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02/05/2007

"Cependant, Rabâché A L'Extrême, Le Discours Citoyenniste Classique Conduit Invariablement A Mener Le Peuple Aux Urnes Afin Qu'Il Réaffirme Sa Soumission Electorale"

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1.
Quelque chose me dit, mes camarades, qu'on va se manger ces jours-ci une espèce de grosse offensive de printemps des missionnaires du devoir-de-citoyen, avec de gros morceaux du traditionnel chantage électoral de nos "socialistes", genre, aaaaaah, tu votes pas, tu-préfères-profaner-la-mémoire-de-ceux-qui-se-sont-battus-pour-que-tu-aies-le-droit-de-voter-librement-pour-un(e)-candidat(e)-néo-libéral(e) - et ça te gêne pas, de faire le jeu du Front na... De Nicolas Sarkozy?

Vous me direz: c'est pas nouveau.

Et certes: ça ne l'est pas.

"Les élections sont généralement considérées comme le moment démocratique par excellence, l'essence même de la participation des citoyens au pouvoir, l'expression de leur souveraineté. Et lorsque la déception face aux partis, sourds aux attentes de la population, fait douter de la pertinence du vote, le sentiment citoyen finit toujours par reprendre le dessus. Nombreux sont ceux qui, lassés des politiques inégalitaires et antisociales constamment mises en oeuvre par les gouvernements successifs, n'ont plus d'espoir d'un quelconque changement par le vote. Cependant, rabâché à l'extrême, le discours citoyenniste classique qui souligne l'importance du vote, véritable "devoir civique", conduit invariablement à mener le peuple aux urnes afin qu'il réaffirme sa soumission électorale. Et même ceux qui ont compris l'inefficacité totale du vote se persuadent bien souvent de son importance au prétexte que l'élection constitue le dernier petit pouvoir qui leur reste, ou qu'il s'agit, finalement, d'un droit chèrement conquis qu'il ne faut pas abandonner, sauf à faire le jeu des extrémistes qui ne manqueront pas, eux, d'en user".

("L'impasse électorale et le projet anarchiste", éditions du Monde Libertaire.)

Ce n'est pas nouveau, mais c'est toujours aussi gonflant.



2.
"Tu votes PAS???"

Le gars te regarde un peu comme si tu venais de braquer une vieille mémé handicapée devant un DAB, et juste après, il fait semblant de réfléchir, et juste après, il te balance un truc absolument con, du genre: "Ah ouais, t'es un de ces mecs pour qui tout vaut tout, et qui à la fin des fins roulent pour Sarko".

Ben non - ma couille.

Tout vaut pas tout.

Mais Royal vaut Parisot - pendant que Sarko dit tout haut ce que Le Pen pense tout haut.

Ca fait, en effet, une différence - non dans le harcèlement des salarié(e)s, mais dans le nombre de coups de tonfas qui leur seront en outre assénés.

Puis faut que tu saches aussi que si Pinocchio fait un carton, c'est justement parce que le P"S" est devenu au fil des années une succursale fleurie du MEDEF - ma couille.



3.
Le fond de ma pensée: qui vote encore pour le "socialisme" hexagonal après 1983 prend manifestement du plaisir (et ce n'est certes pas interdit) à se faire salement posséder.

Point numéro un.



4.
Point numéro deux, qui découle du précédent: tu vois un "socialiste"?

Mords-le, et tiens-le solidement crocheté, jusqu'à ce qu'il reconnaisse: oui, j'usurpe une appellation que je n'ai cessé, au fil des années, de traîner dans la boue patronale; oui, j'ai privatisé comme un salaud, dans des proportions dont même Alain Juppé n'aurait jamais osé rêver, sous les applaudissements nourris de Claude Bébéar; oui, j'ai sauté à pieds joints sur la gueule du salariat, en essayant de lui dissimuler cependant, à grands coups de leurres sociétaux, qu'avec moi il allait en chier; oui, je me suis vendu au marché; oui, j'aime les stock-options; oui, je hais tout ce qui est social; oui, je suis la version funky et développementdurabliste de Jean-Louis Borloo.

Et, oui, bien sûr, je suis le même triste bouffon qui, après l'avoir si longuement harassé, ose encore faire semblant de se désoler que le prolétariat vote ailleurs.



5.
Le "socialisme" de gouvernement?

On a déjà donné, pas vrai?

Une fois, deux fois, dix fois.

Résultat des courses: les salarié(e)s de Renault-Vilvorde ont toujours (très) mal au cul, si vous me passez l'expression.

J'avoue: à chaque fois que j'entends un "socialiste" nous dire ah mais pardon, ah mais je suis profondément de gauche, je fais une réaction allergique.



6.
Et on serait sommé(e)s de reprendre le chemin des urnes?

Et il faudrait qu'on aille dimanche voter pour ces renégats?

Et il faudrait qu'une fois encore, on aille les repêcher?

Il faudrait qu'une fois encore on les mandate, pour qu'ils nous infligent en cinq ans, avec Bayrou et à grands coups de marketing sociétal à deux balles, ce que Sarko essaiera de nous infliger en cinq mois?

Mais on est quoi, au fond?

Des con(ne)s?

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