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31/08/2007

Et Si On Laissait Crever 15.000 Pauvres - Histoire De Respirer Un Peu?

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C'est "Le Monde" qui, ce soir, l'annonce: "Mercredi 29 août, une réunion s'est tenue à l'Elysée au cours de laquelle, dans le cadre de la réduction des déficits, le ministre du budget, Eric Woerth, a proposé une réduction de 15 %" de la "contribution financière" française "au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme".

Son objectif, à ce triste Woerth, et quand je dis "triste" je me contiens, son objectif, disais-je, est de faire tomber cette contribution "de 300 millions d'euros en 2007 à 250 millions d'euros en 2008".

Je suis comme vous: un peu anéanti par ce qui nous tombe sur la gueule depuis "cent jours" (comme disent nos journaleux).

Je veux dire qu'on est encore un peu sonnés, qu' on a quand même un peu de mal à réagir, qu'on est quand même un peu longs à nous précipiter par millions dans les rues (avant que tout ne soit perdu) - mais qu'il y a, pour autant, une chose dont nous sommes, désormais, absolument certains: c'est que le nouveau régime est le plus infect ramassis de cyniques brutes "libérales" de l'histoire de la Cinquième. (Disons comme ça.)

De sorte que leurs scélératesses ne devraient déjà plus vraiment nous surprendre - puisque aussi bien il est depuis le début évident que leur souci premier, d'où coulent tous les autres (et notamment le sécuritaire), est de prendre aux pauvres pour donner aux riches.

On devrait, en somme, être déjà mithridatisés.

Or, non.

Quand on lit que, pour économiser 50 millions d'euros (ou si vous préférez, pour mieux financer les cadeaux (fiscaux et autres) du régime aux nantis), ces mecs envisagent très sérieusement d'amputer leur aide à un fonds qui permet de "lutter contre des maladies qui font (...) plus de 10.000 morts par jour, principalement dans les pays en voie de développement", on est quand même saisi d'une épaisse envie de gerber.

En juin dernier, Nicolas S., le Petit Monier, l'homme qui réinvente jour après jour le culte de la personnalité, avait, à peine élu, promis: "La France finance 10 % du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n'est pas question de dire (...): "Cela suffit". Au contraire nous sommes prêts à faire davantage".

Mais il avait aussi promis d'en finir avec ce qu'il appelait (plus c'est gros, plus ça passe) la "Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat" - et son premier soin, après son élection, a été de vendre des flingues et de la coopération dans la répression au digne Kadhafi.

De sorte que nous savons - aussi - que le nez du chef de l'Etat s'allonge parfois, quand il promet.

(Pas toujours, notez-le: quand il jure au patronat d'être gentil et généreux, on sait que cet engagement-là sera tenu.)

C'est ce qui lui permet aujourd'hui, via son ministre du budget, d'envisager une mesure immonde, qui "reviendrait à supprimer le traitement sida à 15.000 des 100.000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial" - comme le soulignent "dans un communiqué commun Act Up-Paris, Aides, Sidaction et Solidarité Sida".

Voilà par conséquent des gens qui, posément, sereinement, et quelle que soit leur décision finale, sont capables de planifier une "économie" qui ferait crever 15.000 personnes.

L'épisode se passe évidemment de commentaires - mais il a du moins le mérite, insigne, de nous renseigner, mieux que de longs discours, sur la véritable nature du sarkozysme...

30/08/2007

Je Suis Pas Antisémite, Hein? J'En Ai Juste Marre De La Bien-Pensance Politiquement Correcte...

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Je dois dire que les commentaires qui saluent dans la presse la mémoire de Raymond Barre me trouent quelque peu le fondement, si vous me passez l'expression.

Raymond Barre était, je le rappelle ici pour qui l'aurait oublié, ce digne prosateur qui avait posément dénoncé en 1980, après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic: "Un attentat odieux qui voulait frapper les Juifs de cette synagogue et qui a frappé des Français innocents".

Raymond Barre établissait donc, avec une mâle assurance, une distinction, marquée, entre, d'une part, les "Juifs", et, de l'autre, les "Français".

Maréchal, nous revoilà.

Raymond Barre dénonçait aussi les manoeuvres, nécessairement sournoises, du "lobby juif".

Raymond Barre voyait en Maurice Papon - le Maurice Papon de la déportation et des ratonnades - un "grand commis de l'Etat".

(Raymond aimait assez Maurice.)

Raymond Barre, en outre, avait quelque chose comme de la sympathie pour le bon monsieur Gollnisch, qui trouve que les chambres à gaz, oui, d'accord, mais que bon, faudrait quand même que les historiens puissent en discuter.

Je sais pas vous: moi, je trouve que ça fait beaucoup, pour un seul homme.

Imaginons que n'importe quel sombre taré se mette soudain à vomir que c'est quand même dommage qu'un attentat visant des Juifs tue des Français (innocents), que Papon était un mec plutôt fréquentable, etc?

On dirait: mais que voilà une belle crapule.

Et comme on dirait vrai.

Or, là?

Non.

Raymond B. a, c'est vrai, craché des ignominies - mais la presse nous rappelle que c'était un très bon gars.

Dans "Le Point", ce matin, Sylvie Pierre-Brossolette, émue, nous rappelle que "le "barrisme"" était un (goûteux) "cocktail de rigueur et de courage".

Elle se réjouit: "Aujourd'hui, bien sûr, Barre ne reçoit que des hommages".

Bien sûr.

(Car il était, ne l'oublions pas, strictement libéral - et cette orthodoxie vaut bien qu'on ferme les yeux sur ses menus errements.)

D'ailleurs: "C'est à peine si l'on rappelle ses quelques dérapages "antisémites", dus au grand âge et à l'obstination d'avoir toujours raison contre ces "lobbys juifs" qui ne l'ont pas épargné depuis sa phrase malheureuse sur les "Français innocents" piégés rue Copernic".

Ajoute Sylvie Pierre-Brossolette.

Relisez lentement, je vous prie, ces derniers propos.

Notez notamment, je vous prie, les guillemets à "antisémites".

Notez aussi, je vous prie, comme ces "lobbys juifs" ont quasiment persécuté le bon Raymond...

Dans "L'Express" de ce matin, Christophe Barbier se fend, lui aussi, de son petit compliment: le bon Raymond, "esprit libre, aura accompli un parcours exceptionnel".

Barbier, c'est vrai, concède "quelques dérapages verbaux" - comme le commentaire du bon Raymond sur les "Français innocents" de la rue Copernic.

Barbier déplore, gentiment, "la blessante maladresse du propos, si ce n'est l'énormité du raisonnement".

Dites, les ami(e)s.

"Dérapages"???

"Phrase malheureuse"???

"Maladresse du propos"???

Est-ce que je rêve, ou est-ce que nos vaillants journaleux tortillent salement du cul, au moment d'appréhender les saillies dégueulasses du bon Raymond?

Les mêmes (grosso modo) sont, notez-le, toujours prêts à détecter partout de la "judéophobie" - quand elle peut les aider à mieux régurgiter les discours dominants.

Les mêmes nous suggèrent à longueur de temps que si t'aimes pas George W., c'est que t'es antisémite.

Que si tu penses que les Palestiniens ont aussi quelques droits, c'est que t'es antisémite.

Que si tu espères qu'un autre monde est possible, si possible délivré des bréviaires libéraux de l'excellent Raymond et de ses continuateurs, c'est que t'es antisémite.

Et caetera.

Mais là, quand tout d'un coup ils se trouvent confrontés à un cas d'antisémitisme caractérisé, les voilà qui soudain lèvent le petit doigt: ce ne sont finalement que de bénins "dérapages", d'une "maladresse" presque émouvante...

D'où vient cette curieuse pusillanimité?

C'est dans "Le Nouvel Observateur" de ce matin, sous la plume de l'amusant Jacques Julliard, que j'ai trouvé l'explication.

D'après Julliard, le bon Raymond était, ça ne mange pas de pain, "de l'étoffe des hommes d'Etat".

Mais surtout, il était, je vous le donne en mille: "Anticonformiste".

Et même: "Très anticonformiste".

C'était Raymond l'iconoclaste.

Raymond, le briseur de tabous.

Quasiment un punk-rocker.

Et là, bien sûr, tout s'éclaire.

Julliard écrit, sans honte: "C'est à cet anticonformisme systématique et au refus de faire amende honorable que j'attribue les deux accès d'antisémitisme q'on lui reproche avec raison".

Le racisme ne serait donc au fond, c'est dommage qu'on n'y ait pas songé plus tôt, un anticonformisme...

Observez d'ailleurs la tournure de l'hommage: le petit Raymond a succombé à deux poussées d'antisémitisme, un peu comme il aurait pu choper la varicelle - mais il n'était pas méchant.

Du tout.

Julliard, d'ailleurs, l'absout, d'une phrase que je m'en vais recopier sur mon petit carnet, afin que de ne jamais l'oublier: "Barre n'est pas antisémite, mais il déteste le politiquement correct sous toutes ses formes".

Ne vous pincez pas: je n'invente rien.

Et nous y voilà donc.

Ca fait des années que la triste clique des pontifieurs médiatiques nous les brise avec son courageux combat contre le "politiquement correct".

Avec sa résistance à la tyrannie de la bien-pensance.

Et finalement, et naturellement, voilà que ce qui devait arriver arrive.

Leur anticonformisme à deux balles, désormais, peut aussi justifier l'antisémitisme, présenté, non comme du racisme, pensez, mais comme de l'originalité...

Le gars qui distingue les Juifs des Français (innocents) n'est pas antisémite - puisqu'on vous le dit.

C'est vrai qu'il "dérape" un peu.

C'est vrai qu'il est un peu "maladroit".

Mais c'est pour une bonne cause: l'anticonformisme.

Tristes clowns.

29/08/2007

Ce Que J'Ai Pu Dire Comme Conneries...

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Vous me reconnaissez?

(Non, madame, je ne suis pas le cinquième Beatle, et, non, madame, je ne suis pas non plus Ringo Star déguisé en dissident, et enfin, non, madame, je ne signerai pas votre cahier d'autographes des Beatles, merci de me laisser tranquille avec ça, madame.)

C'est moi, André Glucksmann.

(L'ami d'Ivan Denissovitch.)

C'est vrai qu'on ne m'a pas beaucoup entendu, ces derniers temps...

Mais que je vous dise: je cuvais ma honte.

Oh, je sais bien ce que vous pensez, allez...

Je vous fais pitié...

Vous dites: "Le pauvre, le pauvre, le pauuuuvre..."

Qu'est-ce qu'il a déconné, le pauuuuvre...

Alors, oui, je le reconnais.

Ca me fait ch***, notez.

Mais j'admets: quand je relis mes grotesques proclamations de janvier dernier, je suis comme vous, je me dis, mon vieux Dédé, comment que t'aurais mieux fait de la fermer à triple tour...

Le 30 janvier, tenez.

Je balance, dans le quotidien vespéral de référence, une longue tribune, sobrement intitulée: "Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy".

Oh, putain...

Quand je la relis...

"La rupture à droite embrasse la politique internationale non moins que l'intérieure", écrivais-je.

De cette plume chargée d'alacrité qui a fait dire à Soljenitsyne que "toi et moi, Dédé, on va reconstruire Maman Russie", je précisais - mon Dieu, que c'était ridicule: "Curieux avatar du "gaullisme", le fétichisme conservateur cultive le primat des Etats, quoi qu'ils fassent".

(Vous noterez au passage, mais vous aurez compris que je n'en suis plus à une divagation près, que ce fétichisme ne m'a jamais vraiment dérangé, bien au contraire, dirai(s)-je, quand le primat en question était celui de l'Etat bushiste, apportant la démocratie aux indigènes d'Irak.)

Je concluais: "Cette Realpolitik sacrifie notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes et de contrats pétroliers".

(Sauf dans le cas de l'Irak, il va de soi.)

Et donc, j'appelais à "choisir Nicolas Sarkozy", pour en finir avec le cynisme odieux qui sacrifiait notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes.

J'observais, avec l'instinct aigu du philosophe rompu aux finesses géostratégiques, avec cette lucidité qui a fait dire aussi à (feu) Jean-François Revel qu'"avec Dédé la vermine rouge n'a qu'à bien se tenir, on vous fera la peau, bâtards de communistes", j'observais, disais-je: "Nicolas Sarkozy est le seul candidat aujourd'hui à s'être engagé dans le sillage de (la) France du coeur. Il dénonce le martyre des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye (...), puis énonce une règle de gouvernance fort éloignée de celle de Jacques Chirac: "Je ne crois pas à ce qu'on appelle la Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat"".

J'entends vos ricanements.

Et je dois dire: je les comprends - un peu.

(Après tout, je suis philosophe, oui ou merde?)

Moi aussi, j'ai lu, et j'avais honte, "Le Canard enchaîné" de ce matin.

Moi aussi (et j'en appelle ici à votre mansuétude, ça nous arrive à tous de nous faire enfler dans les grandissimes largeurs), j'ai découvert, effondré, le contenu de l'"accord de coopération dans le domaine de la défense et du partenariat industriel de défense entre la République française et la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne", signé le 25 juillet dernier.

Moi aussi j'ai lu qu'en principe, "cet accord ne peut être, en raison de sa nature, de sa portée et de son caractère confidentiel, ni divulgué, ni publié dans sa totalité ou partiellement, sans l'accord des deux Parties".

Moi aussi, j'ai compris, en découvrant le contenu de cette ahurissante saloperie, pourquoi mon choix du 30 janvier ne tenait pas (du tout) à ce qu'il soit révélé.

Moi aussi, j'ai découvert que cet accord portait sur:

"A. Echanges de vues et d'informations sur les structures de défense et les organisations militaires et sécuritaires.
B. Visites réciproques d'experts et échanges de documentation et de publications dans le domaine de l'enseignement et des études militaires.
C. Echanges d'informations sur les concepts, les principes et les meilleures méthodes militaires actuelles et futures.
D. Discussions sur la possibilité d'effectuer des manoeuvres militaires conjointes.
E. Coopération dans la formation à la planification opérationnelle, l'instruction des cadres et l'entraînement au commandement et au contrôle.
F. Coopération dans l'entraînement des personnels militaires aux opérations de maintien de la paix. (C'est un peu mou du cul, ça, non?)
G. Coopération dans l'entraînement des unités militaires spéciales, des forces spéciales et des unités de gardes frontières. (Ah, ben je préfère ça.)
H. Coopération dans l'apprentissage de la langue française.
I. Coopération, au cas par cas, dans la formation aux communications, technologie et systèmes de sécurité.
J. Echanges d'informations et d'expertise sur la législation concernant les conflits armés.
K. Protection et encouragement des investissements communs dans le domaine de l'industrie de défense entre les institutions et entreprises françaises et leurs homologues en Grande Jamahiriya.
L. Acquisition de différents matériels et syst!èmes de défense".

Vous comprenez maintenant pourquoi je reste enfermé chez moi?

Vous comprenez pourquoi je n'ose plus sortir?

J'en PEUX PLUS de tous ces ricaneurs qui me lâchent d'insupportables: "Alors, Dédé, ces intérêts à courte vue de ventes d'armes, ils vont bien?"

J'ai voulu envoyer au "Monde" une nouvelle tribune: "Pourquoi finalement je ne choisis pas le gros menteur".

On m'a répondu, c'est à peine concevable: "Cher monsieur Ringo, l'élection est passée, patience, d'ici une dizaine d'années, tout le monde aura oublié vos hallucinants déconnages."

25/08/2007

Raymond Est Mort

Oui donc: Raymond est mort.

Ce bon Raymond, avec "son intransigeance intellectuelle, sa générosité, son humanité et sa très grande gentillesse" - dixit Alliot-Marie.

Raymond, l'intransigeant, voyait en Maurice Papon un "grand commis de l'Etat".

Raymond, le généreux, avait commenté en ces termes l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en 1980: "Cet attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue (...) a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic".

Raymond, l'humain, supportait mal qu'on s'émeuve de ses misérables divagations: il dénonçait une "campagne" du "lobby juif".

Raymond est mort, et François Fillon s'est empressé de saluer un homme qui a, dit-il, "porté haut les valeurs d'exigence morale et de rigueur".

Ben voyons.

La Droite, C'Est Par Là!

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1.
"Le Nouvel Observateur" publie cette semaine "un sondage exclusif Sofres - "le Nouvel
Observateur" - les "Gracques"".

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, "l'Obs" précise, gentiment, que les "Gracques" sont des "contestataires modernistes de la gauche".

Si (courageusement) contestataires, même, qu'ils prônent "un aggiornamento" du Parti "socialiste", et un "rapprochement" avec le Modem de François Bayrou: de sorte qu'ils sont de gauche, certes - mais de droite.

Ca va mieux en le soulignant.

Cela dit, force est de le reconnaître: ces (modernes) réformateurs ont de la chance.

Jugez plutôt: le sondage exclusif des "Gracques" dit que les "Gracques" ont raison!

Le sondage exclusif des Gracques dit que les Françai(se)s, dans leur gigantesque sagesse, pensent comme les "Gracques"!

Est-ce que ce n'est pas merveilleux?



2.
C'est le divertissantissime Claude "Asko" Askolovitch qui présente les résultats, et il nous l'annonce tout de go: "Méthodiquement, des totems de la gauche sont renversés par les Français".

(En réalité, ils sont renversés par "un échantillon national de 1.000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus", mais bon, est-ce qu'on va chipoter pour si peu?

Remettre en cause la fiabilité de la machine à sonder?)

Ainsi: "L'axe stratégique majeur, l'incontournable union de la gauche, tabou du PS depuis le congrès d'Epinay de 1971?"

Les sondés vomissent à la seule évocation de cette longue atrocité: "Une vieille lune!"

Ce qu'ils veulent, c'est "une alliance socialo-écolo-centriste"!

Ce qu'ils veulent, c'est François Bayrou!

"La recherche d'un pacte PS-Verts-Modem a les faveurs de 44% des Français, et surtout - réponse saisissante - de 43% des sympathisants de gauche", alors qu'"en face, 29 % seulement des sympathisants de gauche prônent un "renforcement des liens" du PS avec le PC et l'extrême-gauche"!

En somme, vous l'avez compris: les Français, dont leur immense lucidité, veulent une gauche libérale, soumise au Marché dont Bayrou est lui aussi le fidèle ami.

Comme les "Gracques" et "le Nouvel Obs".

Je vous avais prévenu(e)s que c'était merveilleux - mais la suite est mieux encore, vous allez voir.



3.
Quand on passe en revue les (si légitimes) aspirations des sondé(e)s, on découvre, avec beaucoup de bonheur, un panorama empreint de la nouvelle (et bouleversante) philosophie émancipatrice connue sous le nom générique de nicolassarkozysme.

Asko peine d'ailleurs à dissimuler sa joie: "La diminution de la durée du travail, mesure emblématique de la gauche depuis les années 1970?"

Mais c'est "une incongruité, rejetée par 68% des sondés et 58% des sympathisants de gauche!"

Et ce n'est pas tout!

Maginez-vous que "des mesures engagées par le gouvernement Sarkozy", mais "combattues par la gauche sur le mode de l'anathème" (si caractéristique de la bien pensance trotsko-emmanuelliste) sont, accrochez-vous bien: "Largement approuvées"!

Ainsi, "l'alourdissement des peines contre les mineurs récidivistes ou le service minimum dans les transports publics" ravissent positivement les sondés, sympathisants de gauche compris - car le Français, qu'on se le dise, aime le gros bâton.

Mais surtout - surtout: "La régularisation des sans-papiers (...) est rejetée par 56 % des sondés".

Ah, les braves gens!



4.
Asko loue, aux anges, la conversion de ses concitoyens à la vraie vie, et à son long cortège de plans sociaux: "Les voici raisonnables et adaptés".

Raisonnables: "Marx, qui est-ce?"

Adaptés: "L'économie de marché, acceptée non sans mal par un PS perclus de mauvaise conscience antilibérale, est acceptée comme étant "le moins mauvais système" par 65% des sondés et 63% des sympathisants de gauche!"



5.
(Je vous donne le truc: si vous avez envie de faire marrer vos potes, glissez-leur que "l'économie de marché" a été "acceptée non sans mal" par le P"S".

Effet hilarant garanti.)



6.
Soyons objectifs: tout n'est pas (encore) complètement rose.

Il reste quelques "sujets (...) clivants", qui "montrent une opinion de gauche campée sur ses bases traditionnelles" - tabous et autres blocages crypto-staliniens.

L'évolution générale est bonne, mais "la flexibilité du marché du travail", par exemple, qui est pourtant "admise par 49% des sondés", reste "rejetée (51% contre 39%) par l'opinion de gauche".

Commentaire navré d'Asko: "La demande de réalisme, parfois, reste théorique".

On sent bien que le gars est au bord des larmes: il ignorait que Vladimir Illitch Oulianov comptait encore 51% d'émules chez les Françai(se)s "de gauche".


7.
Heureusement, Bernard Spitz, qui est l'"un des animateurs des "Gracques"", lui remonte le moral, en lui expliquant, patiemment, que: "Le sondage montre que l'opinion est fluide et qu'il y a de la place pour un travail de conviction".

Encore un effort, camarades, et nous défilerons ensemble en scandant: "Vive! La Flexibilité! Du Marché Du Travail!"

Spitz y croit fort: "Si les socialistes se réforment et proposent un projet moderne, cohérent et audacieux, ils reprendront leur espace naturel".

Un minuscule détail lui échappe: le parti libérés de ses "totems" qu'il appelle de ses voeux, le parti "réaliste" qui ose dire tout haut ce qu'il pense tout bas sur des sujets aussi divers que l'économie de marché, la diminution de la durée du travail ou le service minimum dans les transports publics - ce parti existe déjà.



8.
C'est l'UMP, bien sûr.

23/08/2007

Prédateur

Je lis et j'entends, ces jours-ci, que le régime en ferait "trop", dans la démagogie sécuritaire, après l'affaire Evrard.

Autant l'énoncer clairement: je ne suis pas d'accord.

Oh non.

Pour cette simple et bonne raison: je crois, en effet, que les enfants ne sont plus en sécurité, dans nos villes et nos campagnes.

Un homme rôde, qui leur veut du mal.

Un homme dont l'obsession est d'ATTRAPER DES ENFANTS - et leurs parents.

Puis de les (r)envoyer à la souffrance.

Un multirécidiviste, qui a d'ores et déjà prévenu qu'il escomptait faire cette année, tenez-vous bien, 25.000 victimes.

L'horreur...

Alors je sais que les bonnes âmes politiquement correctes vont s'en émouvoir - ces gauchistes à la con sont carrément irrécupérables - mais je vous le dis comme je le pense: je soutiens le régime à 300 %, dans son élan sécuritaire.

Il est plus que temps de mettre fin aux agissements atroces de ce prédateur.

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21/08/2007

La Diffamation Pour Les Nuls: Philippe Val Contre Les "Connards"

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Il peut pas s'en empêcher.

C'est plus fort que lui.

Régulièrement, ça le prend, ça monte, ça monte, et ça jaillit, comme une vomissure dégueulasse.

Et donc, au tout début du mois d'août, juste avant de partir en vacances, le dramatique patron de "Charlie Hebdo", Philippe Val, a pondu un édito singulièrement ignoble - de ceux qui l'établissent, dans les talk-shows, comme un phare de la Pensée moderne.

Prétexte?

L'affaire du médecin palestinien et des infirmières bulgares détenus en Libye.

Val écrit: "Les défenseurs radicaux des Palestiniens ont été bien silencieux dans les tentatives de sauver" ledit médecin.

On devine que ça va être gratiné: ça l'est, en effet.

Val demande: "Que dit France Palestine, par exemple?"

Val répond: "Rien. Ils s'en foutent".

Val demande: "Pourquoi?"

Val répond: "Parce que Kadhafi est un ami".

Information d'importance, que rien, et pour cause, ne vient le moins du monde étayer: Kadhafi est "un ami" de "France Palestine".

Je suppose qu'il s'agit de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), où l'on chercherait en vain le moindre signe d'une telle amitié - mais le navrant boss de "Charlie Hebdo" n'est pas du genre à se laisser entraver par de si minuscules détails: il sait, lui, que l'AFPS et Kadhafi sont gravement copains.

Car, explique-t-il de sa plume cauteleuse: Kadhafi "déteste Israël et l'Amérique".

Du coup, "on ne va rien faire ou dire contre lui".

Voilà ce que j'appelle une démonstration exemplaire.

Val, posément, crache alors sa misérable Valda: "Voilà bien la preuve que les Palestiniens ne sont qu'un triste prétexte pour la plupart de ces gros connards qui, en réalité, dépensent toute leur énergie, non en amour des Palestiniens, mais en haine des Juifs, de l'Amérique, et de la démocratie en général..."

J'adore ce: "Voilà bien la preuve".

Sur la seule foi de son propre délire, Philippe Val affirme "prouver" que les défenseurs des Palestiniens, et singulièrement ceux de "France Palestine", sont, "pour la plupart", des "gros connards" antisémites, racistes, qui haïssent la démocratie.

Pourquoi se gêner, je vous le demande?

C'est ainsi que certains mercredis, calomnie rime avec "Charlie".

20/08/2007

En Sarkozique Vernaculaire, Journaliste S'Ecrit: P, a, i, l, l, a, s, s, o, n

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C'est vrai qu'on a parfois l'impression, en lisant "Le Monde", que le quotidien vespéral démarché se résume aux burlesques divagations du fidèle Ridet, qui aime beaucoup Nicolas Sarkozy.

Or, soyons justes: "Le Monde", ce n'est pas seulement cela.

Pas seulement.

Je veux dire qu'on y trouve, aussi, de vraies informations - éventuellement rigolotes.

Ainsi de cet épisode, rapporté hier.

Ca se passe le 12 août dernier.

Cecilia S., l'épouse du Petit Monier, se promène avec deux amies dans les rues du bled yankee où les S. passent des vacances payées par de généreux mécènes - évidemment désintéressés.

Le truc, c'est qu'en principe elle devrait être au fond de son pieu avec une grosse poche de glace en équilibre sur sommet le crâne - puisqu'il paraît qu'elle souffre, alors, d'une angine blanche.

(Ce dont nous n'avons que foutre, je vous l'accorde.)

Et là, bim: elle tombe "nez à nez" avec "deux journalistes".

(Je sais: vous vous faites chier.

Moi aussi.

Mais restez: c'est maintenant que ça devient marrant.)

Aussitôt, "l'officier de sécurité"* qui accompagne Cecilia S. lance aux deux guignols: "Ca suffit, laissez-la tranquille".

Et il ajoute, je vous avais prévenu(e)s que ça devenait amusant: "Ne nous obligez pas à appeler vos patrons à Paris pour vous faire rapatrier".

Je vous suggère de relire tranquillement cette dernière apostrophe, en prenant le temps de bien savourer sa rondeur.

De bien mesurer ce qu'elle révèle de notre "paysage politico-médiatique" (rime riche).

Sarko Tsé-Toung

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Je suis comme vous: triste, quand je reste sans nouvelles de notre Petit Monier (Sarko Tsé-toung) pendant plus de quelques heures.

Aussi ai-je passé un été de rêve, grâce à nos GML (Glorieux Médias Libres), qui ont rempli sans faillir leur NMI (Noble Mission d'Information), nous répercutant sans (jamais) désemparer les moindres faits et dits et gestes et mimiques du Chef De L'Etat - Gloire à Lui et Aux Sien(ne)s dans les siècles des siècles.

Je ne doute pas cependant que nos DJ (Dignes Journaleux) puissent mieux faire encore, ayant jusqu'à présent omis de nous renseigner sur la consistance des selles présidentielles du matin - omission imputable à une pudeur qui les honore, mais qui nous laisse quelque peu sur notre faim, pas vrai?

 
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