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24/05/2007

Le Fat Des Villes

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Cette semaine, dans "Charlie Hebdo", Philippe Val s'en prend à Christine Boutin, "ministre du Logement et de la Ville".

Philippe Val essaie ainsi de nous signifier qu'il représente l'aile gauche du néo-conservatisme: celle qui bat des mains quand les navions du fondamentaliste halluciné de Washington lâchent des bombes sur de lointain(e)s civil(e)s, mais que dérange "la Christine" (comme dit Val), qui est "d'accord sur tout avec Dieu" (comme dit Val).

(Philippe Val aime le chuintement des F-111, le soir dans le ciel étoilé.)

Philippe Val, dont le formidable courage n'est plus à démontrer, décoche des vannes cruelles, certes, mais hilarantes.

(Philippe Val est tordant.)

Exemple, incroyablement poilant: "Christine Boutin ministre de la Ville... Pourquoi ne pas nommer Benoît XVI P-DG de Durex, pendant qu'on y est? Et le mollah Omar maire de New York..."

(Philippe Bouvard: "Je veux Philippe Val pour les "Grosses Têtes", j'ai rarement autant ri".)

On aurait toutefois tort de ne retenir de Philippe Val que l'exceptionnelle drôlerie de ses calembours: le boss de "Charlie Hebdo" est aussi, et surtout, un penseur - ainsi que le prouve sa récente promotion au rang d'intellectuel de plateaux (de télévision).

Ses taquineries à "la Christine", par exemple, introduisent une réflexion de fond (qui marquera sans nul doute l'histoire des idées), sur:

- D'une part, les villes, berceaux des Lumières et de la civilisation.

- D'autre, part, les champs, où des gueux dégénérés baisent comme des lapins sous d'immenses crucifix.

Vous pensez que j'en rajoute un peu?

Ce n'est pas le cas.

Philippe Val observe, en effet, que: "Les villes sont des lieux de perdition où l'adultère, l'homosexualité, l'avortement, la sodomie, la pilule, la fellation et le stérilet règnent en maîtres. Les villes, dont le vote à gauche lors des dernières élections prouvent la dégénérescence, sont le creuset d'une sexualité qui tire sa justification du plaisir qu'on y prend, et non de la famille nombreuse qui en découle quand on est normalement constitué".

Par conséquent: "Dieu a horreur des villes, nom de Dieu".

(Philippe Bouvard: "Je VEUX ce mec pour mon émission".)

Par contre: "Dieu aime la campagne".

Pourquoi?

"Parce que l'homme y est plus simple".

Nous dit Philippe Val.

Simple comment?

Simple comme un pauvre con dégénéré, façon "Délivrance", puisque, toujours d'après Philippe Val: "La proximité des volailles et des lapins, qui ne perdent pas de temps en préliminaires, lui donne le bon exemple d'une sexualité rapide et efficace".

Le campagnard est une espèce de primate, qui, dans l'esprit de Philippe Val, je vous avais prévenu(e)s que je n'en rajoutais pas, copule comme un triste animal, dans la position du missionnaire.

Et voici le crucifix: "Dans le monde rural, les tentations sont moins nombreuses, et la contemplation des cycles saisonniers rapproche l'homme de la mort, de Dieu et de l'UMP".

Hhhhhh...

Matez la vilenie philippevaliste de la semaine, qui se déploie ici dans toute son ampleur conceptuelle: de loin, on a l'impression que c'est juste la ratiocination à deux balles d'un gars qui s'écoute écrire - mais dès qu'on s'approche, on découvre que ça pue très fort le mépris de classe.

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