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31/03/2008

Et Si Tu Accueillais Aussi Marina Petrella?

François Fillon veut paraît-il "faire tout ce qui est nécessaire pour permettre (la) libération" d'Ingrid Betancourt.

Ainsi, "Le Parisien" le souligne ce matin, François Fillon se propose d'"accueillir "en France des militants des FARC" qui auraient répondu à l'appel à la désertion du président colombien Alvaro Uribe".

François Fillon, par conséquent, est tout disposé à donner, au pays de Brice Hortefeux, quatre bouts de pain aux guerilleros de Colombie qui auront fait, en désertant, le choix du repentir.

Et ne te méprends pas: je trouve ça très bien, que François Fillon, pour sauver Ingrid Betancourt, leur propose de leur ouvrir tout grand sa huche, au lieu de que de prévoir de s'amuser à les voir jeûner.

Mais.

Tout de même.

Si François Fillon a vraiment, comme je l'espère, des envies d'accueillir des gens qui auraient fermement renoncé à toute lucha armada.

(Je ne doute pas du tout de sa totale sincérité, n'est-ce pas?)

Le mieux serait que François Fillon jette un coup d'oeil vers la maison d'arrêt de Fresnes.

Où croupit l'une de ces réfugié(e)s politiques italien(ne)s que la droite décomplexée, depuis quelques années, depuis l'extradition il y a six ans de Paolo Persichetti, aime livrer, pieds et poings liés, à son ami Berlusconi (ou à Prodi, éventuellement).

Où croupit depuis le mois d'août, sous le numéro d'écrou 932940, Marina Petrella, ancienne activiste rouge, qui avait pourtant "pris, arrivant en France en 1993, l'engagement de rompre avec tout usage de la violence, conformément aux conditions posées alors par la France pour lui offrir l'asile afin d'en finir avec les "années de plomb"" (1).

Ce que je veux dire, c'est que ça serait quand même bien.

Que François Fillon cesse de nous prendre pour des neuneus oublieux.

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(1) www.paroledonnee.info.

29/03/2008

Deux Heures De Répit

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Hier soir, le camarade Urbain recevait pour un long débat, en sa plaisante librairie, et avec le concours de la revue "Cassandre", excusez, les ami(e)s, du peu, Alain Badiou, et aussi Alain Brossat.

Pour le dire simplement et brièvement, les entendre fut comme une grâce, comme un répit en Sarkozie - où se comprenait mieux, bien sûr, pourquoi les minables crétins régimaires qui de média menteur en média menteur posent aux philosophes n'ont depuis peu de cesse que (d'essayer) de museler, par d'infectes calomnies, ces gens dont la raison doit en effet leur être absolument insupportable, pour ce qu'elle révèle de leur propre (mais crasse) médiocrité.

Comment que c'était bien.

28/03/2008

Georges-Marc Bourdieu Serre Ses Petits Poings

Les conseillers?

Ca ose tout.

C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Ainsi.

Prenons, je te prie, l'exemple d'un homme dont le seul nom suffit désormais à dilater les rates: Georges-Marc Benamou (rires).

Le gars est à l'estime de soi, en même temps qu'à une certaine flexibilité carriériste, ce que Bernard Kouchner est à la realpolitik (dans le silence de plomb des grands cimetières tibétains).

Georges-Marc Benamou (rires) était ces jours-ci conseiller, pour la culture, du chef de l'Etat français.

(Je suppute qu'il y avait à cette nomination quelque sourde raison que la raison ignore.)

Il ne l'est plus.

Il a été giclé.

"A sa demande", a-t-il aussitôt expliqué.

(Je trouve ça plutôt crédible.)

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Mais Georges-Marc Benamou (rires) avait un lot de consolation: la Villa Medicis.

(Là encore, sans motif connu - autre que le bon vouloir du chef de l'Etat français, dont le règne, par plus d'un aspect, semble décidément celui d'un potentat d'opérette.)

Il ne l'a plus.

Comme "Le Monde" ce soir l'annonce: "L'Elysée renonce à nommer Georges-Marc Benamou (1) à la Villa Medicis".

Est-ce que Georges-Marc Benamou (rires), chassé de çà, chassé de là, choisit de faire profil bas?

Est-ce qu'il s'en va, loin, cuver aux Kerguelen la rude révélation de son insignifiance?

Penses-tu.

Le voilà qui pérore, et qui, dissimulant de sa main droite les taches tenaces que lui ont fait aux revers les grosses louchasses de caviar de l'époque, socialiste, où un riche et puissant pétrolier aquitain lui finançait le magazine, de sa main gauche brandit, c'est à se pisser parmi, le vademecum rouge du prolétaire dépité.

Le voilà qui, tranquillement, expose qu'"il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le parlement" - au lieu que d'être désignés par la volonté de l'Elysée.

Y a un truc, tout de même, que tu peux pas lui contester, à Georges-Marc Benamou.

(Rires.)

C'est son phénoménal aplomb.

Comme dit le vieux dicton berrichon: "La honte n'éblouit pas les yeux des courtisans" (2).

Ainsi que tu sais: Georges-Marc Benamou (rires) a méthodiquement oublié de réclamer que la promesse électorale de plus de transparence dans ces nominations soit tenue, quand lui-même croûtait aux râteliers du système.

(Le gars est courageux (jamais il n'hésita, tu te le rappelles sans doute, à moquer Mitterrand après le décès de Mitterrand), mais pas complètement téméraire.)

Mais le voilà qui soudain peine à contenir son dépit, et qui serre ses petits poings, comme font les jeunes enfants
dont le nouveau jouet vient de casser.

Le voilà qui, fondant ses derniers plombs, explique - tiens-toi bien: "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites - sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des "Héritiers", et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque".

Tu lis ça, tu désespères pas de voir bientôt François Fillon se poser en disciple de Chomsky.

Georges-Marc (rires), fais-toi, je t'en prie, un petit morceau d'Italie - ça te consolera un peu.

Pose-toi le fondement au "Flore".

Fais-toi servir un espresso.

Et réfléchis, loin des clameurs, à ce beau vers de Pasolini: "Io sono un mediocre, e non c'è prova".







(1) Rires.
(2) Salut à toi, brigadiste. (Je me comprends.)

27/03/2008

BHL, "Avec Un Style Tout Stalinien"

Chomsky l'a tôt diagnostiqué, qui observait, dès 1980: "Il est intéressant de voir que l'intelligentsia se sent maintenant si à l'aise, qu'elle peut publier impunément de vrais mensonges qu'elle fabrique avec un style tout stalinien, en pensant, sans aucun doute avec raison, qu'elle est intouchable dans le climat actuel".

Cela, trente ans plus tard, se vérifie chez nous (presque) tous les jours: le phénomène, boosté par le tout-au-Sarko, va évidemment s'amplifiant.

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Ainsi, dans "Le Point" de ce matin, le renommé romanquêteur que le monde entier envie à la France des idées, je veux parler bien sûr de BHL, aka Bernard, se livre à l'une de ces remarquables démonstrations qui font dire à Joe Staline, du fond de son tombeau et avec son accent typiquement géorgien: "Parrrrr les couilles d'Ilitch Oulianov, ce garrrrrçon est quand même trrrrrès forrrrrt!"

BHL, tu vas voir, tire du limogeage du sous-préfet Guigue, "démis de ses fonctions" pour "manquement au devoir de réserve qui est de règle pour les serviteurs de l'Etat", l'enseignement que la gauche "rouge (altermondialiste)" en général, et Alain Badiou en particulier, forment un hideux ramassis de nazis.

(Naturellement, ce n'est pas dit aussi nettement: ce n'est que suggéré, mais avec un peu d'insistance - et par des procédés qui, donc, rappellent d'assez près (de trop près, à vrai dire) les calomnies insanes par quoi se distinguaient naguère les tristes clercs du stalinisme.)

Bernard commence par acclamer la démission du sous-préfet viré, dixit son ministère, pour avoir publié sur le Net une tribune "très violemment anti-israélienne" (1).

(Je te rappelle que BHL est l'un des valeureux défenseurs-de-la-liberté-d'expression-foulée-par-les-mahométans
qui ont récemment pétitionné en faveur d'un autre serviteur de l'Etat, non moins tenu que Guigue au devoir de réserve.

Il s'agissait, tu l'as deviné, de l'ineffable Redeker, dont le cas montre que l'islamophobie est au banquet de la réaction le mets le plus raffiné.)

Bernard te raconte qu'il a navigué sur le Net, "sollicitant l'ami Google", afin que d'y trouver quelques renseignements sur le sous-préfet limogé.

Là, il a, dans un premier temps, (re)découvert, fidèle à sa légendaire modestie, l'excellence de sa "vieille thèse sur l'effet d'aveuglement que produit, immanquablement, la monomanie antisioniste".

(Pour le cas où tu ne le saurais pas, je te rappelle (aussi) que ce que BHL appelle une "monomanie antisioniste" est, dans la vraie vie, l'attention portée aux Palestiniens harassés.)

En guise d'illustration de cet effet d'aveuglement, Bernard pose une question où se détecte sa pleine maîtrise de la réalité: "Pourquoi n'entend-on jamais les adversaires d'Israël sur le Tibet?"

La réponse, n'importe quel écolier de CM1 te le dira, est que, dans le monde réel, qui n'a certes aucune espèce de rapport, même très lointain, avec les divagations de nos penseurs de médias, les gens qui se préoccupent du sort de la Palestine ont le souci, aussi, de celui du Tibet - ne serait-ce que pour la simple et bonne raison qu'il y a, entre la colonisation de Gaza et celle de Lhassa, plus de points communs qu'entre, disons, la vraie philosophie et la pensée de BHL (2).

(Tu relèveras, au passage, c'est à ces minucules manipulations langagières que s'identifie le stalinien orthodoxe, que Bernard présente les défenseurs des droits des Palestiniens comme des "adversaires d'Israël" - suggérant, mine de rien, que ces gens-là sont de sinistres salopards ahmadinejadiques, ennemis, non d'un gouvernement, mais d'un pays entier.)

Mais reprenons, si tu le veux bien, le fil de notre (long) récit.

Surfant sur le Net (comme Brice, à Nice, fait sur des vaguelettes), et "naviguant de site en site" (à la façon d'une espèce de Vasco de Gama new look), BHL "tombe sur toute une nébuleuse" de sites qui prennent "la défense du "courageux" fonctionnaire sanctionné".

Sites "nombreux", il va de soi, et qui, surtout, "couvrent l'essentiel du spectre du pire", explique BHL, puisque aussi bien on y trouve "du rouge (altermondialiste)", comme du "brun (Front national et apparentés)", comme du "vert (islamiste radical)".

Tu l'as compris, ami(e), Bernie pose là, comme il fait souvent, l'équation diffamatoire qui depuis quelques années tient lieu de bagage (de cabine) intellectuel à nos clercs de télévision: altermondialistes = extrême droite = Ben Laden.

Pour le dire autrement: BHL, dont la divagation devient, là, franchement odieuse, va très naturellement utiliser le brun et le vert de sa triste palette pour calomnier la gauche de gauche - d'un pinceau plein de haine.

Il écrit, et il me faut ici le citer assez longuement, que les sites altermondialistes, et ceux des fafs et des barbus: "S'accordent tous, en fait, sur une représentation articulée en trois propositions aussi délirantes que simples. Israël est un Etat nazi. Le monde est organisé pour dissimuler cette vérité. Et le cerveau de ce complot, son chef d'orchestre clandestin, le véritable agent des noirs desseins de l'éternelle "Internationale juive", se trouve être ici, à Paris, juste au-dessus de chez Alliot-Marie qui n'est, avec Kouchner, Attali et autres nouveaux "Juifs Süss" (je cite toujours la même plaisante littérature), qu'un instrument docile entre ses mains - il n'est autre, ce juif honteux, caché, chanoinisé, mais démasqué, que... Nicolas Sarkozy lui-même!"

Oui, camarade: c'est ce que BHL écrit...

Et on aimerait, bien sûr, que Bernard, plutôt que de citer une "plaisante" mais bien vague "littérature", nous dise, précisément, de quel site rouge (altermondialiste), exactement, il extrait cette prose innommable, ce pur concentré d'antisémitisme, ces "Juifs Süss"?

Mais BHL ne nous le dit pas, et pour cause: il a évidemment pêché cette ignominie xénophobe dans un égoût nazi du Net - mais veut nous entretenir dans l'idée, pur mensonge, qu'elle pourrait aussi bien venir de la gauche.

C'est audacieux, j'en suis d'accord, mais reste assis(e), ami(e): ce n'est que le début d'un feu d'artifice qui fera date, évidemment, dans l'histoire, déjà longue, du terrorisme intellectuel.

Car le Bernard préféré de Thierry Ardisson, ayant découvert ces défécations racistes, "du coup", et tout soudain, "repense", vois comme d'un seul coup ses idées s'associent, "au philosophe Alain Badiou", qui "n'appelle plus le président par son nom mais "l'homme aux rats"".

Si tu as lu ce Badiou-là (3), tu sais que cette appellation fait une référence, explicite, à des travaux de Freud, que même Bernard doit connaître - mais qu'il fait mine d'ignorer, pour mieux souligner que Badiou appelle Sarkozy: "Juste "l'homme aux rats", comme dans les films de propagande qui passaient dans les cinémas sous l'occupation".

Alain Badiou, c'est ici nettement suggéré, n'est donc pas tant le philosophe que nous connaissons, et dont nous savons qu'il est tout sauf raciste, qu'un émule des Propaganda-Staffeln.

Un nazi, quoi.

Il suffit de l'énoncer clairement, et tout devient tellement plus simple, n'est-ce pas?

Et du coup, je suppose que je n'ai pas besoin de te faire un dessin.

BHL s'est donné pour mission de salir, pour la énième fois, la gauche de gauche, et aucune outrance ne va le détourner de cette noble entreprise.

On est là dans le registre, non plus de la seule calomnie, mais de la méchanceté la plus crasse.

On est là dans la boue.

On est là dans le tout dernier retranchement de cette intelligentsia qui depuis trente ans publie "impunément de vrais mensonges qu'elle fabrique avec un style tout stalinien, en pensant qu'elle est intouchable dans le climat actuel".

Inconsciente, encore, que ce climat se réchauffe.











(1) Et, de fait, assez riche en conneries insupportables - comme par exemple une comparaison entre le Reich hitlérien et l'Etat hébreu.
Tu peux lire là-dessus, avec beaucoup de profit, ceci: www.rue89.com/passage-benbassa/fallait-il-sacrifier-le-sous-prefet-bruno-guigue.
Tu peux noter aussi, on va y revenir, que BHL use de la même scandaleuse comparaison quand il met sur un même plan un propos de Badiou et "les films de propagande qui passaient dans les cinémas sous l'Occupation".

(2) Lis également, je te prie: blog.mondediplo.net/2008-03-24-Tibet-Palestine

(3) Si ce n'est pas le cas, il est grand temps: "De quoi Sarkozy est-il le nom?" est paru aux éditions Lignes.

26/03/2008

God Save Your Mad Parade

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God save the queen
The fascist regime
It made you a moron
Potential H-bomb

God save the queen
She ain't no human being
There is no future
In England's dreaming

Don't be told what you want
Don't be told what you need
There's no future, no future,
No future for you

God save the queen
We mean it man
We love our queen
God saves

God save the queen
'Cause tourists are money
And our figurehead
Is not what she seems

Oh God save history
God save your mad parade
Lord God have mercy
All crimes are paid

When there's no future
How can there be sin
We're the flowers in the dustbin
We're the poison in your human machine
We're the future, your future

God save the queen
We mean it man
We love our queen
God saves

God save the queen
We mean it man
And there is no future
In England's dreaming

No future, no future,
No future for you
No future, no future,
No future for me

No future, no future,
No future for you
No future, no future
For you

25/03/2008

Allons-Nous Tolérer Longtemps L'Arrogance Inouïe De Ces Roumain(e)s?

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Les gueux ces temps-ci deviennent, je suppose que tu l'as noté, dangereusement irrévérencieux.

Je dirais même qu'on ne les tient plus, et toi, je ne sais pas, mais pour ce qui me concerne, j'escompte que le patronat les matera, parce que j'en ai un peu ras le cul de cette plèbe geignarde qui se prend pour le centre du monde - et refuse d'envisager que ses légitimes propriétaires puissent eux aussi passer par les affres des fins de mois difficultueuses.

Je pense, naturellement, aux salarié(e)s de l'usine (Renault-)Dacia de Pitesti, Roumanie, dont l'âpreté au gain a quand même quelque chose de profondément répugnant.

Voilà des gens qui, au sortir du (long) règne de Nicolae Sark... Ceaucescu, n'étaient rien.

Mais ce qui s'appelle: rien.

Voilà des gens qui ressemblaient d'assez près à des merdes post-communistes, infoutues de se prendre en main et qui, mollement avachies au coin du ballast, regardaient passer le train festif de la mondialisation sans même que l'idée les effleure de se faire une place dans le wagon de queue.

Des branleurs, quoi - recroquevillés sur leurs avantages acquis et totalement hermétiques aux joies saines du Capital.

Arrive (Renault-)Dacia, qui leur offre, excusez du peu, de retrouver leur dignité - sous la forme d'un salaire de folie de, tiens-toi bien, 285 euros mensuels.

Byzance.

(Je vois monter à tes yeux des larmes, et comme je te comprends: moi aussi, je pleure de joie, à chaque fois que m'est donné de mesurer concrètement la joliesse du libéralisme.)

285 euros bruts, naturellement - faut pas non plus exagérer, trop de subite luxuriance aurait tué à coup sûr le salariat désoviétisé.

Bon, (Renault-)Dacia les sort du caniveau dégueulasse où ils cuvaient leur communisme.

(Renault-)Dacia fait de ces loqueteux assistés des libres citoyens du Marché du même nom.

(Renault-)Dacia les ouvre, comme on ferait d'une huître, aux Beautés de la Concurrence.

(Renault-)Dacia leur allonge tous les mois une petite fortune.

Et que font ces bâtards?

Est-ce que tu crois qu'ils remercient (Renault-)Dacia?

Est-ce que tu crois qu'ils vont rendant, comme nous aurions fait, toi et moi, mille et mille grâces à leur si généreux mécène?

Peeeeenses-tu!

Les voilà qui se mettent en grève!

Générale, de surcroît!

Ils réclament - t'es assis(e)?

Une "augmentation"!

Et voilà comment ces gens sont (tu changeras pas le prolétariat): tu leur donnes ça, ils te chient dessus et réclament ça.

Tu leur donnes le doigt - le majeur, dûment vaseliné - mais naturellement: les voilà qui au bout d'à peine quelques années d'esclav... De salariat te bouffent le bras.

Ces tristes salauds, je te le dis, outre qu'ils puent l'alcool de prune (leur gigantesque émolument ne les a pas détournés de leurs sinistres habitudes alimentaires), sont littéralement obsédés par le fric.

Et les voilà qui tout soudain psalmodient le si laid refrain de chevet de la racaille altermondialiste, partageons-les-richesses, partageons-les-profits, toutes ces conneries obscurantistes.

Et les voilà qui vagissent, avec leur sale accent de créatures des Carpates: "Aaaaah, oui, mais (Rrrrrenault-)Dacia fairrrrre grrrrrâce à nous grrrrros bénéfices, avoirrrrr gagné 150 millions eurrrrros cette année, mais nous pas voirrrrr couleurrrrr arrrrrgent".

Mais attends, sale petit salaud égoïste, (Renault-)Dacia te file 285 euros bruts à la fin de chaque mois, PLUS des "réductions dans les transports en commun" (1), et tu oses encore ouvrir ta gueule?

Ah, putain, ça me fout en rogne.

Reusement: les big bosses de (Renault-)Dacia ont réagi avec toute la vigueur nécessaire.

Si tu crois qu'on est du genre à négocier avec des preneurs d'otages, ont-ils expliqué en substance, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule (et t'as qu'à en profiter pour te chatouiller un peu l'intestin grêle).

Ton augmentation, tu te la prends, tu te la roules, et tu t'en fais une sonde.

Noutre, si tu n'es pas content: je délocalise vite fait la fabrication de ma Logan en Tamoulie orientale.

Et tu vas me dire: oui mais, si demain les Tamouls orientaux à leur tour te font chier à grands coups de revendications ouvertement staliniennes?

Ben tu vois, je m'en cogne, agade comment que je m'en tamponne: je délocaliserai ailleurs.

Et quand la Terre entière fera grève: j'irai m'installer sur Vénus.

Là-bas les miséreux ont le sens du travail bien fait, je devrais m'en tirer pour 17 euros par mois - et il va de soi une réduction sur le transport.

J'en ai rien à foutre, mon gars, de tes pleurnicheries.

Pour que ceux qui ont tout continuent de s'empiffrer?

Faut que ceux qui n'ont rien continuent d'avoir faim.

C'est la juste loi de la nature.

Tant que t'auras pas compris ça?

Nous deux, ça n'ira pas.






(1) "Libération".

24/03/2008

Qui Donc Est Ce Preux Chevalier?

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Est-ce le vaillant Bayard?

Nenni, ami(e): ce n'est que Ménard.

Ce n'est que Robert Ménard, le fameux big boss des Reporters sans frontières, qui s'est comme tu sais donné pour double mission de protéger (presque) partout (1) sur cette foutue planète l'indépendance des journaleux (et des blogueurs), et (dans le même temps) d'éradiquer le communisme, tel que l'incarne ces jours-ci le très hideux Hugo Chavez.

On (ne) le dit (que trop) peu, mais Bob Ménard, outre qu'il fait trembler partout la vermine bolchevique, est un homme qui pense - exactement comme font d'autres intellectuels de poids de l'ère du tout-au-Sarko.

Bob Ménard, par exemple, estime que "la publicité doit être considérée comme une nécessité économique", pour la simple et bonnasse raison que: "Le siècle qui s'est éteint fut suffisamment furieux pour que l'on se rende à l'évidence que les idées alternatives conduisaient directement au goulag" (2).

(Pour Bob Ménard, tu l'as compris, le monde comme il va est le terrain où s'affrontent, sans la moindre issue de secours, le stalinisme et Publicis - et où naturellement il a, en Kravtchenko des temps nouveaux, choisi la liberté.)

Bob Ménard trouve, aussi, que "la presse française est corsetée d'interdits législatifs, qui n'existent pas ailleurs, sur le racisme, l'homophobie, la mémoire", et que: "Ces barrières doivent sauter".

(Il appartient, par conséquent, à la grande (et noble) famille des briseurs de tabous.)

Bob Ménard, enfin, rebel with a lot a causes, en a salement: "Ras le bol des bons sentiments dégoulinants - ces jeunes des banlieues forcément victimes des forces de l'ordre, ces "sans-papiers" qu'on devrait accueillir sans jamais fixer de limite, ces anti-mondialisation tellement plus sympathiques que l'affreux FMI - nouvelle incarnation de l'ogre dévoreur d'enfants du tiers-monde -, de tout ce bric-à-brac à la mode qui nous empêche de réfléchir".

En résumé, tu l'observes: Bob Ménard souvent réfléchit (je me comprends) comme Sarkozy.

Dès lors, je te pose la question: est-ce qu'une telle proximité de vues ne méritait pas d'être officiellement reconnue - par l'un de ces hochets dont le régime gratifie celles et ceux qui ne lui ont pas déplu?

Si, bien sûr.

Et justement: c'est chose faite.

Bob Ménard vient d'être fait chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur.

Une garantie, naturellement, de son entière indépendance: la décoration d'un homme libre.






(1) Mais pas dans la Seine-et-Marne, où un secrétaire d'Etat peut tranquillement porter plainte contre un blogueur qui a eu le front de le traiter d'"apparatchik", sans que cela émeuve RSF plus que de (petite) mesure.
(2) Toutes les citations illustrant ici l'himalayesque hauteur de vues de Bob Ménard viennent de: "Le procès de... Robert Ménard", in "Le Plan B" n° 11, décembre 2007.

23/03/2008

Patrice Leconte Ouvre La Chine (Populaire) A La Démocratie (Et Tu Vomis Ton Petit Déjeuner)

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C'est dimanche, c'est le matin, les enfants sont chez leur grand-mère, t'as traînassé au lit pendant moulte plombe, y a un morceau de ciel bleu dans le coin de la fenêtre, et tout va bien, merci, comment que la vie est belle - t'as presque envie de chanter une chanson de Charles Trénet, ça te changera un peu des Angelic Upstarts.

Puis tu ouvres, à sa page deux, le "Journal du dimanche" du jour, et tu tombes sur un entretien avec Patrice Leconte (j'insiste sur le "-te" final), qui a "tourné un clip de promotion pour" les JO de Pékin, Chine populaire.

(Cette Chine si populaire, tu sais, qu'elle entrevoit souvent que le bonheur de son populo passe par l'assassinat de quelques Tibétain(e)s, liste non exhaustive.)

Et là, faut admettre: t'es assez tôt saisi d'une assez forte envie de gerber (à longs traits) qui te plombe ton début de journée.

Patrice Leconte, il va de soi, ne "comprend" absolument pas "le débat actuel sur le boycottage des Jeux" - non parce que le régime totalitaire qui les ordonne lui a refilé du gros flouze pour lui flatter le cul, penses-tu, mais parce que: "Si on refuse d'aller en Chine, comment voulez-vous que ce pays s'ouvre à la démocratie?"

C'est l'évidence même, Anthelme: si que tu fais pas un effort de sociabilité (naturellement rémunérée) avec monsieur Hitler, comment que tu veux que monsieur Hitler s'ouvre aux joies du libre débat?

Patrice Leconte, penseur hautement nivelé, considère que: "Boycotter, c'est la meilleure chose pour que rien ne change jamais".

Alors que, tu l'auras noté: quand Patrice Leconte refuse le boycottage, tout change, d'un seul coup, dans les rues des villes du Tibet, où le sort de l'indigène s'améliore de beaucoup de crans (de sécurité).

Patrice Leconte, cependant, n'est pas seulement l'irréductible défenseur des minorités opprimées: sous la houppelande lumineuse du militant humanitaire, le coeur d'un citoyen du monde assoiffé de connaissance(s) bat - au rythme lourd du staccato des rafales de PM qui déchirent le silence des rues matées de Lhassa.

"Moi", explique-t-il: "J'ai accepté de travailler pour Pékin parce que je n'avais jamais mis les pieds en Chine et que je suis curieux de nature" - et non, évidemment, mais tu vois le mal partout, parce que Pékin m'a fait un gros chèque pour mon tourisme.

(Je connaissais pas le Sichuan: c'est quand même charmant, nonobstant les camps de travail, je me demande si je vais pas faire un Guide du Routard.)

Noutre, Patrice Leconte l'affirme, on exagère beaucoup les pulsions éradicatrices du régime sino-populaire, qui ne l'a, pour ce qui le concerne, pas (du tout) censuré: "Pendant les cinq jours du tournage (...), j'ai filmé tout ce que je voulais".

Glousse-t-il.

Et, certes, Patrice Leconte n'avait aucune "velléité de filmer quelque chose de moins flatteur" que l'effort d'un pays uni dans l'organisation de Jeux divertissants: il n'a pas voulu, par exemple, filmer l'exécution d'un opposant éliminé d'une balle dans le crâne, qui eût été c'est vrai sans rapport avec les saines joies du sport, de la compétition, et du libre commerce.

Pas question de mordre la main qui t'engrosse le compte bancaire: on est des pros, on est là pour faire le boulot que réclament nos commanditaires.

Pour autant, Patrice Leconte l'énonce avec beaucoup de calme: "Cela n'est sans doute pas très compliqué d'avoir accès à certains quartiers défavorisés de la ville".

(Qui a dit que les vieilles salopes du Parti communiste chinois (PCC) étaient moyennement réceptives aux vertus de la transparence?)

Mais Patrice Leconte, lui, n'était pas là pour ça: "J'étais là pour faire un film délibérément positif, (...) pas pour être subversif".

Il n'a ni remords, ni regrets: "Moi, j'assume mon choix. (...) Je suis fier de ce que j'ai fait".

Je ne vous dirai bien sûr pas combien le régime qui hache des moines bouddhistes m'a mis au portefeuille, pour que je lui pourlèche le bronzage olympique - mais croyez bien qu'au fond, je suis resté un rebelle un peu fou: "Mon film (est) plutôt culotté par rapport à la commande".

Mon film n'est: "Pas dérangeant mais pas convenu non plus".

D'ailleurs tous ces mecs du PCC l'ont positivement adoré - sûr qu'ils ont eu le sentiment d'en avoir pour leur gros pognon.


Bon dimanche, camarades: la prochaine fois que sortira sur nos écrans un film d'auteur de Patrice Leconte, genre "Les Bronzés font la Grande Muraille", n'oubliez surtout pas "le débat sur le boycottage".





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22/03/2008

Prêcheur De Haine

"Le Figaro" publie comme tu sais le vendredi, sous la forme d'un "bloc-notes", les sermons terrifiants d'un prédicateur halluciné.

Son nom est: Rioufol.

Ivan.

Rioufol.

Et son cas intéresse évidemment la science, car le gars, dans le même temps qu'il régurgite, semaine après semaine, les slogans de la droite régimaire, haineuse et revancharde, qui étend sur nos vies son emprise, continue de se regarder comme un iconoclaste, un briseur de tabous, un Résistant - avec un grand "R", comme par exemple dans: "Réactionnaire".

(Ainsi procédaient, rappelle-toi, les "penseurs" de chevet du feu petit père des peuples, travestissant leur allégeance derrière le masque d'un "réalisme" de carton-pâte...)

Ivan R. est l'homme, principalement, d'une obsession: maladivement, il explique par l'immigration, dans ses prêches vendrediques, les souffrances des Français de souche.

Cette semaine, il énonce par exemple que "la France est pauvre, l'Etat sans le sou".

Il va de soi que c'est faux, et que dans la vraie vie l'Etat (UMP) dispose au moins d'assez de sous pour fabriquer à ses rebondis commanditaires de luxurieux paquets fiscaux.

Mais cela permet à Ivan R. d'exiger, juste après, que l'on réduise "le périmètre des solidarités", puis de préciser par ces mots sa pensée: "L'immigration serait responsable des trois quarts du déficit de la France".

Tu as compris, Ducon, ou s'il faut que l'intellectuel du vendredi te repasse la main sur le poil dans le sens de tes phobies?

Si tu n'as pas d'argent, c'est parce que l'immigré vient jusque dans tes bras te le piquer au porte-monnaie (avant que d'égorger tes fils et tes compagnes).

C'est ce que notre bloc-noteur, qui l'aborde semaine après semaine dans l'un des principaux journaux du pays, appelle, sans rire, "l'inabordable crise identitaire", et je suis d'accord avec toi: ce n'est jamais que la énième déclinaison, sous sa plume, de l'orthodoxie droitière la plus conventionnelle.

Rien de nouveau, donc, sous le soleil.

Ah ben oui, me dis-tu, mais si c'est pas nouveau, à quoi bon en parler encore - est-ce qu'on ne ferait pas mieux de laisser nos Charles Martel du pauvre s'entre-palucher en famille?

Là encore, je suis assez d'accord: les pignolades collectives de nos bouteurs professionnels sont de peu d'intérêt.

Je t'en reparle ici parce que, dans son libelle d'hier, cependant, Rioufol repousse d'un large empan les limites, connues, de sa haine ordinaire - et nourrit sa coutumière vindicte d'un argument nouveau, où se mesure soudain toute sa fine finesse, en même temps que la déliquescence de la droite française: les immigré(e)s nous sont, explique-t-il posément, ce que sont les troupes chinoises au Tibet occupé.

(Hhhhh...)

Sa démonstration témoigne d'une vive intelligence.

Il énonce d'abord, un peu comme s'il tenait meeting en territoire pénique, ou en fief UMP, que: "L'immigration familiale a continué à croître".

Il demande ensuite (exactement comme si Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux n'existaient pas): "Ne serait-il pas temps de s'interroger sur ses conséquences?"

Puis: "Pourquoi serait-il honteux de défendre (l') identité française?"

(Mâme Chabot?)

Il répond: "Il est potentiellement explosif de vouloir jouer avec un métissage culturel qui peut être vécu comme une spoliation, voire une violence", comme le "rappelle ces jours-ci (...) l'insurrection des jeunes moines tibétains".

Il ajoute, comme pour mieux signifier que nulle indécence ne l'arrêtera, que ces bonzes "reprochent aux Chinois de favoriser une immigration de substitution aboutissant à un "génocide culturel"" - comme lui-même déplore en France une "diversité" porteuse, tu l'auras deviné, des mêmes périls génocidaires.

Je ne vais pas commenter plus que de raison cet affreux délire - où se trouve si commodément galvaudée la notion même de génocide.

Je voudrais juste, une fois encore, attirer ton attention (affûtée je le sais) vers un phénomène dont le nouveau hurlement de haine d'Ivan Rioufol n'est qu'une manifestation parmi beauuuuucoup d'autres: la droite régimaire, au fur et à mesure que la vraie vie lui balance, par sa réalité, coup de pied au cul sur coup de pied au cul, n'en finit plus de se réfugier, comme faisait naguère le stalinisme, dans une réalité-bis, totalement paranoïaque, où elle se libère jour après jour, au prétexte minable d'un iconoclasme pour cour de récré de maternelle, de ses dernières pudeurs.

Quand tu y réfléchis, c'est véritablement flippant, parce que si déjà ils en sont, comme on le constate ici (et comme pour mieux signaler qu'ils n'ont aucun respect pour les victimes des authentiques génocides), à te présenter l'immigration comme un péril génocidaire - où s'arrêteront-ils?

N'oublie pas que dans le monde réel:

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21/03/2008

Simple, Direct, Informatif

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