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29/02/2008

Ces Foutus Radars Sont Vraiment Défaillants

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Le 8 novembre 2006, à Beit Hanoun (Gaza).

Dix-neuf civils palestiniens sont tués par la glorieuse armée israélienne.

(Cette glorieuse armée, tu sais, qui hache régulièrement de la victime collatérale.)

Dix-neuf civils, dont cinq femmes, et huit enfants.

Un score honorable.

Quand une armée régulière abat, comme ça, dix-neuf civils, ça porte un nom.

C'est un massacre.

Sauf dans la glorieuse armée israélienne, où Avichaï Mendblit, procureur militaire, considère qu'il s'agit d'un (banal) "incident".

Avichaï Mendblit explique, posément, qu'il n'est "pas nécessaire de diligenter une enquête de la police militaire" sur la tuerie de Beit Hanoun, "et qu'"aucune action légale ne sera engagée contre un quelconque responsable militaire en ce qui concerne cet incident", car cette immonde boucherie n'était pas "intentionnelle", mais due, précise-t-il, à "une rare et grave défaillance technique du système de radar de l'artillerie" (1).

Pour les tueurs, c'est plutôt une excellente nouvelle.

Et en même temps, faut bien reconnaître que si la glorieuse armée israélienne devait traduire en justice tous les courageux soldats qui tuent des enfants (et autres civils) palestiniens (ou éventuellement libanais), ses tribunaux seraient vite engorgés.

Rien que ces derniers jours: "En quarante-huit heures, 33 Palestiniens ont été tués (...) dans la bande de Gaza et à Naplouse" (2).

Dont, naturellement, six enfants.

"Quatre d'entre eux, âgés de 7 et 12 ans, ont péri à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, fauchés par les éclats d'un missile alors qu'ils jouaient au football. La veille, un bébé de six mois et un enfant de 12 ans figuraient parmi les victimes collatérales d'un raid. Enfin, une jeune Egyptienne est morte après avoir reçu une balle dans la tête alors qu'elle se trouvait en territoire égyptien, près de Kerem Shalom. Le tir provenait d'Israël".

Un score honorable.

Aujourd'hui, petite journée: il n'y a eu que "deux enfants" palestiniens "âgés de cinq et six ans" de "blessés".

Puis "un autre enfant âgé de 12 ans (...) blessé peu après" (3).

Bilan des huit dernières semaines: 146 Palestiniens abattus, parmi qui "42 (...) civils", parmi qui "onze (...) mineurs" (4).

Ca fait, depuis le début de l'année, beaucoup d'incidents, hein?

Je veux dire: ces foutus radars sont vraiment défaillants...







(1) NouvelObs.com.
(2) "Le Monde".
(3) NouvelObs.com
(4) "Le Monde".

28/02/2008

"Regarde Mes Deux Amis"

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J'allume la télé, à 20 heures et des brouettes.

Et sur quoi je tombe, là, comme ça, en plein jité(1)?

Sur une scène particulièrement éprouvante.

Particulièrement.

Est-ce que qu'on m'a prévenu qu'elle risquait de heurter ma sensibilité?

Absolument pas.

Est-ce qu'on m'a conseillé d'éloigner les enfants du poste?

Non plus.

(Ca serait bien que le CSA fasse un peu son boulot, si tu veux mon avis.)

Qu'est-ce qu'on voit?

On voit Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat français, en "visite en Afrique du Sud".

Où ça, en particulier?

Dans un township.

Qu'est-ce qu'on voit, dans ce township?

On voit Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat français, qui se penche vers deux petits gamins.

Noirs, évidemment - je te rappelle que ça se passe dans un township.

Bon, il se penche vers ces deux gamins, et le voilà qui se relève, et c'est là que ça devient limite insoutenable, parce que là, je te jure que je n'invente rien, il se tourne vers son épouse ("Carla Sarkozy", précise le commentateur), et lui dit, en lui montrant les deux gosses: "Regarde mes deux amis"...

Hhhhh...

Hhhhhhhhhh...

Hhhhhhhhhhhhhhh...

Pourquoi je te raconte ça?

Pourquoi je te pourris ta soirée?

Parce que ce matin, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) a signalé qu'un enfant congolais de 16 mois était - prends sur toi: "Incarcéré à la gendarmerie de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, avec sa maman placée en garde à vue cette nuit pour avoir refusé de quitter la cellule de la prison administrative pour enfants et adultes étrangers (CRA) de Rennes".

Seize mois, bordel de merde...

Tu crois que t'es au bout du cauchemar?

Mauvaise nouvelle, t'es qu'au début - parce que, pendant que le chef de l'Etat français se fait "deux amis" sud-africains: "Voilà 17 jours", précise le RESF, "que l'enfant" de 16 mois "est en prison, qu'il maigrit, qu'il est trimballé de cellule en commissariat, en gendarmerie et en tribunaux".

En voilà un qui, semble-t-il, n'est pas l'ami de Sarkozy.

Comme ils disent, au RESF: "C'est sans doute ce que le président de la République appelle sa politique de civilisation"...





(1) Sur France 2.

Une "Leçon D'Histoire" De Max Gallo

Tôt ce matin, à l'heure où les grands fauves droitiers cuvent leurs vilenies de la veille, Nicolas Sarkozy, en son élyséen palais, ouvre l'hebdomadaire "Le Point" de la semaine, et lâche l'une de ses (coutumières) saillies - de celles qui font dire (à peu près) au fidèle Brice Hortefeux: "Aaaaah, ben moi, j'trouve ça plutôt bien, que Nike parle comme tous les Français de souche".

Le chef de l'Etat français ouvre "Le Point", disais-je, et crie: "Putain de bordel de merde, mais ce canard est plein de MOUSSE, putain mais c'est dégueulasse, j'ai les doigts tout poisseux, ah, putain, ça fait chier, bordel à cul de pompe à fumier".

Claude Guéant, qui passait par là, va pour le renseigner: "Ce n'est pas de la mousse, Maître, c'est de la salive".

Nicolas Sarkozy: "De la putain de SALIVE???"

Claude Guéant: "Oui, Maître - c'est la salive de Max Gallo, qui vous lèche si fort, aux pages 40 et 41 du "Point" de ce matin, que tout le magazine s'en trouve dégoulinant".

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Et en effet, ami(e): dans "Le Point" du jour, comme l'a bien noté Claude Guéant, Max Gallo, voisin d'Académie (française) de l'excellente madame Encausse (1), fait au chef de l'Etat français une si longue lècherie, que même Henri Guaino s'est, dit-on, brièvement demandé: "Est-ce que notre Maxou n'en fait pas un peu trop, dans le brisage de tabous?"

Cette flagornerie d'anthologie a pour titre: "La leçon d'Histoire de Max Gallo aux sarkophobes".

Elle est, d'un point de vue scientifique, riche d'enseignement(s), puisque aussi bien elle démontre (ou confirme, à tout le moins) que Max Gallo a définitivement rompu les quelques amarres qui le rattachaient au monde réel, pour se complaire désormais dans un délire halluciné.

Par sa "leçon d'Histoire", il prétend fustiger les salauds sommitaux qui ont le front de mal s'habituer au régime revanchard qui jour après jour nous accable de ses méfaits.

Pour ce faire, Gallo, "historien" conséquent, escamote la réalité, nous l'allons vérifier, puis tranquillement la remplace par une réalité-bis, totalement imaginaire, certes - mais seule à même, et pour cause, d'étayer sa "démonstration".

En cela, il nous faut l'admettre, sa méthode rappelle, d'assez près, celle des "intellectuels" qui tricotaient naguère des hymnes au Grand Staline, homme de bien et de bienfaits, champion (toutes catégories) de la démocratie (populaire).

Max Gallo s'en prend aux signataires d'un récent "Appel (...) pour une vigilance républicaine" (ridicule, par ailleurs): des gens dont le moins qui se puisse dire est qu'ils ne peuvent absolument pas être soupçonnés de nourrir des sympathies cachées pour le communisme libertaire, puisqu'il s'agit de personnalités comme François Bayrou, Noël Mamère ou Ségolène Royal - qui prétendent marquer par leur paraphe "leur attachement au principe républicain".

Et là, comme je te disais, notre "historien" se laisse dominer par un effarant délire, où cet "Appel" mou du cul lui "rappelle", tiens-toi, bien, "le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes des années 30".

Moi, n'est-ce pas: je veux bien tout ce qu'on veut - et il y a longtemps que j'ai, comme toi, compris que l'antifascisme et son corrélat antiraciste représentaient, pour les thuriféraires du chef de l'Etat français, l'abomination absolue.

(Je te renvoie, pour plus de précisions, aux déclarations de nos divers "penseurs" de médias sur le "communisme du 21ème siècle".)

Mais dans la vraie vie, camarade?

Est-ce que François Bayrou a traité Nicolas Sarkozy de "fasciste"?

Neun.

Est-ce que Noël Mamère a traité Nicolas Sarkozy de "fasciste"?

Neun-bis.

Est-ce que Ségolène Royal a traité Nicolas Sarkozy de "fasciste"?

Neun-ter: même les "socialistes" ont encore un petit reliquat de pudeur.

Est-ce qu'en revanche l'à peine croyable Roger Karoutchi, qui doit si mes souvenirs sont bons être quelque chose au gouvernement, a tranquillement comparé "les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay, "mi-juif, mi-protestant" et cible de la presse d'extrême droite sous le gouvernement de Vichy" (2)?

Absolument.

Est-ce que le même Roger Karoutchi a posément déclaré, dans l'un de ces dignes accès de pudique délicatesse qui souvent caractérisent l'UMP, que les "attaques contre Nicolas Sarkozy" étaient "du fascisme rampant"?

Oui, da: c'est ce qu'il a déclaré.

Le gars s'est par conséquent institué en Comité de vigilance antifasciste à lui tout seul.

Pour le dire autrement: il ne s'est guère trouvé qu'un seul et unique fin rhéteur, pour brandir ces jours-ci, dans l'espace public, le douteux étendard d'un antifascisme de pacotille - et il s'agissait, non de l'un quelconque des signataires de l'"Appel" que prétend dénoncer Gallo, mais d'un fidèle féal du chef de l'Etat français.

Mais notre "historien" de référence occulte ce minuscule détail, qui, c'est vrai, a ceci de gênant, qu'il réduit à néant sa divagation.

Crânement, notre Max national travestit la réalité, et construit une espèce de grand village Potemkine, où François Bayrou et Noël Mamère se trouvent, comme par magie, affublés des oripeaux d'un Roger Karoutchi.

C'est velu, c'est goûtu, c'est maxgallu.

Autre exemple, non moins fascinant: Max Gallo, que rien n'entrave décidément, suggère, c'est devenu à droite un refrain (obscène mais) connu, que les signataires de tout à l'heure (Bayrou, Mamère) sont, au fond, des racistes - pourquoi se gêner, hein?

Il écrit: "Comment, ce Sarkozy, venu de Salonique, de Hongrie, de Neuilly, est président de la République! Anomalie, usurpation. C'est un défi à la raison, aux bonnes manières".

Notre fier (d'être Français) académicien t'explique ici, tu l'as compris, que les adversaires politiques de Nicolas Sarkozy supportent mal qu'un étranger venu de Salonique et de Hongrie soit devenu chef de l'Etat.

(Retiens, je te prie, que Max Gallo, pour mieux flatter Sarkozy, invoque ici l'antiracisme - alors même qu'il se compte habituellement au nombre des fiers penseurs qui n'ont de cesse, comme je te disais, que de fustiger "l'imposture antiraciste"...)

Mais, derechef, que se passe-t-il, dans la vraie vie?

Est-ce que François Bayrou, Noël Mamère ou Ségolène Royal ont, d'une manière ou d'une autre, stigmatisé en Sarkozy un étranger?

Bien sûr que non.

(Plus généralement, est-ce que nous avons, toi et moi, quelque chose à foutre des origines de Sarkozy?

Est-ce que ça change quelque chose, que sa famille vienne de Hongrie ou du Berry?

Ben non.

Parce qu'on n'est pas comme Max Gallo: on n'éprouve pas le besoin, obsessif, de remonter les arbres généalogiques de nos concitoyen(ne)s.)

Est-ce que, par contre, le régime brutal dont Max Gallo klaxonne partout les beautés organise, quotidiennement, la persécution de 25.000 êtres humains par an, au seul motif de leurs origines?

Oui.

Oh, oui: c'est ce que fait ce régime.

Dans la vraie vie, le Hongrois sans papiers qui survit dans la peur a intérêt à tomber sur Noël Mamère, plutôt que sur les keufs de Brice Hortefeux, s'il met le nez dehors.

Dans la vraie vie, le natif de Salonique a plutôt intérêt à bien raser les murs s'il n'a pas sa green card: c'est pas Noël Mamère, qui va le reconduire aux frontières.

Si Max Gallo veut du racisme?

On va lui en trouver.

Sans trop se fouler, a priori: on devrait pouvoir lui dégoter, au sein même l'Académie française, deux, trois échantillons poilus, à base de Noirs et de banlieues.

Si Max Gallo veut de la xénophobie?

De la "peur" de l'étranger?

On va lui en montrer, itou.

On devrait pouvoir lui dénicher de la bonne grosse démagogie, à base de musulmans-qui-égorgent-des-moutons-dans-leurs-baignoires.

Mais naturellement: ça ne l'intéressera pas.

Max Gallo écrit dans une réalité parallèle, où l'"attachement au principe républicain" est finalement présenté comme un racisme - et où le sarkozysme est un humanisme raffiné.

Ca fait un peu froid dans le dos que cette fantasmagorie nous soit présenté comme une "leçon d'Histoire": ça augure mal de la suite...







(PS: Dois-je te préciser que je n'ai aucune sympathie particulière pour François Bayrou, Noël Mamère ou Ségolène Royal?)










(1) Que navre tant l'endémique polygamie des nègres de banlieue.
(2) "Marianne", 23 février 2008. (C'est "Marianne" qui a initié le (navrant) "Appel du 14 février pour une vigilance républicaine".)

26/02/2008

Defender Of The Faith

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C'est une info longue en bouche, avec, sur la fin, des notes, marquées, de vieille droite haineuse et revancharde: le chef de l'Etat français vient de faire une très jolie gâterie aux cathos intégristes.

NouvelObs.com nous l'apprend: "Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire (1) de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de "félicitations" à quatre diacres traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi".

NouvelObs.com précise que cet affectueux message présidentiel "a été lu à la fin de la cérémonie d'ordination de (ces) quatre diacres (...) par l'abbé Philippe Laguérie".

Qui est Laguérie?

Le "supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur".

Qu'est-ce que le Bon Pasteur?

"Une structure créée par le pape Benoît XVI (...) pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique".

Laguérie connaissait bien Lefebvre, mort en 1991, qui l'avait ordonné prêtre en 1979.

Mais toi, qui es jeune et plein(e) d'acné?

Sais-tu ce qu'il était, ce qu'il représentait, ce qu'il véhiculait?

J'en doute - car nous parlons ici d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaîîîîîtreuuuuu.

Voici donc, pour ton édification, quelques éléments de sa biographie (2).

"Le 29 août 1976, il célèbre", par exemple, "à Lille, devant six mille fidèles, une messe dont l'homélie fait l'apologie du régime argentin du général Videla", qui était, rappelle-toi, une ordure sommitale.

"Le 14 novembre 1989", autre exemple, "Mgr Lefebvre célèbre au Bourget son jubilé sacerdotal devant 15.000 personnes".

Et là, "il déclare, à propos des musulmans vivant en France: "Ce sont vos femmes, vos filles, vos enfants, qui seront kidnappés et emmenés dans des endroits réservés comme il en existe à Casablanca"".

Ce n'est pas tout, bien sûr.

En 1990, il déclare, dans "National-Hebdo", que "l'affaire du carmel d'Auschwitz (a) été calculée "uniquement pour plaire à l'opinion publique juive"".

(Hhhhh...)

Conclusion: "Des fidèles de Mgr Lefebvre font "essentiellement un acte politique, dans une lutte globale contre les marxistes, les francs-maçons et les juifs".

C'est bien de ne pas l'oublier, en ces temps où le chef de l'Etat français, defender of the faith, joue de nos fibres mémorielles.

Ca aide à mesurer la portée de son message de "félicitations"...





(1) Ark, ark, ark.
(2) Source: "Les Droites nationales et radicales en France", par Jean-Yves Camus et René Monzat, PUL, 1992.

25/02/2008

Aphorismes Sarkoziques - 1

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Comme son chef, qui est aussi le chef de l'Etat français, venait d'être filmé en flagrant pétage de plomb - donnant du "pauvre con" à un citoyen qui refusait, comme on le comprend, de le laisser le toucher.

Brice Hortefeux a eu ces mots: "Eh bien moi je trouve ça très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français".

24/02/2008

"Casse Toi, Pauvre Con"

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Je ne sais pas si tu as vu cette vidéo, complètement hallucinante, où le chef de l'Etat français, au Salon de l'Agriculture, lâche à un visiteur qui refuse de lui serrer la main: "Casse toi, pauvre con".

C'est là: http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoaftL1D.html.

Et c'est la première fois de ma vie que je pense exactement la même chose que Nicolas Sarkozy.

23/02/2008

Nicolas Sarkozy Défie La Démocratie

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Là, tu vois: on devrait être des millions, à descendre dans la rue.

(Oui, oui: "Avant que tout ne soit perdu".)

On devrait être des millions, à hurler que, cette fois: ça y est.

On devrait être des millions à hurler que cette fois, c'est bon, que cette fois, on a compris qui on a en face de nous - et la nature exacte du RQESNVSE (régime qui étend sur nos vies son emprise).

On devrait être des millions, à occuper le pavé, à mordre, et à tenir.

Au lieu de quoi: on est là, comme des con(ne)s, comme des mollusques, moi devant mon clavier, toi devant ton écran, à se tripoter la nouille en rêvant de grands soirs et de petits matins qui chanteraient.

Un peu comme si, malgré tout, en dépit des signes évidents qui jour après jour s'accumulent, on avait encore du mal à réaliser que nous avons un gros.

Un.

Très.

Gros.

Problème.



Tu sais que le RQESNVSE vient de fabriquer une loi immonde, sur la "rétention de sûreté" - sur le modèle, surtout, de celle qui fut jadis promulguée en Allemagne par un certain Adolf Hitler, dont peu d'Occidentaux avaient jusqu'à présent osé convoquer le parrainage: mais c'est la rupture, coco, on a des couilles ça comme, on brise du tabou comme t'as pas idée, on va pas se laisser emmerder par les tarlouses peroxydées qui voudraient que l'on occultât, au prétexte que le gars était parfois un peu rugueux, les contributions décisives du chancelier du Reich à l'histoire des lois.

Tu sais, aussi, que le Conseil constitutionnel a censuré (oh, très mollement) une partie cette loi immonde - la rendant inapplicable avant une quinzaine d'années.

Tu devines que cette censure ne fait pas les affaires du chef de l'Etat français, qui a un (très) gros besoin, à quelques semaines d'une échéance municipale qui s'annonce pour son parti comme une branlée d'anthologie (et d'où par conséquent il va ressortir à poil), de se regagner, par sa coutumière démagogie (ultra-)sécuritaire, la confiance des faibles d'esprit qui pensent que tout de même, Germaine, c'est plutôt une bonne idée, comme disait le chancelier du Reich, de nettoyer le pays - au trou les irrécupérables, prison à vie pour ces bâtards, et crois-moi, Germaine, si ça tenait qu'à moi, je les décapiterais, ces putains d'enculés.

Aussi, et au motif, digne à l'excès, qu'il ne veut pas "laisser des monstres en liberté" (1), le chef de l'Etat français vient de charger le premier président de la Cour de cassation de lui "faire toutes les propositions" qui lui permettront de contourner l'avis du Conseil constitutionnel.

Or, "selon la constitution elle-même", comme le souligne Robert Badinter (qui n'est pas exactement Jules Bonnot), cet avis n'est pas contournable - sauf à contourner, aussi, nos fondements démocratiques.

"Une décision du Conseil constitutionnel (...) s'impose à toutes les autorités de la République" (2) - ou alors, justement, on n'est plus dans la République, telle que nous la connaissons.

Confirmation d'un prof de droit constitutionnel: "Le principe de séparation des pouvoirs interdit à quiconque de passer outre à l'autorité de la chose jugée" (3).

Le gars enfonce le clou, de sorte que nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas: la tentative de passage en force du chef de l'Etat français porte un nom.

"C'est une atteinte à l'Etat de droit".

Rien que ça.



"Le Monde", ce soir, en fait ce gros titre, absolument ahurissant: "Nicolas Sarkozy défie le Conseil constitutionnel".

Et mon cul, sans déconner: c'est du poulet?

Sérieusement: est-ce que tu imagines ce que "Le Monde" aurait titré, si par exemple Hugo Chavez avait si brutalement sauté à pieds joints sur la Constitution de son pays?

"Le Monde", crois-moi, aurait sorti l'artillerie lourde, genre, Hugo, salaud, el pueblo unido va te faire ta fiesta, parole de Paulo A. Paranagua.

Là: point.

Là, tout d'un coup, les big bosses du "Monde" se mettent à chipoter.

"Nicolas Sarkozy défie le Conseil constitutionnel"?

Mais attends: c'est pas ça, l'histoire.

C'est pas le Conseil constitutionnel, qu'il défie, Nicolas Sarkozy.

C'est la démocratie.

C'est pas la première fois, note: il nous a déjà infligé l'autre jour son mini-traité européen, sous les applaudissements nourris des renégats "socialistes".

Mais là, ça commence à faire beaucoup.

Et même: beaucoup trop.

Les fidèles partisans du chef de l'Etat français ont ces jours-ci laissé libre cours à leurs égarements: Roger Karoutchi, qui est quelque chose au gouvernement, a par exemple traité les adversaires politiques de son mentor de "fascistes", cependant qu'Yves Jego, qui doit si mes souvenirs sont bons être quelque chose (mais quoi?) à l'UMP (4), les qualifiait pour sa part de "staliniens".

(Ce qui revient au même, puisque ces gens sont comme tu sais de ceux qui pensent que le communisme vaut le nazisme.)

Quant à moi, je ne sais pas (mais je commence à m'en faire une vague idée) qui est "fasciste", ou "stalinien" - mais j'observe que les jeteurs d'anathèmes ferment très soigneusement leur clapet, quand leur chef porte "atteinte à l'Etat de droit".

Tu me diras: nous aussi, on ferme finalement nos gueules - comme si on ne sentait pas monter la (très sale) puanteur.









(1) En sorte, que, tu l'auras compris: les opposants à l'immonde loi sur la "rétention de sûreté" deviennent, par la grâce de cette nouvelle saillie, d'affreux salopards, fermement décidés, eux, à "laisser des monstres" égorger, jusque dans leurs bras, leurs fils et leurs compagnes.
(2) "Le Monde", ce soir.
(3) Idem.
(4) "Marianne" relève ce matin que le même Yves Jego qui détecte des "staliniens" dans le paysage médiatico-politique français a porté plainte pour "injure et diffamation" contre un blogueur, "Yves Poey, animateur du site Flamberge", qui a eu le front de le traiter d'"apparatchik". Le terme porterait "atteinte à l'honneur" du détecteur de staliniens. Je te reparlerai certainement de cette affaire, qui me semble être un assez bon indicateur de l'attachement du RDQESNVSE à la (sacro-sainte) liberté d'expression.

21/02/2008

Roule Pas Trop Vite, Mouloud: Ca Serait Dommage Que Les Keufs Te Prennent Pour Le Mollah Omar

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On sait depuis longtemps que la droite haineuse et revancharde qui a pris le pouvoir en mai dernier a l'ambition de mener dans nos départements et territoires d'outre-périphérique (DOP-TOP) sa petite guerre à deux balles, minutieux démarquage banlieusard des menées internationales de la racaille bushiste - ne serait-ce que pour pour mieux focaliser l'attention des con(ne)s sur de nouvelles classes dangereuses facilement reconnaissables à leur couleur de peau.

Le petit chef de l'Etat français, en même temps qu'il fait, refait, puis refait encore à George W. la promesse de lui envoyer du renfort en Afghanistan, déploie dans nos faubourgs, à grands coups de grands coups de son petit menton, genre teuma comment que je mets au pas chez moi les populations arabo-musulmanes, le glauque arsenal de la war on terror: hélicoptères, drones, snipers (et autres substituts, comme dit un psy de mes amis).

Quand il promet (par exemple) d'aller chercher "un par un" les jeunes émeutiers des cités, qui ont eu le front de se révolter en novembre après que deux des leurs ont encore trouvé la mort dans une collision avec la police, il répète, mot pour mot, en moulinant des (petits) bras, ce que braient quotidiennement ses potes yankee et moscovite, à chaque fois qu'ils s'apprêtent à broyer de l'indigène: il est dans le même registre, exactement, que Poutine jurant de buter du Tchétchène jusque "dans les chiottes".

Pourquoi je te (re)parle de ça?

Parce que la ministre des keufs, Michèle Alliot-Marie, vient juste, sur ce sujet, de lâcher une considération qui en dit long, trèèèèès long, sur l'inconscient collectif du régime décomplexé qui étend sur nous son emprise.

Avant-hier, "Le Monde" le narre, "Mme Alliot-Marie" avait "convié" place Beauvau, où se trouve son ministère, "une poignée de journalistes".

Pour leur expliquer, sans rire, qu'elle n'était "pour rien" dans la médiatisation, l'avant-veille, de l'"opération de Villiers-le-Bel", où 1.200 perdreaux se sont, je te rappelle, abattus sur le Val d'Oise, afin que d'y capturer, sur la foi de (courageuses) dénonciations anonymes, une trentaine de "suspects", dont une moitié a déjà été relâchée.

"Mme Alliot-Marie" a même confessé, devant les journaleux accourus à son coup de sifflet, qu'elle a "pensé" à "tout annuler", quand elle a su que des charogn... Des journalistes collaient aux semelles des flics.

(Cependant, elle a pris sur elle, et finalement la descente a fait, comme prévu, l'ouverture des jités - bienvenue à Sarkoland.)

Et donc, j'en arrive à ce qui motive ce billet: pour bien établir qu'elle n'était vraiment "pour rien" dans cette belle opération de com(munication), "Mme Alliot-Marie" a finalement osé (car elle ose beaucoup) une comparaison qui devrait marquer durablement l'histoire du versaillisme désinhibé.

Elle a tranquillement expliqué: "Rendez-vous compte, le jour où on lance des commandos contre les talibans, si on prévient la presse internationale..."

Hhhhh...

Hhhhhhhhhh...

J'espère que tu apprécies à sa juste valeur cette ouverture, béante, sur l'imaginaire des fidèles collaborateurs du petit chef de l'Etat français?

Dans l'esprit de "Mme Alliot-Marie", dont nul(le) ne pourra prétendre que trop de pudeurs l'entravent dans le choix de ses métaphores, les (valeureux) fonctionnaires-de-police qui ont investi le Val d'Oise lundi matin sont des "commandos", façon troupes d'élite aéroportées, je te largue seul avec ta queue et ton couteau derrière les lignes mahométanes et tu me nettoies cette vermine - et les habitants des cités de Villiers-le-Bel sont, logiquement, des "talibans".

Faut reconnaître que "Mme Alliot-Marie" se la donne en (très) grand: je doute qu'on puisse, dans la criminalisation des ressortissants de nos possessions banlieusardes, faire plus directement insultant.

Et en même temps, admets: c'est bien commode, hein, ces rapprochements - parce que, naturellement, si les jeunes-des-cités sont des "talibans", faudra plus qu'ils s'étonnent, quand des "commandos" viendront leur savater la face.

Ouais, ouais, c'est vrai, on a eu la main lourde, on lui a tiré dans la gueule, à c't'enculé de barbu - mais il n'avait qu'à pas détruire les Bouddhas géants de Sarcelles.

A ce propos, et pour finir, message personnel pour Mouloud, livreur de pizzas dans le Val d'Oise: roule pas trop vite sur ta mobylette, camarade - faudrait pas que nos troupes de choc te prennent pour le mollah Omar.

20/02/2008

Si-Adolf-Hitler-L'A-Fait-Pourquoi-Qu'On-Le-Ferait-Pas?

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Pour (se) justifier (de) l'immonde loi sur la "rétention de sûreté" qu'elle vient de faire adopter par le Parlement (couché), la droite haineuse et revancharde nous a (res)sorti l'un de ses couplets de prédilection: "Pourquoi-qu'on-le-ferait-pas-chez-nous-puisque-ça-se-fait-ailleurs?"

(Argument notoirement débile, mais il ne faut pas non plus trop demander à des gens qui ont fait allégeance à Nicolas Sarkozy.)

Le très (très) droitier Georges Fenech, rapporteur UMP de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, a notamment fait valoir, en substance, que: "Si-les-Allemands-le-font-pourquoi-qu'on-les-imiterait-pas?"

(Oui, hein?

Pourquoi?)

Georges Fenech, transi d'admiration pour ce modèle germanique, a plus spécifiquement expliqué: "La mesure de "détention de sûreté" (Sicherungsverwahrung) a été introduite dans le Code pénal allemand en 1933".

Et, en effet, "Le Canard enchaîné" le révèle ce matin: c'est bien ce qui s'est passé.

Même, cette loi, si merveilleuse que l'UMP veut la même, a été paraphée par: "Der Reichstanzler".

Le chancelier du Reich, qui était, comme tu sais, un certain Hitler.

Non seulement les gars inventent une loi infecte, mais ils brandissent, pour te la fourguer, le parrainage d'Adolf Hitler: ça fait quelque peu froid dans le dos et ça se passe évidemment de commentaires, mais faut quand même admettre que, dans le moment précis où le petit chef de l'Etat français instrumentalise dans les cours de récré la mémoire de la Shoah, ça révèle, pour le moins, une espèce de folie obscène.

18/02/2008

Les Petits Métiers Du Journalisme: Rin Tin Tin A Villiers-Le-Bel

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Je te le dis franchement: je trouve injuste, et même un peu dégueulasse, de prétendre, comme font certains communistes revanchards (je pense notamment à Sergueï Vissarionovitch Halimi), que les journaleux sont des "chiens de garde".

Pourquoi injuste?

Parce que la profession compte, aussi, quelques chiens policiers, merveilles de dressage, qui accourent, frétillant de la queue, sitôt que leur(s) petit(s) maître(s) les sifflent.

Ainsi de la descente effectuée ce matin, sur le Val d'Oise, par un millier (!) de flics: ces courageux fonctionnaires étaient, nous dit-on, flanqués d'une meute à stylos, micros et caméras.

"Le Monde", ce soir, narre par exemple, je te jure que je n'invente rien, que: "Des dizaines de reporters - télé, radio, presse écrite - patrouillaient pour assister aux interpellations"...

Aaaaah, les fidèles compagnons: ils "patrouillent"!

L'opération en question était, naturellement, n'importe quel enfant de trois ans te le confirmera, l'une (encore) de ces hideuses gesticulations sécuritaires par quoi la droite aux abois, rien de nouveau sous le soleil, cherche depuis toujours à se (re)gagner la confiance des paranoïaques - des faibles d'esprit que tranquillise le déferlement sur nos départements et territoires d'outre-périphérique (DOP-TOP) d'une marée bleue.

Non moins naturellement, ces glauques pantomimes doivent, pour bien fonctionner, faire l'ouverture des jités - histoire que le populo, fût-ce pour quelques minutes, (se) parle d'autre chose que des crasses que lui fait quotidiennement le gouvernement décomplexé qui prétend régner sur sa vie.

Rien de tel, pour te détourner de la onzième semaine de détention de ton pouvoir d'achat, que de jolies nimages comme-aux-Etats-Unis, où la couleur de peau des suspects interpellés ressort très joliment sur le orange des gyrophares.

C'est pour ça, évidemment, que le régime a sifflé ce matin ses fidèles auxiliaires des médias, qui ont, ravis, jappé de plaisir (l'instinct est vif, chez ces braves bêtes.)

Et comme de juste: le vol bleu des perdreaux fera ce soir l'ouverture des "20 heures".

Je te suggère, au passage, de te demander si les mêmes "journalistes" qui "patrouillaient" ce matin à Villiers-le-Bel, guettant l'arrestation d'une racaille exotique, ont mené l'autre semaine la moindre enquête sérieuse sur les trois flics nazis qui ont craché dans un rade leur haine des Juifs, des Noirs et des Arabes?

Je te rassure: la réponse est non.

Ces gars qui filment dans le caniveau que leur indique le régime, et qui te fourguent à la commande, suffit d'appuyer sur le bouton, de valeureux fonctionnaires bien décidés à capturer du banlieusard émeutier, oublient de trop t'informer du côté obscur de la Force (de l'ordre): tu comprends, coco, on voudrait pas non plus salir l'honneur de la police, ça risquerait de fâcher nos sources.

 
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