11.10.2007
Oooooh, Le Jolivre!
Oh, oooh, oooooh, le jolivre!
Me dit-on.
Et je suis absolument d'accord.
La couverture, en particulier, me ravit★.
C'est la première fois qu'un de mes bouquins est republié au format de poche (dans une version, il va de soi, revue, corrigée, actualisée) - et ça me comble d'aise, à un point que vous n'imaginez pas.
Ce jolivre coûte sept euros.
(Si vous êtes un milliard et demi à l'acheter, ma banquière m'appelle Monsieur Jean D'Ormesson, et je me tire aux Seychelles.)
Vous le trouverez dans n'importe quelle épicerie de quartier, mais vous pouvez, aussi, le commander chez www.editionslibertalia.com - sans frais de port.
(Eric Le Boucher, chroniqueur néolibéral au "Monde", le relevait la semaine dernière: "Libertalia écrase les prix".)
Pour autant, je ne voudrais pas non plus que vous pensiez vous en tirer pour une poignée d'euros: ce n'est pas ce qui va se passer.
Du tout.
Ca va pas être possible.
Du tout.
Quand vous serez chez www.editionslibertalia.com, vous allez en effet profiter du voyage pour commander, aussi, le jolivre de Thierry Pelletier, "La petite maison dans la zermi", d'abord parce que c'est un bouquin absolument formidable, ensuite parce que ça me ferait de la peine, comme je dis souvent, de m'attaquer à votre animal de compagnie.
Et c'est pas fini.
Vous ne pouvez pas le savoir, mais "La position du penseur couché" ne se lit qu'en écoutant le dernier disque de Fred Alpi: "Se reposer ou être libre".
Qui se commande chez www.fredalpi.com.
(Extrait: "J'entendais encore ce matin un intellectueur à gages, qui étalait à la radio le contenu de son bagage. Il justifiait, oui il cautionnait, l'ignorance et la misère - il se croyait nouveau, ce laveur de cerveau, il n'était que réactionnaire".)
Ce disque, un philosophe de renom, qui n'a pourtant pas la réputation d'aimer le rock'n'roll dégénéré, l'a entendu - par hasard.
Et voyez l'effet que ça lui a fait★.
Bon.
Je fais les comptes.
Mon jolivre, sept euros.
Le jolivre de Pelletier, dix euros.
Le disque d'Alpi, douze euros.
J'arrondis, et ça vous fait une journée à trente euros: je sais que c'est beaucoup, mais dites-vous bien que je penserai très fort à vous - aux Seychelles.
★ Merci qui?
Merci Bruno.
Allez, d'urgence, faire un tour chez Bruno: http://nono-le-hools.com.
(D'aucun(e)s, mesquin(e)s, me signalent, quelques heures après la mise en ligne de ce billet abusivement autopromotionnel, que: "Tant qu'à fourguer ta production maraîchère, ça serait aussi bien que tu apprennes à insérer dans tes réclames des liens sur lesquels on aurait juste à cliquer - au lieu que de se faire sauvagement ch*** à recopier d'interminables adresses".
J'entends, mais je n'ai jamais su faire ça.
Jamais.
Rien que d'y penser, j'ai des frissons d'angoisse.
Des suées.
Raaah.)
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10.10.2007
Pascal (Bruckner) A Signé La Pétition De Philippe (Val)
Un copain, l'autre jour, m'expliquait, en substance: "Moi, tu comprends, je l'ai signée, la pétition de "Charlie Hebdo" contre les tests ADN, parce que là, tu comprends, il ne s'agit pas de signer "pour" Philippe Val et ses potes, mais "contre" une loi dégueulasse".
Oui, mais non.
C'est pas comme ça que ça marche.
Du tout.
Ca, c'est un raisonnement à la Philippe Val, du type, à signataire donné, on ne regarde pas le pedigree.
Mais dans la vraie vie, c'est quand même un peu compliqué de pétitionner avec des gens qui n'ont de cesse que de nous signifier qu'un immigré, ça va encore (à l'expresse condition bien sûr, qu'il ne vienne pas en plus nous réclamer de nous repentir d'avoir construit à ses primitifs grands-parents des routes goudronnées), mais que trois immigrés, bonjour les dégâts: ces gens-là on le sait consomment beaucoup d'allocations, et pour tout dire ôtent "parfois" le pain de la bouche de nos petits blancs.
Quand je découvre, par exemple, ce matin, que Pascal Bruckner a signé la pétition de "Charlie Hebdo", et que "Charlie Hebdo" se gargarise en couverture de cette contribution, je me dis que la machine à nous prendre pour des neuneus oublieux tourne à plein régime.
Parce que moi, je suis désolé, mais quand je l'entends parler de l'immigration, Pascal Bruckner, s'il y a bien une chose dont je n'ai pas envie, c'est de signer une pétition avec lui - merci, je crois que je vais passer mon tour.
Pascal Bruckner est le monsieur qui a, "Libération" l'avait relevé, "défendu" au mois d'octobre 2006, "dans une interview à l'édition dominicale du "Matin" de Lausanne, (...) le durcissement des lois suisses sur l'immigration, (...) qui met pratiquement fin à toute possibilité de regroupement familial et verrouille le droit d'asile".
Pascal Bruckner, essayiste fameux, avait alors déclaré, avec beaucoup de cette inimitable dignité qui souvent caractérise les intellectuels de médias: "La Suisse montre la voie à l'Europe, c'est une question de bon sens★, commençons par intégrer nos immigrés, par en faire de vrais Suisses, de vrais Français ou de vrais Espagnols, avant d'en laisser entrer d'autres".
(Comme je disais, un immigré, ça va, mais dès qu'ils sont un peu nombreux, ça devient difficile d'en "faire de vrais Français"...)
Plus récemment, Pascal Bruckner a posément précisé, dans la revue de "Bernard"(-Henri Lévy), qui a signé lui aussi la pétition de "Charlie Hebdo", que: "Seul l'Etat-providence, par les allocations qu'il nous fournit, nous rappelle que nous sommes encore d'un lieu, d'une administration".
Mais que: "L'Etat-providence, précisément, n'est pas extensible à l'infini, ses ressources sont limitées et le filet de sécurité qu'il tend autour des plus démunis ne peut s'étendre à tous sans craquer".
Et que de surplus: "Il suppose un équilibre démographique délicat qu'un afflux massif de personnes peut rompre sans peine".
(Comme je disais: l'immigré consomme beaucoup d'allocations et pourrait bien, s'il affluait massivement, ôter complètement le pain de la bouche de nos petits blancs.
Dites.
Ca ne vous rappelle rien?
Vous n'avez pas l'impression d'avoir déjà entendu ça?)
Pascal Bruckner, évidemment, est libre, après avoir ainsi théorisé la nécessaire imperméabilisation de nos frontières, de parapher le vibrant appel de "Charlie Hebdo", au motif, noble, qu'"on ne sélectionne pas les individus sur des critères génétiques" - ainsi que la pétition le stipule.
Mais une fois que t'auras enlevé du paysage les tests ADN (qui de fait seront probablement escamotés, Sarko serait bien sot de ne pas s'offrir à si peu de frais ce petit supplément d'humanité), questions.
Est-ce que les rafles cesseront?
Est-ce que les Noiches vont arrêter de se défenestrer?
Ben non - puisque les pétitionnaires de "Charlie Hebdo" sont tou(te)s d'accord, ou presque, pour considérer que, "certes", il faut "trouver les moyens de maîtriser l'immigration" - ainsi que l'exigeait Philippe Val dans son éditorial de la semaine dernière.
La sélection des individus sur des critères génétiques donne des nausées à nos signataires, mais enlevez les critères génétiques et maintenez la sélection - et les voilà qui tout soudain se rappellent qu'ils ont un dîner hyper-important, et que non, désolé, ils ne pourront pas manifester avec vous contre une loi qui, au fond, n'était le navrant "détail" des tests ADN, n'est pas si choquante, allons, allons, vous ne voudriez tout de même pas qu'un "afflux massif de personnes" interrompe le versement de vos allocations?
Philippe Val: "Bien sûr, la loi Hortefeux pose des problèmes, qui eux aussi ont fait l'objet de débats parlementaires".
Mais l'amendement ADN "touche à un principe".
Philippe Val pétitionne contre les tests ADN, mais pour le reste, s'en remet, confiant, au Parlement, où la (vraie) gauche est, comme on sait, massivement représentée.
Question de principe.
Ce que Philippe Val ne dit pas, c'est que le contrôle des flux migratoires, qu'il appelle de ses voeux, se fait au faciès.
Le régime n'a rien trouvé de mieux, pour expulser chaque année 25.000 "clandestins" foncés de peau, que de contrôler dans nos rues tout ce qui, de près ou de loin, peut ressembler à un basané - c'est pas moi qui le dis: ce sont les syndicats de policiers, qui ne sont pas exactement les pires adversaires politiques du chef de l'Etat.
Les maîtriseux (des flux migratoires) me gonflent, quand ils circonscrivent méticuleusement leur protestation à une pétition de principe contre les tests ADN.
J'aurais préféré quelque chose de plus vaste, genre, on ne traque pas les enfants "clandestins", ni leurs parents, et on cesse de pousser les sans-papiers au désespoir abominable qui les fait se défenestrer.
Mais ça, évidemment, les pétitionnaires ne l'exigent pas du tout - puisque, rappelez-vous, je viens encore de vous le répéter, ils souhaitent, comme Sarkozy, comme Hortefeux, se prémunir contre un "afflux massif" de gueux dépenaillés.
Comme si, dans la vraie vie, les cadeaux somptuaires dont le régime abreuve quotidiennement les nantis n'étaient pas foutrement plus coûteux que 25.000 immigrés par an...
Pétition?
Piège à c***.
★ Ah, le "bon sens"...
Le bon gros "bon sens"...
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