Avertir le modérateur

22/09/2007

Puanteur (2.0)

medium_04qpetain.2.jpg

Vous sentez comme ça pue?

Vous sentez comme ce pays, tel qu'il est gouverné depuis cent et quelques jours, devient, non plus seulement dégueulasse, comme naguère sous la droite, mais carrément atroce?

Je suppose que oui.

Je suppose que, séparément, individuellement, un(e) par un(e), vous sentez.

Je suppose que la puanteur, suffocante, vous prend à la gorge.

Je suppose que vous aussi, vous passez beaucoup de temps, ces temps-ci, en congratulations, à vous désoler entre ami(e)s de l'extrême cruauté du régime.

T'as vu ça?

J'ai vu ça.

T'as vu ce qu'ils ont encore trouvé, ces maudits salopards?

J'ai vu ce qu'ils ont encore trouvé, ces maudits salopards.

Et ça t'a fait gerber?

Et ça m'a fait gerber.

On est là, on se couche écoeuré(e)s par la dernière saillie d'un porc bleu horizon, et on se lève plombé(e)s, avec l'absolue certitude qu'on va encore tomber en lisant les journaux sur une saloperie nouvelle - et c'est exactement ce qui se passe.

On s'entreconsole entre nous de chaque nouvelle scélératesse, en attendant la prochaine.

Dans le noir, on cherche ses potes - vieux dicton berrichon.

Mais ensemble, millions que nous sommes?

Collectivement?

Est-ce que nous comprenons bien ce qui se passe, juste là, sous nos yeux?

Et si nous le comprenons, est-ce que nous réagissons?

Je ne crois pas, non.

Pour la simple raison que si nous avions réellement pris la mesure de la guerre totale (et sociale, et de classe(s), et que sais-je encore) qui nous est quotidiennement faite, nous n'en serions plus à déposer comme je fais ici, ce n'est qu'un exemple d'une sinistre banalité, des billets gentillets sur de gentillets blogs - oh non, putain de merde.

On cesserait de se pignoler.

On serait dans les rues, et pas qu'un peu, neveux.

Ca ferait un bon début.

On a battu le pavé, on l'a comme oublié, pour beaucoup moins que ça.

Pour beaucoup moins que l'absolutisme (plus ou moins) faux-derche qui nous tient ces jours-ci à sa main (droite).

On a manifesté contre des vilenies qui, rétrospectivement, ont des airs de ballons d'essai(s) pour cour de récré libérale.

Mais là, dites, où sont les cortèges?

Je ne me vois pas, je l'avoue, défiler tout seul - remonter le boulevard Richard-Lenoir en gueulant des slogans vengeurs, "talonnettes, enculette": j'aimerais m'intégrer à une foule en colère.

Mais voilà: où est-elle?

Bordel?

Y avait jadis un truc finalement plaisant qui s'appelait: "La gauche".

On y trouvait même, soyons généreux, quelques socialistes.

Je vous parle d'un temps que les moins de quatre ans ne peuvent pas connaître: ce n'est donc pas si vieux.

Prenons le CPE: c'était vraiment un truc de baba-cool mielleux, quand on le compare à ce que Sarkoland nous balance dans les molaires jour après jour.

Mais ça nous énervait assez pour qu'on dise à Villepin, le hippie de Matignon, que ça n'allait pas être possible.

Aujourd'hui, à quoi sommes-nous confronté(e)s?

Au "service minimum".

(En langage de tous les jours: mise à mort du droit de grève.)

A la "réforme de la fonction publique".

(11.000 profs dégagé(e)s, mais l'Entreprise va bien, merci - elle acclame Philippe Val.)

A la "réforme des retraites".

(Qui nous coûtent si cher, mais ce n'est pas non plus comme si nous avions le projet de récupérer notre pognon dans la poche des stock opté(e)s.)

Liste non exhaustive - mais à chaque jour suffit sa Pen, comme dit l'UMP.

En quatre mois et des poussières, "nos" néocons décomplexés auront donc anéanti, parce que c'est bien de ça qu'il s'agit, cinq décennies de contrat social.

Vous me direz: outre la droite elle-même en ses diverses déclinaisons, les "socialistes" avaient déjà bien déblayé le terrain.

Je ne suis pas d'un avis différent, mais quand t'as dit ça t'as rien dit, parce que la vérité, crue, est que nous recevons, depuis l'arrivée de Sarkozy, une pluie serrée de coups d'une absolue sauvagerie, et que.

Nous.

Fermons.

Notre.

Gueule.

Et que la gauche n'existe pas, dans cet environnement.

Voyez si nos vaillants syndicalistes continuent, courageux, à tortiller du cul - dans le meilleur des cas.

Je lisais l'autre jour que: "Nicolas Sarkozy s'est entretenu (...) avec chacun des numéros 1 des grandes centrales syndicales", histoire de leur fourguer encore sa "réforme des régimes spéciaux" - et que, tenez-vous bien, "les leaders syndicaux sont plutôt rassurés".

Avoue que tu biches, Bernard Thibault, quand Sarko te gratouille les couilles.

Où sont les "socialistes"?

Les "socialistes" sont vautrés dans leur fange patronale.

(Lisez je vous prie l'effroyable entretien que Jean-Marc Ayrault, "président du groupe socialiste à l'Assemblée", a donné l'autre jour à "Libé".

C'est un modèle du genre.

Le gars réchauffe sur son petit Butagaz le coutumier brouet faux-cul des solférinistes, prenant grand soin de l'assaisonner de TOUS les mots creux à deux balles qui font si bien dans le paysage: "mouvement", "tabous", "modernisation", "mise à jour", "réformisme", "complexes gauchistes", "rénovateur", consensus" - ils sont tous là, comme à la parade, et le résultat est, comme d'habitude, abominablement affligeant, parce qu'il ressemble vraiment beaucoup, et pour cause, à un sarkozysme "light", où Malek Boutih prendrait la place du colonel Brice Hortefeux, et où Christine Lagarde s'appellerait Jean-Christophe Cambadélis.

L'horreur totale, quoi.)

Ségolène Royal n'a que je sache pas eu un mot, pas un, pour vilipender la multiplication depuis quatre mois des pains dans la gueule des immigrés, mais se pose, on croit rêver, en victime du "racisme", quand Jospin énonce clairement ce que nous savons tou(te)s: Ségolène Royal est une infinie catastrophe.

Un silence de mort - de MORT - accueille, à "gauche", le délire guerrier du glauque docteur Kouchner.

Et voyez pour finir la semaine la mère de toutes les ignominies.

L'amendement prévoyant "que les autorités françaises pourront inciter les candidats au regroupement familial à fournir un test génétique".

Là, clairement, "on" franchit une limite - abjecte.

C'est plus seulement que ça pue: c'est que l'odeur soudain monte directement, nocive, corrosive, d'un égoût qu'on espérait cadenassé depuis soixante ans.

Mais on ne descend pas dans la rue pour exiger, a minima, que soient neutralisés les sombres taré(e)s qui proposent de "lever ce tabou".

On proteste mollement - à grands coups d'une pétition en forme de nec plus ultra de l'indignation distinguée: merde, c'est pas un peu court?

Nous nous taisons, en somme.

Et l'amendement passe, comme lettre à la poste.

Les "socialistes", mais pas que, ferment derechef leur minable gueule: c'est vrai que le coup de l'ADN les agace un peu, mais au fond ils sont bien d'accord: il faut âââbsolument que nous maîtrisions, très chèèèèère, ces tragiques flux migratoires, sans quoi toute la misère du monde va nous déferler sur.

Et, que je vous dise: j'en ai marre, de lever sans fin le petit doigt, au moment d'appeler un chat un chat, et des relents bruns des relents bruns.

En face, regardez bien: ils n'ont pas de ces pudeurs - foutre non.

La décomplexion règne.

J'ai toujours fait gaffe, ici, à ne pas tout mélanger - mais là je sais pourquoi l'odeur m'incommode si fort.

Quand "on" commence à parler de vérifications génétiques, ça pue l'an(née) 40 - si vous voyez ce que je veux dire.

(Et si vous ne voyez pas, regardez la photo, là-haut.)

Et ça devient TRES problématique, de fermer encore sa gueule.

N'est-ce pas, "la gauche"?




(Salut au camarade Paria - où ça, d'l'auto-censure?
Salut aux Dîneurs de Belleville ("un bon couscous ça fait du bien"): il ne passera pas par moi - qui ça - le Hezbollah.)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu