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27/03/2007

Les Chiens De Garde

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La maison Denoël, éditeur à Paris, vient de publier un nouveau livre du politologue de génie dont l'univers entier nous envie la fiévreuse intelligence: je veux parler bien sûr de Pierre-André Taguieff, aka Tag(ada).

Titre: "Les contre-réactionnaires".

Sous-titre - où se devine tout un héritage de Lumière(s): "Le progressisme entre illusion et imposture".

C'est, je ne vous le cache pas, un bien bel ouvrage.

L'éditeur le présente en ces termes: "Ce livre est l'histoire d'une illusion devenue escroquerie: l'idéologie du progrès ou progressisme".

Et de préciser: "Le terrorisme intellectuel s'exerce aujourd'hui au nom de l'antifascisme, forme faible du progressisme, dans laquelle la visée d'émancipation a été remplacée par la pratique de la dénonciation".

Car, en effet, comme l'ont déjà observé nombre de penseurs de haute renommée: "Lorsque l'antifascisme n'a plus de vrais fascismes à combattre, les campagnes de délation suppléent aux luttes de libération. Les nouveaux progressistes se contentent de faire la chasse au Mal politique, incarné par les "puissants", les "dominants" et les "réactionnaires". Ils ne prétendent plus "créer l'homme nouveau" ni "changer la vie", ils se donnent pour seule ambition de barrer la route à la "réaction" ou à la "barbarie", dont le nouveau nom est l'Amérique, avec son "impérialisme" et son "libéralisme sauvage", et bien sûr son diabolique allié, le "sionisme international". Leur stock de slogans s'est enrichi de la mise en accusation des "néo-réacs". Un nouveau conformisme s'est installé..."

Le mot important, ici, est bien évidemment "conformisme".

L'éditeur l'a mis là pour que nous comprenions bien que Tag est d'un anticonformisme assez frénétique, et pour tout dire follement iconoclaste, et qu'il brise enfin, avec ce courageux ouvrage, l'ignoble tabou trotsko-benladiste de l'"antifascisme".

En quelques mots comme en cent: Tag (ré)invente l'antiantifascisme, exactement comme un célèbre philosophe a récemment (ré)inventé l'antiantiracisme.

Queeeeee de courage, décidément, chez nos maîtres-penseurs.

Tag l'affirme d'ailleurs dès la page 21 d'un ouvrage qui en compte, excusez du peu, 620: les quelques rares clercs de notaires qui osent encore dénoncer, comme lui, la tyrannie musulmano-marxiste dont l'obscurité n'en finit plus de s'étendre sur l'Occident "savent qu'ils vivent sous le règne d'un totalitarisme tiède et voilé, où des intellectuels jouent le rôle de commissaires politiques, de propagandistes et d'agitateurs".

Pire: ils sont victimes d'une "opération d'épuration idéologique".

(Je vous jure que je n'invente rien).

On voit par là que le (courageux) combat de notre politologue n'a que très peu d'équivalences dans l'Histoire: il est seul, ou (très) peu s'en faut, contre une populeuse racaille dont l'antifascisme "représente l'un des derniers vestiges de la propagande soviétique et de la langue de bois communiste".

Vous l'aurez compris: ce que nous avons là, en sus d'un ouvrage de 620 pages exceptionnel de lumineuse intelligence, c'est le scénario d'un affrontement pour le moins titanesque entre, d'une part, Pierre-André Taguieff, et de l'autre, Joseph Staline, qui est, je le précise pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore deviné, le véritable inspirateur de la scélératesse barbue connue sous le nom d'altermondialisme.

Tag l'écrit posément: de la même façon que l'antiracisme est le communisme du XXIème siècle, "l'altermondialisme est" pour sa part "le brouillon du communisme du XXIème siècle".

C'est déjà, en soi, vachement flippant - mais il y a pire, assène Tag: ce nouveau stalinisme "ne peut s'imposer sans alliance avec le nouveau totalitarisme fabriqué à la fin du XXème siècle: l'islamisme radical".

De sorte que si vous tombez sur José Bové en train de jouer au backgammon avec Oussama Ben Laden, faudra pas non plus vous étonner: ces deux-là sont teupos comme larrons en foire.

Nous révèle Taguieff.

Cela dit.

Je vous rassure.

Tout n'est pas (encore) complètement rouge et vert.

Tag trouve du réconfort (et probablement quelques raisons d'espérer) auprès d'une poignée de courageux résistants, qui refusent, comme lui, de laisser prospérer la gangrène besancenoto-mollahomariste.

L'un de ces courageux iconoclastes est le merveilleux président tunisien Ben Ali.

Taguieff se désole: "On ne saurait reprocher à un gouvernement de faire preuve de responsabilité", comme fait justement le gouvernement de cet excellent monsieur Ben Ali, "en considérant que l'islamo-terrorisme est une menace sérieuse et en prenant des mesures efficaces pour la conjurer".

Mais justement: ce reproche qu'on ne saurait formuler, de sombres salauds ne cessent de le formuler!

Ainsi: "le président Ben Ali, stigmatisé comme "dictateur", fait l'objet d'une campagne de diabolisation permanente venant des milieux de gauche et d'extrême-gauche, en France tout particulièrement, où des organisations de défense des droits de l'homme se mobilisent en faveur de terroristes, en particulier djihadistes"!

Non mais quelle horreur!

Il conviendrait que ces crevures "droitsdelhommistes" cessent, et prestement, d'importuner ce bon monsieur Ben Ali!

Car leur "pseudo-antifascisme risque ainsi de paver la voie conduisant à une révolution islamiste en Turquie"!

Bon sang, ma couille - mais c'est bien sûr!

Le courageux président Ben Ali, vous l'aurez compris, n'est pas seul à subir le harcèlement des islamo-gauchistes.

Le courageux futur président Nicolas Sarkozy, lui aussi, ne cesse d'endurer, au grand dam de Tag, les assauts de cette chienlit.

C'est énoncé assez nettement: "Ministre populaire et atypique, Nicolas Sarkozy" est la "nouvelle cible des bien-pensants de tous bords", et représente une "aubaine aux yeux des "stalino-trotskystes"".

Je résume: si t'es pas d'accord avec Nicolas Sarkozy, ben c'est probablement que t'es un(e) pauvre enculé(e) de "stalino-trotskyste" - et que tu fais sans doute partie de ces gens qui, "avec une évidente mauvaise foi", ont réagi "comme si" le candidat UMP "avait stigmatisé tous les habitants de toutes les banlieues françaises de "racailles"" - explique Taguieff dans un style approximatif.

D'où venait ce mauvais procédé?

Il venait de ce que les gens sont?

D'après vous?

Méchants.

Exactement.

Méchants, et, naturellement, staliniens.

Car, en réalité, le discours de Nicolas Sarkozy "s'inscrivait dans la noble tradition républicaine de l'appel au peuple, illustrée notamment par le style gaulliste en politique: un appel direct au peuple, et au peuple tout entier, par-delà les clivages fonctionnels (droite/gauche), et sans tenir compte du normativement correct édité (sic) par certaines élites".

Alors vous je ne sais pas.

Je crains, vous connaissant un peu, que voius ne soyez assez largement acqui(se)s au talibanisme vermillon.

Mais moi, ce genre de considérations?

J'adore.

Je trouve ça vachement beau.

Puis ça résume à peu près ce que je me disais, en lisant que de lâches parents d'élèves (d'origine afghane, pour l'essentiel, avec deux, trois irakiens tout de même et cinq géorgiens pur jus), renforcés par une directrice d'école hystérique, avaient menacé de lâcher des chiens sur de gentils policiers qui venaient, par le plus grand des hasards, d'interpeller un grand-père clandestin. (Un noiche, comme par hasard.)

Pas des chiens de garde, j'espère?

Je me disais aussi que Taguieff, outre son immense talent, a ceci de bien commode qu'on le reconnaît facilement: il ose presque tout.





PS: Naaaan, cherchez pas, les commentaires sont fermés. Je rouvre pas ce blog. Je me permets seulement de venir balancer un petit billet de temps en temps. Nuance. D'la bise à tou(te)s - et n'oubliez pas: Marie-Ségolène Royal est de droite.

Les commentaires sont fermés.

 
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