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03/05/2007

La (Très Sale) Vilenie Du Mercredi

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C'est devenu quelque chose comme un rendez-vous: lundi, ravioli, mardi, spaghetti, mercredi, vilenie de Philippe Val.

On en vient, quand le boss de "Charlie Hebdo" ne lâche pas, dans un éditorial grotesque, sa dégueulasserie du mercredi, à se demander s'il va bien.

S'il n'est pas souffrant.

Là, qu'on se rassure: il est en pleine forme.

Sa vilenie de la semaine en témoigne, qui devrait encore une fois révolutionner l'historiographie de l'obscénité sur canapé.

Val commence en raillant, pour s'échauffer, le "gros succès" des petits candidats au premier tour.

Il écrit: "Si on cumulait les scores des partis de gauche et de droite qui ont soutenu le non au référendum européen, on arriverait à un petit 25 %".

Il en tire la seule conclusion possible, à ses yeux: "La gueule de bois européenne est sévère".

Il précise: "Il faut dire que le monde merveilleux que nous devions habiter après la victoire du non n'a pas été livré".

C'est, naturellement, complètement crétin, et totalement hors-sujet: le moindre enfant de cinq ans moyennement versé dans le bla-bla d'après-scrutin a parfaitement compris qu'il n'a pas vraiment été question d(e l)'Europe dimanche dernier dans l'isoloir, que l'électorat noniste des partis de gauche a dès le premier tour voté "utile" comme un seul homme, et que c'est grâce aux voix de cet électorat, et à ces voix seulement, que Royal a pu se qualifier pour le second tour.

(Moyennant quoi elle a, sitôt sélectionnée, lancé de vibrants signaux amoureux en direction de François Bayrou...)

Mais Philippe Val ne cultive pas seulement le degré zéro du commentaire politicien: il est, aussi, épouvantablement vindicatif, et n'a toujours pas digéré que des Françai(se)s mal éduqué(e)s aient massivement voté, en 2005, sans tenir le moindre compte, les rascals, de son obsessionnelle mélopée oui-ouiste.

Le Duhamel du pauvre énonce alors, très posément, que: "Le seul plan B qu'on a vu, c'est le pont idéologique unitaire qu'a bâti Dieudonné en votant pour Bové tout en soutenant Le Pen".

Hhhhhhh...

On a beau avoir l'habitude: ça fait quand même quelque chose, de lire semaine après semaine de si minables saloperies dans un canard qui a tout de même été, il y a quelques centaines d'années, un peu rigolo...

Dans le cerveau effroyablement tourmenté du (tout) petit penseur de la rue de Turbigo (où se fabrique "Charlie Hebdo"), Le Pen et José Bové sont dans le même esquif, et c'est Dieudonné qui tient la barre.

A un moment donné, quelque chose a fait que les neurones de Philippe Val ont fini par se connecter, pour lui souffler, c'est absolument effarant, que rien ne différenciait José Bové du Pen.

Dans la vraie vie, évidemment, ce n'est pas exactement ce qui se passe - on est un peu confus d'avoir à le signaler.

Dans la vraie vie, quand Dieudonné a voulu s'immiscer, il y a de cela quelques semaines, dans la pétition appelant Bové à se présenter, les initiateurs de ladite ont mis exactement trois secondes à lui répondre que ça n'allait pas être possible.

Et Bové lui-même a réagi en moins d'une heure, pour inviter l'intrus à passer (très) au large.

Mais la vraie vie a ceci de pénible, du point de vue de Philippe Val, qu'elle interdit, en ce cas précis, la calomnie: aussi préfère-t-il s'en affranchir - et c'est vrai que tout devient tellement plus facile, quand on emménage dans la quatrième dimension.

Dans la vraie vie, on est là encore désolé d'avoir à le répéter, ce n'est pas José Bové, qui a passé de longues semaines à murmurer des trucs bien salaces à l'oreille des fans du Pen: c'est Nicolas Sarkozy.

Mais à la veille du second tour de la présidentielle, Philippe Val préfère mettre en garde contre un axe Bové-Le Pen qui n'existe que dans son imagination ravagée - plutôt que de nous rappeler que c'est Nicolas Sarkozy qui, dans la vraie vie, dit tout haut ce que le patron du FN pense tout haut.

Il est vrai: ce n'est pas José Bové, mais Nicolas Sarkozy, qui a récemment flatté l'encolure de Philippe Val en lui assurant qu'il était à donf pour la liberté d'expression - pendant que de l'autre main il faisait condamner un dessinateur coupable d'avoir, sacrilège, caricaturé un keuf.

De sorte que Philippe Val, à cinq jours du second tour, se garde bien de stigmatiser la sévère lepénisation de l'esprit de Nicolas Sarkozy, préférant le présenter dans son édito de cette semaine, ouch, le coup est d'une extrême rudesse, en ami "des compagnies d'assurance"...

Philippe Val peut alors, exhumant une sombre connerie que Bové lui-même a clairement confessée comme telle, nous rappeler, pour le cas où nous l'aurions déjà oublié, que les altermondialistes sont des antisémites - alors que le principal défaut de Nicolas Sarkozy est de rouler pour les assureurs...

Ca donne, sous la plume de Val, ceci, qui pue très fort: "Que peuvent bien avoir en commun ces trois-là [Dieudonné, Bové, Le Pen]? Plus de choses qu'on ne pense, et notamment la conviction que c'est le Mossad qui a intérêt à commettre des attentats contre les synagigues en France... C'est le genre de foi commune qui crée des liens"".

(Noter le "plus de choses qu'on ne le pense"...)

Et en effet, Bové, en 2002, avait lâché, sur les attaques visant des synagogues, cette fort triste connerie: « Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France, pour mieux détourner les regards.»

Mais.

(Il y a un (très gros) mais.)

Ce que Val "oublie", c'est que Bové a très clairement reconnu qu'il avait, sur ce coup-là, salement déconné.

Déclarant d'abord: "J'ai présenté mes excuses à la communauté juive. Mes propos, à mon retour de Ramallah, ne pouvaient pas être compris. Ils ont choqué, dans un contexte de souffrance, des familles juives françaises".

Puis: "C'est une véritable erreur, qui a fait mal à la communauté juive, et qui m'a fait mal à moi, parce que je me suis retrouvé accusé de ce qui est à mes yeux un crime absolu: l'antisémitisme".

Un "crime absolu: l'antisémitisme".

Difficile d'être plus net.

Mais Val préfère, dans "Charlie Hebdo", effacer jusqu'au souvenir de cette séquence - exactement comme la "Pravda" escamotait jadis les portraits des apparatchiks tombés en disgrâce.

Aux yeux de Philippe Val, qui n'en finit jamais de réagencer le réel en fonction de ses besoins idéologiques, le mea culpa de Bové n'a aucune espèce de valeur - alors que Nicolas Sarkozy est forcément sincère, quand il écrit à Val qu'il adore les caricatures.

En sorte que Bové, même après avoir posé que l'antisémistisme est pour lui un crime absolu, reste, sous la plume dégueulasse de Val, (sournoisement) raciste, alors que Sarkozy est, je cite, rappelons-nous l'édito où le boss de "Charlie Hebdo" le "remerciait", un homme de "valeurs qui ne se discutent pas".

Pour nous vendre l'idée que Sarkozy est rugueux, certes, mais bon au fond, Val a besoin de nous fourguer d'abord un moustachu aveyronnais d'apparence accorte, mais profondément lepéniste.

Son "plus de choses qu'on ne le pense" est, de ce point de vue, un pur chef-d'oeuvre de saloperie insinuatrice - mais qui, et pour cause, ne sera jamais documentée.

Dans la calomnie cent fois répétée, Philippe Val excelle.

Dans le mensonge par omission, Philippe Val se la donne, grave.

Dans la fabrication d'une vilaine gauche imaginaire, Philippe Val est douzième dan.

Philippe Val peut dès lors énoncer crânement qu'il votera "pour Ségolène Royal": on voit très bien dans quel camp le rangent ses procédés répugnants.

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