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01/03/2008

Omerta

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Je suppose que tu connais Laurence Parisot?

C'est la big bosse du MEDEF.

(La patronne des patrons, comme clichetonnent les journaleux qui des maîtres de forges aiment lécher le cul.)

C'est, aussi, une laborantine de haut niveau, qui réfléchit beaucoup, et qui jamais n'hésite à révolutionner la science politique par de stupéfiantes révélations - elle a notamment déclaré, le 21 février dernier, l'AFP le rapporta: "Ce que j'aime beaucoup, c'est quand Nicolas Sarkozy dit qu'il aime les usines; je trouve ça formidable".

(Recopie-la je te prie dans ton calepin: ça te fera de l'usage aux longues soirées d'hiver.)

Mais le trait le plus marquant de son caractère est incontestablement sa (touchante) naïveté: ça fait 3.000 ans qu'elle dirige le MEDEF, mais à chaque fois qu'on trouve dans ses coulisses l'une de ces fières saloperies par quoi le capitalisme s'est toujours caractérisé, je sais pas si t'as remarqué?

Laurence P. tombe des nues, et nous (re)fait la (culte) scène du: "Aaaaah.

Mais je ne savais pas.

Mais je n'étais pas au courant.

Mais je suis aba.

Sour.

Die.

Par ce que vous m'apprenez".

Ainsi, quand on a "découvert" (je me comprends) que Denis Gautier-Sauvagnac, aka "DGS", patron de la fédération patronale de la métallurgie, avait passé beaucoup de son temps à distribuer dans son entour, entre 2000 et 2007, du (très, très) gros pognon, en espèces, comme de juste, pour "fluidifier le dialogue social" (et non, il va de soi, pour financer la droite haineuse et revancharde qui prétend régner sur nos vies)?

Laurence Parisot a presque pleuré de rage impuissante, car elle ne savait rien, promis, juré, craché, ptoui, de cette pratique mafieuse: on lui avait rien dit, elle pensait, ah, la bonne pâte, que le patronat était comme un sirop de vertu(s).

A ce moment-là, n'est-ce pas, je me suis dit, ah ben, après ça, tu peux être certain qu'elle va grave les tenir à l'oeil, Parisot, les parrains de la métallurgie.

Comment qu'elle va te les surveiller: voilà des mecs, espère, qui pourront plus (du tout) lever le petit doigt sans que dans la seconde elle en soit prévenue.

Genre, hey, vous m'avez enfumée un fois, vous ne m'y reprendrez pas.

Or: non.

Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.

Voilà qu'on "découvre" aujourd'hui que les mêmes ont filé du (très) gros pognon, 1.250 fois le smic, à Gautier-Sauvagnac, non pour acheter son silence, que vas-tu imaginer là, mais pour le récompenser d'une vie de bons et loyaux services (et de fidélité aux traditions calabraises, puisque aussi bien il n'a toujours pas dit à qui précisément il avait distribué du cash).

Et que nous dit Laurence P.?

Je te le donne en mille?

Et même en 1.250 (fois le smic)?

Elle.

Ne.

Savait.

Pas.

Elle est "furieuse", nous dit ce matin "Libération" (qui aime beaucoup le patronat).

Et là, je suis désolé, mais y a que deux possibilités.

Ou Laurence Parisot est une espèce de nulle intégrale, totalement incompétente, qui ne sait rien de ce qui se passe dans sa boutique et sous le nez de qui peuvent se fomenter les pires vilenies sans qu'elle s'en aperçoive, occupée qu'elle est à se pâmer aux pieds du petit chef de l'Etat qui aime tant les usines - et elle devrait, d'urgence, être virée.

Ou Laurence Parisot nous prend, c'est triste à dire, pour des gros(se)s con(ne)s, quand tous les trois mois elle "découvre" que dans les recoins du MEDEF des mariolles high-tech se comportent comme dans un film de Coppola.

Personnellement, je ne te le cache pas: je penche pour la deuxième solution - parce que si vraiment Laurence Parisot avait une grosse envie de nettoyer les semelles (très) merdeuses du patronat métallurgique, sais-tu ce qu'elle ferait?

Elle romprait l'omerta, et nous dirait, fissa, dans quelles profondes poches a fini le (très, très) gros pognon que DGS a dispatché entre 2000 et 2007.

Elle demanderait aux seigneurs du métal de cracher le morceau.

Rien de plus simple.

Mais, tu notes?

Elle dit pas, et elle demande pas.

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