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03/05/2007

"Des Mots Qui Blessent", Dit-Il...

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Il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais: c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative, où Nicolas Sarkozy vient en paix.

(Il a, en cela, retenu la triste leçon de ses penseurs de chevet, qui n'ont de cesse, pour justifier leur soumission au(x) pouvoir(s) dominant(s), de caqueter que le réel n'est pas ce qu'il est, mais ce qu'ils disent qu'il est - nuance.)

Hier soir, par exemple, Nicolas Sarkozy a sermonné Ségolène Royal: "Il faut garder son calme et ses nerfs et utiliser des mots qui ne blessent pas", lui a-t-il dit.

Et d'ajouter: "Quand on emploie des mots qui blessent, on divise le peuple, alors qu'il faut le rassembler".

Mais, dans la vraie vie, question, qui a passé, je vous prie, beaucoup de temps à se gargariser de mots blessants, de mots salissants - de mots, en un mot, dégueulasses?

Qui a, par exemple, tranquillement fustigé les musulmans qui "égorgent des moutons dans la baignoire"?

Nicolas Sarkozy, en effet - qui se présente aujourd'hui à nous en homme de précautions, désireux surtout de ne "blesser" personne.

Nicolas Sarkozy, qui a posément énoncé dans ses discours de campagne, que: "La France n'a pas commis de crime contre l'humanité (...), la France n'a pas cédé à la passion totalitaire (...), la France n'a pas commis de génocide" - ainsi que Patrick Klugman le rappelle ce matin, dans les pages "Rebonds" de "Libération".

Merci, Patrick Klugman.

Du fond du coeur.

(Et merci à l'ami Guy B., qui avait, sur son blog, dénoncé le premier cet effroyable mensonge.)

"La France n'a pas commis de génocide"?

C'est, "à la lettre, faux, puisque arrêter et déporter sont, selon la définition de Nuremberg, constitutifs du crime de génocide".

(BHL, dans le "Nouvel observateur" de la semaine.)

C'est le problème, quand on s'affranchit quelque peu de la vérité: on finit, comme le souligne Patrick Klugman, par "justifier l'injustifiable".

On finit par "consentir aux plus hautes compromissions idéologiques".

On finit, par des mots qui ne sont plus seulement blessants, mais indiciblement répugnants, par occulter qu'"entre 1940 et 1945 la France a connu avec Vichy un régime qui a suspendu les libertés fondamentales, congédié le Parlement et mis en place un système de collaboration avec les nazis fondé sur la persécution de certaines minorités, au premier rang desquelles les Juifs".

Et ce n'est pas exactement anodin, n'est-ce pas?

C'est, même, si exceptionnellement gravissime, que j'aimerais, s'il vous plaît, que nous réfléchissions à cela: comment aurions-nous réagi si un autre que Nicolas Sarkozy avait publiquement lâché de si brutales énormités?

On aurait hurlé, pas vrai?

On aurait eu foutrement raison.

Tandis que là?

Rien - ou presque.

Les intellectuels en perdition qui s'accrochent aux revers des vestons de Nicolas Sarkozy ont soigneusement fermé leur gueule - et ses journaleux de compagnie ont redoublé d'efforts pour le présenter en victime d'un complot destiné à le diaboliser...

Des mots qui blessent, dit-il?

Mais il en est qui marquent même celui qui en use (et en abuse) d'une tache - indélébile.

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