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05/06/2007

Finkissimo

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Le culte Penseur que le monde entier nous envie, je veux parler bien sûr d'Alain Finkie, a été fait docteur honoris causa de l'Université de Tel-Aviv.

Finkie en a profité pour accorder une interview* au "Jerusalem Post": un document finkissime, où se décline au long cours sa bouleversante philosophie émancipatrice.

Par exemple, Finkie explique, sans rire, qu'il a "pris acte de la haine qui s'était cristallisée dans le mouvement "tout sauf Sarkozy"".

Haine raciale, évidemment, "qui conjuguait un antifascisme déplacé et un antisémitisme subliminal".

(Car les antifascistes sont, comme le savent les (nombreux) disciples de Finkie, des racistes (subliminaux), alors que Renaud Camus est gentil.)

Ce déferlement, il va de soi, n'a pas le moins du monde surpris Finkie, et pour cause: il sait, depuis longtemps, qu'"il y a des gens en France qui ne savent entrer en politique que par la porte de la haine".

(Ces gens sont, notamment, les infâmes salauds qui ont le front de ne pas battre des mains, quand Sarkozy observe, avec beaucoup de pertinence et de (pudique) retenue, que les musulmans passent leur temps à égorger des moutons dans leurs baignoires.)

Finkie l'affirme crânement: il dispose d'une "mutlitude (d')exemples qui prouvent que Sarkozy a été", avant que d'être élu, "représenté comme un Hitler au nez crochu".

(Merci de répéter lentement cette dernière considération, où se condense l'incroyable dignité d'un Clerc de haute renommée.)

Finkie ne le cache pas: il a "été très sensible aux discours de Sarkozy, à sa capacité d'inscrire la politique dans l'Histoire, à conjuguer tous les temps, le passé de la France, le présent, le futur".

Finkie se pâme: "A cet amour de la haine, si vivant contre lui, (Sarkozy) a opposé la politique comme amour du monde".

Et c'était magnifique.

Seule ombre au tableau: "Il y a eu", dans la campagne de Sarkozy, "une omniprésence de la jet-set, et du show biz", puis, pire que tout, l'épisode, navrant, du yacht prêté par le gentil Bolloré.

Là, Sarkozy, d'après Finkie, a tout simplement "oublié (...) qu'il venait d'être élu président de la République. Ce n'était plus la France, c'était Monaco".

Finkie aime quand Sarkozy fustige dans ses meetings la racaille gauchiste accro à la repentance.

Finkie n'aime pas quand Sarkozy dîne au Fouquet's.

Finkie est le (sévère mais juste) Penseur des nuances.

Alain Finkie revient ensuite, avec beaucoup de pudeur, sur le calvaire qu'il endure en France depuis deux ans.

Depuis qu'il a (notamment) estimé, dans le quotidien "Haaretz", qu'il y avait quand même tellement de nègres, dans l'équipe de France de football, que ça faisait "ricaner toute l'Europe".

Alain Finkie remarque: "C'est très désagréable, ces gens qui hurlent "Finkielkraut raciste"".

La haine (subliminale) de la philosophie n'en finit plus de faire des ravages.

Cependant Alain Finkie se veut rassurant: "Le lynchage n'a pas été total".

Certes.

Mais, tout de même: "J'ai eu droit à la couverture du "Nouvel Observateur" où je suis apparu comme le chef de file des néo-réactionnaires".

Et ce n'est pas tout: "Ils ont refait à nouveau une couverture du même type il y a quelques semaines pour dresser à nouveau la liste des intellectuels qui virent à droite".

La cruauté du "Nouvel Obs" est décidément sans limite, et ce répugnant sadisme désole notre Philosophe: "C'est une des grandes tristesses de l'époque, cette gauche qui se raidit, qui oublie toutes les leçons de l'antitotalitarisme, qui pratique le soupçon et même l'épuration".

Voilà qui est suggéré assez nettement: de la même façon que les adversaires politiques de Sarko sont des racistes (subliminaux), "Le Nouvel Obs" est une publication de type totalitaire.

Finkie, homme des transitions audacieuses, lâche alors: "Et on en revient à la candidature de Ségolène Royal".

Icelle, entourée de "crétins", a, contrairement à Nicolas Sarkozy (qui est beau et chaud et courageux) "choisi la voie de la facilité démocratique, du "pédagogisme", de la démagogie sur un certain nombre de questions comme l'école, la sécurité, l'intégration".

Finkie se lance alors dans une étude comparative de (très) gros niveau: "Quand (Nicolas Sarkozy), pour dire ce que la France représente à ses yeux, fait référence à Jeanne d'Arc, Pascal, Voltaire, Georges Mandel, Guy Môquet... que répond la candidate de gauche?"

Oui, que?

Tenez-vous bien: "Elle répond par une référence à la France de Diam's".

Or, qu'est-ce que Diam's?

"Une chanteuse de rap qui a écrit et chanté un texte: "Ma France à moi"".

Une France passablement dégueulasse, du point de vue (raffiné) de Finkie, où l'on: "Sèche les cours, s'éclate, n'aime que la culture américaine, (...) vend de la merde, c'est-à-dire de la drogue, à des "bourges"".

La France de la racaille (ethnico-religieuse), en somme.

Notre Penseur, qu'une telle contrée fait vomir, pousse alors ce hurlement de rage: "Voilà la France dont se réclame effrontément une candidate de gauche!"

Le front de Marie-Ségolène Royal, quand elle cite Diam's, dégoûte profondément Finkie.

Finkie, manifestement, est (beaucoup) moins choqué par le Front (national) de Nicolas Sarkozy, lorsque celui-ci braconne sur les terres du Pen.

Il conclut donc, dans un ultime appel à "se tenir droit" (au redressement national donc): "Diam's, c'est la civilisation du laisser-aller et de l'avachissement total. La gauche a choisi l'avachissement. Ce faisant, elle a trahi le meilleur de son héritage".

Finkissime, décidément!





* Reproduite ce mois-ci dans "Tribune Juive".

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