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08/05/2007

Un Matin Dans La France D'Après

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Ce matin, "Le Parisien", où l'on a l'objectivité chevillée au clavier, pose trois questions gentilles à Georges-Marc Benamou, "écrivain et proche de Nicolas Sarkozy", qui lèche frénétiquement le nouveau président.

Il est vrai: le directeur de cabinet du nouveau président est récemment (et gentiment) intervenu auprès du boss de France Télés, pour lui suggérer de se montrer poli avec Georges-Marc Benamou.

A la question: "Georges-Marc Benamou, comment osez-vous encore, après de telles interventions, vous produire en public?"

Georges-Marc Benamou n'apporte aucune réponse, pour la simple et bonne raison que "Le Parisien", où l'on porte haut le flambeau de la déontologie, ne la lui pose pas (du tout).

Ce matin, Nicolas Sarkozy, méditant atypique, fait "retraite", à Malte, sur le yacht "luxueux" de Vincent Bolloré, avec sa famille et une poignée de proches.

Avant de partir, Nicolas Sarkozy avait passé la "nuit de dimanche à lundi" au "Fouquet's".

Ce matin, les pauvres con(ne)s qui ont cru Nicolas Sarkozy, quand Nicolas Sarkozy leur a signifié qu'il était "près des travailleurs" et non "dans les grands hôtels parisiens", doivent avoir déjà un peu mal au fondement: qu'ils se munissent d'onguents, ce n'est que le tout début.

Ce matin, ""enthousiastes", les patrons (se disent) prêts à bosser pour Sarkozy" - ainsi que le relève "Libération".

Ce matin, "Le Parisien", nouveau phare de la dignité journalistique, pose une longue série de questions, violemment inintéressantes mais d'une exquise gentillesse, à Patrick Balkany, "député et maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)" - dont le nom est pour les siècles des siècles synonyme d'extrême intégrité.

Ce matin, "Le Parisien" fustige, durement, la "sauvagerie" des "casseurs" qui ont de nouveau exprimé cette nuit leur hostilité au président Sarkozy, qui a tant fait pour la diffusion du credo lepéniste.

Ce matin, la violence n'est donc pas du côté du tribun qui a si pudiquement stigmatisé les salopards de musulmans qui n'en finissent jamais d'égorger des moutons dans leurs baignoires - mais du côté de celles et ceux qui refusent d'entériner cette haine banalisée.

Ce matin, "Le Parisien", où la décence règne sans partage, témoigne que les "violences" de la nuit dernière dernière étaient "comme (...) la guerre du Liban"...

Ce matin, Jean-Philippe Smet, fuyard fiscal, fait dire qu'il va probablement revenir en France, puisque aussi bien son ami et marieur, Nicolas Sarkozy, lui a promis un très joli bouclier fiscal - cependant qu'il promettait aussi de rudes lendemains pour les chômeurs, ces foutus parasites.

Ce matin, Jean-François Kahn, patron de l'hebdomadaire "Marianne", appelle, avec sa coutumière sagacité, à "en finir avec (...) les vieux refrains libertaires".

Ce matin, l'ahurissant Dominique Strauss-Kahn, occultant que son parti en est à prôner des alliances avec l'UDF ultra-libérale, exige un vigoureux virage à droite - exactement comme dans un éditorial de Laurent Joffrin, patron de "Libération", qui de son côté réclame que soit "repensé" rue de Solférino "le rapport à l'économie moderne".

Ce matin, comme hier matin, comme tous les matins du monde, "moderne" est le mot par quoi de tristes clowns libéraux masquent leur abyssale médiocrité, en même temps que leur absolue soumission au marché.

Ce matin, "Paris Match", propriété d'Arnaud Lagardère, lèche sur plusieurs dizaines de pages Nicolas Sarkozy, qui est l'"ami" et le "frère" d'Arnaud Lagardère.

Ce matin, "Paris Match" ne (se) pose (toujours) aucune espèce de question sur l'heureuse prémonition qui a permis à l'ami et frère de Nicolas Sarkozy de se défaire à temps de quelques parts d'EADS.

Ce matin, la France d'après, lourdement hérissée d'uniformes et de stock-options, commence à mieux nous apparaître pour ce qu'elle est.

Ce matin, la France d'après, la France de maintenant, est d'ores et déjà ce lieu dégueulasse où le grand patronat et la droite "décomplexée" affichent leur intimité sécurisée, sous le regard complice des journaleux serviles.

Ce matin comme hier, j'ai au téléphone des camarades salement pusillanimes, qui ont déjà intégré, fût-ce à leur esprit défendant, les menteries de Sarkozy, et qui soudain me disent, ouais mais faut voir, le gars n'est peut être pas si dangereux?

Ben les ami(e)s: ouvrez les yeux et les narines, ça devrait vous édifier.

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