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31/08/2007

Et Si On Laissait Crever 15.000 Pauvres - Histoire De Respirer Un Peu?

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C'est "Le Monde" qui, ce soir, l'annonce: "Mercredi 29 août, une réunion s'est tenue à l'Elysée au cours de laquelle, dans le cadre de la réduction des déficits, le ministre du budget, Eric Woerth, a proposé une réduction de 15 %" de la "contribution financière" française "au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme".

Son objectif, à ce triste Woerth, et quand je dis "triste" je me contiens, son objectif, disais-je, est de faire tomber cette contribution "de 300 millions d'euros en 2007 à 250 millions d'euros en 2008".

Je suis comme vous: un peu anéanti par ce qui nous tombe sur la gueule depuis "cent jours" (comme disent nos journaleux).

Je veux dire qu'on est encore un peu sonnés, qu' on a quand même un peu de mal à réagir, qu'on est quand même un peu longs à nous précipiter par millions dans les rues (avant que tout ne soit perdu) - mais qu'il y a, pour autant, une chose dont nous sommes, désormais, absolument certains: c'est que le nouveau régime est le plus infect ramassis de cyniques brutes "libérales" de l'histoire de la Cinquième. (Disons comme ça.)

De sorte que leurs scélératesses ne devraient déjà plus vraiment nous surprendre - puisque aussi bien il est depuis le début évident que leur souci premier, d'où coulent tous les autres (et notamment le sécuritaire), est de prendre aux pauvres pour donner aux riches.

On devrait, en somme, être déjà mithridatisés.

Or, non.

Quand on lit que, pour économiser 50 millions d'euros (ou si vous préférez, pour mieux financer les cadeaux (fiscaux et autres) du régime aux nantis), ces mecs envisagent très sérieusement d'amputer leur aide à un fonds qui permet de "lutter contre des maladies qui font (...) plus de 10.000 morts par jour, principalement dans les pays en voie de développement", on est quand même saisi d'une épaisse envie de gerber.

En juin dernier, Nicolas S., le Petit Monier, l'homme qui réinvente jour après jour le culte de la personnalité, avait, à peine élu, promis: "La France finance 10 % du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n'est pas question de dire (...): "Cela suffit". Au contraire nous sommes prêts à faire davantage".

Mais il avait aussi promis d'en finir avec ce qu'il appelait (plus c'est gros, plus ça passe) la "Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat" - et son premier soin, après son élection, a été de vendre des flingues et de la coopération dans la répression au digne Kadhafi.

De sorte que nous savons - aussi - que le nez du chef de l'Etat s'allonge parfois, quand il promet.

(Pas toujours, notez-le: quand il jure au patronat d'être gentil et généreux, on sait que cet engagement-là sera tenu.)

C'est ce qui lui permet aujourd'hui, via son ministre du budget, d'envisager une mesure immonde, qui "reviendrait à supprimer le traitement sida à 15.000 des 100.000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial" - comme le soulignent "dans un communiqué commun Act Up-Paris, Aides, Sidaction et Solidarité Sida".

Voilà par conséquent des gens qui, posément, sereinement, et quelle que soit leur décision finale, sont capables de planifier une "économie" qui ferait crever 15.000 personnes.

L'épisode se passe évidemment de commentaires - mais il a du moins le mérite, insigne, de nous renseigner, mieux que de longs discours, sur la véritable nature du sarkozysme...

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