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16/09/2007

Donald Kouchner: "La Guerre! La GUERRE! LA GUERRE!"

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Sur la photo: notre George W. Bush à nous, à gauche, et notre Donald Rumsfeld à nous, à droite.

Pâles copies des originaux, certes, mais, pour cette raison même, atrocement dangereuses.

On savait, bien sûr, le culte que ces deux-là vouent aux déments de Washington.

On savait - mais il fallait, surtout, ne rien dire, sinon, rappelez-vous, on était le roi des salauds.

Quand Eric Besson, par exemple, a eu le malheur de considérer que Sarkozy était un "néoconservateur américain à passeport français", le philosophe préféré de Sarkozy, le penseur qui du point de vue de Sarkozy fait "honneur à l'intelligence française" (en déplorant par exemple que les Noirs soient tellement nombreux dans l'équipe de France de football), je veux parler bien sûr d'Alain Finkielkraut, a posément considéré qu'Eric Besson avait lâché un, je cite: "Lapsus fasciste".

Depuis, Eric Besson est allé se coucher aux pieds de Sarkozy (et on attend toujours que le digne philosopheux nous explique ce que lui inspire ce ralliement d'un presque fasciste à son candidat préféré).

Donald Kouchner aussi, est venu se koukoucher.

Mais rappelez-vous: il n'allait, nonobstant, pas renier, pensez-vous, ses convictions profondes.

Homme de gauche, homme de paix, homme des jolis bateaux lumineux pour les petits nenfants du Viêtnam et des jolis sacs de riz gluant pour les petits nenfants somaliens, Donald Kouchner allait porter haut les couleurs de l'humanisme, juste à côté du colonel Brice Hortefeux.

Et vous savez quoi?

Donald Kouchner tombe le masque - ça n'a pas été long.

Il déclare, avec cette mâle gravité qui lui va si bien au teint, que nous devons, je cite, nous "préparer au pire".

Et qu'est-ce que c'est que ce pire, ô Grand Phare De La Pensée Humanitaire - lui ont demandé les journaleux qui lui servaient la soupe?

"C'est la guerre", a tranquillement répondu Donald Kouchner.

La guerre contre l'Iran.

Le petit nenfant des rizières et son petit nami de Somalie sont une chose.

Le petit nenfant iranien en est une autre.

Nous devons nous préparer à l'idée que nous allons devoir balancer, d'une très haute hauteur, des bombes dans la gueule des petits nenfants iraniens - parce que c'est de ça qu'il est, naturellement, question, quand on parle de guerre.

Quand ces maniaques parlent de guerre.

Notez: ils promettent à chaque fois que ça va bien se passer.

On va faire ça très proprement, façon école de chirurgie - et si quelques civil(e)s crèvent, ben c'est les risques du métier.

C'est des victimes collatérales - de moindrissime importance.

Puis bon, n'a pas trop le choix: c'est ça, ou la fin du monde.

Si on reste sans réagir, ces gens-là vont nous jeter sur le coin de la gueule des ADM fabriquées dans des laboratoires secrets si bien planqués dans leurs nombreux sous-sols que même les missionnaires de l'ONU les trouveront jamais.

Si on reste sans réagir, ces gens-là vont nous attaquer, alors que nous, par exemple, est-ce qu'on attaque des gens sans raison(s) - à part bien sûr de temps en temps quelques tribus algériennes et guatémaltèques et laotiennes (liste non exhaustive), mais c'est pas la même chose?

Nous ont fait le coup en Irak.

(Liste non exhaustive.)

Je vous balance tout ça en vrac, parce que je suis un peu énervé.

Parce que je trouve que "ça" va encore beaucoup plus vite que je ne le craignais.

Parce que nous avons là, en effet, des clones de Bush et de ses nervis, dans leur sinistre plénitude.

Parce que nous avons là des petits rigolos qui sont en train de nous faire ici, en quatre mois, ce que Bush et ses nervis ont fait chez eux en (grosso modo) quatre ans.

Quand ces mecs-là nous disent que nous devons nous préparer à la guerre, ça veut dire qu'ils ont déjà prévu de la faire - et que ça ne fera pas du tout l'objet d'un long débat.

Ils ont le doigt sur le bouton.

Matez le calendrier: à peine sont-ils confrontés à ce que leurs journaleux de chevet appellent pudiquement le début de la fin de leur état de grâce (de mes couilles), que zou, ils nous balancent quelque chose comme la promesse d'une jolie petite guerre.

C'est dans les vieux pots yankees dégueulasses qu'on fait les meilleures soupes aux cadavres.

Vous dites?

C'est de la paranoïa?

Oui, da.

C'en est.

Certainement.

Comme c'en était, n'est-ce pas, de considérer naguère que les crevards de Washington allaient de toute façon guerroyer en Irak - alors que le monde entier savait qu'ils mentaient comme des porcs, que leurs prétextes à la con ne tenaient pas la route une seconde.

Rappelez-vous Sarkozy, qui allait, ministre-candidat, lécher les pieds de Bush, oooooh mais je vous prie de bien vouloir excuser la retenue de ce vieux chacal de Chirac, vous pensez bien qu'avec moi ça ne se serait pas du tout passé comme ça.

Message (si peu) subliminal: quand je serai chef de l'Etat vous pourrez compter sur mes jolies troupes d'élite pour soutenir vos boys quand ils massacrent des civil(e)s au large de Bassorah - vous pensez bien que j'ai pas envie de laisser passer une si formidable opportunité.

Rappelez-vous Sarkozy, qui nous a dit ensuite que non, pas du tout, il n'avait pas du tout l'intention de s'aligner sur ses maîtres bushistes.

Ben si, en fait: nous y sommes.

Dans la vraie vie, nous y voilà.

Ca fait quatre mois que ces mecs-là sont là, et déjà ils planifient une guerre - du Golfe.

Et de mon point de vue, ils doivent y croire très, très, très fort.

Une bonne grosse GUERRE, avec plein de belles images pour nos télés.

Oooooh les jolies balles traçantes la nuit dans le ciel de Téhéran.

Rien de tel pour fidéliser le populo.

Rien de meilleur pour le moral de la nation qu'un grand élan patriotique - déjà dans les rédactions, soyez sûr(e)s qu'on fourbit du très, très gros titre sur le danger iranien - et sur la nécessité de jouer du gros bâton, croyez que ça me navre, mais quand faut y aller, faut y aller.

On sent que ça le motive, Donald Kouchner.

On sent qu'il a vraiment l'impression de vivre une Page D'Histoire, quand il affirme qu'il est: "Normal qu'on fasse des plans".

Et quoi de plus normal en effet, pour un type qui a jadis prêté le serment d'Hippocrate*, que de faire ce genre de plans?

On sent qu'il se prend carrément au sérieux, quand il révèle qu'il a demandé "aux grandes entreprises françaises", genre Total et GDF, "de ne plus investir en Iran".

Remarquez, chez Total, ils doivent l'écouter: il s'est jusqu'à présent montré plutôt sympa, pour une somme assez modeste.

"Koukouche le Birman" - l'appellent-ils.

Le gars se pointe et nous annonce la guerre: ça devrait normalement nous jeter dans les rues par millions.

Très vite.

TRES VITE.

Et c'est là qu'on va voir si "la gauche", qui se pignolait ce week-end à la Fête de l'Huma, est à la hauteur de l'enjeu.

Parce que sinon, c'est pas pour me vanter, mais cet après-midi, en zappant, je suis tombé sur un mec assez virulent, qui chez Moati mettait le compte à Sarkozy, fallait voir comme.

Un mec sensé, qui répétait sur tous les tons que la guerre est une infecte saloperie.

Je l'ai trouvé positivement ravissant - tout le contraire des mielleux "socialistes" modernisateurs.

Je me suis dit, ah ben enfin, quelqu'un ouvre sa gueule - c'est pas trop tôt, et, sincèrement, qu'est-ce que ça fait du bien.

C'était Dominique de Villepin.


* Le serment d'Hippocrate (tel qu'il se présente sur Wikipédia): « Au moment d'être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité. Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité. J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. Admis(e) dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés. J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité. Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j'y manque ». Sacré Donald... (Merci, Anne B.)

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