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11/04/2007

"Libération" Déplore Que "La Gauche" Fasse Comme Dans Les Bouquins (Ridicules) De Laurent Joffrin, Directeur De "Libération"

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"Libération", quotidien comique, le déplorait hier, à la Une puis sur plusieurs pages: notre cher et vieux pays, dangereusement oublieux de son long passé insurrectionnel, "serre à droite".

J'ai lu ça, je me suis frénétiquement frotté les yeux - parce que bon, faut pas déconner: cette France où "les thématiques" droitières "se sont peu à peu imposées", c'est quand même le pays joli dont Laurent Joffrin et Renaud Dély, boss (barbichu) et boss-adjoint de "Libération", n'ont cessé, depuis des années, d'exiger l'avènement.

Faut quand même se rappeler, au moment où "Libé" lâche des petits cris d'orfraie sur le thème au secours-la-droite-revient, que depuis maintenant pas mal d'années, ces deux rigolos n'ont cessé, à grands coups de bouquins ridicules, mais totalement interchangeables, d'infliger à ce qu'ils nomment, drôlement, "la gauche" (alors qu'il s'agit du Parti "socialiste"), de rudes admonestations ériclebouchistes, sur le thème: "Tant que vous ne démantèlerez pas les kolkhozes, faudra pas vous étonner que Laurent Joffrin continue à prodiguer d'hypocrites mais caressantes flatteries à Eugène Sarkozy".

(Je résume.)

Pas plus tard que le mois dernier, par exemple, Laurent Joffrin a fait publier un grotesque opuscule (dont nous avons déjà parlé ici) pour exiger de cette "gauche" (qui a de si longue date vendu son cul au(x) marché(s)) qu'elle renonce, une fois pour toutes, à ses traditions collectivistes.

(Et fasse retirer de la rue de Solférino le buste géant de Staline qui défigure la salle "Jack Lang" des cocktails raffinés.)

Il suffit de jeter, après avoir lu ce délirant manifeste, un rapide coup d'oeil à la liste sans fin des menus présents dont le P"S" de gouvernement n'a cessé de gratifier le patronat, pour comprendre que "Libération" est dirigé par un gars qui a de la réalité une vision horriblement déformée: c'est probablement ce qui explique l'inconcevable tartuferie du numéro d'hier, où un certain Pascal Virot se demandait gravement, dans un long et sidérant papier, si "les Français auraient basculé à droite"?

Les Français, ma couille, je sais pas.

Mais les "socialistes", oui.

Très certainement.

La faute à qui, notamment?

Aux tristes clowns qui ne cessent, depuis des années, de répéter, en laquais dociles du néo-libéralisme, que "la gauche (...) reste prisonnière d'une grille de lecture poussiéreuse, brandit des références obsolètes, et se sert d'outils devenus inefficaces" (Dély), ou que (c'est rigoureusement la même chose, mais dite avec des mots un peu différents) "la gauche procède toujours par réflexes, par idées toutes faites, par dogmes assénés" (Joffrin), cependant qu'"une orthodoxie dépassée entrave encore l'action du camp progressiste" (Joffrin encore) et que, pour condenser, "une bien-pensance paralysante empêche la gauche d'épouser son temps" (Joffrin toujours).

Pascal Virot citait longuement, dans son papier d'hier, ces considérations du journaliste Eric Dupin, frappées au coin d'une certaine espèce de bon sens: "Nombre d'idées de droite ont pénétré ses adversaires politiques. Les gauches occidentales sont engagées dans un recentrage spectaculaire. C'est désormais la gauche, et non la droite, qui n'a plus confiance en elle-même. (...) La gauche inscrit son action dans le cadre mental de l'adversaire. Sa capitulation idéologique, plus ou moins inconsciente, la met en situation de faiblesse".

Dit autrement: la "gauche" fait, poliment, là où Laurent Joffrin et ses clones lui conseillent de faire.

Les mots (très moyennement subversifs) d'Eric Dupin sont donc, au fond, comme de lourds coups de pompes aux fessiers des bosses de "Libé" - qui, du fond de leur folie, pensent toujours que le conseiller de l'ombre de Marie-Ségolène Royal s'appelle Friedrich Engels, et que la planification décennale dont Jean-Louis Bianco se fait le discret champion risque de beaucoup nuire, à terme, à la paysannerie française.

N'allez pas croire cependant que nos drôles aient mesuré l'ineptie de leurs pseudo-questionnements sur la droitisation du pays.

Renaud Dély, un peu comme s'il n'avait pas même lu ce que Pascal Virot lui envoyait dans la gueule via Eric Dupin, a continué hier, dans un édito selon sa manière, à mâchouiller son antienne préférée: "Ségolène Royal ne pouvait laisser son camp continuer à s'illusionner sur l'état de la société française".

Ben, Renaud?

Pourquoi t'en fais pas un bouquin?

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