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07/10/2007

Le Minist(è)re De La Guerre

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Donald Kouchner, méticuleusement, nous prépare à l'idée que décidément, il nous faudra, bientôt, guerroyer contre l'Iran.

Il y a une grosse quinzaine de jours, il nous avait, rappelez-vous, suggéré tout de go de nous "préparer au pire".
 
Le pire?
 
Qu'était-ce?
 
"Mais la guerre, monsieur".
 
Avait-il précisé, avec dans la voix le trémolo qui signale une forte émotion, et une pensée rigolarde pour le serment d'Hippocrate - qui stipule, en son troisième commandement, que: "Tu ne hacheras point les populations persanes".
 
Donald Kouchner, dont le courage (légendaire) ne va tout de même pas jusqu'à la témérité, avait ensuite assuré que nous l'avions mal compris, sot(te)s que nous sommes: "Quand je dis qu'il faut se préparer à la guerre, il va de soi que ça ne veut pas (du tout) dire qu'il faut se préparer à la guerre".
 
Devait-il expliquer.
 
Même son épouse, Daisy Kouchner, l'avait trouvé, sur un tel coup, un peu léger: "Tu sais, Donald chéri, tu fais ce que tu veux, mais si tu continues à prendre les gens pour des cons, ils vont finir par ne plus regarder l'émission où je traite semaine après semaine tes copains de la majorité présidentielle".
 
Avait-elle estimé.
 
Emu, Donald Kouchner avait alors prêté l'un de ces romantiques serments qui se font de moitié à moitié:  "Je te jure, Daisy (et je crache, ptoui, ptoui), de libérer le belliqueux néo-conservateur qui est en moi".
 
Promesse tenue: Donald Kouchner vient finalement de répéter ce qu'il avait d'abord dit - la guerre, la guerre, la guerre. 
 
Bien sûr, il ne l'énonce plus aussi crûment.
 
Il préfère passer par une périphrase en faisant mine de ne pas vouloir passer par des périphrases: "On peut parler de conflit de haute intensité ou de l'acmé de la crise - mais quand on évoque des bombardements sur un pays, pour moi, ça s'appelle la guerre".
 
Et en effet: ça revient au même.
 
Donald Kouchner continue par conséquent à nous préparer au pire.
 
Seule nouveauté: pour justifier, par anticipation, le prochain bombardement de l'Iran, qui, pour lui, "s'appelle la guerre", Donald Kouchner use désormais du procédé, quelque peu affligeant mais tellement efficace, breveté sous le nom de: "Foutage de gueule façon Rumsfeld".
 
Conscient que le seul prétexte du nucléaire va faire marrer tout le monde, après que la France vient de s'engager à fourguer une centrale à Kadhafi pour lui dessaler son eau de mer, Donald Kouchner, qui est à la géostratégie ce que Brice Hortefeux est à la solidarité entre les peuples, "accuse" désormais "l'Iran de tous les maux en Irak" - ainsi que le relève nouvelObs.com.
 
Il peut nous arriver, à nous, qui sommes un peu superficiel(le)s dans notre appréhension de ce qui se passe en Irak, de considérer que les "maux" dont souffre ce pays sont plutôt le résultat, effroyable, de la sale guerre de Bush.
 
Mais Donald Kouchner est d'un avis très différent: de son point de vue, "le déclenchement des conflits inter-chiites, comme à Kerbala il n'y a pas longtemps, qui a fait des dizaines de morts, sinon des centaines"?
 
"Le fracas entre les milices que l'on attribue à Al-Qaïda"?
 
Le gros méchant bordel sanglant?
 
"Tout cela", Donald Kouchner l'affirme, est de la seule responsabilité de l'Iran.
 
De sorte que, vous l'aurez compris, la guerre à laquelle nous sommes prié(e)s de nous préparer sera aussi, et c'est beau comme une promesse de Colin Powell devant l'ONU, une guerre de libération - de l'Irak.
 
Il suffira en somme de quelques frappes (ciblées) sur Téhéran, pour que Bagdad redevienne un lieu paisible.
 
Quand je découvre ça, j'ai l'impression de remonter le temps.
 
J'ai l'impression d'entendre Bush et sa clique nous certifier qu'en réalité, leur sale guerre, d'abord justifiée par des "armes de destruction massive" qui n'existaient pas, avait pour unique objectif de rétablir la démocratie en Irak.
 
J'ai comme l'impression, pour le dire autrement, que le ressort grossier du bon docteur Kouchner, qui soudain brandit contre l'Iran les maux de l'Irak (et non plus seulement le nucléaire), a déjà servi.
 
Et ça me fout les jetons. 
 
 
 

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