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29/06/2007

Alain Minc: "Trop De Démocratie Tuerait La Démocratie"

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Le conseil de surveillance du "Monde" votait hier pour désigner son nouveau président.

Ce fut un grand moment de liberté participative.

Alain Minc, biographe célèbre (de Baruch Spinoza) et candidat sortant, devait statutairement recueillir, au minimum, 11 voix sur 20, pour gagner sa réélection.

Il s'est lamentablement vautré, avec 10 votes favorables seulement (ceux des "actionnaires externes"), contre "7 voix contre et 3 abstentions (le camp des actionnaires internes)".

(Source: "Libé".)

En d'autres termes: les journalistes en ont ras-le-c** de voir Minc traînasser dans leurs parages, alors que les capitalistes qui financent le quotidien vespéral des marchés sont plutôt contents qu'il soit contrôlé par l'ami (Alain Minc) de l'ami (Vincent Bolloré) de Nicolas Sarkozy.

Battu, Minc a aussitôt été proclamé grand vainqueur du scrutin par l'excellent Claude Perdriel (par ailleurs big boss du "Nouvel Observateur"), qui présidait la séance.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai quand même l'impression qu'il faut des cojones de toro espagnol, pour oser ainsi déclarer, en dehors des frontières de la Corée du Nord, que le gars qui vient de manger la moquette a été brillamment réélu.

Abasourdis, "les actionnaires internes (Société des rédacteurs du "Monde", personnels des Publications de la Vie catholique, journalistes du "Midi Libre", employés et cadres du "Monde")" ont (bravement) essayé de suggérer à Minc et Perdriel que "les statuts" du conseil de surveillance "sont très clairs", et qu'il fallait à Minc "11 voix, et pas 10".

Ulcéré, l'ami de l'ami du chef de l'Etat leur a craché: "Vous n'êtes pas d'accord? Le tribunal tranchera".

Un vote n'a de valeur, au "Monde", que dans la mesure où son résultat est conforme à ce qu'en attendait le président sortant.

(Bon: c'est vrai que ça fait un peu république bananière, mais quand on aime, compte-t-on?)

Voter, c'est bien, c'est vachement cool, mais à condition d'élire Alain Minc.

Si la démocratie revient à voter contre Alain Minc, Alain Minc n'hésite pas: il saisit "le tribunal".

Humaniste raffiné, Alain Minc estime cependant, comme Claude Perdriel, que trop de démocratie tuerait à coup sûr la démocratie, parce que franchement, c'est pas pour dire, mais si la populace commence à faire sa loi, où on va, sans déconner?

From Outer Space

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L'élégant Patrick Devedjian, humaniste fin et secrétaire général du parti présidentiel, a donc eu, pour une ancienne députée UDF, ces mots d'estime et d'amitié d'une rare distinction: "Cette salope".

On peut évidemment choisir de s'en étonner.

Mais on peut aussi considérer que l'incident n'a rien d'exceptionnel - ni, par conséquent, de véritablement surprenant.

Cette mâle saillie vient en effet après d'autres - jamais sanctionnées.

(Je songe notamment aux imprécations, homophobes, d'un fier député, ou, xénophobes, d'une courageuse candidate - ou encore au ricanement libérateur d'un Jean-François Copeaux traitant de "cloportes" ses adversaires politiques).

Mises bout à bout, ces jaillissures, dans leur brutalité, nous signalent, pour le cas où cela nous aurait quelque peu échappé, que nous sommes désormais confrontés à une créature from outer space qui n'a aucune intention de se laisser emmerder par des fiottes, par des bronzé(e)s, par des gauchistes, ou par des pouffiasses: la Droite.

28/06/2007

Caracas Intelligence Agency

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On savait (grâce, notamment, aux investigations courageuses de "Le Monde") que le Venezuela "bolivarien" était l'une des plus abominables tyrannies de l'histoire de l'humanité.

Mais la déclassification d'une partie des archives de la Caracas Intelligence Agency (CIA), le tristement célèbre service de renseignement chaviste, confirme, si besoin était, l'absolue monstruosité de ce régime criminel.

On "apprend" ainsi (façon de parler) que la Caracas Intelligence Agency (CIA) a demandé à la mafia de tuer Fidel Castro.

On "apprend" qu'elle a planifié l'assassinat de Patrice Lumumba (photo).

Ce ne sont que deux exemples, parmi beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres: évidemment les moins atroces, puisque aussi bien nous savons que dans cette vraie-fausse déclassification, "des dizaines de pages ont été caviardées, d'autres entièrement supprimées", comme le souligne "Le Figaro".

Il y a néanmoins, dans ces quelques archives tronquées, de quoi exiger, vitement, une enquête internationale sur les terrifiants agissements de la Caracas Intelligence Agency (CIA), qui est "comme un immonde furoncle purulent sur le beau visage du droit international" - ainsi que l'a fort justement souligné l'envoyé spécial de "Le Monde" au Venezuela.

De fait, les ridicules dénégations des responsables de "l'Agence" (comme on l'appelle dans les milieux autorisés), terrés à Caracas comme d'infâmes péteux, ne trompent absolument personne: lorsqu'ils affirment que les documents déclassifiés concernent "d'autres temps, autres moeurs", et soutiennent qu'"aujourd'hui, on est hyper-clean, tiens, mate, c'est du 100 % transparent", on voit leur nez s'allonger.

Tout le monde sait en effet que le renseignement vénézuélien reste accro à ses pratiques de prédilection: enlèvements, torture, détentions clandestines.

Je ne doute pas que le Phare Du Monde Libre, je veux parler bien sûr de Washington, qui a fait de la défense de nos libertés fondamentales le noeud de sa NPH (Nouvelle Politique Humaniste), va dès à présent exiger que les criminels déments de la Caracas Intelligence Agency (CIA) et leurs commanditaires soient pourchassés, capturés, condamnés.

Je ne doute pas que le monde et "Le Monde" soutiendront ce juste combat.

Assez de crimes, Chavez!

Georges-Marc, Déontologie

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Benamou, déontologie: cherchez l'intrus.

Quelques indices pour vous aider, piochés dans "Le Canard enchaîné" de cette semaine.

"Georges-Marc Benamou vient de quitter le quotidien régional marseillais "La Provence", propriété du groupe Lagardère", où il "tenait chaque lundi, une chronique politique".

Motif: "Sarko (...), à peine élu, a recruté Benamou comme conseiller spécial de l'Elysée, chargé de la culture et de l'audiovisuel".

(Ne riez pas, s'il vous plaît: ce n'est pas très gentil.)

"Notre journal n'est pas marqué politiquement, et nos lecteurs ne comprendraient pas qu'une chronique soit tenue par un conseiller d'un président de la République", a expliqué le boss de "La Provence".

Benamou, en partant, s'est vu offrir une confortable indemnité: "Grosso modo, huit mois de salaire".

Problème: c'était "encore trop peu pour un homme de son rang".

Du coup: "Pas gêné, le sarkozyste Benamou a aussitôt fait des pieds et des mains pour empocher plus, sans travailler plus".

Du grand art: "Après avoir larmoyé en haut lieu", Benamou a finalement obtenu d'Arnaud Lagardère himself "qu'il intervienne auprès du journal pour lui faire cadeau d'une rallonge".

Une grosse rallonge, en vérité: "Ordre a été donné de verser illico à M. Benamou, en guise d'indemnités de départ, la bagatelle de trois fois le montant fixé à l'origine!"

Le montant exact est "gardé, comme son salaire, ultra-secret".

Mais c'est le geste qui, beau, compte.

Je rappelle qu'Arnaud Lagardère, aka Nostradamus, est le "frère" de Nicolas Sarkozy.

Je rappelle que les Sociétés des journalistes de 27 médias viennent de demander à Nicolas Sarkozy de garantir leur indépendance.

Elles ont manifestement fait le bon choix: je suis bien certain que le chef de l'Etat (et son frangin) vont se faire un plaisir...



NB: C'est vachement joli, un ortolan, hein?

27/06/2007

Hugo, Salaud, "Le Monde" Aura Ta Peau! (Ou Les Très Riches Heures Du Journalisme D'Insinuation)

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C'est devenu l'un de ces rendez-vous hebdomadaires où l'on a plaisir à se rendre, car ils sont dans nos vies dissolues des repères immuables*: une fois par semaine, "Le Monde" organise, dans ses pages, une manif anti-Chavez, nourrie de scoops mafflus sur les manies liberticides (et, disons-le, josephstaliniennes) du sinistre caudillo de Caracas.

Ce soir, "Le Monde", par la voix de son "envoyé spécial" à Caracas, je veux parler bien sûr du cultissime Paulo (A. Paranagua), se penche, c'est le titre de son (long) papier, sur: "Les bonnes affaires de la famille Chavez".

Les.

Bonnes.

Affaires.

De.

La.

Famille.

Chavez.

On lit ça, on se dit: "Ca va être du lourd, coco".

Paulo commence par citer**, assez longuement, "le Père José Palmar", qui nous est présenté comme un "admirateur inconditionnel du président Chavez".

José Palmar, nous dit Paulo, "dénonce sans relâche un péché capital: la corruption".

José Palmar, nous dit Paulo, n'hésite pas à "gronder M. Chavez".

Quand José Palmar gronde M. Chavez, José Palmar lui "lance", par exemple: "Vous êtes entouré de voleurs! Vous entendez? Des voleurs!"

Paulo nous révèle ce qui a vraiment énervé José Palmar: "Ce curé catholique et "chaviste" a mal encaissé les nominations à la tête de l'entreprise publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), alors qu'il ne cesse de pointer du doigt la corruption qui sévit dans l'industrie pétrolière".

Rien de tout cela ne nous renseigne encore, vous l'aurez noté, sur "les bonnes affaires de la famille Chavez", mais justement, Paulo, y arrive: "Fin mai, un cousin du chef de l'Etat, Asdrubal Chavez, a été promu vice-président de PDVSA".

En outre: "Depuis que son cousin Hugo préside aux destinées du Venezuela, Asdrubal Chavez s'occupe, à PDVSA, de la commercialisation et de l'approvisionnement, ainsi que de la filiale PDV Marina, la flotte pétrolière".

Or: "La commercialisation, l'exportation et le transport du pétrole donnent lieu à des affaires juteuses, grâce aux intermédiaires et aux manipulations financières favorisés par un dollar échangé au marché noir au double de sa cotation officielle".

Dites.

Je sais que tout ça est un peu long et laborieux.

Mais je vous demande, s'il vous plaît, de le relire posément, parce que c'est, dans le dénigrement par amalgame, un pur chef d'oeuvre.

On balance un titre bien racoleur, genre eeeeeentrez m'sieurs, dames, z'allez voir c'que z'allez voir: "Les bonnes affaires de la famille Chavez".

Puis on lâche le témoignage d'un "admirateur inconditionnel" de Chavez, qui est tellement admiratif qu'il accuse ledit Chavez d'être entouré de voleurs et de corrompus.

Puis on signale que le boss de l'industrie pétrolière au Venezuela est le cousin de Chavez.

Puis que justement, l'industrie pétrolière est de celles où sévit une corruption endémique, puisqu'on y fait "des affaires juteuses".

(C'est pas ce bon vieux Alfred Sirven qui dira le contraire, hein?)

Ce qui est fortement suggéré au lecteur, c'est, vous l'aurez compris, que les "bonnes affaires de la famille Chavez" pourraient bien être de ces "affaires juteuses" que permet la corruption pétrolière.

C'est fortement suggéré mais ce n'est pas dit clairement - et pour cause.

Rien ne permet en effet d'affirmer, à partir de ce qui vient de nous être exposé, que le cousin Asdrubal (j'adore ce prénom) serait le moins du monde corrompu.

Sans quoi, vous l'imaginez bien, Paulo se ferait une grosse joie de nous le signaler en lettres de feu de six mètres de haut.

Nous avons donc, à l'arrivée, de "bonnes affaires de la famille Chavez" qui n'existent que dans l'imagination de l'envoyé spécial du "Monde"

Pour autant, est-ce que l'absence totale du moindre commencement de preuve d'un quelconque affairisme de la famille Chavez empêche ce bon vieux Paulo de continuer à faire comme si nous avions là une espèce de mafia?

Du tout!

Pensez-vous!

Il continue, peinard, sa vraie-fausse démonstration, avec deux nouveaux scoops interplanétaires.

Un: "Le frère aîné du chef de l'Etat, Adrian Chavez, s'est occupé d'importation d'aliments, du temps où il était ambassadeur à La Havane, avant d'être promu secrétaire de la présidence de la République, puis ministre de l'Education".

Deux: "La famille" d'Hugo Chavez "occupe de solides positions dans son Etat natal de Barinas"!

(Un peu comme la famille Bush en Floride.)

En effet, tenez-vous bien: "Le gouverneur est son père, Hugo de los Reyes Chavez, un ancien instituteur devenu propriétaire de terres".

(Notez au passage l'abominable goujaterie du maître d'école qui ose acquérir de la terre.)

Pis: "Le secrétaire d'Etat de Barinas est un frère d'Hugo, Argenis Chavez, l'homme fort de la région".

Pire encore: "Anibal Chavez", frangin d'Hugo, "est maire de Sabaneta de Barinas", et, j'espère que vous êtes assi(se)s, "Narciso Chavez", autre frangin d'Hugo, "brigue la mairie de Bolivar".

Enfer!

Il y a quatre Chavez qui ne sont pas Hugo et qui font de la politique au Venezuela!

Le père d'Hugo, et trois frères d'Hugo!

C'est l'horreur.

Ca fait presque autant de Chavez au Venezuela que de Morin en France, aux dernières législatives!

(Je comprends que l'envoyé spécial du "Monde" ait ressenti le besoin pressant de nous livrer cette vérité qui dérange!)

Or, nous révèle encore Paulo: "Selon l'ancien président de la commission des comptes de l'Assemblée nationale, le social-démocrate Conrado Perez Briceno, Barinas arrive en tête des plaintes pour malversations".

Je vous le demande: est-ce que c'est pas la preuve que la famille Chavez fait en effet de "bonnes affaires", à base de corruption et de malversations?

Ben non, justement.

C'est pas la preuve.

Là encore, vous imaginez bien que si Paulo avait dans sa poche le moindre élément permettant d'impliquer un Chavez dans les "malversations" de l'Etat de Barinas, on le saurait!

Mais ce qu'on a, c'est d'un côté les Chavez, et de l'autre des malversations.

L'envoyé spécial du "Monde" nous refait avec les "malversations" de Barinas le même coup qu'avec le pétrole.

A partir d'un amalgame assez ahurissant, il essaie d'associer trois mots que rien de concret ne permet de rapprocher: corruption, malversations, Chavez.

Au journalisme d'investigation, il substitue, posément, le journalisme d'insinuation - à ce niveau-là, ce n'est plus seulement une manif: c'est presque une manip...






* Je pense notamment à la GLDJDPG (Grande leçon de journalisme du professeur Giesbert), au LHR(DV)DRIR (Long hurlement réactionnaire (du vendredi) du révérend Ivan Rioufol), ou encore au (non moins cultissime) ETDRJELD (Editorial tonyblairiste de Renaud Joffrin et Laurent Dély).

** Paulo, par la suite, cite aussi "Orlando Ochoa, économiste à l'Université catholique", et le contraire m'eut déçu: quand je lis un papier anti-Chavez qui ne cite pas Orlando Ochoa, je me demande toujours si l'auteur ne serait pas un peu souffrant, ou quoi. (Un papier anti-Chavez sans témoignage d'Orlando Ochoa, c'est un peu comme un sandwich au beurre sans beurre (et sans reproches.))

25/06/2007

Jack Langue

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Ce matin, dans "Libération", un "socialiste" pourlèche le chef de l'Etat: c'est Jack Langue, le bien nommé.

A la question: Nicolas Sarkozy est-il grand et beau et fort et sent-il bon le sable chaud?

Jack Langue répond: "Très franchement, oui. Il a été un bon ouvrier de la relance européenne. Il s'est engagé dans cette bataille avec détermination et habileté. C'est une bonne chose pour la France et pour l'Europe. (...) Il ne faut ni mégoter ni chipoter: c'est un excellent travail".

Et de passer une deuxième couche: "C'est du beau boulot. Franchement, nous (le PS) n'aurions pas fait mieux".

(Certes.)

Ce n'est pas la première fois que Jack Langue flatte et flagorne le yachtman de La Valette: il y a quelque années, il avait, rappelez-vous, battu frénétiquement des mains, quand le ministre de la police d'alors, un certain Nicolas Sarkozy, avait "fermé Sangatte".

On sait aujourd'hui, ce n'était pas très dur à deviner, que cette fermeture a provoqué une tragédie humanitaire assez notoirement dégueulasse, mas Jack Langue a eu le (très) bon goût de ne jamais la commenter.

Vous je ne sais pas, mais moi, j'espère que le chef de l'Etat récompensera bientôt (par l'attribution, par exemple, d'une mission de confiance) le fidèle dévouement de ce bon vieux Jack.

24/06/2007

Puff, Puff

Je me disais comme ça: on est dimanche, et, foutredieu, est-ce qu'il ne serait pas temps de cesser de remettre à demain ce que je peux faire ce jour-même, et de vous signaler enfin l'existence du blog de Thierry Pelletier (alias A Man Called Cochrane)?

C'est là: http://recits.blogs.liberation.fr

C'est, juste, vachement bien.

Quoique.

Non, en fait.

C'est pas "juste vachement bien".

C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux que ça.

Disons que si vous deviez partir sur une île déserte (mais haut débitée) avec seulement trois blogs, y aurait çui-là, ou vous seriez bien sot(te)s.

Découvrez je vous prie ces chroniques au trébuchet - si ce n'est déjà fait: elles devraient normalement vous donner envie de lire aussi le bouquin de Thierry, "La Petite maison dans la zermi", paru chez Libertalia - qui est, disons-le, de la pure balle.

(Il va de soi que Libertalia m'allonge du très, très, très gros pognon pour faire ici la promotion de ses productions.

Combien tu me files si je parle du Cochrane, j'ai demandé.

Cent mille, m'a répondu le boss de Libertalia, en allumant un de ces gros cigares qu'il fait venir de Cuba.

- Cent mille quoi?

- Pourquoi, y a encore des gens qui utilisent autre chose que le dollar?

- Et si je montre la couverture?

- Cent mille de plus, puff, puff.

- Et si je précise qu'on peut le commander en ligne chez www.editionslibertalia.com pour dix euros frais de port compris?

- Ah ben là, puff, puff, tu peux commencer à envisager de te sertir les c******* de milliers de minuscules diamants.

(Puff, puff.)

Affaire conclue, j'ai fait, c'est pas que je sois vénal, mais j'ai pas l'intention non plus de laisser passer le train de la mondialisation.)

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Bon sinon, je répète, pour les dur(e)s de la feuille: http://recits.blogs.liberation.fr

Vous regretterez pas le voyage, c'est moi qui vous le dis.

22/06/2007

Newspeak* For Dummies (Le Totalitarisme Pour Les Nul(le)s)

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Vous l'avez sans doute remarqué: le premier soin des "socialistes" qui prennent leurs quartiers chez Fillon est de protester de leur absolue virginité, sur le thème, j'ai dit oui quand le monsieur m'a demandé si j'acceptais de prendre Nicolas Sarkozy pour employeur, mais attention, hein?

Aaaaaattention!

Je suis toujours de gauche!

Vérifiez, je vous prie: c'est ce qu'ils (elles) ont tou(te)s proclamé.

Besson: "Chuis de gauche!"

Koukouche: "Pareil!"

Bockel: "Pas mieux!"

Fadelamara: "Je suis une femme de gauche, et je l'assume".

Question: d'où vient-ce?

D'où vient la décontraction qui nous vaut de si gigantesques menteries?

Elle vient de ce que le sarkozysme a pour caractéristique, notoire, de vider les mots de leur sens - pour leur faire dire exactement le contraire de ce qu'ils veulent vraiment dire.

Sa décomplexion, crânement revendiquée, n'est jamais qu'une industrieuse négation de la réalité.

Ne pas s'y tromper: c'est tout sauf anodin.

C'est plutôt inquiétant.

Voire: flippant.

Ce qui est à l'oeuvre ici, à bien y regarder, c'est l'invention d'une espèce de novlangue, dont les mots sont les mêmes que ceux de nos dictionnaires, mais changés, tordus, pervertis.

C'est ainsi, par exemple, que depuis quelques années l'antiracisme nous est présenté comme un racisme par les clercs de chevet de Nicolas Sarkozy.

(Ce matin encore, dans "Le Figaro", le glaçant Rioufol, prédicateur halluciné, stigmatise "l'abusive idéologie antiraciste".)

Entreprise de longue haleine qui revient, "de fait, à trouver certains charmes au racisme", comme l'a notamment souligné Mona Chollet (dans un papier formidable que vous pouvez encore lire ici: www.peripheries.net/article8.html?var_recherche=Finkielkraut).

C'est ainsi, plus généralement, que la tolérance, plutôt perçue naguère comme une vertu fédératrice, est désormais présentée comme une possible intolérance: on lira, pour s'en convaincre, dans le nouveau numéro de la revue néo-réactionnaire "Le Meilleur des mondes", un ahurissant papier sur "(les) bienfaits et (les) dangers de la tolérance".

Au temps pour nos vieilles convictions!

Désormais, qu'on se le dise, l'antiracisme, c'est le racisme.

La tolérance, c'est l'intolérance.

Répétons-le: on fait dire aux mots le contraire de ce qu'ils veulent dire.

(C'est bien évidemment le même processus qui est à l'oeuvre, quand la protection des acquis sociaux généraux est de son côté présentée, ce n'est qu'un exemple parmi beauuuuucoup d'autres, comme le combat de quelques privilégié(e)s pour la défense de leurs avantages acquis particuliers.)

Vous l'aurez noté: les notions qui sont ainsi passées au fil d'une redéfinition sont, dans tous les cas, "de gauche".

De telle sorte que la gauche apparaît finalement comme éventuellement raciste, intolérante, corporatiste, et caetera, et caetera.

Dans tout cela, répétons-le aussi, rien d'anodin: mais une stratégie, longuement planifiée, mûrement réfléchie.

En effet, ce n'est qu'au terme de cette longue préparation d'artillerie, après laquelle notre vocabulaire courant ne veut plus rien dire, que Nicolas Sarkozy peut tranquillement se réclamer de Jean Jaurès - ou de Guy Môquet.

Ce n'est qu'au terme de cette brutale guérilla des mots, que le penseur préféré du nouveau chef de l'Etat, l'inénarrable André Glucksmann, peut très posément énoncer (dans "Libé", le 19 juin), comme une apothéose, que dans la campagne présidentielle: "Sarkozy (...) était le candidat le plus à gauche"...

A partir du moment où on laisse passer de si monumentales énormités, tout devient possible - et, naturellement, Fadelamara peut tranquillement réaffirmer qu'elle est de gauche, puisqu'elle bosse chez Sarkozy.

Le racisme, c'est l'antiracisme.

La tolérance, c'est l'intolérance.

La gauche, c'est le sarkozysme.

Et ainsi de suite, ad nauseam.

Il n'est pas inintéressant de relever que les fières intelligences qui nous abreuvent de ces divagations ne cessent d'invoquer les mânes d'Orwell.

Ouvrez "Le Meilleur des mondes" (je parle bien sûr de la revue): vous y trouverez partout ce bon vieux George.

Devenu l'un des maîtres à penser de la nouvelle réaction.

(Qui se croit nouvelle, mais qui n'est que réactionnaire, comme dit Fred Alpi, chanteur libéral.)

Orwell, récupéré, vite lu, mal digéré, constamment réduit à sa portion congrue ou à sa caricature - et pourquoi se gêner?

Mais si nous relisons "1984" (et c'est ce que nous devrions tou(te)s faire ces jours-ci), nous allons tomber, justement, sur une terrifiante novlangue, dont la fonction est d'altérer la réalité.

Nous allons tomber sur un totalitarisme qui pour mieux régner détruit le sens des mots, et va répétant, par exemple, que "la guerre, c'est la paix", ou que "la liberté, c'est l'esclavage".

Dites?

Ca ne vous évoque / rappelle rien?






* Novlangue.

"Libé" Se Lance Dans Le Tri Sélectif Des Revendications

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"Libération" l'annonce à la Une, ce matin: "Dans une pétition, deux cents universitaires et intellectuels demandent à Nicolas Sarkozy de rebaptiser le ministère de Brice Hortefeux, dont la dénomination rompt avec "les traditions démocratiques de la République"".

(Il s'agit, vous l'aurez compris, du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.)

A la page 2, "Libé" le répète: "Dans une pétition, huit historiens s'insurgent contre l'intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux".

A la page 3, enfin, Laurent Joffrin passe une troisième couche, dans un éditorial de Laurent Joffrin: "Dans la France républicaine, le nom de ce ministère est un symbole nuisible".

Par conséquent: "Un gouvernement qui s'est justement ouvert, bien plus qu'un autre, aux "minorités visibles" aurait tout avantage à conserver dans ce domaine sa cohérence".

Ecrit le boss barbichu de "Libé" (qui ne peut décidément pas s'empêcher de lancer au passage de petits coups de langue sur Nicolas Sarkozy).

Joffrin ajoute, lyrique: "Il suffit de changer un mot. Un petit geste pour une grande cause..."

On lit tout ça, on se dit que c'est, dans le meilleur des cas, un peu court.

(Et dans le pire des cas, très con.)

Parce que franchement, si le seul problème que pose le ministère de Brice Hortefeux est celui de son appellation, les sans-papiers peuvent commencer à festoyer dans la joie et la bonne humeur.

On se dit que dans la vraie vie, le symbole nuisible, dans la France républicaine, c'est pas tant le nom de ce ministère, que ce ministère lui-même.

(N'en déplaise à Barbiche.)

On se dit, pour tout dire, que les signataires de cette pétition se sont pas trop foulés.

Or: si.

Quand on se penche sur leur appel, au lieu de s'en tenir à la présentation gentillette qu'en fait "Libé", on s'aperçoit qu'ils ne "protestent" pas seulement contre "la dénomination" du ministère de la honte, comme le rapporte "Libé", mais contre, aussi, "les pouvoirs" qui lui sont "dévolus".

Ils précisent même, de façon explicite, que: "Le décret du 31 mai 2007, qui définit les compétences de ce nouveau ministère, montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination" - puisque en effet "ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle, est aussi chargé de "promouvoir l'identité nationale" et de définir "une politique de la mémoire" dans le domaine de l'immigration", et "dispose d'une autorité complète et nouvelle sur l'asile politique et d'une autorité partagée sur une multitude d'adinistrations, y compris sur la "direction de la mémoire, du patrimoine et des archives" du ministère de la Défense".

Bien évidemment, c'est cela, qui fait froid dans le dos - bien plus encore qu'une dénomination qui n'est que le signe extérieur de cette vilenie.

Tu peux rebaptiser la maison Hortefeux ministère des Roudoudous roses, et la parfumer à l'Air Wick: si tu ne changes pas ses tristes prérogatives, ça restera une horreur.

Les pétitionnaires écrivent donc: "Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française".

Et là, oui, on peut signer.

(www.upolin.org)

Mais, question: pourquoi les gens de "Libé" ont-ils choisi d'occulter, à la Une, et dans leur titraille, et dans l'édito du boss, la deuxième partie, essentielle, de cette revendication?

Pourquoi Laurent Joffrin écrit-il qu'"il suffit de changer un mot" pour que tout aille bien soudain - alors que ce n'est tout simplement pas vrai?

Alors que ce n'est pas du tout ce que demande la pétition?

21/06/2007

Coucou, Les Ami(e)s!

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Vous me reconnaissez?

Je suis Guillaume Sarkozy - le frère de Nicolas (et (donc) de Nostradamus Lagardère).

Je ne voulais pas vous en parler, parce qu'on s'est dit, avec Alain (Minc) et Nicolas, que vous alliez encore vous faire des idées (fondées), mais puisque "Le Nouvel Obs" vend ce matin la mèche, autant officialiser l'heureuse nouvelle: je vais désormais siéger au conseil de surveillance du "Monde".

Le quotidien vespéral (payant) démarché.

Je me vois un peu comme le garant de son indépendance rédactionnelle, et en même temps je veux être l'ami de la rédaction: j'ai d'ores et déjà exigé qu'une prime substantielle soit versée au fidèle Ridet.

(J'ai adoré son dernier papier.

J'ai trouvé très fair-play de sa part de ne pas dissimuler à son lectorat que le gouvernement Fillon 2 est: "Séduisant, comme peut l'être, pour un amateur de football, la composition de son équipe préférée avant que la saison ne commence. Il permet tous les rêves (...)".)

 
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