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13/03/2008

Philippe Val (De "Charlie Hebdo") A Expertisé L'Ordinateur De Raul Reyes (Des FARC)

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Cette semaine, dans "Charlie Hebdo", et dans un éditorial qui devrait marquer durablement l'histoire des idées, Philippe Val, penseur fameux, se (et nous) demande si "le populisme" est un "bon" ou un "mauvais cholestérol".

Il faut dire que Philippe Val était la semaine dernière à Genève (Suisse), pour le "Festival international des films sur les droits humains, dont "Charlie" est partenaire".

Dans ce cadre, Philippe Val a honoré de sa présence un "débat" sur le thème de: "La montée des populismes en Europe".

(Comment que ça devait être bien.)

Philippe Val, évidemment, a sur un tel sujet (comme sur beaucoup d'autres) un point de vue raffiné - fruit de sa longue fréquentation de Baruch Spinoza, d'une part, et de Roger Karoutchi, de l'autre.

Il énonce que: "Le populisme (...) rassemble les ressentiments de ceux qui font porter leur échec (...) sur un complot aux ramifications où s'entremêlent des sociétés multinationales, l'Amérique, les Juifs, les technocrates de Bruxelles, le fisc qui rackette, les valeurs qui foutent le camp à cause des femmes qui ne font plus d'enfants et qui, lorsqu'elles en font, continuent à travailler au lieu de rester à la maison, et les étrangers en général".

(Je t'avais sincèrement prévenu que c'était raffiné.)

Fort de cette exceptionnelle démonstration, Philippe Val proclame: "Castro, Chavez, sont des populistes".

Comme tu n'es pas complètement débile, tu l'auras compris tout(e) seul(e): Hugo Chavez est par conséquent un gars qui par exemple n'aime ni les Juifs, ni les femmes qui ne font plus d'enfant.

(Ni les technocrates bruxellois.)

Pour le cas, d'ailleurs, où tu aurais mal vu à quel point Hugo est un salaud (dont "Charlie Hebdo" veut la peau), Philippe Val te signale que: "Chavez a (...) des points de convergence avec un autre grand populiste, le président iranien Ahmadinejad".

Lequel, de son côté, "n'aime pas les pédés, (...) n'aime pas les femmes, (...) n'aime pas les Juifs, (...) n'aime pas les intellectuels, (...) n'aime pas l'Amérique, (...) n'aime pas les parlementaires".

En résumé, Hugo Chavez, ne serait-ce que par capillarité castro-ahmadinejadique, est une espèce de gros nazi de l'espace.

Philippe Val ne produit évidemment aucune preuve, et pour cause, à l'appui de cette (coutumière) calomnie.

En revanche, il affirme, du haut de son immense expertise de spécialiste mondialement reconnu des affaires d'espionnage, que "le contenu de l'ordinateur du numéro 2 des FARC", Raul Reyes, "(a révélé) le financement des terroristes par Chavez à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars".

Et ça, tu vois: c'est important, parce que ça nous renseigne, en profondeur, sur la nature du métier de journaleux, tel que le conçoit Philippe Val en ce début de millénaire.

Comme l'a en effet souligné le journaliste Greg Palast (1): "La presse étatsunienne", bien avant que Philippe Val ne l'empare pour magnifier sa pensée, "a repris l'histoire des "300 millions de dollars de Chavez aux terroristes" en moins de temps qu'il n'aurait fallu au jeune Bush pour sniffer un rail de poudre colombienne".

Or, dans l'ordinateur de Raul Reyes, retrouvé par les Colombiens qui venaient de l'abattre, "un seul et unique passage", révèle Greg Palast, "fait mention des prétendus 300 millions de Chavez".

Le voici: "...En ce qui concerne les 300, que nous désignerons désormais comme le "dossier", des efforts sont déployés sur instruction du chef au "cojo", que j'expliquerai dans un autre courrier. Appelons le patron "Angel" et le handicapé "Ernesto"".

Questions de Greg Palast: "Où est Hugo?

Où sont les 300 millions?

Et de quels 300 parle-t-on?"

Excellentes questions, puisqu'un précédent courrier des FARC portait sur "300 prisonniers" - en sorte qu'il est, de fait, permis de se demander s'il s'agit "des mêmes 300 dont parle Reyes".

(Et de se livrer à deux, trois vérifications - avant de calomnier Chavez.)

Il n'y a guère que George W. Bush, pour affirmer, sur la seule foi de quelques mots sibyllins, que le président vénézuélien a financé la guérilla colombienne.

George W. Bush et, bien sûr, Philippe Val - car les grands esprits se rencontrent.










(1) Dont tu vas tout de suite lire ici l'ahurissant papier, signalé par le rezo(.net): www.legrandsoir.info/spip.php?article6148.

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