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23/04/2007

L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Fachos

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Vous avez entendu, hier, le discours du chancelier Sarkozy?

Franchement, ce fut un grand et beau discours.

Un grand moment de spiritualité orientale, avec beaucoup de gros morceaux de compassion.

Au fond, c'est tout simple: ce gars aime tout le monde.

Tout.

Le.

Monde.

En l'écoutant, je me disais: "Il est en somme bien naturel que le respectable Eric Besson ait vendu son... Ait librement choisi de mettre son intelligence, qui est vive, au service du chancelier Sarkozy".

(Eric Besson est le monsieur qui a longuement détaillé, dans un fascicule "socialiste", les mille et mille raisons qui, en politique, font de Nicolas Sarkozy quelqu'un d'assez moyennement recommandable - avant de rallier son panache blanc: on voit par là qu'Eric Besson est avant tout un homme d'inébranlables convictions.)



De leur côté, les pin's parlants du chancelier Sarkozy, je pense notamment à Soeur Simone (Veil) et à Frère Jean-François (Copé), ont décliné à la télé, sans mollir, le message d'amour du chancelier Sarkozy - avec une sincérité qui rappelait un peu, toute chose égale par ailleurs, l'enthousiasme prolétarien des artistes qui, jadis, retouchaient les photos du régime soviétique.



Soeur Simone, par exemple, n'a pas souvenir que le chancelier Sarkozy ait, d'une manière ou d'une autre, sauté à pieds joints sur de larges pans de la société française, ni confessé une quelconque "intuition" de type eugéniste.

C'est à peine si elle se rappelle avoir, en effet, entendu quelque chose qui pouvait, de loin, ressembler un peu à une histoire de "racaille" et de "nettoyage au Kärcher".

Soeur Simone cependant l'assure: ces mots n'étaient pas (du tout) ceux du chancelier, qui n'est qu'Amour, mais bien plutôt ceux d'une patriote ulcérée, dont le chancelier, dans son excessive bonté, souhaitait seulement, qui l'en blâmerait, apaiser le tourment.

Soeur Simone trouve assez normal que le chancelier flatte ainsi des croupes douteuses.

La dame aurait dit: "Y en a marre de ces bougnoules de merde, faut y aller au napalm"?

Le chancelier aurait, itou, répondu: "Mais très certainement, je conçois parfaitement que ces bougnoules de merde vous tapent sur le haricot, et m'en vais les napalmiser".

Soeur Simone trouve, en substance, qu'il faut vraiment être le dernier des Moscovites pour tenir grief au chancelier Sarkozy de son engagement courageux auprès des mégères patriotes.



Pendant ce temps-là, Frère Jean-François donne libre cours à sa joie: "Ce que je retiens moi de cette magnifique soirée de printemps, c'est que le Front National se ramasse une gamelle de compète, grâce au dévouement admirable du Sarkozaï Lama: des centaines de milliards de pauvres nazi(e)s de l'espace viennent de réintégrer le doux giron de la société multiculturelle égorgeuse de moutons, merci qui?

Merci ô sublime chancelier Sarkozy, qui avez su tenir à ces crevures fascistoïdes un discours de vérité vraie, brisant maint et maint et maint tabou".

(A ce moment-là, Dominique Voynet, horrifiée, se tourne vers David Pujadas: "Eêêêêêêrk! Mais il est immonde, ce mec! Regardez! Mais regardez: il crache plein de petits machins dégueulasses, quand il parle!"

David Pujadas: "Pas de panique, c'est des morceaux de pin maritime, c'est normal, c'est Jean-François Copeaux, il a finalement un peu de mal à arrêter la langue de bois, même les patches ne l'aident pas vraiment".)



Copé, sans déconner: on l'écoute, on finit par se dire que Sarko, c'est Pierre Vidal-Naquet, en mieux.

Or: non.

Du tout.

Sarko, c'est l'homme qui murmurait à l'oreille des fachos.

Le gars qui ne s'est jamais arrêté de les racoler à grands coups de slogans débiles, façon la xénophobie pour les nul(le)s.

De souffler sur les braises.

Les fidèles féaux de Sarkozy pourraient à la rigueur plastronner si leur champion avait fait un minimum de pédagogie antiraciste à destination de l'électorat frontiste, genre ben tu vois, Lucien, dans la vraie vie, si ta télé tombe en panne c'est pas seulement parce que le Rebeu du dessus a égorgé cent-vingt moutons dans son lavabo.

Mais le moins qui se puisse dire est que ce n'est pas ce qu'il a fait.

Ooooooh non, putain.

(Il est vrai que ses penseurs de chevet lui crachotent au creux des ouïes, depuis un gros paquet d'années, que l'antiracisme est la mère de toutes les perversions, et pour tout dire un nouveau "communisme" (soviétique), avec son interminable cortège de suppliciés, type Renaud Camus.)

Sarkozy est le gars qui, pour assouvir son ambition, a voulu dire tout haut ce que Le Pen pense tout haut, sous les applaudissements nourris d'une presse en déroute.

Il n'a pas "franchi deux fois la ligne jaune", comme essaie de nous le faire gober le triste patron de "Le Monde": il s'est délibérément vautré, avec délice(s), dans des haines recuites, à grands coups, notamment, de musulmans égorgeurs de moutons et de ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration.

Le gars essaie aujourd'hui, nous prenant décidément pour des con(ne)s de premier choix, de se présenter à nous sous les habits neufs de Martin Luther Sarkozy, mais ne pas s'y tromper: sa qualification d'hier signe, pour la deuxième fois en cinq ans, l'irruption au second tour de la droite extrême - à la différence près que ce coup-ci, "Libé" n'appelle pas à manifester.

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