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12/05/2007

Vite, "Une Gauche Qui S'Occupe De L'Economie Et Des Entreprises"!

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Il y a décidément quelque chose qui m'échappe, dans la psychologie d'un gars comme Dominique Strauss-Kahn, qui veut, ai-je lu hier dans "Libération", réconcilier "la gauche et l'économie".

C'est justement ce qui m'échappe: à quel moment, exactement, la "gauche", telle que la conçoit DSK (d'où les guillemets), a-t-elle été le moins du monde fâchée avec l'économie, telle que la conçoivent DSK et le MEDEF?

Je suis très sérieux: je me pose des questions.

Celle-ci, en particulier: comment peut-on être à ce point déconnecté de la réalité?

Comment peut-on être aussi rigoureusement cadenassé dans cette espèce de monomanie (épidémique, c'est vrai, dans les rangs de la "gauche" à guillemets) où la vraie vie n'entre absolument plus?

Ca fait vingt ans, grosso modo, que la "gauche" file, avec l'économie de marché, un amour si parfait que la droite elle-même en est, dans ses moments de sincérité, absolument abasourdie.

Vingt ans que la "gauche", patiemment, lime, de ses petites mains traîtresses, tout ce qui de près ou de loin pourrait avoir de faux airs de passion égalitaire.

Vingt ans que la "gauche", fiévreusement, se renie.

La campagne de Ségolène Royal a été une espèce d'apothéose, où la main tendue à l'UDF condensait deux longues décennies de trahisons.

Nonobstant, l'ineffable DSK va répétant, comme si rien ne s'était jamais passé, comme si nous étions à la veille d'Epinay (hypothèse basse), que "les Français veulent une gauche qui s'occupe de l'économie et des entreprises" - et précise, pour le cas probablement où "les Français" n'auraient pas bien compris ce que "les Français veulent", que: "Ce qui compte, c'est que le PS retrouve son lien qu'il n'aurait jamais dû perdre avec la réalité économique et sociale de notre pays".

Notez le "social", qui fait in extremis une brève apparition, juste derrière l'"économique": on sent que le type est vraiment de "gauche".

DSK, bloqué sur la fonction repeat track, ressasse inlassablement la même (courte) série de mots: modernisation, réforme, économie, réforme, etc.

Jamais, cela va de soi, il ne dit clairement ce que dissimule ce plaisant vocable.

DSK fonctionne à l'incantation, faisant le pari que la foule, occupée à psalmodier son credo libre-échangiste, oubliera de s'intéresser à ce que tait ce triste prêche, à l'imposture derrière la posture.

Problème: la foule s'est barrée.

La foule, on vient de le vérifier, rit désormais de l'affreux caquètement néo-libéral des "socialistes".

Il n'y a plus guère que l'inénarrable Joffrin, Laurent, boss de "Libération", pour applaudir aux divagations de SK - et pour cause: l'un et l'autre vivent dans une dimension décalée, où le grand patronat est le meilleur ami du petit peuple.

Hier, par exemple, Joffrin, dans "Libé", se donnait encore du plaisir en louant la panacée blairiste, qui impressionne si fort DSK.

Certes, observait Joffrin, "les inégalités ont crû" au Royaume-Uni, sous le règne de Bus... De Blair.

Mais l'important est que (accrochez-vous): "Blair le libéral, tout en développant l'économie (de marché) a renforcé les instruments de la solidarité".

(La dernière partie de la proposition est notoirement fausse, mais qu'importe.)

Comparez ces deux phrases:

1. Développer l'économie de marché en renforçant les instruments de la solidarité.

2. Retrouver le lien avec la réalité économique et sociale du pays.

Elles disent la même chose.

Elles disent les mêmes priorités.

Elles disent la solidarité après l'économie.

Elles posent que l'essentiel est de satisfaire les marchés - quitte à mentionner ensuite, avec une certaine désinvolture, que: "Les inégalités ont crû"...

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