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31/05/2007

"Le Monde" Et Le Venezuela: Une Intox De Référence

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Quand le président Hugo Chavez a fait, au mois de janvier dernier, des papouilles obscènes à son homologue iranien, j'ai trouvé ça pour le moins très, très, très con.

Je l'ai d'ailleurs écrit, et ça nous a valu ici-même, rappelez-vous, de longues heures d'une sévère baston.

(A l'époque, les commentaires n'étaient pas fermés, on pouvait se foutre sur la gueule, c'était chouette.)

J'ai bien sûr lu, depuis, avec beaucoup d'attention, les arguments de celles et ceux que l'idylle Chavez-Ahmadinejad ne dérange pas, et je n'ai absolument pas changé d'avis: je continue à considérer qu'une fin, même sympathique, ne justifie pas tous les moyens, et que les adversaires de nos adversaires ne sont pas forcément nos amis, oooooh non, putain, il s'en faut de beaucoup.

(Il va de soi, mais ça va mieux en le disant, que, de ce point de vue, la diplomatie yankee, où l'on passe quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à léchouiller des ordures de première catégorie, n'a aucune espèce de leçon à donner.)

Pourquoi ce préambule?

Parce que nonobstant mes réserves, je continue à ne pas supporter le traitement, incroyablement dégueulasse, que nos médias en général, et notre quotidien vespéral payant de référence en particulier (celui dont le patron, c'est goûteux, reçoit de jolies primes de sa régie publicitaire), réservent à Chavez.

Quand je dis "réservent", je pèse le mot: nos journaleux, toujours prompts à déverser des tonneaux de scélératesses en tout genre sur le coin de la gueule du chef de l'Etat vénézuélien, sont beaucoup plus timides, vous l'avez sans doute observé, dans leur appréhension des us médiatiques (mais pas que) de notre nouveau président à nous - un peu comme s'ils continuaient à se venger sur Hugo Chavez d'être si veules quand ils flattent et louent Sarkozy.

(Mais je ne voudrais certes pas faire, ici, de la psychologie à deux balles.)

Dans la calomnie anti-Chavez, qui est devenue au fil des mois et des années une discipline à part entière, un titre, en particulier, s'illustre et bat régulièrement des records de glauque mauvaise foi: c'est "Le Monde", bien sûr - qui dans le même temps oublie soigneusement de se pencher sur les pratiques de ses bosses attitrés, Jean-Marie "Est-Ce Que Publicis Va Me Filer Une Prime" Colombani et Alain "Ben Je Veux Mon Neveu" Minc.

"Le Monde" propage ainsi depuis quelques jours, comme beaucoup d'autres médias mais avec beaucoup moins de retenue encore, l'idée que l'abominable Hugo Chavez, réincarnation latino-américaine hardcore de Иосиф Виссарионович Джугашвили, aka Joe Staline, aurait brutalement "fermé" une admirable chaîne de télé vénézuélienne, RCTV, pour le seul plaisir de museler des journalistes*.

C'est, naturellement, complètement faux: en fait de fermeture, le gouvernement du Venezuela, dans son infinie sagesse, a simplement (et fort logiquement) décidé, au terme d'icelle, de ne pas reconduire la concession accordée jadis à RCTV, mais d'installer sur sa fréquence une chaîne culturelle de service public**.

Pourquoi est-ce raisonnable: parce que RCTV, hideuse télé commerciale, a crânement soutenu les putschistes qui ont tenté de renverser Chavez en 2002 (avant d'être sévèrement corrigés par la population).

De sorte que, dans la vraie vie, qui sur un tel sujet n'a strictement aucun rapport avec les délirants papiers du "Monde", Hugo Chavez, à tout prendre, aurait plutôt fait preuve de mansuétude, en laissant une chaîne ouvertement séditieuse émettre sur une fréquence hertzienne jusqu'au terme du bail qui lui avait été consenti.

(Rien ne permet par exemple d'affirmer que George Dubya ferait preuve d'une telle retenue, dans une telle situation: il est même permis, en réalité, de supposer que des têtes rouleraient dans la poussière...)

Au reste, dans la vraie vie, RCTV ne disparaît absolument pas du paysage médiatique vénézuélien, contrairement à ce que suggère "Le Monde" avec sa coutumière objectivité; elle continue d'émettre sur le câble, par satellite et par Internet - un peu comme, chez nous, LCI, BFM ou nos fascinantes chaînes de téléachat: on a connu des fermetures moins magnanimes.

Plus généralement: la liberté de la presse, contrairement à ce prétendent ici nos désinformateurs de compétition, n'est absolument pas menacée au Venezuela, où la grande majorité des médias sont dans l'opposition (à Chavez).

Il n'est, par exemple, pas plus difficile, oooooooh non, d'être RCTV au Venezuela qu'Al-Jazeera aux Etats-Unis.

Mais cela, notre quotidien vespéral payant de référence ne nous le dira jamais: il est trop occupé à recueillir à Caracas, pour nourrir des papiers ahurissants d'iniquité, la (seule) parole des opposants à Chavez.




* Pour ce qui me concerne, je reconnais bien volontiers que si un miracle pouvait fermer, ne serait-ce que pour
quelques jours, le triste clapet de nos "stars du petit écran", je serais assez (voire très) preneur.

** Initiative positivement ravissante, qui devrait, il va de soi, inspirer quiconque, au gouvernement (français), a réellement passé plus de onze minutes consécutives devant les programmes de TF1.

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