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14/04/2007

Ce Plantu, Quand Même! Qu'Est-Ce Qu'Il Est Drôle!

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Jean Plantureux, dit Plantu, est ce dessinateur incroyablement cocasse qui nous divertit chaque soir, à la Une du quotidien vespéral payant de Jean-Marie Colombani, de crobards aussi follement hilarants que ceux, naguère, dans "Le Figaro", de feu Jacques Faizant.

Les trouvailles de Jean Plantureux, je ne m'en cache pas, me réjouissent.

Cette façon qu'il a, par exemple, de représenter Sarko sous les traits d'un vizir: c'est d'un drôle!

Mais d'un drôle!

Un amateur éclairé d'illustrés pour la jeunesse me faisait d'ailleurs, l'autre jour encore, l'éloge de Jean Plantureux, en des termes dénués de la moindre ambiguïté: "J'aime beaucoup ce que fait Jean Plantureux, ça me rappelle un peu les Achille Talon de ma jeunesse".

Un temps, puis: "En moins rigolo, d'accord. Mais quand même".

Puis enfin: "Ah non, attendez. Maintenant que j'y pense, il me semble que ça me rappelle plutôt Iznogoud. Le vizir qui voulait être calife à la place à la place du calife, c'était dans Iznogoud, ou dans Achille Talon?"

Fin bref.

Ce que je voulais dire, c'est que je suis un fan de base de Jean Plantureux.

(La petite souris, entre nous: elle est pas irrésistible?)

Hier soir, tenez: le quotidien vespéral payant de Jean-Marie Colombani a publié le dessin de Jean Plantureux ci-dessus, qui m'a, personnellement, fait hurler de rire.

Il s'agissait, vous l'aurez deviné, d'illustrer, avec (beaucoup d')humour, la nouvelle idée, lumineuse, de Brice Hortefeux.

Je rappelle au passage, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, que Brice Hortefeux est ministre (délégué aux collectivités territoriales).

Si, si.

Je vous promets.

C'est le monsieur qu'on voit, sur beaucoup de photos, à deux ou trois centimètres derrière Nicolas Sarkozy - un peu comme s'il attendait qu'icelui, se retournant, lui fasse l'aumône d'un geste affectueux.

Sa nouvelle idée, eurêkiste, est qu'il faudrait "oxygéner la démocratie".

(D'où les mots "ASSEMBLEE "OXYGENEE"" gravés au fronton du palais Bourbon, sur le dessin de Jean Plantureux: encore une trouvaille!)

Pour faire de l'air dans les couloirs de la vénérable institution où, de fait, se reniflent encore, nonobstant le temps écoulé, d'ultimes effluves de l'incommodant after-shave de Philippe Séguin, Brice Hortefeux propose: "Pourquoi ne pas réfléchir à l'introduction, dans le mode de désignation des parlementaires, d'une dose de proportionnelle?"

Oui, hein?

Pourquoi qu'on y réfléchit pas, cons de nous?

Parce qu'enfin, cette introduction permettrait au Pen, vers qui Nicolas Sarkozy fait ces temps-ci des moues aguicheuses en espérant que cette cour obscène passera pour un tic nerveux, d'envoyer quelques député(e)s dans les travées de la prestigieuse enceinte où le parti de Nicolas Sarkozy a entériné tant de lois sécuritaires.

En sorte que l'idée, formidablement novatrice, du fidèle Hortefeux pourrait, je dis bien pourrait, avoir de faux airs de gâterie électoraliste - même si nous savons que ce n'est pas ce qui le motive, puisqu'il a déclaré, je cite: "Si c'est un signal au FN, ça l'est tout autant en direction de l'UDF".

Un peu comme si l'UDF n'avait pas déjà un groupe - certes restreint - à l'Assemblée.

Mais revenons, si vous le voulez bien, au dessin de Jean Plantureux.

On y voit, représentée avec ce fascinant talent qui a récemment fait dire à Philippe Val que "Jean Plantureux aurait toute sa place à "Charlie Hebdo", où on mégote pas sur l'extrême subversion", une scène qui rappelle un peu, toutes choses égales par ailleurs, les photos du 6 février 1934 de nos livres-d'Histoire-de-quand-on-était-petit(e)s: des gens, armés de piques au bout desquelles est fichée la tête à Chirac (et dont les chemises brunes et les brassards "FN" trahissent, je crois, l'appartenance politique) semblent monter à l'assaut du Parlement.

(Pour les abruti(e)s qui n'auraient pas compris, les mots "extrême droite" sont écrits en gros, sur la chemise (brune) du borgne du milieu.)

Nicolas Sarkozy, costumé en vizir, ne cache pas sa joie: "Des gens qui détestent tellement Chirac ne peuvent pas vraiment être mauvais", dit-il.

(Noter, par terre, le poignard ensanglanté: l'hommage (discret) à Goscinny est ici badigeonné d'un épais vernis culturel, façon toi-aussi-mon-fils, et tout le bazar.)

Jean Plantureux nous suggère ici que Sarko est quand même un peu chelou, puisque, regardez bien, l'assaut moyennement démocratique des gars qui viennent de procéder à la décollation de Chirac lui tire une larme de joie.

Mais Jean Plantureux, dans le même temps, nous rassure: ce qui anime Sarko, nous dit-il, ce n'est pas tant l'idéologie, que le désir de tuer le père.

Sarko n'est pas facho: il a juste un gros problème d'inconscient.

Ouf.

Comme dit Jean-François Kahn: "Quelque part, il est fou".

Mais comme dit Jean-François Kahn: "Le qualifier de "facho" ou de "raciste", comme s'y risque l'extrême gauche, est une stupidité".

Bon.

Admettons.

Si, si: admettons.

Je veux dire: il fait beau, il fait chaud, on ne va pas non plus se pourrir le week-end à cause d'une bulle de Jean Plantureux.

(Puis comme dit souvent l'Dalaï: "A chaque fois que tu envoies des pensées d'amour et de tolérance vers Jean Plantureux, jeune padawan, tu bétonnes ton karma, et du coup, c'est mathématique, tu augmentes grave tes chances de te réincarner en maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et là, sincèrement, à toi le gros pognon, om mani padme hum".)

Oui, mais.

A bien regarder le dessin de Jean Plantureux.

Qui découvrons-nous, juste là, juste au milieu des chemises brunes, aussi franchement rigolard que son voisin borgne?

Un monsieur en chemise rouge!

Garibaldi?

Non!

Mais bien plutôt - c'est écrit dessus: un mec d'"extrême gauche".

Aaaaaah, ben dites?

Nous revoilà, pour le coup, en terrain connu - pas vrai?

Jean Plantureux, à quelques jours du premier tour, nous adresse un message (très) moyennement subliminal, mais de facture franchement classique, puisqu'il s'agit d'un refrain traditionnel, et quelque peu dégueulasse, du répertoire néo-libéral: l'extrême gauche et l'extrême droite, nous explique-t-il d'un trait de Rotring, c'est rigoureusement la même chose.

Voyez d'ailleurs comme ces gens-là se marrent ensemble comme des baleines, au moment d'investir le Parlement!

(Voyez aussi comme Sarko, décidément, ne fait pas seulement de l'oeil à Le Pen, mais aussi, comme chacun(e) sait, à Besancenot, le putschiste.)

Sacré Jean Plantureux.

Qu'est-ce qu'il est drôle.

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