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01/10/2007

Quelques Pensées De Pascal (Bruckner)

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Le "communisme" international n'en finit plus, nonobstant le décès récent de Леонид Ильич Брежнев (Leonid Illitch Brejnev), de subvertir nos libres sociétés.

C'est du moins le point de vue de Pascal Bruckner, l'essayiste fameux.

Pascal Bruckner affirme en effet* que: "La création malheureuse du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale me semble relever d'un fantasme soviétique plus que d'une dérive d'extrême droite".

On lit ça, on se dit que Pascal Bruckner nous prend carrément pour des con(ne)s - mais Pascal Bruckner n'en démord pas: "C'est dans l'ex-Empire soviétique que l'Etat se voulait dépositaire de la vérité et aurait pu créer un ministère de la Vertu, de l'Amour de la patrie, de la Bienséance".

Dans la vraie vie, naturellement, ce n'est pas complètement vrai.

Dans la vraie vie, la dernière fois que nous avons été soumi(se)s, nous, Françai(se)s, à un "Etat dépositaire de la vérité", ce n'était certes pas sous le règne de (feu) Staline, mais sous le joug de (feu) Pétain, et de ses noires légions de salopes.

De sorte que, dans la vraie vie, et pour ce qui nous concerne directement, le culte répugnant de l'Identité nationale est incontestablement un fantasme d'extrême droite, plutôt qu'une dérive soviétique.

Lorsqu'il feint d'ignorer ce minuscule détail, Pascal Bruckner se livre à une manipulation de la réalité qui lui permet, au passage, voyez comme c'est finaud, d'exonérer le colonel Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, de toute espèce de collusion intellectuelle avec la droite ultra.

Après avoir ainsi dédouané le colonel Brice Hortefeux, Pascal Bruckner soutient que: "L'identité nationale, notion complexe, (...) ne peut relever d'un slogan ou d'un tract politique".

Le mot important est ici, vous l'aurez deviné: "Complexe".

Nous savons que dans la réalité (qui n'a décidément rien à voir avec les grotesques "raisonnements" de Pascal Bruckner), l'identité nationale, dans sa déclinaison bricehortefique, n'a rien de "complexe": elle n'est que la justification à deux balles de la politique policière de harcèlement des immigré(e)s qui fait dire aux militant(e)s pénistes ah, putain, qu'est-ce qu'on a eu raison de voter pour Sarkozy, avec lui, faut reconnaître, le Sarrasin en chie.

Mais en faisant comme si tout cela était hyper-"complexe", Pascal Bruckner s'ouvre la possibilité de nous infliger quelques réflexions de son cru, faussement savantes, faussement compliquées (puisque fondées sur une fausse "complexité"), sur l'immigration.

Et c'est un festival.

Pascal Bruckner écrit ainsi: "Que l'immigration ne soit pas la cause mais le révélateur du malaise national, c'est l'évidence".

L'infinie dégueulasserie ne s'impose pas toujours tout de suite pour ce qu'elle est.

Mais là, si.

Parce que bien sûr, l'immigration n'est pas (du tout) "le révélateur du malaise national" - sauf dans l'esprit d'une poignée de penseurs couchés, qui n'en finissent jamais de nous présenter l'immigré(e) comme un problème.

Mais cette vilenie permet à Pascal Bruckner d'introduire, dans son "raisonnement", un gros: "MAIS".

Que l'immigration ne soit pas la cause mais le révélateur du malaise national, c'est une évidence, MAIS: "Cela n'empêche pas qu'il faille la traiter de manière spécifique au moment où des milliers d'hommes et de femmes, poussés par la misère, la persécution, le besoin, tentent de prendre pied sur le sol européen".

Crache Pascal Bruckner.

Nous revoilà revenu(e)s en territoire connu: la misère du monde campe aux frontières de la vieille Europe blanche, et il va de soi qu nous ne pouvons pas l'accueillir - comme le disait fort justement Nicolas Sarkozy lorsqu'il braconnait au printemps sur les terres du Pen, afin que de rapatrier son dense électorat dans le giron de la République.

Pascal Bruckner le soutient d'ailleurs avec force: "Ouvrir grand les frontières, comme le réclament certains libéraux ou militants de gauche, entraînerait à coup sûr des tensions insupportables, surtout dans les secteurs les plus pauvres de la population".

Voyez comme la "complexité" permet ici de recycler, ad nauseam, de puants clichetons: Pascal Bruckner, débondé, s'en fait un collier.

"L"'immigrationisme" est à la fois irresponsable et criminel", assène-t-il - car il "prospère sur la disqualification de l'idée nationale en Europe".

Applaudissements nourris de la droite radicale: "Franchement, il est bien, ce Bruckner".

Et de fait, l'essayiste renommé atteint des sommets: "Seul l'Etat-providence, par les allocations qu'il nous fournit, nous rappelle que nous sommes encore d'un lieu, d'une administration".

Explique-t-il.

Et d'en tirer, on l'aurait parié, cette conclusion: "Mais l'Etat-providence, précisément, n'est pas extensible à l'infini, ses ressources sont limitées et le filet de sécurité qu'il tend autour des plus démunis ne peut s'étendre à tous sans craquer".

Regardez le choix des mots: "Allocations", évidemment, n'est pas là par hasard.

Après nous avoir prévenu(e)s que l'étranger se massait par "milliers" à nos frontières, Pascal Bruckner, tranquillement, nous signale aussi que l'étranger, ce foutu bâtard, s'apprête aussi à nous piquer nos allocs: est-ce que ce n'est pas exactement ce que le Front national vomit depuis 25 ans?

Est-ce que ce n'est pas vachement plus convenable, quand c'est formulé par un essayiste sans tabous?

(Voyez aussi comme, dans les deux cas, l'étranger nous est présenté, avec beauuuucoup de subtilité, comme un danger pour les "plus démunis" des Françai(se)s de souche: rien de tel, n'est-ce pas, que d'entretenir des tensions entre les pauvres, à grands coups de menaces fantômes - pour les détourner des coups de massue que leur inflige quotidiennement Sarkoland.)

Pascal Bruckner, lancé, change alors de braquet.

Il écrit: "On ne passe pas impunément d'une société traditionnelle, fondée sur le primat du clan, de la famille, de la religion, à des sociétés laïques basées sur l'individualisme, la liberté d'expression, la séparation des Eglises et de l'Etat".

Pascal Bruckner l'énonce donc avec beaucoup de sincérité: l'immigré(e), de son point de vue, est un être clanique, pétri de religiosité primale, et qui bien sûr ne sait absolument pas ce que peut bien être la "liberté d'expression".

(Pauvre négrillon: il n'a que peu évolué, depuis "Tintin au Congo", en dépit des bienfaits que lui a prodigués l'Homme Blanc.)

Cette abjecte caricature n'est bien sûr pas (du tout) anodine.

Elle permet à Pascal Bruckner de stipuler que: "C'est évidemment tout le problème de l'islam européen et du défi qu'il représente pour les musulmans du monde entier" qui est ainsi posé.

Car dans l'esprit de Pascal Bruckner, l'immigré massé à nos frontières en attendant de pouvoir nous voler nos allocations est, par définition, musulman: il est vrai que cela manquait, dans le paysage.

Cette conviction lui permet de révéler qu': "Il ne suffit donc pas de régulariser des centaines de milliers d'immigrés, il faut encore, s'ils souhaitent rester chez nous, en faire de vrais Européens, Espagnols, Français, Britanniques"**.

Un peu comme nous avons naguère essayé de le faire en Algérie - et ça, n'est-ce pas, ce n'est pas gagné, car le multiculturalisme fait rage.

Pascal Bruckner: "Les dérives du multiculturalisme qui enferment les individus dans leurs origines et leur interdisent d'en sortir me paraissent d'une extrême gravité".

Mamadou s'incruste chez nous avec son pagne, sa nombreuse famille, son clan élargi et ses hideuses idoles islamiques, et des multiculturalistes pervers empêchent le colonel Brice Hortefeux de faire de Mamadou un Européen blanc, défenseur acharné de la liberté d'expression: le monde, vu par Pascal Bruckner, est en effet un endroit complexe.

Je vous passe la fin de l'exposé de Pascal Bruckner - où l'essayiste renommé lâche tout de même, au passage, un bel hommage aux: "Dirigeants les plus lucides de la gauche actuelle, je pense à un Manuel Valls, par exemple", qui ont "sur le sujet des positions assez voisines de celle du gouvernement".

Assez proches aussi, on l'aura compris, de celle de Pascal Bruckner, qui annonçait clairement sa couleur, dès le mois de novembre 2006: "Commençons par intégrer nos immigrés, par en faire (...) de vrais Français, (...) avant d'en laisser entrer d'autres".

Quand Homme Blanc sangloter, lecteur gerber à longs traits.









* Dans le nouveau numéro de l'amusante revue "La Règle du jeu".
** Voyez, ici, comme nous sommes tranquillement passés de "milliers" d'étrangers (accumulés à nos frontières) à plusieurs "centaines de milliers" d'immigrés (à régulariser) - il est fort, ce Pascal Bruckner.

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