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29/03/2007

Et Là, Devinez Ce Qui Se Passe? Finkie Se Laisse Aller!

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C'est "Le Monde"(.fr) qui le rapporte*: "Alain Finkielkraut était en Israël la semaine dernière pour tenir une conférence à l'université de Tel-Aviv".

Et là, devinez ce qui s'est passé - d'après "Le Monde", qui cite le quotidien israélien "Haaretz"?

Deeeevinez?

Gagné: Finkie, notre Finkie à nous, notre briseur de tabous, notre commentateur sportif dont le monde entier nous envie les iconoclastissimes considérations footballistiques, a tranquillement pété les plombs.

Une fois encore.

Une fois de plus.

Une fois de trop, diront certain(e)s - mais quant à moi je ne m'inquiète pas: ce nouveau délire ne l'empêchera de conserver son rond de serviette dans la plupart des rédactions, où l'on aime à l'entendre divaguer.

Cette fois-ci, qu'a-t-il proféré, "en petit comité", devant "des hommes politiques locaux et des intellectuels"?

Ceci, rapporte "Haaretz" - où la pensée Finkielkraut semble décidément susciter beaucoup plus d'interrogations (effarées) que chez l'inénarrable Franz-Olivier Giesbert: "Les juifs de France n'ont d'avenir que si la France reste une nation: il n'y a pas d'avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d'être plus important".

C'est donc énoncé très clairement: dans l'esprit d'Alain Finkielkraut, une "société multiculturelle" est, par définition, une société antisémite, puisque sans "avenir possible pour les juifs"'.

(Je vous prie de le répéter lentement pour bien vous imprégner de l'énormité du propos.)

La faute à qui?

Aux "groupes antijuifs" qui jouiraient forcément, au sein d'une telle société, d'un "pouvoir" conséquent.

Nous dit Finkie.

Ces "groupes" ne sont pas clairement identifiés.

Mais on devine qu'il s'agit probablement de groupes de gens de type (très) moyennement caucasien, puisqu'ils n'apparaissent qu'au moment (complètement fantasmatique) où la France, vue par Finkie, cesse d'être une (grande et belle) nation pour devenir une (abominable) "société multiculturelle".

(La possibilité (fort complexe) d'un espace en forme de nation mutliculturelle n'existe pas, dans l'imaginaire un peu crispé de notre clerc de médias.)

Mais ce n'est pas tout.

Finkie, une fois lancé, a développé l'idée que (je vous préviens que c'est assez pointu): "En France, c'est la bourgeoisie contre les immigrés, et quiconque dit quoi que ce soit contre les immigrés est considéré comme raciste".

Je vous avais prévenu(e)s que c'était pointu: je ne commente pas.

Et l'affreux délire continue, sans qu'à aucun moment de gentils messieurs en blanc (couleur qu'il aime beaucoup) ne viennent chercher Finkie pour l'emmener dans leur jolie voiture qui fait pin-pon: "Le christianisme peut constamment être attaqué, mais il est interdit de dire quoi que ce soit de négatif au sujet de l'islam, parce que c'est la religion des opprimés et que si vous la critiquez, c'est que vous êtes racistes".

Je répère, en détachant bien chaque syllabe, ce morceau d'anthologie: "Il-Est-In-Ter-Dit-De-Di-Re-Quoi-Que-Ce-Soit-De-Né-Ga-Tif-Au-Su-Jet-De-L'Is-Lam".

Et là, c'est très simple.

Soit nous avons collectivement rêvé, quand nous avons cru lire, depuis 2001, des milliers d'articles éventuellement "négatifs au sujet de l'islam" (sans même parler des JT de France 2), avec au milieu de gros morceaux de brutalité tribunicienne, façon Rioufol ou Redeker.

Soit Finkie vit dans une réalité un peu décalée, qui n'est plus exactement celle du commun des mortels.

J'ai mon idée, sur la question.

(Et vous, ami(e)s?)

Ce qui est sûr, par contre, c'est que Finkie, aaaaaaah beeeeeen diiiiiiiiis doooooonc, en voilàààààààà une surprise, aime beaucoup Nicolas Sarkozy.

Beaucoup.

D'après Finkie, Nicolas Sarkozy a du succès parce qu'"il n'a pas le sens du politiquement correct".

Entre briseurs de tabous, on se reconnaît.

Mieux: on s'entraime.

Cependant Nicolas Sarkozy souffre, toujours selon Finkie, d'un pénible handicap: "Il est décrit par la gauche, et maintenant par le centre, comme un fasciste".

Dans la vraie vie, on le sait: non.

Pas du tout.

Dans la vraie vie, ni Marie-Ségolène Royal, ni François Bayrou n'ont traité Nicolas Sarkozy de "fasciste".

Dans la vraie vie, c'est un certain Alain Finkielkraut qui a dénoncé un, tenez-vous bien, "lapsus fasciste" d'Eric Besson, disciple bien connu de Benito Mussolini, qui avait osé, le faquin, s'en prendre à Nicolas Sarkozy.

Nous vérifions ici, une fois de plus, que la vraie vie n'est pas du tout comme Finkie aimerait qu'elle soit.

Probablement est-ce la raison qui le fait délirer.

A moins que...

Attendez...

Je me demande soudain si tout ça n'est pas encore un mauvais coup des journaleux d'"Haaretz", qui font rien qu'à embêter notre philosophe en déformant sa pensée?







* Et c'est l'ami Guy qui me le signale, en temps (presque) réel!

27/03/2007

Les Chiens De Garde

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La maison Denoël, éditeur à Paris, vient de publier un nouveau livre du politologue de génie dont l'univers entier nous envie la fiévreuse intelligence: je veux parler bien sûr de Pierre-André Taguieff, aka Tag(ada).

Titre: "Les contre-réactionnaires".

Sous-titre - où se devine tout un héritage de Lumière(s): "Le progressisme entre illusion et imposture".

C'est, je ne vous le cache pas, un bien bel ouvrage.

L'éditeur le présente en ces termes: "Ce livre est l'histoire d'une illusion devenue escroquerie: l'idéologie du progrès ou progressisme".

Et de préciser: "Le terrorisme intellectuel s'exerce aujourd'hui au nom de l'antifascisme, forme faible du progressisme, dans laquelle la visée d'émancipation a été remplacée par la pratique de la dénonciation".

Car, en effet, comme l'ont déjà observé nombre de penseurs de haute renommée: "Lorsque l'antifascisme n'a plus de vrais fascismes à combattre, les campagnes de délation suppléent aux luttes de libération. Les nouveaux progressistes se contentent de faire la chasse au Mal politique, incarné par les "puissants", les "dominants" et les "réactionnaires". Ils ne prétendent plus "créer l'homme nouveau" ni "changer la vie", ils se donnent pour seule ambition de barrer la route à la "réaction" ou à la "barbarie", dont le nouveau nom est l'Amérique, avec son "impérialisme" et son "libéralisme sauvage", et bien sûr son diabolique allié, le "sionisme international". Leur stock de slogans s'est enrichi de la mise en accusation des "néo-réacs". Un nouveau conformisme s'est installé..."

Le mot important, ici, est bien évidemment "conformisme".

L'éditeur l'a mis là pour que nous comprenions bien que Tag est d'un anticonformisme assez frénétique, et pour tout dire follement iconoclaste, et qu'il brise enfin, avec ce courageux ouvrage, l'ignoble tabou trotsko-benladiste de l'"antifascisme".

En quelques mots comme en cent: Tag (ré)invente l'antiantifascisme, exactement comme un célèbre philosophe a récemment (ré)inventé l'antiantiracisme.

Queeeeee de courage, décidément, chez nos maîtres-penseurs.

Tag l'affirme d'ailleurs dès la page 21 d'un ouvrage qui en compte, excusez du peu, 620: les quelques rares clercs de notaires qui osent encore dénoncer, comme lui, la tyrannie musulmano-marxiste dont l'obscurité n'en finit plus de s'étendre sur l'Occident "savent qu'ils vivent sous le règne d'un totalitarisme tiède et voilé, où des intellectuels jouent le rôle de commissaires politiques, de propagandistes et d'agitateurs".

Pire: ils sont victimes d'une "opération d'épuration idéologique".

(Je vous jure que je n'invente rien).

On voit par là que le (courageux) combat de notre politologue n'a que très peu d'équivalences dans l'Histoire: il est seul, ou (très) peu s'en faut, contre une populeuse racaille dont l'antifascisme "représente l'un des derniers vestiges de la propagande soviétique et de la langue de bois communiste".

Vous l'aurez compris: ce que nous avons là, en sus d'un ouvrage de 620 pages exceptionnel de lumineuse intelligence, c'est le scénario d'un affrontement pour le moins titanesque entre, d'une part, Pierre-André Taguieff, et de l'autre, Joseph Staline, qui est, je le précise pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore deviné, le véritable inspirateur de la scélératesse barbue connue sous le nom d'altermondialisme.

Tag l'écrit posément: de la même façon que l'antiracisme est le communisme du XXIème siècle, "l'altermondialisme est" pour sa part "le brouillon du communisme du XXIème siècle".

C'est déjà, en soi, vachement flippant - mais il y a pire, assène Tag: ce nouveau stalinisme "ne peut s'imposer sans alliance avec le nouveau totalitarisme fabriqué à la fin du XXème siècle: l'islamisme radical".

De sorte que si vous tombez sur José Bové en train de jouer au backgammon avec Oussama Ben Laden, faudra pas non plus vous étonner: ces deux-là sont teupos comme larrons en foire.

Nous révèle Taguieff.

Cela dit.

Je vous rassure.

Tout n'est pas (encore) complètement rouge et vert.

Tag trouve du réconfort (et probablement quelques raisons d'espérer) auprès d'une poignée de courageux résistants, qui refusent, comme lui, de laisser prospérer la gangrène besancenoto-mollahomariste.

L'un de ces courageux iconoclastes est le merveilleux président tunisien Ben Ali.

Taguieff se désole: "On ne saurait reprocher à un gouvernement de faire preuve de responsabilité", comme fait justement le gouvernement de cet excellent monsieur Ben Ali, "en considérant que l'islamo-terrorisme est une menace sérieuse et en prenant des mesures efficaces pour la conjurer".

Mais justement: ce reproche qu'on ne saurait formuler, de sombres salauds ne cessent de le formuler!

Ainsi: "le président Ben Ali, stigmatisé comme "dictateur", fait l'objet d'une campagne de diabolisation permanente venant des milieux de gauche et d'extrême-gauche, en France tout particulièrement, où des organisations de défense des droits de l'homme se mobilisent en faveur de terroristes, en particulier djihadistes"!

Non mais quelle horreur!

Il conviendrait que ces crevures "droitsdelhommistes" cessent, et prestement, d'importuner ce bon monsieur Ben Ali!

Car leur "pseudo-antifascisme risque ainsi de paver la voie conduisant à une révolution islamiste en Turquie"!

Bon sang, ma couille - mais c'est bien sûr!

Le courageux président Ben Ali, vous l'aurez compris, n'est pas seul à subir le harcèlement des islamo-gauchistes.

Le courageux futur président Nicolas Sarkozy, lui aussi, ne cesse d'endurer, au grand dam de Tag, les assauts de cette chienlit.

C'est énoncé assez nettement: "Ministre populaire et atypique, Nicolas Sarkozy" est la "nouvelle cible des bien-pensants de tous bords", et représente une "aubaine aux yeux des "stalino-trotskystes"".

Je résume: si t'es pas d'accord avec Nicolas Sarkozy, ben c'est probablement que t'es un(e) pauvre enculé(e) de "stalino-trotskyste" - et que tu fais sans doute partie de ces gens qui, "avec une évidente mauvaise foi", ont réagi "comme si" le candidat UMP "avait stigmatisé tous les habitants de toutes les banlieues françaises de "racailles"" - explique Taguieff dans un style approximatif.

D'où venait ce mauvais procédé?

Il venait de ce que les gens sont?

D'après vous?

Méchants.

Exactement.

Méchants, et, naturellement, staliniens.

Car, en réalité, le discours de Nicolas Sarkozy "s'inscrivait dans la noble tradition républicaine de l'appel au peuple, illustrée notamment par le style gaulliste en politique: un appel direct au peuple, et au peuple tout entier, par-delà les clivages fonctionnels (droite/gauche), et sans tenir compte du normativement correct édité (sic) par certaines élites".

Alors vous je ne sais pas.

Je crains, vous connaissant un peu, que voius ne soyez assez largement acqui(se)s au talibanisme vermillon.

Mais moi, ce genre de considérations?

J'adore.

Je trouve ça vachement beau.

Puis ça résume à peu près ce que je me disais, en lisant que de lâches parents d'élèves (d'origine afghane, pour l'essentiel, avec deux, trois irakiens tout de même et cinq géorgiens pur jus), renforcés par une directrice d'école hystérique, avaient menacé de lâcher des chiens sur de gentils policiers qui venaient, par le plus grand des hasards, d'interpeller un grand-père clandestin. (Un noiche, comme par hasard.)

Pas des chiens de garde, j'espère?

Je me disais aussi que Taguieff, outre son immense talent, a ceci de bien commode qu'on le reconnaît facilement: il ose presque tout.





PS: Naaaan, cherchez pas, les commentaires sont fermés. Je rouvre pas ce blog. Je me permets seulement de venir balancer un petit billet de temps en temps. Nuance. D'la bise à tou(te)s - et n'oubliez pas: Marie-Ségolène Royal est de droite.

09/03/2007

De L'Air!

J'ouvre la fenêtre, et qu'est-ce que je vois?

Des (vraies) gens!

De l'air!

De la lumière!

Puis je fais le compte des heures passées devant cet écran, depuis onze mois - et putain: ça calme.

Or donc: je ferme.

Au moins pour quelques temps.

Car, vous le savez, pour couronner le tout: la blogoboule me fout les sphères - et pas qu'un peu.

Tout ça demande réflexion - dont j'entrevois déjà la conclusion, mais bon: ne jamais dire jamais!

Merci à tou(te)s.

Les Patrons De "Libération" N'En Finissent (Décidément) Plus De Briser Les "Tabous" De La "Gauche"

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Laurent Joffrin, directeur de "Libération", vient de publier un livre: "La gauche Bécassine".

Ce livre existait déjà, ou presque, depuis l'an dernier.

Sous un titre différent, certes.

Puisqu'il s'appelait, en 2006: "Les tabous de la gauche".

Par ailleurs, son auteur n'était pas Laurent Joffrin, directeur de "Libération", mais Renaud Dély, qui est devenu, depuis que Laurent Joffrin est directeur de "Libération", directeur adjoint de "Libération".

Mais sinon?

C'était presque le même livre.

Je veux dire que le propos était le même.

Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer les quatrièmes de couvertures.

Au dos de l'ouvrage de Renaud Dély, on lisait, notamment: "A l'approche de l'élection présidentielle, la gauche française saura-t-elle enfin s'affranchir des tabous qui la corsètent? Pour l'emporter en 2007 d'abord, et réussir au pouvoir ensuite, comblera-t-elle ce défaut de lucidité qui l'a envoyée se fracasser sur le mur du réel le 21 avril 2002, puis, de nouveau, le 29 mai 2005?"

Un an plus tard, on lit, au dos du livre de Laurent Joffrin: "La gauche peut-elle gagner? Et surtout la gauche peut-elle réussir une fois au pouvoir? [...] Il lui manque le réalisme des analyses".

Chez Dély, on lisait l'an dernier: "[La gauche] reste prisonnière d'une grille de lecture poussiéreuse, brandit des références obsolètes, et se sert d'outils devenus inefficaces"...

On lit aujourd'hui chez Joffrin: "Une série de tabous et de totems pèse encore [...]. Une orthodoxie dépassée entrave l'action du camp progressiste. Une bien-pensance paralysante empêche la gauche d'épouser son temps. La gauche procède toujours par réflexes, par idées toutes faites, par dogmes assénés"...

En somme Dély et Joffrin se ressemblent assez: quand l'un dit une chose, l'autre la dit aussi.

C'est, déjà, rigolo.

Mais ça devient franchement cocasse quand on se rappelle que Laurent Joffrin avait déjà publié, avant que Renaud Dély ne commence à rédiger sa contribution au genre, un premier ouvrage pour, déjà, "tuer les tabous" de la gauche*.

Et donc, si nous reprenons l'ordre chronologique de ces diverses publications:

Laurent Joffrin, de "Libération", exhorte, dans un livre, la gauche à se libérer de ses tabous.

Puis Renaud Dély, de "Libération", somme, dans un livre, la gauche de se libérer de ses tabous.

Puis Laurent Joffrin, de "Libération", enjoint la gauche, dans un livre, de se libérer de ses tabous.

On a l'impression que ça ne va jamais s'arrêter!

Cependant que dans la vraie vie, cette gauche, exclusivement "socialiste", que les patrons de "Libé" trouvent encore trop précautionneuse, dans son allégeance au libéralisme, n'en finit plus de se droitiser...





* Voir, dans "Le Plan B" numéro 6, en vente chez tous les bons épiciers: "Deux ânes à la maison du caviar".

08/03/2007

Lettre Ouverte A Monsieur Jacques Hossaert, Procureur Adjoint De Nanterre, Sur "La Controverse Visant L'Appartement De Nicolas Sarkozy A Neuilly-Sur-Seine (Hauts-De-Seine)"

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Monsieur.


Même "Le Monde" le constate aujourd'hui: "La controverse visant l'ancien appartement de Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) n'est pas éteinte".

En effet, "Le Monde" l'observe: ""Le Canard enchaîné" du 7 mars livre de nouveaux éléments contredisant les explications du ministre de l'intérieur sur les conditions d'acquisition de son duplex en 1997 et précise ses soupçons de "prise illégale d'intérêt".

Ensuite, "Le Monde" vous cite.

En ces termes: "Interrogé par "Le Monde", le procureur adjoint de Nanterre, Jacques Hossaert, souhaite disposer des documents du "Canard" avant d'ouvrir une enquête préliminaire".

Vous précisez aussi, "Le Monde" le rapporte sans vous contredire: "C'est une question qui mérite d'être étudiée. Mais il faudrait que nous soyons saisis, au titre de l'article 40, par un commissaire aux comptes, une administration ou encore un élu".

Or: non.

Pas du tout.

Vérification faite auprès de plusieurs magistrats, pas forcément des moindres, et notamment auprès d'un procureur de la République: vous n'avez nul besoin, pour diligenter une enquête (préliminaire), d'être saisi, fût-ce "au titre de l'article 40".

C'est le parquet, seul, qui décide, règle de base, de l'opportunité des poursuites - sauf en certains cas très spécifiques: la diffamation, par exemple.

Or nous parlons, ici, non de l'un de ces (rares) cas particuliers, mais de droit commun, puisque aussi bien "Le Monde" évoque des "soupçons de "prise illégale d'intérêt"".

Dès lors: si "la question" des conditions d'acquisition de l'ancien appartement de Nicolas Sarkozy "mérite", comme vous le spécifiez, "d'être étudiée", pourquoi le parquet de Nanterre ne s'en est-il pas saisi de sa propre initiative - puisque rien ne s'y oppose?

Voilà ce qui m'étonne - et me tracasse.


Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

07/03/2007

Le Safari Banlieusard De "Charlie Hebdo": Petit Peuple, Incendiaires De Voitures, Gogos En Survet

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Le mépris de classe, on le sait, met parfois un peu de temps à s'imposer pour ce qu'il est.

Tel n'est cependant pas le cas ce matin dans "Charlie Hebdo", où un certain Jean-Baptiste Thoret crache longuement le sien (de mépris), dans un papier sidérant de brutale connerie.

Titre: "Pourquoi la "racaille" préfère Sarkozy à Royal".

Sous-titre: "La banlieue vote à gauche, mais préfère Sarkozy. Tel est le passionnant paradoxe qu'a révélé le 3 février dernier un sondage BVA".

Nous sommes, dès l'abord, prévenu(e)s: la banlieue, c'est la "racaille" (les guillemets (hypocrites) n'y changent rien).

Même Sarkozy n'ose plus l'énoncer aussi nettement.

Nous voilà, aussi, informé(e)s de ce qui "passionne" aujourd'hui l'hebdomadaire de Philippe Val: "un sondage BVA".

Dudit sondage, sur lequel pourtant il prétend appuyer son "raisonnement", il n'est curieusement question nulle part, dans l'article de Thoret.

On ne sait donc absolument pas sur quoi il portait, au juste, ni ce que les sondé(e)s ont répondu - mais pour tout dire, on s'en fout un peu: il n'y a plus guère que "Charlie Hebdo", pour trouver de l'intérêt aux tripotages de BVA e.a.

Nous sommes donc prié(e)s de croire Thoret sur parole, quand il affirme avoir découvert là un "passionnant paradoxe" - dont le principal mérite, nous l'allons voir, est de lui offrir l'occasion de se délester de sa bile.

Ce que nous avons là n'est pas le commentaire d'un sondage dont les résultats ne sont, je le répète, jamais cités, mais l'interminable délire d'un pauvre type qui, se lâchant, débite les sinistres clichés à deux balles qui lui rongent l'intelligence.

Ca commence comme ça: "Que le petit peuple banlieusard terrorisé par les incendiaires de voitures et les "Yo! Men" des cages d'escalier se prononce en faveur de l'actuel ministre de l'Intérieur n'a rien d'étonnant. Mais qu'en est-il des incendiaires eux-mêmes? Considèrent-ils le ménestrel de l'UMP plus en phase avec leurs problèmes concrets, mais, animés d'une force contraire, se prépareraient-ils à voter majoritairement à gauche?"

Matez le cauchemar: la banlieue, vue par le voyagiste "Charlie Hebdo", c'est, d'un côté, le "petit peuple banlieusard", et, de l'autre, "les incendiaires de voitures" (avec leurs "Yo! Men" de cages d'escaliers), qui, non contents de se comporter en terroristes, envisagent au surplus d'aimer Sarkozy.

Et pour cause: "L'adhésion politique, en banlieue ou ailleurs, est d'abord une question d'identification, et la schizophrénie apparente des électeurs du 93 révèle [...] une évidence qui fâche: si Royal semble les défendre, Sarkozy leur ressemble".

Nous progressons, vous l'aurez certainement relevé, dans une plus juste définition de ce que représente la banlieue dans l'esprit d'un salarié de "Charlie Hebdo": il s'agit, essentiellement, du "93" - de la Seine-Saint-Denis, comme on dit chez nous.

Vous aurez aussi retenu que l'électeur, "en banlieue ou ailleurs", est un être simple, et pour tout dire assez uniment con, puisqu'il vote sans vraiment réfléchir, non pour un programme et/ou un projet, mais par "identification".

(Le QI du banlieusard culmine décidément à 12: heureusement que "Charlie Hebdo" est là pour nous le signaler.)

Or, je vous le demande, à qui s'identifie la racaille des faubourgs?

A Nicolas Sarkozy.

Et cela, nous explique Thoret, pour une simple et bonne raison: le banlieusard (et singulièrement le banlieusard du "93") est, "au fond", et par procuration, un criminel de la pire espèce.

Tony Montana, pour ne pas le nommer.

Sous la plume de Thoret, ça donne cette "démonstration", extraordinairement lumineuse: "Au fond", Marie-Ségolène Royal représente "un repoussoir naturel pour une génération rétive à toute forme d'autorité, amatrice de rap et placée sous perfusion constante d'une imagerie "gangsta" qui vante les mérites d'une réussite clinquante et arrogante (strings, dollars et "guns" dans la boîte à gants), et dont le "Scarface" de Brian De Palma constitue le modèle absolu".

Car, Thoret l'a noté: "Logotisée partout, placardée, remakée dans les clips, tatouée sur les corps et les "pantalons patates", la trogne cicatrisée d'Al Pacino brandissant virilement une AK-47 fait figure d'icône".

(Je ne commente pas.)

Or - et c'est là que Thoret brille véritablement de mille feux conceptuels: "Le Scarface de l'élection présidentielle, celui qui en réfléchit le mieux l'image, s'appelle Nicolas Sarkozy".

Dès lors, c'est plié, nous annonce l'ahurissant Thoret: la "racaille", en effet, préfère Sarkozy à Royal.

Car, "dans tout bon film de mafia, on respecte celui qui ne pense qu'à vous écraser".

Mieux: "On admire secrètement ceux qui vous déclarent la guerre, ceux qui vous disputent un territoire et mettent la dose de Kärcher pour vous en déloger".

Notez-le, s'il vous plaît, sur un pense-bête: la banlieue est "un bon film de mafia".

Ou plutôt: les jeunes des banlieues sont tellement abrutis, qu'ils sont absolument incapables de faire la différence entre la réalité de leur vie quotidienne, et un blockbuster de Brian De Palma.

En outre, ils adorent, "au fond", qu'on les conchie: plus tu les brutalises, mieux ils te respectent!

Ah ça, pour des sombres cons...

Notez aussi le "secrètement": Thoret, c'est avéré, a une taupe de compétition dans l'inconscient des banlieusards, et cette gorge profonde l'informe régulièrement de ce que ces pauvres connards pensent "secrètement".

C'est du (très) grand journalisme d'investigation: vive "Charlie Hebdo".

Thoret, cependant, continue: "En traitant [...] de "racaille" tous ces gogos en survet qui frétillent au moindre refrain antiflics, en brandissant sans cesse la massue répressive, Sarkoface feint de prendre au sérieux la menace qu'ils incarnent et leur confère ainsi une identité qui, bien que fictive (qui les craint?), se conforme à leurs désirs de puissance".

C'est dit clairement: l'incendiaire de voiture (dont les motivations ne sont, bien sûr, pas envisagées une seule fois) est aussi, merci Thoret, un gogo en survet qui frétille au moindre refrain antiflics - comportement d'autant plus débile que la police est toujours, comme on sait, d'une exquise urbanité avec les jeunes des banlieues.

N'est-ce pas, Zyed Benna?

N'est-ce pas, Bouna Traoré?

Thoret conclut: "Règle d'or: dans "Scarface", on ne dézingue que les puissants, jamais les faibles. Stratégie retorse mais diablement efficace qui oppose à la compassion de gauche l'agression comme forme perverse de respect".

Bon.

Et pour ce qui serait des formes primaires de crasse vilenie journalistique?

Ah Non Mais Attendez, Nous C'Est Pas La Même Chose: Nous On Tue Ces Pauvres Bât... Ces Gens Pour Leur Bien

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Dimanche, encore (d'après "Le Monde").

Neuf personnes d'une même famille - neuf - "ont été tuées", en Afghanistan, "dans le bombardement de leur maison par l'armée américaine".

Dimanche toujours.

Dix autres civils afghans étaient "tués par des tirs de riposte d'une patrouille américaine".

Lundi, petite journée.

Un seul mort.

Un civil, derechef.

Tué "dans la ville de Kandahar", pour s'être, le salaud, "approché trop près d'une patrouille de l'OTAN".

Vingt civil(e)s abattu(e)s en deux jours.

"Dont un bébé de six mois" - détail charmant.

Quand Yankee rétablir démocratie, Yankee pas regarder à la dépense.

Question.

A ce rythme-là, combien de temps faudra-t-il aux chiens de guerre de George W. Bush, POTUS, pour faire autant de morts civils en Afghanistan que Ben Laden à New York, en 2001?

(Et d'ailleurs, sait-on, au juste, combien d'Afghan(e)s innocent(e)s, bébés compris, sont déjà tombé(e)s sous leurs tirs, depuis six ans?

Combien de centaines?

Combien de milliers?

Qui le sait?

Qui les compte?)

Ce n'est pas la même chose, dites-vous?

Ce n'est pas comparable?

C'est justement - voyez comme ça se trouve - ce que prétend le porte-parole de la Maison Blanche - un dénommé Tony Snow, qui affirme sans rire qu'"il y a une véritable différence entre les talibans, qui tuent des innocents pour des raisons politiques, et les Etats-Unis, qui détestent la mort de tout innocent".

Texto.

Et certes, on sait quelques peuplades, guatémaltèques ou viêtnamiennes, dont l'avis diffère quelque peu de celui de ce répugnant clown bushiste.

Mais les franches crapules souvent se reconnaissent à l'énormité de leurs mensonges - sur les rives du Potomac.

L'oncle Sam cisaille des civil(e)s au nom du Bien - contre le Mal.

Contre ce(lui) que d'autres déments appellent "Satan".

Ca ne vous rappelle rien?

06/03/2007

L'Election De Marie-Ségolène Royal Marquerait (Décidément) D'Une Pierre Blanche L'Histoire Des (Grandes) Révolutions

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On le devinait.

On le pressentait.

Mais c'est, désormais, une certitude: l'élection de Marie-Ségolène Royal marquerait d'une pierre blanche, au moins autant que jadis et naguère certains mois de juillet ou d'octobre (toutes choses égales par ailleurs), l'histoire (mouvementée) des (grandes) révolutions.

Son entretien d'hier, absolument ahurissant, avec trois salariés du "Monde", en témoigne - où Marie-Ségolène Royal se pose, avec une certaine vigueur, en présidentiable de gauche, certes, mais de droite.

(Comme dit le camarade Alpi.)

Elle explique, par exemple: "Je respecte le Parti socialiste, auquel je suis fière d'appartenir, [mais] je suis suffisamment autonome pour ne me laisser enfermer dans aucun dogme".

C'est, déjà, très beau.

Très iconoclaste.

Mais quels sont ces dogmes qui sifflent sur sa tête, et dans lesquels Marie-Ségolène Rebelle (with a cause) ne se laisse pas enfermer?

"Par exemple, la réconciliation des Français avec les entreprises. Ou l'urgente nécessité d'insuffler à notre pays le sens des compromis sociaux, à partir d'un syndicalisme puissant et rénové".

On lit ça, on ressent comme un début d'irritation; comme une espèce de commencement d'envie de balancer quelques lourds coups de pompes informatifs aux culs de quelques socialistes - ne serait-ce que pour leur enseigner les dévastations où leur culture du "compromis" nous ont déjà mené(e)s.

Traîtres infâmes!

Répugnants renégats!

La suite est du même tonneau: "Il est temps que la France sorte des logiques d'affrontement pour aller vers des logiques de dialogue et construise des cercles vertueux".

Chantonne Marie-Ségolène Royal, sur l'air de "Tata Yoyo".

C'est Charlotte aux fraises au joli pays du gentil patronat, en (beaucoup) plus mièvre: dis-moi un peu, salarié(e) sot(te), pourquoi tu irais affronter l'entrepreneur qui te vire, te délocalise, te hache et te chie sur - au lieu de parlementer gentiment?

Pourquoi ne pas te convertir enfin, gueusaille, aux joies pures d'un dialogue vertueux où le MEDEF te glissera d'aller te faire enculer sous d'autres cieux, et où tu répondras: "Merci, patron"?

Marie-Ségolène Royal continue: "A chaque fois qu'on défend les droits, il faut rappeler les devoirs et construire une société solidaire qui est le contraire de l'assistanat. A chaque fois que l'on veut distribuer, il faut dire comment produire plus et mieux".

En clair, t'aurais plutôt intérêt à faire tes devoirs, foutu(e) crevure de RMIste: sinon, fini(es) les allocs!

Parasite!

Droits contre devoirs: est-ce que je n'ai pas déjà lu ça, mot pour mot, ou presque, dans une chronique d'Eric Le Boucher (ou une tribune de Zaki Laïdi)?

Les salariés du "Monde" qui recueillent cette effroyable confession royaliste posent alors, une fois n'est pas coutume, une question pertinente: "C'est résolument social-démocrate?"

Ca l'est, en effet.

Dans le meilleur des cas.

Mais la courageuse Marie-Ségolène Royal, qui espère avoir encore une poignée de profs dans son électorat, fait mine de ne pas s'en apercevoir: "Je n'ai pas besoin d'étiquette. Je suis dans le socialisme du XXIème siècle".

Explique-t-elle.

Jaurès, épuisé, n'en finit plus de ruer dans sa tombe, ivre de rage et de dégoût.

Nous voilà édifié(e)s - mais nous l'étions déjà: pour Marie-ségolène Royal, le "socialisme" est ce paradis jeangandoisien où le (bon) peuple dialogue et (se) compromet avec le capitalisme désinhibé - plutôt que de contester sa monstrueuse hégémonie.

Un Eden, aussi, où le (bon mais con) peuple apprend le caniveau et vote où on lui dit de voter: Marie-Ségolène Royal, qui n'a décidément pas digéré le gigantesque lattage référendaire d'il y a deux ans, veut très sérieusement organiser "un nouveau référendum sur l'Europe avant juin 2009".

Ben.

Vo.

Yons.

Le (bon) peuple aura-t-il également le droit de revoter, le jour où il s'apercevra que sa présidente "socialiste" se fout très salement de sa gueule?

05/03/2007

Acrimonie Moustachue

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Samedi, le quotidien vespéral payant (QVP) de Jean-Marie Colombani(tchitchi), aka "Le Monde", a publié, page 14, "une lettre d'Edwy Plenel", ancien directeur (moustachu) de la rédaction du "Monde", qui fut, on se le rappelle (et on rit) brutalement démis de ses fonctions.

Dans cette "mise au point", dont la sauvagerie peut (vous êtes prévenu(e)s) incommoder, Edwy Plenel saute à pieds joints sur la face d'un ancien ami de trente ans: Alain Minc, le plagiaire (servile) dont le capitalisme décomplexé s'arrache les commentaires, et qui préside le conseil de surveillance du QVP de Jean-Marie Colombani(tchitchi).

Edwy Plenel écrit: "En difficulté sur les conflits d'intérêts que génèrent ses relations d'affaires et ses amitiés politiques, le président du conseil de surveillance du "Monde" s'est trouvé un témoin de moralité: moi-même. "Le Monde", dit Alain Minc dans vos éditions du 3 février, serait sa Mitsva, autrement dit sa bonne action selon la tradition juive, "comme le disait Edwy Plenel"".

C'est cette dernière affirmation d'Alain Minc qui a mis Edwy Plenel en rage: il ne supporte pas que celui dont il flattait naguère l'encolure se prévale aujourd'hui de leur ancienne amitié de trente ans - après l'avoir laissé jeter comme un vieux slip élimé.

Plenel explique donc: "Aussi, afin d'éviter tout malentendu, dois-je cette précision aux lecteurs de ce journal qui fut durant un quart de siècle le mien: si j'ai certes, il y a bien longtemps et dans une conversation privée, utilisé avec ironie cette formule, je n'en suis pas moins convaincu que l'action d'Alain Minc auprès des actionnaires du "Monde" fut une mauvaise action qui a entraîné sa normalisation économique dont découle sa banalisation éditoriale".

Queeeee d'acrimonie!

Edwy Plenel reste semble-t-il persuadé que le monde (sans majuscule) a encore quelque chose à foutre de son avis sur "Le Monde".

Résultat: il délire.

Car, bien sûr, "les conflits d'intérêts que génèrent (les) relations d'affaires et les amitiés politiques d'Alain Minc" n'ont jamais dérangé notre excellent moustachu, lorsqu'il dirigeait la rédaction du "Monde" - non plus d'ailleurs que "l'action d'Alain Minc" auprès de ses copains du patronat.

Edwy Plenel, au contraire, trouvait cela formidable, et bichait comme un fou à la seule évocation du nom de Minc.

Je sais bien que les divagations d'Edwy Plenel n'intéressent plus personne, mais, personnellement, j'avoue: ce foutage de gueule moustachu n'a pas fini de me faire marrer.

04/03/2007

Un Sujet De Réflexion...

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"Appel pour le vingtième anniversaire de l'arrestation des militants d'Action Directe" (extrait):

"Cet Etat, si prompt à tourner la page de la collaboration avec l'occupant nazi et qui amnistia les parachutistes tortionnaires, le quarteron des putschistes d'Alger, les terroristes de la Cagoule et ceux de l'OAS..., cet Etat nous rend un bel hommage en nous considérant, encore et malgré les décennies de cachot, comme de redoutables ennemis impossibles à libérer tant le danger que nous représentons "à l'air libre" serait grand pour lui et ses sbires!"

Ca donne à réfléchir, hein?

 
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