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02/10/2007

Courage, Fillon!

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J'ouvre ce matin "Libération".

Je lis, page 9, que: "Les syndicats de fonctionnaires gardent la grève sous le coude".

Je me dis, ah, tu es encore mal réveillé, voilà ce que c'est que de se coucher à pas d'heure, bougre de con.

Je me frotte vigoureusement les yeux, mais c'est encore là: "Pour ne pas braquer Fillon, qui fait de la réforme de la fonction publique une "urgence nationale", (lesdits syndicats) ont décidé de ne pas défiler le 18 octobre".

C'est donc énoncé avec beaucoup de simplicité: "CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC" ne veulent pas "braquer Fillon", qui depuis son installation leur saute sur à pieds joints.

C'est gentil, mais d'où vient-ce?

Je lis que: "La CGT, la FSU et Solidaires voulaient (...) appeler à la grève dès le 18 octobre, (...) pour mettre la pression sur le gouvernement".

Mais que: "Les cinq autres organisations craignaient qu'une journée d'action trop "fourre-tout" soit le prétexte qu'attend le gouvernement pour présenter les syndicats comme opposés à toute réforme, justifiant alors un passage en force".

Ah, d'accord.

Au temps pour moi.

Ce que je prenais pour un baissage de froc en rase campagne est en réalité de la fine stratégie.

François Chérèque: "Vous pouvez m'appeler Sun Tzu".

Devant tant de subtilité, le mec de "Libé" se pâme: le "risque" d'un passage en force du gouvernement est en effet, de son point de vue, "évident".

Les "fédérations de fonctionnaires" ont par conséquent fait le bon choix, en décidant qu'il serait malpoli d'importuner François Fillon avec, pensez, une "journée d'action".

Elles ont fait preuve d'une remarquable sagesse, en "(convenant) de se revoir le 26 octobre pour décider des modalités d'une action nationale à la mi-novembre, indépendamment des initiatives décidées d'ici là".

Hey.

Ca doit le terrifier, hein, Fillon, ce pur moment de langue de bois.

Dans mon esprit, voilà ce qui pourrait se passer (en supposant évidemment que les "fédérations de fonctionnaires" soient autre chose qu'un veule banc de mollusques occupés à se la raconter sur le thème, ah ben hé, comment qu'on l'a niqué, le Fillon, en renonçant à la grève).

D'abord, la grève.

Pas une "journée d'action" à la con, hein?

La grève, la vraie, la chiante, l'illimitée, qui te casse vraiment les couilles parce que non, désolé(e), mais par exemple ça va pas être possible de laisser tes enfants à l'école tant que François Fillon n'aura pas renoncé à ses "réformes" scélérates.

Ensuite, si le gouvernement joue "un passage en force": la grève.

Derechef.

Totale.

Velue.

Genre, attends, François, tu crois que tu passes en force, mais dans la vraie vie, agade: l'école est fermée, les petits nenfants sont chez eux, et ça fait gravement chier les parents des petits nenfants, et t'as raison, au fait, on est absolument opposés à toute "réforme" qui naîtrait de ton imagination libérale, et, François?

Quant tu la remettras dans ton slip, ta "réforme", oublie pas surtout de nous payer nos journées de grève: ça serait dommage qu'on soit obligé(e)s de faire grève.

Si je résume: quand t'as en face de toi une droite ravagée du cerveau qui veut passer en force, ben c'est toi qui installes, vite fait, un grand méchant rapport de force.

A ma droite, François Fillon, avec son petit bout de papier.

A ma gauche, un million de fonctionnaires ulcérés, qui agitent leur trousseau en gueulant: "Mate, c'est les clés de mon établissement scolaire".

D'après toi, qui va céder?

Hmmm?

Sauf que là: non.

Là, on a quoi?

On a des fédés qui prévoient de se réunir pour planifier une réunion où elles planifieront, éventuellement, faut pas non plus froisser Fillon, quelques heures d'"action" - et c'est à pleurer.

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