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11/05/2007

Du Foutage De Gueule, Et De Ses Limites

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Dans "Le Monde", Alain Finkielkraut, philosophe médiatique, théoricien (re)connu de l'anti-antiracisme, admoneste aujourd'hui Nicolas Sarkozy - non pour fustiger son odieux braconnage sur les terres du Front national, mais pour le blâmer de son ostentatoire cabot(in)age maltais.

On lit ça, on pense rêver.

Finkielkraut écrit, par exemple: "On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires".

Puis: "Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte".

On aimerait dire ici à notre penseur d'élite que notre "honte" à nous, puis notre colère, ne sont pas nées d'hier, et de la nouvelle que Nicolas Sarkozy, dont les meilleurs amis s'appellent Bouygues et Lagardère, entretenait, quelle surprise, des liens étroits, nourris d'attentions délicates, avec des magnats de la presse et des affaires.

On aimerait lui dire ici que sa honte vient tard, et bien mal à propos - mais que cela, au vrai, ne nous étonne guère.

On ne l'a pas entendu, quand les puants discours dont il salue admiratif la si belle tenue "flattaient les bas instincts" de tristes auditoires, "surfaient sur leurs angoisses, abondaient dans le sens de leurs petitesses"*.

On ne l'a pas entendu, et pour cause, quand Sarkozy faisait le "choix", dégueulasse, "des mots faits pour blesser, des images propres à nourrir la peur de l'autre, le racisme amlbiant, les amalgames nauséabonds"*.

On ne l'a pas entendu, quand il fut question d'abroger la "repentance" et de poser que la France n'avait pas commis de crime contre l'humanité, que la France n'avait pas cédé à la passion totalitaire, que la France n'avait pas commis de génocide.

On aimerait, pour finir, signifier au sieur Finkielkraut que le choix qu'il a fait de trouver de la "haute tenue" dans les divagations de Nicolas Sarkozy ne le protège (certes) pas du ridicule - et que le foutage de gueule, aussi, a des limites.


* Comme dit magnifiquement l'ami Bernard Langlois, dans son dernier bloc-notes ("Politis" n° 951, jeudi 10 mai 2007).

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