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17/03/2008

Lendemain (Vespéral) D'Election: "Le Monde" Et L'UMP Somment Sarkozy De S'"Arc-Bouter Sur Son Programme De Réformes"

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Le Sarkozy que nous aimons n'est (certes) pas le Sarkozy qui au Guilvinec demande kestata-mais-kesta(-mais-viens) à un marin-pêcheur.

Le Sarkozy que nous aimons n'est (certes) pas le Sarkozy qui au débotté donne du pauvre con au passant.

Le Sarkozy que nous aimons est celui que nimbe, comme ferait une auréole, son admirable "dessein volontariste de réforme, de mépris pour l'immobilisme, de volonté d'agir pour remettre en marche un pays sclérosé dans son économie, ses archaïsmes étatiques et sociaux, sa méritocratie en panne".

C'est pas moi qui le dis, tu penses bien.

C'est le big boss du "Monde", Eric Fottorino, qui, en guise d'enseignement de l'élection municipale d'hier, écrit ces mots ce soir, à la une de son quotidien.

(Et quels mots, ami(e): volontarisme, réforme, immobilisme, sclérosé, archaïsme - on a là tout le (petit) lexique portatif du libéral décomplexé.)

Le brave homme, tu l'auras compris, défend (courageusement) l'idée que Sarkozy est, du point de vue de la nécessaire désoviétisation de notre cher et vieux pays, quelqu'un de formidable.

Eric Fottorino, c'est vrai, fait mine de tempérer son éloge : il faudrait, précise-t-il, que le chef de l'Etat cesse de "faire de son image le centre de tout".

Le message est clair - c'est le même, d'ailleurs, que martèlent ces jours-ci les communiquants de Sarkozy: la rupture, oui!

La "réforme", oui!

Moins de vieilleries étatiques et sociales, oui, oui, OUI!

OUIIIIIIIIII!

Mais en levant le petit doigt.

Prendre aux pauvres pour gaver les riches - comme fait depuis mai dernier le régime haineux et revanchard qui étend sur nos vies son emprise?

Eric Fottorino trouve ça furieusement bougiste - mais à condition de ne plus traiter de con le quidam des salons agricoles, et de moins mettre en scène sa "vie privée".

Eric Fottorino prie Sarkozy d'améliorer son style, mais pour le reste, lui dit-il?

Surtout, ne changez rien!

Terminez je vous prie ce que vous avez commencé - il reste bien des gueux à tondre, il reste à engraisser encore maint pansu possédant: vive le volontarisme!

Le patron du "Monde" rêve tout haut, pour l'avenir, d'un homme (providentiel) qui cesserait d'exhiber trop de signes extérieurs de nouvelle richesse, mais qui, pour le reste, ressemblerait d'assez près à un gars dont le prénom serait Nicolas, et le nom de famille: Sarkozy.

Divine coïncidence: le gars existe, à l'Elysée!

Résultat: vers la fin de son éditorial, Eric Fottorino, larguant ses dernières amarres, se met soudain à lécher le chef de l'Etat français avec une frénésie totalement inquiétante.

Il écrit - je te jure que je n'invente rien: "En réalité, les Français ne demandent pas à Sarkozy de changer" mais "lui demandent au contraire d'être ce qu'il avait dit qu'il serait: un président actif, arc-bouté sur son programme de réformes".

Roger Karoutchi, de l'UMP, déclare de son côté, en des termes assez proches:"Il y a une impatience, il y a nécessité d'amplifier les réformes".

Patrick Devedjian, de l'UMP, considère quant à lui, en des termes encore assez proches, que "les électeurs sont "impatients d'avoir des résultats dans les réformes"" (1).

François Fillon, de l'UMP, promet enfin, en des termes, t'as deviné, toujours assez proches, qu'il va, crânement: "Poursuivre les réformes".

En sorte que, tu l'auras compris, Eric Fottorino, du "Monde", et les fidèles féaux de Nicolas Sarkozy parlent d'une même voix, tirent du scrutin d'hier les mêmes enseignements, réclament ensemble que, surtout, le régime ne modifie en rien ses menées - à quelques détails stylistiques près: trop grosse, la Rolex, trop voyant, le yacht, trop cher, le jet privé, même si c'est Bolloré qui paye.

"Le Monde", en somme, klaxonne ce soir, par la voix de son big boss, la propagande officielle de l'Etat UMP.

Fottorino l'assure d'ailleurs: "Le président doit comprendre que ses électeurs, et au-delà le pays entier, redoutent plus que tout son échec" - et foutredieu, que voilà une rude admonestation!

Comment que Sarkozy doit trembler, d'être si durement sommé de "comprendre" que ses concitoyen(ne)s sont de tout coeur avec lui!

Bientôt, qui sait, Fottorino, se débondant complètement, chantera, sur l'air de Kirikou: "Sarkozy est petit, mais c'est mon ami, Sarkozy n'est pas grand, mais il est vaillant".

Journal de référence, coco?

Ca se travaille tous les jours.








(1) "Le Parisien" de ce matin.

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