Avertir le modérateur

08/12/2007

De Belles Et Bonnes Leçons De Véritable Démocratie

As-tu relevé, ami(e), comme ces gens de l'Amérique latine que la réaction (qui ment), du haut de sa morgue haineuse, nous présente comme d'effroyables staliniens, je pense à Hugo Chavez, à Evo Morales - as-tu relevé, disais-je, comme dans la vraie vie ces gens nous dispensent jour après jour de belles et bonnes leçons de véritable démocratie?

As-tu relevé que, là comme ailleurs, la réalité se traduit par le permanent démenti de la propagande hystérique dont nous submergent au quotidien les menteurs professionnels du Parti de la presse et de l'argent (PPA) - qui sont, d'évidence, les seuls vrais staliniens de l'époque?

d56f12c2307160f42dc9087bbc288014.jpg


La semaine dernière, tu le sais, le président vénézuélien Hugo Chavez a perdu le référendum dont le PPA nous avait mille fois répété qu'il serait forcément truqué, puisque le gars était l'abominable caudillo qui rêvait d'asservir une population éreintée.

Alain-Gérard Slama, prêcheur halluciné, pronostiquait (par exemple), dans les pages du "Figaro", que Chavez, "dictateur d'un nouveau type", avait organisé "un système de pouvoir plébiscitaire original", sous la forme d'un "référendum contrôlé par 100.000 soldats" (1).

Mais Chavez a perdu, nonobstant les 100.000 soldats, et Chavez a reconnu qu'il avait perdu.

Naturellement, le PPA n'a présenté aucune excuse, après nous avoir gavé(e)s de ses hideux mensonges.

(Naturellement, Alain-Gérard Slama n'a pas (du tout) fait le choix de s'exiler durablement sur un îlot rocheux du large des Kerguelen, pour y cuver dans une absolue solitude la honte insigne d'avoir (très) gravement déliré: le pontifiant nous reviendra, espère, comme si de rien n'était - pour de nouveau nous infliger, sur tel sujet qui lui plaira, ses laides prédications.)

Naturellement, le PPA ne dit nulle part que dans la vraie vie, un homme foule en effet aux pieds la démocratie, en effaçant par ses manoeuvres l'expression référendaire d'une volonté populaire, et que cet homme n'est pas (du tout) Hugo Chavez, mais qu'il s'agit, tu l'as reconnu, du crâne Sarkozy, qui ces jours-ci corrige par un mini-traité le "non" d'il y a deux ans à l'Europe des marchés.

C'est ainsi que se met en place, juste en bas de chez nous, cependant même qu'elle progresse au Venezuela, quelque chose qui déjà n'est plus tout à fait de la démocratie - et le PPA s'en félicite, car il ne déteste rien tant que la voix du peuple, quand la voix du peuple va contre ses intérêts de classe.

0eda5cf801c5dac4cee76ae24e2778bc.jpg


Vois cet exemple, encore: en Bolivie, des opposants manifestent (brutalement) contre Evo Morales.

Cela fait bien sûr le ravissement du "Monde", qui a pour ces régions un correspondant, Paulo Paranagua, dont la vie professionnelle semble se résumer assez à la croisade hallucinée qu'il mène, depuis des années, à (très) grands coups de vilenies, de raccourcis et de menteries, contre tout ce qui, sous Tijuana, se positionne un peu à gauche d'Alvaro Uribe.

Jeudi (6 novembre), par exemple, "une centaine de personnes ont attaqué à coups de pierres un avion militaire vénézuélien" qui "stationnait sur l'aéroport de Riberalta, dans la région de Beni (nord-est de la Bolivie)" - ainsi que "Le Monde" nous l'apprenait hier avec beaucoup de gourmandise.

Naturellement, si une centaine de personnes attaquaient ainsi un aéroplane étatsunien sur le tarmac d'un aéroport du nord-est de la France, tu imagines bien que "Le Monde" vomirait à longs jets sur ces damnés psychopathes, et nous rappellerait, ainsi que d'accoutumée, que nous sommes tous américains.

Mais là?

Rien.

Par un mot pour interroger le caillassage de Riberalta.

"Le Monde", par exemple, n'aime pas que chez nous des carabins prennent "l'université en otage".

Mais "Le Monde" aime que des opposants boliviens usent à coups de pierres de leur liberté d'expression: "Le Monde", manifestement, voit dans cette excitation l'expression d'une espèce de regain démocratique.

Et pendant ce temps-là, comment réagit le président Morales?

Il "remet en jeu son mandat", en s'exposant à un "référendum révocatoire".

Et comment réagit "Le Monde" à l'annonce de tant de vraie démocratie?

"Le Monde" réagit en citant les "opposants" pour qui "Evo Morales ne songerait qu'à se maintenir au pouvoir, comme le président vénézuélien Hugo Chavez".

(Note comme, d'une (seule) phrase, Paulo Paranagua, fidèle à sa réputation, arrive à fustiger deux présidents pour le prix d'un.)

Voilà exactement ce que j'appelle: avoir de la constance, dans la négation cauteleuse de la réalité.

Comme tu sais: nous sommes des millions, et bientôt des (centaines de) milliards, à considérer que Nicolas Sarkozy ne songe qu'à se maintenir au pouvoir.

Comme tu sais: Nicolas Sarkozy n'a pas du tout remis son mandat en jeu, au moment du mouvement social de ces dernières semaines.

Nicolas Sarkozy est par conséquent beauuuuucoup moins démocratique, dans son exercice du pouvoir, que ses homologues du Venezuela et de la Bolivie.

Comme tu sais: "Le Monde", pour autant, ne considère pas (du tout) que "notre" chef de l'Etat serait un abominable caudillo.

Comme tu sais, pendant que la démocratie progresse à la vitesse du son en Amérique latine, ici elle régresserait plutôt - mais "Le Monde" se tait, car "Le Monde" épuise dans ses croisades anti-Chavez toute ses réserves de courage.



(1) Cité dans "Marianne", ce matin.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu