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16/05/2007

Chomsky, Plus Que Jamais!

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Nulle part il n'est question de Nicolas Sarkozy, cela va de soi, dans le dernier livre, évidemment époustouflant, de Noam Chomsky.

Et cependant.

Au fil des pages.

Au fil d'une démonstration qui frappe, comme toujours, par son extrême intelligence (et qu'est-ce que ça fait du bien, quand la "pensée" officielle a chez nous ces jours-ci la coupe de veuchs d'un Beatle).

On ne peut manquer de s'arrêter à certaines observations - que l'on dirait faites pour nous, et qui seraient comme des alarmes (et comme un rappel de ce que nous avons déjà laissé faire, notamment par les "socialistes").

Ainsi: "Les remarques (...) sur la nécessité de créer des impressions fausses pour contrôler sa propre population confirment ce qui devrait être l'évidence la plus flagrante: les professions de bonnes intentions des dirigeants doivent être écartées par l'observateur rationnel. Elles sont quasi universelles et prévisibles, donc elles ne sont porteuses d'aucune information. Les pires monstres - Hitler, Staline, les fascistes japonais, Suharto, Saddam Hussein et beaucoup d'autres - ont produit d'émouvantes envolées rhétoriques sur la noblesse de leurs objectifs. (...) Si nous sommes sérieux, nous nous renseignerons sur ce qu'ils font, sans prêter grande attention à ce qu'ils disent, principe élémentaire qui a inspiré une riche littérature, de Pascal à Zamiatine et à Orwell".

Ou: "Pour maintenir la population du dessous dans l'obéissance malgré les réalités quotidiennes de sa vie, le recours à la "transfiguration parareligieuse" est un outil naturel: il exploite des traits de la culture populaire qui sont depuis longtemps en rupture très nette avec le reste du monde industriel et que l'on manipule à des fins politiques, en particulier depuis les années Reagan".

Ou: "Les réformes néolibérales vont à l'encontre de la promotion de la démocratie. Elles n'ont pas pour but de rétrécir l'Etat, comme on le dit souvent, mais de le renforcer pour le mettre encore plus qu'avant au service des nantis. L'un des thèmes dominants est de restreindre le champ politique en transférant les décisions à des dictatures privées qui ne rendent de comptes à personne. Une méthode pour y parvenir est la privatisation, qui retire à la population toute influence potentielle sur la politique de l'entité privatisée. Une forme extrême est la privatisation des "services", catégorie qui englobe à peu près tout ce qui est d'intérêt public: la santé, l'éducation, l'eau et les autres ressources, etc. Une fois que tout cela a été sorti du champ politique par le "commerce des services", les pratiques démocratiques formelles sont largement réduites à un mécanisme de mobilisation périodique du public au service des intérêts de l'élite, et la "crise de la démocratie" est fondamentalement surmontée".

Ou (sur la présidentielle 2004 aux Etats-Unis): "Beaucoup ont voté pour ce que l'industrie des relations publiques appelle des "qualités" ou des "valeurs", qui sont élaborées et projetées très soigneusement et qui ont à peu près autant d'authenticité que l'imagerie des publicités pour les dentifrices. Les commentaires des actualités se sont concentrés sur le "style", l'"attractivité", la "convivialité" et le "caractère", et sur des bêtises comme l'"irascibilité" occasionnelle de Bush ou le lapsus de Kerry sur le nom d'un stade de foot".

(Avouez que ça nous rappelle étrangement quelque chose?)

Et pour finir: "Les étatistes réactionnaires qui se sont assuré (...) une emprise sur le pouvoir politique sont des guerriers résolus. Avec une cohérence et une passion proches de la caricature, leurs décisions servent les nantis (...) et négligent ou frappent l'ensemble de la population et les générations futures. Ils cherchent aussi à utiliser leurs possibilités actuelles pour institutionnaliser ces dispositions, afin que ce ne soit pas une mince affaire de reconstruire une société humaine et démocratique".

(Cependant, ne partez pas tout de suite: "Il faudra un engagement quotidien, dévoué, pour créer (en partie recréer) les bases d'une culture démocratique qui fonctionne, où la population joue un rôle dans la prise de décision non seulement sur le plan de la politique, dont elle est largement exclue, mais aussi sur le plan crucial de l'économie, dont elle est exclue par principe. Il existe bien des façons de promouvoir la démocratie chez nous, de lui donner une dimension nouvelle. Les possibilités sont immenses, et ne pas les saisir aurait probablement des conséquences terribles - pour le pays, le monde et les générations futures".)

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