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02/09/2007

Sluuuuuurp...

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Une langue, chargée d'un très gros taux de flagornerie, vient se poser tout soudain sur le chef de l'Etat: elle appartient à Jacques Espérandieu, qui est le "directeur de la rédaction" du "Journal du Dimanche".

Dans son éditorial de ce matin, il salue, évidemment, "la fusion Suez-Gaz de France".

Ladite, nous le savons, est une gigantesque scélératesse.

(Une de plus.)

Mais c'est pour cela justement qu'elle ravit nos journaleux - et notamment ceux qui, c'est le cas d'Espérandieu, émargent (crânement) chez l'amusant Lagardère, proprio du "Journal du Dimanche" et "frère" (c'est du moins ce qu'il affirme) du chef de l'Etat.

Orthodoxie néo-libérale oblige.

Or donc, Espérandieu l'écrit: "La fusion Suez-Gaz de France (...) est (...) le dossier (...) le plus significatif du pragmatisme, de la capacité d'adaptation du président de la République".

(Ptoui, ptoui, non, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent, je ne crache pas sur vos talonnettes, vous pensez bien que jamais je ne me permettrais, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent: je cire vos richelieux, Monsieuuuuur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent.)

Il condède, certes, que: "La fusion oblige à privatiser Gaz de France et donc à renier la parole de l'Etat qui s'était engagé en 2004, par la voix de son ministre des Finances de l'époque, à ne pas descendre sous les 70 % de participation dans l'entreprise gazière".

Et que: "D'ailleurs, ledit ministre (...) s'appelait Nicolas Sarkozy".

Mais - je vous le demande avec, tout de même, un peu de gravité: pouvons-nous, en conscience, tenir grief d'un si minuscule reniement au chef de l'Etat (qui est aussi le "frère" de l'employeur de Jacques Espérandieu)?

Pouvons-nous, décemment, énoncer que le chef de l'Etat est une espèce de burlesque Pinocchio stressé - au seul motif qu'il ne tient pas sa promesse de ne jamais (jâââââmais) privatiser GDF?

Evidemment pas.

Soyons un peu raisonnables: nous parlons de Nicolas Sarkozy, Petit Monier.

Si le gars (se) renie, c'est bien malgré lui, et pour la bonne cause: c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Jacques Espérandieu l'a d'ailleurs (très) bien compris: loin de s'en offusquer, il voit dans le bobard gazier de Sarkozy "'l'occasion rêvée pour le Président d'imprimer sa marque".

(Lagardère: "Merci, Jacques, et bravo!")

Alors évidemment, tout n'est pas gagné.

Oh ben non, alors.

Si le chef de l'Etat devait triompher sans péril(s), où serait je vous prie le plaisir de le flatter?

Espérandieu nous rappelle donc, avec beaucoup de sérieux, qu'il faut encore "éviter les couacs de dernière minute".

(Fichtre.)

Et aussi: "Tenter de convaincre des syndicats toujours aussi réticents".

(Mais "tenter" seulement, puisque aussi bien, comme je disais, on va pas se laisser emmerder par des communistes.)

Espérandieu rappelle enfin une ultime difficulté, dont vous allez tout de suite mesurer l'énormité: il "reste", aussi, "à prouver que, comme le pensent les experts, cette solution était bien la meilleure pour le pays".

Car le chef de l'Etat est comme ça: il trouve toujours pour nous ce qu'il y a de meilleur.

De sorte que le boss du "Journal du Dimanche" peut enfin poser, en guise de conclusion, LA question qui nous tarabuste si obstinément: "Pourquoi il aura fallu dix-huit mois pour y parvenir", à cette solution qui est "la meilleure pour le pays"?

Ben, Jacques, rappelle-toi: il y a dix-huit mois, nous n'avions pas Monsieeeeeur Leeeee Prééééésiiiiideeeeent...

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