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02/04/2007

Un Salarié De "Libé" Raille Ses Burlesques Patrons

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Ce matin, dans les pages "Rebonds" de "Libération", un certain Grégoire Biseau, journaliste à "Libération", moque longuement ses risibles bosses, Laurent Joffrin (photo) et Renaud Dély, dans une tribune dont le titre d'origine devait justement être - du moins est-il permis de le supposer : "Les Gracques pris en flagrant Dély de déni".

(Mais il est finalement devenu: "Les Gracques pris en flagrant délit de déni".)

Grégoire Biseau écrit en effet: "Voici donc les Gracques, un nouveau groupe de hauts fonctionnaires socialistes, qui appelle à une alliance entre François Bayrou et Ségolène Royal. Après leur coming out il y a quinze jours, les Gracques ont récidivé cette semaine en publiant dans "Le Point" une lettre à Ségolène Royal qui détaille leur feuille de route programmatique".

Grégoire Biseau demande: "Comment ces brillantes personnalités, qui ont dans le passé récent occupé des positions très importantes dans plusieurs cabinets de ministres socialistes, justifient-elles leur projet d'alliance?"

Grégoire Biseau répond: "L'un des leurs (...), interviewé dans l'édition du "Monde" d'hier (...), déclare: "Il est temps que le PS fasse sa mue idéologique et accepte l'économie de marché"".

Grégoire Biseau commente: "On se frotte les yeux".

Et de fait: on se les frotte, avec même une certaine vigueur.

Parce que dans la vraie vie, comme le rappelle impitoyablement Grégoire Biseau: "Qui en 1983 a fait le choix historique de la rigueur et de l'intégration économique européenne? Le gouvernement de Pierre Mauroy. Qui en 1986 a amorcé la libéralisation du système financier, étape préliminaire à l'ouverture de notre économie aux capitaux étrangers? Le gouvernement de Laurent Fabius. Qui au début des années 1990 a théorisé les bienfaits de la désinflation compétitive? Pierre Bérégovoy, d'abord en tant que ministre de l'Economie puis en tant que Premier ministre. Qui en 1992 a fait campagne en faveur du traité de Maastricht et de l'euro? François Mitterrand. Qui en 2000 a signé l'ouverture à la concurrence du marché du gaz et de l'électricité au sommet européen de Lisbonne? Lionel Jospin. Qui a privatisé France Telecom et vendu l'Aérospatiale à Lagardère? Le même Jospin. Qui a même envisagé d'ouvrir le capital d'Areva? Laurent Fabius".

Dans la vraie vie, donc, les veules renégats de la rue de Solférino, qui n'ont eu de cesse que de brader au capitalisme décomplexé leurs parties "socialistes", sont, très simplement, de droite.

Et les Gracques racontent, littéralement, n'importe quoi.

Leurs nez s'allongent, démesurément, sitôt qu'ils prennent la parole, et leur Gepetto ressemble d'assez près à Claude Bébéar.

Grégoire Biseau, qui a décidément tout l'air d'être de plaisante compagnie, enfonce le clou à grrrrrands coups de burin: "On se gratte alors la tête et on demande à nos amis des Gracques ce que serait alors un projet socialiste qui accepte (enfin!) l'économie de marché? (...) A moins que ne se cachent dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal quelques bombes qui nous auraient échappé. Une loi pour encadrer les salaires et les stock-options des patrons français? Non. Des mesures pour réguler l'activisme forcené des fonds d'investissement sur le fonctionnement de nos entreprises? Non plus. Un projet pour rééquilibrer les conditions de concurrence entre les industries des pays signataires des accords de Kyoto et les autres, libérées de toute contrainte? Toujours non".

Marie-Ségolène Royal est de droite: c'est toujours bien de le rappeler, fût-ce en creux.

Grégoire Biseau conclut, dans une adresse aux Gracques en forme de GROSSE pierre dans le jardin fleuri de ses propres chefs: "Messieurs, il n'y a aucune honte à vouloir voter Bayrou. Encore faut-il l'assumer. Car chercher de mauvaises excuses pour soulager une éventuelle mauvaise conscience, ça, en revanche, ce n'est pas très élégant".

Alors vous allez me dire: quel rapport avec les patrons de "Libé"?

J'y arrive.

Grégoire Biseau ne peut ignorer, lorsqu'il rédige sa tribune, que les Gracques ne sont pas seuls, dans leur "déni".

Deux hommes, parmi beaucoup d'autres, partagent, au mot près, le triste délire de ces hauts fonctionnaires: il s'agit de Laurent Joffrin, boss (barbichu) de "Libération", et de Renaud Dély(re), boss-bis (glabre) de "Libération".

Ces deux-là, qu'une espèce de sourde maniaquerie tient de fort près, passent leur temps à publier, à tour de rôle, des livres totalement grotesques, pour exhorter la gauche à faire (enfin) sa mue, à briser (enfin) ses tabous, pour accepter (enfin) l'économie de marché.

(Ouvrages drolatiques dont nous avons déjà parlé ici, et dont je ne vais donc pas vous infliger de nouveaux morceaux (interchangeables)).

Il est donc bien évident, même si son auteur ne l'énonce pas aussi nettement, que la tribune de Grégoire Biseau est pour lui une façon taquine de confronter ses patrons à l'affligeante médiocrité conceptuelle de leurs bouquins respectifs.

Grégoire Biseau leur a, ce matin, adressé un message clair: "Messieurs Dély et Joffrin, il n'y a aucune honte à vouloir être de droite. Encore faut-il l'assumer. Car chercher de mauvaises excuses pour soulager une éventuelle pauvaise conscience, ça, en revanche, ce n'est pas très élégant".

Merci, Grégoire Biseau.

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