Le Pen est, lui aussi, un remède "impossible".
Le Pen, certes, "est peut-être (...), hélas, l'homme politique français des trente dernières années qui, globalement, a eu le plus souvent raison".
Explique Renaud Camus.
Mais pour autant, avec Le Pen, ça va pas être possible.
Alors que, par exemple, Philippe de Villiers ne serait "pas impossible".
(Ca change tout.)
Cependant Camus l'avoue: certain(e)s de ses ami(e)s auraient préféré un candidat "plus proche".
Par exemple: "Alain Finkielkraut".
Las: il ne s'est pas manifesté...

23/02/2007

Fou Rire!

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D'accord: c'est potache.

Mais ça m'a fait hurler de rire, et, là, tout de suite, je continue à me gondoler.

Voyez plutôt.

Hier matin, j'ai balancé ici un billet sur le tout nouveau blog de FOG, aka Franz-Olivier Giesbert, patron de "Le Point".

Un bien joli blog, où l'on apprenait par exemple, dès le premier jour, que Jack Lang était "sincère", et Nicolas Sarkozy, gentil.

Aussitôt, des habitué(e)s de "Vive Le Feu!", qui ont l'esprit taquin, se sont rués chez FOG, pour déposer leurs commentaires.

Acerbes, les commentaires?

Nenni!

Laudatifs!

Voire: flattifs!

Voire même: si exagérément outranciers, dans la très veule flagornerie, que même un enfant de trois ans ne s'y serait pas laissé prendre!

Mais là?

Que croyez-vous qu'il se passa?

Voui!

Sur le blog de FOG, "les commentaires sont modérés", et n'apparaissent pas "tant que l'auteur" (FOG, donc) ne les a "pas approuvés" .

Mais là: ces grands coups de langue, abominablement serviles, ont pour la plupart été validés!

Autant l'énoncer clairement: la plupart des 29 commentaires déposés hier sur le blog de FOG l'ont été par des piliers de "Vive Le Feu!", désireux de voir jusqu'où il était possible d'en rajouter dans la basse et vile flatterie d'une éminence journalistique.

(Et c'est là qu'une espèce d'interminable fou rire m'a pris!)

Voici, pour le plaisir, une sélection de ces commentaires: vous pouvez aller vérifier chez FOG, ils y sont tous!

● Monsieur,
J'apprécie depuis longtemps la qualité et la tenue de vos interventions, élégantes et sans flagornerie.
Continuez ainsi, pour mon plus grand plaisir.
Rédigé par: olivier de melgueil | le 22 février 2007 à 10:25

● Bonjour Monsieur,
Savez-vous que votre numéro du Point sur les rentiers RMIstes a été un vrai plaisir, une bouffée d'air frais pour moi qui suis un chef d'entreprise responsable.
J'en ai assez de la mollesse dans ce pays et de l'assistanat à tous les étages ; ce numéro de votre journal a été une vraie délivrance : je n'étais plus seul et je n'avais plus honte de défendre à mon tour la vraie valeur du travail récompensé.
Votre journal a été l'un des rares a oser parler de cette chose qui fâche tant, à briser le tabou des profiteurs qui touchent le RMI.
encore bravo et merci.
Bonne continuation.
Rédigé par: Titi | le 22 février 2007 à 12:11

● Bonjour Monsieur Giesbert,
je suis très heureux de voir que vous vous lancez vous aussi dans cette belle aventure que représente la tenue quotidienne d'un blog.
Je suis un fidèle lecteur du Point.
Je vois en vous un bel héritier de MM Revel (paix à son âme) et Imbert, deux des plus belles plumes françaises, éprises de liberté, amoureuses de notre patrie.
Longue vie au Point, longue vie à votre blog.
Vive la France.
Rédigé par: xolotl | le 22 février 2007 à 15:58

● Monsieur,
Très heureux et satisfait de voir que mon commentaire a été retenu.
J'espère que mon soutien présent viendra enrichir la réflexion qui manque en France sur le besoin urgent de réformes -qu'heureusement des journaux comme le Point défendent avec courage et dignité.
Cependant, je me permets une remarque à la lecture de certains commentaires - tel celui de Monsieur Xolotl : je décèle une pointe d'exagération chez certains commentateurs comme ce monsieur laquelle laisse percer une ironie. J'ajouterai : de malveillance. Je me demande si ce blog, qui vient de naître pour mon plus grand plaisir, est modéré de manière adequate. Il faut faire attention qu'il ne devienne pas, comme tant d'autres sur l'internet, un nouveau repère de gauchistes anarchistes.
Bien à vous
Rédigé par: Titi | le 22 février 2007 à 16:25

● Monsieur Giesbert,
je suis surpris et outré de lire le commentaire ci-dessus du dénommé TITI (ce monsieur n'a même pas le courage de donner son nom).
Quelle qualité a-t-il pour me railler ?
Quelle ironie y-a-t-il à en appeler à MM Revel et Imbert, ces autorités morales incontestables ?
Quelle malveillance y-a-t-il à vouloir mettre ses pas dans ceux qui ont fait ou font la France ?
Je compte sur votre sagesse et votre bienveillance, Monsieur Giesbert, pour faire en sorte que votre blog reste une référence.
Rédigé par: xolotl | le 22 février 2007 à 16:43

● Monsieur Gisbert,
Permettez moi d'avoir l'honneur de vous accueillir...chez vous!
Et, aussi, par le biais de mon nouveau rendez-vous quotidien qu'est votre blog, d'avoir le plaisir de vous lire plus, si je puis me permettre, intimement...
Bien à vous
Rédigé par: allaxe | le 22 février 2007 à 17:06

● Cher Monsieur Giesbert,
Je suis heureux de voir un homme tel que vous, n'ayant pas peur de s'attaquer à tous les tabous sclérosant notre belle france, tenir enfin un blog.
J'espère que ici aussi vous vous attaquerez sans peur à tout les avantages acquis socialo-communistes qui nous empêche d'aller de l'avant avec les entrepreneurs courageux qui sont la moelle épinière de notre société.
Cordialement
Rédigé par: gyhelle | le 22 février 2007 à 17:25

● Je suis d'accord avec vous, la liberté d'esprit d'Alain Duhamel n'est plus à démontrer.
Il ne s'est jamais laissé aller à cette pensée gauchisante qui défend les privilèges des fonctionnaires et leurs syndicats arc-boutés sur des acquis d'un autre âge. Il a toujours salué librement le courage de grands hommes tels Bernard Arnault, François Pinaud ou Arnaud Lagardère, des gens comme vous et moi,qui triment et ne vivent pas de l'assistanat.
Je pense qu'un tel homme mériterait un portrait dans votre journal Le Point, à moins que ce ne soit déjà fait ?
Rédigé par: Louis Michel | le 22 février 2007 à 17:26

● Monsieur
J’ai découvert votre blog ce matin avec beaucoup de plaisir.
Je vois d’ailleurs que je ne suis pas le seul, plusieurs commentaires le démontrent.
Hormis la qualité de vos textes, ce qui m’a vraiment plut, presque ému, c’est de voir que vos lecteurs (ici et au Point) ne sont pas fait du même bois que les habituels et sinistres bobo-anarcho-gauchistes qui, après la presse écrite, ont envahi la blogosphere.
Encore merci.
Longue vie à votre blog.
Vive la France.
Rédigé par: rep ban | le 22 février 2007 à 17:45

● Cher Monsieur Giesbert,
Vous êtes un des derniers phares dans la brume médiatique. Vous inondez nos foyers de vos lumiéres médiatiques. J'ai été bluffé par vos analyses sans concession de Jacques Chirac et François Mitterrand. Continuez de faire retentir votre liberté de ton et votre analyse indépendante dans les médias et maintenant la blogosphére!
Sincérement votre.
Erwann de Saint-Pons
Rédigé par: Erwann de Saint-Pons | le 22 février 2007 à 17:52

● Bonjour,
Petit patron de PME. J'apprécie la ligne éditoriale de votre journal. Il est impossible qu'en France, la souffrance des petits patrons soient mises de côtés pour les "profiteurs" en tout genre qui ne connaissent pas la véritable valeur du travail qui font la fierté des gens comme vous et moi!
Les 35h, les charges qui pésent sur les entreprises font que les personnalités libres fuient la France car on les entravent!
Tout çà fait du mal à la France! Il faut que çà se sache. Vous pourrez nous y aider Mr Giesbert.
Merci de témoigner!
Rédigé par: William Creusot | le 22 février 2007 à 18:17

● merci pour ce blog que nous attendions tous! Je vois en vous un digne émule de M.Pinault, qui a tant fait pour la culture française avant d'être honteusement chassé à Venise par notre incurable culture collectiviste;
Rédigé par: Valdo | le 22 février 2007 à 19:07

Et, sans déconner: tout ça est passé comme lettres à la poste!

Pour ce moment de franche hilarité: merci, ami(e)s!

Merci!

22/02/2007

Le Blog De FOG

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Ayé.
Franz-Olivier Giesbert, aka FOG, patron de "Le Point" et remplaçant d'Alain Duhamel sur une radio périphérique éprise de rigueur déontologique, a son blog.
Hier, il a publié ses trois premiers billets.

Le premier, à 19.00, pour signaler que ""Le Point" bat chaque semaine des records de vente".
Chouette.

Le deuxième, à 19.02, pour signaler qu'il (FOG) avait reçu dans la matinée un "coup de téléphone de Jack Lang".
D'où il est ressorti que Marie-Ségolène Royal "a réussi à séduire" ce bon Jack.
FOG: "Je le connais bien et depuis trop longtemps pour ne pas savoir qu'il était sincère".
Youpi.

Troisième billet à 19.03.
Le voici, dans son intégralité:
"Ce matin, avant de faire mon éditorial sur RTL, j’ai entendu Nicolas Sarkozy dire qu’il ne comprenait pas la mise à l’écart d’Alain Duhamel que je remplace, en alternance avec Serge July, jusqu’au second tour. Bien qu’Alain Duhamel ait déclaré qu’il voterait François Bayrou, Nicolas Sarkozy prenait sa défense avec conviction. Je crois qu’il va nous manquer, Alain, même s’il reste sur l’antenne. Sans parler de sa liberté d’esprit, il y a chez lui une honnêteté intellectuelle, une conscience professionnelle, une rigueur aussi, qui expliquent sa décision."

On le constate: FOG a tenu deux minutes, après avoir inauguré son blog, avant de commencer à flatter une éminence.
Déjà, c'est une jolie performance.
Mais surtout: il a encore tenu, ensuite, pas moins d'une (longue) minute supplémentaire, avant d'observer que Nicolas Sarkozy était décidément un homme de "conviction", d'ouverture, de tolérance.
Bravissimo!

21/02/2007

"Kommandantur" (Une Saloperie De Philippe Val)

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Après avoir, la semaine dernière, on l'avait relevé ici, humblement supplié Nicolas Sarkozy de toucher sa bosse, Philippe Val, patron de "Charlie Hebdo", lèche ce matin d'une langue frénétique, dans un éditorial odieux, l'avantageux postérieur d'Alain Duhamel, qui "est marrant, (...) fait partie des bons intervieweurs, (...) est tenace, et, sur le tard, devient même pugnace".

Fermez le ban.

La raison de ce brame hivernal est bien évidemment la vraie-fausse éviction d'Alain Duhamel de l'antenne d'une radio périphérique et d'une télé de service public, après son aveu qu'il voterait pour François Bayrou à la présidentielle.

Philippe Val, dont nulle dignité n'entrave les tristes prêches, renifle, dans ce burlesque épisode, des relents d'hitlérisme.

"Cette affaire, qui arrive après celles de Béatrice Schönberg et de Marie Drucker, est très intéressante", écrit-il.

Car au fond, "quel inconvénient y a-t-il à ce qu'une ou un journaliste ait une liaison avec tel ou telle" homme ou femme politique?

Aucun, évidemment, assure Philippe Val.

Puisque, rappelle-t-il dans l'un de ces pudiques raisonnements qui souvent le caractérisent: "Hannah Arendt couchait avec Heidegger, elle n'était pas inscrite au parti nazi pour autant..."

C'est, déjà, formidable de lumineuse intelligence.

Mais vous allez voir: la suite est mieux encore, où Philippe Val, toute vergogne bue, crache tout soudain son venin sur Guy Birenbaum, coupable d'après lui d'avoir "mis sur son blog" la "vidéo volée" où Duhamel confessait, devant une maigre assemblée, son intention de voter Bayrou.

Philippe Val écrit: "Guy Birenbaum a fait jouer à l'Internet un de ses rôles favoris: la Kommandantur pour tous".

...

Philippe Val, qui fait métier de vendre des mots, semble ignorer qu'ils ont un sens - qu'ils sont porteurs, notamment, d'une charge émotive. (Ou peut-être le sait-il - auquel cas il aurait sciemment fait le choix de ne pas s'en formaliser.)

"Kommandantur", par exemple, nous parle très distinctement d'un temps, point si ancien, où la règle n'était certainement pas l'éviction d'un chroniqueur politique de centre-droit, mais plus directement la torture, l'assassinat, la déportation, le crime.

Contre l'humanité.

Rien d'exactement anodin, n'est-ce pas?

Mais rien non plus qui puisse arrêter Philippe Val, dans son affreux délire.

Guy Birenbaum, qui est mon éditeur et mon ami depuis dix ans, serait donc, je le découvre aujourd'hui, quelque chose comme un Feldgendarme - et je vais vous dire: l'insulte qui lui est ici infligée me fait d'autant moins rigoler, que je connais un peu l'histoire de sa famille, où l'on a très chèrement payé naguère le droit, pour Philippe Val, de vomir aujourd'hui ses dégueulasseries.

Le patron de "Charlie Hebdo" joue ici avec des réalités qui le dépassent - de très loin.

Ce n'est pas la première fois: il nous a déjà, hélas, habitué(e)s à voir Staline un peu partout.

Mais ça devient très, très, très incommodant.

20/02/2007

Les Dictons Cons De La "Gauche" Qui Pense: "Une Election Se Gagne Au Centre"

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Hier matin, "Libération", quotidien patronal payant, a publié un entretien de bas de page avec un certain Yves Michaud, "philosophe", qui "pense que [Marie-Ségolène Royal] devrait replacer sa campagne au centre", car, pour l'heure: "Elle traîne les boulets de la gauche".

Diantre.

Michaud, nous dit-on, "ne cache pas sa sympathie pour la candidate socialiste", mais pour autant "juge avec sévérité la campagne de Ségolène Royal".

On devine qu'un si formidable paradoxe, riche de mille complexités, ne pouvait pas échapper à "Libération", où l'on cultive le goût d'expliquer avec des mots simples, voire simplets, chaque infime subtilité du grand jeu campagnard.

Michaud, qui "a participé à la rédaction du discours [marieségolèneroyaliste] de Villepinte du 11 février", n'en fait (donc) pas mystère: la campagne de Marie-Ségolène Royal lui inspire "deux inquiétudes, sur le fond et la forme".

Sur la forme, par exemple, Michaud relève, navré, qu'"elle a perdu le bénéfice du discours de Villepinte en retournant faire des réunions participatives avec les enseignants".

Traduction, pour les mal-comprenant(e)s: à quoi sert qu'un philosophe de renom planétaire se casse le cul à rédiger une oraison d'élite pour Marie-Ségolène Royal, si aussitôt après l'avoir dite, elle retourne se compromettre avec la grossière valetaille des collèges de ZEP?

(Non mais sérieusement?)

Cependant ce n'est pas tant la forme, qui fait salement flipper Michaud, que le fond.

Car Michaud est profond.

Il observe ainsi que: "Sur le fond, le problème vient du fait que Ségolène Royal est l'otage de la gauche".

Même le salarié de "Libé" qui recueille sa pensée a un peu de mal à dissimuler complètement la stupéfaction que lui inspire cette burlesque saillie, et lâche un roboratif: "C'est à dire?"

Michaud, dès lors, développe: "[Les] propositions [de Marie-Ségolène Royal] en matière sociale sont convaincantes, mais il faut les inscrire dans le cadre d'un donnant-donnant, d'un rapport entre les droits et les devoirs".

Il est d'autant plus normal de promettre un coup de pouce aux smicards (et autres fieffés branleurs de l'assistanat revendiqué), suggère ici Michaud, que cette promesse n'engage qu'eux.

Mais il conviendrait, pour que l'échange soit juste, que cette gueusaille, de son côté, baisse d'un ton ses jérémiades.

Il est urgent d'ailleurs que Marie-Ségolène Royal le lui signifie clairement: qui ne risque rien, n'a rien.

Pas de mains?

Pas de chocolat, feignasses.

Or, cela, Marie-Ségolène Royal, "contrairement à ce qu'elle faisait lors de la campagne interne du PS et qui a été la cause de son succès, [...] ne le fait plus".

Pourquoi cette soudaine pusillanimité, qui tant navre Michaud?

"Parce que [Marie-Ségolène Royal] est l'otage du PS et de l'extrême gauche".

Explique ce drôle de philosophe.

"Otage"?

Oui!

Puisqu'il est maintenant permis de le révéler, je le confirme bien volontiers, après l'avoir encore vérifié auprès de plusieurs gorges méga-profondes au sein (notamment) de l'appareil "socialiste".

Jean-Luc Mélenchon et les Dupont et Dupond du militarisme soviétique (Besancenot et Laguillier) menacent d'exécuter Marie-Ségolène Royal si elle ne satisfait pas à leurs effroyables revendications.

Michaud, qui de son côté n'est pas du genre à transiger avec la vermine terroriste, relève un exemple (frappant) de ce monstrueux chantage: paralysée par le Tokarev et la mine sadique d'Alain Krivine, Marie-Ségolène Royal "parle d'augmenter les petites retraites, mais ne dit rien des régimes spéciaux".

La pensée Michaud apparaît ici pour ce qu'elle est: un feu d'artifice de l'esprit.

"Oubliant" que les "socialistes" ont clairement énoncé leur intention de charger, en fiers boeufs de combat, la grotesque muleta des régimes spéciaux, Michaud, trouvère juppéiste, les exhorte à renoncer pour de bon aux rares silences qui les différencient encore de l'UMP.

En Michaud vernaculaire, ça donne: "[Marie-Ségolène Royal] assumait des propositions dérangeantes pour la gauche, aujourd'hui elle n'insiste plus sur les contraintes que cela implique. Voilà ce qui la plombe en la rejetant à gauche".

(On notera, au passage, que trois grands esprits se rencontrent ici: Michaud, comme avant lui Laurent Joffrin et Renaud Dély, patron et patron-adjoint de "Libération", réclame que la "gauche" brise enfin les tabous qui retiennent encore le patronat de la rallier complètement.)

C'est naturellement un peu gros, et c'est là que Michaud, donnant la pleine mesure de son génie dialectique, sort de son chapeau un bon gros dicton à la con: "Une élection se gagne au centre".

Et de préciser: "On le sait".

On lit ça, on est pris de pitié: on a envie de réconforter Michaud, en lui disant, mais c'est pas grave, mon roudoudou, ça nous arrive à tous, d'exploser le déconnomètre.

Parce que bien sûr, dans la vraie vie (qui est rarement du même avis que les philosophes de médias), une élection présidentielle se "gagne" si peu "au centre", que la dernière du nom a quand même vu s'affronter, au second tour, la droite mid-tempo (Chirac), et la droite hardcore (Le Pen).

Cependant que Jospin, honteux, expiait à Ré sa ridicule proclamation que son programme n'était, rappelez-vous, "pas socialiste".

La leçon, d'évidence, n'a pas servi.

Incapables, c'est tragique, d'envisager que le salariat (mais pas que) puisse attendre, contre le hachoir néo-libéral, une autre alternative que celle qui fit jadis se pâmer le parrain capitaliste Claude Bébéar (ému que cette "gauche" ait plus et mieux privatisé que le RPR ne l'avait fait), les "socialistes", ces pauvres bougres, continuent ici de travestir sous un prétendu "centrisme" leurs constants reniements.

Les mêmes, dans trois mois, sous le joug sarkozyste, iront s'interrogeant gravement: "N'avons-nous pas été encore trop exagérément "socialistes"?"

Dans l'art de recycler toujours les mêmes bouffonneries, fût-ce par un détour philosophique, faut le lui reconnaître: la rue de Solférino excelle.

19/02/2007

Triomphe De La Déontologie

Les big bosses de RTL, station périphérique où bruit parfois, tôt le matin, le clapotis d'une langue aphatique sur une chefferie patronale, ont la déontologie étroitement chevillée au corps.

Ils ont par conséquent suspendu, non le questionneur matutinal qui ne hait point le MEDEF, mais le (courageux) Alain Duhamel - pour le punir, car ce n'était pas (du tout) déontologique, d'avoir publiquement confessé, devant une assemblée de centristes mous, son intention de voter bientôt, incroyable surprise, pour un centriste mou.

Ca rigole décidément peu avec la déontologie sur les radios luxembourgeoises - comme disait l'autre matin Laurence Parisot, en séchant son fond de pantalon.

Les big bosses de RTL, après avoir fiévreusement compulsé leur Annuaire du journalisme déontologique, ont finalement choisi, on le sait, de remplacer le (courageux) Alain Duhamel par le (courageux) Franz-Olivier Giesbert.

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Ce choix honore les big bosses de RTL, car FOG (c'est l'affectueux surnom de cet homme d'immense kulture) n'est pas seulement déontologique: sa légendaire indépendance rappelle, en mieux, l'impertinence dont le retraité californien Johnny "Rotten" Lydon embarrassa naguère la (foutue) reine d'Angleterre.

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On se rappelle, par exemple, que FOG, après avoir, du temps de la splendeur d'icelui, soigneusement tu les menues imperfections du chiraquisme, n'a pas hésité, lorsqu'il fut bien établi que Chirac, atterré par trop d'affaires, ne se relèverait plus, à lui savater sauvagement la face, dans un livre fameux dont le (courageux) Alain Duhamel a pu dire: "C'est du Proust, en vachement plus raffiné, c'est beau, c'est chaud, c'est Franz-O."

On sait aussi que FOG, rompant le silence de plomb qui entoure généralement leurs travaux, n'hésite jamais, à la télé où il anime (avec son légendaire iconoclasme) une émission kulturelle d'une kolossale finesse, à laisser carte blanche à des auteurs hyper-maudits, comme, par exemple, Nicolas Sarkozy, Philippe Val, Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen, ou Nicolas Sarkozy.

On sait encore que FOG, opiniâtre militant du fanzinat révolutionnaire, aime (toujours ce goût de l'extrême autonomie) vouer la couverture de son brûlot hebdomadaire ("Le Point") à la promotion d'un homme, Nicolas Sarkozy, que la "grande" presse (qui ment) feint d'ignorer.

On sait enfin que FOG (chez qui le goût de la parité dépasse même, dit-on, celui d'épousseter les vestons de Nicolas Sarkozy) n'hésite jamais, lorsqu'il est retenu par un petit déjeuner, un déjeuner ou un dîner avec Nicolas Sarkozy, à déléguer à une femme (libérée), Catherine Pégard, le récit des (magnifiques) faits d'armes de (l'admirable) Nicolas Sarkozy, héros minoritaire d'une France enfin desservie de ses tyrannies médiatiques.

Par le choix de FOG, dans l'oreille de qui Nicolas Sarkozy aime à chuchoter au dessert que "toi, au moins, tu ne feras pas la connerie de révéler publiquement que tu votes pour moi, pas vrai, mon bon féal", RTL s'honore donc, et sauve notre paysage radiophonique d'un naufrage déontologique: merci, RTL.

18/02/2007

Connivences Et Complaisances: Le NDDFA

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Ceci est le NDDFA.

Le nouveau disque de Fred Alpi.

"Se reposer ou être libre".

Et alors, ami(e), c'est, au fond, très simple: ce disque, tu vas l'acheter.

Si tu ne veux pas que je supprime ton petit animal de compagnie.

Je dis bien: l'acheter.

(Non le chouraver, comme tu pourrais, par exemple, vouloir faire de la dernière production du brailleur bineuronal qui a récemment vendu son cul à Sarkozy - mais c'est une autre histoire, et je te rappelle, quand même, que le vol d'un oeuf mène généralement à celui d'un boeuf, qui ne t'a, en principe, rien fait.)

Ca va te coûter 12 euros, mais le jeu en vaut la chandelle, comme dit couramment Benoît XVI.

Fred Alpi, qui officie aussi au sein de l'immortelle Brigada Flores Magon et (depuis peu) d'une escouade rockabillyste, a déjà commis deux albums électriques, dans lesquels une jeunesse obstinément rétive aux joies du Marché a pioché quelques hymnes; comme, par exemple, "Jean-François B., social-démocrate" - où il est observé que: "Jean-François B. est social-démocrate: il est de gauche, mais de droite. Il n'a pas la rage, il n'a pas la haine, il espère seulement de plus grandes cages, de plus longues chaînes"... (Vous je ne sais pas: moi, des comme ça, j'en connais plein.)

Cette fois-ci, délaissant les watts (mais pas complètement, à vrai dire), Fred Alpi développe ce qu'il faut bien appeler un bon gros blues des familles, qui déchire assez grièvement.

Point numéro un.

Point numéro deux: ses paroles sont de celles, rares, qui dressent une limite infranchissable entre, d'une part, la besogneuse frime d'un, mettons, Pascal Obispo, et, de l'autre, la discrète perspicacité de qui sait dissimuler sous des refrains à la revenez-y un vrai boulot, probablement difficultueux, d'écriture.

Oui, da.

Exemple, avec le premier couplet de la chanson-titre de son ND: "Se reposer ou être libre".

Voilà ce que ça dit: "J'entendais encore, ce matin, un intellectueur à gages, qui étalait, à la radio, le contenu de son bagage. Il justifiait, oui il cautionnait, l'ignorance et la misère - il se croyait nouveau, ce laveur de cerveau, il n'était que réactionnaire".

Vous notez comme ces quelques mots, ahurissants de précision, valent, de très loin, n'importe quelle dissertation longue sur les nouveaux réacs?

N'est-ce pas?

Et donc, dans la mesure où le reste égale très largement ce minuscule extrait, je me demande sincèrement, ami(e), pourquoi tu es toujours là, calé(e) devant ton écran, et non déjà en train de commander ce digne disque sur le site de FA (que tu trouveras ci-contre, dans la (cinquième) colonne des ami(e)s)...

Je veux dire: tu es sûr(e) que tu aimes vraiment ton petit chien (chat, tortue, cochon d'Inde)?








PS 1: Le disque sera aussi dispo demain "dans les bacs".

PS 2:
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PS 3: Ce billet sera diffusé en stéréo sur le (glorieux) blog du Folklore de la Zone Mondiale.

17/02/2007

Arlette Chabot, Directrice De L'Information De France 2: "Plus Neutre Que Moi, T'Auras Quand Même Du Mal A Trouver, Connard De Gauchiste"

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Arlette Chabot, pourquoi avoir suspendu d'antenne Alain Duhamel?

■ Nous nous sommes conformés aux principes fixés par le président de France Télévisions, à savoir que les journalistes doivent être neutres, d'une très grande impartialité et ne faire l'objet d'aucune suspicion*.


Vous êtes bien Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2?

■ Ben non, mon con, je suis Nana Mouskouri.


Non je demande, parce que ça doit pas être évident, pour vous, d'arriver à proférer sans pouffer que les journalistes doivent rester neutres?

■ Le fait est: ça requiert un minimum de concentration.


Le 30 novembre dernier, par exemple, vous avez publiquement suggéré à Nicolas Sarkozy, devant des millions de Français(es) écoeuré(e)s, que vous ne trouveriez, je vous cite, "pas forcément désagréable" de "passer la nuit" avec lui...

■ Merci de signaler le "pas forcément", qui induisait une réserve dont l'impartialité ne vous aura pas échappé.


Le 30 novembre toujours, vous laissez un salarié du "Nouvel observateur", Serge Raffy, prodiguer à Nicolas Sarkozy des caresses d'une insoutenable obscénité...

■ C'est quoi, la question, là?


J'y arrive: est-ce que vous n'auriez pas dû, à ce moment-là, conseiller aux téléspectateurs d'éloigner leurs enfants du poste?

■ Ben voyons. Et tu voudrais pas aussi, quand Michel Drucker reçoit Bernadette Piècesjaunes, qu'il rappelle, pourquoi se gêner, que le (merveilleux) président de France Télévisions a naguère publié sa grasseyante hagiographie?


Par contraste, vous avez, l'autre soir, fait preuve d'une moindre aménité avec José Bové, pour ne citer que lui...

■ Ah, là, je dois dire: c'est vrai que l'idée ne me viendrait pas de lui proposer de passer "la nuit ensemble". Franchement, la maison verte, la douche solaire et les toilettes sèches, très bien, mais perso, les moustaches parfumées au roquefort? Je passe!


Finalement, la suspension d'Alain Duhamel est...

■ La preuve qu'on doit faire hyper-gaffe à ce qu'on dit, quand on parle de Nicolas Sarkozy entre nous.


Nous?

■ Jean-François et moi.


Vous parlez de Jean-François Copé, que vous embrassez comme du bon pain?

■ Sans déconner: j'ai une gueule à fréquenter Jean-François Dupont, épicier à Trouduc-les-mines?


Copé, donc.

■ Putain, ils m'ont envoyé Sherlock Holmes...


Mais quand vous parlez de "faire hyper-gaffe", qu'est-ce que ça veut dire exactement?

■ La règle est simple pour un journaliste: il ne doit pas révéler quel est son vote. Maintenant, c'est sûr qu'on sait désormais que tout peut être en registré et se retrouver sur le Net. Même en privé, on fera attention*.


Le mot de la fin?

■ Ca serait bien que tu te casses, là: Jean-François m'attend pour le déjeuner.






* Propos rigoureusement exacts, publiés ce matin dans "Le Parisien-Aujourd'hui".

Pour plus de (réjouissantes) précisions, lire "Le Plan B", numéro 6, en vente chez tous les bons épiciers.

Le Rap Et La Gavotte: Philosophie(s) De L'Anti-Anti-France

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Vous l'avez sans doute remarqué: le rap hexagonal a ceci de très particulier qu'il fédère, beaucoup plus nettement que la gavotte ou la bourrée, des urticaires épars, et peut, nous l'allons voir, unir, dans un même rejet, des intellectuels de renom (médiatique) et de groupusculaires militants d'extrême droite*.

Prenons, par exemple, et complètement au hasard, un philosophe pondéré, connu aussi comme signataire d'une récente pétition en défense de la liberté de fustiger les musul... De la liberté d'expression: Alain "Finkie" Finkielkraut.

Et prenons Diam's, dont la production, à vrai dire, n'est pas ma seule tasse de thé quotidienne, mais dont le niveau moyen est tout de même un à deux millions de fois supérieur, les doigts dans le zen, à celui de l'affligeantissime Doc Gynéco.

Cette jeune demoiselle a sur Finkie le très curieux et très cocasse effet de le faire totalement disjoncter: il retrouve alors, pour fustiger sa prétendue francophobie, des accents classiques - mais il faut dire aussi, à la décharge de ce fier penseur, que le ventre est toujours salement fécond, d'où l'anti-France, hideux spectre, ne cesse jamais vraiment de ressurgir.

(Ainsi, Finkie s'est dit, l'autre semaine, sur France Inter, "affolé" par "la France de Diam's", qui, mesurez je vous prie l'horreur du propos, "parle fort, (...) vit en groupe et déteste les règles, (...) sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre", et autres stupéfiantes abominations.)

Cette allergie, au vrai fort peu philosophique, est déjà étonnante, mais il est surtout piquant d'observer qu'elle se décline aussi, quoique sous des formes éventuellement plus râpeuses, loin des légendaires trépidations intellectuelles et médiatiques de la capitale, comme par exemple à Nice, où, nouvelObs.com nous l'apprenait hier, "un concert" de rap vient d'être "annulé sous la pression de l'extrême droite".

Vouiiiii?

Qu'est-ce à dire, au juste?

Ceci: "Un concert de hip-hop prévu pour samedi 17 février au soir à Nice a été annulé par son organisateur à cause du "climat tendu" créé par une campagne hostile des Jeunesses identitaires, groupe d'extrême droite".

NouvelObs.com précise: "Les Jeunesses identitaires avaient distribué des milliers de tracts au cours des derniers jours, protestant contre la venue des artistes "dont le fond de commerce est la haine de la France et des français"".

Qui pourrait douter, après avoir lu ces quelques mots, de l'inéluctable fatalité d'une rencontre entre les (plus) grands esprits?

"Haine de la France et des Français"?

L'extrême droite niçoise tient, ici, le même discours, au mot près, que nos burlesques mandarins des médias et des lettres - et ce n'est sans doute pas complètement anodin.

Il me semble me rappeler que la récente (et totalement grotesque) annulation, à Berlin (si mes souvenirs sont bons), d'un opéra de Mozart, soudain perçu comme possiblement islamophobe ("Idoménée", on pense rêver), avait déchaîné, chez nos fouetteurs de musul... Vaillants défenseurs de la liberté de penser (© Florent Pagny), une (légitime) émotion, les précipitant, à la faveur aussi de la navrante affaire Redeker, vers leur coutumière posture pétitionnaire?

Fort bien.

Mais pour le coup, on comprendrait (fort) mal que les mêmes, dès ce matin, et pour les mêmes raisons exactement, ne hurlent pas leur indignation, après l'annulation du concert de Nice.

Or, c'est bizarre: j'ai le pressentiment qu'on va, sur ce coup-là, beaucoup moins les entendre...





* Ce phénomène, presque unique en son genre, est à rapprocher toutefois d'une autre de nos spécificités nationales: une même appétence pour le commentaire footballistique (en bleu et noir) chez des personnalités aussi diverses que messieurs Dupont et Durand, hooligans racistes à Paris, Frêche, éminence politique à la région Languedoc-Roussillon, ou Finkielkraut, débatteur à France Culture.

16/02/2007

L'Aube Rouge

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Ce matin, dans les irrésistibles pages "Rebonds" de "Libération", un écrivain, Pierre Rigoulot (dont chaque propos fait, de fait, rigouler aux éclats), nous somme de multiplier par cent nos achats de centième nécessité, car, explique-t-il:

1) "Consommer, c'est respirer".

2) Moins consommer serait livrer notre cher et vieux pays aux légions barbues, non (pour une fois) du fondamentalisme benladiste, mais du sanguinaire tyran qui nourrit de longue date, c'est parfaitement connu, le scandaleux projet d'annexer l'Ille-et-Vilaine: je veux parler, bien sûr, de Fidel Castro.

On dira ce qu'on voudra: c'est quand même rassurant, d'observer que de courageuses vigies refusent obstinément de baisser leur garde, face au péril rouge - qui n'a jamais été si menaçant.

Rigoulot, rappelez-vous, est cet homme qui, depuis quatre ans, rit d'avoir assez vécu pour témoigner de l'événement le plus réjouissant de l'histoire humaine: le rétablissement, par les seules voies du droit et de la morale, de la démocratie en Irak.

Les millions de litres de salive sucrée dont Rigoulot, d'une langue idolâtre, a lesté les fonds de pantalon de George W. Bush forment un sédiment qui, dans mille siècles, permettra aux géologues d'établir que la pensée française, dans les années 2000, éclairait l'humanité d'une Lumière salvatrice.

Cette fois-ci, Rigoulot fonde son délire sur le postulat qui assure déjà les fins de mois du navrant Nicolas Baverez: "Une rare sinistrose frappe une partie de l'opinion française. On consomme trop, paraît-il: il faut éteindre les lumières, ne pas faire couler trop d'eau et se préparer à des temps difficiles".

Rigoulot raille, de cette plume de plomb qui signale souvent les mammouths intellectuels: "Heureusement, un autre monde est possible, qui bannit le profit, la propriété privée et la surconsommation".

Et de préciser: "Le socialisme cubain en est un bon exemple".

Or: "En fait, le castrisme et les systèmes totalitaires du même type n'ont jamais proposé que des solutions catastrophiques pour le développement de leur économie et la liberté de leurs habitants. Ni ces vieilles dictatures plus ou moins rouges (ni les fous de Dieu ni les Khmers verts non plus d'ailleurs) ne veulent comprendre ceci: il n'y a d'épanouissement de l'homme qu'en développant ses capacités de produire, de choisir et de consommer - voyages et oeuvres d'art, nourriture et loisirs".

Rigoulot pose donc, avec la mâle assurance qui soude l'amicale des sectateurs déments de (feu) Jean-François "L'Aube Rouge" Revel, que le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources, loin d'être avérés (applaudissements nourris de Claude Allègre), sont (encore) l'une de ces monstrueuses conspirations planétaires auxquelles Brejnev et sa clique tchékiste ne nous ont, hélas, que trop habitué(e)s - mais que déjouent fort heureusement Rigoulot et ses pair(e)s.

L'altermondialisme, révèle Rigoulot, est un système totalitaire de type exotico-géorgien: la moustache de José Bové peine à dissimuler son atroce dessein polpotien.

Je connais personnellement des gueux démunis qui ne consomment ni voyages, ni loisirs autres que ceux que leur dispense le bon Patrick Le Lay, qui fait métier, comme Rigoulot, de vendre du consumérisme: j'aurais dû me douter que ces bâtards de pauvres étaient la nouvelle cinquième colonne de l'hydre soviétique.

 
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